Seul, comme toujours. Il ne pouvait dormir. Tout le monde autour faisaient comme si de rien n'était. La maison était silencieuse. Le rayon de lune seule lumière faisant ressortir les ombres grinçantes. La poussière dans l'air, de petites fées, suspendait l'instant. Comme dans une autre réalité sans le mouvement constant de la famille. Un petit nid douillé pour ses pensées macabres. Un monstre, c'était ce qu'il était. Déambulant dans les couloirs, un fantôme se fondant dans le décor défraichi.
Personne ne semblait se soucier de lui, le procès arrivait. Il ne savait pas comment y faire face, comment se défendre. Allait-il pouvoir garder sa baguette? Retourner à Poudlard? Ces questions le hantaient. Le léger bruissement d'un rideau, il avait atteint l'entrée. Etait-ce son cinquième tour? La maison était pourtant si grande. Fatigué de son insomnie, s'affalant contre le mur. La tête relevée. Il rit. Un rire sec, hystérique mais mué. Incrédule de l'évolution de sa vie. Etait-il condamné à cette injustice. Ce manquement que tout le monde éprouve pour sa personne. Cet intérêt pour son nom du moment qu'il est utile. Le verront-ils un jour? A quoi bon être le héro si derrière, à chaque pas de coté on le lynche? Lui ne veut qu'une chose la liberté. Etait-ce trop demander une année de paix? Du repos c'était tout ce qu'il voulait.
-Le sang-mélé reconnait la médiocrité de sa vie? interrogea ironiquement une voix féminine.
Harry l'avait oubliée trop perdu dans ses pensées pour même songer à la réveiller. Cette femme, la mère de son parrain, propriétaire de la maison. Un tableau mort déversant sa haine à tous. Plus vivante que lui à l'instant car dans sa colère, elle se contrastait plus au murmure silencieux de minuit.
-La médiocrité de ma vie, je la connais, merci. Je te signal que j'en suis le premier spectateur.
-Belle répartie pour un ignare.
-Douce voix pour une banshee.
Elle renifla, puis rit. Harry en était subjugué. Il ne pensait pas que de cet être infame pouvait sortir une tel mélodie. Quand elle ne criait pas, la mère de Sirius dégageait une aura de douceur et une élégance innée. Loin du monstre décrit si hideusement par les nouveaux habitants de la maison. Se rendant compte de la situation, il la rejoignit dans son rire.
-Je t'aime bien petit. Ton caractère est digne de ton sang paternel, la souillure de ta mère ne semble pas si grande. Estimes-toi heureux, tu as été épargné.
-Je. Vous. Interdis. D'insulter. Ma. Mère.
-Ahhh... Un sang si chaud de Gryffondor sortant d'un tel esprit de Serpentard. Ne penses pas jeune homme que je ne t'ai pas vu. Je n'ai que ça à faire de mes journées que d'observer. Je sais tout ce qu'il se passe ici. Du curement de nez du rouquin à ton procès prochain.
-C'est glauque mais compréhensible vue votre position, répondit Harry en se grattant le cou, soudain gêné par le regard perçant du tableau. En parlant du procès, savez-vous s'ils ont une idée de son déroulement ou comment vont-ils me préparer? demanda-t-il en détournant le regard intimidé par la possible réponse.
-Rien, gamin. Ils n'ont absolument rien prévu. Si on les laisse continuer comme ils le font, dans une semaine tu seras à Azkaban pour le reste de ta misérable vie. Tragique comme fin pour "L'élu" du monde sorcier, tu ne penses pas? demanda ironiquement Walburga en se penchant dans son cadre, le coin de ses lèvres se relevant légèrement et son regard cherchant le moindre signe de faiblesse chez son interlocuteur.
-Alors c'est ainsi, un sourire amer se répandit sur les traits du jeune homme. Je vais mourir enfermé dans une autre prison. Encore une fois, marionnette de leurs désirs.
-Voyons, enfant, nous ne pouvons pas laisser faire ça! Où est passée toute ta fougue de Gryffondor? Montres-toi fort et digne de ta maison! Redresses les épaules, tiens ta tête droite et écoutes. Je vais t'apprendre comment te défendre, comment débattre et surtout comment utiliser les lois à ton avantage.
