Salut tout le monde ! Nouveau chapitre pour vous. Et vraiment, ceux qui pense que le Destin ou l'Univers ne trolle pas Conan avec tout les meurtres qu'il ramasse alors là, je sais pas quel est leur cadre de référence, mais je voudrais le connaître. Enfin. Petite enquête intermédiaire dans les méandres de la lutte contre l'Organisation mouhahahaha *koff koff*
Soyons sérieuses, pardi.
Merci encore pour les reviews, heureuse que l'affaire Kanô Saizô avec la présence d'Ace ait été à votre goût.
Arya39 : eh ben, disons que l'idée du x-over m'est venu un peu comme ça et que si on prend en compte d'une part les paroles + le personnage de Vermouth, le médoc de Haibara et tout ce qu'on commence à savoir de l'Organisation (sans compter les aventures du manga Magic Kaito...) ça dévient tellement plausible ! / Pourquoi j'ai aveuglé Ace ? Pour une raison pratique et une envie de défi. One Piece et Meitantei Conan sont deux genres de manga différent. Par conséquent, si on transpose les personnages de OP dans l'autre univers, ils deviennent abominablement surpuissant. Mon but était d'essayer de réduire ce risque avec Ace, tout en lui mettant sous le nez une autre raison pour laquelle il doit se bouger les fesses et devenir plus fort (oui, mon raisonnement est contradictoire). Et oui, je sais qu'il m'en veut, il a piqué la jitte de Smoker pour me taper sur les doigts avec. / Pourquoi est-ce que tu songes à Marco ? (rire machiavélique) / Oh, je doute que tu seras déçu avec la rencontre entre Kid et Ace... mais ça sera pas forcément comme tu l'attends. / Luffy n'est pas au programme, mais j'ai des remplacements parfait.
Sur ce, bonne lecture !
- Il n'y a pas d'erreur… annonça Haibara avec gravité. Elle doit se douter de ta véritable identité…
Avec un petit soupir, elle ferma les yeux, penchant légèrement la tête vers l'avant, parlant toujours avant le même ton grave et triste :
- Il est inutile de la tromper davantage, tu ne feras que la blesser…
- Mais comment se fait-il que tu saches cela ? demanda Conan d'une voix faible et hésitante.
Haibara eut un rire narquois en croisant les bras sur sa poitrine et regarda Conan qui lui faisait face avec les mains dans les poches.
- Eh bien ? Monsieur sait lire dans le cœur des criminels, mais pas dans celui des femmes ?
- Le cœur d'une femme ? continua-t-il sur le même ton.
Haibara le regarda de nouveau, un air triste et moqueur sur le visage.
- je suis tombée amoureuse de toi… dès le premier instant où je t'ai vu… tu ne le savais pas ? Mister Yaiba ?
- COUPEZ ! COUPEZ ! cria Mitsuhiko.
Conan eut un soupir et regarda les jeunes derrière lui. Les Détectives Boys étaient dans un immeuble abandonné afin de répéter une pièce pour un spectacle de l'école. Dans cette pièce aux fenêtres fissurées, si ce n'est totalement cassée, et aux murs délabrés, Mitsuhiko se prenait pour un metteur en scène. A côté de lui, Genta avait les mains dans les poches, un air boudeur sur le visage, se rendant encore plus imposant qu'il ne l'était avec son embonpoint, alors qu'Ayumi avait les mains dans son dos, toujours aussi souriante.
- C'est la scène où la femme-espion renonce à l'organisation du mal et avoue son amour à Mister Yaiba ! C'est une scène cruciale ! Et tu n'y mets pas le bon ton, Conan-kun ! Dawn-kun s'est endormi au bout de ta première réplique ! (alors… comment dire…ce n'est pas vraiment une référence…)
Avec le carnet qui servait de script, Mitsuhiko montra Red qui était avachi un peu bizarrement par terre, le dos contre un mur, la tête sur un côté, clairement endormi. Comme depuis l'incident avec Kanô Saizô, à chaque fois que Conan voyait Red, il sentait monter en lui une migraine et une frustration sans pareille.
Ses moindres recherches faisaient chou blanc.
Heiji avait essayé de son côté, auprès de son père, sans résultat. Conan avait appelé aussi Yusaku, son père, à l'étranger, qui ne connaissait aucun Portgas, et encore moins de pirate exécuté il y a vingt ans. Pour le nom, il avait néanmoins émis l'hypothèse que Portgas soit un alias, ou alors, le nom de jeune fille de sa mère… ce qui rajouter un autre niveau de complexité au micmac.
En bref, en lui donnant des informations soi-disant pour l'aider à résoudre l'énigme qu'il était, Red lui faisait payer par la frustration son faux pas involontaire durant l'affaire Kansai Zoo.
- Tu m'écoutes, Conan-kun !? s'indigna Mitsuhiko en réalisant que le binoclard avait la tête ailleurs.
- Haibara-chan, tu étais très bien ! s'exclama avec extase Ayumi.
Haibara la remercia avec un bref sourire, mais Conan était toujours harangué par Mitsuhiko. Pour le fils d'une actrice, ce n'était franchement pas sérieux. Sa mère aurait honte de lui.
- Pfff… soupira Conan. C'est la pièce pour la kermesse de fin d'année, non ? Vous ne voulez pas choisir un truc plus classique ? Genre « Le Petit Poucet » ou « les Trois Petits Cochons » ?
- J'aime bien l'idée de faire Alice aux Pays des Merveilles, annonça Red en se redressant.
Il s'étira un instant avant de masser sa nuque en baillant.
- Tiens ta canne, Red-kun ! fit Ayumi en lui donnant sa canne.
Il la remercia et se remit debout pour revenir vers les garçons.
- Vous avez rien compris autant l'un que l'autre. On doit jouer des contes réalistes ! gronda Mitsuhiko. (et ben quoi, Alice c'est très réaliste…quand t'as pris du LSD…)
Conan se retint de pointer que Yaiba le Vengeur Masqué était loin d'être réalise. Pas grave, le rire moqueur et narquois de Red le fit pour lui.
- Si Yaiba le Vengeur Masqué est réaliste, alors je suis un oiseau !
- Moi, je dois me contenter d'être la Patate Démoniaque ! rouspéta Genta en intervenant dans la dispute. Alors, arrêtez de vous plaindre !
- Il a raison ! approuva Mitsuhiko. D'autant que si nous sommes venus exprès dans cet immeuble dévasté, c'était pour nous mettre dans l'ambiance…
- Kojima, si t'es pas content de ton rôle, on échange, y'a pas de souci ! C'est pas parce que je suis aveugle que j'apprécie pour autant qu'on me prenne pour un faible et jouer l'innocente victime. Je préfère avoir le rôle du méchant de l'histoire plutôt qu'être pris pour un gars pathétique de première, pointa Red.
