Chapitre 4: Perdus sur Tatooine
- Comment sommes-nous tombés dans ce pétrin? se plaignit C-3PO. J'en perds mon latin!
Il se retourna prudemment pour regarder la capsule à demi enterrée dans le sable. Ses gyroscopes internes étaient encore tout bouleversés par l'atterrissage brutal. Atterrissage! Ce simple mot était beaucoup trop flatteur pour son stupide associé. D'un autre côté, il supposait qu'il lui devait d'être encore entier. Pourtant, se disait-il rêveusement en examinant le paysage aride, il n'était toujours pas convaincu d'être en meilleure posture ici que sur le vaisseau capturé. De hautes falaises de grès fermaient l'horizon d'un côté. Partout ailleurs on n'apercevait qu'une succession sans fin de dunes, comme une très longue enfilade de dents jaunes, qui s'étendaient sur des kilomètres et des kilomètres. Un océan de sable qui se fondait si bien dans le ciel brillant, là-bas, qu'on ne pouvait distinguer où commençait l'un et où l'autre finissait. Un léger nuage de poussière s'éleva dans leur sillage tandis que les deux droïdes s'éloignaient de la capsule. Ce véhicule, après avoir totalement accompli la mission pour laquelle il avait été conçu, était devenu complètement inutile. Aucun des deux robots n'était prévu pour une locomotion pédestre sur ce type de terrain et c'était avec peine qu'ils se frayaient un chemin sur la surface mouvante.
- Nous sommes faits pour souffrir. Voilà notre lot, gémit 3PO. Il faut que je me repose où je vais tomber en pièces. J'ai les articulation frigorifiées.
Il regarda l'étendue aride devant lui.
- Comme ce désert est sinistre.
Agacé des plaintes de son équipier, l'astromécano émit un sifflement bref et se dirigea vers la zone rocheuse située sur sa droite.
- Mais où vas-tu comme ça? cria 3PO.
R2 l'ignora et poursuivit son chemin. Il s'arrêta enfin et lança un flot d'explications électroniques tandis que 3PO marchait le plus vite qu'il pouvait pour le rejoindre.
- Pas question que j'aille par-là, gronda 3PO quand R2 eut terminé son explication. Il y a trop de rochers. (Il fit un geste dans la direction qu'ils avaient suivie jusqu'alors.) Ce côté est plus facile. (Il agita une main méfiante vers les hautes falaises.) Qu'est-ce qui te fait croire qu'il y a un village là-bas ?
Un long sifflement sortit des entrailles de R2.
- Non, pas de mots techniques, l'avertit 3PO.
R2 couina à nouveau en bips. Il était temps de lui informer la mission qu'on lui avait confié. Mais ses explications ne convainquirent pas 3PO, qui l'écoutait à peine.
- Quel mission? Qu'est-ce que tu me chantes?
Mais R2 ne lui donna pas plus de détails, ce qui énerva encore plus le droïde doré.
- Oh, je t'ai assez vu, marmonna-t-il. Eh bien, va par là. Je parie que tes circuits seront grippés d'ici demain, pauvre tas de ferraille myope.
À présent très énervé, C-3PO décocha un coup de pied dans l'astromécano avant de tourner les talons et de partir vers les dunes.
- Ne t'avise pas de me suivre en m'appelant au secours. Je t'abandonne à ton sort, cria-t-il sans lui adresser le moindre regard.
R2 émit un son grossier, puis tourna son dôme vers les rochers, avant d'appeler à nouveau son équipier. Mais le droïde protocolaire ne daigna pas changer d'avis.
- Non, assez d'aventures. Je n'irai pas par-là!
Réalisant qu'il ne pouvait rien faire pour convaincre 3PO, R2 finit par s'avancer en direction des crêtes de grès en se fredonnant à lui-même.
Plusieurs heures plus tard, 3PO, fatigué, son thermostat interne surchargé et dangereusement proche du court-circuit de surchauffe, escaladait ce qu'il espérait être la dernière dune. Non loin, grands morceaux de calcaire blanchis, les os de quelque énorme bête formaient un jalon de sinistre augure. En atteignant le sommet de la dune, 3PO scruta anxieusement le panorama. Au lieu de la verdure espérée, signe de civilisation humaine, il ne vit que plusieurs dizaines d'autres dunes, identiques en forme et en promesses à celle sur laquelle il se trouvait. La plus lointaine s'élevait même plus haut encore que celle-ci. 3PO fit volte-face et regarda vers le lointain plateau de grès qui commençait à se perdre au loin dans les brumes de chaleur.
- Sale petit avorton électronique! marmonna-t-il, incapable même à cet instant d'admettre que peut-être (simple éventualité) son compagnon R2 avait eu raison.
- Tout ça, c'est de ta faute, reprit-il en sachant qu'il n'y avait personne pour l'entendre. Et dire qu'il m'a forcé à aller par ici, mais il ne s'en tirera pas mieux que moi!
Il fit encore un pas en avant et entendit un crissement lugubre dans une articulation de sa jambe. Pris d'une frousse électronique, il s'assit et se mit à ôter le sable de ses jointures. Il pouvait continuer, se dit-il. Ou il pouvait admettre une erreur de jugement et essayer de rattraper R2-D2. Aucune de ces perspectives ne lui souriait beaucoup. Il y avait encore une troisième possibilité. Il pouvait rester assis sur place, brillant au soleil, jusqu'à ce que ses articulations se coincent, que ses organes surchauffent et que les rayons ultraviolets fassent griller ses photorécepteurs. Il deviendrait un monument de plus en l'honneur de la force destructrice du soleil double, tout comme l'organisme colossal dont il venait de croiser le squelette si bien nettoyé. Ses récepteurs commençaient déjà à le lâcher, se dit-il. Il avait eu l'impression de voir quelque chose bouger dans le lointain. La distorsion due à la chaleur, probablement. Non… non… c'était vraiment une lumière qui se reflétait sur du métal et la chose se déplaçait vers lui. Ses espoirs se réveillèrent. Ignorant les avertissements de sa jambe endommagée, il se leva et commença à faire des signes frénétiques avec les bras. C'était, il s'en rendait compte maintenant, un véhicule. Aucun doute. Un modèle qu'il ne connaissait pas. Mais c'était un véhicule et cela supposait une intelligence et une technologie.
