Salut à tous, on entre sur ce que je pense être l'un des gros morceaux de la série, un incontournable dans l'histoire. Petite difficulté, ayant commencé cette histoire après une affaire à laquelle il est fait écho, certaines personnes pourront se demander qui est ce fameux Araide-sensei. Si durant sa présentation, cela n'est pas très clair, n'hésitez pas à me le faire savoir !
En attendant, je suis heureuse que le chapitre ait plus.
Je vous souhaite donc bonne lecture pour une nouvelle mésaventure de nos gamins favoris.
Arya39 : Pour les araignées, vois avec Mahyar, mais après, je peux toujours t'envoyer Haiiro pour s'en charger. / Remettre Ace à sa place était un plaisir, tkt ^^ / Oui, on est très loin de la Toky Tower. Genre entre 111/114 épisodes et presque autant de chapitres du manga (et je n'ai pas encore commencé à écrire cet incident, donc, je peux pas dire ce qu'il en sera pour la fic)./ Désolée pour les barbec' sauvage, mais j'en ai un dernier en prévision pour le coup ici ^^'./ J'essaierai de faire des résumer des épisodes précédents.
Sur ce, bonne lecture !
- « A maintes reprises, vous avez volé à mon secours. Mais qui êtes-vous vraiment ? Oui… vous, ce chevalier sans nom, toujours de noir vêtu, qui exauce mes prières… Me montreriez-vous le visage qui se cache derrière ce masque noir de jais… ? » récita Ran avec autant d'émotion que possible.
- « Si c'est là le désir de ma princesse… ce visage défiguré par les cicatrices… je vais vous le montrer sous ce clair de lune. » répondit Kogoro avec un sac en papier sur le crâne, juste troué pour les yeux alors qu'il lisait le script dans une de ses mains.
De l'autre, il se saisit du sac de course et le retira avec un léger rire. Mais Ran était tout, sauf impressionnée. Elle avait l'air même déçue, si ce n'est furieuse.
- Papa ! Sois un peu sérieux ! Il ne me reste plus que deux semaines avant le jour de la fête de l'école ! rouspéta Ran.
- Pfff… comment veux-tu que je joue sérieusement ce texte sur un chevalier d'opérette ?!
Conan se faisait lui aussi très chier en lisant la pièce sur un autre script, baillant sans se retenir.
- Je me demande qui a pu écrire une pièce pareille à l'eau de rose… grommela Kogoro.
- Sonoko ! annonça joyeusement la demoiselle. Pour le chevalier noir, elle s'est inspirée de Shinichi !
Cela provoqua un rire narquois chez Conan, qui loupa pour le coup le regard que lui lança Ran par-dessus son épaule. Sonoko n'était décidément pas quelqu'un qu'on referait demain.
Mais le commentaire sur le fait que le Chevalier Noir était inspiré de Shinichi fit paniquer Kogoro, qui, blanc comme un linge, lut le script quelques lignes plus bas.
- Oi matte ! Ensuite, je lis : « le chevalier et la princesse échangèrent un baiser passionné ! » ! C'est quoi ça ?!
Conan eut un instant de panique et chercha la page en question avec frénésie.
- Mais non ! rouspéta Ran avec une légère rougeur. C'est pour de faux ! Ne t'inquiète pas !
Abandonnant le script, Conan alla voir Ran.
- Dis, qui c'est qui joue le chevalier… ? demanda le chibi-détective en essayant de rester calme.
- He ?
Ran se pencha à son niveau avec un sourire.
- Pourquoi ? Est-ce que ça te préoccupe, Conan-kun ?
- Un peu, oui… répondit faiblement le gamin.
- De toute façon, c'est sûrement un de ces bons à rien de lycéens… grommela Kogoro.
Ran les détrompa tous les deux. Apparemment, il s'agissait du Docteur Araide, leur médecin scolaire. Ils l'avaient déjà rencontré durant une affaire précédente où Kogoro s'était fait traitr de sans cœur suite à la mort du père du docteur, avant que le médecin ne s'excuse en découvrant l'arrangement fait entre Kogoro et la belle-mère du jeune médecin, puisque même si c'était elle qui avait orchestré le meurtre, la personne qui avait tué Araide père (qui était aussi le médecin personnel de Kogoro) l'avait fait par accident et ne le savait même pas. En bref, une affaire bien triste.
- Tous les garçons de ma classe étaient trop timides, expliqua Ran. Alors, quand Araide-sensei est venu pour nous faire passer une visite médicale, je lui ai demandé !
Panique à bord chez les hommes !
- Quand il était étudiant, il a souvent joué dans des pièces ! il a l'habitude de dire un texte et il sait s'y prendre avec les filles… sourit Ran.
- Ah non ! Je suis pas du tout d'accord ! refusa Kogoro avec véhémence.
- C'est vrai ! Ce n'est pas une bonne solution, Ran-nee-chan ! approuva Conan.
- Mais enfin ! rassura Ran. Je lui ai juste demandé de venir assister à nos répétitions ! C'est Sonoko qui jouera le chevalier déguisé en homme !
…
L'air des deux hommes voulait tout dire. Elle aurait dû commencer par ça au lieu de leur faire peur pour rien…
Ran regarda sa montre et paniqua.
- Zut ! Déjà !? j'ai une répétition tôt demain matin ! Je prends mon bain et je me couche… jura Ran en réalisant qu'il commençait à se faire tard.
C'est ce moment que choisi Kogoro pour leur annoncer qu'ils n'avaient plus d'eau chaude dans la salle de bain.
- Oh non ! gémit Conan. Moi aussi je voulais me prendre une douche…
- Vous n'avez qu'à aller aux bains publics… leur dit Kogoro.
