Salut à tous ! Comme je serais absente sous peu pour des raisons pros, je vous publie rapidement un update de cette fic. Après, vous pouvez vous asseoir sur des news pendant deux semaines (mouhahahahha *koff koff*).

Merci encore d'être là pour suivre cette aventures. Merci pour les reviews, les Follow/Fav. Merci énormément *câlin collectif*. Ceci étant dit, je vais répondre à mes deux petits commentaires.

Misstykata : L'Univers doit se foutre royalement de la gueule de Conan, je pense :3 / Et on l'aime ce Ace un brin sadique, ça lui va tellement bien... autant que Law ;)

Arya39 : Dans quel sens je fais la fic... dans le sens MANGA. Reprenons donc les deux épisodes que tu as cité et tu vas vite comprendre. Donc, Kano Saizo, épisode 174... ce qui correspond aux chapitres 225-230. A côté, les mésaventures de Takagi et Satô, sont l'épisode 156, soit... les chapitres 231 à 233. Au vu de ma connexion internet, je peux pas me permettre de suivre l'animé. Ce n'est pas la première fois que les épisodes "filler" des mangas sont inversés ou modifiés dans l'anime. j'ai déjà vu ça dans Assassination Classroom. Pour l'épisode de la Tokyo Tower, l'épisode 304, ça équivaut donc aux chapitres 369 à 373. Rassurée ? / Non, ce n'est pas le Haki qui donne envie à Satô d'aller aux chiottes, Ace a poussé jusqu'à toucher Agasa, pas plus loin. Et je sais pas pour toi, mais quand tu passes presque dix heures sans pouvoir bouger, tu as plus ou moins envie d'aller aux toilettes. / Les mômes sont capables de s'adapter à tout. Comme ils s'adaptent à la tendance de Conan à fouiner partout et savoir des trucs normalement hors de porté d'un enfant. Donc, je pense que c'est pas plus dérangeant que ça la façon dont l'aveugle est guidé. Et non, Ace voyage entre les univers, mais pas dans le temps/ Nacho, ça ne veut RIEN dire. Parole. j'ai prit le truc le plus ridicule qui m'est passé par la tête pour faire un faux prénom :3 / Concernant le japonais, j'ai plusieurs livres dessus, plus une initiation au jap à la fac, sans compter les animes et chansons jap. Voilà ! / Si Ace est fâché contre moi, il risque de pas rentrer vite chez lui, ni voir son mamour :3

Ceci étant dit, nous pouvons commencer l'histoire !


Red était malade comme un chien. Soi-disant qu'en plein hiver, réaliser qu'il faisait fondre la neige, ce n'était franchement pas conseillé. Alors, Haibara lui avait remis du kairoseki. Grâce à Agasa, ils avaient pu créer un petit morceau de cet étrange matériau, bien assez petit pour être mis en pendentif au bout d'un collier. Ce simple contact annuler les dons pirate.

D'où le fait que, privé de son logia, Red avait choppé la crève.

Il était juste content que dans son malheur, il ait réussi à contaminer Haibara.

C'était à cause de ça qu'il n'arrivait pas à dormir.

Il tournait et se retournait dans le lit, s'interrogeant sur garder ou non le collier qui le faisait chier, quand il entendit Haibara se réveiller en sursaut, haletante.

Avec un soupir, Red se leva de son lit et marcha vers celui de la chibi-scientifique. Il trouva le pied du lit et le remonta des doigts, trouvant la jambe qu'il suivit vaguement pour arriver jusqu'à l'épaule.

- Oi.

Haibara sursauta en réalisant que Red était juste au bord de son lit, trop perdue dans les souvenirs de son cauchemar pour faire attention à quoi que ce soit.

- Tu veux en parler ?

- C'est donnant-donnant. Dis-moi pourquoi tu te réveilles en sueur la nuit et je te dirai mes peurs, grommela Haibara.

Elle se dégagea de la poigne et se remit sous la couette, la remontant assez au-dessus de sa tête pour rester au chaud.


Chose compréhensible, le lendemain, elle était encore plus mal, mais elle fit bonne figure en classe. Elle avait toujours meilleure mine que Red qui avait une aura sombre au-dessus du crâne et qui toussait abondamment derrière son masque médical.

Mitsuhiko vint voir Haibara avec Genta pour lui rendre une disquette qui était apparemment une tentative de jeu développée par Agasa.