- Oh, que vois-je ? Un véhicule ! Je suis sauvé ! Oh, par ici ! appela 3PO frénétiquement.
Dans son excitation, il négligea d'envisager la possibilité que ce véhicule pût avoir une origine autre qu'humaine.
- S'IL VOUS PLAÎT, AU SECOURS !
Samya ne savait rien de la situation étrange dans laquelle elle se trouvait. Sa capsule de sauvetage, après avoir traversé l'atmosphère, s'était doucement posée sur l'étendue de sable qui sillonnait le désert. Elle n'avait pas eu besoin d'ouvrir le sas. Il s'était ouvert lui-même. Et elle avait pu constater à sa grande stupeur, qu'elle pouvait respirer de l'oxygène. Elle se trouvait sur une planète extra-terrestre et pouvoir y respirer était déjà un bon signe. En sortant de la capsule, Samya ne pouvait voir que du sable et du sable dans tous les environs. Une succession de dunes sans fin.
- Un désert ! Que du sable et du sable à perte de vue ! Bon Dieu ! marmonna-t-elle en regardant autour d'elle, espérant voir de la végétation ou tout signe d'être humains dans les environs.
Mais elle devait se rendre à l'évidence: elle était toute seule et perdue sur cette planète désertique. Elle remarqua la forte chaleur et se mit à observer le ciel, constatant les deux soleils identiques qui brillait dans le désert.
- Je me trouve sur une planète désertique avec deux soleils ? C'est incroyable !
En d'autres circonstances, elle aurait été fascinée de découvrir de nouvelles planètes dans une lointaine galaxie, elle qui avait toujours rêvée de voyager dans l'espace. Mais le souvenir de l'abordage impérial dans le vaisseau où elle se trouvait brisait tous ses rêves. Non seulement, elle n'avait aucune idée d'où elle était, ni même quelle chemin prendre, car elle ne vit aucune route dans ce désert sans fin. Et elle ne pouvait pas rester ici. Il y avait fort à parier que les soldats de l'Empire se lanceraient à ses trousses. Elle avait entendue le mystérieux et puissant Seigneur Noir surnaturel ordonner à ses sbires de l'attraper. Il lui fallait donc partir loin de la capsule.
Elle revint dans le module de sauvetage, et se mit à fouiller l'intérieur, espérant trouver quelque chose qui lui serait utile. Malheureusement, elle ne trouva aucune carte, ni de GPS. C'était juste un transport permettant d'être expulsé en urgence, tel le canot de sauvetage d'un paquebot. Maintenant, il avait accompli son objectif et était désormais, devenu inutile. Par chance, Samya trouva une boîte qui devait contenir de la nourriture. Bien qu'elle ignorait tout de la mangeaille qu'elle contenait. Néanmoins, elle garda la boîte de provisions précieusement. Elle ignorait combien de temps allait durer sa traversée dans ce désert. Sans provisions, elle n'y survivrait pas.
Une fois qu'elle rassembla ses affaires, elle regarda à nouveau le désert, sachant qu'elle n'avait aucune idée de sa destination. Ni même si elle trouverait une bonne destination. Mais ce qui lui comptait était de prendre autant de distances possible avec la capsule de sauvetage, sachant que les Stormtroopers pouvaient venir à tout moment.
- Hé, la voix étrange qui sort de nulle part ! répliqua Samya en regardant autour d'elle. Je vous ai écouté. J'ai quitté le vaisseau. Où je vais, maintenant ? Dans quelle direction ? Et Tara ? Où est ma sœur ? Est-ce qu'elle va bien ? Pouvez-vous me répondre ?
Elle attendit un moment, mais rien ne se passa. La voix mystérieuse semblait s'être tue. Réalisant qu'il était inutile de s'attendre à une réponse de la part d'une voix sortie de nulle part, Samya décida de prendre le large.
- En route, marmonna-t-elle en se mettant en chemin dans le sable.
Elle entreprit un long trajet à travers le désert. Le temps semblait ralentir. Et malheureusement, ses chaussures s'enfonçaient dans le sable, l'empêchant d'aller vite. Ignorant de l'heure, Samya supposa avoir marché pendant presque deux heures, car en se retournant, elle ne voyait plus la capsule de sauvetage, qui semblait avoir été enseveli par la mer de dunes.
Elle ne pouvait rien faire d'autre que de marcher, encore et encore. Tout se ressemblait. Elle ne voyait toujours pas de signe d'humain dans les environs. Et si cette planète désertique n'avait pas de villes ou villages? Ni même la moindre technologie?
Mais ce n'était pas ce qui l'angoissait. Samya s'inquiétait pour Tara. Elle ignorait si elle se trouvait dans la même galaxie et si c'était le cas, elle espérait qu'elle ne se trouvait pas dans le vaisseau piégé par l'Empire. L'idée de penser à des Stormtroopers ou au Seigneur Noir traquer et tuer sa petite sœur lui était horrible.
- Tara! Où es-tu? Dans ce désert? Ou sur une autre planète que celle-ci? J'aurais bien voulu une plage avec des oasis! Et ce sable… Ce satané désert n'a pas de fin? Qu'est-ce que je vais devenir? Des restes humains dans ce désert perdu! Je n'ai pas envie de finir au fond de ces dunes!
