Salut, petit chapitre pour vous tous et toutes ! J'ai de quoi faire un update par semaine, j'ai l'impression, on verra combien de temps ça va tenir.
Merci pour les commentaires à Misstykata et Arya39. Oui, Hiken revient souvent, mais il monopolise pas tout le temps d'antenne. Non Arya, mes favoris ne sont pas forcément ceux où Conan se fait blesser. Mais contente qu'il te plaise.
Sur ce, je vous fais un mini résumer du dernier chapitre (pour ceux qui l'ont oublié) et je vous lâche sur celui-ci.
Dans l'épisode précédent :
Conan et la bande des Détectives Juniors partent en camping, bien que Conan essaye de trouver une solution à son problème du moment : Ran qui soupçonne la vérité à son sujet. Durant leur quête de bois pour le feux, le groupe des Détectives Juniors et Conan tombent sur une grotte à l'abandon. L'appel du mystère étant plus forte, ils décident de l'explorer, et tombent par hasard sur un groupe de braqueur qui se débarrassent du corps de l'un des leur. Dans la précipitation qui suivi, les malfrats firent feu et Conan fut toucher. A moitié inconscient, perdant beaucoup de sang, il ne put que laisser un message de SOS pour Agasa, Haibara et Dawn toujours au camp, pendant que les trois enfants devaient trouver la sortie. Arriver à l'autre bout de la grotte plusieurs heures plus tard, ils sont prit en charge par la police et Conan est envoyé à l'hôpital, dans un état critique, pendant que Dawn fait un barbecue sauvage avec les malfrats.
On with the chapter now...
Red avait été content de retrouver la source d'eau en faisant demi-tour dans la grotte.
Et aussi de porter des vêtements sombres s'il en croyait Haibara (il prenait ce qui lui passait sous la main le matin et vu que c'était Haibara qui avait tout acheté, il ne risquait pas de savoir).
Parce que le passage à l'eau l'avait débarrassé d'un maximum de sang, sans que l'immersion soit trop profonde pour qu'il se noie, et la couleur de ses vêtements masqueraient le reste, le temps de prendre des nouvelles de l'état de Conan.
En courant, il parvint à retrouver l'entrée de la caverne où Agasa vint le cueillir avec les autres enfants. Genta ne posa aucune question sur la raison pour laquelle Red monta à l'avant, mais en voyant les légères traces de sang sur son siège passager, Agasa se dit que lui-même ne voulait pas savoir.
C'est ainsi qu'ils filèrent vers l'hôpital général de Beika.
Et Conan était au bloc opératoire.
- Comment ?! s'étrangla Kogoro quand il fut averti. Une opération !? Ce n'était pas une simple blessure ?!
Agasa allait lui expliquer quand Haibara intervint :
- Il a reçu une balle de pistolet. La belle est entrée par la partie latérale gauche du dos pour ressortir par le ventre. Elle l'a traversé de part en part, et il a perdu beaucoup de sang. Les risques de dommages aux reins sont très élevés. Il est dans une situation critique.
- Disons plutôt que si l'hosto a pas assez de réserve de sang, il ira danser avec ses ancêtres avant l'aube, résuma Dawn, les mains derrières la nuque.
Kogoro les regarda. Les deux gosses parlaient avec un détachement vraiment effrayant.
C'est là qu'ils virent Conan passer sur un brancard, sous oxygène, conduit dans une autre salle par une infirmière et un médecin. Ran et Ayumi couraient à côté au même rythme.
- Accroche-toi Conan-kun ! Encore un peu de patience… supplia Ran.
Une autre infirmière débarqua à cet instant avec une mauvaise nouvelle. Apparemment, ils n'avaient plus rien en réserve de sang correspondant au gamin. Tout avait déjà été utilisé pour un autre patient un peu plus tôt. Et même en le demandant en urgence au centre de transfusion, ça serait trop tard.
C'est là que Ran parla :
- Si cela vous convient, je peux lui en donner…
Les médecins la regardèrent.
- Lui et moi sommes du même groupe sanguin…
A moitié inconscient, Conan regarda Ran.
Comment pouvait-elle le savoir ?
- Faîtes quand même un examen, mais… fit Ran.
- Bien, allons en salle de prélèvement… accepta une infirmière.
Conan tourna légèrement la tête pour la voir partir.
« Ran… alors… tu sais… » songea-t-il faiblement.
Il sentit une main brûlante sur son épaule et tourna la tête dans l'autre sens.
- Crois-en mon expérience, la mort, c'est ennuyeux. Alors, accroche-toi, Kudô, chuchota Red qui avait relevé ses lunettes juste pour lui parler.
Le « ouais » faible de Conan sortit avec un léger écho.
On repoussa Red pour conduire Conan en salle d'opération, laissant tout le monde attendre dehors.
Ran était revenue, une main sur son bras là où on lui avait fait le prélèvement, priant de toute ses forces pour que Conan s'en sorte.
Pour que Shinichi s'en sorte.
Conan ouvrit les yeux sur un monde flou et lumineux qui se précisa lentement.
Le fait qu'il voit en premier lieu une intraveineuse lui fit dire qu'il était toujours en vie. Comme quoi, il était résistant.
En s'asseyant dans son lit d'hôpital, une douleur au ventre le saisit, avant de s'immobiliser.
Illuminé par le soleil levant, il découvrit Ran à moitié avachie sur le lit au niveau de ses pieds, dormant profondément, avec une veste sur le dos.
- Tu peux lui dire merci.
Conan tourna la tête vers Kogoro qui venait d'entrer dans la chambre avec la tête de quelqu'un qui n'a pas dormi.
- Elle t'a donné 400ml de sang et t'a veillé toute la nuit. Une chance que Ran et toi ayez le même groupe sanguin. C'est un sang particulier et il n'y en avait pas assez. A l'heure actuelle, tu ne serais plus de ce monde… marmonna Kogoro en arrangeant sa veste sur les épaules de sa fille endormie.
Oui, Conan s'en souvenait.
Et ça ne pouvait pas être un hasard. Elle connaissait son groupe sanguin… et sa véritable identité…
Conan sursauta en voyant le regard menaçant que lui jeta Kogoro.
- Elle t'a donné plein de sang… alors, t'as intérêt à vite te rétablir !
- Euh oui… sourit nerveusement Conan.
Dix jours plus tard, durant une visite à l'hôpital, Ran apprit que Conan pourrait sortir d'ici un ou deux jours. Il guérissait bien mais son système restait affaibli, le rendant sujet à des infections et des inflammations telles que rhume ou grippe…
Pendant que Sonoko et Ran discutaient avec le médecin, Genta, Ayumi et Mitsuhiko présentaient à leur camarade en fauteuil roulant un jeu en vogue à l'école en ce moment. Conan était concentré sur la petite console de jeu quand Sonoko débarqua et le lui prit des mains.
- Et voilà ! Le temps des jeux est terminé ! annonça la blonde. Les blessés, direction la chambre et sans détour !
