Hello tout le monde !
Vous savez que j'ai failli oublié de faire la publication hebdomadaire de cette fic ! Enfin, ça n'est pas arrivé, donc, c'est l'essentiel. Donc, voici la fin de l'aventure de l'affaire Shûshirô. J'espère que ça vous plaira, ce fut un régal à l'écrire. Je vous souhaite une bonne lecture, donc, et à bientôt !
Misstykata : shhhh ! Pas de spoil !
Arya39 : Eh bien Disons que c'est l'une des affaires les plus simples à résoudre de la série, dans mon opinion, m'enfin, c'est peut-être juste à cause de la version traduite qui change malheureusement toute la difficulté. Ah et concernant ta demande pour la menace utiliser contre Luffy dans Sujet 18, fais-toi plaisir ! J'attends avec graaande impatience la suite de la série !
En avant pour l'histoire !
Peu importe ce qu'il s'était passé à l'autre bout, quelqu'un venait de raccrocher le téléphone.
Satô regarda le sien avec peur pendant que les gamins la regardaient, elle.
Elle appela immédiatement Shiratori pour savoir s'il savait où était Takagi. Apparemment, il l'avait vu il y a quatre ou cinq minutes en arrière et il était parti avec le petit Red.
- Alors transmettez l'heure et le lieu où vous les avez vus pour la dernière fois à vos enquêteurs ! Takagi-kun a été attaqué alors qu'il me téléphonait ! Il est probable que ce soit par le pyromane, alors, restez prudent ! Sans compter qu'on a un enfant innocent à sauver ! Red-kun est aveugle, il ne peut pas se débrouiller seul !
Conan manqua de s'étrangler au terme « d'enfant innocent ». Red était un monstre dans la peau d'un enfant.
Et Satô raccrocha.
- Mais s'il a été attaqué alors qu'il allait vous donner le nom du bandit de cette vieille affaire, peut-être que… supposa Mitsuhiko.
- Non, ça n'a pas de rapport, lui dit Satô. D'une part, le dossier est classé depuis trois ans et d'autre part, nul ne dit que la théorie de Takagi est juste…
- Dîtes… appela Conan.
Satô le regarda et reconnut instantanément le regard sérieux du garçon.
- Les personnes que nous avons rencontrées tout à l'heure ont dit qu'elles allaient dans leur restaurant habituel… vous savez où c'est ?
- Eh bien, c'est un restaurant qui s'appelle Nanamagari, devant la gare de Shinagawa…
Cela fit un l'effet d'une baffe pour Satô. Il était tout à fait probable que ce soit vraiment la même personne qui ait tué son père.
- L'inspecteur Takagi a bien dit que le coupable se trouvait parmi les quatre personnes que nous avons rencontrées tout à l'heure, non ? Dans ce cas, il n'est pas interdit de penser que cette personne qui se trouvait dans la même gare qui lui ait entendu par hasard sa conversation et l'ait attaqué pour l'empêcher de parler…
Essayant de faire bonne mine, Satô annonça qu'elle allait faire un tour à la gare et que les enfants allaient prendre le train pour rentrer chez eux et qu'ils se reverraient à la préfecture.
- Dans ce cas, vous devez emmener Ayumi qui est le seul témoin à pouvoir identifier le pyromane si c'est lui qui a attaqué l'agent Takagi et Dawn, pointa Haibara.
- Sans parler que Dawn, même s'il peut paraître civilisé, il ne réagira pas très bien à être seul avec Takagi et en sale posture, il faudra quelqu'un d'un peu plus familier pour le calmer avant qu'il ne fasse une erreur irréparable, informa Conan.
En gros, tous les enfants voulaient aider.
Dans sa voiture, Satô entendait l'annonce de la police par la radio. Possibilité que Takagi ait été attaqué par une ou plusieurs personnes et qu'ils avaient avec eux un otage aveugle.
Mais Miwako ne songeait qu'à une chose.
Le simple fait que, parmi les quatre amis de son père, l'un d'eux était responsable de sa mort.
Elle revint sur terre quand elle réalisa que les enfants la regardaient avec perplexité et une certaine innocence.
- Qu'est-ce qui vous arrive ? Vous êtes toute pâle… demanda Ayumi.
- C'est ce restaurant, n'est-ce pas ? se fit confirmer Mitsuhiko en montrant le restaurant traditionnel au dehors.
- On y va sans attendre ! annonça Genta.
