Hello tout le monde ! Petit chapitre sur la vie de Sato et les mésaventures amoureuse de Takagi. Bref, on attaque l'affaire Shûshirô (épisodes 205 et 206)... avec un petit problème en prévision pour notre pirate favoris. Sur ce, je vous souhaite une bonne lecture à tous et à toutes et je vous dis à bientôt pour la suite !
Arya39 : Je vois mal comment Red déteint sur Conan...
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La première chose que fit Conan en arrivant chez Agasa ce matin-là, au lieu d'aller voir Red pour commencer l'entraînement avant d'aller à l'école, ce fut d'aller voir Haibara.
La chibi-scientifique resta assez perplexe quand, juste après le bonjour, Conan tendit une main vers elle avec un grand sourire.
- Quoi ? demanda-t-elle.
- L'antidote de l'APTX 4869, il doit t'en rester, non ? Tu m'en donnes~ ?
- Pas question, refusa clairement la scientifique.
Elle quitta son laboratoire pour monter prendre un café que venait de préparer Agasa pour les trois occupants de la maison.
- Pour peu qu'il y ait une affaire qui éclate, monsieur le fanatique des enquêtes ne réfléchit plus et s'affiche en public, donc, pas question ! lui dit-elle.
- Je suis désolé… la prochaine fois, je serai très prudent… assura Conan avec un sourire nerveux.
- Je te crois autant que je croyais mon jiji quand il disait qu'il était d'accord pour que je devienne un pirate, nota moqueusement Red en sirotant son café.
- Surtout que je te l'ai dit qu'il n'y avait que ça, pointa Haibara en se hissant sur un tabouret à côté de Red. C'est un prototype… c'était une chance que j'étais dans les parages et que j'aie pu te secourir. Je n'ai pas le droit de te donner un médicament inachevé qui peut te faire redevenir enfant à n'importe quel moment… en plus, la prochaine fois, tu pourrais en mourir. Si je peux me permettre d'utiliser Portgas comme cobaye, quand il est bien d'accord, c'est parce qu'il connait mieux son corps que toi et qu'il est plus résistant.
- Il connait mieux son corps ?! C'est quoi cette excuse ! protesta Conan.
Avec un soupir, Red pivota sur son siège pour se tourner dans la direction approximative du détective.
- Quand tu peux devenir un incendie à tout moment, il faut bien que tu apprennes à localiser ce qui fait partie de ton corps ou pas, si tu veux pouvoir retrouver tous les morceaux importants de ton anatomie à un moment ou un autre, et de préférence, au bon endroit. Donc, oui, je pense pouvoir prétendre connaître un peu mieux que toi comment marche ma petite personne.
Vu comme ça…
Conan soupira et alla s'attabler devant le café que lui offrit Agasa.
- De toute évidence, avec l'extrait de Baikal, on n'obtiendra pas un antidote complet… grommela Conan.
- Non, soupira Haibara. Si on n'a pas les formules nécessaires, ça sera difficile. Console-toi en pensant que tu n'as pas été découvert cette fois-ci et que c'est déjà bien…
- Zut ! Quel idiot ! J'aurais mieux fait de parler à Ran quand j'en avais l'occasion ! ragea le chibi détective en se frottant sérieusement le crâne.
- Pleurer sur le passé ne le changera pas. Allez, amènes-toi, sinon, on pourra pas s'entraîner. Et si on ne le fait pas ce matin, ça sera ce soir, pointa Red en sautant de son siège.
Avec un grognement, Conan suivit le mouvement sans voir l'étrange sourire de Haibara dans son café.
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Tout le groupe était à la Préfecture de police pour accompagner Ayumi qui devait leur donner le portrait-robot d'un suspect pour les incendies criminels répétés dans le centre-ville de Tokyo.