Elle se força à marcher plus vite, malgré le sable qui s'infiltrait dans ses chaussures. Bien déterminée à ne pas renoncer, elle continua encore et encore, aussi loin qu'elle le pouvait.
Sa longue route improvisée dans le désert porta ses fruits. Après qu'elle eut monté une colline de sable, elle aperçut, à sa grande stupeur, ce qui semblait être un relais composé de trois bâtiments. Samya se demandait bien à quoi pouvait servir ce relais de bâtiment au beau milieu de ces dunes. Des structures en métal et en pierre blanchies par la lumière des soleils jumeaux se serraient les unes contre les autres, autant pour se tenir compagnie que pour se protéger. Et elle aperçut des appareils technologiques qui ressemblaient à des antennes satellites. Donc de la technologie, ce qui supposait une présence humaine ou plusieurs. Il devait y avoir forcément des gens. Sans plus tarder, Samya s'y rendit là-bas.
Mais une surprise de taille l'attendit à l'arrivée de cette station. Tous les passants qu'elle y voyait étaient étranges. Certains étaient humains comme elle, d'autres étaient des êtres rougeâtres, avec des tentacules. Certains avaient même des têtes d'insectes. Samya en fut choquée. Toute à sa surprise en marchant, elle bouscula quelqu'un malencontreusement.
- Oh, je suis désolée…
Elle s'interrompit en voyant qu'il s'agissait d'un humain comme elle. Un jeune homme aux cheveux blonds et il avait quelque chose qui attira l'attention de Samya.
- Tout va très bien, dit le jeune homme en regardant la femme avec curiosité. Qui es-tu ? Je ne t'ai jamais vu par ici. T'es nouvelle sur Tatooine ?
- Tatooine ? répéta Samya confuse. Qu'est-ce que c'est ?
Ce fut au tour du jeune homme d'être confus.
- Tatooine, c'est la planète où tu te trouves, là. Dans la Bordure Extérieure. De quelle planète tu viens ?
Embarrassée, Samya tenta de trouver une réponse correcte, ne voulant pas paraître folle à ses yeux.
- Je crois que je viens de très loin. Loin de votre galaxie. Si je te dis la Terre, ça te parle?
- La Terre ? Je ne connais aucune planète qui s'appelle la Terre, répliqua le jeune homme.
- Je m'en doutais. Je ne sais pas comment je me suis retrouvé dans votre galaxie, tenta de se justifier Samya. La dernière chose dont je me rappelle c'est de me réveiller à bord d'un vaisseau qui a été assiégé par l'Empire. Je me suis enfuie et je me trouve ici, maintenant…
- T'es au courant de la Rébellion contre l'Empire? s'étonna le jeune homme fasciné. T'as vu des batailles?
Il ressemblait à un jeune enfant avide qu'on lui racontait une histoire. Gênée, Samya reprit la parole.
- C'était loin d'être une promenade de santé. J'ai failli être tuée par des soldats blancs qui tirent sur tout ce qui bouge. Un Seigneur Noir flippant et surnaturel a essayé de m'étrangler. J'ai de la chance d'avoir réussi à m'enfuir et maintenant… je suis perdue. Et je n'ai nulle part où aller. Je ne sais pas où je me trouve. J'aurais bien besoin d'aide.
- Ne t'inquiète pas, ici tu ne crains rien à la Station Tosche, y a que des braves pilotes ici, la rassura le jeune homme. Pardon d'avoir été curieux. Je suis désolé de ce qui t'est arrivé. Euh… pardon. Je suis Luke Skywalker.
Il tendit tendrement sa main. Samya en fut troublée. Luke avait un effet sur elle.
- Je… je m'appelle Samya. Samya Davies. répondit-elle en lui serrant la main.
- Samya, bienvenue à la Station Tosche. J'allais retrouver mes amis. Tu peux te joindre à nous et boire un verre.
Sachant qu'elle avait nulle part où aller, Samya lui sourit gentiment.
- J'adorerai ça. Merci Luke.
Luke ouvrit la grande porte de la station et cria:
- Ohé! Fixer!
Devant un tableau de contrôle qui avait plutôt mal vieilli, un rustique personnage en costume de mécanicien était assis les jambes écartées dans un fauteuil. Son visage était étrangement blanc. La fille installée sur ses genoux s'était elle aussi protégée des rayons des soleils. Elle n'en faisait pas mystère, sa garde-robe étant limitée au strict nécessaire. Sa peau était luisante d'huile protectrice.
- Salut tout le monde! hurla de nouveau Luke, n'ayant pas obtenu une réponse massive à sa première tentative. J'ai amenée quelqu'un. Elle est nouvelle par ici. Samya. Voici Fixer.
Fixer, le mécanicien à demi endormi passa une main sur son visage et murmura:
- Aurais-je perçu du tapage par ici ?
Samya lui adressa un sourire ponctuel.
La fille sur ses genoux s'étira avec sensualité. Sa voix était chaleureusement enrouée.
- Oh, bâilla-t-elle, c'était juste Gueule d'Amour dans une de ses crises de folie.
Luke avait déjà traversé la pièce, s'engouffrant dans la salle des instruments, à l'arrière de la station.
- Mes amis Deak et Windy, dit-il à Samya qui le suivait.
Deak et Windy levèrent les yeux de leur partie de mah-jong électronique quand Luke fit irruption dans la pièce. Ils étaient vêtus à peu près comme lui, bien que leur costume fût de meilleure coupe et quand même un peu moins fatigué. Au fond de la pièce, un léger ronron provenait de l'endroit où un robot réparait patiemment une pièce brisée de l'équipement de la station.
- En garde, les gars ! hurla Luke, tout excité.
