Salut à tous !

Beaucoup d'entre vous m'ont lynché très certainement de vous avoir laissé sur ce cliffhanger en disant que je me barrais pour quinze jours. Eh bien, j'ai pitié de vous et je vous mets ENFIN en ligne la suite des aventures des nos petits héros (*va couper la musique de Hamtaro*).

Ceci étant dit, j'espère que le chapitre vous plaira, et j'attends toujours vos retours et vos demandes concernant les épisodes que vous voudriez voir aborder (vu le nombre de filler juste dans le manga papier, faire le tour de l'oeuvre pourrait prendre un demi-siècle). Sur ce, je vous souhaite une bonne lecture et de joyeuses fêtes de Pâques d'avance.

Misstykata : va dire ça à ceux qui font les fictions. Bibi est bête et disciplinée et suis un max le manga. Mais merci pour l'info sur l'idée reçu du chloroforme. En faîte, ça rejoint celle sur le cyanure qui sent l'amande amère.

Arya39 : Oh, mais j'ai un argument imparable pour lui dire que les auteurs de fanfiction sont tout puissant et qu'il n'est rien sans nous. Sans toi, il n'a ni Allen, ni Harry sous la main pour revenir chez lui et avoir survécu à Marine Ford. *positionne sa souris sur l'option de supprimer ses fics* et sans moi, pas moyen qu'il revienne d'entre les morts et retrouve Luffy... et il peut faire une croix sur Akako au passage si j'en décide autrement. Je lui rappel que c'est par nous, auteur de fanfiction, que l'on renverse le sort abominable que lui a fait Oda, alors qu'il redescende d'un étage ! non mais ! / Trêve de plaisanterie. Cet épisode était essentiel dirons-nous, dans la trame principal du manga, on ne peut pas l'esquiver ou tout un tas de chose perde leur sens (c'est comme enchaîné sur le mystery train sans pour autant dire comment Bourbon a su que Sherry serait là). Et concernant ta question sur les chapitres concernés par les évènements, il s'agit des chapitres 238 à 242. Voilààà

Sur ce, bonne lecture !


Haibara eut un grognement.

Quelqu'un appelait son nom.

Elle était en classe où elle avait failli s'endormir à cause de son début de grippe, d'après Ayumi (depuis quand elles étaient assises à côté toutes les deux ?), mais elle entendait cette voix dans sa tête qui l'appelait, lui demandant de lui répondre.

« HAIBARA ! »

Elle ouvrit les yeux.

Elle n'était pas en classe.

Elle était dans une sorte de vieil entrepôt avec une cheminée, sur un plancher en bois.

Elle se redressa en grognant, entendant toujours la voix de Conan à son oreille.

- Kudô… où es-tu ?

« Je suis dans la voiture du professeur avec Dawn. On est garé en face de l'hôtel ! Je me suis réglé sur la fréquence de l'émetteur-récepteur qui est dans les lunettes pour pouvoir communiquer avec toi ! » lui expliqua Conan.

- Mais qu'est-ce qu'il s'est passé ? demanda Haibara en se frottant la tête.

« C'est à nous de te poser la question ! » rouspéta Red.

Haibara se concentra.

Elle avait été prise dans la vague et n'avait pas réussi à rejoindre les garçons. On l'avait soudainement attrapée par derrière, puis…

Elle se rappela du mouchoir enduit de chloroforme.

- Quelqu'un m'a endormie et je crois que je suis enfermée dans une cave à vin, expliqua Haibara en se levant pour explorer les environs. Oui, probablement celui qui a réussi à commettre un crime dans cette salle gardée par les policiers… Pisco.

« Si tu parles aussi librement, c'est qu'il n'est pas à proximité » nota Red.

- Non, il n'est pas là.

Haibara venait de trouver la porte de sortie. Elle se hissa sur la pointe des pieds et fit jouer la poignée sans qu'elle ne s'ouvre.

- Il n'est pas là… la porte est bien fermée à clé.

Elle continua de regarder autour d'elle.

- Il n'y a qu'une salopette du personnel de nettoyage. Il a dû m'emmener aux toilettes après m'avoir endormie, se changer avec cette blouse de travail cachée au préalable et me transporter dans un gros carton… de toute évidence, s'il n'avait pas réussi à tuer le député dans la salle, il l'aurait tué aux toilettes et l'aurait transporté ici…

« Bon, on a encore un peu de temps, alors. Trouve vite un moyen de sortir de cette cave. »

Mais Haibara était réaliste.

Elle colla bien les lunettes contre son visage pour qu'on l'entende correctement.