Quand Conan avait lut l'article pour la première fois sur le Pyromane en cavale, il avait immédiatement soupçonné Red. Jusqu'à ce qu'il lise qu'on avait utilisé de l'essence, du papier de journaux et des allumettes. Red n'avait pas besoin de tout ça pour tout faire flamber. Sans compter que le simple fait qu'on parle aux journaux télévisés d'une dizaine de victimes avait fait sortir le pirate de ses gonds. Conan n'avait jamais imaginé qu'on puisse prononcer autant d'insultes en si peu de temps et avec autant d'originalité.
Du coup, il était plus que coopératif à l'idée d'accompagner le groupe pour la déposition d'Ayumi.
C'était Satô qui s'occupait du portrait-robot.
- Et les yeux de cet homme, comment étaient-ils ? demanda Satô en levant le nez de son carnet de dessin pour regarder Ayumi face à elle.
Elle était la seule à être assise, le reste du groupe étant autour d'elle, debout.
Ayumi réfléchit à la question avec de tirer ses yeux pour les plisser.
- Un peu comme ceux des renards ! Comme ça ! Un peu comme Red-kun.
- Les yeux un peu en amande, donc, nota Satô.
- Il a toujours ses lunettes, comment tu peux savoir qu'il a les yeux en amande ? demanda Genta à Ayumi en désignant l'aveugle.
- Je l'ai vu une fois sans ses lunettes, mais ce qu'il y a dessous, c'est entre lui et moi ! rouspéta Ayumi en croisant les bras sur sa poitrine comme pour bouder.
Satô rapporta l'attention de tout le monde sur elle quand elle leva avec un grand sourire son carnet de dessin.
- Bon, grosso modo… Dans ce genre-là ?! demanda-t-elle joyeusement.
Le dessin avait l'air d'avoir été fait par un des gamins devant elle. Ou alors, elle visait la caricature. Une casquette ridiculement petite, des cheveux grossièrement dessinés, des zigouigouis pour la moustache et les sourcils. Un tout petit visage en pointe avec deux yeux fins qui en sortaient, à l'instar de la bouche, qui elle, était trop grande avec des dents en montagnes russes.
- Pas du tout, lui dit Ayumi en toute honnêteté.
- Ah bon ? s'étonna naïvement Satô.
- Vous ne savez vraiment pas dessiner… commenta Genta.
- On dirait un gribouillis d'enfant… compara Mitsuhiko.
- Il n'y a personne de plus doué ? s'enquit Haibara, enfonçant définitivement la jeune femme.
Pour se défendre, elle leur indiqua que Tomokawa, celui en charge des portrais-robots, avait la grippe.
- Allons, Satô-san, intervint Takagi en lui prenant le cahier des mains. Vous pensez bien qu'on ne peut pas lancer un avis de recherche avec ce dessin, n'est-ce pas ?
Il eut un sourire à la fois nerveux et charitable devant l'air vexé de la jeune femme, alors que Shiratori qui regardait le dessin derrière l'épaule de Takagi en rajoutait une couche :
- On pourrait penser que vous avez un penchant pour le surréalisme…
N'y tenant plus, Satô les mit au défi de faire mieux qu'elle.
- Sans façon, moi, le dessin… se débina Takagi avec nervosité.
- A vrai dire, je suis plutôt spécialisé dans les peintres impressionnistes, alors… se justifia Shiratori.
Red toussota dans son poing ce qui ressemblait distinctement à un « lopette ».
- Tu crois faire mieux que nous, jeune homme ? demanda Shiratori en se penchant sur lui, pas encore au fait du handicap de l'enfant.
- Shiratori ! gronda Satô entre ses dents.
- Je dessinais des paysages avant que mon abruti de jiji ne décide que j'étais pas assez fort pour rentrer dans l'armée et ne m'embarque dans un de ses entraînements, ce qui fit intervenir enfin les services sociaux, pointa tranquillement Red en grimpant sur un bureau à proximité.