Conan était parti dans une autre direction carrément :
- Et pourquoi on ne jouerait pas une enquête policière ? proposa-t-il avec entrain, les bras grands ouvert. Le cadre est idéal ! C'est quelque chose qui arrive souvent, non, la traque d'un bandit caché dans un immeuble dévasté…
Red tourna la tête vers la porte en fronçant les sourcils.
- L'univers doit prendre son pied en te trollant autant, Edogawa.
- He ?
VLAM !
La porte de la pièce s'ouvrit brutalement sur un homme en fuite, les mains liées par des menottes. Il fonça vers eux, regardant bizarrement Red qui avait poussé Haibara de la route avec sa canne blanche.
- HALTE !
Une policière en tailleur et aux cheveux courts venait d'arriver, menaçant l'homme en fuite de son arme.
- Les mains en l'air et plus un geste ! rugit la femme.
- Inspecteur Satô… reconnut Ayumi avec une certaine surprise.
Le fugitif s'était arrêté sous l'injonction et la menace de l'arme, haletant, pour regarder la petite Ayumi à ses pieds.
- N'APPROCHEZ PAS ! rugit le fugitif en attrapant Ayumi entre ses bras, la faisant hurler de panique.
- AYUMI ! paniquèrent Genta et Mitsuhiko.
- N'approchez pas… supplia à moitié le fugitif en reculant lentement vers le fond de la salle.
Il se retourna et reprit sa fuite, ignorant Ayumi effrayée qui appelait Conan à l'aide.
- Garde-moi ça ! rugit Red à la personne la plus proche.
Genta se retrouva avec la canne blanche de Red dans les bras et le garçon fila comme une flèche à la poursuite du fugitif.
- DROITE ! cria Mitsuhiko.
Avant de se prendre un mur, Red tourna à droite comme le lui avait crié le garçon, se retrouvant sur les traces du fugitif et d'Ayumi.
Voyant ça, Ayumi l'appela.
- On prend des escaliers ! Le mur est à gauche !
Profitant de son élan, Red fonça vers le mur en sifflant légèrement pour essayer de le localiser, avec de sauter dessus et de se projeter vers l'homme qui fuyait avec Ayumi, s'accrochant à ses épaules. L'homme manqua de basculer en arrière, mais parvint au nouveau palier. Là, il s'arrêta et reposa Ayumi plus que perplexe, avant de se débattre avec Red pour qu'il le lâche.
- Il… il m'a posé… souffla Ayumi.
- He ?
La surprise fit lâcher prise à Red. L'homme le déposa à son tour délicatement au sol et s'excusa auprès d'eux de leur avoir faire peur, avant de reprendre sa course.
- Whisky Tango Foxtrot… souffla Red en levant la tête pour suivre le bruit des pas du fugitif qui s'éloignait.
- Tu as perdu tes lunettes, Red-kun… pointa doucement Ayumi.
Immédiatement, Red croisa ses bras sur ses yeux pour cacher sa cicatrice. Au même instant, Conan et l'inspectrice Satô arrivaient en courant.
- Où est-il ?! demanda la femme.
- Je crois qu'il est monté sur le toit… pointa Ayumi en montrant le haut de l'escalier.
Le duo continua la poursuite, suivi par le reste du groupe. Haibara qui venait en dernier avec les lunettes qu'elle avait ramassées, s'arrêta au niveau de Red et Ayumi.
- Tu joues les chevaliers pour les demoiselles en détresse, maintenant ?
- Je pouvais pas rester sans rien faire en entendant une amie en panique… grommela Red avec ses bras toujours devant son visage.
- Mets-lui ça sur le nez, je vais rejoindre les autres.
Haibara donna les lunettes à Ayumi et continua la poursuite.
Sur le toit, le fugitif traversait par un trou du grillage et une échelle pour parvenir au toit d'un autre bâtiment. Voyant la cavalerie à ses trousses, l'homme jeta l'échelle dans la ruelle en bas avant de reprendre la fuite.
Observant les alentours, la femme fila vers la gouttière descendant vers le sol en courant sur le muret, en dépit de ses petits talons, avant de s'accrocher au haut du tuyau qui se pencha vers l'arrière sous son poids. Pas assez pour l'inspectrice puisqu'elle tira deux des attaches du tuyau pour le faire pencher un peu plus, lui permettant de sauter sur l'escalier extérieur du bâtiment où s'était réfugié leur homme.
L'agent Takagi débarqua en courant sur le toit à cet instant, suivi par Red et Ayumi. Mais déjà, Satô tirait deux balles dans le cadenas de la porte devant elle.
- Takagi-kun, passe par en bas ! ordonna la femme.
- Oui !
- Euh… qu'est-ce qui s'est passé ? demanda Conan.
Pendant qu'ils descendaient de l'immeuble délabré pour passer dans le suivant, Takagi leur raconta l'aventure.
Il s'avéra qu'il avait laissé échapper un criminel dont il avait la charge. Pendant le transfert jusqu'au Commissariat Central, il y avait eu un accident entre une moto et un camion qui avait viré à la bagarre sur un trottoir. Alors que l'inspectrice Satô était partie réglée l'affaire, l'homme si discret à côté de Takagi avait pris le large.
- Si vous ne le reprenez pas, vous ne vous en tirerez pas avec un simple rapport ! pointa justement Mitsuhiko.
- Je sais ! gémit Takagi.
- Euh… où est Dawn ? demanda Genta qui avait toujours la canne blanche de leur camarade.
Red recula de son mieux sur le toit, veillant à rester droit par rapport à l'endroit où il savait qu'était l'ouverture dans le grillage.
Là, il prit son élan et courut le plus vite possible de nouveau vers le rebord. Quand son pied percuta le muret, il se hissa dessus avec l'autre et sans perdre sa vitesse, se projeta vers l'avant par-dessus le vide, pour atterrir sur le muret en face.
Il eut un sourire victorieux avant de chanceler vers l'arrière et de tomber, se rattrapant de justesse au bord du toit du bout de ses doigts.
- Mon brave Ace, tu perds sérieusement la main.
Il se hissa sur le toit et fonça tout droit, tombant dans les escaliers. Il se releva en grognant et continua sa recherche de Satô et son fugitif.
Passer de vingt à dix ans, c'était juste abominable niveau force. Tout ce qu'il avait pu faire avant et qu'il ne pouvait plus à présent. Sans compter que, certes, à dix ans, il était loin d'être incapable, mais privé de ses yeux, c'était une toute autre histoire.
Un bruit de bois brisé l'interpella.
Se dirigeant vers le bruit, il finit par tomber sur Takagi et les mômes. Il entendait quelque part sur sa droite la femme dire « ici ! ici !».
- Qu'est-ce que vous faîtes ? Ce sont les toilettes des hommes… pointa Takagi à quelqu'un à l'instant où Red rejoignait le groupe.
S'il y avait une réponse, Red ne la perçut pas. Mais elle l'aurait grandement intéressé. Après tout, que faisait donc cette femme policière dans les toilettes des hommes… ?
- Où est le suspect ? demanda Takagi en rejoignant sa collègue.