Ran se saisit du fauteuil pour ramener un Conan tout penaud à sa chambre, alors que Sonoko continuait sur la même veine en disant aux autres enfants de retourner chez eux. Le trio salua Conan avant de filer, laissant les deux lycéens ramener le blessé à sa chambre. Conan parvint à récupérer le jeu en faisant les yeux de chiots à Sonoko.
Jamais il ne dirait à Red qu'il s'était inspiré de lui. Quoique les tâches de rousseur soient un atout inimaginable dans ce sens pour le D.
Apparemment, dans deux ou trois jours, ils seraient en plein dans la fête du lycée. Et si c'était trois jours, se serait même le jour de la pièce de la classe de Ran.
- Qu'est-ce qu'on va faire ? Il faudra venir le chercher mais toi, tu es bloquée dès le matin, non ?
- Ne t'en fais pas, je demanderai à mon père…
- Au fait, t'as réussi à le joindre ?
- Joindre qui ? s'enquit Ran qui ne comprenait pas le changement de sujet.
- Shinichi ! S'il apprend que tu es l'héroïne d'une pièce de théâtre, il va sûrement accourir !
Ouch !
Conan pâlit drastiquement en faisant la grimace. La conversation commençait à sentir mauvais !
- Il ne viendra pas… pointa Ran. En plus, ce n'est pas grave… Si Conan se rétablit et qu'il vient me voir…
- He ? fit intelligemment Conan en la regardant avec une certaine rougeur.
- Tu viendras, n'est-ce pas ? demanda avec espoir Ran.
- Euh oui… assura Conan d'une voix faible.
Il ne fallait que Sonoko pour briser l'ambiance avec un sarcasme bien coulant.
- Eh bien ? est-ce que ce n'est pas le grand amour, ça…?
Elle se pencha vers Conan en le montrant du doigt.
- Ne me dis pas que tu fais une transposition de Shinichi sur ce gamin…
- Mais non idiote ! Qu'est-ce que tu racontes ! se défendit Ran.
Vite, diversion !
- Au fait, Sonoko-nee-chan, il t'est arrivé quoi au poignet ? demanda Conan.
Sonoko se redressa et regarda son poignet.
- Hein, ça ? Je me le suis foulé à la répétition… à cause de ça, j'ai dû renoncer au rôle du chevalier…
- Mas on a eu de la chance de trouver quelqu'un d'assez gentil pour vouloir te remplacer, non ? pointa Ran.
- Quelqu'un de gentil ? s'enquit Conan.
- Mais si, je te l'ai dit : Araide-sensei.
- Eh ? s'étonna Conan.
Uh-oh, il n'aimait pas ça. Le petit bonhomme vert de la jalousie venait de se pointer avec le bleu de la peur.
- Bien que ça me désole, il est super doué ! sourit joyeusement Sonoko qui avait noté que Conan avec un faible pour Ran depuis un long moment. En plus, le must, il a une scène d'amour avec Ran~ !
- SONOKO ! s'indigna Ran rouge comme une tomate.
Pour le coup, cela embraya sur la climatisation du gymnase en panne et le fait que le club de théâtre allait installer un stand pour vendre des boissons fraîches. Mais Conan n'avait qu'une chose en tête qui lui faisait tirer une tête de six pieds de longs. Araide et Ran. Il était certain que ce gars n'avait attenu que cette opportunité.
- Les Lys, ça sent fort ! ça ne lui plaira pas ! grondait une fille dans la chambre de Conan dans un uniforme de lycéenne. C'est pas des fleurs qu'on amène à quelqu'un qui est hospitalisé !
- Dans ce cas, pourquoi tu ne me l'as pas dit dès le départ, boke ! rouspéta Heiji qui se tenait face à la demoiselle.
C'est deux-là, toujours la même chose…
- Hattori-kun… Kazuha-chan… qu'est-ce que vous faîtes ici ? s'étonna Ran alors que Sonoko se cachait à moitié derrière elle.
- Ah ! On a appris que le petit avait été sérieusement blessé, alors, en sortant de l'école, on a pris le premier avion ! expliqua le détective bronzé en brandissant le bouquet de lys qu'il avait en main.
- Comment va-t-il ? s'enquit Kazuha.
- Il se remet normalement et pourra sortir dans deux ou trois jours !
- Bon, tu n'as plus qu'à aller acheter d'autres fleurs ! pointa Heiji à son amie.
- En plus c'est moi qui dois y aller… grommela Kazuha.
- Ran-san, si tu peux lui indiquer le chemin, ça lui évitera de se perdre encore une fois !
Si Kazuha avait l'air franchement gênée par le comportement de son meilleur ami, Ran se contenta de rire et avec Sonoko, conduisit la lycéenne d'Osaka chez le fleuriste le plus proche.
Clac.
La porte se referma sur elles, laissant les deux détectives seuls.
- Alors ? demanda Conan avec lassitude en descendant avec précaution de son fauteuil. Quelle est la vraie raison qui t'amène ici ?
Il ouvrit son lit et grimpa difficilement dedans.
- Eh ben, moi qui te fais la gentillesse de venir te voir à l'hôpital… moi aussi, je sais ce que c'est de prendre une balle dans le bide.
- Et encore, on a pas égalisé Portgas qui s'est pris un pilier de magma dans la poitrine.
Heiji resta surpris par le commentaire.
- Si je l'avais pas vu de mes yeux embraser une pièce presque en claquant des doigts, j'aurai pensé pareil. M'enfin. Prenons les choses autrement pour ton cas, Hattori. Tu as acheté volontairement des lys pour te débarrasser des autres et être seul avec moi, il doit bien y avoir une raison.
Heiji se massa le nez.
Portgas avait le don de lui causer des migraines hallucinantes. (Bêta : Il fait ça à tout le monde, demande à Marco !)
Mais Conan avait raison, il y avait plus important.
- En fait, le professeur m'a appelé hier soir.
Conan arrêta d'arranger sa couverture pour le regarder.
- Il voulait avoir mon avis.
- Sur ? demanda Conan.
- Ecoute, Kudô, je ne sais pas mais…
Et avec un grand sourire qui fit blanchir Conan, Heiji lui assena le coup de grâce.
- … on dirait bien que la petite Ran a de sérieux doutes !
En bougonnant, Conan se rallongea dans son lit et lui tourna le dos.
- Pas des doutes, des certitudes…
Cela prit Heiji de court. Alors, il lui avait déjà dit la vérité ?
- Non, il y a plein de signes qui m'amènent à penser ça… même si mon apparence a changé, j'ai l'impression que ça ne sert à rien de vouloir la duper…
Avec un soupir, il se tourna sur le dos.
- Mais je ne sais pas… si elle en était sûre, pourquoi elle ne m'en parlerait pas ?
Heiji le regarda un instant en silence puis secoua la tête.
- Comme toujours tu es fort pour comprendre ce qui se passe chez les autres, mais quand il est question de toi… annonça Heiji. Si elle a tout compris et qu'elle ne t'a rien dit, il n'y a qu'une raison à cela… Elle attend… elle attend très certainement que ce soit toi qui lui dises !
Oh merde, il n'était vraiment pas sorti de l'auberge.