En disant ces mots, la sorcière c'était elle-même assise de toute sa hauteur dans le tableau, rendant son aura majestueuse, une vraie reine lui faisait face.
-Pourquoi feriez-vous cela?
Un soupçon. Un doute. C'était là, au chaud comme un serpent niché au creux d'un arbre attendant sa prochaine proie. Un venin le rongeant car dès sa première germe, il devient difficile de le réfréner. Cette repise en question constant de la parole des adultes, Harry la connaissait et la maîtrisait bien. D'abord avec les Dursley puis au fils du temps à Poudlard. Le doute était maintenant la toujours présent tournant et retournant les information dans tout les sens possibles. L'aura de se tableau ne changeait rien au retour de cette habitude maintenant encrée dans son sang. Cependant, avait-il réellement le choix? C'était pour l'instant la seule arme à sa disposition et augmenter ses connaissant pour lui être utile. Mais si une chose était sûr c'est que jamais rien ne lui était donné sans arrière pensée.
-C'est bien, tu es réfléchis et pas naïf. Remets toujours en question les propositions qui semblent trop faciles, trop parfaites, elles cachent toujours quelques choses. Personnes ne propose rien sans arrières pensées, Walburga hocha la tête en montrant son approbation. Je vais t'aider car tu es l'héritier de Sirius et que je ne laisserai plus jamais le nom des Black être terni, et moins encore un membre de ma famille injustement condamné. Je ne peux pas laisser le sang des Black s'éteindre comme ça.
-Ok. Je peux accepter. Avec cette vision des choses nous serons tout les deux gagnant. Maintenant, apprenez moi.
La semaine était passé à toute vitesse pour Harry, entre le ménage intensif que leur imposait Mrs. Weasley et ses nuits passées à apprendre différentes manières de se tenir, comment bien manier la langue, et la compréhension des sous-textes dans les lois. C'était la dernière nuit qu'il passerait avec Walburga avant son procès, et il était soudain repris d'un doute. Avait-il fait le bon choix? Arriverait-il réellement à éviter Azkaban de cette manière? Harry savait qu'il ne pouvait de toute façon pas revenir en arrière et que l'ordre n'avait rien préparer pour le défendre. Il n'avait fait que chercher une solution à son problème essayant de survivre comme il le faisait toujours. Et si Harry était bien doué pour une chose, c'était de survivre.
-Enfant, je veux qui tu suives Kreatur et que tu ailles prendre une des anciennes robes de mon fils, Regulus. Tu dois être présentable pour ton procès et tes vêtements moldus sont inacceptables. Ils ne valent pas mieux que des haillons.
Walburga jugeait ses vêtements d'un oeil critique et semblait sensible à une odeur imaginaire tellement ses vêtements la repoussaient.
C'était humiliant. L'écrasant comme un insecte. Un regard sans pitié qu'il connaissait des ses années de primaire. Les voisins et leurs murmures, les professeurs et leur jugement, la négations de ses problème pour lui coller l'image qu'il s'étaient tous fait de lui. Cet enfant délinquant, agresseur, venant d'une prostituée et de son proxénète. Ce sera semblable le lendemain, il sera le fou. Celui qui avait potentiellement Cédric. Celui qui cherche l'attention, comme si on ne lui en avait pas assez donné. Celui qui ment. Celui qui proclame le retour de leur pire cauchemar. Celui qui cri au loup. Arriver en haillons ne ferait que confirmer cette image. Walburga semblait avoir pensé à tout.
Des particules vertes tournoyaient autour de lui. Une légère suie couvrait ses vêtements. Le contraste de sensation entre la chaleur mordante de la cheminée et le mur de pierre du Ministère. Un frisson le connectant à la réalité de son environnement. Tout semblait accéléré, la démarche des gens, las avions de parchemin, même les paroles échangées. Un autre monde. Une nouvelle expérience un bourdonnement bas chatouillait sa peau, titillant... Titillant une faim? Tout semblait, non était magique. Ce lieu avait le même air ancien du Chemin de Traverse, de Poudlard, le brouhaha de Près-au-Lard et le sérieux de l'Allée des Embrumes. Il se sentait comme un enfant à qui on apprenait à marcher. Si petit sous les grandes arches de l'entrée. Personne dans cette mer de monde. Un poids s'envolait de ses épaules, il respirait. Là, seul dans la foule en mouvement. Perdu parmi les siens. Il avait sa place.