- En fait… je l'ai capturé, mais… répondit la femme policière.
Satô était assez gênée de l'admettre mais elle s'était emmêlée les pinceaux. En voulant passer les menottes au suspect, elle s'était involontairement attachée à lui… derrière le tuyau du réservoir d'eau des wc. Pire que tout, elle avait perdu ses clefs.
- Si le commissariat apprend ça, c'est la honte assurée… alors, tu veux bien la chercher, s'il te plaît… discrètement bien sûr.
- Discrètement ? répéta Takagi d'un air dubitatif. Ça ne va pas être simple avec le chahut qu'on a fait avec le suspect en fuite…
- Dis donc ! N'oublie pas que je suis ton supérieur ! Et puis, ce n'est pas moi qui ai laissé échapper un suspect !
- Oui, c'est vrai, c'est moi… gémit péniblement mais avec un sourire crispé le brave Takagi.
En entendant le dialogue, Red esquissa un sourire en ajustant ses lunettes sur son nez. C'était ce qui s'appelait se faire littéralement mener par la baguette.
- Je compte sur toi, Takagi-kun~ ! encouragea Satô.
- Oui, oui…
- Ce n'est pas moi… gémit leur fugitif.
L'homme mal rasé, le bras coincé derrière le tuyau des toilettes, avait la tête basse de peine. Il la releva et se mit à crier :
- CE N'EST PAS MOI LE COUPABLE ! QUAND JE ME SUIS LEVE, IL Y AVAIT CE CADAVRE ! JE N'Y SUIS POUR RIEN !
- Il est comme ça depuis tout à l'heure… pointa Satô avec un sourire embarrassé.
- C'est vrai ! Croyez-moi !
- Higashita-san, interpella Takagi. La victime, Muranishi Masami-san habitait dans le même immeuble que vous et était votre supérieure hiérarchique… elle a été assassinée dans sa salle de bain. Lorsque nous l'avons retrouvée, elle avait été étranglée et vous, vous dormiez ivre mort dans son lit. La porte d'entrée était fermée à clé, la chaine de sécurité était mise… personne n'a pu sortir de l'appartement ! On a retrouvé vos empreintes sur la clé de la porte, la poignée, la chaine de sécurité et aussi, sur le câble de vidéo qui était autour de son cou. Par ailleurs, il semble que vos accrochages au travail avec elle n'étaient que trop fréquent. Ce soir-là, dans un bar, vous avez même dit à un ami « Je ne vais pas me gêner pour lui dire le fond de ma pensée » ! Après quoi, vous êtes rentré chez vous, furieux ! Mais vous ne semblez pas vous souvenir de votre retour chez vous… Il est normal de penser que vous lui avez rendu visite alors que vous étiez ivre. Vous vous êtes disputés et vous l'avez tuée…
Oui, les faits étaient difficilement en faveur de leur suspect.
Satô en rajouta une couche :
- Vous aviez fermé la porte pour qu'elle ne puisse pas sortir… après le meurtre, vous étiez tellement ivre que vous vous êtes endormi sur son lit.
- Mais je n'ai aucun souvenir… gémit le pauvre homme.
- C'est la conséquence logique de votre état d'ivresse ! pointa Satô sans la moindre pitié.
Alors que Red allait suivre les gosses pour voir ce qu'il en était, il se décida de rester dans l'entrée des toilettes. Avec son logia, si l'homme avait une haleine encore trop chargée en alcool, il risquait de s'embraser par inadvertance.
- C'est vrai que je déteste cette femme qui critiquait tout ce que je faisais au travail ! MAIS JE NE LA DETESTAIS PAS AU POINT DE VOULOIR LA TUER ! s'agaça Higashita.
- Alors pourquoi est-ce que vous avez pris la fuite ? demanda très justement Satô.
- Il y a un endroit où je dois aller demain… annonça tristement l'homme.
Le changement de comportement adoucit l'inspectrice qui lui demanda d'être plus précis.
Apparemment, sa fille, qui vivait à Chicago, l'avait invité à son mariage. Gamine dont son ex-femme avait eu la garde. Pendant presque vingt ans, il avait cru qu'elle le haïssait, mais cette invitation était la preuve du contraire. Et il serait idiot de ne pas y aller. Il avait pour preuve la lettre d'invitation avec le billet d'avion.
- Ayumi, t'as une épingle à cheveux ? demanda Red en rejoignant finalement les autres enfants.
- Non, désolée.
- Haibara ?
- Non plus.
Leur homme était en panique totale.
Il devait aller à ce mariage.
- Mais… commença Takagi.
- Ce monsieur n'est pas un méchant ! coupa Ayumi.
Takagai regarda la gamine derrière lui. La petite Ayumi était remontée à bloc.
- Oui, il m'a relâchée et il a empêché Red-kun de tomber quand il a voulu me sauver ! Il nous a même dit qu'il était désolé ! S'il était vraiment méchant, il n'aurait pas dit ça !
Takagi voulut lui expliquer gentiment sa naïveté, mais Satô le coupa en s'adressant au suspect :
- Et ce vol… il est à quelle heure ?
- A 12h30, départ de Narita…
- Satô-san ? fit Takagi avec perplexité.
- Takagi-kun… écoute bien ce que je vais te dire…
Pendant que Satô donnait des instructions à Takagi, Red se glissa entre tout le monde et alla jusqu'aux toilettes. Quand il les percuta, il grimpa sur le couvercle et chercha le tuyau des mains.
- Tu cherches quoi ? demanda Conan.
- Serrure menotte, répondit Red.
Conan s'avança et lui prit directement la main pour la lui poser sur la serrure du bracelet qui rattachait le pauvre homme.
- Qu'est-ce que vous faîtes, les garçons ? demanda Satô en les remarquant.
Red ne répondit pas et se contenta d'identifier le type de serrure sous ses doigts avec une moue pensive. Il soupira, secoua la tête et tourna le visage avec espoir vers Satô.
- Satô-nee-san, vous avez des épingles à cheveux ou à nourrisse sur vous ?
- Non, du tout. Je pense que ça c'est visible d'ailleurs que je n'ai pas d'utilité des épingles à cheveux.
Takagi eut une grimace alors que Red haussait des épaules et redescendaient des toilettes.
- Viens Ayumi-chan, je vais te faire une leçon sur les niveaux de méchanceté des humains. Parce que ta naïveté est attendrissante, mais elle peut être dangereuse pour toi.
- Eh ? s'étonna la fillette.
Sous le regard perplexe des autres, Red attrapa le bras de la fillette et s'éloigna avec elle.
- Et il n'a toujours pas récupéré sa canne, pointa Haibara avec amusement.
Leur mission était simple, et la façon de penser de Satô plaisait à Red.
En s'appuyant sur une technicalité, ils pouvaient relâcher leur suspect après avoir trouvé le vrai coupable. Et ce, à temps avant l'ouverture du musée à 10 heures demain matin. Parce que dès que les clients les verraient ainsi dans les toilettes, la police serait avertie.
