La veille de leur départ, Hinata emmena Maya refaire les boutiques pour qu'elle ait plus de trois ensembles durant le voyage et qui seraient adaptés à la température locale. Pour sa part, Shino dut prendre un long congé. Ou plutôt, il fut renvoyé. Son patron n'apprécia pas qu'il veuille prendre ses premières vacances en trois ans, alors qu'il n'avait pas « réussi » à obtenir un scoop sur Animal Lover, même si c'était pour suivre une piste sur la disparition de son père et un potentiel article à écrire. On ne peut pas vendre du potentiel, juste du concret, lui avait répliqué Jet. Pour le coup, la « proposition » d'emploi du « bienfaiteur » de Jiraiya tombait à pic. Quoique le journaliste commençait à croire que c'était volontaire du vieil homme, en allant demander l'aide de cette personne en particulier.
C'est Hinata qui vint les récupérer, le matin de leur départ. Quoique, c'était Naruto au volant. Shino comprit immédiatement qu'il apprenait encore à conduire, à voir comment ses mains étaient crispées sur le volant et ses épaules tendues contre le dossier. Il écarquillait même les yeux de peur de rater quelque chose.
- J'espère que ça ne vous dérange pas, mais vu qu'on ignore pour combien de temps on sera partis, j'ai proposé à Naruto de s'entraîner une dernière fois en allant à l'aéroport, expliqua Hinata.
- On est en avance, alors ça va, déclara Shino.
L'auteure lui retourna un sourire, mais le commentaire de Maya les prit tous de court.
- Est-ce que ça va, Naruto ? Tu sembles pétrifié.
Un silence s'installa dans l'habitacle, alors que Shino et Hinata observaient l'adolescente, puis le blond. Celui-ci avait toujours les yeux rivés devant lui, complètement immobile sur son siège. Il ne semblait même pas avoir entendu la question de Maya.
- Naruto ? s'inquiéta l'auteure en touchant l'épaule de son copain.
Il sursauta violemment, provoquant un sursaut chez les trois autres.
- Tu devrais reprendre le volant jusqu'à l'aéroport, déclara-t-il en se détachant. Je ne me sens pas assez confiant pour avoir la vie de trois personnes sur les mains, avoua-t-il en sortant de la voiture.
Shino retint de peine ses lèvres de se retrousser, pas parce qu'il avait envie de rire, mais plutôt parce qu'il y avait quelque chose « d'adorable » dans la réaction de Naruto. Il eut presque le temps de contourner la voiture pour les rejoindre, avant qu'Hinata n'ait le temps d'ouvrir sa portière. Le journaliste vit qu'elle se mordait les lèvres pour ne pas sourire ou de faire un commentaire à son amoureux. Pendant que les deux hommes plaçaient les deux valises dans le coffre arrière, Maya se glissa sur la banquette arrière, de sorte à être derrière Naruto qui avait de plus longues jambes, laissant la place derrière l'auteure à Shino. L'adolescente se dit qu'elle avait fait le bon choix en voyant Hinata avancer le siège pour se rapprocher du volant et des pédales.
- Jiraiya a reçu ton passeport juste à temps, annonça Naruto à Maya, lorsqu'il prit place devant elle. Comme ça, tu n'auras pas besoin de passer le voyage dans la soute à bagages avec les autres animaux.
- Il a procédé comment pour lui obtenir un passeport, si elle n'a pas d'identité ici ? demanda Shino, intrigué.
- Aucune idée, lâcha le blond en tournant la tête vers lui. Jiraiya et Tsunade ont toutes sortes de ressources dont ils nous parlent pas à l'agence.
- Tu ne sais vraiment pas qui est ce mystérieux bienfaiteur ? insista une nouvelle fois le journaliste, en croyant de plus en plus qu'il n'en savait vraiment rien.
- Il a dû « quitter » l'agence avant mon arrivée, parce que j'ai jamais rencontré de rédacteur en chef d'un magazine. Ni même de journaliste.
Le trajet se fit ensuite dans un silence léger, rompu que par Hinata qui questionnait Naruto sur le code de la route. À leur arrivée à l'aéroport, le blond sortit de son sac de voyage, deux passeports et une enveloppe. Il tendit celle-ci à sa copine, puis ouvrit un passeport.
- Celui-ci, c'est le mien, remarqua-t-il en le refermant. Alors celui-là, c'est le tien, ajouta-t-il ensuite en tendant le second passeport à Maya.
L'adolescente l'ouvrit et regarda à l'intérieur. En dehors de sa photo et des informations, il n'y avait pas grand-chose à l'intérieur.
- Uzumaki ? lut Shino.
- Ouai, Jiraiya a dit qu'il valait mieux qu'on soit de la même famille pour éviter tout problème, vu qu'elle est encore mineure.
- Pas faux, se dit Shino.
- Après, on va dire sœur adoptive, crut bon d'ajouter Naruto. On ne se ressemble pas du tout et à ses traits, ça va se voit qu'elle vient de la région et pas moi.
- Ce sont nos billets ? l'interrompit Hinata en regardant dans l'enveloppe qu'il lui avait donnée.
- C'est ce que Jiraiya m'a dit. Pourquoi ?
- Je ne nous vois pas dans la liste des avions qui doivent partir dans une heure, confia-t-elle en relevant les yeux vers lui.
- Passe voir, proposa Shino en tendant la main.
Il observa les billets dans tous les sens. Ça ressemblait à des billets normaux, mais en même temps complètement faux, se dit-il en repensant aux nombreux billets que son père avait acheté par le passé. Voyant une employée de l'aéroport passé un peu plus loin, il la rejoignit pour lui poser la question.
- Excusez-moi. Un ami m'a donné ces billets et je ne vois pas notre vol dans la liste d'embarcation.
- Laissez-moi regarder, proposa-t-elle en prenant les billets. Oh, mais c'est parce que ce sont des billets V.I.P.
- V.I.P ? répéta Shino, surprit.
- Oui. Laissez-moi vous guider jusqu'au salon V.I.P. Quelqu'un viendra vous chercher, lorsqu'il sera temps d'embarquer et vous guider jusqu'à votre avion.
- Merci.
