Salut à tous et à toutes, heureuse de voir que la fic vous intéresse. J'ai vu deux trois fois des questions concernant Marco, et pour l'instant, outre des flash sur ce qu'il se passe sur la Grand Line, on ne le verra pas. Concernant le paring habituel, il dépend de vous. Avec une personne s'étant manifesté pour l'instant pour me le réclamer, je vais pas aller bien loin dans ce sens. Et de toute façon, l'intrigue ne tourne pas autour de la vie sentimental de notre pirate, mais de celle de Shinichi/Conan.

En attendant, merci pour votre réception de cette fic et je vous lance sur un passage que j'ai bien aimé à l'époque. La fameuse affaire de Kansai Zoo. Alors, bonne lecture et à la prochaine pour la suite !


Conan devait avouer que Red avait une sacrée faculté d'adaptation.

De ce qu'il avait vu, il arrivait à se déplacer désormais sans canne chez Agasa et sans chuter dans les escaliers, arrivant à se repérer assez aisément et à savoir où étaient les choses. Il arrivait presque à s'orienter dans l'école et circulait aussi sans sa canne dans la salle de classe et s'en sortait plus ou moins en cours d'EPS.

En bref, il était sacrément débrouillard et compensait très bien son absence de vue.

Un autre élément à rajouter à l'énigme de ce mystérieux individu.

- Tu penses pouvoir mémoriser le chemin ? demanda Conan.

- Pas du premier coup, mais si je fais la route plusieurs fois, j'y arriverai, lui dit Red.

- Eh bien en route.

Marchand à la même vitesse que Red, le surveillant pour qu'il ne prenne le portefeuille de personne, Conan conduisit le garçon chez les Mouri. Haibara lui avait demandé de le prendre avec lui, puisqu'il tournait comme un lion en cage chez Agasa et qu'elle travaillait sur un antidote expérimental et ne pouvait se concentrer avec l'aveugle qui faisait les quatre cent coups.

D'où le pourquoi Conan lui avait proposé de venir chez les Mouri en prévoyant deux exercices. Le premier, un test de connaissance, pour juger du niveau de savoir de Red, et donc le mettre à la page (c'était une demande de Haibara et pour Conan, ça voulait dire que Red avait été très longtemps en captivité, certainement). Le second, c'était un test de réflexe. Une simple balle de tennis aiderait Red à améliorer sa coordination.

- Passage piéton, avertit machinalement Conan.

Red s'arrêta sans rien dire à ses côtés, se contentant de faire craquer ses cervicales, attendant que Conan lui dise quand traverser.

Nouvelle preuve de l'adaptation de Red. Pour les chemins qu'il ne connaissait pas, il voulait juste qu'on lui indique la direction, mais pas qu'on le prenne par la main et qu'on le conduise.

Le feu changea de couleur et Conan annonça à son camarade qu'ils pouvaient traverser.

Bientôt, ils arrivèrent devant l'agence et vint l'épreuve de l'escalier.

- Tu peux le faire ? demanda Conan d'un air narquois.

- Tu sens le scepticisme à mille lieux, pointa Red.

Il fit sauter sa canne dans sa main pour la prendre par le milieu et trouva le mur le plus proche pour se guider. Ainsi, il avança à petit pas jusqu'à la première marche et leva le pied en raclant l'obstacle, jusqu'à sentir le haut de la marche sur laquelle il se hissa. Pour la seconde, il eut moins d'hésitation et finit par monter les marches en se tenant fermement à la rampe, ne manquant de tomber que trois fois.

- Très bien, je m'avoue vaincu, ricana narquoisement Conan en se dépêchant de le rejoindre.

Il grimpa les dernières marches et arriva au niveau du bureau de Kogoro.

- C'est moi, je suis rentré avec un ami ! annonça Conan.

Kogoro eut un grognement en levant le nez de son journal de sport.

- Faîtes pas de bruit, je bosse, grommela Kogoro.

Red pencha la tête sur le côté, l'oreille tendue.

- Vous menez une enquête sur les courses hippiques, ossan ? demanda naïvement le garçon.

- De quoi je m'occupe sale gosse !? rouspéta Kogoro en se redressant dans son fauteuil.

- Viens, Dawn, on va faire nos devoirs et on fera les exercices en suivant, dit Conan en se dirigeant vers la table basse.

Dawn lui emboita le pas en cherchant la table de sa canne et s'y installa, Conan juste à côté de lui. Tous deux ouvrirent leurs affaires et Conan fit la lecture à voix haute pour son camarade.

- Vous pouvez pas bosser en silence, bande de sales morveux ?! rouspéta Kogoro.

- Aucun de nos manuels n'est disponible en braille, donc, je dois les lire pour Dawn, expliqua Conan avec un sourire légèrement moqueur à Kogoro.

Kogoro allait protester quand il remarqua les lunettes noires et la canne blanche à côté de Red. Il referma la bouche et se rassit pour se cacher derrière son journal.

- Je trouve que tu prends beaucoup de plaisir à lui clouer le bec, chuchota Red à Conan.

Conan eut un ricanement machiavélique avant de retourner à la leçon.


- Je suis rentrée ! salua joyeusement Ran en passant la porte du bureau, son sac de cours et un journal sous le bras.

Kogoro se contenta d'un grognement alors que Conan saluait avec entrain Ran d'un « bon retour Ran-nee-chan ! ». Le bonjour atone de Red ne passa pas inaperçu, même caché par le canapé.

Conan regarda Ran venir vers lui alors qu'il faisait face à la porte, puis la vit se pencher sur le côté pour voir le canapé d'en face sur lequel Red était assis.