Samya remarqua alors seulement l'homme en uniforme assis de l'autre côté de la table, hors du halo de lumière chichement dispensée par une lampe baladeuse.
- Biggs ! s'écria Luke.
Le visage de l'homme se tordit en un demi-sourire.
- Salut, Luke.
Un instant plus tard ils s'étreignaient chaleureusement. Luke recula d'un pas, admirant ouvertement son ami. Samya observa le grand et beau gaillard qui contrastait de façon frappante avec les trois jeunes gens: ses cheveux soigneusement attachés, son uniforme coupé avec précision, il était parmi eux comme un pavot oriental au milieu d'un champ d'avoine.
- Je ne savais pas que tu étais rentré. Quand as-tu débarqué ?
La voix de Biggs trahissait la confiance en soi, presque la suffisance, mais aussi une certaine autodérision.
- Il y a un instant. Je voulais te faire la surprise, gros malin. (Il montra la pièce.) Je pensais que tu serais ici avec ces deux piliers de cabaret. (Deak et Windy sourirent ensemble.) Je ne m'attendais certainement pas à ce que tu sois dehors, en train de travailler.
Il rit avec assurance, un rire auquel peu de gens pouvaient résister.
- Je viens de rencontrer cette fille. Elle vient d'arriver sur Tatooine. Je lui ai proposée de venir nous rejoindre, expliqua Luke avant de se tourner vers Samya. Voici Biggs Darklighter, un vieil ami. Et un grand pilote comme moi.
Samya serra la main de l'homme en uniforme, le saluant respectueusement.
- Bonjour Biggs. Moi, c'est Samya Davies. Enchanté.
- Ravie de te rencontrer aussi, Samya, répondit Biggs en rendant le salut.
- L'Académie ne t'a pas beaucoup changé, commenta Luke enjoué. Mais tu rentres si tôt. (Son expression changea.) Hé, dis donc, que s'est-il passé? Tu n'as pas eu ton brevet?
Il y eut quelque chose d'évasif chez Biggs comme il répondait, les yeux légèrement détournés.
- Bien sûr que je l'ai eu. J'ai signé un engagement à bord du cargo Rand Ecliptic la semaine dernière. Premier Maître Biggs Darklighter, à votre service. (Il exécuta un salut en pivotant, mi-moqueur, mi-sérieux, qui amusa Samya. Puis il refit son drôle de sourire, à la fois dominateur et chaleureux.) Je suis simplement venu vous dire au revoir à tous, mes pauvres petits pions vissés à terre.
Ils rirent tous jusqu'à ce que Luke se souvienne soudain de ce qui l'avait fait venir si vite.
- J'allais presque oublier, leur dit-il, tandis que son excitation revenait. Il y a une bataille, ici, dans notre système. Je l'ai vu tout à l'heure.
Deak eut l'air déçu.
- Encore un de tes films, Luke. Tu n'as donc pas assez rêvé comme ça? Oublie-les un peu.
-Oublier ? Mais sacrebleu, je te parle sérieusement, insista le jeune homme agacé. C'était une bataille, vrai de vrai.
- Tu rêves trop, Gueule d'amour, dit une fille se joignant à eux.
- Je sais ce que j'ai vu, Camie, insista Luke.
La dénommée Camie vint vers Samya en prenant un ton neutre.
- N'écoute pas ce qu'il dit. Luke a tendance à s'imaginer des choses folles. Jamais il ne voudra quitter sa ferme.
- Sa ferme ? s'étonna Samya.
- Camie ! s'emporta le jeune homme frustré.
- Luke, laisse tomber, dit Biggs voulant calmer son ami. Je suis juste de passage ici. Je repars bientôt et je veux profiter de mon temps libre avec toi. Après ça, je ne sais pas quand est-ce que je reviendrai. Si tu veux, Samya peut se joindre à nous. J'ai très envie qu'on fasse connaissance.
- Ce serait avec plaisir, répondit Samya en souriant.
Samya faisait connaissance avec Luke et Biggs. Elle avait appris que Luke vivait avec son oncle et sa tante dans une ferme d'humidité. Et que son ami Biggs avait intégré l'Académie Impérial pour pouvoir être pilote. Et elle pouvait que Luke enviait son ami d'avoir la possibilité de quitter Tatooine.
Elle pouvait voir que les deux hommes étaient bien complices. On dirait deux frères qui se connaissaient depuis toujours. Cette relation lui rappelait la relation qu'elle avait avec Tara. Elles étaient aussi complices. Elle avait raconté sa mésaventure dans l'espace.
- C'était l'Empire qui attaquait le vaisseau où tu étais ? demanda Biggs avec curiosité.
- Oui, c'était des impériaux. Ils tiraient sur tout ce qui bougeait. raconta Samya encore choquée par sa rencontre avec l'Empire. Personne à bord n'était épargné. Et il y avait ce Seigneur Noir très flippant qui – je crois – est leur supérieur. Un drôle de gars tout en noir avec un casque respiratoire. Un son à faire glacer le sang.
Biggs s'assombrit à cette révélation.
- Tu as vu Dark Vador.
- Dark Vador? s'étonna la jeune femme étonnée et confuse.
- C'est ainsi qu'il se fait appeler, expliqua Biggs d'un air sombre. C'est l'exécuteur impitoyable de l'Empire. Le plus craint de tous les Impériaux. On dit que c'est le bras-droit de l'Empereur, son serviteur. Et il est sans pitié avec tout ce qui menace l'Empire. Il n'éprouve ni remords, ni regrets. Je ne sais que ce qu'on dit de lui. Certains disent qu'il serait plus une machine, qu'un homme.