Une fois dessus, il attrapa la cravate de Shiratori avec une étonnante précision et le tira à lui avec un sourire de requin.
- Dîtes-moi, monsieur le policier… vous croyez que je garde mes lunettes en permanence parce que ça m'amuse ? s'enquit le garçon.
Shiratori ne put s'empêcher de déglutir sans savoir trop pourquoi.
- Yare yare, calme-toi, Red-kun, apaisa Takagi.
Il libéra la cravate de Shiratori des mains de l'enfant et prit le garnement sous les bras pour le remettre par terre.
- Vous êtes certain que c'est bien l'homme qui a mis le feu qui a été vu ? demanda Takagi en se penchant vers la demoiselle. Après tout, tu ne l'as pas vu allumer le feu, n'est-ce pas, Ayumi-chan ?
Alors que le reste des enfants s'indignait qu'on traite Ayumi de menteuse, Conan se contenta de pointer les faits :
- Malgré la chaleur qui règne actuellement, on rencontre quelqu'un qui porte un long manteau, des gants de cuir, un pantalon taché qui sent l'essence, et c'est sans compter qu'on l'ait rencontré près de l'endroit d'où le feu a démarré, dans une petite rue déserte, en souriant d'un air narquois.
- Je sais pas pour vous, mais ça dit pyromane pour moi, pointa Red.
- C'est certain que généralement, ils ne se baladent pas torse-nu, les pyromanes, sourit narquoisement Conan à l'adresse de Red.
Celui-ci ignora intentionnellement la pique de Conan.
Satô leur accorda le point et proposa de se rendre sur les lieux pour trouver des preuves.
- Je viens aussi ! annonça immédiatement Takagi.
- Si nous y allions avec ma voiture ? proposa Shiratori.
C'était clair que Satô était ultrapopulaire dans la police.
- Je veux bien, mais j'ai une chose à faire sur le chemin, informa la jeune femme avec sérieux.
Euuuh… okay…
- Aujourd'hui est un jour particulier pour moi, informa Satô avec un sourire nerveux.
- Un jour particulier… ? s'enquit Takagi.
- Ne me dîtes pas que c'est votre anniversaire ?! s'exclama Shiratori.
- Non… au contraire… sourit tristement Satô.
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Un peu plus tard, ils étaient garés sur le bas-côté d'un carrefour.
Au pied d'un poteau, Satô avait déposé une cannette de soda pleine d'eau en guise de vase pour une chrysanthème, avant de se recueillir, accroupi au bord du passage piéton.
C'est Shiratori qui expliqua ce qu'il en était en se rappelant des évènements.
Aujourd'hui était l'anniversaire de la mort de Satô Masayoshi, le père de Miwako. Il était mort en service. Il y avait dix-huit ans, il avait été renversé par un camion sur ce croisement en poursuivant un voleur. Pour ne pas arranger les choses, il pleuvait ce jour-là et l'ambulance avait mis du temps à arriver. Megure avait raconté que le père de Satô était mort dans l'ambulance, entouré de sa famille.
- Je crois bien que cette affaire portait le nom de… réfléchit Shiratori.
- Shûshirô, répondit pour lui Conan avec sérieux.
On le regarda.
- L'affaire Shûshirô. Ce nom vient de la phrase que le policier qui a été renversé par un camion répétait inlassablement en regardant s'enfuir le voleur. A l'époque, tous les moyens furent mis en œuvre, mais en raison de la mort du policier qui avait probablement compris le mystère de cette affaire, le dossier resta en suspens et depuis trois ans, il y a prescription…
Notant le regard perplexe autour de lui, Conan se rattrapa en retrouvant son côté enfantin :
- Enfin, c'est ce que m'a raconté Kogoro-ojiisan !