- Oh ! Tu es un nouvel ami de Conan-kun ? sourit Ran. Je suis Mouri Ran, la fille de Mouri Kogoro. Yoroshiku !

- Dawn D. Red desu, se présenta Red avec un sourire en levant la tête vers là où venait la voix de Ran. Je suis arrivé récemment dans la classe d'Edogawa.

Il renvoya vers Conan la balle de tennis qu'il avait dans ses mains, forçant Conan à se jeter de tout son long sur le canapé pour la rattraper.

- Encore raté, informa Conan.

- C'est un drôle de jeu auquel vous jouez. Vous devriez jouer à la balle dehors, conseilla Ran.

- C'est un exercice pour Dawn, explicita Conan.

Ran s'accroupit pour se mettre au même niveau que le garçon et nota qu'il ne suivit pas correctement le mouvement.

- Tu as un problème avec tes yeux ? devina la demoiselle.

- C'est un euphémisme. Mais je m'en sors bien. Pas besoin d'avoir pitié de moi, Onee-san.

- Tu fais attention à ton ami, Conan-kun ?

- Mh ! assura Conan en hochant la tête avec un sourire.

- Je vais vous faire un goûter et je reviens.

Quelques minutes plus tard Ran revenait avec deux verres de jus de fruits et des biscuits, avant de les laisser tranquille pour s'adosser à un des canapés pour lire tranquillement le journal, écoutant vaguement les questions que Conan posait à son ami et les vas et viens de la balle.

Jusqu'à ce qu'elle tombe sur une Information Événementielle :

« Nous offrons une "Croisière des Dauphins" (3 jours et 2 nuits) à Ogasawara aux 10 premières personnes qui se présenteront avec ce précieux objet qui tend à se raréfier ! Date : 8 octobre, à 17 heures. Lieu : Port Teimuzu. Signé Kansai Zoo.

"Un objet que la plupart des japonais gardaient précieusement à l'époque de l'Ere Showa*… le possédez-vous encore ?"... »

La réponse était évidente pour Ran.

- Un disque ! Un disque ! La réponse est sûrement "un disque" ! s'exclama avec excitation la lycéenne.

Kogoro lui jeta un regard perplexe, faisant que sa fille lui montra l'annonce.

- Une croisière pour voir des dauphins à Ogasawara gratuitement ? lut Kogoro.

- Allons-y ! Apportons un disque ! On peut encore y aller, on a le temps ! s'exclama Ran.

Elle se tourna ensuite vers Conan et Red.

- Toi aussi, Conan, tu as envie de voir des dauphins, non ?

- Euh oui… fit Conan perplexe.

- Y'a bien longtemps depuis la dernière fois que j'ai vu des dauphins, t'as de la chance, Edogawa, soupira Red.

- Si tu veux, je peux m'arranger avec tes parents pour que tu viennes avec nous ! invita Ran.

Red resta avec la bouche grande ouverte. Cette fille venait tout juste de le rencontrer et elle l'invitait comme ça ?

Ran passait derrière son père pour le prendre par les épaules et le supplier pour qu'il cède.

- Allez papa ! On y va ?! Il y a un pont ce week-end et on n'a rien à faire ! Alors ?

- Pfft… arrête ! gronda Kogoro. On ne va pas aller à ce truc d'attrape-nigaud. En plus ta réponse est fausse ! S'il s'agissait du disque, ils n'auraient pas précisé : « les japonais » !

- Alors, c'est quoi la réponse ? demanda Ran d'un air vexé.

- Idiote ! Ce que les japonais ont perdu aujourd'hui mais qu'ils avaient autrefois, c'est évidemment « L'Âme de Samourai » ! annonça joyeusement Kogoro.

La réponse tellement stupide fit rire Red, faisant qu'il se prit la balle dans la tête et dut se débattre pour la retrouver.

- Entre nous, je ne l'ai pas et je ne l'ai jamais eu, pointa Ran d'un air blasé.

- Dans ce cas, le yoyo ? Le pantalon patte d'éph ? Le thé aux champignons ? réfléchit Kogoro.

- Des produits de marques étrangères ? Des consoles de jeu ? marmonna Ran toute aussi pensive.

- Ah ! Je sais ! Les lézards à collier ! C'était populaire, ça ! s'exclama Kogoro.

- C'est quoi ça ? demanda Ran avec perplexité.

- On en trouve encore en animalerie, non ? fit Red en penchant la tête sur le côté.

Il lança la balle à Conan qui s'était levé du fauteuil pour se rapprocher du bureau. Le chibi-détective manqua de tomber quand la balle lui percuta le dos. Il jeta un regard noir à Dawn qui lui répondit par un sourire de Cheshire, avant que le binoclard ne se rapporte au père et à la fille.

- Ano… la réponse, ce ne serait pas…


C'est ainsi que le quatuor débarqua au port de Teimuzu, présentant tous les quatre un vieux billet de dix milles Yen.

- Bonne réponse, montez à bord, leur dit le steward qui se tenait à l'entrée de la plateforme d'embarcation.

Et ils embarquèrent.

Conan avait eu raison. Les anciens billets étaient la bonne réponse. On n'avait même plus l'habitude de les avoir sur soi.

La preuve en était que le couple suivant qui arriva en brandissant chacun un Rubix Cube se fit recaler.

- Tu as besoin d'aide, Red-kun ? demanda Ran.

- Non c'est bon, merci Nee-san.

- J'espère que t'as bien prévenu tes parents, je veux pas de problème avec eux, grommela Kogoro.