- Si c'est bien ça, au lieu de te ronger le frein… Ton Organisation de truc et ton histoire de médicament qui t'a fait rétrécir… autant tout lui expliquer, non ?
- Ahou ka ? rabroua Conan. Lui faire partager mes angoisses, la faire s'inquiéter et pleurer… je ne peux pas lui expliquer un truc pareil… Mais d'un autre côté, je n'ai plus la force de la voir se torturer l'esprit comme ça. Pour parler franchement, j'aimerais pouvoir tout lui dire… et me sentir soulagé…
Conan tourna la tête vers son camarade.
- Ne, Hattori, tu ferais quoi, toi ? Quelle est la bonne solution ?
Red sauta du toit d'Agasa qu'il entreprenait d'escalader quand il entendit le professeur l'appeler.
- Nanda ?
- Shinichi-kun est au téléphone et il voudrait te parler, Ace-kun. Et tu veux bien essayer de ne pas sauter du toit comme ça pour mon pauvre cœur.
- Wari.
Agasa lui mit le téléphone sans fil dans la main et Red le porta à son oreille.
- Tu veux me parler, Kudô ?
« J'ai… besoin de conseils, Portgas »
- Ow, ce doit être sérieux si t'es prêt à demander de l'aide à un criminel. Je t'écoute, qui est mort ?
« Personne… c'est… au sujet de Ran. »
Red en perdit sa voix et son humour.
Affaire de cœur, fallait être sérieux.
- Qu'est-ce qu'il se passe ? C'est au sujet de la discussion de l'autre jour ?
« Oui… Tu es au courant qu'Agasa a appelé Hattori à ce sujet ? »
- Je sais pas tout de ce qu'il fait. Hattori est passé, donc ?
« Hm. On a discuté des soupçons de Ran, et je pense plus qu'elle est certaine que je suis Shinichi. Et d'après Hattori, si elle a encore rien dit, c'est parce qu'elle attend que je le fasse. »
- Probable, je suis d'accord avec lui. Tu veux que je t'aide sur quoi ? Si tu me demandes de modifier sa mémoire ou un truc du genre, j'ai le regret de te dire que je n'ai pas cette capacité. C'est une garce du nom de Charlotte Pudding qui l'a, je me contente de faire flamber les choses.
« Je veux pas savoir… non, c'est pas pour ça. »
- Dis-moi tout.
Pendant un instant, Conan resta silencieux à l'autre bout du fil. Si silencieux que Red se demanda s'il n'avait pas raccroché. Le pirate trouva le mur de la maison assez facilement pour pouvoir s'appuyer contre, attendant toujours une réponse de l'autre bout.
« Si… si tu étais à ma place… tu lui dirais la vérité, toi ? »
Ah.
Red eut un profond soupir et se laissa tomber par terre contre le mur, ramenant ses genoux contre lui pour y appuyer ses coudes.
- Shinichi… tu essayes de comparer deux choses qui ne sont pas comparables. Toi et moi n'avons pas le même vécu, donc, pas le même mode de pensée. Et surtout, il y a une chose qui diffère entre nous. Mouri-kun est quelqu'un de sympa, et je présume que contre un homme normal, elle doit pouvoir bien se défendre grâce au karaté… mais elle est quelqu'un que je jugerais de physiquement faible. Mon entourage est entouré exclusivement de pirates, dont une bonne partie possède un akuma no mi. Même face à la chef infirmière de mon équipage, elle ne sortirait pas gagnante, pourtant, Cassandra est une civile et certainement pas une combattante. En sachant que ceux qui m'entourent sont capable sans trop de difficulté d'affronter l'Organisation…
Red ferma les poings en fermant les yeux aveugles.
- Je leur ai déjà menti une fois, et en dépit de ça, ils se sont jetés dans les bras de la mort pour me sauver la vie. Je pourrais pas leur mentir une seconde fois, surtout pour un problème moins grave…
« Moins grave que rétrécir ? » demanda Conan avec une voix dubitative.
- Du genre échapper à une exécution qui vire à une guerre qui ferait pâlir les destructions de Gomera.
« Point accordé »
- Pour revenir au sujet, c'est à toi de voir, Shinichi. Que fera Mouri-kun avec ce savoir ? Comment réagira-t-elle et comment agira-t-elle par la suite ? Sera-t-elle capable de survivre aux risques encourus par ce savoir ? Je la connais pas assez pour pouvoir y répondre. Seul toi peut le faire. J'ai pas toutes les réponses, loin de là.
« Je vois… merci quand même. »
- Oi… tu veux devenir plus fort ? Pour la protéger de ceux qui lui voudraient du mal ?
« Tu proposes quoi ? »
- Même si l'entraînement de barge que j'ai suivi fait que j'étais capable à dix ans de chasser des ours seul et avec une arme contendante, je te le ferai pas suivre. Je doute que tu apprécies d'être balancer du sommet d'un ravin.
« Merci de ta sollicitude » ricana narquoisement Conan.
- Ce que je te propose, c'est apprendre le self défense et améliorer ton endurance. Tu fais du sport à la base, donc déjà, tu dois pas être mauvais à ce niveau. Suivant ton application et ta motivation, je pourrais t'enseigner le Haki. Les deux formes, bien que pour l'une d'elle, ça sera plus difficile, mais on gèrera.
« Je croyais qu'il y en avait trois formes ? »
Red se passa une main sur le visage.
- Le Haoshoku, à moins de se manifester de façon accidentelle, a besoin des deux autres formes pour s'éveiller vraiment. Sans compter que quelques élus seulement le possèdent. On raconte que ceux ayant une destinée importante ou le potentiel d'un Roi le possèdent.
« Toi, un roi ? Je peux rire ? » se moqua Conan.
- Non, parce qu'avant de devenir un Shirohige, j'avais dans l'intention de foutre à mal Roger, le Kaizoku Ou, et de le devenir à mon tour en réussissant là où il avait échoué.
« Ok, je rirais pas. »
- Partant ou pas ? Vu que tu sors de l'hosto, on ira doucement.
« Si ça peut me permettre de protéger Ran, je suis partant. »
- On commence dès ta sortie. Repose-toi, parce que je compte te travailler jusqu'à l'os.
Cette nuit-là, Conan repassa dans sa tête cette affaire.
Partout dans son entourage, on lui disait de ne pas impliquer Ran. Mais surtout, on supposait que Ran savait quelque chose. Qu'elle avait compris. Même son père lui avait dit de ne pas sous-estimer les femmes.
Il soupira, les mains sous la tête, le regard perdu dans le plafond qu'il ne voyait même pas.
Mais surtout, il revoyait le regard suppliant de Ran ce soir-là, sur le pont du navire.
« Ne me laisse pas seule »
La supplique de Ran raisonnait avec clarté dans son esprit.
Un maigre sourire étira les lèvres de Conan…
Il devait lui dire.
…qui disparut rapidement quand les questions de Red lui revinrent à l'esprit.
Non, il ne pouvait pas se le permettre.
Connaissant Ran, ça serait la mettre en danger.
Schlak !