- Oh, regardez, de la neige ! s'exclama Ayumi à la fenêtre de la classe.

Alors que les deux garçons allaient voir, Haibara était ramenée à son cauchemar de la nuit dernière.

« Un grand homme aux longs cheveux blonds, dans un long manteau noir et au chapeau de feutre tout aussi sombre. Debout dans la rue enneigée, lui souriant d'un air féroce.

- Fêtons nos retrouvailles avec ta couleur favorite : le rouge sang… Hein… Sherry…»

Haibara sursauta quand Ayumi lui prit joyeusement le bras pour lui dire de venir voir la neige avec eux.

- NE ME TOUCHE PAS !

Tout le monde la fixa avec perplexité.

Elle était haletante avec un air fou sur le visage.

- Je n'en peux plus de cet endroit… j'aurais presque envie de disparaître sur-le-champ… et je crois que ça sera bientôt le cas… dit-elle avec un rictus.

Sa réplique fut mal interprétée, mais ça lui rappela d'où elle était : une simple école primaire.

- Tu vas changer d'école ?! s'exclama Ayumi avec horreur.

- Quelqu'un t'embête ?! demanda Mitsuhiko avec inquiétude.

- Dis-moi qui c'est et je m'en vais te le calmer ! assura Genta en montrant un poing.

Ayumi prit les mains de Haibara, les lames aux yeux.

- Ne nous dis pas que tu vas t'en aller !

Haibara ouvrit la bouche et la referma, prise de court par la réaction des jeunes autour d'elle, avant de sursauter quand elle sentit quelqu'un l'enlacer par derrière. Une étreinte puissante et musclée, mais pourtant loin d'être agressive, plutôt protectrice. Red s'était glissé derrière elle et venait de la serrer dans ses bras. Il posa son menton sur son épaule, la laissant réaliser seule son message, pour s'adresser aux jeunes assez perplexes devant le comportement de l'aveugle :

- Elle est à cran. Vu que je lui ai refilé ma grippe, elle a mal dormi, même si elle fait bonne figure… et Kojima-kun… si quelqu'un s'amuser à l'embêter, il aurait eu affaire à moi.

Haibara eut une longue expiration, relâchant la pression avec de relever la tête avec un sourire faible.

- Merci de votre inquiétude… et merci de ton soutien, Dawn.

- Tu devrais pas trop te coller à elle, tu vas la rendre encore plus malade, grommela Genta.

- C'est de sa faute si je le suis en premier lieu, ce n'est que le juste retour des choses, annonça Red.

- Allez les malades, à l'infirmerie ! annonça joyeusement Ayumi en poussant le duo vers la sortie.

Red s'esquiva au dernier moment.

- Pas moyen !

- Laisse-le, Ayumi, la tête de mule ne changera pas d'avis, pointa Conan qui n'avait rien dit jusque-là.

Haibara lança un « aide-moi » silencieux à Conan mais celui-ci n'intervint pas, laissant Ayumi l'entraînait vers l'infirmerie. Quand elle eut quitté la classe, il se tourna vers Red qui se grattait le crâne en essayant de trouver sa canne d'aveugle qu'un idiot de leur classe avait mise ailleurs. Le détective récupéra la canne et alla la rapporter au brun qui en fut plus que content.

- Tu n'aurais pas des sentiments pour elle, par hasard ? se fit confirmer Conan.

Red cligna des yeux derrière ses lunettes noires, abasourdi d'une telle supposition, avant de secouer la tête.

- Garp a un petit-fils, Luffy. C'est mon frère en tout, sauf par le sang. Pendant nos sept longues années de vie commune, je l'ai protégé, consolé et aidé à devenir plus fort. Je l'ai presque élevé. Je sais pas ce qu'il est devenu suite à notre séparation plus que mouvementée. S'il est toujours vivant, il devrait avoir l'âge d'Haibara aujourd'hui. Mais il reste mon petit-frère. J'ai agi par instinct. J'ai perçu quelqu'un plus jeune et plus faible que moi en train de paniquer, j'ai essayé de l'apaiser.

- Je vois.


Sur le chemin du retour, Mitsuhiko, Genta et Ayumi jouaient avec la neige qui tombait sur Tokyo. Derrière, Haibara marchait entre Conan et Red. Red était à moitié caché sous la capuche de son épais manteau, pendant que Conan jouait machinalement avec son ballon.