- Hm-hm ! fit Red avec un sourire en hochant la tête.

Les deux Mouri regardèrent de nouveau devant eux.

- J'ai prévenu Agasa. Mes vieux sont morts sans que je les connaisse et moins on me parle de mon jiji, mieux je me porte, souffla à voix basse Red.

Conan hocha la tête et suivit l'ascension de son camarade.

Ils finirent par arriver dans le hall et Ran ne put s'empêcher d'avoir une exclamation.

Après tout, on aurait dit un hôtel, et faire un voyage sur ce navire ne serait pas si déplaisant que ça. Ils allèrent voir la réceptionniste.

- Quatre personne… vous êtes en familles ?

- Oui, en quelque sorte, fit Kogoro en se frottant la nuque.

- Dans ce cas, la suite n°10 vous conviendra certainement mieux. Étant donné qu'on a deux enfants, je vais signaler au steward qu'ensemble, ils comptent pour un adulte.

- Euuh… où est la personne qui a organisé cette croisière, ce Zoo Kansai-san ? J'aimerais le remercier de nous offrir la chance de monter sur un tel bateau, demanda Ran avec un sourire.

- C'est-à-dire… nous ne l'avons pas encore vu, s'excusa la réceptionniste d'un air gêné. La réservation de ce bateau ainsi que la sélection de ses passagers ont été faites exclusivement par téléphone, et l'argent a été versé à la banque… je pense qu'il doit vous attendre à Ogasawara.

Red pencha la tête avec perplexité.

- C'est une drôle de démarche, tu trouves pas ? demanda Red à Conan.

- Oui, mais pas si rare que ça, répondit Conan alors qu'on demandait à Kogoro son nom.

Le nom de Kogoro Mouri provoqua une réponse dans leur dos.

- Ex-inspecteur à la brigade criminelle, aujourd'hui célèbre détective, c'est bien ça ?

Kogoro se retourna pour voir un homme bien bâti aux cheveux blanchis par l'âge et les soucis, avant de le reconnaître aisément.

- Commissaire Samezaki !?

- Eh oh ! Fini les « Commissaire ». Il y a deux ans que je suis à la retraite.

- Quel plaisir de vous revoir ! salua joyeusement Ran.

- Quelle bien belle jeune fille tu es devenue, Ran-chan !

- Ta nana a du succès, nota avec un sourire de morveux Red à l'oreille de Conan qui lui fila un coup de coude en réponse, luttant contre son envie de rougir.

Pendant ce temps, Samezaki était venu voir la mer pour fêter un jour particulier. Mais vu que ça faisait dix ans que Kogoro n'était plus dans la police, il était apparemment normal qu'il n'en sache rien ou ne s'en souvienne pas.

- Mais dis-moi, qu'est devenue ta charmante épouse ? demanda Samezaki pour changer de sujet. Ne me dis pas que vous êtes toujours séparés…

- Si… mais c'est pas grave… sourit nerveusement Kogoro.

- Papa ! protesta Ran.

Red donna un coup à Conan.

- Y'a un gars louche, garde-le à l'œil.

- He ?

Un passager arriva dans la pièce à cet instant, en brandissant un sceau de cire, appelant les deux hommes en pleine discussion.

Mais vu qu'aucun d'eux n'eut de réaction en voyant l'objet, il s'excusa et le rangea dans sa poche pour s'éloigner. Sauf que voilà, l'objet tomba de sa poche et roula sur le sol. Ran, qui venait de rejoindre les deux enfants, s'accroupit pour le ramasser. Par curiosité, Conan le regarda, ne comprenant pas vraiment ce qu'il en était. C'est là que Ran se releva, rayonnante, pour le rendre à l'homme.

- Je vous remercie !

- He ? fit l'inconnu qui ne comprenait rien.

- Non seulement c'est toi qui ramasses son sceau mais en plus tu le remercies ? s'étonna Korogo.

- Ce n'est rien, ce n'est rien ! assura Ran toujours souriante, devant l'air absolument perplexe du propriétaire du sceau.

Conan tourna la tête en sentant la main de Red se crisper sur son coude.

- Second personnage louche, souffla Red.

En effet, un autre homme arrive, posant une main sur l'épaule de l'homme avec le sceau. Le nouveau venu était aussi long et maigre que le second était rond et petit.

- Je t'attendais, sourit le maigre.

Le gros eut un sourire et ils s'éloignèrent, alors que de leur côté, les deux détectives disaient aller poser leurs affaires pour aller boire sur le pont.

C'est là qu'un passager arriva, apparemment seul, mais surtout, le dernier passager.

Le steward et la réceptionniste eurent un débat ensemble pour savoir si les deux enfants devaient être comptés ou pas dans le lot, avant de laisser passer.

Vu qu'ils avaient pris du retard sur l'heure prévue, la réceptionniste disait qu'il fallait prendre le large, mais le steward disait qu'un vieux monsieur qui avait soi-disant quitté le navire pour avoir oublié quelque chose n'était toujours pas revenu. Mais la réceptionniste confirma que l'homme était revenu et avait demandé à ce qu'on ne le dérange pas parce qu'il avait l'intention de faire une sieste jusqu'au dîner.

Samezaki regarda le dernier passager, un homme maigre et petit, avec son énorme valise.

- Dîtes-moi… on ne s'est pas déjà rencontrés quelque part ? demanda l'ancien commissaire.

- N-non… vous faîtes erreur sur la personne, bégaya nerveusement l'homme.

Conan tourna la tête vers Red quand il lui tira la manche.

- Sa valise est louche. J'entends le bruit d'une montre à l'intérieur.