Takagi n'était pas seul dans sa tâche. Nan nan…
Les Détectives Boys étaient tous surmotivés.
Ce qui compensait le fait que depuis que Satô lui avait dit qu'elle croyait en lui, le pauvre Takagi rougissait soit pour un rien, soit soupirait de dépression en se rappelant de ses soupçons sur le fait que la jeune inspectrice soit amoureuse du Commissaire Megure.
Pour le coup, les enfants le trouvaient bizarre.
La partie « enquêter discrètement » manqua de sauter quand ils croisèrent un ouvrier dans l'escalier de secours. Pour justifier leur présence, Mitsuhiko avait dit qu'ils étaient à la poursuite d'un malfaiteur, et Takagi, vexé que l'homme ne le prenne pas au sérieux dans le fait qu'il soit flic, avait été sur le point de lui montrer son badge.
- Tu t'amuses, Nacho ? demanda brusquement Red en tirant sur le bras de Conan.
- Eh ? fit le binoclard s'en comprendre.
- C'est ton anniversaire, alors, il faut s'assurer que cette enquête soit à la hauteur de l'obsédé de mystère que tu es ! Tachi-nii-san a pris un jour de congé spécialement pour tout mettre en place !
Red resserra sa prise sur le bras de Conan qui hocha la tête avec un grand sourire, se retenant de crier de douleur sous la force de la poigne.
Takagi se rappela à temps du fait qu'ils devaient agir discrètement, s'excusa auprès de l'ouvrier en disant que c'était pour l'anniversaire de son neveu Nacho. Ils furent chassés de l'escalier et soupirèrent de soulagement… avant que Conan n'inflige un coup sur le crâne de Red qui resta indifférent.
Secouant sa main endolorie, Conan grognait dans sa barbe.
- Qu'est-ce qu'il t'arrive ? demanda Genta.
- Outre qu'il a un crâne en béton armé ? Je sais pas si je dois le tuer pour avoir essayé de m'arracher un bras ou pour m'avoir appelé Nacho… grinça Conan. On commence l'enquête ?
Une fois Takagi avec chapeau et lunettes noires pour ne pas se faire remarquer par de possibles collègues de la police, ils se mirent en route vers leur première destination.
Sur le chemin, ils durent emprunter des chemins détournés à cause des trop nombreuses patrouilles dans les environs. C'est bien simple, le temps de rejoindre le bistrot où leur suspect s'était enivré, ils avaient déjà croisé cinq voitures de police.
- Il s'est peut-être passé quelque chose… supposa Mitsuhiko.
- Précisément ! pointa Takagi. Ils nous recherchent Satô-san et moi !
- C'est comme si vous étiez un grand bandit ! s'exclama Ayumi avec entrain et une joie presque à toute épreuve.
- Bienvenu dans le monde du grand banditisme ! Prochaine étape, se trouver une planque et ensuite, un surnom. Et là, enfin, on est parti pour faire trembler le monde ! rit joyeusement Red. Si vous cherchez un associé, je peux vous apprendre un truc ou deux !
Takagi regarda Red avec stupeur, ses lunettes de soleil de travers sous la surprise, alors que le gnome aveugle se contentait de sourire largement à ses pieds.
Haibara eut un soupir et fouilla ses poches. Gardant le contenu de sa main invisible pour tout le monde, elle plaqua sa paume contre la nuque de Red, avec ce qu'elle cachait. La réaction fut immédiate : le garçon vacilla, pâle, plus du tout souriant.
- Message reçu… souffla Red.
- Reste à carreaux, alors, lui demanda Haibara.
- Oui m'dame.
Elle ramena son objet mystère dans sa poche sous le regard curieux de tous. Red se frotta la nuque, ses couleurs lui revenant rapidement, avant d'avoir un frisson visible.
- On peut revenir à l'enquête ? demanda poliment le garçon.
Se faisant une note mentale de demander à Haibara ce qu'elle avait utilisé contre Red, Conan fit signe au groupe de traverser la rue. Leur enquête commençait à partir du bar où leur suspect avait bu la veille au soir.
La tenancière se souvenait de l'homme et de ce qu'il avait dit : apparemment, il avait annoncé qu'il irait voir sa patronne pour lui dire ses « quatre vérités » mais jamais on n'aurait pu imaginer que cela mènerait à un mort. Fait intéressant, il avait été ramené chez lui par un homme, Kitagawa-san, qui était à cet instant dans le bar à lire un journal en fumant. C'était lui d'ailleurs qui avait trouvé le corps le premier. Il était un collègue de travail de Higashita.
Alors qu'il payait ses consommations, le regard de Conan s'arrêta sur les pansements que l'homme avait autour des doigts. Mais quand Takagi voulut lui poser des questions, il se défila en disant qu'il avait déjà tout raconté à la police précédemment, qu'il était très choqué et qu'il voulait juste qu'on le laisse tranquille.
- S'il est choqué alors que je suis un poisson, marmonna Red d'un air narquois.
Alors que Takagi le regardait partir, les enfants en profitèrent pour poser des questions assez innocentes à la tenancière. Quand l'officier le réalisa, ce fut la panique et il entraîna tout le monde hors du bar.
Peu après, ils appelèrent Agasa pour qu'il rassure les parents en leur disant que toooous les enfants allaient dormir chez lui. Chose totalement fausse, parce qu'ils menaient l'enquête, après tout, mais le brave professeur était l'excuse parfaite pour faire des bêtises. Après, l'homme était étrangement guilleret au téléphone, soi-disant que demain était un dimanche particulier. Le jour où une de ses inventions, le Tropical Rainbow serait utile à la ville.
Quand Conan annonça à Takagi qu'Agasa était d'accord pour les couvrir, il leur fit part d'une possible fête dans le quartier d'Haido, avec feu d'artifice.
- Je ne me souviens pas qu'il y ait le moindre feu d'artifice de prévu… marmonna Takagi en réfléchissant.
- Tropical Rainbow ? demanda Red en devinant apparemment de quoi il était question.
- Oui… Enfin, Agasa et ses expériences… soupira Conan.
- Sauf que c'est pas un feu d'artifice. Ce sont des explosifs. Il parlait pas d'une demande de la ville pour un projet de démolition ?
Red avait demandé ça à Haibara en tournant la tête dans sa direction approximative.
- Je ne me suis pas intéressée à ce projet, je ne peux pas te dire si tu as vu juste ou pas, soupira la demoiselle. Que faisons-nous à présent ?
Conan avait une idée bien précise de la suite des choses.
Les lieux du crime : la chambre de Muranishi, la victime.
Il se faisait tard quand ils parvinrent à convaincre le concierge de leur ouvrir l'appartement. Bien entendu, la présence des enfants alerta l'homme, mais les Détectives Boys avaient déjà l'excuse parfaite.
- Nous sommes en visite scolaire ! Nous observons le travail de l'inspecteur Takagi et nous ferons un exposé à l'école !