Satô sortit de la voiture.
- Non, j'y vais seule. Je reviens tout de suite, alors soyez sages !
Cela fit peut-être râler Genta, mais Haibara fut plus pragmatique et prit un plan de la ville dans la pochette au dos du siège passager.
- Comme on n'a rien à faire, je vais regarder où ont eu lieu les différents incendies, informa Haibara. Avec un plan, on peut peut-être comprendre où aura lieu le prochain. Quelqu'un se souvient des lieux ?
- Oui ! annonça Mitsuhiko. Tous les cinq se sont déclarés près d'une gare, c'est sûr ! Le premier à Ikebukuro, le deuxième à Asakusabashi, le troisième à Tabata, le quatrième à Shimokitazawa et enfin, le dernier à Yotsuya où Ayumi a été témoin.
Haibara les entoura sur la carte avec de les relier avec un trait, mais même ainsi, rien n'en ressortait de particulier, outre que ça avait, selon les points de vue, la forme d'une casquette ou d'une passoire.
- Mais… est-ce que ce ne serait pas le début de la forme de la grande ourse !? proposa Ayumi.
- Non, si c'était le cas, elle serait à l'envers, donc… pointa Mitsuhiko.
- Eh Conan ! reprocha Genta. Tu pourras participer toi aussi ! On pourra aider à retrouver Dawn comme ça !
Mais le Chibi détective brillait par son absence.
- Il est parti dedans, pour pas changer, grommela Genta.
- Il a été méchant avec Red en parlant de lui comme d'une bête sauvage, marmonna Ayumi avec une moue.
Haibara ferma les yeux.
On lui avait laissé voir l'enregistrement de la première tentative d'évasion d'Ace, durant laquelle il avait perdu ses yeux, soi-disant que ça pourrait l'aider dans son étude des capacités physique du pirate. Et le terme de bête sauvage était largement approprié pour décrire la façon dont le pirate s'était battu. Acculé dans un coin, privé de son logia par une balle de kairoseki dans l'épaule, le sang perlant de ses yeux tout juste crevés, il avait tué des agents sans nom de l'Organisation, et presque envoyé Vodka au cimetière avant qu'on ne réussisse à l'avoir.
- Le Red que vous voyez tous les jours est bien loin de ce qu'il y a sous la surface… chuchota Haibara pour elle-même.
- Comment ? Ils sont partis ?! s'exclama Satô.
- Oui, il y a quatre minutes environ, informa le patron du restaurant. La nouvelle circulait que le fameux pyromane rôdait dans les parages. Alors, du coup, ils ont préféré rentrer. Mais vos collègues l'ont attrapé, n'est-ce-pas ? C'est un client qui a dit ça tout à l'heure…
- Oui, on a arrêté quelqu'un, mais ce n'était apparemment pas le pyromane.
- Dîtes, m'sieur, de quoi parlaient -ils à table ? demanda innocemment Conan depuis le sol.
Satô se demanda pourquoi elle était encore surprise. Après tout, Conan était connu pour se faufiler partout et mettre son nez dans chaque enquête.
Mais le patron du restaurant ne sembla pas gêner de l'intervention du gamin.
- Ils avaient chacun quelque chose à fêter et ils avaient l'air de passer du bon temps ! Inomata-san célébrait aujourd'hui les quinze ans de sa société Kano-san doit souffler demain ses cinquante bougies, et toujours dans le vert, pas le moindre déficit depuis l'ouverture. Après avoir tenu une cantine dans sa région natale, il est parti étudier trois ans en Italie pour son restaurant, qui a l'air de marcher aussi bien que celui sur Shibuya qui a ouvert il y a deux mois. Kandori-san disait qu'elle était toute heureuse que sa fille se soit mariée hier avec un prêtre bouddhiste de bonne famille. On peut la comprendre quand on sait que depuis la mort de son mari il y a vingt ans, elle l'a élevée seule… ah et quant à Saruwatari-san, son fils médecin vient d'avoir un second petit garçon ce matin, mais vu que c'est le jour de la mort de son ancien capitaine de l'équipe de base-ball, sa joie était à demi-teinte…
Le cuisinier poussa un gros soupir.
- Le coupable de cette affaire est vraiment un sale type. Après avoir volé 550 millions de yens, il a tué le gardien, qui tentait de l'arrêter, avec un fusil de chasse caché sous son manteau. Il n'a pas non plus hésiter à tuer le policier qui était sur ses talons.