Conan regarda Red avec perplexité.

- T'es pas un peu paranoïaque ?

- Je suis certain que ce bagage est louche.

- Ok, on vérifiera dès que possible, accorda Conan.

En attendant, la réceptionniste était toute contente. Parce qu'entre les anciens policiers et les détectives, il n'y avait aucun souci à se faire avec trois spécialistes des enquêtes.

Cela surprit les deux autres.

- Oui, confirma la réceptionniste. Un autre détective, même si cela ne se voit pas au premier coup d'œil.

- J'ai comme un pressentiment, nota Conan avec un sourire.

- En attendant, j'aimerais aller sur le pont. On peut poser les sacs ? demanda gentiment Red avec un sourire un peu trop innocent.


- I'M THE KING OF THE WORLD ! cria Ran sur l'extrémité de la proue du navire, les bras en croix, les cheveux au vent, le soleil couchant dans son dos.

Elle se retourna en riant vers son père.

- J'avais envie de le faire au moins une fois ! se justifia en souriant la demoiselle.

- Titanic maniaque… accusa son père.

Conan regarda la scène avec les mains dans les poches.

Si le bateau coulait, Ran risquait de faire moins la maline.

- Allons, allons… intervint un vieil homme bien habillé en les rejoignant à la proue. Devant cet océan aux couleurs du soleil, quoi de plus naturel que d'avoir envie de crier devant un tel paysage. C'est beau la mer…

- On y oublie tous ses soucis ! approuva Ran en s'accoudant de nouveau à la rambarde.

- C'est vrai… confirma sombrement une femme un peu plus loin. La mer cache et couvre tout… la tristesse du passé… l'angoisse de l'avenir et… même une dépouille mortelle.

Voyant l'air interloquer de Ran, elle s'excusa. Elle avait perdu son père en mer autrefois.

- Oi, où est l'aveugle ? demanda Kogoro à Ran. C'est toi qui surveille les gosses, non ?

Ran regarda autour d'elle, mais Red brillait par son absence.

- 'Suis juste ici !

Le gamin était assis sur le haut d'une rambarde, sa canne accrochée à une lanière dans son dos, les jambes dans le vide, souriant de toutes ses dents en profitant de l'air salin.

- Red-kun ! C'est dangereux ! s'inquiéta Ran.

- Daijobu ! J'ai ça dans le sang ! rassura Red.

- Je vais le surveiller ! assura Conan.

Et il se précipita au côté de l'autre brun, se hissant à côté de lui sur la rambarde.

- Va pas tomber, j'aimerais pas devoir plonger pour te repêcher.

- Ne t'en fais pas. Je te l'ai dit, j'ai ça dans le sang. La mer est une partie de moi. Dommage que ce soit un navire de plaisance si moderne, parce que j'aurai bien voulu grimper dans les voiles. Mais c'est déjà bien. Rien que de sentir le vent salin veut dire que je suis libre, et ça n'a aucun prix.

Red rejeta sa tête en arrière pour profiter des rayons de soleil couchant.

Conan remarqua les marques de larmes sur les joues tachetés du D. mais ne fit aucune remarque, laissant son camarade profiter de l'instant.

- Même les enfants profitent de l'instant, nota la brunette qui s'était présentée à Ran comme étant Isogai Nagisa. Nous devons tous remercier Kansai-san qui a organisé cette croisière !

- Je sais qui c'est ! annonça joyeusement Ran. Tout à l'heure, n'est-ce pas ? Et j'ai pu y lire Kansai ! Kansai-san est donc sûrement celui qui possède ce sceau ! Il va sûrement révéler son identité pendant le diner et faire une surprise à tout le monde !

En disant ça, Ran avait regardé dans la direction des deux hommes que Red qualifiait de louche et montra le plus gros de deux.

- C'est étrange, commenta son interlocutrice. J'ai entendu son nom tout à l'heure et il s'appelait Kameda.

- Ah bon ?

C'est là que Samezaki sortit sur le pont pour leur annoncer que le diner était en train d'être servi.


Un bon repas gastronomique leur fut servi.

C'était bien triste que pour un si grand navire, il n'y ait que si peu de monde.

Au cours du repas, le dénommé Kameda se leva de table, ayant apparemment le mal de mer, laissant son camarade finir le repas.

Kogoro fit une remarque au serveur sur le peu de passager qu'il y avait à bord et celui-ci le renseigna un peu plus :

- En comptant les deux passagers qui se reposent dans leur cabine, vous êtes au total à peine dix passagers, sans compter les deux enfants.

Les deux enfants en question soit se contentait de continuer à regarder partout avec curiosité et écouter les conversations d'adultes dans le cas de Conan, soit mangeait comme dix avec un grand sourire innocent pour Red.

- Les deux personnes ? Ce sont le détective et le vieux monsieur ? se fit confirmer Ran.

- Pour ce qui est du vieux monsieur, je l'ai croisé dans le couloir tout à l'heure, intervint le passager au beau costume et à la jolie moustache. Il ne parle pas beaucoup… que fait-il dans la vie ?

- Je crois qu'il fait de la recherche océanique, lui répondit le serveur.

Il chercha un papier dans son veston et le lut.

- Quant à son nom, c'est Kanô Saizô.

Les réactions de presque tous les passagers n'échappèrent pas à Conan et Red.

- Où est sa cabine ! demanda Samezaki en se levant d'un bond.

- C'est la… la n°1, répondit le serveur avec inquiétude en voyant l'air enragé sur le visage de l'ancien commissaire.

Mouri essaya de se rappeler d'où il avait entendu ce nom, mais Samezaki se chargea de lui rafraîchir la mémoire.