Conan sursauta devant ce bruit qu'il aurait reconnu entre mille comme celui d'un pistolet qu'on arme, mais avant qu'il ne puisse réagir, il se retrouver avec le canon d'une arme presque sur son visage.
Son sang ne fit qu'un tour en réalisant que la personne qui tenait l'arme, n'était personne d'autre que Haibara, le visage toujours aussi fermé. Elle s'assit au bord du lit sans retirer Conan de la menace de son arme.
- Désolée… on dirait qu'il restait encore un peu de ce sang noir et froid dans mes veines… s'excusa Haibara avec un sourire froid.
- Quoi ?! s'étrangla Conan.
- Comment ? Tu ne comprends pas ? J'ai été découverte par ceux que tu appelles les Hommes en Noir. Ça s'est passé lors de l'affaire du Haido City Hôtel… même dans mes cauchemars, je n'y avais pas pensé… Il semblerait qu'à part Pisco, il y avait un autre membre de l'Organisation à l'Hôtel. Portgas ne l'a certainement pas remarqué ou jamais rencontré pour ne pas réaliser sa présence. Le fait est qu'à cause de ce que cet homme a transmis à l'Organisation, ils ont commencé à soupçonner le fait que j'aie pu rajeunir grâce à un médicament… c'est ainsi que je les ai vus débarquer ce soir, juste après ton appel à Red. Ils l'ont déjà récupéré et ils prévoient de l'amputer des jambes pour s'assurer qu'il ne tentera plus de s'enfuir. C'est un sujet trop précieux pour que l'Organisation puisse le tuer. Quant à moi… j'ai cru qu'ils allaient me tuer sans attendre, mais ils m'ont dit que si je réintégrais l'Organisation, ils ne considèreraient pas cela comme une trahison.
C'était plus que bizarre comme démarche… une traîtresse qu'on reprend à bras ouverts ?
- La raison ? devina Haibara. Ils veulent faire progresser au plus vite les recherches sur l'APTX 4869 qui trainent sans ma collaboration, sans compter que je suis la seule personne vivante à avoir vu les recherches sur l'akuma no mi.
- Et donc… ? demanda Conan en essayant de rester calme. Tu es venue me tuer parce que je connais l'existence de l'Organisation ?
- Oui, c'est la condition qu'ils ont imposée pour m'accepter à nouveau parmi eux. Bien entendu, tes parents, tout comme le détective d'Osaka ont leur tour prévu pour demain, apprit Haibara. Ne m'en veux pas… ils ont gardé le professeur en otage… Portgas s'est rendu sans lutter à cause de ça et maintenant, moi aussi, je fais tout ce que je peux pour le sauver. Tu peux, tu n'auras pas à supporter la vue des corps de tes parents et de tes amis. Parce que tu seras le premier à partir…
Pang !
Conan crut faire un arrêt cardiaque quand, au lieu d'une balle de pistolet qui repeindrait très certainement le lit de sa cervelle, ce fut un simple bouquet de roses qui jaillit du bout du pistolet.
- Si c'était vrai, qu'est-ce que tu ferais ? demanda moqueusement Haibara.
L'air boudeur et hargneux de Conan qui avait eu la peur de sa vie était sans égale.
- Portgas m'a dit que Vermouth était à l'hôtel ce jour-là. Cela aurait pu finir ainsi. Tu aurais fait quoi s'ils étaient venus nous chercher et s'ils avaient pris le professeur en otage… personnellement, c'est ainsi que j'aurais agi.
Et elle retira du bout du pistolet le bouquet de fleurs.
- Enfin, ajouta-t-elle, tu peux être quasiment certain que dans cette éventualité, ils supprimeraient tous ceux avec qui j'ai été en contact.
- Mais qu'est-ce que tu es venue faire ici en pleine nuit ? demanda Conan qui ne comprenait pas le sens de cette farce.
Avec sérieux, elle se tourna vers Conan.
- Je suis venue te mettre en garde, lui dit-elle avec gravité. Si, emporté par tes sentiments, l'envie de tout lui raconter te venait… Il ne fait aucun doute qu'elle deviendrait la première cible de l'Organisation…
- Elle… ? Tu veux parler de Ran ? se fit confirmer Conan en s'asseyant totalement dans son lit.
- Oui… je n'ai pas encore vraiment parlé avec elle, mais… selon toute probabilité, elle a ressenti qui tu étais vraiment. Et cette fois, fatigué de la tromper, tu envisages de te soulager en lui racontant toute la vérité… sur l'Organisation et le médicament…
…
Conan était sans voix. En général, c'était lui qui sortait ce genre d'analyse, pas Haibara, qui, une main sur la hanche, lui tourna le dos en fermant les yeux.
- Quoi ? ça t'étonne ? Quand je suis venue te voir et que j'ai vu ton visage, c'était clair. Et si moi, je l'ai compris, ça ne lui aura pas échappé non plus. Elle est peut-être en train de penser « ça y est, il va se décider à me le dire… »
- C'était l'idée, mais j'y ai renoncé, lui dit Conan.
Haibara se retourna pour lui adresser un regard des plus dubitatifs.
- Ma conversation avec Portgas m'y a fait renoncer. Il lui a suffi de trois questions pour que je comprenne ce que ça couterait à Ran de savoir tout ça.
- Comme quoi, il peut servir à autre chose que mettre le feu à tout et n'importe quoi, nota narquoisement Haibara. M'enfin.
Elle leva deux doigts.
- Tu n'as que deux choix possibles.
- Deux ?
- Oui, deux, parce que tu as renoncé à lui avouer la vérité. Première solution : tu poursuis cette relation quelque peu cruelle comme tu l'as fait jusqu'à maintenant sans rien lui dire… deuxième solution…
Les fêtes de lycée étaient toujours de sacrés évènements où les étudiants se donnaient à trois cent pour cent. Celle du lycée de Teitan ne faisait pas exception. On avait des tas d'animations en ce jour d'été, des stands de boissons et de nourriture…
Et bien sûr, la pièce de la classe de Ran.
Espionnant le gymnase qui se remplissait rapidement, Ran paniquait depuis son poste derrière les rideaux de la scène.
- Pourquoi y a-t-il autant de spectateurs ? gémit-elle en commençant à grimper dans l'échelle de la panique. C'est notre pièce qui est joué en suivant…
- C'est ça la réputation ! sourit joyeusement Sonoko qui avait passé elle aussi sa tête dans l'ouverture du rideau. Quand tu dis que c'est une Love Story qui surpasse Roméo et Juliette, il ne peut y avoir que du peuple~…
- Ran-chan !
Reconnaissant l'accent vivant et expressif de la fille qui l'appelait, Ran se retourna avec un immense sourire pour accueillir son amie d'Osaka.
- Kazuha-chan !
Kazuha alla rejoindre les deux autres filles avec un sourire un peu embarrassé.
- Je suis finalement venue ! Heiji m'a dit : « n'y va pas, tu vas la gêner ! » mais…
- Alors Hattori-kun n'est pas venu ? comprit Ran avec une certaine déception.