- Il l'a tué… ? souffla Conan. Je croyais que c'était un accident de la route ?
- Les gens qui étaient sur les lieux l'ont dit clairement, annonça doucement Satô. Il a été poussé sous les roues du camion. Il pleuvait des cordes, la visibilité était mauvaise mais…
- Pardonnez-moi, Miwako-san, j'ai réveillé de bien mauvais souvenirs, s'excusa le cuisinier avec un air gêné.
- Je vous pardonne ! assura Satô avec un sourire. Mais vous me ferez une petite ristourne la prochaine fois !
Dans la voiture, ça râlait comme pas deux. Encore une fois, Conan faisait cavalier seul et désobéissait aux adultes. Il avait dû entrer avec Satô. Comme d'habitude… ils commençaient à avoir l'habitude, même si ça ne leur plaisait pas des masses.
- Si ça se trouve, il est même en train de manger quelque chose : des brochettes de poulet ou des côtelettes… rouspéta Genta qui était assis à l'avant de la voiture.
- Genta, tu ne penses décidément qu'à manger de la viande… lui dirent en cœur Ayumi et Mitsuhiko. (Bêta : Luffy, sors de ce corps !)
- Si tu te prends pour un carnivore, tu vas mourir jeune… ne fais pas comme Dawn qui ne jure que par ça et que j'essaie de réconcilier avec les légumes… lui dit Haibara d'une voix lasse.
Le terme carnivore alerta Ayumi.
- Maintenant que j'y pense, le monsieur que j'ai vu parlait d'un joli carnivore ! pointa la demoiselle.
Si Mitsuhiko ne comprenait pas le rapport entre un pyromane et carnivore (on l'excuse, puisqu'il n'est pas au courant de la nature flamboyante de son camarade aveugle), Haibara comprit que Ayumi avait mal retenu le mot.
Ce n'était pas carnivore, mais carnaval, tous deux se ressemblants pas mal.
- Ce n'est pas plutôt Carnaval, se fit-elle confirmer.
- C'est ça ! Il disait qu'il n'en manquait plus qu'un pour que le carnaval commence ! sourit Ayumi.
Haibara regarda sa carte d'un autre œil, pour le coup, et vit immédiatement ce qu'il se préparait.
Elle descendit de la voiture, surprenant tout le monde.
- Ne bougez pas de là jusqu'à ce que je revienne !
Et elle entra à son tour dans le restaurant, sourde aux protestations.
Satô était en train de relire ses notes quand elle entendit le commentaire de Conan :
- Vous ne trouvez pas qu'il en sait beaucoup, ce monsieur ? « Avec un fusil de chasse » « poussé sous les roues du camion »… Moi, je savais pas tout ça…
La réponse était simple.
A l'époque, le film de la caméra de surveillance fut diffusé dans son intégralité à la télé et on y voyait effectivement la scène avec le fusil de chasse. Mais comme elle était jugée trop violente, elle fut coupée par la suite.
Pour ce qui était du fait que son père avait été poussé sous les roues du camion, il tenait l'information de la même source que Satô : un habitué du restaurant.
- Mais pour l'instant, ce qui m'inquiète, c'est Takagi-kun et Red-kun… si on ne sait pas s'il a été attaqué par le pyromane ou par le meurtrier de cette vieille affaire… où chercher ? souffla la jeune policière avec détresse.
- A Shinagawa.
Le duo regarda Haibara qui venait de s'adresser à eux, la carte avec les différents incendies entre ses mains pour leur montrer la zone.
- C'est à Shinagawa que le pyromane va agir la prochaine fois.
Et elle commença à relier les différentes zones d'incendie, formant rapidement quelque chose de bien reconnaissable : le caractère du feu.
Leur homme essayait de dessiner un gigantesque « feu » sur la ville de Tokyo. Il ne manquait que Shinagawa pour compléter le kanji.
- On peut penser que Takagi-keiji était près du lieu du prochain incendie. Le voyant téléphoner, le pyromane a pensé qu'il l'avait vu et qu'il prévenait la police, et l'a donc attaqué. Si c'est vraiment ce qui s'est passé, on risque fort, comme lors du quatrième incendie, de retrouver un corps inerte aux alentours du feu.