- C'EST L'ORGANISATEUR DU HOLD-UP SANGLANT DES 400 MILLIONS ! C'EST KANÔ SAIZÔ, LE PLANIFICATEUR DE L'OMBRE !

Un sourire de requin apparut sur le visage de Red.

- Presque le montant de ma vieille prime… une coquette somme… souffla le D. en passant sa langue sur ses lèvres.

Son commentaire ne tomba pas dans l'oreille d'un sourd vu le regard que lui jeta Conan avant de suivre les deux adultes.

Red sauta de sa chaise et suivit en courant de son mieux Mouri, Samezaki et Conan jusqu'à la cabine numéro 1 où était censé être l'homme. Un gars du personnel de bord leur ouvrit la porte, mais elle était vide.

Samezaki hurla à Mouri d'aller voir en haut sur le pont pendant que lui-même allait voir ce qu'il en était en bas.

- Il est bien remonté, nota Red. Ossan, est-ce que Samezaki-san a une dent contre ce Kanô Saizô ?

- Occupe-toi de tes affaires, gamin, gronda Mouri à l'adresse de Red qui eut une moue en réponse.

Mouri allait remonter quand son regard tomba sur la cabine n°2.

Apparemment, c'était celle du détective qui s'était enfermé immédiatement après être monté à bord.

Mouri frappa avec insistance à la porte, sans obtenir de réponse. L'employé allait ouvrir la cabine quand la porte s'ouvrit d'elle-même à la volée, laissant passer des cris à l'accent bien plus expressif que le japonais classique :

- LA FERME ! C'EST BON MAINTENANT HEIN !

Kogoro se décala de la porte qu'il s'était prise dans la figure pour voir l'adolescent à la peau sombre qui venait de jaillir de la cabine comme un diable de sa boite.

Le garçon regarda Kogoro, puis Conan avec surprise.

- Qu'est-ce que vous faites là ?

Conan ne savait où se mettre pour le coup.

Mais ce qui coupa la tension, ce fut un rire.

Red se tenait au mur opposé en essayant de ne pas s'écrouler de rire.

- C'est ce qu'on appelle faire une entrée, Onii-san ! se marra Red au point presque d'en pleurer.


Heiji suivit Mouri, Conan et Red dans le couloir pour remonter vers le pont, pendant qu'on lui racontait ce qu'il en était.

- Le Planificateur de l'Ombre ? réfléchit Heiji. Je me souviens que quand j'étais môme, mon père m'en avait parlé… autrefois, il y avait un type qui s'appelait ainsi…

- Son vrai nom est Kanô Saizô, il est l'autre reconnu de l'affaire du vol de 400 millions d'il y a vingt ans ! lui dit Mouri. Ses plans étaient précis et sans faille ! Il avait pris habilement la police au piège grâce à un rideau de fumée. Les gens l'appellent « Le Planificateur de l'Ombre ». Sa particularité était qu'il changeait d'équipiers à chaque coup. C'était un solitaire et il ne blessait jamais personne…

Oooh, intéressant, Red aimait bien ce type.

- Dans cette affaire, il y a vingt ans, il a disparu après avoir tué un employé de banque.

Ah merde, c'est sûr que s'il faisait toujours l'effort de ne blesser personne, ça devait le rendre malade cette erreur.

- Et c'est ce type-là qui dormait dans la cabine à côté de la mienne ? se fit confirmer Heiji.

- Oui, quand nous sommes entrés, il n'y avait personne… Samezaki-san est parti à sa recherche.

- Une chose m'échappe, pointa Heiji. Mon père m'avait dit qu'il était mort depuis longtemps… sa veste avait été retrouvée avec un trou de balle couverte de sang, échouée sur une plage…

- Il n'est pas mort.

Le groupe se retourna pour voir que Samezaki était de retour.

- La veste n'était qu'un subterfuge pour tromper la police. Il n'est pas le genre d'homme à mourir dans un endroit pareil.

« C'est ce qu'on dit toujours, mais la vie ne laisse pas souvent ce choix, à moins qu'on prenne le temps de vitesse pour choisir le lieu de sa mort », songea Red en frottant la cicatrice sur sa poitrine par-dessus son sweat-shirt.

- Je pensais qu'il était caché quelque part en train de compter ses billets avec ses complices, grommela Samezaki. Mais que je le retrouve ici à bord…

- Mais depuis cinq ans, il y a prescription pour cette affaire, non ? se fit confirmer Kogoro.

Heiji lui jeta un regard disant clairement qu'il le prenait pour un idiot.

- Vous avez oublié ? Pour un meurtre, la prescription, c'est quinze ans, c'est vrai, mais pour une affaire civile, c'est vingt ans. Donc, si la banque réclame l'argent, ils doivent le rendre, rappela Heiji.

- Oui… confirma Samezaki. Pour Kanô, c'est trop tard mais pas pour ses trois complices. Si on capture Kanô et qu'on lui fait avouer où se trouvent ses complices, on pourra peut-être récupérer l'argent ! Peut-être que ses complices sont à bord…

- Dans ce cas, une fois arrivés à Ogasawara, mettons la police locale à contribution ! Nous sommes en pleine mer, ils ne pourront pas s'échapper comme ça… proposa Kogoro.

- Idiot ! Nous n'avons pas le temps ! Je te l'ai dit, nous sommes un jour particuliers. Demain, cela fera vingt ans que cette affaire a eu lieu… ce soir à minuit, leur cavale sera finie…

Kogoro regarda sa montre avec horreur. Il ne leur restait pas plus de deux heures.