- Je l'ai entendu respirer bizarrement, fit remarquer Samya. Je suis sûre que c'est un homme. Et vu sa respiration bizarre, il a dû lui arriver quelque chose de grave pour qu'il soit forcé de porter cette chose noire sur lui.
- Personne ne sait qui il était avant de rejoindre l'Empire, reprit Biggs toujours avec un air sombre. Certains disent qu'il aurait été un chasseur de primes. Ou un banal contrebandier. Mais ça, nul ne le sait. Et personne ne l'a vu sans son masque. Comme si il ne l'enlevait jamais.
- Vraiment flippant ! commenta Samya étant soulagée qu'elle avait été capable de lui avoir échapper. Il n'aurait pas hésité à me tuer ce Dark Vador !
- Heureusement que tu ais pu t'échapper, dit Luke avec compassion.
- Oui, acquiesça Samya avec nervosité.
Elle ne leur avait pas parlé de la voix étrange qui l'avait guidé pour s'échapper du vaisseau, ne voulant pas passer pour une folle à leurs yeux. Et qui ne s'était plus manifesté depuis. Elle se demandait bien où était Tara et prier pour qu'elle n'ait pas rencontré ce Dark Vador.
Puis les trois jeunes poursuivaient leur promenade à la station. Samya écouta Luke raconter ses exploits à son ami.
- Donc, j'ai coupé le contact, fermé les post-combustions et je me suis laissé tomber en bas sur la queue de Deak, finit Luke en faisant de grands gestes avec les bras.
Samya, Biggs et lui marchaient à l'ombre autour de la station. Des bruits métalliques sortaient du bâtiment où Fixer avait fini par rejoindre son assistant-robot qui effectuait les réparations.
- J'étais si près de lui, continua Luke, tout excité, que j'ai cru que j'allais faire griller mes instruments. À dire vrai, j'ai pas mal bousillé mon speeder. (Ce souvenir le fit froncer les sourcils.) Oncle Owen était bien en colère. Il m'a consigné à terre pour le restant de la saison.
L'abattement de Luke fut de courte durée. Le souvenir de son exploit l'emportait sur son aspect immoral.
- Ah, si tu avais été là, Biggs !
- Tu devrais peut-être y aller un peu moins fort, avança prudemment son ami. Tu es sans doute le pilote de brousse le plus adroit de ce côté de Mos Eisley, Luke, mais ces petits landspeeders peuvent être dangereux. Ils vont affreusement vite pour des appareils troposphériques –plus vite que nécessaire. Continue de jouer les jockeys motorisés avec et un jour, bang! (Il frappa violemment de son poing dans sa paume ouverte.) Tu ne seras plus qu'une tache noire sur la paroi desséchée d'un canyon.
Samya fit une grimace alarmée.
- C'est flippant !
Biggs se tourna vers elle.
- On croit que c'est facile à piloter, mais si on n'y prend pas garde, on se fait ramasser très rapidement.
- Non, mais écoutez-moi ça, répliqua Luke. Maintenant que tu t'es trouvé à bord de quelques navires stellaires, tu te mets à parler comme mon oncle. Tu t'es ramolli à la ville.
Il esquissa un direct vers Biggs, qui bloqua facilement le geste, tout en amorçant une contre-attaque sans conviction. Le dédain insouciant de Biggs se transforma soudain en un élan chaleureux.
- Tu m'as manqué, p'tit.
Luke détourna les yeux, gêné.
- Les choses ne sont plus tout à fait les mêmes depuis que tu es parti, Biggs. C'est tellement… (Luke chercha le mot juste et finit par dire, sans trouver vraiment) tellement calme.
Son regard erra sur les rues ensablées et désertées d'Anachore.
- Ça a toujours été calme, en fait.
Biggs resta silencieux, pensif. Il regarda autour de lui. Ils étaient seuls dehors. Tous les autres étaient rentrés à l'intérieur, dans la fraîcheur relative de la station électrique. Luke découvrit une solennité inaccoutumée dans la voix de son ami qui s'était rapproché:
-Luke, je ne suis pas revenu uniquement pour dire au revoir, ni pour chanter victoire devant tout un chacun parce que j'ai réussi à l'Académie. (Il parut hésiter à nouveau, incertain. Puis il lâcha le morceau, rapidement, sans se laisser une chance de se reprendre:) Mais je veux que quelqu'un sache. Je ne peux pas en parler à mes parents.
Fixant Biggs avec de grands yeux, Luke ne sut que dire:
- Sache quoi ? De quoi parles-tu ?
- Je parle de ce qu'on a dit à l'Académie –et ailleurs, Luke. Des conversations animées. Je me suis fait quelques nouveaux amis, des amis hors de ce système. Nous sommes tombés d'accord sur la façon dont certaines choses se développent et –sa voix baissa et il prit un ton confidentiel– quand nous atteindrons un des systèmes périphériques, nous quitterons le navire pour rejoindre l'Alliance.
Luke fixa son ami, essaya de se représenter Biggs – Biggs qui aimait à rigoler, vivre en riant, au jour le jour– Biggs en patriote animé d'une ferveur rebelle.
- Tu vas t'engager dans la Rébellion ? Tu plaisantes, n'est-ce pas ? Qu'est-ce que tu racontes ?
-Moins fort, veux-tu ? dit prudemment le grand gaillard, en jetant des coups d'œil furtifs vers la station. Quelle grande gueule tu as !
- Je suis navré, murmura Luke rapidement. Je parle tout bas –écoute comme je parle bas. Tu peux à peine m'entendre.
- Vous allez combattre l'Empire aux côté des rebelles? demanda Samya interloquée.
Biggs la coupa et poursuivit:
- Un de mes amis de l'Académie connaît quelqu'un à Bestine qui pourrait nous mettre en contact avec une unité armée de la Rébellion.