Haibara regarda en silence les trois enfants souriants qui jouaient devant eux et baissa les yeux vers le sol.

- Ce n'est pas ici que je devrais être… souffla-t-elle brusquement. Je ferais mieux de partir d'ici avant d'entraîner ces petits dans mes histoires…

Red eu loooong soupir las et lui administra une claque à l'arrière du crâne.

- Aouch ! s'indigna-t-elle.

Red eu un geste victorieux. Il avait réussi à la toucher.

- Pourquoi tu dis encore des choses pareilles ? demanda Conan sans se détourner de son ballon. Personne ne peut imaginer que toi et Dawn ayez rajeuni. En général, c'est du domaine du conte fantastique. Personne n'y pense ! Il faut continuer à jouer les enfants pour ne pas être découverts…

Conan adressa un regard féroce à Haibara en ajoutant à son propos et sur un ton très sérieux.

- Et ce, jusqu'au moment propice.

- Edogawa a raison. Te faire du mauvais sang ne t'aidera pas, pointa Red. Si les choses deviennent dangereuses, j'interviendrai. Ce qui veut dire barbec' en prévision.

Le sourire dans la voix de Red était tout sauf rassurant.

Ils saluèrent les trois autres et continuèrent leur route jusqu'à chez Agasa.

Alors qu'ils marchaient toujours dans les rues pleines de neige de la capitale, Haibara ne pouvait qu'avoir de la peine. Portgas et Kudô n'avaient rien compris. Même malgré ces longs mois à servir de cobaye à l'Organisation, Portgas restait positif. Malheureusement, si on montrait la moindre faiblesse, c'était la fin. L'Organisation ne les lâcherait certainement pas. Peut-être que comme dans son rêve, ils étaient déjà en ville à les chercher…

Quelque chose attira son attention, la faisant se figer de peur. Conan bloqua sa balle sous un pied et fixa son regard dans la même direction.

- Pourquoi on s'arrête ? demanda Dawn en fronçant les sourcils derrière ses lunettes noires.

- Pas la moindre idée. Elle regarde une Porsche noire, pointa Conan. Attrape !

Et il envoya sa balle à Red qui la rattrapa dans ses bras avec quelques difficultés.

Les mains dans les poches, Conan se rapprocha de la voiture pour mieux la voir.

- Une Porsche 356 A. C'est une voiture classique qui a bien cinquante ans…

Se hissant légèrement sur la pointe des pieds pour voir à l'intérieur, Conan continua son monologue :

- Pas de propriétaire à l'horizon. Je n'en ai jamais vue que dans les livres et à la télé… mais de toute évidence, il y a des types qui conduisent ce genre de voitures…

Haaan, d'accord, voiture. Red n'en avait jamais vu, mais il pouvait les imaginer parce qu'Haibara lui avait mis des modèles miniatures en jouet entre les mains pour qu'il puisse se faire une image.

- Gin… souffla Haibara d'une voix blanche.

- Où ?! aboya immédiatement Dawn en se mettant en garde, sa canne en main comme une arme.

Ploc ploc ploc fit le ballon en tombant à terre.

- He ? fut la réponse intelligente de Conan en les regardant tour à tour avant de ramasser sa balle.

- La voiture préférée de Gin est identique…

Cela alluma un interrupteur dans l'esprit de Conan, alors que Red se rapprochait du groupe. Il n'était plus en garde, mais il était toujours sur le qui-vive, sa main à son cou, prête à arracher le collier de kairoseki qu'il avait.

Conan de son côté appela Agasa et lui demanda d'un ton pressant de venir les rejoindre avec un cintre en métal et une pince, sans lui donner d'explication. Le ton pressant, presque enragé de Conan voulait tout dire.


Agasa se garait tout juste derrière la Porsche que Conan attrapa son matériel.

- Fais le guet, Dawn ! demanda le Détective.

- Pourquoi je dois faire le guet quand toi tu commets un crime, alors que je me fais engueuler quand je fais les poches des passants ? demanda Red avec une moue invisible derrière son masque.

- Parce que je fais ça pour une bonne cause et pas pour mon gain personnel.

Conan tordit un bout du cintre avec la pince et alla forcer l'ouverture de la porte.