Conan nota les mouvements de tête de Red, comme s'il réfléchissait.

- Ne, Ojii-san ! appela Red en prenant son air le plus innocent, avant que Conan ne puisse lui demander ce qui le tracassait.

Samezaki regarda Red et s'accroupit devant lui. Hattori regarda la scène sans rien dire, se demandant qui était le gamin.

- Qu'est-ce qu'il y a, mon garçon ?

- Ce Kanô, avant ce fameux braquage, il y en a fait d'autres, non ?

- Une bonne dizaine.

- Sugoiii ! Il doit être super riche ! Mais est-ce qu'il a assez pour que lui et ses différents complices puissent vivre vingt ans ?

Samezaki ouvrit la bouche et la referma, essayant de se rappeler du montant total qu'aurait amassé leur homme.

- Je peux comprendre que le fait que son dernier hold-up ait mal tourné et l'ait poussé à arrêter… mais s'il était aussi doué, il n'aurait peut-être pas eu à se faire passer pour mort. Et si justement, il avait eu des remords et avait voulu se rendre ? Même les méchants peuvent avoir des regrets.

- Dans ce cas-là, ça voudrait dire que tout ça, c'est un coup monté des derniers complices de Kanô. Ceux qui ont descendu le Planificateur de l'Ombre. Et ils sont ici certainement pour fêter la prescription, comprit Heiji.

Il s'accroupit et tapota la tête de Red avec un sourire un peu trop grand.

- T'es sacrément filou petit gars !

Red pencha la tête vers Heiji avec un sourire digne du Chat de Cheshire.

- Ta remarque n'est pas bête, p'tit gars, approuva Samezaki.

- Tiens, mais c'est Hattori-kun !

Les hommes se tournèrent vers Ran qui arrivait en trottinant.

- Toi aussi tu étais à bord, Hattori-kun ?

- Oui, je dormais dans ma chambre quand il m'a réveillé… répondit Heiji en montrant Kogoro du doigt.

- Alors ? Kazuha-chan est avec toi ? s'enquit joyeusement Ran.

- Pourquoi ? Elle devrait ? grommela Heiji sur la défensive. Elle c'est elle, moi c'est moi. Rien à voir avec vous qui êtes inséparables !

Alors que les Mouri avaient l'air perplexe devant le commentaire, Conan agita ses mains avec panique pour le faire taire.

- Rourou rourou rourou… roucoula moqueusement Red à l'oreille de Conan qui le bâillonna pour le faire taire.

- Ah oui, je voulais dire que vous êtes une famille très liée ! se rattrapa Heiji avec un sourire nerveux.

- Mêle-toi de tes affaires, grommela Kogoro.

- Et au fait, vous l'avez trouvé ? Le Machin de l'Ombre… demanda Ran.

- Non, soupira Samezaki. Nous nous apprêtions à repartir à sa recherche avec Mouri.

- Dans ce cas, nous allons nous rendre au restaurant ! annonça Ran en poussant dans le dos Conan et Heiji, entraînant Red dans le mouvement.

- Attends, nous devons les aider ! protesta Heiji.

- Quoi ? Tu veux que je reste seule dans ma cabine alors qu'une personne aussi terrible se trouve quelque part sur ce bateau ? On vous attend, papa !

- Ok, répondit Mouri avec une certaine perplexité devant le comportement de sa fille.


- Bon t'es qui, p'tit gars ? demanda Heiji devant une tasse de thé à Red.

- Dawn D. Red, Onii-san, répondit Red avec un grand sourire.

- C'est un drôle de nom. Surtout quand t'as une lettre toute seule qui se balade au milieu.

- Y'a une histoire qui court, d'après mon jiji, qui parle de la volonté du D. Paraît que mon vieux savait ce que ça signifiait, le secret derrière, mais il l'a emporté dans sa tombe avant que je naisse, expliqua Red en buvant une tasse de café.

- Tu es tout seul avec ta maman ? demanda Ran.

Heiji regarda Conan qui lui adressa un maigre sourire.

Oui, Ran avait invité Red sans rien savoir de lui, mais sa naïveté était l'une des choses qui faisait que Conan était fou d'elle.

- Morte aussi. Elle a pas survécu à ma naissance. Jiji disait que j'étais un bébé miracle. J'ai vécu quelques temps avec lui, avant que les services sociaux n'interviennent et me confient au professeur Agasa, un vieux professeur de fac de ma mère, en attendant qu'on me trouve une autre famille.

Pendant que Ran s'excusait d'avoir parlé de chose triste, Heiji se pencha vers Conan.

- C'est quoi cette histoire à l'eau de rose qu'il nous sort, ce gosse, Kudô ? murmura l'adolescent.

- Je crois que le pire, Hattori, c'est qu'elle est presque totalement vraie. Il me l'a dit lui-même, un bon mensonge a un fragment de vérité, répondit à mi-voix Conan. Et il nous entend parfaitement, ne te leurre pas.

Red offrit un sourire rassurant à Ran pour qu'elle ne s'en fasse pas pour lui, avant d'offrir un sourire carnassier à Hattori. Bien heureusement, Ran avait décidé de changer de sujet.

- C'est fou, mais je ne pensais pas que tu aimais les dauphins, Hattori-kun.

- Les dauphins ? répéta avec perplexité Heiji.

- Tu n'es pas venu ici parce que tu as vu l'annonce dans le journal ?

- Non, non ! Si je suis sur ce bateau, c'est à cause d'une drôle de lettre.

- Une drôle de lettre ? demanda Conan avec curiosité.