Elle l'aimait bien, c'était un bon ami, même si un peu trop obsédé par les énigmes comme un certain absent dont le nom n'avait pas besoin d'être cité.
- Dommage ! bougonna Sonoko. Dire que j'avais des vues sur lui….
Mauvaise chose à dire devant Kazuha.
- He ? s'étonna l'invitée.
- Elle plaisante ! rassura Ran à son amie. Elle plaisante, ne t'en fais pas ! En réalité, elle n'a d'yeux que pour un autre beau garçon tout bronzé !
Ran tourna un sourire forcé à Sonoko.
- N'est-ce pas ?
- Faut pas m'en vouloir si j'aime les « beaux garçons bronzés », marmonna Sonoko en comprenant le message.
Heiji Hattori n'était pas sur le marché, elle devrait voir ailleurs.
- Et Kudô ? demanda Kazuha en regardant autour. Il est où ? Tu l'as prévenu, n'est-ce pas ?
- Non, pas vraiment… sourit nerveusement Ran.
- Toi alors ! rouspéta Sonoko, les mains sur les hanches. Tu invites tout le voisinage, tous tes amis et tu ne préviens même pas ton fiancé ?
- Alors, je ne suis pas le seul que tu aies prévenu, Ran-nee-chan… marmonna une voix étouffée près du sol.
Ran baissa la tête et vit deux petits garçons au pied de Kogoro. L'un avec l'air ultra fatigué et avec un masque médical, toussant clairement. L'autre, tout sourire avec ses lunettes de soleil. Un sourire qui semblait crispé.
- J'ai eu beau lui dire de rester à la maison parce que son rhume n'est pas encore guéri, il n'a rien voulu savoir. « J'ai promis » m'a-t-il répondu… grommela Kogoro en ébouriffant les cheveux du garçon qui sortait de l'hôpital.
- Ton rhume, ça va ? s'enquit Ran.
- Hmhm, assura Conan.
- Et toi, qu'est-ce que tu fais là, Red-kun ?
- Haibara est alitée, j'ai pas envie qu'elle me rende de nouveau malade et j'avais rien à faire, indiqua Red en haussant des épaules. Alors, j'ai demandé à Edogawa si je pouvais venir avec lui.
- Tu arriveras à suivre la pièce ?
- J'ai une imagination fertile, daijobu.
C'est là qu'un homme assez jeune à lunette et aux cheveux châtains arriva, tenant un script entre ses mains, faisant se crisper un peu plus Red.
- Mouri-san, puis-je te demander quelque chose ? C'est à propos des dialogues de la dernière scène…
Ran se tourna vers lui et alla le rejoindre pour discuter du dialogue en question.
- Dis donc, il est beau gosse… c'est le partenaire de Ran-chan ? demanda Kazuha en voyant le garçon assez mignon.
- Oui ! Vous ne trouvez pas qu'ils vont bien ensemble ? sourit Sonoko.
- Sonoko-nee-san, c'est qui ? demanda Red sous le regard vaguement intrigué de Conan.
- C'est Araide-sensei ! Le médecin scolaire en charge de notre école !
- Bon, moi, je vais m'asseoir à ma place… marmonna Conan en se détournant.
- N'en fais pas trop ! conseilla Kogoro à sa fille. Par ici la sortie, les gamins.
Les deux enfants emboitèrent le pas de Kogoro.
Ran les regarda partir avec une certaine tristesse alors que Sonoko paniquait en voyant que l'heure tourner et que Ran n'était toujours pas changée dans son costume.
Le gymnase était une vraie fournaise, ce qui expliquait que la buvette soit prise d'assaut. La lumière fut brutalement coupée, signalant le début de pièce.
« Vous allez assister à la représentation de la pièce Shuffle Romance de la classe de Première B. bon spectacle » annonça une voix off.
Le rideau se leva sur Ran dans une magnifique robe de princesse qui, depuis la fenêtre d'une tour, se lamenter.
- Ah… Zeus, toi le Dieu de la connaissance absolue ! Pourquoi me fais-tu subir pareille chose ?! Qu'ai-je donc fait pour être contrainte d'accepter ce mariage que je n'ai pas désiré ?!
- AH ! VOUS VOILÀ ! NOUS VOUS ATTENDIONS, MAJESTÉ ! cria Kogoro.
Heureusement que Ran avait déjà son visage dans les mains pour simuler ses larmes, parce qu'elle rougissait de honte de l'intervention de son père.
Tout le public regardait son père d'un air perplexe.
Avec un sourire gêné, il pointa du doigt Ran à la fenêtre.
- C'est… c'est ma fille~ !
Kazuha le regarda en se disant qu'elle était à la mauvaise place.
- Oi, y'a combien de place de libre à côté de toi ? chuchota Red à Conan.
Conan regarda à sa droite.
- Trois.
- Je propose qu'on se décale pour laisser au moins un siège d'écart entre nous et cet homme afin de faire comme si on ne le connaissait pas.
- Vendu, acheta Kazuha.
Conan glissa un siège plus loin, faisant que Red, puis Kazuha suivirent le mouvement.
- Nee-san, vous pouvez me passer ma canne, elle devait être au pied de mon siège.
Kazuha chercha la canne en question et remarqua immédiatement à quoi elle pouvait servir.
- Tu as besoin d'aide pour comprendre la pièce ? demanda poliment la demoiselle en comprenant le handicap du gamin.
Red se contenta de secouer la tête et de se renfoncer dans son siège.
Sonoko était contente des applaudissements de la fin du premier acte, ce qui voulait dire que la pièce plaisait. Elle souleva un rideau en regardant vers la salle.
- Sensei ! Dépêchez-vous, c'est la fin du premier acte. Dépêchez-vous de monter, il faut être prêt pour…
Elle regarda enfin vers le médecin et le mot "entrer" mourut dans sa gorge.
Sur la scène, le nouvel acte venait de commencer avec une attaque du carrosse de la princesse.
- Mais… qui êtes-vous ?! demanda l'un des lycéens qui jouait les gardes. Savez-vous que c'est l'attelage de la princesse Heart du Royaume de Bridge ?! Gredins !
- Et comment qu'on le sait ! assura l'un des "bandits" qui avait attaqué le carrosse. Nous avons reçu ordre de tuer la princesse pour empêcher ce mariage !
- Nous appartenons à l'empire et nous détestons la principauté et le royaume tel qu'il est dirigé… renchérit un autre.
Et les brigands passèrent de nouveau à l'attaque, décimant l'escorte de la princesse qu'ils tirèrent de force de son carrosse avec un cri de la demoiselle.
- VAS-Y RAN-CHAN ! SORS TON KARATE ! TUE-LES ! encourage Kazuha s'attirant des regards encore plus perplexes de l'assistance.
Avant que Red ne puisse poser la question, Conan glissa sur un autre siège, permettant à Red de s'éloigner de Kazuha. (Bêta : ils vont finir à l'autre bout de la salle !)
Sur scène, il se mettait à pleuvoir des plumes de corbeau qui firent peur aux brigands. Dans la pluie de plumes, un homme atterrit sur la scène, tranchant l'un des assaillants de la princesse dans le dos.