- Ecoute-moi bien, Kudô. J'ai dit la même chose à Portgas avant ma rébellion, mais tu sauras certainement mieux que lui faire usage des informations. Le APTX4869* qui a rétréci nos corps… cet APO est en fait un Apoptosis… en d'autres termes, ce sont des cellules programmées pour tuer… en d'autres termes… ces cellules ont une fonction d'autodestruction. Elles sont contrôlées par un signal qui leur permet de vivre.


Dans la voiture, Red se facepalma et Conan était perplexe sous le flot de paroles que lui adressait la demoiselle.


- Mais ce médicament ne fait pas que diriger ces Apoptosis, continua Haibara. Il a une fonction de télomerase et il amplifie la fonction de multiplications des cellules…

« Eh ! Arrête ! Tu nous le raconteras quand tu te seras enfuie de là ! » lui dit Conan.

- Non, écoute bien ! s'énerva Haibara.

Elle inspira profondément et lui dit avec gravité.

- Plus jamais… plus jamais nous ne pourrons nous parler…

« Arrête de dire tes conneries ! Tu m'as dit ça la dernière fois et pourtant, on a pu se retrouver ! » rouspéta Red.

- C'est différent. Ils m'ont enfermée ici malgré mon corps d'enfant. Même si je m'enfuyais, il leur faudrait moins de deux jours pour retrouver ma trace… ce qui veut dire que dans ce cas, le professeur qui m'a cachée, mais aussi tous ceux avec qui j'ai eu des contacts, seraient exterminés pour préserver le secret…

Avec un sourire aigre, elle étala la situation.

- Que je réussisse à m'enfuir d'ici ou que je me fasse tuer… la situation est telle que plus que jamais nous ne pourrons nous revoir. C'est pour ça que je veux te donner à toi aussi toutes les dont je me souviens infos sur le poison, pendant qu'il est encore temps…

Le bruit qu'elle perçut indiqua que quelqu'un se cognait la tête contre un siège. Le genre de chose digne de Portgas.

Pipipipip

« C'est quoi ce bruit ? » demanda Conan.

Haibara se retourna et remarqua un pc portable de poche relié à un lecteur disquette.

- C'est le jeu du professeur que m'a rendu Mitsuhiko à l'école. Ils ont vérifié cette disquette qui était dans ma poche sur leur ordinateur portable.

Elle alla se mettre devant le pc et commença à pianoter dessus.

- Si le téléphone mobile est aussi relié à l'ordinateur, ça veut dire…

Elle fit une trouvaille intéressante.

- Ah, ils ont recherché mon visage…

« Tu n'es pas attachée ? » se fit confirmer Conan.

- Non. Ils doivent être pressés, sinon, ils ne m'auraient pas laissée aussi libre de mouvement. Alors, avant qu'ils ne reviennent, nous allons…


Conan eut un sourire de coin.

- Il ne reviendra pas de sitôt, pointa Conan au micro, l'oreille de Dawn toujours collé à son crâne pour entendre Haibara malgré l'écouteur.

« He ? »

- Après ta disparition, j'ai téléphoné au commissaire, avec ma voix de Shinichi Kudô. Pour que les sept personnes qui ont reçu un mouchoir violet ne sortent pas de l'hôtel. A en juger par le fait que tu ne sois pas attachée et que l'ordinateur soit encore branché… cela signifie certainement que celui qui t'a enfermée a voulu sortir un moment de l'hôtel pour une raison X, mais qu'il s'est fait interpeller à l'entrée par le commissaire. Il doit être en train de faire sa déposition auprès des policiers à l'étage supérieur.

- Sans compter qu'il est possible qu'il soit privé de communication avec l'extérieur. Cela fait plus d'une heure que tu as disparu, et personne n'est venu à ta recherche, glissa Red.

- Donc, comme je l'avais prévu, celui qui a commis le crime, puis t'a enfermée, est l'une de ces sept personnes… Ce fameux Pisco.

Haibara eut un silence songeur. Elle était donc encore dans l'hôtel.

S'ils parvenaient à élucider le crime avant que Pisco n'entre en contact avec ses compagnons, ils pourraient la sauver. Certes, Megure ne pourrait pas les retenir ad vitam aeternam, mais Conan allait chercher la cave à vin où était Haibara.

- Trouve une autre sortie, au cas où, conseilla Red. Je descends te chercher pendant qu'Edogawa cherche le coupable et donc Pisco.

« Facile à dire… il n'y a pas d'issue de secours dans cette pièce… à la rigueur cette vielle cheminée… »

Des bruits de pas résonnèrent dans la pièce, puis dans un espace plus réduit.

« Impossible » annonça finalement Haibara avec un étrange écho. « C'est trop haut pour que je puisse l'escalader en étant une fillette. Adulte, ça aurait été une toute autre histoire ».

Conan se redressa. Il avait une idée.

- Tu m'as dit que tu étais dans une cave à vin, non ?

« Oui, on dirait qu'ils font usage ainsi d'une vielle pièce inutilisée ».