- Oui, y'a une semaine, j'ai reçu une enveloppe contenant 100 000 yens en liquide avec une lettre me demandant de venir à Ogasawara car quelqu'un désirait me confier une affaire. Mais c'est assez étrange. Il était juste indiqué Kansai Zoo. Aucune adresse pour l'expéditeur. Quant aux billets, ils étaient tous anciens… et il était écrit que si je les montrais au personnel de bord, ils me laisseraient monter. Je n'ai jamais été payé pour une affaire, aussi, je suis venu pour lui rendre l'argent en personne, et c'est pour ça que je suis monté à bord.

Heiji remarqua que Red le « regardait » d'un drôle d'air, presque comme s'il le trouvait con.

Pourquoi ce gosse lui faisait cette tête ? M'enfin.

- Comme l'affaire semblait intéressante, en arrivant à l'aéroport de Haneda, je voulais proposer à Kudô…

Heiji se prit un coup de pied sous la table de la part de Conan.

- Je veux dire à Mouri-otchan**, de m'accompagner, alors, j'ai appelé chez vous, mais il n'y avait personne. C'est pour ça que je me suis embarqué seul et que je piquais un somme quand…

BAM

La tête de Red chuta sur la table.

- Narcoleptique, se contenta de répondre Conan sans se détourner de sa boisson. Il va se réveiller seul.

- Il a dû se faire mal, songea Ran.

- Il est dur au mal, rassura Conan. L'autre jour, il a foncé par erreur dans un mur et il l'a presque fissuré, alors que lui n'avait pas mal du tout.

Heiji regarda le garçon en face de lui.

Il était fait en quoi pour fissurer les murs ?

- C'est franchement un sacré hasard qu'on se retrouve sur le même navire, nota Ran.

- C'est vrai, répondit Heiji. On dit après tout que les loups appellent les loups, et que les détectives appellent les détectives ! Pas vrai, petit ?

Conan eut un rire narquois.

C'est là que la belle Nagisa vint voir Heiji pour confirmer qu'il était bien le détective et savoir s'ils avaient finalement trouvé ce fameux « Kanô Saizô ».

Red finit par se réveiller en entendant la femme proposer de jouer au poker. Dans d'autres circonstances, il aurait sauté sur l'invitation, mais sans ses yeux, ça serait compliqué.

Et de toute façon, il voulait vérifier quelque chose.

- Je vais faire un tour, annonça Red en descendant de sa chaise. Je pense aller me coucher, aussi. Ça m'évitera une nouvelle crise.

- Je vais chercher mes cartes dans ma cabine, tu veux que je t'accompagne ? proposa Nagisa.

- Merci, Onee-san ! sourit Red.

Elle prit la main du garçon et l'escorta jusqu'aux cabines.

Profitant du fait que Ran parlait aux autres personnes présentes dans la salle, pour leur proposer de jouer eux aussi, Heiji prit Conan à part.

- Lâche le morceau, Kudô, c'est qui ce gosse, demanda-t-il en se penchant vers son camarade tout en gardant un œil sur la salle.

- Portgas D. Ace, vingt et un an. C'est un ancien sujet d'expérience de l'Organisation. A la base, il devait devenir un membre à part entière, mais il a refusé, d'où le fait qu'il a fini comme rat de laboratoire. Une femme de l'Organisation, Vermouth lui a tranché le visage au niveau des yeux, d'où la nécessité des lunettes.

- Attends, il a réussi à s'échapper comment, s'il était déjà aveugle !?

- Bonne question. Outre qu'il avait un autre poison rétrécissant en poche, je sais rien de plus et il ne parle pas. Ce gars est un criminel depuis un petit bout de temps. Je pense qu'il trempait dans ce qui ressemblerait à de la piraterie. Ça expliquerait ses capacités de survie et autres. Cependant, j'ai fait des recherches, mais aucune affaire ne parle de lui. Son nom est inconnu et parmi les quelques pirates connus aujourd'hui, il ne fait pas partie du nombre, et personne ne ressemble à sa description, même en le vieillissant, répondit Conan en croisant les bras sur sa poitrine. C'est comme s'il sortait de nulle part, et je préfère pas poser des questions aux autorités de peur que l'Organisation en ait vent.

- Donc, tu bosses avec un criminel, résuma Heiji.

- C'est pas comme si j'avais le choix. Il sait que j'attends seulement qu'on redevienne des adultes pour l'envoyer en prison. D'un autre côté… j'ai l'impression, plus je le côtoie, qu'il sort de nulle part. Pour te dire, il n'avait strictement aucune idée de ce qu'était une voiture quand je l'ai rencontré.

- Franchement bizarre.


Red se colla contre sa porte et étendit son Haki vers l'extérieur.

Il devait vraiment l'améliorer pour compenser sa vue.

Ne sentant personne dans le couloir, il sortit, tapotant sa poche pour s'assurer que le trousseau de clefs qu'il avait « emprunté » au steward était toujours là. Il se glissa le long du couloir, le suivant de la main jusqu'à atteindre une nouvelle porte où il colla son oreille.

Le silence lui répondit.

Il reprit sa route, suivant le mur des doigts, et arriva à une nouvelle.

Son oreille ne perçut rien non plus, mais son nez reconnut le parfum de l'étrange homme avec sa grosse valise. Parfum au niveau de la poignée.

Il avait eu une sacrée chance sur ce coup-là.

Il tira les clefs de sa poche, et chercha la serrure pour toutes les essayer.

Clic.