- Ils sont fermés aujourd'hui ! Que faire… ? paniqua Ran. Et Sonoko qui habite si loin…
Conan eut une solution :
- On n'a qu'à aller chez le professeur Agasa. J'allais justement y aller pour l'aider à faire les préparatifs de notre camp du week-end et m'assurer que Dawn aura ses médicaments. Crois-le ou pas, Haibara m'a dit que c'est pas parce qu'il n'a plus ses yeux que ça l'empêche de cacher ses gélules contre la narcolepsie dans des endroits incongrus !
- Vraiment ?! s'exclama Ran. Alors, allons-y ! Bon, je prends mes vêtements de rechange et j'arrive !
Cela fit soupirer Kogoro alors qu'il s'allumait une cigarette.
- Il est tard, alors, pour ne pas trop le déranger, prenez votre bain ensemble et ne vous attardez pas.
Conan vira au rouge vif alors que Ran se figeait.
D'un bond, elle se tourna vers son père, tout aussi rouge que le garçon et l'engueula, décoiffant au passage le duo devant la force de son coup de gueule :
- TU PLAISANTES ?! POURQUOI EST-CE QUE JE DEVRAIS PRENDRE UN BAIN AVEC CONAN !?
…
Réalisant ce qu'elle venait dire, Ran se calma du mieux qu'elle put avec un air embarrassé.
- Mais oui, enfin ! se justifia-t-elle faiblement. Ce n'est pas bien pour son éducation… N'est-ce pas, Conan-kun !?
Kogoro se demandait ce qu'il se passait avec sa fille alors que Conan ne pouvait répondre qu'un oui faible.
- Konbanwa Red-kun ! salua joyeusement Ran. Tu te souviens de moi ?
Red qui venait d'ouvrir la porte, ses lunettes de soleil sur le nez, hocha la tête en souriant.
- Mouri Ran-nee-san ! Akase est dans le salon sur son ordinateur.
Il s'écarta jusqu'à sentir le mur dans son dos, laissant passer le duo.
Ran s'avança la première, laissant Conan et Red se saluer comme deux enfants super-copains heureux de se retrouver. Ils attendirent que la demoiselle soit au loin pour cesser leur manège.
- Qu'est-ce que vous faîtes ici exactement ? demanda Red en prenant un air neutre à la limite de l'endormi.
- On a plus d'eau chaude, lui répondit Conan sur le même ton.
- Oh.
Red referma la porte, tournant méticuleusement la clef dans la serrure et revint vers le salon avec Conan. Ran avait déjà salué Agasa et lui avait expliqué le problème. Sauf que voilà, normalement, Agasa était un célibataire endurci, donc, niveau intimité, c'était franchement minime. Il avait une cabine de douche agencée dans un coin, une de ses inventions, mais ce n'était pas franchement distinct de la pièce à vivre.
- Bon, on s'organise comment ? demanda Ran. Tu veux passer en premier, Conan-kun ?
- Je comptais me doucher, pointa Red. Il peut la prendre avec moi à la fin. Les filles d'abord. On m'a toujours dit qu'il fallait être galant.
Ran eut un petit rire et l'embrassa sur la joue, laissant Red plus que perplexe.
- T'es un petit garçon charmant, Red-kun ! A tout de suite !
Conan lui adressa un regard noir alors qu'Agasa allait préparer des chocolats chauds. Le temps qu'il finisse, Conan avait vérifié que rien n'avait été oublié dans les affaires de quiconque et qu'un certain pirate avait bien ses médocs dans son bagage.
Quand ils se réunirent à l'ilot pour boire, on entendait Ran chantonner de bonne humeur sous la douche.
- Elle est bizarre depuis quelques temps, pointa Conan en regardant dans la direction du coin douche masqué par un rideau.
- Mais non, c'est juste parce qu'elle s'absentait pour pouvoir tricoter un pull en secret… rassura Agasa.
- C'est vrai, mais il n'y a pas que ça.
- Tu crois qu'elle a des soupçons ? Vous êtes amis d'enfance, si j'ai bien compris à la base, fit Red qui s'était adossé à l'ilot du coin cuisine, ses lunettes remontées sur son front.
- Hm. Je le sens, parfois… souffla Conan. Elle me regarde et se comporte avec moi, non pas comme si j'étais un écolier, mais… mais plutôt comme…
- Eh oh ! Shinichi ! Tu es sérieux ? s'inquiéta Agasa.
- Bah ! je me fais sûrement des idées… sourit-il nerveusement.
- J'ai pas besoin de voir ton visage pour savoir que toi-même tu crois pas que ce soit des conneries, marmonna Red en se tournant vers l'ilot pour laisser tomber son menton sur le plan de travail.
- Et si elle avait compris qui tu es vraiment… ?
Conan sursauta dans son siège pour regarder Haibara qui s'était pointée derrière lui, faisant rire Red.
- Tu savais et tu m'as pas dit qu'elle était derrière ?! rouspéta-t-il.
- Je m'amuse à tes dépends, Edogawa. Habituellement, c'est Agasa qui trinque pour ce genre de chose, sourit narquoisement Red.
Haibara s'éloignait déjà.
- J'ai des trucs à faire dans le sous-sol, alors qu'on ne me dérange pas… surtout toi, Portgas, annonça la scientifique.
- J'ai déjà escaladé chaque centimètre carré de cette baraque, excuse-moi de me faire chier, lui pointa Red.
- Je sens que je vais le regretter… soupira Conan. Sois discret mais si tu tiens tellement à faire le singe, je te laisse escalader la façade de chez moi. La maison des Kudô est juste à côté.
- Oh ? Merci.
- Pour revenir au sujet principal… et si Ran-kun savait la vérité ? demanda Agasa.
- C'est stupide ! grommela Conan avec un air boudeur. Dans ce cas, pourquoi ne me dirait-elle rien ? Non non, ce doit être quelque chose…
- La douche était bonne, Ran-nee-san ? demanda brusquement Red en remettant ses lunettes sur son nez.