- Est-ce que tu vois un alcool appelé Baijiu ?

- J'en ai une bouteille dans mon coffre, cadeau d'un ami, pointa Agasa qui les regardait sans rien dire. C'est un alcool chinois très fort, et Ai-kun n'a pas l'habitude de boire.

« J'en ai trouvé une bouteille. Qu'est-ce que tu veux que je fasse avec ? » demanda Haibara en prenant une bouteille en verre en main.

Conan eut un sourire féroce.

- Je vais te sortir de là avec un tour de magie !

Il posa le micro sur le tableau de bord et se tourna vers Red qui se ramena au fond de son siège à l'arrière.

- Que dirais-tu d'envoyer Portgas D. Ace présenter son bon souvenir, ne serait-ce que temporairement, à l'Organisation ? demanda Conan.

Red retira ses lunettes et son masque médical avant de refermer sa poigne sur le collier au pendentif de kairoseki, prêt à l'arracher.

- Nibantai Taisho Portgas D. Ace, prêt à reprendre du service ! sourit Red, assoiffé de sang et de destruction.

- Dernière chose.

Conan lui mit dans les mains son nœud papillon changeur de voix.

- Trouve-moi ta voix d'adulte, au cas où.


La télévision dans la boite à gants d'Agasa les tenait au courant des dernières news concernant l'affaire. Pour l'instant, tout le monde était encore retenu par le commissaire. Avoir les images avaient permis à Conan d'avoir une idée d'où était situé chacun des invités durant la cérémonie. Il ne pouvait que réfléchir sur le pourquoi du comment depuis sa place dans la voiture.

« Dis, tu connais l'orthographe du nom d'Hercule Poirot ? » demanda brusquement Haibara dans l'oreillette de Conan.

- He ? Mais tu fabriques quoi ? Tu as bien bu le Baijiu ?

Haibara toussa de l'autre côté, un œil fermé, assise devant l'ordinateur de Pisco.

« Oui, j'en ai bu. Je ne sais pas où tu veux en venir mais pour l'instant, ça n'a fait que me donner mal au cœur. Épelle-moi le nom… »

- H.e.r.c.u.l.e P.o.i.r.o.t. Mais pourquoi tu me demandes ça ?

« Je voulais enregistrer sur ma disquette les infos sur le APT4869 depuis l'ordinateur de l'Organisation, mais je bloque sur le mot de passe… non, ça ne marche pas non plus avec Poirot. »

- Pourquoi tu es partie sur l'idée que Poirot était le mot de passe ?

« Les personnes de l'Organisation appelaient parfois ce médicament, encore à l'état d'expérimentation, comme ça. En utilisant le numéro de série 4869 qui peut le lire aussi Sherlock en japonais. Ils disaient "Le Détective qui n'est pas bon". C'est pour ça que je tape tous les noms de détectives qui me viennent à l'esprit, mais… ce n'est pas simple… »

Conan eut une moue pensive, avant de proposer :

- "Shelling Ford". On l'écrit S.h.e.l.l.i.n.g F.o.r.d.

« C'est un détective ? »

- Vas-y, essaie !

Haibara tapota sur le clavier d'après les bruits et resta abasourdie de voir que ça avait marché.

- "Shelling Ford" est le nom qu'a utilisé Conan Doyle pour son détective avant de l'appeler Sherlock Holmes. C'est un détective qui est au stade expérimental.

Subtil de la part de l'Organisation.

Conan lui se faisait du souci au niveau du temps.

- Ton corps n'a pas encore changé ?

« J'étais grippé et tu m'as fait boire de l'alcool, alors des changements… » grommela Haibara. « Je vais copier les données du médicament sur la disquette et je vais la cacher dans la cave. Tu viendras la récupérer plus tard, ok ? Après qu'ils se seront débarrassés de mon corps. »

- Arrête avec ça !

Conan leva son badge made in Agasa et appela Red par son intermédiaire.

- De ton côté, Dawn, comment ça se passe ?

« Depuis le temps que je rêvais de me payer une nouvelle cuite, il faut que tu trouves un alcool aussi dégueulasse que ça ! » rouspéta la voix enfantine de Red.

- Ton apparence à changer ?

« Non, du tout. Si l'alcool pouvait changer l'apparence des gens, j'aurais soupçonné Ivankov d'avoir joué avec. Toujours pas trouvé Haibara. Je me sens vraiment ridicule dans ces vêtements trop grands.»

Trouver un uniforme d'employé de l'hôtel avait été assez facile, même si Red l'avait accommodé à sa sauce avant de prendre l'alcool et de se l'enfiler. Mais ça ne les aidait pas beaucoup pour l'instant.

Agasa interpella Conan par son vrai nom. Vodka et Gin venaient d'arriver.