- Un ami d'un… Tu es fou, fit Luke avec conviction, certain que son ami avait perdu la tête. Tu pourrais errer toute ta vie en essayant de découvrir un véritable avant-poste rebelle. La plupart sont légendaires. Cet ami de troisième main pourrait bien être un agent impérial. Tu finiras sur Kessel, ou pire. Si les garnisons rebelles étaient si faciles à dénicher, l'Empire les aurait supprimées depuis des années.
- Je sais que c'est assez risqué, admit Biggs avec réticence. Si je ne les contacte pas, alors… (Une lueur particulière brilla dans le regard du jeune homme, un mélange de maturité récente et… quelque chose d'autre.) Je ferai ce que je pourrai. Tout seul.
Il fixa son ami intensément.
-Luke, Samya, je ne vais pas attendre que l'Empire m'enrôle à son service. Malgré ce qu'on entends sur les chaînes officielles, la Rébellion grandit, s'étend. Et je veux être du bon côté –du côté auquel je crois.
Sa voix s'altéra d'une façon étrange.
- Vous auriez dû entendre ce que j'ai entendu, apprendre l'existence des exactions que je connais. L'Empire a peut-être été une grande et belle chose, mais les gens qui ont le pouvoir aujourd'hui… (Il secoua la tête énergiquement.) C'est pourri, Luke, pourri.
- Et je ne peux rien faire, murmura Luke d'un air morose. Je suis bloqué ici.
Il donna un futile coup de pied dans le sable omniprésent d'Anachore.
- Je croyais que tu devais bientôt entrer à l'Académie, observa Biggs. Si tu y arrives, tu auras une chance de ficher le camp de ce gros tas de sable.
Luke ricana.
- Ça ne risque pas. J'ai dû retirer ma demande. (Il détourna les yeux, incapable de croiser le regard incrédule de son ami.) J'y étais obligé. Il y a eu beaucoup d'agitation chez les Hommes des Sables depuis que tu es parti, Biggs. Ils ont même lancé une expédition contre la banlieue d'Anachore.
- Les Hommes des Sables? fit Samya confuse. Qu'est-ce que c'est?
- Des guerriers nomades qui s'en prennent aux humains et même aux petits gens, expliqua Luke. Mon oncle a dû en repousser pas mal. Mais ils affectent nos récoltes.
Biggs secoua la tête, sans tenir compte de l'excuse.
- Avec un blaster, ton oncle pourrait tenir tête à toute une colonie de pillards.
- De la maison, ça ne fait aucun doute, acquiesça Luke, mais Oncle Owen a fini par installer assez de vaporateurs, et qui marchent, pour que la ferme commence à rapporter. Il ne peut pas garder toute cette terre à lui seul et il dit qu'il a besoin de moi pour une saison encore. Je ne peux pas le laisser tomber maintenant.
Biggs soupira tristement.
-Je suis désolé pour toi, Luke. Un jour, il faudra que tu apprennes à séparer ce qui a l'air important de ce qui l'est réellement. (Il montra de la main ce qui les entourait.) À quoi sert tout le travail de ton oncle si l'Empire s'en empare? J'ai entendu dire qu'ils commencent à étatiser le commerce dans tous les systèmes extérieurs. Il ne faudra pas longtemps pour que ton oncle, et tous les autres sur Tatooine ne soient plus que des fermiers travaillant comme des esclaves pour la plus grande gloire de l'Empire.
Samya frissonna à cette pensée. Elle avait vu les Stormtroopers en action à bord d'un petit vaisseau. Ils n'hésiteraient pas à saccager une ferme entière sans tenir compte des occupants.
Mais Luke n'avait pas l'air de s'en inquiéter.
-Ça ne peut pas arriver ici, objecta Luke avec une confiance qu'il n'éprouvait pas tout à fait. Tu l'as dit toi-même, l'Empire ne s'occupera pas de ce rocher.
- Fais attention, Luke, tout peut arriver, le prévint Samya. On croit toujours que ça n'arrive qu'aux autres, et après, on a une mauvaise surprise. L'Empire pourrait très bien débarquer ici et ne se laisserait pas arrêter par le désert.
- Elle a raison, Luke. Seule la menace de la Rébellion oblige les hommes au pouvoir à ne pas faire certaines choses inavouables. Si cette menace disparaît totalement, eh bien, il y a deux choses que les hommes n'ont jamais pu assouvir: leur curiosité et leur avidité. Et les bureaucrates impériaux ne sont pas curieux de grand-chose.
Les trois jeunes gens restèrent silencieux. Un tourbillon de sable traversa la rue avec une majesté silencieuse, heurtant le mur avant d'envoyer des bébés zéphyrs pleins d'énergie dans toutes les directions.
- Je souhaiterais pouvoir te suivre, murmura enfin Luke. (Samya pouvait voir qu'il était sincère. Il jeta un coup d'œil en l'air.) Tu restes longtemps ici?
-Non. À vrai dire, je pars dans la matinée pour rejoindre l'Ecliptic.
- Dans ce cas… Je ne te reverrai pas.
- Peut-être, un de ces jours, fit Biggs. (Son sourire désarmant illumina son visage.) Je continuerai à te guetter, tête brûlée. Essaie de ne pas t'envoyer dans une falaise d'ici là.
-J'entrerai à l'Académie la saison prochaine, insista Luke, plus pour se donner du courage que pour répondre à Biggs. Après ça, qui sait où je finirai? (Il avait l'air décidé.) Je ne serai pas enrôlé dans la flotte stellaire, c'est sûr. Fais attention à toi. Tu… tu as toujours été mon meilleur ami.
Ils ne se serrèrent pas la main. Ces deux-là avaient depuis longtemps dépassé ce stade.
- À bientôt donc, Luke, dit simplement Biggs.