- C'est… le CHEVALIER NOIR !?
Ledit chevalier portait une armure noire avec une longue cape de même couleur. Son col avait des arabesques dorées qu'on retrouvait sur son heaume qui lui masquait presque tout le visage sauf la bouche.
L'apparition du sauveur provoqua un bel émoi dans le public.
On pouvait dire qu'il avait de l'allure.
Red se pencha vers Conan.
- On a choisi le mauvais jour, je pense, chuchota Red.
- Pourquoi tu dis ça ? demanda tout aussi bas Conan alors que les brigands déguerpissaient sur la scène.
- Un pressentiment.
Sur scène, il n'y avait plus que Ran et le mystérieux chevalier noir.
- Une fois de plus, c'est vous qui êtes venu me sauver. Qui êtes-vous ? demanda Ran.
Le chevalier la regarda en silence par-dessus son épaule.
- Chevalier sans nom vêtu de noir, si vous avez une requête à formuler, quelle qu'elle soit, j'y accèderai…
Sans un mot, le chevalier se saisit de Ran et l'enlaça de toute ses forces comme s'il ne voulait plus la relâcher, surprenant la demoiselle.
- Araide-sensei… ce n'est pas ce qui se trouve dans le script… chuchota nerveusement Ran.
Araide ne répondit rien du tout.
Dans le public, Kogoro se leva d'un bond, décider à apprendre les bonnes manières à ce goujat pour se faire retenir par Kazuha qui lui disait qu'il ne fallait pas déranger et qu'en plus, ils en étaient à un moment crucial.
Red et Conan assistèrent au side show avec lassitude avant d'un lycéen pose un peu brutalement ses fesses à côté du binoclard.
Dans l'obscurité, on ne voyait que des cheveux sombres sous une casquette enfoncée presque jusqu'aux yeux et une peau claire. Cependant, l'inconnu avait un sourire de coin qui alerta Conan, sans parler d'une étrange ressemblance.
- T'as pu venir ? Je croyais que quand un surui-otaku * était indisponible, on ne le revoyait pas avant un moment, nota Red en tournant la tête vers le nouveau venu.
L'inconnu leva un doigt à ses lèvres avec un 'shhh' qui rendit encore plus perplexe les deux enfants.
- Je veux pas te faire de peine, mon gars, mais t'as du boulot, outre regarder cette pièce à l'eau de rose.
La remarqua valut une claque sur le crâne de Red qui soupira.
- Tu paieras pour ça.
Sur scène, Ran vit par-dessus l'épaule du médecin Sonoko brandir un cahier avec écrit en gros « c'est pas grave, continue ! ». La blondinette était étrangement souriante et rougissante comme deux autres camarades de classe de Ran.
Bon, si Sonoko disait d'enchaîner…
- Serais-tu Spade par hasard… ? demanda Ran. Autrefois, mon père lui avait fait une entaille au front et l'avait chassé de notre palais… Spade était le prince du Royaume de Tramp… Alors, si vous n'avez pas oublié la promesse que nous nous étions faites étant enfants… sur mes lèvres, vous pouvez déposer…
Elle ferma les yeux sous l'air à moitié ahuri et pressé du public.
- La preuve de votre identité.
Les mains autour du cou du docteur qui la tenait toujours dans ses bras, elle attendait visiblement un baiser.
Ils allaient s'embrasser quand un cri strident raisonna dans la pièce.
- Qu'est-ce que je disais, soupira Red sous le regard brusquement attentif de Conan.
Sur la scène, Araide venait de lâcher Ran pour la protéger de sa carrure et la cacher de sa cape, alors que le public s'était retourné
Un homme de bientôt la trentaine était à terre, sa boisson renversée… mort.
- La victime se nomme Kôhei Kamata, 28 ans… praticien à l'hôpital général de Beika, identifia l'inspecteur Megure alors que son équipe prenait des photos du mort.
- Oui… souffla celle qui était assise à côté de l'homme. Subitement, il s'est senti mal…
- A côté du corps, il y a cette boisson renversée… il l'a peut-être portée à ses lèvres et est tombé ? supposa Takagi en ramassant un gobelet cartonné de soda.
- Je ne peux pas vous dire… j'étais concentrée sur la pièce, s'excusa la femme.
- Il ne reste presque plus rien, nota Megure en regardant dans le verre.
Il se releva et interrogea la femme sur l'heure à laquelle cela s'était passé.
- La pièce a débuté à 14h passées… réfléchit la femme en regardant sa montre.
- Je pense que c'était à 14h40, intervint Ran toujours en costume.
Megure se retourna, surpris de voir Ran dans une robe de princesse.
- Lorsque j'ai entendu le cri, nous étions au milieu de la pièce, expliqua Ran. N'est-ce pas sensei ?
Elle se tourna vers le médecin qui se contenta de hocher vaguement la tête, le visage fermé, comme pensif.
Ce fut Takagi qui comprit ce qu'il se passait. Ran était élève de ce lycée, ce qui voulait forcément dire que l'oiseau de mauvais augure devait être par là. Megure le chercha partout à l'instant où Kogoro arrivait en remettant sa veste.
- Vous cherchez quelqu'un en particulier ? demanda Kogoro en regardant autour de lui.
- Oui, toi ! TOI ! gronda Megure.
M. Poisse, capable d'attirer la mauvaise fortune jusque dans l'école de sa fille.
Pendant que l'on regardait le gars du labo discuter avec Takagi, Red avait retrouvé le docteur Araide toujours en costume de chevalier noir.
- Laisse ton pote faire, sérieux, tu peux pas te montrer aujourd'hui. Enfin, plutôt ici.
- Hmhm… répondit l'acteur d'un air absent.
Red leva la tête vers la provenance de la voix.
- Et tu songeras à passer dans un temple ou un lieu de culte qui convient à ta religion, parce que niveau poisse, tu rivalises avec moi. Continue comme ça, et je vais croire que t'es encore plus poissard que moi !
- Hmmhm.
- Oi ! Tu m'écoutes ou pas !?
Avant qu'il ne puisse avoir une réponse, une autre voix s'éleva.
- Du cyanure de potassium est la cause du décès.
Tout le monde regarda celui qui venait de parler.
L'inconnu, qui s'était assis à côté de Conan, se tenait derrière Takagi, les mains dans les poches, la casquette toujours sur le crâne.
- Oui, il a peut-être bu du cyanure…
Megure jeta un regard noir à Kogoro.
- Dis, tu ne viens pas de me dire que personne ne s'était approché ?
- Ben si, mais… fit Kogoro.
- Imbéciles ! leur reprocha le garçon. On n'a pas besoin de toucher le corps pour comprendre ça… il serait normal de trouver du sang recraché suite à une mort pareille.
Il rapporta son attention au cadavre vierge de sang.
- Pourtant, on voit bien que ses lèvres et ses ongles ont viré au violet-rose. Monsieur nez fin, amène-toi.
Avec un soupir, Red s'approcha de l'endroit où il entendait la voix du garçon, se faisant guider par Takagi. Une fois sur place, Red fronça le nez.