C'était tout bonnement impossible, Megure ne pouvait pas avoir relâché les suspects, il avait promis de prévenir Shinichi avant de le faire ! A moins qu'il y ait un émetteur dans l'ordinateur. En voulant l'appeler mais restant sans réponse, ils avaient dû venir en suivant le signal.

- Haibara ! Dawn ! Faîtes attention, ils arrivent !

Red répondit qu'il avait bien entendu, mais Haibara se contenta de gémir, ne répondant à aucune des injonctions de son camarade.

Sans perdre un instant, Conan appela Megure, lui demandant avec panique de se renseigner sur les deux hommes en noir qui venaient d'entrer dans l'hôtel.

Sauf que voilà, avec tous les journalistes, ce ne pouvait être que la pagaille.


Shiho était cachée dans la cheminée quand elle entendit l'ouverture fracassante de la porte de la salle.

Puis, elle reconnue les voix.

- Tiens, c'est étrange… Pisco n'est pas là…

Vodka.

Elle entendit quelqu'un ramasser la bouteille de Baijiu sur la table.

- Il n'a pas donné signe de vie depuis notre dernier coup de fil où on s'était donné rendez-vous trente minutes plus tard au parking près de cet hôtel… on est venus à l'aide de l'émetteur. Son ordinateur est là, mais pas lui… c'est quoi cette cave d'abord ?

- C'est un lieu que Pisco avait gardé au cas où le meurtre dans la sale échouerait, expliqua la voix de Gin en se rapprochant de sa cachette. Il aurait caché le corps ici…

- Quoi qu'il en soit, il vaut mieux qu'on se casse de cet hôtel vite fait, grommela Vodka.

Shiho ferma les yeux en percevant par les craquements du plancher que l'un des deux hommes, Gin certainement, se rapprochait. L'homme garda un instant le silence, s'arrêtant à côté de la cheminée, puis s'éloigna.

- Oui, tu as raison, finit par dire Gin.

Et la porte claqua.

« Oi. Ils sont partis ? » demanda Conan à la jeune femme cachée en travers du conduit de cheminée.

- Oui… haleta Shiho

« Et puis ? Et tes vêtements ? »

La jeune femme eut un micro sourire.

- C'est Portgas, normalement que je devrais traiter d'obsédé, pas toi, Kudô… mais j'ai ce qu'il me faut. J'ai mis la salopette qui était dans la cave. Et j'ai également la disquette avec les infos sur le médicament !

La jeune femme reprit un instant son souffle et entreprit d'essayer de remonter le conduit de la cheminée avec la force de ses bras et jambes.

- Mais je suis surprise… dit-elle en faisant une nouvelle pause. Cet alcool contient peut-être une fonction qui accélère la vitesse de multiplications des cellules…

« Ne te réjouis pas trop ! Cet effet n'est que temporaire ! Il faut que tu remontes cette cheminée avant de retrouver un corps d'enfant ! Dawn ne devrait pas tarder à se transformer à son tour, si ce n'est déjà fait, mais il est injoignable » lui dit Conan.

- Portgas est une tête de mule, c'est malheureusement quelque chose que l'Organisation a vite compris et ça lui a coûté ses yeux…

Elle recommença son ascension en se faisant glisser vers le haut, les jambes bien tendues en face d'elle et le dos contre la cheminée.

- Je suis comme Cordélia lorsqu'elle est sortie du puits… je n'en peux plus… souffla la scientifique. Sinon, tu sais qui est Pisco ?

« Non pas encore. Je n'ai pas assez d'info. »


Conan fut interpellé à côté par Agasa parce qu'apparemment, les nouvelles du lendemain étaient déjà en ligne. Conan rouspéta en disant qu'il les avait déjà lues, mais Agasa insista en disant qu'il fallait regarder la page People.

En premier plan, on avait deux des suspects s'embrassant passionnément dans le noir, mais tout au fond, caché par la majorité du public, on pouvait voir quelqu'un avec le bras levé.

Cela fit réfléchir Conan.

Avec le fait que Red perçoive l'odeur de poudre sur le mouchoir, il en avait déduit que le coupable avait masqué l'illumination du coup de feu et les projections de poudre avec son mouchoir, mais comment il a réussi à voir le lustre, il n'avait pas compris jusqu'à cette illumination de la photo.

Il sortit le morceau de chaîne qu'il avait trouvé et fit de l'obscurité dessus avec sa main.

Le maillon émit une lueur phosphorescente.

Voilà donc le truc.


Shiho se glissa sur le toit enneigé de l'hôtel, haletante et elle le signala immédiatement.

« Bravo, Aï-kun ! Tu sais où tu es ? » demanda Agasa.

- Je crois que je suis sur toit… haleta-t-elle. Kudô n'est pas là ?