Conan nota que Haibara disait un corps, et non pas deux, alors qu'ils avaient deux disparus. Si Satô ne réagit pas à cette différence, cela n'échappa pas au chibi détective. Il fit remuer une de ses épaules, chassant la douleur fantôme de son entraînement du matin.
Red était largement capable de se démerder seul, mais comment l'excuserait-il, ça rester à voir.
Ils retournèrent rapidement à la voiture… pour réaliser que le trio avait filé.
Au même instant, Shiratori passa en voiture à proximité et Satô l'interpella pour savoir s'il avait vu les enfants. Apparemment non, puisqu'il pensait qu'ils étaient avec elle.
Un bip-bip venant de sa poche alerta Conan.
Il retira le badge de sa poche et le porta à son visage.
« J'appelle Conan-kun ! J'appelle Conan-kun ! Tu m'entends ?! »
C'était la voix d'Ayumi.
- OÙ ÊTES-VOUS ET QUE FAÎTES-VOUS !? rugit Conan avec colère et inquiétude.
Même s'il dut faire bien peur aux garnements, Ayumi le gronda à son tour et à voix basse :
« Ne crie pas comme ça ! Tu vas nous faire repérer par le méchant ! »
- Le méchant ? répéta Conan sans comprendre.
« L'homme qu'Ayumi-chan avait vu à Yotsuya est passé devant le restaurant et nous l'avons suivi… »
- Quoi ?!
Il pouvait comprendre quand Red disait qu'il allait finir chauve à force d'avoir des soucis. Ces trois gosses allaient le rendre fou, lui aussi.
« Maintenant, nous sommes dans le 6ème arrondissement de Shinagawa, dans le quartier des entrepôts… » annonça Mitsuhiko.
« Regardez ! Il a pris des journaux et il verse quelque chose dessus… » souffla Genta.
- Alors il va mettre le feu maintenant… il ne l'a pas encore fait… souffla Conan.
- Ce qui veut dire aussi que l'inspecteur Takagi et Dawn-kun n'ont pas été attaqués par le pyromane ? supposa Haibara.
Conan voulait la confirmation de quelques soupçons.
- Dîtes, inspecteur Shiratori ! Vous n'avez pas remarqué un changement d'attitude chez l'inspecteur Takagi la dernière fois que vous l'avez vu ? demanda Conan.
Avec un air pensif, Shiratori lui dit qu'en effet, Takagi avait eu un air assez bizarre dans la gare quand il s'était assis pour reprendre son souffle après la course-poursuite. Il n'avait pas arrêté de regarder fixement le panneau de la gare de Shinagawa.
Cela fit clic dans sa tête.
D'un côté, ça confirmait la théorie de Red sur le Shûshirô et de l'autre, on comprenait enfin ce mot dans le calepin. Et ça voulait donc bel et bien dire que le meurtrier était bien l'une de ces quatre personnes. Et certainement aussi celui qui a attaqué Takagi et Red.
Il reprit le badge et donna un ordre aux enfants.
- Vous autres ! On arrive avec la voiture de l'inspecteur Shiratori ! Alors, ne bougez pas d'où vous êtes !
Cela laissa les deux inspecteurs perplexes. Après tout, Satô avait sa voiture.
- Non, vous, c'est ici que vous avez à faire, dit Conan à Satô. Vous devez boucler cette vieille affaire datant de dix-huit ans. Parce que ce n'est peut-être pas encore fini…
Satô sortit de sa voiture de sport devant le restaurant italien Azzurro, le message de Conan dans la tête.
Tout se résumait au son « na », un simple indice qui permettait de tout comprendre.
Qui lui permettrait de faire enfin le deuil de son père.
L'odeur du feu et des cris d'enfants réveillèrent Red.
Une odeur de sang lui parvint. De lui et d'à côté.
Vu qu'il avait le visage poisseux, il devait avoir été blessé pendant une crise de narcolepsie. D'où le fait qu'il ne se soit pas automatique régénéré. Il essaya de se redresser mais ses bras étaient liés dans son dos et ses chevilles attachées entre elles, le tout par une corde.
- Red-kun, tout va bien ?
Battant des paupières, le pirate retint ses flammes qui l'auraient libéré.
Merde.
Takagi était avec lui…
Kano, avec son profil proche du Tengu, fut assez surpris de voir Miwako passer la porte de son restaurant alors qu'il avait fermé boutique et qu'il nettoyait des verres.
- Ah ? Tu as fini ton travail ? s'enquit le propriétaire avec un sourire.