Shino se retourna pour faire signe aux autres de le rejoindre, puis ils la suivirent jusqu'à ce fameux salon. La pièce où elle les emmena était grande et spacieuse, seul un homme élancé avec de longs cheveux noirs s'y trouvaient, sirotant une flûte de champagne en lisant un journal. Lorsqu'il redressa la tête pour les regarder, Shino eut du mal à lui donner un âge, lui faisant supposer que cet homme avait eu recourt à la chirurgie plastique. Il dégageait clairement l'aura d'une personne puissante, qui avait déjà beaucoup vécue.
- Vous allez toujours bien, monsieur Orochimaru ? s'enquit l'employée.
- À merveille, ma chère, acquiesça-t-il en se levant. Bonjour, les salua-t-il en s'approchant d'eux, lorsque l'employée fut sortie. Tu dois être Naruto, lâcha-t-il en s'arrêtant devant ce dernier et en lui tendant la main. Jiraiya m'a beaucoup parlé de toi.
- Vous êtes le contact de Jiraiya ?
- Contact ? répéta Orochimaru en riant. Je ne suis pas qu'un contact. Pas après plus de soixante ans… d'amitié.
Son arrêt avant « amitié », laissa pensé à Shino, que cet homme et le propriétaire d'Animal Lover n'étaient pas réellement amis, même s'ils se connaissaient depuis longtemps.
- Mademoiselle Hyuuga, je présume, poursuivit Orochimaru en lui tendant la main. Je dois vous remercier pour le papier qu'on a écrit sur la mort de votre ex-mari. Ça été notre meilleur article de la dernière année.
Hinata resta muette la bouche entrouverte sous la surprise et Orochimaru se tourna vers Shino, qui s'était légèrement décalé pour cacher Maya avec son corps. Il y avait quelque chose chez cet homme qui le mettait mal à l'aise.
- Vous devez être mon potentiel futur journaliste, supposa Orochimaru en lui tendant la main. Jiraiya m'a vanté votre code d'honneur irréprochable.
- Code d'honneur ? répéta Shino, perdu.
- Un journaliste qui détient le plus gros scoop du siècle, mais qui refuse de le divulguer… Ce cher Jet ne vous mérite pas.
- Vous connaissez mon patron ? demanda le journaliste, en omettant le « ex » de patron.
- J'ai viré ce pauvre type sans moral, cracha Orochimaru avec dégoût. Il était prêt à tout pour gravir les échelons. Voler le travail de ses collègues ou créer les nouvelles qu'il allait révéler par la suite. Vous avez eu de la chance d'être resté confiné à la nécrologie, vous n'aurez pas pris ses mauvais plis, déclara-t-il.
La tirade de l'homme laissa Shino sans voix. Bien qu'il ait toujours trouvé son patron un peu «borderline» au niveau de la morale de certaines pratiques, il n'imaginait pas qu'il soit allé aussi loin que de voler le travail de ses collègues ou de fabriquer des nouvelles à sensation.
- Mon affiliation avec Jiraiya et Tsunade m'oblige à m'entourer que de gens honnêtes, poursuivit-il. Ça m'est égal que l'article soit scandaleux, s'il est vrai à cent pourcent, mais je refuse de publier de la fiction. Mais vous verrez, que lorsqu'on fait parti des amis d'Animal Lover, l'agence nous apporte des opportunités qu'on n'aurait jamais osé rêvé, termina-t-il avec un grand sourire.
Shino su immédiatement que l'agence n'était pas dirigée que par un duo, mais bien un trio. Jiraiya était le visage, Tsunade l'exécutrice des « renaissances » et que cet homme devant lui, devait être comme les yeux ou l'ombre qui espionne pour l'agence. Si Naruto et maya ne le connaissaient pas, c'est qu'il ne devait pas être connu des pensionnaires. Et cette sensation de malaise, alors qu'il le fixait droit dans les yeux, devait provenir de cette impression qu'Orochimaru pouvait être à la fois un bienfaiteur qu'un bourreau.
- Maya, salua-t-il l'adolescente en croisant ses bras dans son dos. Ravi de rencontrer un dreamcatcher. C'est si rare, que tu n'es que la troisième en cinquante ans. Mais d'un autre côté, c'est probablement une bonne chose, vu les conditions qu'il faut remplir pour obtenir ce pouvoir. Et c'est pour cette raison, qu'aujourd'hui, j'ai prévu un jet privé pour ce voyage.
- Un jet privé ? s'exclama Naruto, abasourdi.
Si Maya ne semblait pas comprendre leur surprise à tous les trois, Naruto avait suffisamment d'expérience de vie pour savoir qu'un voyage en jet privé était encore plus dispendieux que la première classe d'un avion.
- Évidemment, répliqua Orochimaru, un peu hautain. Je ne vais pas obliger une jeune fille ayant vécu ce qu'elle a vécu, à se retrouver coincée dans une foule de passagers inconnus. Nous ne serons que tous les cinq et les employés du jet. Tu pourras te déplacer librement sans avoir peur d'un contact non désiré.
Au départ, Shino n'avait pas porté attention au fait qu'il avait gardé les mains dans son dos en saluant Maya, mais maintenant, il réalisait qu'il évitait à l'adolescente de le toucher inutilement. S'il travaillait bien avec Jiraiya et Tsunade comme Shino le supposait, Orochimaru devant en savoir beaucoup sur les divers pouvoir des pensionnaires de l'agence et les raisons de leur obtention lors de leur renaissance.
- Assoyez-vous, les invita Orochimaru d'un mouvement de bras. On a encore plusieurs minutes à attendre avant le décollage, expliqua-t-il en reprenant sa place de début.
Ils prirent place dans les différents fauteuils qui entouraient une table en verre. Quatre bouteilles d'eau y étaient posées avec un bol de noix et un autre de petits chocolats.
- Vous pouvez vous servir, je les ai fait préparer pour vous, expliqua Orochimaru devant leur immobilité.
Naruto fut le premier à bouger, comme s'il voulait s'assurer qu'il n'y avait rien de dangereux pour les autres.
- Je vois bien là, le détenteur du pouvoir de protection, lâcha Orochimaru en l'observant attentivement.
- Vous savez quel pouvoir j'ai ? s'étonna le blond.
- Maintenant, oui. Je l'ai dit pour celui du dreamcatcher, mais chaque pouvoir à ses propres conditions d'obtention. Jiraiya devrait t'enseigner un peu plus les notions de l'agence, s'il veut que tu puisses aider son successeur après sa retraite. À moins que tu n'es pas l'intention de travailler à l'agence jusqu'à la fin de tes jours, là je comprendrais qu'il préfère attendre.