« Il était au téléphone avec le commissaire, puis il contacté Ace-kun avant de partir tout d'un coup à l'intérieur de l'hôtel. »

- Tout d'un coup… ?

Elle posa son pied nu sur la neige du toit et alla s'appuyer au muret qui la séparait du vide, penchée vers l'avant en essayant de reprendre son souffle.

« Ne t'inquiète pas ! Il m'a dit de te dire ça : « j'ai découvert l'identité de Pisco et j'ai averti Portgas. On vient à ton secours alors, attends tranquillement… »

Cela fit rire jaune la jeune femme.

- Même si je voulais bouger, mon corps est tellement endolori que…

Psht !

Shiho se retourna, traversée par une douleur fulgurante à l'épaule qui aspergea un peu de sang sur son visage. Elle dut s'adosser à moitié contre le mur pour ne pas s'effondrer.

- J'avais envie de te voir… Sherry

Devant elle, dans l'entrée de l'escalier menant du toit vers l'hôtel, se tenait Gin, un flingue muni de silencieux en main, Vodka derrière lui.

Shiho porta une main à son épaule blessée, essayant de ralentir la perte de sang.

- C'est beau, non ? lui dit Gin en la gardant en joue, une main dans la poche. La neige qui tombe dans la nuit obscure et du sang rouge qui la teinte.

Ploc ploc ploc faisait le sang de la jeune femme en tombant le long de son bras et de sa main jusqu'à la neige à ses pieds.

- Une salopette et des lunettes pour nous tromper, nota Gin. C'est un peu triste pour un costume funéraire… mais c'est un endroit parfait pour la mort d'un traitre… n'est-ce pas, Sherry ?

Bravement, elle sourit pour cacher sa peur.

- Vous… vous avez réussi à deviner que j'allais passer par la cheminée…

Gin tira un cheveu de sa poche.

- J'ai trouvé un cheveu près de la cheminée… un cheveu châtain rouge… je ne sais pas si c'est Pisco qui t'a enfermée dans cette cave ou si tu t'y es engouffrée pendant son absence. Mais j'entendais ton souffle tremblotant dans la cheminée. J'aurais pu te tuer de suite dans cette cheminée sale, mais je voulais au moins t'offrir une belle mort.

- Ara, je devrais te remercier alors, nota Shiho sans quitter son maigre sourire. En plus, tu m'as attendue par ce froid…

- Pft… je vais profiter que tes lèvres bougent encore pour te le demander… comment as-tu fait pour t'échapper de la chambre à gaz de l'Organisation ?

Shiho ne souffla pas un mot, conservant un sourire.

A cours de patience, Gin lui tira dans la cuisse gauche, puis le bras gauche, de nouveau dans le droit et sa dernière balle érafla la joue gauche de la scientifique. Ses jambes la lâchèrent et elle s'effondra sur le sol.

- Elle ne crachera pas le morceau, nota Vodka.

- Tant pis, je vais l'envoyer auprès de celle qui est partie avant elle, nota Gin.

Avec un sourire vicieux, il précisa à la jeune femme qui pissait du sang sur la neige.

- Sa sœur.

Piou

Gin se figea en sentant quelque chose lui piquer le bras.

Il tourna la tête et nota une sorte d'aiguille plantée dans le bras de son lourd manteau.

Ses jambes vacillèrent et il tomba à genoux.

- Aniki ? appela Vodka avec inquiétude.

- LA CHEMINEE ! ENTRE DANS LA CHEMINEE ! cria une voix masculine venant de la porte de l'escalier. VITE !

- Portgas ?! Espèce de salopard ! rugit Vodka.

Il se retourna et fit feu sur la porte.

Derrière, Shiho obéissait déjà et s'était traînée vers la cheminée qu'elle avait quittée plus tôt.

- Tu vas pas t'en sortir comme ça !

Vodka ouvrit le feu sur la jeune femme, lui éraflant le bras, mais déjà, elle basculait dans le conduit obscur.


Blottie dans l'âtre, essayant de retrouver son souffle, elle sentit son corps la brûler de toute part quand la magie de l'alcool cessa de faire effet, la laissant sanglante, à bout de force, tout juste consciente, dans une salopette de travail trop grande pour elle.

Shiho était redevenue la petite Haibara.

Des bruits de pas l'alertèrent mais elle était trop fatiguée pour regarder la personne qui venait d'arriver. Inconnu qui l'applaudit.

- Magnifique !

L'homme vint s'accroupir devant elle pour lui parler.

- Tu étais encore un bébé alors, tu ne dois pas t'en souvenir, mais j'étais très proches de tes parents qui étaient des scientifiques… j'ai beaucoup entendu parler du médicament en élaboration…

Qui était cet homme ?

