Je ne possède aucun des personnages des différents fandom.

FEBUWHUMP 2024 : Série de textes courts drama et whump suivant les prompts donnés. Multifandom

En espérant que cela vous plaise

Bonne lecture

PS : Au fait j'ai commencé à faire du tri et à remettre de l'ordre dans mes publications en faisant une sorte de table des matières dans mon profil alors n'hésitez pas à y faire un tour ;)


FEBUWHUMP 2024

Obligé de rester éveiller (Tracker)

Le froid mordait sa peau comme des milliers d'aiguilles, s'infiltrant dans chaque pore de son corps. Colter cligna des yeux, la neige aveuglante autour de lui réduisant sa vision à un monde blanc et sans fin. Il était allongé, à demi enseveli par une couche de neige épaisse. Le bas de son corps était pris au piège, immobilisé par le poids glacé de l'avalanche, mais le pire n'était pas la neige : sa jambe droite était bloquée entre deux rochers, une douleur fulgurante irradiant de son tibia brisé. Chaque mouvement, même infime, lui envoyait une vague de souffrance si intense qu'il en avait presque envie de crier. Toutefois, il n'avait pas assez d'air pour ça.

Sa cage thoracique semblait compressée, ses côtes brisées l'empêchant de respirer correctement. Il inspira avec difficulté, un râle sifflant s'échappant de ses lèvres. Il pouvait sentir le goût métallique du sang dans sa bouche, preuve que l'impact de l'avalanche avait été plus brutal qu'il ne le pensait. Son esprit, pourtant habitué aux situations extrêmes, vacillait entre panique et rationalité. Il devait trouver une solution. Il tenta de bouger, d'arracher sa jambe de l'étau glacial des rochers, mais le moindre effort provoquait une douleur insoutenable, lui arrachant un grognement qu'il ne put retenir. Le poids de la neige l'empêchait de manœuvrer correctement, et son corps, affaibli par le choc et l'hypothermie naissante, répondait de moins en moins. Il leva les yeux vers le ciel gris, cherchant une quelconque aide, mais il n'y avait rien d'autre que le vent hurlant et les flocons tourbillonnant. Personne ne viendrait. Il était seul. Totalement seul.

- Allez Colter ! Tu es obligé de rester éveillé, se dit-il, le mantra résonnant dans son esprit comme un cri de survie.

S'endormir, c'était mourir. L'hypothermie gagnait du terrain et chaque seconde qu'il passait dans ce froid mordant l'éloignait un peu plus de la conscience. Ses doigts engourdis cherchèrent instinctivement sa ceinture, là où se trouvait son couteau. Peut-être pourrait-il creuser autour de sa jambe, dégager suffisamment de neige pour tenter de se libérer. Cependant, quand il trouva le manche du couteau, il réalisa à quel point ses mains tremblaient. Ses doigts étaient presque insensibles, comme s'ils ne lui appartenaient plus.

Il essaya quand même. Le couteau entailla la neige dure et compacte, mais chaque mouvement envoyait une nouvelle onde de douleur dans sa cage thoracique et dans sa jambe prisonnière. Il s'arrêta, haletant, le souffle court. La vision autour de lui vacillait.

- Pas maintenant… murmura-t-il entre deux respirations difficiles.

La douleur était un tourment constant, un rappel cruel qu'il était toujours en vie. Mais c'était aussi son ancre. Tant qu'il ressentait cette douleur, il savait qu'il n'était pas encore mort. Il tenta de s'y accrocher, de l'utiliser pour rester alerte. Son esprit commença à vagabonder, une partie de lui cherchant refuge dans des souvenirs lointains. Il revit son père, l'entraînant à survivre dans des environnements hostiles.

- La douleur, c'est un signal, Colter, pas une fin. Elle te dit ce que tu dois faire. Écoute-la.

Il serra les dents, essayant de canaliser cette leçon, mais chaque seconde qui passait rendait l'effort plus difficile. Ses forces déclinaient et il sentait l'inconscience le gagner, une obscurité insidieuse s'étendant dans son esprit. Il se mit à parler à haute voix, dans une tentative désespérée de rester connecté à la réalité.

- Allez, Shaw… bouge. Fais quelque chose.

Ses propres mots résonnaient faiblement dans le vide, mais il tenta encore. Il planta son couteau dans la neige une nouvelle fois, creusant autour de sa jambe. Cette fois, il réussit à dégager un peu plus de neige, assez pour voir l'angle grotesque de son tibia, tordu sous une pierre tranchante. Le simple fait de le regarder suffisait à lui donner la nausée. Il laissa tomber sa tête en arrière, épuisé, ses poumons peinant à aspirer l'air glacial. Sa vision se flouta à nouveau, et il sentit ses pensées s'effilocher.

Non… Pas maintenant…

- Reste éveillé, murmura-t-il, sa voix à peine audible.

Toutefois, son corps ne l'écoutait plus. Ses paupières devinrent lourdes, ses muscles lâches. Ce fut alors qu'un bruit parvint à ses oreilles, faible mais distinct : le crissement de la neige sous des pas. Son cœur fit un bond dans sa poitrine. Était-ce un secours ? Il tenta de crier, mais seuls des gargouillis s'échappèrent de sa gorge. Il essaya de tourner la tête pour voir, mais son champ de vision était limité.

Le bruit se rapprochait.

Un homme apparut enfin dans son champ de vision, mais ce n'était pas un secouriste. Il était grand, vêtu de vêtements sombres, avec une cagoule couvrant son visage. L'homme s'accroupit à côté de lui, un sourire tordu visible dans ses yeux.

- Tu as survécu à l'avalanche, dit-il d'une voix rauque. Impressionnant, mais pas pour longtemps.

Colter sentit une nouvelle vague de panique l'envahir. Il tenta de bouger, de protester, mais son corps ne répondait plus. L'homme posa une main glacée sur son épaule, appuyant avec force sur ses côtes brisées. La douleur explosa, lui coupant le souffle.

- Ne t'inquiète pas, murmura l'homme. Je vais te sortir de là… à ma façon.

Et la dernière chose que Colter vit avant de sombrer dans l'inconscience fut le sourire cruel de l'homme au-dessus de lui.