Au bout de la cinquième clef, la porte s'ouvrit, permettant à Red de se glisser à l'intérieur. Il referma la porte derrière lui et retira de son dos sa canne blanche, l'utilisant pour trouver la valise suspecte. Il la trouva tellement bien, au beau milieu de la pièce, qu'il manqua de tomber dessus.

Avec précaution, il s'agenouilla contre l'objet et y colla son oreille, gardant ses pouvoirs un maximum sous contrôle pour que son logia n'active pas ce qu'il soupçonnait être dedans.

Tic tac, tic tac, tic tac(Bêta : je doute que ça soit les trucs qui se mangent…)


- TADAAAAAAAAAAAAAN ! FULL ! montra joyeusement Ran en remportant une nouvelle partie du poker.

Heiji eut une moue.

Comment faisait cette fille pour avoir autant de chance ?

- Euuh, vous auriez l'heure ? demanda l'étrange homme à lunette qui avait alerté Red avec sa grosse valise.

Son voisin de table regarda sa montre en or.

- Minuit moins cinq.

- Depuis un petit moment, vous avez l'air bien perturbé par l'heure, quelque chose ne va pas ? demanda Heiji en le voyant faire.

- Ah, non… c'est juste que demain est un jour important…

- Ce ne serait pas l'anniversaire de la mort de votre fiancée ? devina Nagisa en se laissant aller sur une main.

Le binoclard se tourna sur sa gauche pour regarder la femme, sans comprendre pourquoi elle disait ça.

- Ce cocktail, c'est un Bloody Mary, non ? se fit confirmer la femme en désignant la boisson dans la main de l'homme. Ne me dîtes pas que c'est le jour où est morte votre belle princesse… ?

- Non… absolument pas…

Il mentait comme un arracheur de dents, mais soit.

Ran était en train de mélanger de nouveau les cartes pour une nouvelle manche quand son père entra de nouveau dans la salle du dîner.

- Ah ! Papa ! Vous l'avez trouvé ? demanda-t-elle en le voyant venir.

Kogoro se laissa tomber sur une chaise avec un soupir fatigué.

Ils ne l'avaient trouvé nulle part.

Quant à Samezaki, il voulait le chercher jusqu'à la dernière limite.

En réponse, les joueurs de la table de poker finirent par se disperser, remettant leur revanche à plus tard, outre le bon monsieur Kujirai en costume blanc, qui alla aux toilettes. Le regard de Conan s'arrêta un instant vers le buveur du Bloody Mary qui avait eu un instant de panique en réalisant l'absence de son portefeuille, pour être soulagé en réalisant qu'il avait été retrouvé. Sa façon de compter ses billets, pour vérifier que le compte y était, indiqua à Conan que cet homme était banquier.

Kogoro fixa sa montre et bientôt, minuit sonna.

Avec un air épuisé, Samezaki revint dans la salle.

- La limite de temps est dépassée. Je ne peux plus rien pour cette affaire… soupira l'ancien commissaire. Je ne suis plus un flic depuis deux ans. Et par conséquent, j'aurais outrepassé mes droits, mais…

L'instant suivant, alors que Kujirai revenait des toilettes, le commissaire riait aux éclats en invitant Mouri à boire avec lui.

- Dis-moi, je veux bien croire que cette affaire était la sienne et qu'il lui tenait à cœur de la résoudre, mais tu ne trouves pas qu'il y attache trop d'importance ? souffla Heiji à Conan.

- Si… et Dawn a constaté la même chose.

PAN !

Le coup de feu venant de dehors les alerta tous. Comme un tir de pistolet.

Tout le monde se précipita vers l'extérieur.

- Mouri ! L'heure ! cria le Commissaire par-dessus son épaule.

- Minuit et huit minutes ! répondit Kogoro sur les talons de l'homme.

En arrivant enfin sur le pont extérieur, ils réalisèrent que Red était déjà sur place, haletant et étrangement silencieux, ses lunettes ramenées sur son crâne alors qu'il avait la tête levée vers les flammes.

Le drapeau du navire était en feu. Feu qui se reflétait dans les yeux cendrés et vitreux de l'aveugle avec une étrange paresse.

Mais Heiji et Conan ne s'y attardèrent pas. Juste devant les pieds de Red, un billet de 10 000 Yens était épinglé au pont avec un couteau à cran.

Dessus, un message.

- "L'Empereur des mers Poséidon reçoit la vie et son ombre renait", lut Kogoro.

En réponse, Kujirai poussa un cri d'épouvante en reculant vers l'arrière.

Une explosion raisonna dans la nuit, juste dans le dos de Kujirai effrayé.

Tout le monde se précipita vers la rambarde pour voir le pont inférieur, vers l'arrière.

Quelque chose brûlait.

Red passa sa canne dans son dos et escalada la rambarde, humant la fumée, avant de perdre ses couleurs.

- Quelqu'un brûle !

- Hein ? Qu'est-ce que racontes ?

- La fumée sent le cochon grillé et je doute que le service restauration fasse des grillades en plein air à cette heure-ci ! rugit le pirate.

Et il sauta à l'étage inférieur, se réceptionnant en une roulade, pour se rapprocher des flammes.

Bientôt, on vint le rejoindre et dans les flammes, les deux jeunes détectives virent quelque chose qui confirma ce qu'avait senti Red.

Un bras humain portant une montre…


* Pour information, l'Ere Showa correspond au règne de l'empereur éponyme durant 1926-1988.

** Otchan est une expression du Kansai (région dont Heiji est originaire) qui se rapproche du Occhan classique qui est tout simplement un Ossan un peu plus familier. Je sors pas ça de nul part, j'ai vérifié sur le wikia la façon dont chaque personnage s'adresse aux autres.