Le concierge eut un sourire approbateur et les laissa faire.
Ce fut donc en soupirant que Takagi referma la porte sur lui, avant de s'inquiéter en voyant les garnements envahir l'appartement.
Pour toute réponse, les enfants lui montrèrent des gants en plastique que Conan leur avait fait acheter pendant que Takagi prenait son chapeau et ses lunettes. Pendant que Conan enfilait sa paire, il remarqua que Red n'avait pas prise celle qu'il lui avait donnée, optant pour des gants classiques en cuir.
- Ils sont la bonne taille ? demanda Haibara.
- Parfaite, assura Red.
- J'ai envie de savoir ce que tu vas en faire ?
- Non.
Ok, Conan avait de quoi s'inquiéter. Il n'aurait pas à chercher bien loin si on se plaignait de cambriolage ou vol divers.
La sirène de la polie raisonna dans la rue, incitant Haibara et Ayumi à sortir sur le balcon, pour voir une armada de flics descendre la rue à toute blinde.
- Il y a de plus en plus de policiers… nota Haibara.
- C'est vrai… souffla Ayumi.
Takagi eut un rire gêné, avant de baisser la tête quand on lui tira légèrement le bas du pantalon. Red était à ses pieds, un sourire quelque peu moqueur aux lèvres.
- Elle est mignonne, non, cette Satô. Mignonne et populaire… glissa le garnement.
Le soupir las d'un Takagi presque déprimé valut une tape compréhensive sur la cuisse, avant que le D. n'aille fureter dans les environs, le nez à l'air et la canne aux aguets. Conan garda un œil sur lui pour s'assurer qu'il ne vole rien, pendant que lui-même fouillait l'appartement.
Takagi soupira et referma la porte d'un énième placard d'un air las.
- Nous ferions mieux de rentrer, dit-il. Une fois que le labo est passé, il ne reste même pas une poussière.
- Il y a quatre points suspects, annonça Conan en réponse à la demande de Takagi. Premièrement, la couleur de la couette, des draps, de l'oreiller et des rideaux…
Ne comprenant pas de ce qu'il y avait de louche, Takagi regarda le lit dans un coin du studio.
- Alors que tout est beige de la salle de bain à la vaisselle, les rideaux et l'ensemble du lit sont verts…
- C'est un hasard, supposa l'inspecteur.
- Mais au fond de la penderie, on a retrouvé des rideaux et des draps beiges, pointa Mitsuhiko.
- En plus, la dame du bistrot a dit que Muranishi-san adorait le beige, renchérit Ayumi.
- Et elle a parlé aussi des Spirits et des cactus ! ajouta Genta.
- Quant à Higashita-san, il connaissait bien les appareils hi-fi-vidéo et n'aimait pas les bains, compléta l'intello du groupe.
- Il lui arrivait souvent, quand il rentrait ivre, de ne pas se réveiller et d'arriver en retard au travail ! termina Ayumi avec une fierté évidente de leurs découvertes.
Takagi ouvrit son calepin et consulta les notes de l'enquête. A aucun moment durant son interrogatoire, la femme n'avait parlé de ça.
Red passa près de Takagi et se dirigea vers la sortie avec Haibara, pendant que Mitsuhiko expliquait qu'ils avaient eu ces informations en disant à la femme qu'ils voulaient avoir des notes de l'enquête dans le journal de leur école. Tout ça sous les conseils de Conan.
- Lorsqu'on subit un interrogatoire de la police, la peur de dire des choses qui ne sont pas directement liées à l'enquête nous fait donner involontairement des réponses limitées, expliqua Conan. L'affaire a eu lieu il n'y a pas si longtemps, et je pense que la dame du bistrot était intimidée.
- Intimidée ? répéta Takagi.
- Le deuxième point, c'est le calendrier à côté du lit qui a été enlevé pour une raison qu'on ignore, enchaîna Conan.
Il prit le calendrier en question entre ses mains gantées et le superposa aux traces sur le mur.
- Vous voyez ? Les traces d'éclaircissement par le soleil, sur le mur, correspondent à la forme du calendrier des Spirits de cette année, rangé dans la penderie.
- Elle a sûrement dû l'enlever parce qu'ils n'ont pas de très bons résultats cette saison… supposa Takagi.
Pour lui, Conan voyait des points suspects là où il n'y en avait pas, et encore une fois, Conan lui prouva qu'il les soulevait pour une bonne raison.
- On trouve inscrit le planning jusqu'en décembre, montra l'enfant en faisant voler les pages.
La porte de l'appartement se rouvrit sur le duo absent pendant que Conan annonçait le troisième point qui dérangeait :
- Ce sont les traces de déplacements des meubles.
- Ah, le labo en a parlé aussi… nota Takagi. Ils en ont conclu qu'il s'agissait d'une nouvelle décoration.
- Mais lorsqu'on coince quelque chose comme ça derrière une étagère, on le remarque, non ? Vous ne trouvez pas ça étrange ?
Conan montra une boite d'allumettes abimée. Rien d'exceptionnel à première vue, jusqu'à ce qu'il l'ouvre et trouve un papier dedans, plié en huit.
Un formulaire de mariage au nom de Muranishi. Mais pas de nom pour le mari.
- Enfin, le dernier point, ce sont les cactus, pointa Haibara en traversant de nouveau le studio pour retourner au balcon.
Takagi alla voir dehors, et vit une rangée de mignons petits cactus en pot.
- Elle qui adorait les cactus… vous trouvez normal qu'elle les laisse dehors sur le balcon par cette saison, alors que ces plantes craignent le froid ?
- Tout ça porte à croire que l'on a bougé la décoration de cet endroit dans un but bien précis, pointa Red qui avait quelque chose dans son dos avec un sourire mystérieux.
Les autres enfants s'étaient déjà réunis autour des cactus et Mitsuhiko en identifia un comme étant celui que la dame du bistrot avait offert à la victime le soir du meurtre. Et bizarrement les épines étaient abimées.
Mais Takagi leur rappela les faits :
- Lors de la découverte du corps, le suspect, Higashita-san dormait de tout son long dans le lit de la victime comme s'il était chez lui. La porte d'entrée était fermée à clé et la chaîne de sécurité mise. Et on y a retrouvé ses empreintes, tout comme sur le câble qui a servi à étrangler la victime…
Cela fit brusquement clic dans l'esprit de Takagi.
- Vous vous êtes déjà cuité, Takagi ? demanda Red.
Takagi regarda le garnement. Comme cela lui arrivait souvent avec Conan, il avait l'impression de ne pas avoir affaire à des enfants mais des adultes miniatures, et ce garçon lui faisait le même effet.
- Suivant la résistance de la personne et la quantité ingurgitée, l'ivrogne a besoin d'aide pour beaucoup de chose et obéira à certaines demandes bien plus larges qu'en étant sobre. De plus, la vision du monde est déformée. Pas tout à fait, certes, mais on peut astucieusement tromper quelqu'un sous l'emprise de l'alcool, expliqua patiemment Red en se rapprochant de l'inspecteur.