Il se tourna vers la jeune femme.
- Samya, j'ai été ravie de t'avoir rencontrée, déclara-t-il aimablement. J'espère qu'on se reverra bientôt.
- Moi aussi, Biggs, ça m'a fait plaisir de te connaître, dit Samya en lui souriant. Bonne chance. Et fais attention à toi. Vador et ses Stormtroopers cherchaient quelque chose sur ce vaisseau et ne reculeront devant rien pour l'obtenir.
- Je ferai part de cela à la Rébellion, lui assura le grand gaillard. En attendant, Luke et toi, faites bien attention à vous.
Samya et Luke acquiescèrent d'un hochement de tête similaire.
Il fit demi-tour et rentra dans la station. Luke le regarda disparaître par la porte. Ses pensées étaient aussi chaotiques et folles que l'une de ces tempêtes de poussière qui naissaient spontanément sur Tatooine.
- Tu voudrais partir avec lui, lui dit doucement Samya.
- Si seulement c'était aussi simple, déclara Luke. Tant que mon oncle a besoin de moi, je ne peux rien faire.
- Je comprends, lui répondit gentiment la jeune femme.
Puis Luke se tourna vers elle.
- Tu sais où passer la nuit? Parce que le désert peut être dangereux la nuit tombée. Les Hommes des Sables en profitent pour attaquer dés que le soir arrive. T'as besoin d'un endroit sûr en attendant que tu trouves le moyen de rentrer chez toi, sur ta Terre.
Samya parut inquiète. Elle n'avait pas réfléchi à un endroit spécifique où passer la nuit.
- Je n'ai nulle part où aller. Je ne connais rien à cette planète. Je suis toute seule. Et je ne sais pas si ma sœur est quelque part dans cette galaxie. Et j'espère qu'elle va bien.
Luke parut inquiet. Il lui proposa.
- Tu n'as qu'à venir chez moi. Dans ma ferme, il y a bien assez de place pour une autre personne. Je peux t'avoir une chambre.
Samya en fut décontenancée. Elle était reconnaissante à Luke de lui proposer un logement chez lui, mais en fut mal à l'aise.
- Tu es sûr? Et ton oncle et ta tante? Ça ne les dérangera pas?
- Les connaissant, ils seront ravis de t'héberger, répondit Luke. Et mon oncle n'est pas du genre à laisser les gens dans le désert. Je suis certain qu'il comprendra.
- Bon ben, c'est d'accord, approuva Samya rassurée. Merci beaucoup, Luke.
Tara se redressa légèrement sur le lit où elle venait de se réveiller. Elle y sentit une grande fraîcheur. Elle avait pleinement retrouvé possession de ses sens et de sa raison. Son dernier souvenir était qu'elle tentait de se frayer un chemin dans un désert sans fin tout en subissant une chaleur épouvantable. La soif la rongeait, puis elle avait perdue connaissance. Elle scruta la pièce où elle s'était réveillée. Elle y vit plusieurs vieux meubles, coffres cloutés, appareils ultra-modernes ou en tout cas inconnues de la jeune fille. Et à la gauche du lit d'où elle venait de se réveiller, se trouvait un plateau repas, avec des aliments totalement inconnues pour elle. Sans réfléchir, Tara mangea ce qu'elle trouva sur le plateau et y but une boisson très savoureuse qui apaisait sa soif à son grand soulagement.
Alors qu'elle mangeait et buvait tranquillement, quelqu'un vint vers elle.
- Bonjour, mon enfant.
Instinctivement, Tara cessa de manger et dévisagea l'homme qui venait de la rejoindre. Il s'agissait d'un vieil homme à la barbe blanche. Sa tunique blanche ressemblant à une toge était vieille et très usée. Avec une ceinture usée très étrange dont Tara n'en avait jamais vue.
- Je suis content de voir que tu es réveillée, mon enfant, lui dit le vieil homme d'un ton très aimable. Je t'ai trouvée dans le désert. Tu étais inconsciente et déshydratée. Alors je t'ai préparé ce repas. Je vois que tu en avais bien besoin.
Voyant que la fille ne répondait pas, préférant se montrer méfiante, le vieil homme la rassura avec un geste doux et une voix particulièrement chaleureuse.
- N'aie pas peur. Je ne te veux aucun mal. Tu es ici chez moi avec tout le confort dont tu as besoin. Je m'appelle Ben. Ben Kenobi.
Convaincue que le vieillard n'était pas une menace, Tara lui adressa un sourire.
- Merci beaucoup, monsieur ! J'avais très soif ! J'ai marché dans ce désert pendant des heures. Cette chaleur était épouvantable. J'ai cru que je n'allais pas m'en sortir.
- Ce désert est fort dangereux pour les voyageurs inexpérimentés, lui dit Ben. C'est une chance que tu ais tenue aussi longtemps. Maintenant que tu es rassasiée, pourrais-tu me dire qui tu es et ce que tu faisais dans ce désert ?
- Je m'appelle Tara. Tara Davies, répondit la fille. Et… en toute honnêteté, j'ignore comment je suis arrivée ici. Je ne sais même pas où je suis… Je ne sais rien du tout de l'endroit où je suis…
- Je t'ai trouvé dans le désert de Jundland, répondit doucement Ben. Sur la planète désertique de Tatooine.
Tara manqua de s'étouffer en entendant le mot planète.
- Je suis sur une autre planète que la Terre ? Sérieusement ? Je suis… dans un autre monde ? Jamais entendu parler d'un désert de Jundland. C'est quoi, ça, Tatooine ?
- Tu dis que tu viens d'une autre planète ? demanda Ben soucieux. D'où viens-tu, jeune Tara ?
- De la planète Terre.
Ben fronça les sourcils puis secoua la tête.