Ran venait vers eux dans sa tenue de rechange en finissant de se sécher, toute souriante.
- Très bonne, merci de demander. Tu as su que j'avais fini comment ?
Mentalement, Agasa et Conan remercièrent Red et son oreille de s'être assurés qu'ils ne se faisaient pas chopper par la jeune fille.
- La douche s'est arrêtée, Haibara vient de partir dans son antre au sous-sol et les bruits de chaussons que j'ai entendus venir vers nous étaient plus lourds que ceux d'une enfant, répondit Red.
- Oooh, tu as une très bonne oreille, Red-kun. Donc, Haibara-kun est au sous-sol ? Je vais aller lui dire bonjour ! fit joyeusement Ran.
Conan voulut la retenir, mais déjà, Ran descendait les escaliers un peu plus loin et ouvrait joyeusement la porte pour voir dans la semi-obscurité la petite fille tapant frénétiquement à l'ordinateur. Haibara ne manifesta aucun signe montrant qu'elle avait entendu Ran. Faisant bonne figure, Ran lui dit « à bientôt » et referma la porte.
- Bon, ben, à la douche… maugréa Red en se grattant le crâne.
- Ran-kun, je voulais te demander, Red-kun voudrait lire du Sherlock Holmes, et vu la collection de Shinichi-kun, je pensais que tu pourrais me conseiller pour savoir lequel je pourrais essayer de traduire en braille pour lui. Tu veux bien m'aider pendant que les garçons se douchent ? demanda brusquement Agasa.
Conan eut un air WTF avant de noter la tension de l'aveugle à côté de lui.
- Conan-kun serait peut-être plus utile pour ça, pointa Ran.
- Non, si c'est lui, on y passera la nuit, le temps qu'il parle en long en large et en travers des œuvres. Si je fais appelle à toi, c'est pour que tu m'aides à trouver un classique qui pourrait bien présenter l'univers, c'est tout, contra Agasa.
Ran eut un air perplexe, mais finit par hausser des épaules. Elle annonça aux garçons qu'elle revenait, avant de partir derrière Agasa.
- Qu'est-ce que je loupe ? demanda Conan en regardant son camarade.
Red marcha jusqu'à la salle de bain, laissa ses pantoufles à l'entrée et chercha vaguement le robinet d'eau froide de la douche pour l'ouvrir. Il remonta sa manche et mit son bras dessous. Dans un chuintement, une grosse vapeur commença à se dégager de l'endroit.
- Ah, comprit Conan.
- Avec la vapeur que je dégage à chaque douche, elle va se poser des questions. Je transforme la baraque en véritable sauna, expliqua Red. Même si être le feu à l'état pur peut paraître cool, y'a pas mal d'inconvénients.
Red retira son bras du jet et commença à se défaire sa ceinture.
- Règle l'eau à ta température.
Conan alla à la robinetterie et régla l'eau à sa convenance, puisque Red s'en foutait un peu.
- T'as toujours eu ce don ? demanda Conan en se déshabillant à son tour.
- Nop. Je suis né tout ce qu'il y a de plus humain, si ce n'est un peu par miracle. J'avais dix-sept ans et je venais de prendre le large quand j'ai obtenu par accident cette capacité.
- C'est courant sur ton monde ?
Red se tourna à moitié vers Conan, montrant pleinement le tatouage sur son bras. Si sur un adulte, cela prenait le biceps, sur un enfant de dix ans, tout le bras était recouvert d'encre.
- Mon monde ?
Conan roula des yeux dans ses orbites avant de se rappeler que son camarade, aussi adroit soit-il, ne le voyait pas.
- Même si le simple fait qu'on soit tous deux des enfants prouve que tout est envisageable, les gars qui maîtrise le feu, c'est pas ce qu'on trouve au coin de la rue généralement. Sans compter que ce qui devrait être su, même en ayant grandi dans la jungle, t'étais inconnu jusqu'il y a peu. Je parle de simples choses comme des voitures, moto, passage piéton, code de la route, téléphone portable et j'en passe.
- Il t'en aura fallu du temps, sourit moqueusement Red en terminant de retirer ses affaires, affichant de nouveau son tatouage dorsal qui lui mangeait la totalité du dos et un peu des bras, de la nuque et des reins, malgré l'horrible cicatrice presque en son milieu.
Conan passa sous la douche, bientôt rejoint par Red qui lui tourna le dos d'office dans l'habitacle. Le gel douche passa de l'un à l'autre avant que le D. ne réponde enfin.
- Oui et non.
- He ? s'étonna Conan.
- Les noryokushas, c'est l'appellation qu'on donne aux gars comme moi, sont assez courants suivant la zone géographique où tu te trouves. C'est très recherché que ce soit chez les Révolutionnaires, les pirates ou les institutions du Gouvernement comme la Marine. Cependant, la façon dont le don est obtenu en fait d'un côté, un pari très risqué et de l'autre, quelque chose d'unique.
Red tendit un bras dans son dos au niveau de Conan.
Conan regarda la main, puis visualisa le shampoing qui était de son côté et le fila à son camarade.
- Tout tourne autour de ce que l'on nomme les akuma no mi. C'est un fruit infect. Et chacun est unique. Donc, le mera mera no mi, puisque c'est le nom de celui que j'ai mangé, est unique. Il n'y a personne d'autre, normalement, qui devrait se balader avec le même don que le mien. Je suis un logia, la classe des éléments. Des hommes-feu, jusqu'à ma mort, y'en aura qu'un seul et ça sera bibi. Si je passe l'arme à gauche, le fruit réapparaîtra quelque part, certainement à proximité et le cycle se perpétuera. Si on a de la chance, il sera rapidement identifié, sinon, comme moi, on saura pas ce pour quoi on signe en mordant dedans. Je suis sérieux. Ça aurait pu être tout autre chose. Tout et n'importe quoi ! Le pouvoir de transformer les gens et moi-même en clown comme celui d'être invisible. Tout est possible avec ce genre de fruit, tout en gardant cet aspect unique.