Il sortit de son dos un coussin vert avec le passe-partout que le concierge avait donné à l'inspecteur.
- Si je vous dis que j'ai pris ce coussin dans l'appartement du suspect, vous en déduisez quoi ? Parce que Haibara m'a signalé qu'il était identique à celui trouver ici. Si vous voulez vérifier, je vous en prie.
Le soleil se levait après une nuit blanche quand le concierge vint les voir.
Genta, Ayumi et Mitsuhiko dormaient dans le couloir contre un mur, alors que Conan et Red restaient parfaitement alertes, à l'instar de Takagi. Quant à Haibara, elle s'était adossée au mur pour bailler, mais elle le faisait tout le temps.
Le mystère n'avait plus aucun secret pour eux. Rester à savoir comment forcer le coupable à se dévoiler à temps pour libérer Satô et Higashita pour que l'homme puisse assister au mariage de sa fille.
A présent, même si les vrais enfants étaient crevées, tout le groupe était devant la maison de Kitagawa-san, le vrai coupable.
Il ne restait que cinq minutes avant l'ouverture du musée.
Mais c'est déterminés qu'ils allèrent sonner à la porte de leur homme.
Avec la tête de quelqu'un qu'on dérange pendant sa grasse mat' dominicale, Kitagawa-san vint leur ouvrir en leur disant qu'il avait pourtant clairement dit qu'il n'avait plus rien à dire à la police. Pourtant, Takagi insista et lui demanda « plus de détails » sur les circonstances de la découverte du corps. L'homme leur servit le même discours que tous connaissaient : victime et suspect en retard au travail ; pas de réponse aux téléphones ; pas de réponse en sonnant aux portes, donc appel au concierge. Quand le concierge avait ouvert la porte de la victime, il y avait la chaîne de sécurité mais ils avaient pu voir le suspect dormant de tout son long sur le lit. Ils l'avaient appelé pour qu'il vienne ouvrir et c'est là qu'ils avaient trouvé la femme morte dans la salle de bain.
- Me dîtes pas que vous me suspectez, grommela Kitagawa.
Un bruit de reniflement à ses pieds lui fit baisser la tête.
- Vous puez le mensonge et la mort, ossan, disait Red en jouant les chiens renifleurs.
- Mais c'est quoi ce gamin ?! Vire de là !
Takagi ramena Red vers l'extérieur, mais le trio Ayumi, Genta et Mitsuhiko prit la relève en disant qu'ils suspectaient clairement l'homme, pour se faire gentiment rabrouer par Takagi parce qu'ils ne faisaient pas les choses dans l'ordre.
- Je ne sais pas ce qu'il se passe, mais… je ne vois pas comment je pourrais être le meurtrier dans de pareilles circonstances… pointa Kitagawa en essayant de rester calme.
- Alors, pourquoi avez-vous changé les rideaux et les draps ? C'est vous, non ? C'est vous qui avez remplacé le beige par le vert ? accusa Conan avec un sourire confiant.
- Eh ! ça suffit maintenant ! Si vous ne ramenez pas ces gosses chez eux immédiatement, on en reparlera devant un tribunal ! menaça Kitagawa en commençant à s'énerver, en attrapant Takagi par le col.
- Nous sommes allés au grand magasin du coin tout à l'heure et nous avons vérifié… expliqua calmement Takagi en saisissant le poignet de l'individu.
- Quoi ?!
Aisément, il fit lâcher prise à l'individu, sans pour autant lui rendre son poignet.
- Le vendeur a témoigné qu'il vous avait vendu une couette, une housse, un drap et des rideaux verts !
- Et... et alors ? paniqua légèrement le suspect. J'en ai juste achetés car les miens sont devenus vieux… en fin de compte, ça ne me plaisait pas alors je les ai jetés…
- C'est vous aussi qui avez enlevé le calendrier du mur de la chambre de Muranishi-san et qui avait sorti les cactus sur le balcon, non ? Ce n'est pas étonnant… car si Hihashita-san avait trouvé dans sa chambre un calendrier des Spirits qu'il n'aime pas, et des cactus qu'il n'avait pas achetés, même ivre, il s'en serait rendu compte… oui, vous avez enlevé de la chambre de Muranishi-san tout ce qui aurait pu paraître étrange. Vous avez disposé les meubles de la même manière que chez lui et vous avez mis des rideaux de couleur identique à ceux qui sont chez Higashita-san. Après avoir étranglé Muranishi-san, vous avez emmené Higashita-san complètement ivre dans cette chambre et vous lui avez fait croire… qu'il était rentré dans sa propre chambre…
Le visage blanc du suspect voulait dire qu'ils avaient touché juste.
- Ensuite, poursuivit Takagi, vous avez demandé à Higashita-san encore ivre de mettre la chaîne de sécurité. C'était votre dernière vérification. Après quoi, vous n'avez plus eu qu'à fermer la porte, et lui s'est effondré sur le lit…C'est ainsi que Higashita-san a été découvert le lendemain avec le corps de la victime dans une chambre close !
- Et le câble vidéo ? Il devient quoi ce câble qui était autour du cou de Muranishi-san ?! Il restait des empreintes de Higashita-san, non ?!
C'est à cet instant que choisit Haibara pour revenir.
- C'était un job pour toi, Dawn, commenta-t-elle depuis le couloir derrière leur homme.
Red eut un maigre rire alors que Conan demandait ce qu'elle avait trouvé.
- Comme prévu, il manque un câble vidéo dans cette maison, annonça la demoiselle avec un sourire sardonique.
Il suffisait simplement de demander à Higashita-san de venir faire l'installation du matériel vidéo, puisqu'il était un connaisseur, et il avait ainsi l'arme parfaite du crime.
Malgré les preuves, l'homme refusait de s'avouer vaincu.
Conan abattit la dernière carte.
- Alelele… c'est bizarre, oji-san, votre blessure au pouce...
- Je crois me souvenir que l'un des cactus est abîmé… précisément celui qui a été offert à la victime le soir de sa mort… sourit Red d'un air féroce.
En retirant le pansement, on réalisa qu'il y avait en effet une piqure sur le pouce de l'homme. Le laboratoire pourrait savoir immédiatement si le sang sur les épines cassées du cactus correspondait à celui de Kitagawa-san.
Takagi venait de passer les menottes à leur homme et allait appeler Satô quand Megure débarqua en voiture pour lui demander en criant ce qu'il faisait.
- J'ai capturé le vrai coupable ! il a avoué qu'il avait tué Muranishi-san qui le harcelait pour qu'il se marie avec elle et qu'il avait voulu faire accuser Higashita-san, son rival au niveau professionnel ! VITE ! DEMANDEZ AU DIRECTEUR DU COMMISSARIAT DE HAIDO DE FAIRE LES PAPIERS DE LIBERATION AVANT L'ARRIVEE DU SUSPECT AU COMMISSARIAT POUR HIGASHITA-SAN !