- Que j'aide son… successeur ?
- Ne me dit pas qu'il ne t'a pas non plus dit, qu'il aurait un jour un successeur ? Le successeur de Tsunade est déjà en formation.
- Si, si, il m'en a parlé, mais… Jamais il n'a dit que je pouvais aider son successeur à lui.
- Bien sûr ! Avec l'ampleur qu'a pris Animal Lover, son successeur aura besoin d'une personne de confiance et qui connaît bien l'agence pour l'épauler.
- Jiraiya est pourtant seul, fit remarquer Naruto, perdu.
- Parce que les choses sont bien différentes d'il y a cinquante ans, mais maintenant avec les réseaux sociaux et les nouvelles technologies, garder le secret d'Animal Lover deviendra de plus en plus difficile. Voilà pourquoi il faut des gens de confiance dans l'entourage de l'agence, ajouta-t-il en se tournant vers Shino.
Un long silence s'installa dans le salon privé, alors qu'ils buvaient tous les quatre leur eau et qu'Orochimaru retournait à la lecture de son journal. Un employé de l'aéroport vint les chercher environ trente minutes plus tard, pour les conduire vers le poste de contrôle avant l'embarcation dans le jet privé. Une fois qu'ils y furent tous les cinq, Shino osa finalement poser des questions à son potentiel futur employeur.
- Jiraiya m'a dit que je devais écrire un article durant le voyage comme test d'entrée, mais il ne m'a pas donné de sujet.
- C'est pourtant évident.
- Pardon ?
- Vous. C'est vous le sujet. La disparition de votre père, vos recherches. Ça n'a pas besoin d'être plus compliqué. Ensuite, si quelqu'un décidait d'offrir son histoire pour en faire un article… Ce serait tout aussi intéressant, termina Orochimaru en jetant un regard en coin à Maya.
Shino perçut la tension qui gagna le corps de l'adolescente, mais il évita de faire le moindre commentaire. Même si l'idée d'écrire sur Maya et le trafic sexuel dans lequel elle s'était trouvée, lui avait toujours traversé l'esprit, jamais il ne lui demanderait. Elle n'arrivait déjà pas à parler de son passé, alors le voir publier dans un journal…
- En quoi mes démarches pour retrouver mon père peuvent être intéressant ? demanda Shino pour détourner l'attention de Maya.
- À vous de rendre votre témoignage intéressant. Peu importe dans quel état vous retrouverez votre père, votre histoire peut toucher nos lecteurs. Il faut juste savoir la raconter.
Savoir la raconter ? se répéta Shino. Plus facile à dire qu'à faire. Devant le silence qui s'installait, Orochimaru sortit une tablette de son sac et commença à y lire dieu sait quoi. Maya observait les nuages par le hublot, Hinata avait sortit un cahier pour écrire et Naruto un livre de mathématique qui semblait lui donner du fil à retordre, à voir ses sourcils froncés. Shino plongea donc dans ses pensées, réfléchissant à cet article. Comment allait-il aborder ce sujet si personnel ? Lui-même, il avait toujours du mal à en parler, même avec Kiba qui connaissait déjà toute l'histoire.
Le reste du trajet se passa dans un silence lourd et gêné, aucun n'osant ouvrir la bouche devant Orochimaru. Naruto s'endormit en premier, suivi de près par Maya. Hinata prit le temps de redresser son compagnon et d'incliner son siège pour qu'il soit plus confortable, puis elle retourna à son histoire. Shino se crispa légèrement, lorsqu'il sentit la tête de l'adolescente tomber sur son épaule. Il ne l'avait pas vu souvent s'endormir sous cette forme et c'est probablement pour cette raison, qu'il perçut pour la première fois, qu'elle ronronnait en dormant, alors même qu'elle n'était pas sous sa forme de chat. En considérant que les chats ronronnent généralement, lorsqu'ils sont détendus ou pour montrer leur affection, Shino fut rassuré qu'elle soit plus calme qu'à leur départ de l'appartement. Ce voyage serait éprouvant pour elle et il espérait réussir à la protéger, lorsque les émotions deviendraient trop fortes à supporter.
Il passa la majeure partie du vol à observer le ciel par le hublot, même s'il en était éloigné, réfléchissant à l'approche qu'il utiliserait pour son article. Parler de la disparition de son père dix ans plus tôt, comment ça l'avait affecté, son désir de découvrir ce qui s'était passé. Lui, qui n'avait jamais aimé parler de ses sentiments ni même se confier à ses proches, il allait devoir le faire dans un grand magazine. Il n'était pas vraiment prêt pour ça. Mais si Maya pouvait affronter son passé, il pouvait bien en faire de même avec ses propres démons.
Le vol se passa dans encombre et Shino fut probablement celui qui dormit le moins durant les vingt heures que dura le trajet. Même Orochimaru profita de sa cabine privée pour prendre un peu de repos. C'est aussi durant ce moment que Shino réussit à suffisamment se détendre pour dormir un moment. Mais à leur arrivée à Bangkok, il était épuisé et courbaturé. Tout l'inverse de Maya, qui avait dormi durant la quasi-totalité du vol et qui était maintenant agité par le stresse de se retrouver dans son pays d'origine, où elle avait vécu l'enfer avant d'être secouru par Tsunade.
- C'est ici que nous nous séparons, annonça soudainement Orochimaru, lorsqu'ils eurent récupéré leurs bagages. Voici l'adresse de l'hôtel, je vous ai déjà réservé une suite avec deux chambres.
- Vous ne venez pas avec nous ? demanda Naruto.
- Non, j'ai d'autres affaires qui m'attendent ici. Je vous ai noté mon numéro de cellulaire. Lorsque vous serez prêts à rentrer, appelez-moi.
Sur ce mots, il les abandonna et le quatuor se regarda, prit de court.
- Bon et bien, allons-y, lâcha Hinata en attrapant le papier qu'Orochimaru avait donner à son copain.
Ils se dirigèrent vers la sortie et trouvèrent un taxi qui les emmenèrent à leur hôtel. Le luxe de l'endroit les prit de court. Ils ne s'attendaient pas à séjourner dans un hôtel aussi dispendieux. Ils évitèrent de faire des commentaires, tant qu'ils ne furent pas seuls dans leur suite.