- Ce truc marche sur les vieilles voitures, expliqua Conan en enfonçant son cintre tordu au niveau de la fenêtre, pas loin de la serrure de la voiture.

Bom.

Conan retira le cintre et ouvrit la porte.

- Qu'as-tu en tête ? demanda Haibara avec inquiétude.

- Je vais poser un émetteur et un micro dans la voiture ! expliqua Conan en entrant dans la voiture avec Haibara.

- Mais on ne sait pas encore si c'est leur voiture…

- Grouille, ils sont de l'autre côté de la rue, je pense ! avertit Red qui avait étiré son Haki au maximum.

Haibara releva la tête et les nota en effet sur le trottoir d'en face. Gin, toujours aussi grand et longiligne, venait de s'allumer une cigarette d'une allumette, alors que Vodka, toujours aussi baraqué et carré, le suivait comme son ombre.

Le duo évacua la Porsche. Conan referma la portière et attrapa le bras de Dawn d'une main, celui de Haibara de l'autre, pour les conduire entre la Coccinelle et le coffre de la Porsche, se cachant côté route.

Le temps de traverser la route, et la seule trace de leur passage n'était plus que des empreintes de pas d'enfants dans la neige, devant la voiture.

- Mmmh… il y a beaucoup de traces de pas autour de la voiture, nota Gin.

- Les passants ont dû la regarder, supposa Vodka. Faut dire qu'elle est rare.

Gin eut un ricanement narquois.

- Mêmes les Coccinelles Allemandes sont devenues classieuses…

Conan n'arrivait pas à croire qu'il venait de les rencontrer ici. Il venait de toucher le gros lot. Il resserra sa main d'instinct sur le bras de Dawn quand il l'entendit grogner comme un animal sauvage.

- On les aura, mais pas maintenant, lui souffla Conan.

Ils attendirent que la Porsche démarre pour se relever et retourner dans la Coccinelle d'Agasa. Conan passa à l'avant, activant ses lunettes-radar pour les suivre. Haibara était à l'arrière, tremblante de peur, alors que Red s'était trouvé une place pour son buste entre les deux sièges de devant, se tenant aux appuis têtes.

- Que faisons-nous Shinichi ? demanda Agasa. On les suit ?

- Non… fit le détective en refermant la portière sur lui. On va leur laisser de l'avance et on va les suivre avec le radar. Car s'il note le numéro d'immatriculation de notre Coccinelle, on aura tout gagné.


Durant le trajet, Haibara essaya de le convaincre que cela ne servait à rien, qu'ils ne pouvaient rien faire dans leur état physique actuel, et qu'ils se mettaient même en danger. Agacé, Red finit par la bâillonnait de ses mains.

- Il est en train d'appeler quelqu'un, je pense, annonça Conan en percevant un bruit de touche du côté de son appareil espion. Apparemment, ils visent quelqu'un qui doit arriver à dix-huit heures pile à l'hôtel Haido City. Il est question d'une fête d'adieu à laquelle leur cible se rend.

- La sienne ? C'est commun comme métaphore pour parler d'assassinat, proposa Red en relâchant Haibara.

- Non, justement, Gin a dit qu'il se rendait à une fête d'adieu, sans savoir que ça serait la sienne au final. L'homme doit avoir des ennuis avec la justice, puisqu'on doit le faire taire avant qu'on ne lui passe les menottes… J'ai un nom de Code ! Pisco !

- Connais pas, grommela Red.

- J'ai déjà entendu ce nom de code, même si je ne l'ai jamais rencontré, répondit Haibara de mauvaise grâce.

Ce fut le silence de l'autre côté.

- Dawn, t'as une meilleure oreille que moi, essaie de voir ce qu'il fait. Il est sur une longue voie, on ne risque pas de le perdre.

Conan passa ses lunettes à Red qui colla la branche à son oreille pour entendre et il se mit immédiatement à parler :

- Je crois qu'il cherche quelque chose. Y'a du métal et du cuir dans les environs. Et ça se rapproche du micro. Vodka vient de l'interpeller, je pense qu'il doit agir bizarrement.

Red blanchit brusquement.

- Ils viennent de trouver l'émetteur !

- Zut ! ragea Conan.

Red eut un autre juron, bien plus raffiné, et rendit les lunettes à Conan.


- Que comptes-tu faire ? demanda Haibara.

Pas de réponse.