- Oui, en quelque sorte, lui dit l'inspectrice.
- Mais comme tu le vois, ce restaurant ferme ses portes à 23h…
- Ce n'est pas grave ! sourit joyeusement la jeune femme. Je me contenterai d'un verre ! C'est bien demain que vous soufflez vos cinquante bougies, non ?
Le propriétaire alla chercher ses bouteilles de vin qui servaient autant à la dégustation qu'à la décoration en disant qu'un an de plus, ça ne changeait plus grand-chose à son âge.
- Ah bon ? fit Miwako. Moi qui croyais que vous étiez impatient…
Elle s'assit à une table alors que le restaurateur revenait avec une bouteille de vin et deux verres à pied.
- Ce soir, à minuit, l'affaire Shûshirô dans laquelle vous étiez impliqué tombera en prescription. Ça se fête, non ?
- Hein ?
Avec un sourire froid, Satô lui fit bien comprendre qu'il était temps de passer à table :
- Que diriez-vous d'un petit verre pour célébrer ça… Kan.o-san ?
Takagi regarda Red se redresser un peu difficilement de là où il était allongé sur le sol.
- Rapproche-toi de ma voix ! lui dit l'inspecteur en voyant les flammes très proches de l'aveugle.
Même si la vue des yeux tranchés de Red n'était pas ce qu'il y avait de plus beau à voir, ce n'était pas ce sur quoi il devait s'attarder.
Red se rallongea et roula jusqu'aux pieds de Takagi en mode rouleau de printemps avant de se rasseoir, dos au mur.
- Qu'est-ce qu'il s'est passé ? demanda Red.
- Je ne sais pas trop… je discutais avec Satô-san quand j'ai été attaqué par derrière… je pense que tu as dû perdre tes lunettes à ce moment-là… Pour le coup, je crois que le pyromane veut nous faire disparaître dans les flammes…
- Ah.
Red était presque trop calme.
- Vous pouvez vous libérer ? demanda Red en levant la tête vers Takagi.
Takagi regarda ce qui le retenait. Il était accroché aux barreaux de la fenêtre par des menottes. Il regarda dans sa veste et sourit en voyant qu'il avait toujours son arme. Cela le fit sourire. Il pourrait s'en sortir avec le gamin. Il retira le cran de sécurité et visa la chaîne des menottes quand…
- Pourquoi vous ne tirez pas ? demanda trop calmement la voix de Red. J'ai entendu le retrait du cran de sécurité de votre arme de service.
- Ce sont les menottes du père de Satô-san… je peux pas lui faire ça… répondit Takagi. Je vais trouver une autre solution, ne t'en fais pas !
Il rangea son arme.
Le soupir à fendre l'âme de Red était la dernière chose qu'il s'attendait à obtenir du garçon.
- Si je vous dis que la seule condition pour nous faire sortir rapidement d'ici, c'est votre silence, vous êtes prêt à me l'accorder ? demanda Red avec une voix mortellement sérieuse.
- Pardon ?
- Si je nous fais sortir de là, est-ce que vous êtes prêt à mentir sur votre rapport et à ne parler de ce qu'il s'est passé à personne ? Et surtout, ne posez aucune question ? Dépêchez-vous de me dire oui ou non, parce que les flammes se rapprochent. Je m'en sortirais indemne, mais vous non, si vous continuez de lambiner.
Takagi ne sut pas pourquoi il donna cette réponse, mais il la donna :
- Tu as ma parole.
L'instant suivant, Red se leva, ses liens tombant autour de lui, à moitié rongés par du feu. Il frotta ses poignets pour réactiver la circulation et se dirigea d'un pas déterminé vers les flammes qui envahissaient le petit cagibi où ils étaient en se frottant le visage pour en faire tomber le sang sécher.
- Attention ! appela Takagi.
Red tendit ses mains, paumes vers les flammes, et celles-ci reculèrent immédiatement.
- Il y a une fenêtre, ici, non ? Je sens un courant d'air, pointa Red.
- Oui, j'y suis accroché mais recule-toi du feu, va !
- C'est à vous de vous éloigner, plutôt. En diagonale, à droite de la fenêtre. Et je vais avoir besoin de vous pour être mes yeux, mais faîtes attention où vous mettez les pieds.
Red se retourna vers Takagi.
Des flammes dansaient dans ses yeux morts et dans son sourire maniaque.