- C'est l'idée de Jiraiya ou…, commença Shino en faisant rouler sa valise plus loin dans le salon de leur suite.
- Allez savoir, soupira Naruto en visitant l'endroit. Au final, même nous on ne sait que très peu de chose sur lui et je n'avais jamais rencontré ce Orochimaru.
- Il y a donc bien deux chambres, remarqua Hinata en faisant elle aussi le tour. Mais avec deux lits doubles, crut-elle bon d'ajouter en regardant Shino.
- Ça va aller, répliqua-t-il. Et si on descendait au restaurant de l'hôtel et qu'on remontait ensuite se reposer pour aujourd'hui, proposa-t-il. Il est trop tard pour commencer les recherches et je suis épuisé.
Ils approuvèrent tous les trois et après s'être rafraîchi un peu, même se changer pour Hinata, ils descendirent dans le hall de l'hôtel pour trouver le restaurant. À la vue du luxe de la salle, Shino s'inquiéta pour le prix des assiettes.
- Ça va aller, le rassura Hinata. Si quelqu'un ne mange pas pour dix, ajouta-t-elle en jetant un regard en coin à son copain.
- Tu ne peux pas me reprocher d'aimer manger, lorsque j'ai passé des années à être sous-alimenté, geignit Naruto. Ce n'est pas un traumatisme qui se guérit complètement.
Shino évita de faire le moindre commentaire, n'ayant jamais connu la faim, comme ça avait été le cas du blond. Ou encore comme Maya, supposa-t-il en regardant celle-ci du coin de l'œil. Elle était petite, donc elle ne mangeait pas plus que lui, mais en y pendant, elle mangeait tout de même beaucoup pour une adolescente avec une si petit carrure.
Inconsciemment, Maya baissa la tête en se mordant les lèvres. Même si Naruto l'avait dit comme si de rien n'était, presque avec humour, c'était un vrai traumatisme difficile à combattre. L'adolescente se retenait pour ne pas manger à toutes les heures, ne voulant pas abuser de la gentillesse de Jiraiya ou de Shino, mais la peur d'être à nouveau privée de nourriture, durant une courte ou longue période, l'obsédait toute la journée entre chaque repas. Et elle mangeait plus qu'elle n'en avait réellement besoin, au point que parfois, elle pouvait presque sentir le tout qui tentait de remonter. C'est seulement lorsqu'elle ressentait cette sensation, qu'elle s'arrêtait de manger.
En revanche, la remarque de Shino sur le prix des plats dans ce restaurant luxueux l'inquiéta tout de même. Hinata semblait dire que ce n'était pas un problème pour elle, mais l'idée qu'elle dépense beaucoup pour un repas mettait Maya très mal à l'aise. Même si elle avait grandement amélioré ses capacité en lecture, elle n'avait aucune connaissance sur la valeur de l'argent. À quel moment, un prix pouvait être considéré comme cher ? Ses yeux passaient d'une ligne à l'autre, comparant le nombre de chiffre au bout de chacune. Sans compter que les noms des plats ne lui disaient rien. Elle n'avait toujours rien décidé, lorsque le serveur arriva à leur table. Hinata, douée pour les langues, passa la commande pour tout le monde, même pour Maya.
- Je t'ai pris la même chose que moi, expliqua l'auteure devant le regard surpris de l'adolescente. C'est léger et très nourrissant, je suis sûre que tu vas apprécier.
Gênée, Maya la remercia d'un hochement de la tête. C'était peut-être mieux ainsi. Il aurait été encore plus gênant de demander à voix haute devant le serveur, même s'il n'aurait probablement rien compris. Et puis, elle avait passé beaucoup de temps avec Hinata, alors elle pouvait lui faire confiance.
- On commence nos recherches par où demain ? demanda finalement Naruto.
- Je crois que le mieux serait d'aller voir la police, déclara Shino. Voir s'ils ont déjà vu ou entendu parlé de mon père. S'il est mort, peut-être sera-t-il dans leurs fichiers.
- Si ça ne donne rien par ici, on pourra toujours tenter notre chance dans les villes voisines. Il doit y avoir des traces, lorsque des scientifiques étrangers viennent étudier la faune et la flore locales.
Pendant qu'ils planifiaient tous les trois les recherches, Maya observa autour d'elle, les autres clients du restaurant de l'hôtel. Il y avait plusieurs touristes comme eux et même quelques familles que l'adolescente regarda plus longuement. Elle n'avait jamais connu ça et elle ignorait tout de ce que ça faisait. Elle avait souvent entendu les autres protégés de l'agence discuter entre eux, sur leurs parents, leurs frères ou leurs sœurs. Maya, elle, ignorait qui étaient ses parents et si elle avait des frères ou des sœurs. Elle avait même eu très peu d'interaction avec les autres prisonnières.
Elle avait le vague souvenir, qu'une femme s'était occupée d'elle, jusqu'au jour où elle avait été vendue pour la première fois. Bien sûr, à l'époque, elle ne comprenait pas ce qu'il se passait. Elle savait juste, que ces hommes qui passaient la voir, lui faisaient du mal et qu'à part pleurer, elle n'avait aucun moyen de le faire savoir, puisqu'on ne lui avait jamais appris à parler. Quoique, ça n'aurait rien changé, réalisait-elle maintenant. Ceux qui la tenaient captive et l'avait vendue dès son plus jeune âge, n'avaient aucune considération vis-à-vis des femmes, ni même pour les petites filles.
Alors que des souvenirs indésirables envahissaient ses pensées, sa respiration s'accéléra, signe qu'elle s'apprêtait à faire une crise de panique. Si elle avait été à l'agence, elle se serait cachée dans le plus haut arbre à chat ou bien sous le canapé de l'appartement de son maître, mais là, ils étaient au restaurant, entourés d'inconnus et elle ignorait comment se calmer. C'est à ce moment-là, que Shino lui attrapa le visage pour l'obliger à plonger son regard dans le sien. Étonnement, cette aura calme qui se dégageait de lui, l'aida à se recentrer au moment présent et à repousser ces vilains souvenirs. Dès que sa respiration eut retrouvé un rythme normal, elle soupira un grand coup.
- Merci, souffla l'adolescente.
- Est-ce que tu préfères qu'on nous fasse monter notre repas dans notre suite ? proposa-t-il, toujours inquiet.
- Ça va aller. Ça va mieux maintenant.