Cela réveilla quelque chose pour Takagi. Apparemment, on en avait parlé plusieurs fois à la télévision. Grâce à dix petites secondes prises sur la caméra de surveillance montrant le coupable qui avait réussi à dévaliser une banque avec un plan minutieux, le père de Satô avait réussi à retrouver sa trace. Comment ? Mystère et boule de gomme. De plus, personne outre le policier mort en service ne savait de qui il était question.
- Ce n'est pas important, annonça Satô en revenant. Tout le monde se souvient du nom de l'affaire, du principal criminel, mais en dehors de membres de la police, tout le monde a oublié le nom du fonctionnaire mort dans l'exercice de ses fonctions.
- Vous l'avez connu.
On regarda Red sans comprendre son commentaire.
- Pour ceux qui ont oublié, conservez ces souvenirs comme des gemmes précieuses, parce qu'il peut continuer de vivre à travers vous, souffla Red d'une voix atone. C'est ce que je disais à mon otouto.
- T'as un petit frère ? s'étonna Genta.
- Adoptif. Je sais pas ce qu'il est devenu. On était trois à la base et j'étais l'aîné.
Red porta une main à son bras, comme par réflexe.
Si Conan se souvenait bien, c'était à l'endroit où il avait son S de tatoué sous forme adulte (pas enfantine puisque les lettres prenaient plus de place et étaient donc plus étalées).
- Il est mort en voulant devenir libre. Les autorités ne pouvaient pas nier ce qu'il s'était passé, même depuis le port, on pouvait clairement voir cette ordure tirer sur le minuscule navire de pêche avec lequel Sabo a voulu fuguer. Pourtant, comme le coupable était puissant et riche, l'affaire a été classé comme un accident. Tout ce qu'il me restait de mon frère n'était qu'un chapeau sur une tombe vide et une lettre.
Ayumi grimpa à côté de Red sur le capot de la voiture de Shiratori pour lui faire un câlin et le réconforter, même si ça laissa le pirate inconfortable.
- Tu as bien raison, Red-kun, sourit tristement Satô. Et c'est ce que je fais, même s'il ne travaillait pas pour qu'on se souvienne de lui. Il travaillait pour un monde meilleur.
- Le chauffeur du camion n'a pas vu le visage du bandit ? demanda Genta.
Satô secoua la tête.
- Il portait un long imperméable avec une capuche. Il n'a même pas pu dire si c'était un homme ou une femme… Bien entendu, sur le film de la vidéosurveillance, il portait un chapeau et des lunette noires.
- Mais on connaissait pourtant son nom : Shûshirô ! s'exclama Mitsuhiko.
- Personne ne correspondant à cette appellation n'a été retrouvé.
- Enfin, soupira Shiratori. Un nom, dix minutes de vidéo et une silhouette vêtue d'un imper… avec trois indices aussi maigres que ça, il est normal de ne pas aboutir à quelque chose.
- Quatre !
Tout le monde regarda Satô qui venait de faire la rectification.
- Dans le calepin de mon père, on a retrouvé une notre bizarre, en trois lettres. «Kan O* »
C'était une première nouvelle pour les deux autres.
- Il semble que la police ne tienne pas à ce que cette information circule, informa Satô. Il se pourrait que ce soit étroitement lié à cette affaire, parce que ma mère et moi avons été questionnés maintes fois là-dessus. « Ne l'avez-vous jamais entendu prononcer ce mot ? ». Mais on n'avait aucune idée et on l'avait jamais entendu avant. Enfant, je pensais souvent à ces trois caractères, et pour amuser la galerie, je disais… « celui qui résoudra cette énigme et qui arrêtera ce Shûshirô pourra me demander ce qu'il veut ».
Pour Takagi et Shiratori, cela signifiait une Satô en robe de mariée.
- Dîtes, si je trouve la solution, je pourrai demander mille crèmes glacées ?! demanda Genta avec enthousiasme.
- Oui, bien sûr !
- Moi, je voudrais habiter dans le château de Tropical Land ! annonça Ayumi.