- Mais que tu l'aies avancé à ce point… tes parents morts accidentellement auraient été très fiers… Mais c'est un ordre… il n'y a rien de personnel… Shiho…

L'inconnu tira de son smoking un flingue avec silencieux.

- Hmhm.

L'homme commit l'erreur de se retourner et se prit un pied dans la figure qui lui dévissa presque la tête, le projetant contre une étagère qu'il renversa à moitié, brisant l'alcool au passage.

- Masuyama-san, c'est ça ? Ou vous préférez Pisco ?

L'homme se redressa de son mieux, à moitié sonné, pour voir celui qui l'avait frappé. Le vieil homme était face à un jeune d'une vingtaine d'années aux cheveux fous noirs avec des taches de rousseur, portant un pantalon déchiré pour lui faire un bermuda et une chemise blanche dont les manches avaient été arrachées, laissant voir quatre lettres distinctement tatouées sur son biceps formant le mot ACE, bien qu'entre le A et le C, on trouve un S barré.

Mais hormis les cicatrices bien visibles sur la poitrine de l'homme grâce à la chemise ouverte, on ne pouvait s'empêcher de s'arrêter sur la cicatrice de ses yeux. Une longue balafre allant d'un œil à l'autre, aveuglant ses yeux étrangement argentés.

Pourtant, avec aisance, il se mit devant Haibara.

- Qui es-tu ? demanda Pisco.

- Je vous aurais bien dit de demander à Vermouth, mais vu que vous ne la reverrez plus, c'est pas faisable. Hiken m'ira très bien.

Hiken s'avança vers l'homme, ramassa avec un peu de difficulté une bouteille d'alcool, qu'il repéra en cognant son pied dessus par erreur, qui était tombée de l'étagère quand il avait envoyé le vieil homme. Il la déboucha avec ses dents, faisant couler à flot l'alcool dans sa gorge, avant de se redresser et d'essuyer sa bouche de sa main.

- Franchement, c'est un joli coup la mort accidentelle de ce politicien véreux… un lustre sur le crâne, on songe rarement à un assassinat.

Hiken fit sauter la bouteille presque vide dans sa main avant de la jeter sur Masuyama qui tira dessus pour l'exploser en l'air. Mauvaise idée parce que le temps de cligner des yeux et Hiken était sur lui, le soulevant aisément du sol par le col de son costume, le soulevant assez haut pour qu'il ne puisse plus toucher le sol. Il le fit tourner pour qu'il ne puisse plus voir Haibara, tout en continuant de lui raconter la petite histoire. Il sentit Conan se faufilait dans la pièce pour secourir Haibara tout en continuant de lui souffler sa conclusion grâce à son leur badge de détective que Hiken cachait dans l'intérieur de sa chemise.

- C'est vous, n'est-ce pas, qui avez fait tomber le lustre ? Vous avez l'arme justement en main ! De ce que j'ai senti entendu quand vous avez tiré sur la bouteille que je vous ai lancé, elle m'a l'air parfaite pour le job ! Sans compter que si on rajoute de la peinture phosphorescente sur la chaine du chandelier pour avoir un point de repère, on peut faire ça dans le noir. Un point de repère pour agir quand la salle est dans le noir complet.

Il jeta un peu plus loin Pisco et trouva une autre bouteille d'alcool à boire, étrangement haletant. De nouveau, il la jeta sur l'assassin qui tira de nouveau dessus.

- Bien sûr, si on tire comme ça, les étincelles du coup de feu auraient attiré l'attention, mais c'est différent si on met un mouchoir dessus. Quand le coup part, c'est le mouchoir qui cache les étincelles et qui s'envole. En utilisant le mouchoir de la cérémonie en l'honneur de ce réalisateur, vous pensiez qu'on aurait dû mal à en retrouver le propriétaire, mais sur tous ceux ayant eu le mouchoir violet, une dizaine n'était plus présente durant les faits, ne laissant que sept suspects. Avec la position de tous, seul toi pouvait viser correctement. Un peu plus et je suis certain que tu aurais eu Vermouth, parce que je sais que cette garce était dans le coin, juste sous le lustre…

- Assez !

Pisco tira plusieurs fois sur Hiken, lui trouant l'estomac… pour voir à la place du sang, des gerbes de flammes. Le feu disparu, il n'y avait plus qu'une peau plus ou moins lisse.

- C'est simplissime d'attirer la victime sous le lustre. Il allait se faire arrêter. En lui disant que tu pouvais lui offrir une sortie s'il se mettait sous le lustre pendant la projection, tu avais tout ce qu'il te fallait, continua Hiken comme s'il n'avait pas été coupé.

L'homme recula sur le sol, continuant de tirer comme un idiot sur son interlocuteur qui se contenta de froncer les sourcils.

Clic clic

- Plus de balles ? Cool. Écoute, c'est pas parce que ça me passe au travers que c'est pas agaçant de se faire tirer dessus.