Malgré son affirmation, elle pouvait voir qu'ils étaient tous inquiets pour elle, mais elle préféra se concentrer sur un morceau de pain qui se trouvait dans une corbeille au centre de la table. Elle le mangea à petites bouchées, sans relever les yeux vers les autres, pour éviter de provoquer une autre crise. Ils reçurent leurs plats peu de temps après et ils le mangèrent sans s'attarder trop longtemps. Il valait mieux qu'ils retournent dans leur suite avant qu'elle ne fasse une seconde crise de panique, se dit la jeune fille, alors qu'ils se trouvaient dans l'ascenseur. Maya avait vraiment envie de prendre sa forme de chat, malheureusement, si elle perdait des poils, il serait difficile d'expliquer la situation.
Une fois dans leur suite, ils prirent tous le temps de se changer, mais alors qu'elle s'apprêtait à attraper son pyjama, Shino sortit de sa valise, le lit dans lequel elle dormait lorsqu'elle était sous sa forme de chat et il le lui tendit.
- Si tu restes dedans, il n'y aura pas de poils partout, lâcha-t-il.
Le fait qu'il ait pensé à emmener son lit pour chat dans ses bagages, montrait à quel point il commençait à bien la connaître.
- Merci, le remercia-t-elle en rougissant.
- Lorsque tu seras prête à te coucher, tu n'auras qu'à te transformer dessus. En attendant, pas besoin de te changer.
Elle retourna donc s'asseoir dans le salon de la suite, où Naruto et Hinata discutait à voix basse. Ils s'arrêtèrent à leur entrée.
- Tout va bien ? demanda Maya, mal à l'aise.
- Oui, répondit Naruto en regardant sa copine. C'est juste que…
- Je me suis dit qu'il serait peut-être plus sécuritaire que Naruto vous marque, avoua Hinata.
- Nous marque ? répéta Shino, perdu.
- Si jamais on se retrouvait séparé, je pourrais à la fois sentir si vous êtes en danger et vous retrouver, expliqua le blond.
- C'est comme ça qu'il m'a sauvé de mon ex-mari, l'an dernier.
- Et ça marche comment ?
- Je dois vous mordre. Sous ma forme de renard. Une petite morsure au poignet ou à la cheville devrait faire l'affaire.
Malgré sa réticence évidente, Shino rejoignit Naruto et lui tendit son bras gauche. Après tout, ils étaient dans un pays étranger, seul Hinata se débrouillait suffisamment avec la langue et Shino utilisait une application de traduction pour pouvoir communiquer avec les locaux. Maya observa la scène en écarquillant les yeux. Le journaliste grimaça, lorsque les crocs du renard s'enfoncèrent dans son poignet, mais il ne se plaignit pas. Lorsque ce fut son tour, l'adolescente serra ses poings contre sa poitrine, paniquée à l'idée de souffrir de la morsure. Le renard l'observa en penchant la tête de côté, une expression triste dans ses yeux, qui la mit mal à l'aise. Le remarquant, Hinata la rejoignit et la fit asseoir sur le second canapé en la serrant dans ses bras.
- Je te promets que la douleur sera petite, comme un pincement. Et puis, si tu commences à paniquer comme tantôt, il pourra aussi le sentir et agir plus vite.
Elle n'avait pas tort, réalisa Maya. Et puis, elle avait confiance en Naruto. Depuis que Shino l'avait adopté, il avait été présent pour elle et il l'avait aidé à s'adapter à cette nouvelle vie. Lorsqu'elle croisa enfin son regard, il descendit du canapé où il était et il la rejoignit. Il posa ses deux pattes avant sur ses genoux et elle tendit son poignet gauche. Elle ferma les yeux et laissa un gémissement s'échapper, lorsque ses petites dents s'enfoncèrent dans sa peau. Comme Hinata lui avait assuré, ce fut court et Naruto relâcha rapidement son poignet. Il en lécha les plaies, avant de retourner sur l'autre canapé pour récupérer ses vêtements. Il se cacha ensuite derrière le meuble, le temps de les enfiler, puis il reprit place à côté de Shino. Hinata récupéra des bandages pour couvrir leurs poignets avec de la pommade pour aider la guérison et éviter de tâcher les draps.
- Garde-le au-moins une heure avant de te transformer, suggéra Shino en regardant Maya,
Celle-ci se contenta de hocher la tête en regardant Hinata enrouler le pansement autour de son poignet. Les gestes de la jeune femme était doux et méticuleux.
- Tu vas dormir sous ta forme de chat ? demanda Naruto.
- Shino a emmené mon petit lit, alors oui… Ça va être plus confortable pour moi, avoua-t-elle.
Elle pouvait comprendre la surprise de son aîné. Il avait vécu plus longtemps qu'elle en tant qu'humain et devait apprécier le confort de dormir dans ce corps à la différence d'elle. Au fond, ce n'était pas seulement le confort, mais aussi le fait de se sentir plus en sécurité. Sous sa forme de chat, il n'y avait aucune chance qu'elle subisse les mêmes tortures qu'à l'époque. Naruto dut la comprendre, car ses yeux se voilèrent, signe qu'il repensait lui aussi à son passé difficile.
- Et si on regardait la télévision, proposa Hinata pour détendre l'atmosphère. Je sais qu'on ne comprendra pas grand-chose, mais ça fera passer le temps avant qu'on aille dormir.
Avec une émission de variété en bruit de fond, Maya sortir ses livres d'écriture et Naruto l'imita avec ses livres de cours. De son côté, Shino sortir son ordinateur et chercha une approche pour son article. Orochimaru avait dit que c'était lui le sujet, de ses recherches autour de la disparition de son père. Mais comment commencé l'article ? Et puis, quel genre ? Témoignage ? Reportage ? C'était un magazine et l'approche ne serait pas la même, selon le genre d'article qu'il choisirait d'écrire. Il finit par dresser une liste de point à aborder. Une biographie sur son père, parler de son métier, de ses nombreuses expéditions, de celle durant laquelle il a disparu, des quelques détails qu'il avait réussi à obtenir du haut de ses seize ans, ses doutes et ses craintes.