Megure eut l'air un peu perplexe devant la dernière phrase que Takagi lui avait hurlée.
Alors que Megure allait à la radio pour faire passer le message, un autre agent avec une coupe frisée, un certain Shiratori, demandait à Takagi où était Satô.
- Elle est au musée Haido avec Higashita-san…
- Haha… Pas de blague… Là-bas, ils doivent être en train de…
Devant le musée de Haido, Agasa en smoking, tout content, était au micro, la télécommande de l'explosion de son Tropical Rainbow en main, fier de voir ses inventions utiles à la ville pour une fois.
- Plus du 10 secondes … rapprochez-vous et faîtes le compte à rebours avec moi ! encouragea Agasa au micro.
Alors que la foule hurlait le décompte pour l'explosion, toute l'escouade de police roulait à toute blinde pour arriver à temps et sauver Satô de l'explosion.
Ils en étaient à 4 quand Conan grimpa sur le toit de la voiture, juste derrière le gyrophare en marche, et que Red saisit le poignet d'Haibara à côté de qui il était dans la voiture.
- Je sens Agasa…
3
2… ils étaient en vue de la foule.
1… pas le temps pour la précision. Tant qu'il touchait Agasa, c'était bon pour lui.
- ZEROOOOOO !
Agasa leva la télécommande et s'apprêta à appuyer dessus quand il eut l'impression de se prendre une vague en pleine tête. Quand le gyrophare dans lequel Conan avait shooté le percuta, il était déjà inconscient comme une grande partie du public. Ceux encore conscients étaient effondrés à genoux, saisis d'un effroi sans nom. (Tiens, la version miniature a conservé son Haki)
Dans tout le cas, l'explosion avait été évité de justesse.
La police fit un freinage d'urgence devant la foule inconsciente.
D'un côté, on alla libérer Satô qui n'eut qu'une envie, aller aux toilettes (ironique en sachant qu'elle avait passé la nuit dans l'une d'elles), de l'autre, on chercha à comprendre ce qui avait pu assommer la foule ainsi, pendant que Conan expliquait à Shiratori et Megure leur démarche de la nuit pour prouver l'innocence de leur homme. Apparemment, coupable et victime avaient les clefs de l'autre et la victime avait certainement voulu faire une surprise à son amoureux fumeur en planquant le formulaire de mariage dans la boite d'allumette.
Mais il restait autre chose à résoudre pour Conan.
L'air totalement effrayé de Red face aux spectateurs en état de choc. Haibara était à proximité de lui, regardant cela avec une lueur intéressée dans les yeux.
- Tu en as trop fait, tu ne peux que t'en prendre à toi-même, même si je dois avouer que le résultat est exceptionnel. Tu m'avais parlé du Haki, mais le voir en action ainsi, c'est tout autre chose… disait Haibara.
- Si je l'utilise quasiment pas, c'est pour une bonne raison… j'ai pas réfléchi, fallait empêcher l'explosion… souffla Red en se frottant les bras.
Conan vint se joindre à eux, les mains dans les poches et regarda cela d'un œil critique et intéressé.
- Aussi dérangeant et improbable que ça puisse paraître, je présume que c'est ton chef d'œuvre, supposa le Détective.
Red ne répondit pas.
Conan comprenait pourquoi.
En partant du principe que, d'une façon ou d'une autre, Red soit le responsable de cette perte de conscience collective, il avait très peur de cette capacité. Du danger qu'elle représentait. Pour lui ou pour les autres, ça restait à savoir.
- C'est pour ce genre de chose que Portgas était un élément d'intérêt pour votre Organisation ? demanda Conan à Haibara puisque le D. était toujours renfermé dans son silence.
- Non. J'étais la seule en qui il a eu suffisamment confiance pour parler de ce qu'il range dans la catégorie Haki. Il était même partant pour m'apprendre l'une des trois formes. C'est pour tout autre chose, de bien plus visible quand son tempérament prend le meilleur de lui ou simplement quand on le touche. Allez, Dawn, ils vont s'en remettre et tu as sauvé des vies.
- Pourquoi j'ai hérité du Haoshoku ? murmura finalement Red. Pourquoi il a fallu qu'en plus de son nom et de ses gènes, je me retrouve avec ça…?
Passant un bras autour des épaules du D. vraiment out, Haibara l'entraîna jusqu'à une des voitures.
Finalement, au lieu de faire une pièce sur Yaiba le Justicier Masqué, ils étaient passés à une pièce policière pour leur spectacle de fin d'année. Il fallait juste la répéter.
Mais Conan avait une autre enquête sur le feu.
Chez Agasa, en visio conférence avec son père et au portable (sur haut-parleur) avec Heiji, Conan faisait le point de ce qu'ils savaient d'Ace à présent.
« C'est tout bonnement impossible… faire s'évanouir une foule sans rien faire » avoua Heiji dubitatif.
- J'aurais dit la même chose que toi il y a quelque temps, mais en perdant toutes ces années durement grandit, je me retrouve à revoir la définition d'impossible. La fameuse citation de Sherlock Holmes devient pleine de sens, vraiment, lui répondit Conan d'un air las.
« Oui, exact, à toi tout seul, tu prouves en effet qu'Une fois qu'on a éliminé l'impossible, ce qui reste, aussi improbable que cela soit, doit être la vérité» sourit Yusaku avec un certain amusement.
Conan ne releva pas le commentaire du moustachu binoclard qui lui servait de père. Il ne valait mieux pas, il était rarement gagnant dans les débats avec son père.
- D'autant plus que Haibara est au courant, appuya Conan.
Sur l'écran de pc, Conan vit son père croiser les doigts sous son menton, l'air pensif, alors qu'au téléphone, Heiji avait un bruit de gorge montrant qu'il réfléchissait dur.
« On n'a rien du côté des vieilles affaires, on parle pas beaucoup de la piraterie, à part du côté de la Somalie, ces dernières années et son nom de ne ressort pas » grommela Heiji.
« Mais il nous a laissé des éléments de vérité pour qu'on puisse résoudre l'énigme. On sait qu'il a vingt-et-un ans, donc, en vieillissant une de ses photos, on peut avoir déjà une idée de son apparence d'origine, avec Haibara-akase pour le confirmer, si elle le veut bien. »
Depuis le canapé où Haibara lisait une revue ave une tasse de café, elle eut un petit rire sans répondre. Red était assoupi à l'étage, apparemment mentalement épuisé par son usage du Haki.
« Ensuite, nous savons qu'il est né un premier janvier et que ses deux parents sont morts. Son père, un criminel, certainement pirate lui aussi, avant sa naissance et sa mère en couches. Nous avons le nom de Portgas. C'est soit un nom de jeune fille, soit une anagramme, parce qu'aucune remontée ne se fait dans les vieilles affaires avec ce nom. Nous avons aussi cette initiale plus que particulière. Ce D., puisque c'est quelque chose qu'il a conservé de son nom d'origine, c'est quelque chose d'important, certainement quelque chose à laquelle il attache de la fierté. » continua de résumer Yusaku.