Ok, même si Red tournait un peu en rond dans ses explications, Conan arrivait à y croire et à visualiser de quoi il était question. Il réclama à son tour le shampoing.
- Mais des pouvoirs qui s'en rapprochent, c'est possible ? demanda Conan.
- Oui. Tu crois que j'ai eu ma blessure comment ?
Conan se retourna à moitié alors qu'il se frottait le crâne. Il est vrai que ça ressemblait à une brûlure très grave ce qu'il avait.
- Le salopard qui m'a fait ça porte le nom de code d'Akainu. C'est lui aussi un logia. A la différence qu'il est la lave.
- Wow…
- Mon supérieur à tête d'ananas, Marco, est un oiseau de feu, un phénix. Ce sont des vraies flammes. Certes, cela fait tellement de temps qu'il a son zoan qu'il le contrôle presque par instinct, et que ses flammes tiennent pour le coup plus des plumes qu'autre chose, mais s'il s'énerve, on se retrouve au milieu d'un incendie turquoise. Le Phénix a beau avoir l'air de dormir debout et avoir la patience d'un saint, s'il pète un plomb, tous aux abris.
Red avait un sourire nostalgique en parlant de ça.
Conan eut un pauvre sourire.
Le mal du pays, il pouvait comprendre.
- Elle descend de la montagne à cheval ! Elle descend de la montagne, elle descend de la montagne ! Elle descend de la montagne à cheval ! chantait Agasa avec les gamins sur leur route pour le camping.
Étant le plus grand et large, Genta était à l'avant, casant les cinq autres enfants à l'arrière. Haibara avait retiré son pull pour rester en tee-shirt manches courtes et short afin de s'asseoir sur les genoux de Red qui s'était endormi d'office en entrant dans la voiture, côté fenêtre.
Et pendant que les gamins chantaient joyeusement, Conan était debout, s'accrochant à l'appui-tête d'Agasa pour lui parler.
- Dîtes, professeur, à propos de la discussion de l'autre fois sur Ran…
- Eh bien ? demanda Agasa en regardant un instant Conan.
- Vous ne pourriez pas me construire un gadget un peu spécial ?
- Un gadget, d'accord, mais quoi ?
- Je sais pas ! sourit nerveusement Conan. Un robot qui bouge et qui parle comme moi…
Cela fit rire narquoisement le professeur.
- Si je savais faire ce genre de chose, je serais certainement déjà multimilliardaire, ou alors, Red-kun aurait pris la fuite avec mes recherches et mon prototype pour le revendre au plus offrant.
- Je suis pas sans cœur, akase ! Vous me vexez… bougonna Red apparemment réveillé de sa crise (pas que ce soit facile à dire quand il dormait ou pas avec ses lunettes).
Conan se tourna vers Red pour lui faire un commentaire et vit l'étrange regard que lui jetait Haibara. La demoiselle ouvrit la fenêtre et regarda dehors, le coude sur le rebord, sans plus s'occuper du détective.
- Nanda ? bougonna Conan.
- Problème, Edogawa ? demanda Red.
- Rien.
Ils venaient de finir d'installer la tente et avaient posé les sacs juste devant.
- Je vais m'occuper d'allumer le feu avec Red-kun et Aï-kun ! Vous autres, allez chercher de quoi l'alimenter dans la forêt ! annonça Agasa aux gosses devant lui.
- Oui ! assura le trio qui se tenait juste derrière Conan.
- Il faut du bois sec et mort. S'il est humide, ça va mettre des plombes à flamber, et s'il est vert, n'en parlons même pas, sans compter qu'on va tous s'étouffer avec la fumée, recommanda Red.
- On est pas idiot non plus, bougonna Conan.
Red se contenta d'offrir un grand sourire de Cheshire au groupe qui s'éloigna pour ramasser du bois.
C'est ainsi que le groupe partit donc dans la forêt à la recherche de bois mort, s'éloignant pas mal du camp. Jugeant qu'ils en avaient assez, Conan rappela le groupe, notamment Genta qui bavait d'avance en songeant au barbecue.
Jusqu'à ce que Mitsuhiko les interpelle :
- Oi, tout le monde ! Venez voir un peu par ici !
Le garçon avait trouvé l'entrée d'une caverne défendue par un cordon et un vieux panneau disant « danger - ne pas entrer ». Mais ce qui avait interpellé Mitsuhiko, c'était une pierre dont une face était aplanie. On avait en grand, l'hiragana 'to' sur toute la face de la pierre, puis des caractères plus petits inscrivant un texte énigmatique par-dessus.
- «Suis le chemin du dragon et tu seras éclairé par la lumière du paradis suprême… »
Il y avait encore pas mal de chose d'inscrit sur la pierre, mais à cause de l'érosion, ce n'était plus lisible.
Derrière Conan, les gamins débattaient sur ce que ça pouvait bien signifier.
- La lumière du paradis suprême… ? répéta Genta.
- C'est la lumière d'un ultime bonheur ! explicita Mitsuhiko.
Ce qui mena à la conclusion évidente qu'il était apparemment question d'un trésor.
- Le problème, c'est ce « To » qui est gravé en gros sur la pierre… commenta Conan en se mettant accroupit.
Les gamins réfléchirent à ce que pouvait représenter le To, citant des mots commençant par ce caractère. Conan eut la bêtise de proposer « le Trésor Enfoui des Tokugawa ».
Le temps de se retourner et le trio partait déjà en exploration en s'éclairant de leur montre/lampe-torche dans la caverne calcaire plus qu'immense.
Avec un soupir, Conan suivit le mouvement, allumant sa montre pour s'éclairer, lui aussi vaguement curieux.