- Et moi, je voudrais avoir un ticket pour visiter la station spatiale internationale ! clama Mitsuhiko.
Comptez sur les mêmes pour des souhaits plus terre à terre.
- Pour moi, un sac à main Prada. Le nouveau modèle, bien sûr, annonça Haibara.
- Des tickets pour la prochaine coupe du monde ! réclama Conan.
- Oui, oui…
Le côté terre à terre du duo n'était pas très rassurant.
- Et toi, Red-kun ? demanda Satô à l'aveugle.
- Rien. Parce que tout ce que je pourrais demander est soit ultra bizarre, soit hors de vos compétences. Mais si vous connaissez un gars qui puisse réparer mes yeux, je suis preneur, sourit aigrement Red. J'ai cependant une mauvaise nouvelle pour vous, Satô-san.
- Ah bon ? s'étonna l'inspectrice.
Red leva quatre doigts et en baissa un.
- Shûshirô est une fausse piste pour moi. A l'oreille, ça ressemble à un mot que j'ai souvent entendu par le passé… Jishû shirô… « rends-toi ».
- C'est vrai qu'un homme qui s'est fait percuter par un camion a peu de chance de parler correctement et c'est facile, dans la peur et la panique, de mal comprendre, nota Conan d'un air pensif. Ce ne serait donc pas le nom de l'assassin, mais votre père demandant au coupable d'aller se rendre, ce fameux shûshirô.
- Probablement, admit Satô. Vous en pensez quoi, tous les deux ?
Elle se retourna pour voir Takagi et Shiratori en pleine réflexion.
- AAAAH !
Satô se retourna vers Red et vit Genta le rattraper alors qu'il glissait du capot comme une poupée de chiffon et risquait de se faire mal.
- Il est narcoleptique, expliqua Conan à Satô. Je me pose des questions sur l'efficacité de ses médicaments.
En disant ça, il regarda Haibara qui haussa des épaules en masquant un bâillement.
- Oh ? On va le mettre à l'arrière en attendant qu'il revienne à lui.
Satô hissa aisément Red dans ses bras, surprise de sentir des muscles aussi durs au travers les vêtements de l'enfant. Elle alla ouvrir la portière arrière de la voiture de Shiratori et l'allongea sur la banquette arrière. Elle lui retira ses lunettes pour qu'il soit plus à l'aise et retint un cri en voyant la cicatrice qui traversait les yeux de l'enfant.
Elle savait reconnaître une blessure intentionnelle quand elle en voyait une, et quelqu'un avait volontairement pris les yeux de cet enfant d'une manière aussi odieuse.
Elle fronça les sourcils, se rappelant de ce qu'il avait raconté sur lui.
Visiblement, ce garçon avait de gros problèmes. Et pas qu'avec son « jiji » si elle en jugeait le fait qu'il ne semblait pas aimer plus que ça les autorités de par ses quelques commentaires.
Elle remit les lunettes en place en se faisant une promesse de faire payer les coupables des malheurs du gamin et se retira de la voiture, refermant la portière derrière elle.
C'est là qu'Ayumi pointa le poteau au pied duquel Satô avait posé sa fleur.
- Ah, des fleurs…
Tout le monde suivit son doigt pour voir en effet un groupe de quatre personnes venir avec un bouquet de fleurs. Et apparemment, ils se connaissaient bien avec Miwako puisque ce groupe était d'anciens membres du club de baseball de leur lycée avec le père de Satô. Ils étaient venus se recueillir avant d'aller boire un verre ensemble, parce qu'apparemment, le père de Miwako avait tendance à se mettre en boule quand on ne le faisait pas.
- On va toujours dans ce même restaurant, alors, après ton travail, viens nous rejoindre toi aussi ! invita la femme du groupe.
C'est à cet instant que Shiratori décrocha son téléphone.
Et son exclamation alerta tout le monde.