- L'émetteur et le micro ont été détruits et on ne peut plus les suivre… de plus, ils ont entre les mains le chewing-gum que tu as utilisé pour accrocher le micro… s'ils font une recherche dessus…

- Ils auront besoin de tes donnés parce que c'est mon chewing-gum et que tu es la seule à savoir comment faire joujou avec mes prélèvements, pointa Red.

- Je me suis assuré qu'il n'y avait aucune empreinte de dents ou de doigts dessus. Tout ce qu'ils découvriront avec la salive, c'est le groupe sanguin de Dawn, renchérit Conan. En plus, j'ai effacé les empreintes dans la voiture.

- Dans ce cas, il faut vite tourner dans une rue perpendiculaire et s'éloigner de leur voiture. Prendre la même route qu'eux devient trop dangereux… demanda Haibara.

- C'est la pire chose à faire, agir dans la précipitation, lui dit Red d'un air las. Quand on pense s'être fait repérer durant une filature, il faut agir avec naturel, faire croire à sa cible qu'on est pas après elle et ensuite s'éloigner. Donc, Agasa-akase, ne changez par votre allure, et avec naturel, préparez-vous à tourner à la prochaine intersection.

Conan regarda Red avec intérêt et enregistra l'astuce dans un coin de son crâne. Ça pourrait toujours être utile.

- La poursuite s'arrête peut-être, mais je n'ai pas l'intention de fuir. Et toi, Dawn ? demanda Conan.

- J'ai un compte à rendre à cette Organisation… je veux savoir comment ils ont réussi à mettre la main sur moi, trouver l'antidote pour retrouver ma taille adulte et surtout, me venger… une fois tout cela fait, je pourrais rentrer chez moi pour réparer les merdes que j'ai foutues là-bas, souffla Red avec détermination.

Haibara les regarda sans comprendre.

- Hôtel Haido City, pointa Conan. Ils projettent de faire assassiner quelqu'un par ce Pisco. Il faut y aller pour empêcher le crime.

- Quel sens aigu de la justice… pointa narquoisement Haibara. Désolée, mais je ne vous suis pas… de plus, la justice est une notion bien trop abstraite pour moi. Et je ne pense pas qu'on puisse faire quelque chose en allant dans un endroit aussi dangereux…

- Rien à carrer de la Justice. J'en ai assez bouffé d'elle. Ce que je veux, c'est la tête de chaque foutu membre de cette enfoirée d'Organisation sur une pique, lui annonça clairement Red.

- Tu deviens de plus en plus vulgaire, pointa Agasa qui restait en dehors de la dispute.

- Parce que j'ai la haine ! rétorqua l'aveugle. Ce gars peut bien crever que je m'en foutrais pas mal. Sauf s'il est vraiment innocent, dans ce cas-là, c'est une autre histoire.

Conan eut un sourire de coin en regardant à l'arrière.

- Je comprends… de toute manière, je ne voulais pas que tu viennes, Haibara. Dawn, malgré son handicap, à ce fameux Haki pour me seconder, sans parler de sa force inhumaine. De plus, contrairement à nous deux, ils connaissent ton visage d'enfant.

- Reste dans la voiture pendant qu'on se charge de tout ça, avec le professeur, renchérit Red.

- Je ramènerai le fameux médicament.

- Le fameux médicament ? répéta Haibara avec perplexité.

- Je veux parler du l'APTC4869… ce poison qui a rajeuni nos corps. Gin en parlait à Pisco… « S'il le faut, tu peux recourir au fameux médicament… »

Red eut une brusque inspiration et joignit ses mains en prière.

- Pitié dame chance, pitié, fais que l'on puisse mettre la main sur ce poison ! gémit le pirate.


Les trois enfants étaient dans le hall d'entrée de l'hôtel. Conan et Red étaient agacés devant l'attitude de Haibara. La fille avait tenu à se joindre à eux.

- Je croyais que ça ne t'intéressait pas ? grommela Conan, les mains dans les poches de son blouson.

- Je n'ai pas le choix… c'est moi qui ai créé ce médicament, souffla Haibara accrochée au bras de Conan. J'en ai marre que tu me traites d'assassin…

- Alors, reste dans nos pas et sois prudente. Ils doivent se douter que celui qui posé le micro viendra ici. S'ils font un rapprochement avec toi…

- Tu as effacé les preuves, non ? Ils penseront que c'est une blague ou un des nombreux ennemis de l'Organisation, tenta de se rassurer Haibara.