Pisco était clairement effrayé quand il bégaya un « qui es-tu ? »

- Qui je suis ? Aucune importance. Je n'ai fait que répéter ce que le chibi détective m'a dit. C'est lui après tout qui a donné les indications aux enquêteurs. Aveugle comme je suis, j'aurais pas noté la moitié. Ce que je sais, par contre, c'est que certainement grâce à Vermouth ou peut-être en prenant le mouchoir d'un autre invité du groupe violet, t'as réussi à présenter un mouchoir aux inspecteurs pour prouver ta soi-disant innocence.

Une main dans une poche, l'air totalement relax, Hiken s'enfila une autre bouteille d'alcool.

- C'est pas tes affaires… dès que mes camarades seront là, tu n'auras nulle part où fuir ! Tu ne peux pas avertir la police ! lui dit Masuyama.

Hiken eut un grand rire moqueur avant de balancer la bouteille qu'il venait de vider aux pieds de Pisco.

- Est-ce que tu as quelque chose entre les deux oreilles, ossan ? demanda moqueusement le jeune homme. En me tirant dessus, tu as dû voir des flammes. Sans compter que même aveugle, à mains nues, je peux te mettre au tapis, alors que tu ne peux rien avec ton flingue. Autre chose… tu fumais non ? Elle est passée où ta cigarette… ?

Hiken leva un doigt, comme pour lui dire de faire silence.

- Elle est là-bas.

Il pointa du doigt une caisse d'alcool cassée et renversée qui, comme si elle attendait ce signal, s'embrasa.

- On a des alcools très forts dans cette cave, c'est dangereux de fumer ici, sourit férocement Hiken. Surtout quand bibi est ici.

Pour expliciter la raison, les bras du jeune homme s'embrasèrent, laissant de longues arabesques de flammes danser le long de ses bras.

- On terminera ça en enfer, mec, après que j'y aurai envoyé Gin et Vermouth. HIKEN !

Il fit un grand geste du bras, comme s'il envoyait un coup de poing dans le vide, et en réponse, une boule de feu aussi grande que lui jaillit de son poing, embrasant l'alcool dans l'air pour foncer sur Pisco.

Sans chercher à savoir s'il l'avait achevé, Hiken jeta sur le sol l'As de Pique d'un jeu de cartes et tourna les talons, laissant les flammes dans son dos en vacillant. Il savait très bien que Conan avait fait évacuer Haibara il y a un moment.


- Quoi, Gin voulait tuer Pisco ?! s'exclama Conan assis à l'avant de la voiture de Agasa avec juste sa hoodie, son blouson recouvrant Haibara.

- Oui, j'ai pu entendre la conversation grâce aux lunettes que Ai-kun a oubliées dans la cheminée. Ils disaient que pour une fois, ils pouvaient remercier Ace-kun d'avoir fait le travail à leur place parce que l'homme avait proprement grillé. Une fois ça dit, ils sont repartis par la cheminée.

- Je les avais sentis, mais je manquais de temps, grommela Red dans ses vêtements trop grands, assis à l'arrière. Je sentais que quelque chose n'allait pas avec mon corps, alors j'ai préféré évacuer. Si j'avais eu quelques minutes de plus, je les aurais grillés eux aussi.

- C'est ta réponse à tout de mettre le feu à tout et n'importe quoi ? gronda Conan en se tournant vers le pirate à l'arrière.

- Généralement, je préfère le faire à ma paperasse pour ne pas avoir à la faire. Mais disons que si on est dans ma shit-list, on a de fortes chances de finir en barbec'. On a pas la même norme, Edogawa. J'préfère griller ce gars et épargner un voleur qui essaie de nourrir sa famille.

Conan secoua la tête. Il songerait au fait que son camarade soit littéralement fait de feu plus tard.

Là, il voulait se concentrer sur l'affaire en main.

C'était bizarre que Gin ait pu bouger malgré le fait qu'il ait reçu la fléchette. Conan l'avait touché et Gin avait commencé à s'effondrer quand il avait filé. Endormi, Gin n'aurait pas pu fuir la police. Sans compter que leur capacité à anticiper aussi bien les déplacements de Haibara était gênante.

Conan regarda de nouveau derrière.

Si juste dans son dos, Red était assis en tailleur avec une moue renfrognée, de l'autre côté, la tête sur une des cuisses du pirate, Haibara était étendue de tout son long, une main sur le crâne.

Gin avait été certain qu'elle viendrait dans la salle.

Et comment avait-il pu la reconnaître avec seulement un cheveu ?

- Alors ? Ils le savent que mon corps à rétréci ? demanda Haibara.

- Non, ils ne le savent pas, Pisco était déjà mort quand ils l'ont trouvé, assura Agasa.