Dans sa marche, son regard tomba sur quelque chose par terre entre deux rochers. Une cigarette dont le filtre n'était pas imprégné d'humidité. Cela voulait dire qu'ils n'étaient pas seuls.
- Ils en mettent du temps, nota Agasa au campement en regardant dans la direction prise par le groupe. Où sont-ils allés faire leur cueillette ?
- Où qu'ils soient, ils sont pas dans le champ de mon Haki, pointa Red qui coupait des patates dans la casserole qu'Haibara lui avait mis sous les mains pendant qu'elle pelait les légumes.
- Ils doivent faire une petite exploration dans la forêt… supposa la scientifique sans se retourner. Et puis, ils ont un jeune et brillant détective à leur tête.
Haibara retira de justesse la marmite de là quand Red fit sa crise de narcolepsie, la tête contre la table, les mains encore levées pour couper sa patate.
- Si vous veniez plutôt prendre la place du dormeur et m'aider à faire la cuisine ? demanda Haibara d'une voix lasse.
Agasa ne se le fit pas dire deux fois.
- Oh ! Regardez ! Une lumière ! pointa Mitsuhiko en montrant un tournant de la caverne d'où leur parvenait une lumière de lampe-torche. Il y a quelqu'un !
Ce devait être le fumeur de la cigarette pour Conan.
- Peut-être que c'est quelqu'un qui a trouvé le trésor… marmonna Ayumi avec tristesse.
- T'es sérieuse ! s'exclama Genta.
Remonté à bloc, le garçon alla rapidement vers la lumière, malgré la tentative de Conan pour le retenir. C'était leur trésor, nan mais oh !
Sauf qu'au détour de l'angle, ce n'est pas un trésor qu'il trouva, mais trois hommes, dont deux tenaient un individu clairement mort si on en croyait le trou entre ses deux yeux.
- Oups… déglutit Genta en réalisant qu'il avait été vu et surtout en voyant le corps.
En hurlant, il fit demi-tour aussi vite que possible pour avertir les autres, plus que perplexes.
Un peu tard parce qu'un des hommes portant le cadavre était déjà sur ses talons et sortait de sa veste un pistolet.
- EN ARRIÈRE ! cria Conan en prenant les trois autres pour les projeter de son mieux vers l'arrière afin de les protéger.
L'homme fit feu.
Conan serra les dents mais ne laissa échapper aucun cri.
Il parvint à les tirer derrière une colonne de calcaire et fit éteindre toutes les montres-lampes avant qu'ils ne se fassent avoir.
De leur cachette, ils entendirent tout. Apparemment, ils avaient affaire à des braqueurs de banque. L'un d'entre eux avait montré son visage, d'où le fait qu'il ait été liquidé par ses complices. Le groupe était venu le cacher ici, mais tout capotait avec le fait que les gosses les avaient pris sur le fait.
Maintenant, on en avait après eux, avec pour objectif de les flinguer.
Le groupe de malfrats se sépara pour les chercher, un allant vers l'entrée, les deux autres cherchant dans les environs.
Essayant de garder son calme, une main toujours sur la bouche d'une Ayumi en larmes, Conan appela tour à tour Haibara et Dawn sur leurs badges de détectives.
Au camp, alors que Conan les appelait sur les badges accrochés au sac de leurs proprios, Haibara ne pouvait qu'admirer l'absence de talent culinaire d'Agasa, alors qu'à côté du feu, Red dormait toujours comme un loir.
- Vous avez toujours votre cuisine comme ça jusqu'à présent… ? s'enquit Haibara d'un air blasé en regardant la carotte qui, par on ne savait quel tour de magie, était devenu un accordéon.
- Je me passe de tes commentaires… bougonna Agasa.
Tout ceci fit que personne n'entendit les badges.
- Que font-ils ? Avec son oreille, au moins Dawn devrait nous entendre ? paniqua Mitsuhiko.
- Il a peut-être faire une crise, proposa doucement Ayumi sans remarquer l'air pâle et le fait que Conan soit légèrement haletant.
- Bon… je vais aller leur dire que je n'ai rien vu…annonça Genta.
- Non surtout pas ! lui dit Mitsuhiko.
- Je suis sûre que Conan est en train de réfléchir à un bon moyen de nous sortir d'ici… assura Ayumi. N'est-ce pas Co-…
Elle venait de se tourner avec espoir vers Conan pour se mettre à l'appeler frénétiquement en réalisant qu'il était assis par terre, de plus en plus blanc, sa main crispée sur son ventre en essayant tant bien que mal de retenir le flot de sang.
La balle lui était passée au travers.
- Conan ! Si on se dépêche pas de partir, les hommes de tout à l'heure vont arriver ! gémit Ayumi.
- Tôt ou tard, le professeur et Haibara qui nous attendent à l'extérieur vont finir par venir dans cette caverne… à moins qu'ils ne soient avec Dawn qui connait déjà l'odeur du sang et de la poudre… ils risquent d'entrer ici sans rien savoir… et ils vont se faire tuer… donc, il est préférable de ne pas leur faire savoir où nous sommes… haleta Conan.
- Mais qu'est-ce qu'on fait ? demanda Genta avec inquiétude. Si on leur laisse un message et que les autres le trouve, ils le détruiront !
- Le mieux, c'est de fuir au fond de la caverne et d'essayer sans relâche d'entrer en contact avec eux grâce aux transmetteurs qui sont dans nos badges, proposa Mitsuhiko.
Avec une main tremblante, Conan fouilla dans une poche de la poitrine de son blouson en disant à Mitsuhiko que s'ils s'enfonçaient, les ondes ne passeraient plus.
- Alors, on fait quoi ? demanda Ayumi.
- On va laisser sur notre trace des émetteurs en forme de bouton… il y a de l'adhésif au dos… on va en disposer une dizaine… souffla Conan.
- Mais… pour quoi faire ?
Conan ne pouvait pas leur expliquer dans son état. On devait juste faire ce qu'il demandait.