- Et c'est moi le naïf ultra-positif ? se fit confirmer Red.

- Toi, perds pas tes lunettes, s'ils voient ta cicatrice, t'es fichu et nous avec, lui pointa Conan.

- Oui, chef ! répondit moqueusement Red avec un salut militaire.

Le trio se rapprocha de la pièce que Conan avait repérée, emboitant le pas de trois gars vêtus d'un costume noir.

- Tu crois que c'est la bonne salle ? murmura Haibara.

- Oui, assura Conan. Gin a parlé d'une fête d'adieu. Pisco et sa cible devrait être là…

En disant ça, il jeta un regard à la pancarte dressée pas loin de la porte disant « Pot d'Adieu du réalisateur Sakamaki ».

Il lui fit signe de se taire et ouvrit la porte.

Il se glissa dedans avec Haibara, puis Red.

A l'intérieur, des adultes tous vêtus de noir discutaient autour d'un buffet.

De toute évidence, c'était une cérémonie funéraire. Pour le coup, ils étaient tous suspects.

S'avançant lentement dans la foule, Conan commença à réaliser que Haibara serrait de plus en plus son bras et tremblait.

De plus en plus, la fillette virait au blanc, morte de peur, se recouvrant lentement de sueur en plus de ses tremblements. Elle sursauta quand une employée de l'hôtel lui toucha le bras.

- Qu'as-tu ma petite ? Tu as perdu papa et maman ? demanda la jeune femme.

Haibara était dans un tel état de panique qu'elle était bien incapable de répondre. Conan fila à sa rescousse.

- Oui, on les cherche ensemble. L'état de Tarô-nii-chan s'aggrave, alors, on voudrait rentrer…

Red fut pris juste à temps d'une magnifique quinte de toux.

- Viens Hana-chan, on doit trouver les parents, t'as vu comment tousse Tarô-nii-chan, fit Conan en prenant Red et Haibara par la main pour les entraîner plus loin.

L'employée les regarda s'éloigner avec perplexité mais ne chercha pas plus loin, ayant déjà beaucoup de travail. En attendant, Conan voulait des explications sur le comportement d'Haibara qui avait pourtant voulu venir.

- C'est en rapport avec ta mauvaise nuit dont a parlé Dawn en classe ? s'enquit Conan.

Haibara garda le silence un instant pour essayer de retrouver son calme. Red lui serra les deux bras dans un geste rassurant, la décidant enfin à parler.

- J'ai… j'ai fait un rêve… plutôt un cauchemar cette nuit. En rentrant de l'école, ils nous démasquaient et nous emmenaient dans une impasse. Et ils ont commencé par te tirer dessus, Kudô. Oui… avec ce bruit sourd du pistolet… puis… tour à tour, tout le monde… juste parce que vous aviez eu des contacts avec moi…

Haibara eut un sourire narquois si typiquement elle.

- Peut-être que cela aurait plus simple pour moi de périr dans cette salle de gaz…

CLAC !

Haibara porta une main à sa joue, surprise, mais Red n'en avait pas fini. La claque qu'il venait de lui infliger n'était que le début. Il l'attrapa par le col et l'attira à lui.

- Je t'interdis de penser une chose pareille, tu m'entends ?! Si t'es en vie, c'est pour expier les erreurs et les maux causés par tes recherches ! Alors tu vas me faire le plaisir de rebrancher correctement ton cerveau et d'arrêter tes conneries ! rouspéta à voix basse Red.

Conan les sépara pour que la dispute ne s'envenime pas.

- Tu as besoin de cours de gestion de la colère, Dawn, nota Conan en retira ses lunettes.

- Va t'faire mettre.

- Toujours aussi classe.

Conan secoua la tête avec lassitude et déposa ses lunettes sur le nez d'Haibara, la surprenant.

- Avec ça sur le visage, impossible qu'on te reconnaisse ! annonça joyeusement Conan. Clark Kent est un vrai génie, tu ne trouves pas ?

Et il adressa un sourire et un clin d'œil à la demoiselle.

Effet immédiat.

Elle sortit de sa spirale culpabilisante pour retrouver son légendaire ton cynique et narquois.

- Sous-entendrais-tu que tu es Superman ? s'enquit moqueusement Haibara. Merci… ça me rassure un peu…

Et elle s'éloigna en arrangeant les lunettes sur son nez.