- COMMENT ?! VOUS AVEZ VU QUELQU'UN DE SUSPECT QUI SEMBLE ÊTRE LE PYROMANE ?!
Apparemment, leur suspect avait pris la fuite du commissariat du 6ème arrondissement de Shinagawa alors qu'il était interrogé par une patrouille.
Shiratori se retourna pour transmettre le message à Takagi. Ils devaient laisser les enfants avec Satô et partir à la poursuite du suspect.
- Bon… mon insigne de police, mon arme et… Ah zut ! J'ai oublié mes menottes sur mon bureau ! nota Takagi en vérifiant ses affaires.
- Eh oh ! On n'a pas le temps d'aller les chercher… pointa Shiratori.
- Tu es sûr que ça va ? demanda Miwako.
- Pas de problème ! Au besoin, Shiratori a les siennes ! En plus j'ai regardé mon horoscope ce matin et aujourd'hui c'est mon super jour de chance… Arrêter un pyromane, je peux y arriver sans menottes…
Cela renvoya Satô à son père. Le matin, son père était parti avec un sourire en disant que la chance était avec lui, mais il était parti en oubliant derrière lui ses menottes. Et le soir, ils recevaient l'appel disant que l'homme s'était pris un camion en pleine face.
- Satô-san ! Est-ce que ça va ?
Satô réalisa qu'elle s'était mise à rêvasser quand Takagi la secoua.
- Bon, on y va ! On vous confie les enfants !
Il commença à s'éloigner pour rejoindre Shiratori à la voiture quand elle le rappela.
- Puisque tu as oublié tes menottes, prends celles-ci !
Et elle lui donna des menottes qui avaient l'air d'avoir vécu.
- Elles appartenaient à mon père… tu sais bien, j'ai cassé les miennes dans l'affaire Higashida… alors depuis, je me sers de celles-ci. En plus, elles sont un peu comme une amulette !
Moui, mais son père était mort en service…
Sans chercher plus loin, Takagi rejoignit Shiratori à la voiture qui s'en alla rapidement avec un gyrophare en marche.
- Qu'est-ce que ça veut dire ? demanda Haibara. Pour faire face à un pyromane, ils ont besoin de leur revolver… ?
- En plus, l'inspecteur Takagi et son supérieur appartiennent à la brigade criminelle, pointa Conan. Les incendies ne les concernent pas, non ?
- Près du lieu du 4ème incendie, quelqu'un a été retrouvé mort, poignardé… Il n'y a aucune preuve mais il est probable que c'était quelqu'un qui avait été témoin de l'incendie. C'est pour ça que nous entrons en action nous aussi ! Par conséquent, ne me quittez surtout pas !
Ayumi regarda autour d'elle.
- Ano… c'est pas dans la voiture de l'inspecteur Shiratori que vous avez laissé Red-kun ou il s'est réveillé seul ?
Réalisant l'oubli, Satô ne pouvait faire que 'oups'.
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- Ano… on va où comme ça et où sont les autres ?
Shiratori et Takagi sursautèrent en réalisant qu'ils n'étaient pas seul dans la voiture.
Un Red absolument perplexe venait de passer sa tête entre les deux sièges avant de la voiture.
- Qu'est-ce que tu fais ici ? demanda Takagi.
Habituellement, c'était Conan qui se glissait dans les pattes des policiers pendant une enquête.
- Pas la moindre idée. Un moment, j'étais sur le capot et l'autre, je suis allongé à l'arrière. J'ai dû faire une crise de narcolepsie.
- On doit appréhender le pyromane, donc, reste à l'abri dans la voiture, lui dit Shiratori.
Takagi se demanda pour la énième fois si le trio Haibara, Edogawa et Dawn étaient bien des enfants, parce que le sourcil sarcastique et le sourire narquois étaient plus à leur place sur le visage d'un adolescent que chez un enfant.
Et quelque chose lui disait que le gamin n'obéirait pas.