Il veilla d'ailleurs à laisser ses lunettes sur le chemin.
Red tournait en rond comme un lion en cage pendant que, dans la nuit tombante, Haibara essayait à grande peine de joindre le groupe avec les badges.
- Ils mettent vraiment beaucoup de temps… et moi qui pensais que j'aurais pas à me faire des cheveux blancs avec des gamins sans cervelle… chiotte, je laisse Luffy derrière et je me récolte cinq écervelés en échange… grommela Red.
- Ne me compte pas dans le lot, je te prie, lui dit Haibara. Viens, allons les chercher.
Red retira sa canne de son dos et emboita lui le pas pour s'enfoncer dans la forêt, dispersant ses lucioles de feu vert pour éclairer la route de la chibi-scientifique.
Les gosses se faisaient du souci pour Conan qui était sur le dos de Genta. En attendant une meilleure option, il s'était mis un gros pansement.
- Genta, tu ne pourrais pas avancer plus vite ? Ils vont nous rattraper… demanda Conan.
- Si mais… quand ça secoue, tu as mal, non ? fit Genta avec hésitation en regardant le garçon sur son dos.
Conan gémit un « t'occupe » et Genta accéléra un peu plus le pas. Le détective serra les dents.
- Tout est de ma faute… c'est moi qui ai dit qu'il n'y avait pas de mal si on allait juste voire un peu dans cette caverne… marmonna Ayumi, les larmes aux yeux. Il ne serait rien arrivé à Conan si…
- Ce n'est pas de ta faute ! réfuta Mitsuhiko. C'est moi qui ai vu en premier cet endroit…
- Imbécile ! C'est évident que c'est de ma faute ! C'est moi qui me suis excité sans réfléchir et qui ai vu ces types… coupa Genta.
- Bande d'idiots…
Tout le monde regarda Conan qui malgré la situation avait un sourire aux coins des lèvres.
- Si vous n'étiez pas entrés, on n'aurait pas eu l'occasion de résoudre une enquête qui n'aurait jamais pu l'être… leur dit Conan d'une voix haletante. N'ayez aucun regret… Bon… dîtes-vous que si on leur échappe on aura une aventure à raconter à Dawn et Haibara et qu'en plus, un bon barbecue nous attend… essayons d'être positifs, ne ?
Cela redonna un semblant de sourire aux enfants.
C'est là qu'ils arrivèrent à une intersection.
Par où choisir…
Conan demanda la lampe de Genta.
Red, Haibara et Agasa cherchaient dans les sous-bois, appelant les quatre aventuriers en perdition.
C'est là que Haibara montra ce qu'elle avait trouvé.
Quatre tas de bois bien proprement alignés devant l'entrée d'une caverne qui disait clairement qu'il ne fallait pas entrer.
Avec un soupir, Red trouva la corde à l'aveuglette et passa en dessous.
- Peu importe l'éducation et le monde, c'est toujours pareil. Dis à un gosse de ne pas faire quelque chose et il le fera…
Red s'immobilisa sur le seuil de la grotte au commentaire de Haibara :
- Ce qui veut dire que tu es toujours un gamin, Portgas.
Red se tourna vers Haibara avec un grand sourire.
- Nan, c'est mon job d'enfreindre les lois, je suis un criminel.
Conan essayait de rester conscient malgré le fait qu'il perdait de plus en plus de sang.
Ils avaient laissé la montre de Genta du côté qu'ils avaient pris, en veillant à la laisser allumer et avec un bracelet fermé pour leur faire croire qu'ils avaient emprunté le chemin opposé.
C'était des braqueurs de banque, avec généralement, un seul cerveau et basta. D'autant plus que dans cette caverne calcaire, impossible d'utiliser les transmetteurs, donc, pas de risque qu'ils se séparent.
Ils passèrent à cet instant à proximité d'une petite étendue d'eau où Ayumi remarqua un poisson. Cela encouragea Conan quand la demoiselle lui dit qu'il avait des yeux.
- Un poisson dans une caverne dont les yeux ne sont pas détériorés, ça signifie qu'il vient d'une autre rivière et qu'il s'est certainement égaré… donc, si on remonte ce cours d'eau…
- On pourra sortir ! comprirent Ayumi et Mitsuhiko.
- Oui, sourit faiblement Conan.
Haibara venait de mettre la main sur une paire de lunettes dans la caverne.
- Ce sont celles de Kudô, non ? se fit confirmer Haibara.
- Alors, ils se seraient perdus ici… supposa Agasa en regardant autour d'eux. Pas une minute à perdre ! Il faut se dépêcher de les chercher !
La canne de Red lui coupa la route.
- L'endroit sent la poudre et le sang. Il n'est pas question qu'on s'enfonce comme ça, surtout deux scientifiques ! leur dit le pirate en relevant ses lunettes sur son front, étirant ses sens et son Haki au maximum.
Haibara alluma les lunettes et les enfila, notant qu'il y avait plein de trucs autour d'eux sur le GPS des lunettes. En observant les alentours, Agasa constata qu'il s'agissait d'un émetteur bouton.
- Ne les touchez pas ! On dirait qu'il y a une disposition particulière !
Haibara dézooma un maximum et vit rapidement un message lui apparaître sur l'œil.
110
Le numéro de téléphone de la police japonaise.
- PORTGAS ! Fonce ! rugit Haibara. Ils sont en danger !
- J'attendais que ça ! assura Red.
Il passa sa canne sur son dos et fonça à l'assaut de la caverne, réduisant sa forme en un tourbillon de feu pour aller plus vite et trouver ainsi plus rapidement les enfants en danger.
Pendant ce temps, le quatuor avait trouvé d'où venait la truite de tout à l'heure, et ce n'était pas une bonne nouvelle.
Il s'agissait d'un trou dans la roche d'où coulait en cascade de l'eau et d'où tombaient les truites pour le coup.