- Et que comptes-tu faire, maintenant ? demanda Conan à la demoiselle.

- Comme ils ont découvert que j'habitais en ville, je ne peux plus rester à vos côtés… la disquette a sûrement brûlé dans la salopette, suite à l'incendie provoqué par Portgas. Alors, il n'y a plus de raison pour que je reste ici…

Elle resta silencieuse un moment durant lequel Red s'excusa d'avoir zappé la disquette dans sa pyromanie, mais bientôt, Haibara reprit la parole, toujours aussi haletante.

- Ne vous inquiétez pas, je partirai dès demain…

- Eh oh ! Dans ton état, ce n'est pas possible !

- Bien ! approuva Conan. Dans ce cas c'est bon !

- He ?

- Psychologie inversée ? devina Red.

- Exact. S'ils arrivent aussi bien à la prédire, alors, il faut aller contre sa logique à elle.


Vodka n'en croyait pas ses oreilles.

Apparemment, Gin ne voulait pas qu'ils cherchent Sherry en ville.

- Non, je ne suis pas du genre à faire des choses inutiles… elle est sûrement partie loin avec ce satané Portgas. On n'a pas ce qu'il faut pour l'affronter, ça serait du suicide, vu la façon dont il a déjà failli te tuer. Et aucun des deux n'est assez idiot pour rester dans la ville où on les a croisés, expliqua Gin.

- Tiens, tu prends bien à cœur cette gamine, commenta une femme à l'arrière en refaisant son maquillage.

- Désolé, Vermouth, s'excusa Gin. Dire qu'on a fait appel à une femme de ton rang pour suppléer ce vieux sénile. On t'a entraînée dans une gaffe…

- Vraiment… soupira la dénommée Vermouth. Dire que je lui ai passé mon mouchoir avant l'interrogatoire. Merci Ace-chan de l'avoir tué pour nous. D'ailleurs, ça ne vous inquiète pas qu'il ait réussi à retrouver Sherry malgré que je lui aie tranché les yeux ?

- Il faut qu'on sache comment il a pu s'enfuir. Si outre son don enflammé annulé par ce kairoseki, il a autre chose dans ses manches, c'est autre chose à découvrir pour l'Organisation et qui peut être utile pour nous si on arrive à le reproduire, lui pointa Gin.

- Sans compter que Whisky ayant suivi ce traître de Rye, Portgas est la seule résurrection réussie qu'on ait au compte de nos scientifiques jusqu'à présent, pointa Vodka.

- Les trois n'étaient pas désagréables à l'œil, nota Vermouth avec un petit rire féminin en rangeant son rouge à lèvre pour se prendre une longue cigarette.

- Tu donnes dans la nécrophilie ? lui demanda Gin avec dégoût.

Vermouth se contenta de rire.

- Vous retournez aux USA ? demanda Vodka en regardant Vermouth dans le rétroviseur de sa voiture.

- Non, je vais arrêter quelques temps mes activités d'actrice… lui dit Vermouth en allumant sa cigarette. Je compte me reposer un peu au Japon. Sans compter que comme Ace-chan en a après moi pour ses yeux, je suis le parfait appât pour le récupérer. Et il y a un truc qui me turlupine…

Chris Vinyard, la célèbre actrice américaine, expira une longue bouffée de tabac.


La situation était assez dramatique.

D'après Megure, quelqu'un ou quelque chose (pour Conan ça voulait dire l'Organisation mais le Commissaire n'en savait rien) avait effacé toutes les possibles ramifications entre eux et cette affaire. Toute la famille de Nomiguchi s'était volatilisée, très certainement tuée : Masuyama, qui avait péri dans le mystérieux incendie, n'avait pas vécu pour voir le même sort arriver à ses demeures et biens. Bref, un sacré foutoir, et dans tout ça Kudô ne voulait qu'une chose, qu'on passe son nom sous silence.

-Tu as compris, n'est-ce pas ?

Conan se retourna pour voir Haibara.

La demoiselle avait reçu des soins plus que sérieux suite à l'incident, faisant qu'elle était en béquille à cause d'une jambe plâtrée.

- Ils éliminent toutes les personnes suspectes… c'est leur méthode… continua Haibara avec gravité. C'est pour ça que personne ne doit savoir qui on est vraiment.

- Oui, j'ai bien compris, assura Conan.

Il se tourna de nouveau vers la fenêtre, ignorant Red et Agasa qui se tenaient tous les deux derrière Haibara.

- J'ai compris, oui… que l'on devait à tout prix les anéantir ! siffla rageusement Conan.

Un sourire féroce étira les lèvres de Red.

Oh oui…


A/N : une prononciation alternative des chiffres du produit donne ceci : Shi-ra-ro-kyu, assez proche phonétiquement de la prononciation japonaise de Sherlock.