- Y'a une odeur de… soda je crois… dans les environs… et… ça pue le cyanure, je confirme.
- Rappelle-moi ton âge, Red-kun ? demanda Takagi.
- Quand j'avais six ans, mon jiji a entendu parler de la mithridatisation… il était incapable de prononcer le nom, mais il a fait le nécessaire pour que je passe par là avec une bonne quarantaine de produits dangereux, dont le cyanure. Me demandez par comme je fais pour être encore en vie avec cet irresponsable, je sais pas DU TOUT ! Le fait est que je risque pas d'oublier cette odeur de sitôt.
Tout le monde regarda Red foutre une claque bien sentie à l'inconnu à la casquette qui s'était accroupi à côté de lui et s'en alla trouver refuge auprès de Ran.
- Comme vous le voyez, on a la confirmation de la présence de cyanure. Sans compter qu'à la différence des autres poisons, le cyanure se transmet par les cellules, il prive le sang de son oxygène et la circulation sanguine se bloque. C'est pour cette raison que le corps a cette couleur.
Le laboratoire confirma qu'il s'agissait bien d'un empoisonnement au cyanure.
Kogoro devint suspicieux et se pencha vers le garçon.
- Tu m'as l'air d'en savoir long sur cette affaire… tu n'étais pas assis à côté de Kamata-san par hasard ?
- Ah ça non ! ricana le garçon. J'étais assis huit rangées plus en avant !
Quand on lui demanda si quelqu'un pourrait le confirmer, le jeune homme se redressa de toute sa taille, regardant autour de lui pour pointer Conan du doigt qui était avec Red aux côtés de Ran.
- Oui, lui ! je suis resté tout le temps à côté de ce gamin !
- C'est vrai Conan ? demanda Ran.
- Oui je crois… marmonna le binoclard.
Red eut un bref sourire vicieux et ajouta un grain de sel pour se venger de la claque.
- J'ai entendu quelqu'un s'asseoir sur le siège de l'autre côté de Conan. Le chevalier noir était déjà entré en action, donc, il aurait pu l'empoisonner avant…
Le regard noir que Red se reçut fit sourire Conan sous son masque médical.
Ce qui rajoutait encore plus de soupçons sur le jeune homme à la casquette qui était familier.
Tournant le dos à Ran sans oublier de jeter un œil à Conan, le garçon porta une main à sa casquette.
- Comment ? Ne me dîtes pas que vous m'avez déjà oublié. Pour quelqu'un qui revient après une longue absence, ce n'est pas très accueillant… C'est moi…
Il retira sa casquette.
- Kudô Shinichi.
Tadaan !
La tête de tout le monde était impayable.
On aurait cru qu'ils avaient vu un fantôme.
- C'est le p'tit qui m'a téléphoné… alors je suis venu voir la pièce de Ran ! fit Shinichi en souriant, les mains sur les épaules de Ran. Hein, petit !?
Le « hein petit » était adressé à Conan qui se contenta de regarder d'un air indéchiffrable le garçon.
Sauf que voilà…
- Mais tu es… fit Ran.
- Hum ? sourit Shinichi.
Kazuha débarqua de derrière lui, les yeux ronds de perplexité.
- A quoi tu joues, Heiji… ?
Oups ! Kazuha venait de cramer Hattori ! Dire qu'il lui avait demandé de ne pas venir…
Kazuha passa deux doigts sur la joue pâle du garçon, dévoilant une peau mate sous la poudre blanche.
- Tu t'es mis du fond de teint et tu as changé de coiffure… tu te crois où ? Au Kabuki ? s'enquit la demoiselle.
- Izou-nii-san est doué pour ça ! Avec son physique, il est parfait pour interpréter des rôles féminins, je peux te mettre en relation ! sourit démoniquement Red.
Conan eut une toux dans son masque médical pour cacher son envie de rire.
- Mais non ! insista Heiji. Je ne suis pas Heiji ! C'est moi, Shinichi !
Enfonce-toi, vas-y.
- T'AS FINI DE FAIRE LE PITRE !? rugit Kogoro.
Grillé pour grillé.
En jurant, Heiji arrangea sa coiffure pour retrouver sa tête habituelle et retira le fond de teint de son visage. Avec un sourire embarrassé, il s'excusa, disant qu'il avait voulu faire une blague pour voir leur tête s'ils avaient vu Kudô débarquer.
Il avait fait exprès pour détourner les soupçons de Conan mais son plan était tombé à l'eau à cause de Kazuha.
Pendant que Megure reprenait l'enquête, Red retourna vers Hattori et lui tira le pantalon. Immédiatement, le détective lycéen s'accroupit à côté du pirate.
- Ton nez est plus long et large que le sien, sans compter que t'as les sourcils largement plus épais. Pour finir, ton visage est bien plus angulaire.
- T'es certain d'être aveugle ? lui demanda Heiji.
Deux mains d'enfants claquèrent avec une joie sadique sur ses joues et les lui tirèrent.
- Mais c'est qu'il est meugnon quand il veut le vilain petit canard ! se moqua Red.
Et il s'échappa en courant pour ne pas se recevoir de rétribution.
A côté, Megure essayait de retracer le fil des évènements.
Kôgami Maï, une employée de bureau de l'hôpital était celle qui avait acheté les quatre boissons. Boissons ensuite confiées à Mitani Yôta qui était lui-même le gardien de l'hosto, qui avait pris son thé glacé et fait passer le reste des boissons. Yumemi Noda, celle qui était assise juste à côté de la victime, avait été la suivante à avoir le café glacé de Kamata.
Apparemment, tous les quatre étaient des anciens élèves du lycées et du club théâtre qui s'étaient retrouvés sur le même lieu de travail. Ils étaient venus ensemble à cette représentation, comme chaque année.
Dire qu'une de ses études médicales allait être reconnue sous peu…
- Mais pourquoi êtes-vous allée acheter les boissons pour quatre ? ça ne devait pas être facile à porter… commenta Kogoro à Maï.
- Il y avait du monde dans la salle alors les autres sont partis devant pour garder les places… expliqua la femme. Peu après, Kamata-san est venu me tenir compagnie pendant que je faisais la queue, mais il est soudain devenu tout pâle et est retourné s'asseoir.
- Tout pâle ? s'enquit Megure.
- Est-ce que ce ne serait pas parce qu'il m'a vue parmi les vendeuses ? demanda une demoiselle.
Elle se présenta comme Ninagawa Ayako, une élève de terminale du lycée. Et elle était connue du groupe, puisqu'elle était la fille du directeur de l'hôpital.
- Est-ce que par hasard, ce ne serait pas vous qui avez rempli leurs verres ? demanda Kogoro.
- Si c'est moi, confirma naturellement la fille.
- Je vois… nota Heiji. En supposant que quelqu'un ait mis du cyanure dans le verre de Kamata-san… c'est forcément l'un de vous quatre !
- Attendez ! protesta Maï. Si j'avais mis du poison dans son verre, je lui aurais donné moi-même pour ne pas me tromper et boire le café empoisonné ! J'en avais pris aussi !