Pourtant, en montrant le plafond, Conan avait un indice pour les rassurer.
Des racines d'arbres.
Cela voulait dire qu'ils étaient proches de la surface, donc, que la sortie devait être pas très loin.
En regardant autour, ils virent qu'ils arrivèrent dans une sorte de salle avec à son entrée, un œuf taillé dans la pierre. Et derrière l'œuf, cinq passages taillés dans la roche. Quatre à droite et le cinquième à gauche.
Conan réfléchissait à toute blinde.
La forme en œuf n'était pas naturelle, il avait donc été taillé et positionné là de façon intentionnelle.
- Regardez ! il y a quelque chose qui est gravé ! pointa Mitsuhiko en éclairant le socle de l'œuf. « A celui qui se perd dans l'obscurité… suis le chemin du dragon… et tu seras éclairé par la lumière du paradis suprême. » C'est à peu près la même inscription que celle qui était à l'entrée…
Cela fit tilt dans la tête de Conan.
Du mouvement au-dessus de sa tête alerta Ayumi. Elle leva sa montre au plafond et poussa un hurlement de frayeur en voyant qu'il s'agissait de chauves-souris. Bien entendu, quand on les dérange, les chauves-souris se vengent toujours (notamment celles des cachots).
Dans un autre fandom, Severus Rogue éternue alors qu'il prépare une potion.
- Ne bougez pas ! conseilla Conan. Restez immobiles !
Il décrocha son badge de sa veste et le jeta devant lui. Le badge rebondit un instant et les chauves-souris se jetèrent dessus.
- Les chauves-souris dans les cavernes mangent des insectes… c'est pourquoi elles sont très sensibles au moindre bruit et au moindre mouvement… expliqua Conan.
- Euh, Ayumi-chan, essaye de ne pas trop dénicher des trucs trop bizarres, s'il te plait… demanda Mitsuhiko.
- Mais… gémit Ayumi.
- Non, c'est très bien, Ayumi, assura Conan. Les chauves-souris des cavernes ne vivent jamais à plus de trois cents mètres d'une entrée… donc… cette sortie que nous cherchons doit être juste devant nous…
Cela rassura les enfants, mais restait toujours le problème de l'énigme. Tout se mélangeait dans sa tête… le chemin du dragon ; l'œuf de pierre et le 'to' sur la pierre de l'entrée. Puis, il vit la solution.
- La phrase : « celui que se perd dans l'obscurité » s'adressa à ceux qui se sont perdus ici… et « la lumière du paradis suprême » c'est la lumière de la sortie… haleta Conan. En fait… la pierre gravée à l'entrée et le rocher ici portent la solution pour sortir d'ici… la sortie, c'est le chemin du dragon… et le chemin du dragon c'est…
Sous le sourire des trois autres, Conan leva un bras tremblant… qui tomba lourdement sur l'épaule de Genta.
C'est là qu'ils réalisèrent que quand Conan leur avait dit qu'il avait mis un pansement, c'était pour les rassurer. Parce qu'avec ou sans pansement, le résultat était le même. Conan perdait tellement de sang qu'il commençait à tacher les vêtements de Genta. D'où le fait qu'il soit inconscient.
Pire que tout, les malfrats étaient presque sur eux.
Quand les trois braqueurs rejoignirent l'œuf, les enfants étaient cachés dans le passage en haut à droite. Pendant qu'un des hommes resta assis au pied de l'œuf pour monter la garde, les deux autres prirent le premier passage à droite avec l'intention de tous les fouiller.
- Pourquoi on est entrés là-dedans ? souffla Mitsuhiko à Genta.
- J'en sais rien ! On a pris celui du fond et pas de bol ! C'est juste un renfoncement de la paroi ! se défendit Genta.
- Ne vous disputez pas ! souffla Ayumi. On doit vite trouver le chemin du dragon dont Conan a parlé sinon on va se faire tuer !
- Trouver… ? Sans Conan ? fit Mitsuhiko.
- Sérieux... ? demanda Genta.
- On n'a pas le choix…
Ils posèrent Conan sur le sol, contre la paroi et regardèrent le guet avec sa lampe de torche, assis devant l'œuf.
L'homme restait assis sans bouger, attentif. Pas le moins du monde sur le point de s'endormir.
Pas le temps d'attendre qu'il se fatigue, ses complices risquaient de débarquer n'importe quand.
Ils devaient sortir d'ici pour conduire Conan à l'hôpital et vite.
Mitsuhiko sortit de la poche de Conan le carnet que le chibi-détective baladait toujours sur lui afin de schématiser l'endroit. Les cinq chemins, l'œuf et le guet. Pour leur cachette, il se contenta d'une petite bosse puisque ce n'était qu'un renfoncement.
- Ici, ce n'est qu'un renfoncement, donc, il ne reste plus que quatre chemins possible… réfléchit Mitsuhiko.
- Le chemin du dragon, souffla Ayumi en réfléchissant.
- Dragon avec un D comme doraemon, marmonna Genta.
Mais oui ! C'était dragon et pas ryuu ! Dragon avec un D ! La première lettre était le D.
Quatrième lettre de l'alphabet latin…
- Alors ce serait le quatrième chemin !
Fausse piste, cela correspondait à celui où ils étaient.
- Au fait, quand il était sur mon dos, Conan marmonnait des trucs… annonça Genta.
Et il répéta les mots clés : 'to' ; dragon et œuf.
- ET TU POUVAIS PAS LE DIRE PLUS TÔT ! s'emporta Mitsuhiko en saisissant Genta par le col.
Mauvaise idée de pousser une gueulante. Le vigile l'entendit et se leva, marchand vers eux. Ils voyaient déjà le faisceau de sa lampe…
- Ben alors ! Je t'ai demandé de monter la garde, non ?! rouspéta le chef en revenant avec l'autre complice.