Il en eut la preuve quand, par il ne savait quel miracle, sur un des quais de la gare de Shinagawa, Red tendit sa canne pile au bon endroit pour que le fugitif se ramasse dessus.
Le sourire bien trop innocent du garçon à Takagi et Shiratori, haletants après une épuisante course poursuite, avait quelque chose de presque moqueur. Pendant que Shiratori s'accoudait à un distributeur de boissons pour faire son rapport par téléphone à Megure, Takagi s'était assis sur un banc pour défaire un peu sa cravate, Red juste à côté de lui.
- Nous venons à l'instant d'interpeller le fuyard dans la gare de Shinagawa, mais il prétend n'être qu'un vulgaire cambrioleur…
- Il ne sent pas l'essence en tout cas, marmonna Red.
La tête levée vers le panneau qui annonçait Shinagawa, Takagi eut un déclic.
Il savait qu'il avait de la chance aujourd'hui. Il sortit son téléphone et s'empressa de commencer à composer le numéro de Satô quand Shiratori vint se mettre devant son nez.
- A qui tu téléphones ?
Takagi se leva avec nervosité, cherchant une excuse pour échapper à son supérieur.
- Je… euh… je vais accompagner Red-kun aux toilettes… annonça Takagi en prenant la main du garnement.
- C'est la chose la plus embarrassante que j'ai entendue depuis longtemps et vous me le paierez ! siffla Red.
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Satô était en train de prendre la déposition d'Ayumi sur la façon dont elle avait rencontré le suspect, sur les lieux même de la rencontre, quand son téléphone sonna.
- Ah Takagi-kun ! salua-t-elle en décrochant. Red-kun est bien avec toi ? j'ai réalisé après votre départ que je l'avais mis dans la voiture après sa crise de narcolepsie.
« Oui, il vient de refaire une crise, il est avec moi » informa Takagi.
- Je suis rassurée. Alors, ce suspect…
« J'ai plus important, j'ai compris qui était le coupable de la mort de votre père, Satô-san ».
- COMMENT !? TU AS COMPRIS QUI ÉTAIT LE BANDIT D'IL Y A 18 ANS !?
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- Oui, poursuivi Takagi depuis la cabine de téléphone. Et si mes déductions sont exactes, ça va vous surprendre, mais cette personne était parmi les personnes que nous avons rencontrées aujourd'hui. Et cette personne est…
Takag s'interrompit en voyant à la vitre la vision d'effroi qu'était Shiratori. A regret, il raccrocha sans finir sa discussion et sortit de la cabine.
- Qu'est-ce que vous voulez ?!
- Ton attitude est étrange, pointa placidement l'homme à la frange ondulée.
- Ah mais ! Laissez-moi un peu tranquille !
Takagi hissa dans ses bras la forme inerte de Red et s'en alla, laissant son collègue perplexe, sans voir le regard sur lui d'un homme bien moins bienveillant.
Dehors, Takagi arrangea la façon dont il tenait Red pour pouvoir sortir son téléphone portable et rappeler Satô.
- Je disais que j'ai tout compris ! Red-kun avait raison sur le vrai sens de Shûshirô. C'est bien Jishû shirô ! je sais également la vérité sur « » ! Je sais aussi comment votre père a réussi à retrouver le voleur !
Takagi arrangea sa prise sur Red, reconnaissant dans le fait que la canne blanche du môme ait cette lanière, parce que ça aurait été galère de la porter avec le garçon et d'appeler Satô.
- Enfin, de toute façon, il y a prescription maintenant, mais…
« Qui est-ce ?! Dis-moi ! » demanda Satô.
- En fait, c'est…
VLAM !
Takagi s'effondra au sol avec Red qu'il rejoignit dans l'inconscience, alors que son téléphone portable laissait entendre la voix de Satô à l'autre bout appelant encore et encore Takagi.
AN : かん お donc, trois caractères/lettres