- Et si vous en avez mis dans les deux et que vous n'avez pas bu votre verre ? supposa Meure.
- Mais j'ai tout bu !
- Qui nous dit que vous ne l'avez pas jeté aux toilettes ? insista kogoro.
- Je vous ai dit que j'avais déposé les boissons et que j'étais partie aux toilettes après ! Quand je suis revenue, la pièce commençait. Je me suis assise et je n'ai plus quitté ma place !
Quant aux deux autres, ils n'auraient pas eu le temps de mettre quoi que ce soit dans les verres. Ce n'était même pas nécessaire de soulever les couvercles des boissons puisque le nom de la boisson était dessus. Sans compter que pour le café glacé, il y avait une capsule de lait et une autre de sucre, posées dessus.
Il aurait été simple d'empoisonner une capsule aussi, et encore plus simple de faire un échange, seulement cela aurait signifié que Kamata serait mort immédiatement et non pas après avoir presque tout bu.
- Dîtes, Nee-san… le monsieur qui est mort ne sentait pas le café… vous ne lui en avez pas donné, n'est-ce pas ? demanda Red qui s'était rapproché de la jeune Ayako.
- C'était du cola, exact, confirma la fille.
- Ce qui explique que je vienne de trouver dans la poche du mort des capsules de lait et de sucre inutilisées, pointa Takagi qui avait les capsules en question en main.
- Je pensais que comme ça, il viendrait me voir pour changer sa boisson, confessa Ayako. Qu'il viendrait me demander pourquoi j'ai annulé nos fiançailles...
Apparemment, elle aurait dû se marier avec le défunt en sortant du lycée, mais elle avait changé d'avis la semaine d'avant et l'avait appelé pour tout annuler. Depuis, elle n'arrivait pas à le rencontrer pour s'expliquer avec lui.
Maï sortit aussi son sucre et son lait, comprenant pourquoi elle avait eu du cola aussi. Elle l'avait réalisé juste avant de les mettre.
Pendant que Kogoro et Megure parlaient de leur côté ou aboyaient des ordres en supposant la piste du suicide, Red se tourna vers Ran.
- Ran-nee-san, ça a quelle couleur le cola ?
- Tu n'en as jamais vu avant de perdre la vue ? s'étonna Ran en s'accroupissant au niveau du garçon.
- Jiji disait que les hommes ne boivent pas de soda.
- Le cola a la même couleur que le café. Peut-être à peine plus claire. Visuellement, on voit la différence parce que le café est plus épais et que le cola est, en plus de très sucré, est une boisson gazeuse, expliqua Conan.
- Ooooh…
Heiji entendit le commentaire et le rangea dans un coin de son cerveau, avant de se tourner vers les enquêteurs quand Maï pointa le fait qu'elle avait vu la victime fouiller dans sa boite à gants à la recherche de ses papiers.
Sous une pluie estivale battante et sans parapluie, Takagi et un autre enquêteur se firent conduire jusqu'à la voiture de la victime par Maï et Mitani.
Pendant que le Docteur Araide, toujours dans son costume intégral, regardait la pluie au dehors, Heiji alla voir Conan qui s'était un peu éloigné de Ran pour garder à l'œil Red qui tournicotait dans la pièce en cherchant visiblement quelque chose.
- Eh Kudô… tu l'as remarqué toi aussi, hein ? Même Portgas l'a pas loupé avec sa remarque, pourtant, il est aveugle… souffla Heiji à l'oreille du petit enquêteur. Si quelqu'un a bien mis le poison dans le verre, c'est sûrement cette personne. Le couvercle de sa boisson est resté ouvert… on lui avait servi un cola au lieu d'un café glacé… et l'attitude étrange de cette personne… il n'y a plus de mystère pour nous ! Reste à trouver des preuves…
Alors qu'il prenait une pose pensive, Conan… s'en alla carrément, comme désintéressé, les mains dans les poches.
- Oi ! Matte ! s'indigna Heiji en le voyant partir.
- Ils s'entendent toujours aussi bien tous les deux, nota Kazuha en les voyant faire.
- Oui, sourit Ran avec un certain attendrissement.
Red finit par trouver le médecin costumé près du stand de boisson en train d'examiner avec un sourire de coin d'une capsule utilisée sur le stand.
- Oi.
- Hm ? fit l'homme.
Il grimaça quand il se reçut un coup de pied dans le tibia et consentit à accorder son attention au mini-pirate.
- Je sais reconnaître quelqu'un d'obstiné. Alors, fais-moi plaisir, et écris-moi un joli mot d'amour pour une garce pleine de sang et d'alcool.
Takagi revint, trempé comme pas deux.
Il avait trouvé dans la boite à gants de la voiture de la victime un flacon qui aurait pu contenir du cyanure. Sans compter qu'un appel du labo avait dit qu'aucun des verres ne contenait le poison. Donc, leur homme avait certainement avalé lui-même le poison. Ce qui ramenait au suicide.
- Non, ce n'est pas un suicide, intervint le chevalier noir.
- Quoi ? s'étrangla Megure en se tournant vers l'homme en noir qui venait vers eux dans un tourbillon de sa cape noire.
- C'est extrêmement simple… ceci est un meurtre.
La voix alerta Ran et Heiji.
- J'ai essayé, mais on ne peut rien y faire, soupira Red à l'adresse de Conan.
Conan regarda le chevalier noir en le suppliant mentalement de rester dans l'ombre, de ne pas se dévoiler maintenant.
- Oui, continua le jeune homme. Kamata-san a été empoisonné…
« Non… arrête… »
- Devant cette scène plongée dans la pénombre… continua t-il en dépassant Heiji toujours abasourdi.
« Ce n'est pas le moment de monter sur scène… »
- Au moyen de quelque chose de très simple que tout le monde apprécie en temps normal…
« Tu ne peux pas te montrer au grand jour… »
- De plus, le meurtrier possède encore cette preuve sur lui… dit-il en commençant à retirer son heaume.
« Tu ne comprends pas ?! »
Le casque sous le bras, Shinichi continua son monologue.
- Le fait que ce soit un crime audacieux aussi parfait que l'épée que j'ai sortie de mon fourreau… ne fait aucun doute…
- KUDO !
Le nom raisonna sur presque toutes les lèvres alors que le garçon au teint clair et aux yeux bleus affichait un sourire presque arrogant devant la police.
Même Ran n'en revenait pas.
- Mais comment ?! demanda-t-elle en regardant Conan derrière elle.
La question était évidente pour ceux au courant de la situation. Comment Shinichi pouvait-il être à la fois derrière elle en tant qu'enfant et devant elle comme un adolescent ?
Conan regarda tout ça avec les mains dans les poches à côté de Red qui venait de le rejoindre.
Si son regard ne disait rien, Red pouvait presque entendre le « imbécile » qui était adressé mentalement à Shinichi.
A/N : Surnom que Ran donne généralement à Shinichi pour dire « obsédé des enquêtes/mystère », directement prise du wikia du manga.
[AC1]Surnom que Ran donne généralement à Shinichi pour dire « obsédé des enquêtes/mystère »