Pendant qu'il tapait tout ça, tout le monde était allé se coucher à tour de rôle. Il était encore tôt, mais avec le décalage horaire, il était au contraire très tard pour eux. Il finit donc par fermer et ranger son ordinateur, puis il se faufila dans sa chambre. Au léger ronronnement, il savait que Maya dormait déjà. Il se glissa le plus silencieusement possible sous les draps, espérant ne pas réveiller l'adolescente, et chercha le sommeil. Ce qui s'avéra compliqué. Se retrouver dans ce pays, dans cette ville où son père s'était trouvé avant sa disparition, mettait ses nerfs à vif. Qu'allait-il trouvé ? Aurait-il la confirmation que son père était mort ? Ou bien avait-il eu un accident et perdu la mémoire ? C'était probablement l'option qu'il espérait le plus. Après avoir fait tout ce chemin, il serait plus facile émotionnellement, de gérer une amnésie que de devoir refaire son deuil.
Lorsque le soleil se leva, quelques heures plus tard, il n'avait pas dormi beaucoup plus qu'une heure et il se dit qu'il aurait été plus en forme, s'il ne s'était pas du tout couché. Il percevait les voix de Naruto et Hinata dans la pièce d'à côté, mais il n'entendait plus les ronronnements de Maya. En regardant en bas du lit, il remarqua qu'elle n'était plus dans le sien. Après s'être frotté le visage un long moment pour se réveiller, et pour se donner du courage au passage, il sortit enfin du lit et rejoignit les autres dans le salon de la suite. Ils avaient commandé et fait monté le déjeuner. Du café, du jus de fruits, des toasts, des œufs et des fruits coupés. Il y avait un peu de tout.
- Tu te lèves juste à temps, ça vient d'arriver, annonça Naruto.
- Génial, répondit Shino d'une voix rogue de fatigue.
- Oulà. Toi, tu n'as pas beaucoup dormi.
- J'ai eu du mal à m'endormir, avoua le journaliste.
- Ça doit être stressant de recherche ton père dix ans après sa disparition.
Shino prit place à côté de Maya et attrapa des tranches de fruits, ayant l'estomac trop noué pour réellement déjeuner. Et c'était la même chose pour l'adolescente. Elle mangeait du bout des lèvres, la tête baissée. Se promener dans la ville, même si elle n'en avait aucun souvenir, devait être encore plus stressant pour elle. Être dans son pays d'origine faisait remonter les pires moments de sa courte vie. Shino se sentait mal de lui infliger cette épreuve, même si c'était l'idée de Jiraiya. Avait-il raison de croire que ça pourrait aidé Maya à surmonter son passé ? se demandait le journaliste en l'observant du coin de l'œil.
- Je crois, que dès qu'on a terminé de manger, qu'on devrait se rendre au commissariat du coin, proposa Hinata. Plus vite on aura fait le tour, plus vite nous pourrons rentrer à la maison.
Elle devait se poser les mêmes questions que lui, se dit Shino en acquiesçant. Maya hocha timidement la tête, mais n'ouvrit pas la bouche durant les minutes qui suivirent.
Le premier arrêt au commissariat les laissa bredouille, bien que ça laissait imaginer qu'ils n'étaient tout simplement jamais tombé sur son corps. Ce qui pouvait être une bonne nouvelle, mais qui n'excluait pas pour autant qu'il ne soit plus en vie. Ils tentèrent ensuite leur chance à l'université, peut-être que des chercheurs dans son domaine sauraient quelque chose. Malheureusement, si les plus âgés le connaissaient de nom, ils ne l'avaient jamais rencontré en personne, pas même lors de son voyage dix ans plus tôt. Avec le peu d'information que Shino possédait grâce à son père, un enseignant leur offrit des indications d'endroits à visiter, pour questionner les locaux. Peut-être que les plus anciens de ces villages se souviendraient d'un scientifique caucasien.
Vu l'heure tardive, ils rentrèrent à l'hôtel avec l'intention de planifier cette expédition à une heure hors de la ville. Hinata réussit à obtenir un guide pour les conduire, monnayant une coquette somme pour qu'il accepte d'être réservé durant une période indéterminée. Minimum deux jours, jusqu'à une semaine. Si Naruto trouvait qu'elle se faisait arnaquer, Shino s'inquiétait plutôt du pourquoi ce guide semblait retissant à les emmener dans ces régions. S'ils étaient trouvés au Mexique, il aurait tout de suite imaginé que la zone appartenait à un cartel, mais y en avait-il à proximité de Bangkok ? Ou bien ce guide voulait leur extorquer de l'argent comme le supposait Naruto, en leur faisait imaginé qu'il ne voulait pas si rendre. Mais peu importe la raison, Shino avait un drôle de mauvais pressentiment, qui l'empêcha une nouvelle fois de bien dormir. Heureusement qu'il avait l'habitude de faire de l'insomnie, la fatigue aurait probablement été plus lourde sinon.
Le déjeuner se fit dans la même ambiance que la veille, avec un léger silence tendu. Hinata était probablement la plus optimiste du quatuor, alors que les autres étaient plus nerveux pour des raisons différentes. Le guide passa les récupérer comme convenu à l'hôtel, à neuf heures, et les emmena dans la ville voisine. Hinata s'étaient assise à l'avant, puisqu'elle était la seule à réellement pouvoir entretenir un minimum de conversation, leur guide parlant un anglais approximatif, que même Shino avait du mal à comprendre. Le trajet d'une heure paru assez long, mais les paysages différents de leur pays étaient agréables à observer par la fenêtre. Du coin de l'œil, Shino pouvait voir que Maya n'était pas trop à l'aise, juste à la façon qu'elle avait de jouer avec les manches de son haut, les tirant par-dessus ses doigts. Si l'espace n'avait été aussi réduit, il aurait tenté de lui frotter la tête ou l'épaule pour la rassurer. Ça et les regards que leur guide leur jetait depuis le rétroviseur. Il est vrai que Maya était la seule asiatique de leur groupe, en plus d'être encore mineure, ce qui devait paraître étrange, voire suspect pour l'homme.
- Ça va ? s'enquit Shino à voix basse.
- Hum hum. Je ne sais pas pourquoi, mais c'est comme si quelque chose clochait. Je n'arrive pas à m'enlever cette impression.
- Moi aussi, acquiesça Naruto. Je ne sais pas si c'est dû à nos formes animales, plus on s'éloigne de la ville, plus cette sensation s'intensifie.
Shino commença à se demander, si son mauvais pressentiment de la veille et qui ne l'avait pas quitté, était une sorte d'instinct animal. Hinata les regarda entre les deux sièges avant, soudainement inquiète. Elle se mit à poser des questions à leur guide et Shino sortit son téléphone pour en suivre la conversation à l'aide de son application de traduction.