Un choc contre son dos. Sa jambe se décalant. Ses mains cherchant un appui. Il tomba. Ecrasé contre le marbre sombre. Il était au Ministère de la Magie. Et s'il y était présent, c'était pour le procès. Ce procès qui déterminerait s'il avait le droit de rester dans le monde magique. Dans ce monde qu'on lui avait caché et qu'on lui cachait encore. Dans son monde.
Soudain, il n'était plus intimidé. Non, il sentait monter en lui, le lion. Son rugissement faisant gronder sa cage thoracique. En flammant ses veines. La faim grandie. Il ne serait plus leur proie. Un froid glaciale se rependit en lui.
Il était grand et droit. Le pas certain avançait vers l'accueil. Une robe bleu nuit s'envolait, taillée sur lui. Des ondes, une musique sur sa peau. Le menton haut. Il allait droit au but. Le cuire de dragon contre sa cheville affermissait ses pas. L'éclat émeraude survolait avec indifférence le chaos environnant. La lumière crystalline, une caresse sur ses cheveux assombrissait son aura.
Enfin, la partie allait pourvoir commencer.
Arrivé en avance, déjà assit au siège des accusés, il attendait appréhendant le terrain de jeu. Comme un roi sur son trône, le regard fatigué, il analyse. Les robes prunes prennent peu à peu place dans la baignoire surplombant légèrement la scène. Il serait le seul acteur aujourd'hui. Les derniers arrivés, deux flashs de lumière, rose bonbon et jaune poussin. Il était l'heure. Son public était présent.
Le procès avait lieu au neuvième niveau, malgré l'aération l'air était rance, renfermant des heures de sueur, de débat, de larmes et de victoire. La salle avait la configuration d'un théâtre à l'italienne, parfait pour la presse avide et le public curieux. Tout était étrangement vide. L'accusé seul sur scène, et son public, le juré, avait les places prisées. Chaque reniflement, un ouragan en l'absence de la foule habituelle. La pierre taillée des murs rajoutait à l'écho. Les nuances de vert d'eau d'une volonté de neutralité, faisaient scintiller la pièce, rendant plus grande sa perception.
Le procès comme une pièce déjà jouée et rejouée, suivait son cours sans accro. Les interrogations et ses réponses s'enchainait avec la fluidité d'une rivière. Tout était naturel et parfaitement en place. Chaque pas était fait avec munition, et la répétition de cet enchaînement dont seul lui était le chef d'orchestre ne faisait face à aucune dissonance. Ce débat une douce musique à ses oreilles. La colère du Fugue et la frustration de sa grenouille, une image de jouissance pour ses sens.
Là, seul fasse à cette foule de juré dont tous voulait le faire tomber, il triomphait. IL montrait l'étendu de son pouvoir et sa connaissance. Ce déliais des contraintes de Dumbledore. Le goût de leur étonnement. Le déséquilibre imposer par son changement de comportement. Un met/repas si précieux. Ses papilles s'en réjouissent.
Paramètre indésirable. Retour de l'oppresseur. Dumbledore arrivé. L'homme qui jusqu'à lors ne c'était même pas montré face à Harry apparu. Avec une heure de retard. Comme un justicier. Coup de théâtre, solution miraculeuse. Coup de poignard. Handicape son plaidoyer. Sourire de Fugue. Amalgame de sa position politique. Ailes arrachées. Atterrissage forcé. Défaites cuisante. Confiné dans sa prison dorée.
Le procès était gagné. Quelle joie. Poudlard retrouvée. Amertume dans la bouche. Les fils tirées. Ses bras bougeaient, sa tête s'hochait. Marionnette des puissants. Diffamé et adulé. Un boulet à ses pieds. Sauts de joie et étreintes chaleureuse. Revenue entre les murs sombres de la prison. Condamné sans procès à un pantin de bois. Des blagues, des rires, des accolades. Atmosphère légère, fumée au yeux. Cerceaux enserrés à ses poignets. Le procès n'était pas perdu. Mais une rage persistait. Lésé, il se sentait lésé. Dumbledore lui avait volé son moment. Sa gloire et sa grandeur d'un instant envolée.