- Un nom qui ne me dit rien du tout. Je n'ai jamais entendu parler de la Terre.
Tara parut de plus en plus intriguée.
- Et moi, je n'ai jamais entendue parler de Tatooine. Et c'est la première fois que je me trouve sur une autre planète que chez moi… (Elle parut très anxieuse.) Comment je me suis retrouvée ici ? J'étais dans ce parc sur ma planète. Il y a eu une voix bizarre qui parlait… J'avais l'impression qu'elle était dans ma tête… ensuite, il y a eu un orage… une grosse tempête… J'étais avec ma sœur Sam… et ensuite, je me réveille dans ce désert. (Puis elle poussa un cri d'effroi.) Oh Mon Dieu, Sam ! Serait-elle là aussi ? Qu'est-ce qui lui est arrivée ? Je ne comprends rien à ce qui se passe ?
Ben posa doucement une main réconfortante sur l'épaule de la fille.
- Tara. Il est évident qu'il t'est arrivée quelque chose sur ta planète pour que tu te retrouves ici. Un mystère tout à fait étrange et inattendu. Mais pour l'instant, tu dois te détendre. Tu viens de survivre au désert. Une chance qui n'est pas donnée à tout le monde.
- Comment est-ce que j'ai pu survivre ? gémit Tara toujours angoissée.
- N'aie pas peur, mon enfant, lui dit doucement le vieillard. Je te promets de t'aider comme je le pourrais. En attendant, raconte-moi tout depuis le début. Peut-être que nous pourrons trouver ce qui t'est arrivé et nous finirons par retrouver ta sœur.
Une fois les deux soleils de Tatooine couchés, la température baissa brusquement. Et de tous les trous et crevasses qui entouraient les parois du canyon, les animaux nocturnes sifflaient et croassaient et grognaient de plaisir en sentant l'air frais qui accompagnait la nuit.
De toute sa vie d'astromécano, R2-D2 n'avait jamais eu aussi peur. Surmonter des obstacles naturels était une chose, mais affronter des créatures vivantes, c'en était une autre, surtout quand il se trouvait dans un territoire inconnu.
R2 pénétrait dans le canyon très rocheux. Il entendit un bruit lointain et s'arrêta un instant, puis vit que ce n'était que des pierres qui tombaient. Bien qu'il était seul, ses senseurs détectèrent un certain nombre de formes vivantes devant lui. Il continua son chemin avec un bip plaintif. Il ne se rendit pas compte qu'il était observé par plusieurs paires d'yeux cachés dans des alcôves sur les flancs du canyon. Le droïde, détectant les formes vivantes se rapprocher de lui, continua son chemin sur le sentier accidenté à travers le canyon jusqu'à ce que soudain, une forme trapue surgisse de sa cachette derrière un rocher et tire un blaster ionique sur R2. Le petit droïde lâcha une exclamation suraiguë. Lorsque l'explosion ionique surchargea ses systèmes et avec un gémissement final, il s'éteignit et s'effondra sur le sol, inactif. Le tireur donna alors un signal et trois autres silhouettes trapues sortirent de leurs cachettes. Comme le tireur, elles portaient toutes une tunique brune à capuche. Leurs visages étaient dissimulés, seuls leurs yeux brillants étaient visibles. Elles emportèrent R2 sur le sentier.
Les êtres à capuche atteignirent alors leur véhicule de sable, couvert de rouille. Ils soudèrent un boulon de retenue sur la carrosserie de R2 et le placèrent sous un grand tube sur le côté de l'énorme véhicule. Le petit droïde fut ensuite aspiré par le tube dans le véhicule de sable et ses kidnappeurs grimpèrent à l'aide d'une échelle pour monter à bord.
Lorsque les systèmes de R2 se réinitialisèrent, il se retrouva dans la soute principale du grand et long véhicule de sable qui était pleine de ferraille accumulée par les êtres à capuche et d'autres droïdes captifs. Une voix de reconnaissance interpella soudain l'astromécano :
- R2 ? R2-D2, c'est toi, mon vieux ! C'est bien toi !
À l'évidence, il y avait C-3PO, qui se précipita vers R2 et le serra dans ses bras, leur désaccord précédent oublié.
Les retrouvailles furent interrompues par un grand grondement alors que les moteurs du véhicule des sables rugissaient et que le long transport s'éloignait dans la nuit du désert.
Le lendemain matin, plusieurs escouades de Stormtroopers découvraient les deux capsules de sauvetage séparées l'une de l'autre de plusieurs kilomètres, à moitié enfoncées dans le sable.
Les Stormtroopers contemplèrent le paysage sablonneux environnant, à la recherche d'une trace des fuyards. Sur l'une des deux nacelles, rien n'avait été pris. Tandis que l'autre, tous les provisions avaient été emportés, ce qui indiquait une présence humaine.
- Ce doit être la fille qui s'est enfuie du vaisseau, annonça un Stormtrooper à ses hommes. Mais le sable a pratiquement effacée ses empreintes de pas. Il va être difficile de la retrouver. Avez-vous retrouvé les plans de l'Étoile Noire dans l'autre capsule ?
- Négatif, Commandant, répondit un autre Stormtrooper. Mais il y avait quelqu'un à bord de la capsule. On a retrouvé des traces de pas autour du module. Il y avait donc quelqu'un. Mais les provisions y sont toujours.
Et un autre Stormtrooper venait de ramasser un disque métallique à moitié enfoui dans le sable.
- Ça vient d'un droïde, ça !
Merci de m'avoir lu.
Ça me tenait à cœur d'introduire la scène de Biggs sur Tatooine. Une scène essentielle entre Luke et Biggs. L'intégrité et le dévouement de Biggs aurait dû être présent dans le film.