- Danger ? répéta leur guide. Il y a de vieilles légendes, mais rien de réel.
- Comme quoi ? insista Hinata.
- Hum… Il y a eu beaucoup de disparitions, mais c'était il y a longtemps.
- Disparition ? répéta la jeune femme en jetant un regard en coin vers Maya.
- Des enfants, précisa l'homme. Mais cette région est pauvre, alors il est difficile à dire. Il arrive que des parents n'assument pas d'avoir vendu l'un de leurs enfants pour nourrir la famille.
Ou kidnappés par des trafiquants pour les revendre comme esclaves, se dit Shino en lisant la traduction.
- Est-ce que beaucoup de touristes visitent ce coin ? enchaîna l'auteure.
- Non. C'est la première fois qu'on me le demande. C'est une région pauvre et très peu attrayante pour les étranger.
- Je vois. C'est un professeur qui nous a suggéré l'endroit, expliqua Hinata. Il y a des espèces d'insectes uniques dans la région. Mon ami est étudiant dans ce domaine. Cette expédition, c'est pour sa thèse. Mon copain, sa sœur et moi, nous, on est là pour le tourisme pour qu'il ne soit pas seul.
Le visage de leur guide changea complètement après qu'elle eut expliqué leur affiliation semi vraie. Au moins, dire que Maya était la sœur de Naruto enlevait certaines de ses suspicions. Bien qu'ils pussent très bien mentir, mais le passeport de l'adolescente était là pour le prouver. Ça avait tout de même l'avantage de délier la langue de leur guide. Il parla de sa culture, des sites à visiter absolument, puis vers la fin du trajet, il les mit aussi en garde. Ne jamais se retrouver seul, juste au cas où les légendes seraient fondées. Ce qui intrigua Shino. Le réseau dans lequel Maya avait grandi n'existait pourtant plus. C'est ce que l'article qu'il avait lu disait. Et si ce n'était pas le même ? Ou que la police avait cru arrêter la tête pensante ? Il n'eut pas le temps d'y réfléchir plus longtemps, puisqu'ils arrivaient.
C'était un petit village traditionnel, qui semblait charmant. Leur guide les conduisit jusqu'à une petite bâtisse qui servait d'épicerie, semblait-il, et leur expliqua qu'il les attendrait ici durant leur expédition. Ils le remercièrent et ils firent le tour du village, à la recherche de quelqu'un qui aurait pu croiser le père de Shino dix ans plus tôt. Passé dix-sept heures, épuisés d'avoir marché toute la journée dans le village, tout en faisant semblant de chercher des insectes en lisière des bois, ils retrouvèrent leur guide pour rentrer à l'hôtel.
Le lendemain, il les conduisit dans un autre village et ce fut la même chose. Durant le cinquième jour, Shino sentit que quelque chose clochait. Les villageois semblaient gênés par leurs questions. Il remarqua aussi des regards insistant sur Maya. Mais était-ce parce qu'elle était la seule vietnamienne de leur groupe ou était-ce une tout autre raison obscure ? Étant présentée comme la petite sœur de Naruto, l'adolescente s'agrippait à lui, stressée par la situation. Même Naruto paraissait de plus en plus nerveux. Était-ce l'instinct de leur forme animale, qui les mettait en alerte tous les deux ?
- J'ai l'impression qu'on ne réussira pas à obtenir des informations, lâcha finalement Shino. Ils semblent se méfier des étrangers, surtout avec Maya qui nous accompagne.
- Tu crois qu'ils nous prennent pour des trafiquants ? demanda Naruto.
- Qui sait ? Mais j'ai l'impression qu'ils ont hâte qu'on s'en aille.
Ayant écouté leur conversation d'une oreille, Hinata remercia la vieille femme avec qui elle parlait, puis ils s'éloignèrent. Ils allaient rejoindre l'endroit où leur guide les attendait, lorsqu'une adolescente les accosta.
- Vous pas continuer à chercher homme, dit-elle dans un anglais approximatif. Dangereux.
- Tu sais qui on chercher ? demanda Shino, avec un mince espoir.
- Vous, danger, si continuez, insista-t-elle en s'enfuyant.
- Je n'ai pas tout compris, mais elle vient de nous dire qu'il valait mieux quitter le pays ? reformula Naruto.
- Je crois bien que mon père est tombé sur quelque chose qu'il n'aurait pas dû voir, acquiesça Shino.
- Retrouvons Tuan et rentrons à l'hôtel, suggéra Hinata. Peut-être qu'Orochimaru aura une idée. Ça ne sert à rien de se mettre en danger.
- Peu importe, tant qu'on quitte ce village, lâcha Naruto. Je n'étais pas bien dans les autres villages, mais là, j'ai l'impression de devenir fou.
Leur guide fut étonné qu'ils reviennent plus tôt que les derniers jours, alors ils lui dirent que Maya ne se sentait pas bien et qu'ils préféraient rentrer à l'hôtel pour se reposer. Ce n'était pas difficile pour elle de jouer la comédie, étant aussi mal que Naruto depuis quelques heures.
Ce qu'ils ne s'étaient pas attendu, c'est que le trajet du retour allait mal se passer.
Des SUV noirs les entourèrent sans crier gare et obligea leur guide à prendre une petite rue adjacente, les éloignant de la civilisation. Tuan semblait proférer des insultes, en colère mais aussi effrayé par la situation. Hinata lui posa une question et la réponse fit paniquer la jeune femme.
- Qu'a-t-il dit ? s'inquiéta Naruto en se penchant vers son siège.
- Il n'est pas sûr, mais il croit que ce sont des criminels et qu'ils sont en train de nous emmener à un endroit où ils pourront… faire ce qu'ils veulent sans témoin.
À peine avait-elle le temps de traduire, que le SUV devant eux les obligea à s'arrêter. En regardant autour d'eux, Shino ne pouvait qu'être d'accord avec leur guide. Personne ne risquait de les trouver ici. Il aurait dû suivre son instinct, leurs instincts, se dit le journaliste en obligeant Maya à s'accroupir au sol pour la cacher des regards. Évidemment, ça ne servit à rien. On les sortit de force de la voiture. Tuan tenta de discuter avec les hommes baraqués, mais ça ne lui valut qu'une balle dans la tête. Sous la surprise et la peur, ils hurlèrent tous les quatre. Poussé par son renard, Naruto se débattit et réussit à casser le nez de celui qui le maintenait, mais rapidement, un autre lui tira dans la jambe pour le calmer.