- Le truc, c'est que, bien qu'il soit typé européen, il ne parle pas anglais assez couramment, pointa Conan. Pourtant, Dawn et Red sont des mots anglais à la base.
« Et si c'était un autre indice ? » proposa Heiji.
- En regardant les traductions ? comprit Conan.
« Portgas-kun m'a l'air d'un individu très fier. Puisqu'il a un problème avec l'image de son père, il est possible qu'il se raccroche à celle de sa mère. En partant du principe que Portgas soit un nom de jeune fille, il doit avoir assez d'affection pour sa mère. Affection à laquelle il ne pourrait pas tourner totalement le dos, même pour un alias. » déduisit Yusaku.
- Donc, quelque part dans Dawn D. Red, on aurait autre chose de sa mère ?
« Avec toutes les langues existantes, on va en avoir des combinaisons possibles à tester avant de trouver la bonne » grommela Heiji devant l'ampleur de la tâche.
- Pas forcément. Je le répète, Red est typé européen. En se limitant à ces langues, on réduit les possibilités.
Yusaku se détourna de sa caméra pour s'adresser à quelqu'un hors de la vision de Conan.
« Chérie, toi qui comprends le cœur des femmes mieux que les hommes de ta famille, tu as une proposition ? »
« Tu essayes de me faire quoi, là ? Depuis quand tu me prends par les sentiments pour que je t'offre des réponses, monsieur je sais tout ? » demanda une voix de femme du côté de la caméra.
Conan eut un sourire narquois. C'était rare quand son père n'avait pas la réponse à tout, mais il n'avait pas tort sur un point. Pour ce qui était des femmes, Yukiko était la mieux placée.
« On cherche un prénom féminin qui pourrait aller avec le nom de Portgas D. Nous avons comme indice Dawn et Red. » expliqua Yusaku.
« Je présume que Dawn, qui est justement féminin, est trop flagrant pour messieurs les enquêteurs. »
- Il est trop tordu pour rendre la chose aussi facile, lui dit Conan avec aigreur.
Yukiko prit son temps pour réfléchir avant de donner sa réponse.
« J'opterais pour Rouge. C'est la traduction française de Red. Ce n'est pas vraiment un prénom existant, mais Portgas n'est pas lui-même un nom très commun. »
« Portgas D. Rouge, donc, pour la mère… on avance. Je le prends en note, j'essaierai de faire des recherches. Si ça marche pas, on essaiera autre chose » nota Heiji.
Conan leva la tête vers l'étage pour voir si Red était éveillé, mais la tête brune n'était pas à la balustrade. A défaut, il se tourna vers Haibara.
- Tu confirmes le nom de la mère ?
- Hmmm… moui. Après tout, ce n'est pas ça qui vous aidera plus à trouver d'où il sort, nota Haibara avec amusement sans même prendre la peine de lever le nez de sa lecture.
« Point suivant, on sait qu'il a été élevé par un homme, apparemment une connaissance de son père. Un homme qui l'aurait plus ou moins maltraité tout en le forçant à l'appeler "grand-père". » enchaîna Yusaku.
« Donc voir du côté des services sociaux ? »
- Difficile et dangereux, soupira Conan. Hormis le fait qu'on n'a pas sa nationalité exacte, il faudrait ratisser pays par pays pour savoir s'ils ont eu affaire à Portgas, et ça risquerait d'alerter de mauvaises personnes.
« Point final, ses capacités, que ce soit physiques ou… paranormales, à défaut de mieux » enchaîna Heiji.
- Il a de très bons réflexes, mais venant d'un combattant, ça s'explique et il ne le cache pas. Il a des oreilles assez fines, mais je pense qu'il dit pas tout à ce sujet, et un bon nez. Il a un raisonnement simple, assez terre à terre. Sans parler du fait que même en étant aveugle, il est capable de faire les poches d'un flic sans que celui-ci s'en rende compte, résuma Conan. Pour le reste, il a une attirance évidente pour le feu et serait responsable d'une combustion spontanée de deux cigarettes. Enfin, on a ce Haki. Si j'ai bien compris, il y a trois branches, dont une qui peut s'apprendre, mais ce qu'il a fait de faire évanouir tout le monde, ce Haoshoku, serait plus héréditaire.
- Kenbushoku et Busoshoku sont les deux autres branches et peuvent s'apprendre. Je compense en grande partie ma vue par le Kenbushoku, qui chez certains, se traduit par une addition à leur vue ou à leur oreille, si ce n'est un ressenti, comme le souffle ou la voix du monde qui nous entoure. Je ne parlerai pas du Haoshoku.
Conan tourna la tête vers Red qui descendait lentement les marches.
- C'est maintenant que tu te réveilles ? s'étonna Haibara.
Le grognement de l'estomac de Red lui répondit.
- Toi et ton trou noir d'estomac, soupira avec amusement la demoiselle. Ils ont trouvé le nom de ta mère, tu peux les féliciter.
- Ils s'y sont mis à combien ?
« Quatre, j'ai dû aider ! » intervint la voix de Yukiko.
« Tu es donc l'infâme Portgas D. Ace… Je suis Kudo Yusaku, le père de Shinichi. Ma femme est celle qui vient de parler, Yukiko. »
- Yoroshiku.
« J'ai une théorie à ton sujet, mais vu que tu es déterminé à filer la migraine à mon fils, puis-je t'en faire part en privé ? »
- Oi ! protesta Conan.
« C'est pas du jeu ! Faîtes tourner les infos ! » rouspéta Heiji.
Red haussa des épaules.
- Qu'est-ce que ça me coûte ?
Haibara se leva et entraîna Conan avec elle dans la cave qu'elle avait aménagée comme son propre laboratoire d'expériences et lui fit signe de rester là, avant de raccrocher au nez de Heiji.
Elle monta la garde devant la porte, s'assurant que le détective ne tricherait pas, pendant que Yusaku annonçait ses conclusions à Red. Conclusions justes, assez étrangement, outre deux trois erreurs dues au fait que l'homme ne connaissait rien des akuma no mi ou de la Grand Line.
Haibara laissa enfin Conan sortir à l'instant où Yusaku coupait la conversation.
- Tu vas devoir te démerder avec Hattori, Edogawa, nota Red avec amusement. Mais je vais être gentil et donner d'autres indices, sinon, vous allez faire du surplace. J'ai grandi littéralement dans la jungle et je n'ai jamais vu la couleur des bureaux des services sociaux. Je confirme avoir une affinité avec le feu qui fait que je suis littéralement une enclume dans l'eau de mer. Quant à l'homme qui m'a élevé, même si c'est un grand mot, il est aussi l'homme qui a envoyé mon géniteur à l'échafaud. Monkey D. Garp.
Le sourire de Red devint encore plus grand.
- Alors… qui est donc cet infâme Portgas D. Ace ?