- Toi… quelle gentille fille… non vraiment… grommela Conan.

- Tu dégoulines de sarcasmes, c'est pas bon pour la santé, lui pointa Red avec ses mains dans ses poches, mécontent de l'absence de sa canne qu'il avait dû laisser avec Agasa.

- Et ta colère n'est pas saine non plus. Je présume qu'il y a une autre histoire très intéressante derrière, mais c'est pas le sujet, fit Conan en se tournant vers lui. L'important est qu'elle ne panique plus et ne nous fasse plus repérer.

- C'est tout aussi bien, parce qu'il y a ici quelqu'un qui loupe rarement les choses…

Le rictus haineux de Red était facilement imaginable malgré son masque médical.

- Dawn ? interrogea Conan avec inquiétude.

- Vermouth… elle est ici…


Partout où Conan regardait, il y avait des personnages connus. Acteurs, artistes, magnats de la finance, etc. On avait même Chris Vinyard, une actrice étrangère.

Ce n'était pas pour rien la cérémonie funéraire d'un grand ponte du cinéma japonais. Même la télévision était venue !

Pour ce qui était de la cible de l'Organisation, on avait un homme à proximité de la porte, encerclé par des journalistes, qui correspondait au profil. Un politicien véreux. Soit l'homme faisait partie de l'Organisation, soit il avait fait affaire avec eux.

- Un politicien véreux ? Qu'il crève, ça fera qu'un de moins, grommela Dawn. Et pas le moindre commentaire, Edogawa.

Conan choisit judicieusement de ne pas en faire.

A cet instant, Megure débarqua avec Takagi.

Conan expliqua qu'en changeant de voix, il l'avait appelé depuis les toilettes en disant qu'il pensait que quelqu'un ici en voulait à la vie du politicien.

Conan était prêt à tout pour s'assurer que l'homme ne soit pas tué.

Mais il y avait un petit accro dans son plan.

Il devait y avoir une diffusion au rétroprojecteur de films inédits du réalisateur décédé. Ce qui impliquait une salle noire. On éteignit donc la lumière.

- Il bouge, annonça brusquement Red.

Conan allait lui demander qui quand Haibara pointa la disparition du politicien. La police s'agita comme une fourmilière renversée, alors que les deux jeunes suivaient le pirate en mouvement qui sentait de son Haki le politicien.

Pendant que l'organisateur de la soirée parlait du film sur le tournage des Mouchoirs arc en ciel, le trio se faufilait entre les gens, essayant de s'assurer que Dawn ne prendrait pas de meuble dans la figure.

Brusquement, il s'arrêta.

- Trop tard.

Au même instant, un flash éclaira la salle depuis l'avant du public, puis un bruit raisonna, comme quelque chose qui se détache.

Conan leva la tête…

BOUM !

Dans un grand fracas quelque chose tomba au sol.

- Il est mort, annonça froidement Red alors qu'un mouchoir mauve voletant dans un vent incongru, tomba sur la tête de Conan.

On ralluma la lumière et reprenant le chemin qu'ils s'étaient frayés, ils arrivèrent au niveau du buffet, une zone juste sous le lustre. Lustre qui était désormais à terre, écrasant le politicien en dessous.


La police entra en action. Malgré l'avertissement, ils n'avaient rien pu faire contre le meurtre du député Nomiguchi.

Et l'homme était toujours là, dans les environs.

Mais aucun des possibles témoins n'avait vu quoi que ce soit. Après tout, chacun était concentré sur la projection. Pour eux, c'était plutôt le fait que la chaîne du lustre était vieille et que le député n'avait été qu'une malheureuse victime.

Bien heureusement, Conan avait couvert ses arrières et Megure ne pouvait pas l'identifier.

- Franchement, t'as une poisse d'enfer, Edogawa. Je pensais que j'étais le souffre-douleur du Destin, mais en fait, c'est toi qui lui sers de distraction, nota narquoisement Red.

L'un des invités mangeait malgré la situation. Et mordit sur quelque chose de dur. Avec curiosité, Conan alla ramasser le morceau en se cachant sous une table et l'examina.

- Il sent le chaud et la poudre, nota Red quand Conan sortit de sa cachette de l'autre côté de la table à côté de Haibara et Red. En plus de la sauce soja.