- Toi, rester calme ou mort, lâcha celui-ci avec un français horrible. Je comprendre pourquoi toutes questions sur homme, poursuivit-il en s'approchant de Shino. Toi, être fils.
À cet instant, la supposition de Shino, comme quoi son père était tombé sur quelque chose qu'il n'aurait pas dû voir, se confirma. Le chef donna des ordres et on le traîna vers l'un des SUV.
- Lâchez-là ! cria Hinata, en voyant cet homme attraper le visage de Maya.
- Toi. Je connais. Mais toi, plus jeune.
Quelque chose chez cet homme mettait ses sens de chat en état d'alerte. S'il la connaissait, c'est qu'il avait travaillé ou avait été client de ses tortionnaires. Il prononça une phrase qu'elle ne comprit pas en écarquillant les yeux.
- Lâchez-moi ! cria l'adolescente, en pleur et se débattant.
- Pourquoi moi faire ça ? demanda l'homme. Toi et copine, vous venez avec nous. Sûr avoir bon prix avec vous.
En comprenant ce qu'il voulait dire, elle se mit à hurler. Même Naruto, dont le sang coulait de sa jambe, se releva pour bondir sur leurs assaillants. Il se prit une nouvelle balle, dans l'épaule cette fois-ci, provoquant les cris des deux femmes. À cette vision, jumelée à ses craintes et les souvenirs de son passé, elle sentit quelque chose s'éveiller en elle et cette fois-ci, lorsqu'elle se remit à crier, tout le monde autour d'elle se figea. À bout de souffle, elle ne put tenir plus longtemps, ce qui sembla ramener tout le monde à la réalité. Certains s'attrapèrent la tête en geignant, dont celui qui l'immobilisait. Elle en profita pour s'échapper et rejoindre Naruto. Leurs assaillants débitèrent des phrases qu'elle ne comprit pas et contre toute attente, ils remontèrent tous dans les SUV et les abandonnèrent.
- Qu'est-ce que… ? commença Maya, perdue.
- Tu as débloqué un nouveau pallier, grogna Naruto, une main sur son épaule.
- Quoi ?
- Ton pouvoir. Quand tu as crié, des images cauchemardesque sont apparues. Je ne sais pas pour eux, mais c'était comme si on était dans les enfers. Il y avait du feu partout et des monstres s'entredévorant. Si je n'avais pas deviné que ça venait de toi, ça m'aurait rendu fou. Ils ont donc sûrement préféré s'enfuir sans toi, de peur que tu les plonges dans un cauchemar encore pire.
- Mais ils ont Shino et Hinata. Et Hinata, ils vont la…
- Ne t'en fais pas. Dès que la douleur se calme, je…, commença-t-il en essayant de se lever, mais il s'effondra en grognant.
- Tu es blessé. Comment tu vas faire ?
- Attrape mon téléphone dans ma poche. J'ai entré le numéro d'Orochimaru. Il faut espérer qu'il puisse nous aider.
À peine dix minutes après son appel, une voiture de sport noire freina près d'eux. Maya se crispa, croyant que d'autres mauvaises personnes allaient leur tomber dessus, mais à son grand étonnement, c'est Tsunade qui est sorti.
- Tsunade ? s'exclama Maya. Comment ?
- Je vous ai dit de ne jamais demandé, ce que je ne peux pas vous révéler, répondit la sorcière en s'accroupissant près de Naruto. Tu peux te lever pour entrer dans la voiture ?
- Si on m'aide, grogna-t-il, le visage blême.
Elles lui prirent chacune un bras pour le remettre sur ses pieds, puis Maya le laissa à la sorcière pour ouvrir la porte arrière. Naruto s'y glissa tant bien que mal et elles montèrent toutes les deux à l'avant. Tsunade ouvrit le compartiment sous sa radio et en sortit une petite bouteille qu'elle tendit au blond.
- Qu'est-ce que c'est ? demanda-t-il avec méfiance.
- Tu le bois. En entier sans te plaindre, puis tu me guides vers ta compagne.
- Eurk ! s'exclama-t-il après une gorgée. Ça le goût de…
Il s'arrêta d'un coup, lorsqu'il croisa le regard de la sorcière. Il se boucha le nez et vida la bouteille le plus vite possible. Il grimaça en toussant, puis il se figea. Maya, qui le fixait, le vit se tâter l'épaule et la cuisse qui avaient reçues une balle.
- Comment ?
- Aucune question, rappela Tsunade. Le temps presse, alors donne-moi les indications.
Maya le vit fermer les yeux et se concentrer. Il les rouvrit et lui indiqua la direction qu'avait pris leurs assaillants un peu plus tôt. Après quelques minutes de silence et un changement de direction, maya finit par poser la question qui l'intriguait sur son pouvoir.
- Il s'est passé quelque chose d'étrange tantôt. C'est comme si j'avais provoqué des visions d'horreur à tout le monde en criant. Je croyais que mon pouvoir était d'éloigner les cauchemars, pas d'en créer.
- Vos pouvoirs sont évolutifs, expliqua Tsunade. Selon vos personnalités et votre passé, vous avez un pouvoir de base. Ensuite, selon ce dont vous avez besoin, ils vont évoluer. Pour sauver sa compagne, Naruto s'est transformé en bête sauvage, toi, pour faire fuir tes agresseurs, tu as provoqué une vision d'horreur. Tu avais besoin de quelque chose pour attaquer et te défendre physiquement, pas seulement d'un pouvoir passif.
- Et du coup, c'est différent pour tout le monde ? demanda Naruto, vraiment intrigué. Si quelqu'un d'autre peu marquer comme moi, ça ne veut pas dire qu'il va développer une forme berserk ?
- Exactement. Il arrive même que ceux qui ont une vie paisible après nous avoir rejoint, n'obtiennent pas d'évolution de pouvoir.
Naruto et Maya restèrent silencieux après ces explications. On leur en disait si peu à l'agence, que chaque nouvel pouvoir les prenait par surprise. Même pas une rapide explication comme venait de la faire Tsunade, tant qu'ils ne se manifestaient pas. Peut-être pour prévenir les fuites d'informations, qui sait.