- Vous ne les avez pas trouvés… ? s'enquit le guet.
- Non, le premier chemin est une impasse… y'a pas à se faire de mouron. Il n'y a plus que quatre autres chemins, on va vite leur mettre la main dessus. Ils vont certainement repasser par-là, alors, ouvre l'œil !
Et le duo s'engouffra dans le deuxième chemin de droite alors que le guet retournait à sa place.
Ils avaient eu trèèèès chaud.
- Bon ! reprit Mitsuhiko en fixant son schéma auquel il ajouta une croix sur le premier chemin pour dire qu'il n'était pas bon. Nous avons le dragon, le to et l'œuf.
- Moi je comprends rien… grommela Genta.
- Si à la place du dragon, on avait eu un serpent… et comme l'œuf est sa nourriture préférée… marmonna Ayumi.
- Un serpent ? demanda Mitsuhiko.
- C'est ce que me disait ma grand-mère à la campagne. Elle est née l'année du serpent dans l'astrologie chinois et elle s'y connait bien en serpents !
Cela donna une nouvelle idée à Mitsuhiko. Il était possible que les mots clés correspondent à un code qui renvoie aux signes astrologiques chinois. L'année du dragon pour le mot dragon, et celle du serpent pour l'œuf. Pour To, on avait tora, le tigre.
Sur son papier, Mitsuhiko positionna les signes du zodiaque, mais l'évidence se fit très vite. Le dragon tombait juste après l'œuf, et c'était justement le premier chemin prit par les malfrats et qui finissaient en cul de sac. Ayumi ajouta aussi que le coq correspondait mieux à l'œuf. Et si on rajoute que l'œuf représentait la fécondité, alors, ça renvoyait à l'année du lièvre.
Mitsuhiko soupira. Eh bien, sa solution n'était pas la bonne.
- Le seul point commun qu'il y a entre ces trois mots, c'est qu'ils s'écrivent avec un seul idéogramme, marmonna Genta.
- Comme ça avec un seul idéogramme ? s'enquit Mitsuhiko.
C'était surprenant comme remarque, venant de Genta.
Rouge d'embarras, Genta expliqua que l'autre jour, dans un restaurant près de chez lui, il a voulu commander une omelette et avait fait une erreur en lisant le caractère. Au lieu de dire « omelette » il a commandé un « prince grillé », ce qui avait provoqué l'amusement des clients.
Mais ça renvoyait au fait qu'on pouvait écrire œuf de deux façons.
Ce qui donna une troisième idée à Mitsuhiko.
- Et si c'était en fait… comme un sur plateau de shôgi ?
Incompréhension générale. Où voyait-il une ressemblance avec ce jeu ?
- Au dos du pion de la « marche », il y a un to… et au dos de celui du « vol », il y a le « roi dragon ». Et si comme tu le dis, l'œuf est pris dans sa deuxième graphie, alors, ça renvoie peut-être au Gyokushô…
- Le Gyokushô ? répéta Ayumi qui ne suivait pas son raisonnement.
- Oui, lorsqu'on joue au shôgi, c'est comme ça qu'on appelle le « roi » qui est utilisé par l'adversaire. Donc, si cet œuf désigne la position du roi, les cinq chemins seraient du haut vers le bas l'or, l'argent, le cheval, le parfum et en face du cheval, le vol.
- Et donc, le chemin du dragon… ? se fit confirmer Ayumi.
- Oui ! Ce serait ce chemin isolé en face des autres qui conduit à la sortie.
Le tout était de savoir comment faire. S'ils voulaient prendre la sortie, ils devraient passer devant le guet.
Ce qui était embêtant parce qu'ils n'avaient pour arme que leurs montres et les badges.
En regardant Conan contre le mur, Ayumi eut une idée.
Elle leur expliqua son plan sans réaliser qu'il commençait à faire chaud.
- A la une, à la deux…
Le guet releva la tête en voyant les trois gnomes sortirent de leur cachette et… lui jeter des pierres qui rebondirent à ses pieds. Cela le fit rire, jusqu'à ce qu'il entende des bruits étranges venant du plafond.
Déjà, les chauves-souris étaient sur lui.
- Maintenant, on fonce ! cria Genta.
Et ils foncèrent alors que le malfrat se débattait avec les mammifères volants.
C'est à cet instant que le reste du groupe revint et demanda des explications.
- Les morveux, ils sont partis par-là !
Entre deux chauves-souris, le gars pointa le chemin emprunté par les enfants.
- Vous n'irez pas loin ! hurla le chef en tirant de sa veste son flingue.
SBAM
Il trébucha proprement sur le sol, manquant de se mordre la langue.
Deux pieds d'enfants entrèrent dans son champ de vision et Red s'accroupit devant lui, tapotant sa nuque de sa canne, un sourire plus que vicieux sur les lèvres.
- Je pense que votre route s'arrête ici, messieurs.
Un coup de feu partit, passant au travers du front de Red dans un embrasement, provoquant des cris d'horreur du malabar qui avait tiré.
- Encore plus quand vous venez de faire cette erreur stupide. Avant, j'étais prêt à vous mettre à terre et attendre la police… mais là… vous savez ce qu'on dit…
Le sourire du pirate prit une teinte sanguinaire dans les flammes qui commençaient à s'élever autour de lui.
- Seul les morts ne parlent pas.
Les hurlements d'agonie qui les poursuivaient ne pouvaient que les faire courir plus vite. On aurait presque pu croire qu'il y avait un démon à leur trousse.
Avec la chaleur insoutenable de la grotte, ils avaient vraiment l'impression d'être en Enfer.
C'est avec soulagement qu'ils virent enfin la sortie devant eux, avec un accueil de policiers.
Rapidement, ils leurs racontèrent l'affaire et un agent de police les escorta jusqu'à la sortie, pendant que le reste allait coffrer les criminels.