- C'était dans une assiette, pointa Conan. C'est un morceau du lustre.

- Le gars est fort. Faire tomber le lustre dans l'obscurité, sur une cible précise, c'est du beau travail.

Conan lui donna un coup de coude dans les côtes et le regretta devant les muscles en béton de Red.

- Hey ! j'ai bien le droit de féliciter l'homme pour ses talents au tir, non ? protesta le pirate.

Haibara poussa un soupir et les attrapa tous les deux par la main, les attirant avec elle.

- On doit partir d'ici. Si on reste à rien faire, on perd du temps et c'est dangereux ! En plus, si le commissaire nous voit, comment comptes-tu expliquer notre présence à une cérémonie privée ? Notre seul indice est ce morceau de chaîne que tu as trouvé tout à l'heure ! Même avec l'odorat et l'expérience de Dawn, tu ne peux pas trouver le coupable avec un si petit indice…

- Et avec deux indices ? rétorqua Conan.

- C'est pour ça que tu sens la poudre ! comprit Red alors que Haibara les lâchait pour les regarder.

Son exclamation était mal venue parce qu'il fut pris d'une quinte de toux.

Conan sortit de sa poche un mouchoir mauve qui était tombé en même temps que le lustre. En haut à gauche, on avait écrit les mots « cérémonie d'adieu en l'honneur du réalisateur Sakamaki », certainement reçu à l'accueil. Et si on regardait autour, on pouvait voir que tous les invités avaient reçu des mouchoirs de couleurs différentes.

- Ils parlaient du Mouchoir Arc-en-ciel ou un truc du genre, non ? se rappela Red.

- Oui. En mémoire à son œuvre qui a raflé tous les prix, ils ont dû distribuer des mouchoirs des sept couleurs différentes au hasard. Si on demande à l'accueil, on aura peut-être une idée de son propriétaire. Et comme l'a dit Dawn, le mouchoir, comme le morceau de lustre, sent la poudre. Ce qui veut dire que le propriétaire de ce mouchoir a recouvert son pistolet avec silencieux de ce mouchoir pour n'avoir aucune projection de poudre. C'est très certainement au coupable.

Comme quoi, avoir l'odorat de ce gars à proximité était franchement utile.

Remontant leur capuche sur la tête pour ne pas se faire trop identifier par les inspecteurs de police, le trio se rapprocha de la sortie.

- Euuh… policier-san, on peut aller aux toilettes ? demanda Conan avec une petite voix au garde de la porte.

L'homme se poussa pour leur ouvrir la porte mais ils furent éblouis par des flashs et des questions de journalistes. En jurant, Red passa devant, la tête dans les épaules et fraya une route pour les deux autres encore un peu aveuglés par les flashs. Même si petit, Red restait une force de la nature.

Ils allèrent à la réception, juste à côté de l'entrée de la salle qui était prise d'assaut par les journalistes.

- Charognards. Vautours, grommela Red contre les journalistes.

Haibara tapota le dos de Red avec une infime dose de compassion avant que le garçon n'aille rejoindre Conan.

A côté, Conan essayait d'identifier le propriétaire du mouchoir et donc, le possible coupable. D'après le personnel de la cérémonie, ils avaient l'intention de choisir une couleur au hasard et demander un commentaire à tous ceux le possédant.

- Oi, la foule s'agite ! pressa Red alors que Conan lisait sur le registre le nom des sept personnes dans la salle qui avait reçu un mouchoir mauve.

L'avertissement tomba trop tard.

Déjà, les invités excédés avaient poussé les policiers du passage et ouvraient en grand les portes pour partir. Les invités se pressèrent de toutes parts, poussant les policiers et se répandirent en une houle monstrueuse dans le couloir, bousculant les enfants presque invisibles.

- Retournons à la voiture du professeur ! proposa Conan qui s'accrochait à Red pour ne pas se faire entraîner dans le flot d'invité.

- HAIBARA ! appela Red.

La fillette était elle aussi perdue dans la marée de jambes. Tenter de se frayer un chemin jusqu'à elle était quasiment impossible.

- HAIBARA ! ABUNAI ! cria brusquement Red.

Haibara, qui tendait une main en direction des garçons qui luttaient pour la rejoindre, se retrouva brusquement soulevée par un bras au travers de la poitrine, avant de se voir plaquer quelque chose sur le visage.

Black-Out.