- Il est pas trop tard pour dire que ça va flamber !
- … trois hiragana trouvés dans le calepin de mon père et qui sont restés un mystère pour la police. Personne n'avait pensé à prononcer ce mot sans maquer de pause au milieu… kano… était le surnom que mon père vous avait donné au club de base-ball, bien avant de leur demander, je me disais qu'ils avaient une drôle de façon de prononcer votre nom… je me trompais… fit Satô.
Sans un mot, son interlocuteur prit une gorgée de vin.
- C'est lorsqu'il vous a vu frappant mortellement le gardien sur la caméra de surveillance que mon père a compris. Il le disait souvent : « il a une façon bizarre de tenir sa batte, mais c'est le champion de l'équipe, ce Kano !» continua Satô.
Cela fit rire jaune son interlocuteur.
- C'est terrible ce que tu dis… moi, un assassin ? Ce ne sont que des suppositions sans aucun fondement… En plus, tu sais bien qu'il y a prescription depuis trois ans…
Satô regarda sa montre.
- Non, il reste encore exactement huit minutes et dix-sept secondes. Vous devez le savoir aussi. Dans le cas où le coupable fuit à l'étranger, la date de prescription est repoussée d'une durée équivalente à celle de l'exil… Je me suis renseignée auprès du ministère de la justice. De plus, pour ne pas oublier la date du jour précis de la prescription, vous avez fait de ce jour celui de votre cinquantième anniversaire ! Vous étiez également revenu d'Italie ce même jour.
La façon dont Kano perdit ses couleurs annonça à Satô qu'elle le tenait.
Le reste se passa en silence, à fixer la pendule au mur qui décomptait les minutes avant minuit et la prescription.
Kano, qui déglutit et se sentait la gorge sèche sous le stress, tendit le bras pour se reservir un verre de vin.
- Pas question ! lui dit joyeusement Satô en prenant le seau à glace contenant la bouteille dans ses bras. Vous ne l'aurez que si vous me parlez !
- Quoi ?! s'exclama Kano.
- Mon père me l'avait dit : un suspect qui s'apprête à faire des aveux aura soif et demandera une tasse de thé. Mais si vous la lui donnez, il boira les mots qu'il s'apprêtait à dire en même temps que le thé.
Elle lui jeta un regard aussi féroce que son sourire.
- Je ne vous permettrai pas d'avaler la vérité de cette affaire, même si votre gorge devient aussi sèche que le désert…
Les gamins se faisaient poursuivre par le pyromane en hurlant.
Malheureusement, Ayumi était à la traîne et se fit avoir. Dans un cri de peur, elle alerta ses amis qui se retournèrent pour la voir avec un couteau sous la gorge, dans les bras du pyromane.
- Hé hé hé… allez, fini de jouer ! Venez par ici !
- Ano…
L'homme se retourna pour voir Haibara se tenir innocemment derrière lui, les mains dans le dos pour ne pas changer, un petit sourire moqueur sur les lèvres.
- Si je vous dis : « le plus fort des deux n'est pas… » vous pensez à quoi pour la suite…
La suite était connue.
« Celui… » songea le pyromane.
Il ouvrit des yeux ronds quand une poubelle lui fonça dans la figure, l'assommant à moitié et le forçant à lâcher Ayumi.
- «… qu'on croit... » acheva le pyromane, le nez et la bouche en sang en plus d'être sonné.
- Réponse exacte ! accorda Haibara.
Conan avait encore le pied levé avec ses chaussures toujours chargées d'énergie, un sourire blasé aux lèvres.
Haibara ne serait pas refaite, elle et ses blagues pourries.
Les enfants interpellèrent Shiratori qui les cherchait, justement, lui montrant le suspect qui avait été appréhendé, surprenant l'inspecteur. Il fouilla l'homme inconscient et trouva une fiole d'essence avec des allumettes.
Pas de doute cette fois, ils avaient le bon.
- Mais au fait, pour l'entrepôt ? demanda Mitsuhiko. Il est en train de partir en fumée…
Tout le monde regarda les flammes qui dansaient sur l'entrepôt en question, le calcinant jusqu'à la source.
- Il était prévu qu'il soit rasé la semaine prochaine et par conséquent, il est vide, rassura Shiratori. Les pompiers sont actuellement en action pour éviter que le feu se propage…
Takagi avait posé la question, forcément. Voir le gamin au milieu des flammes sans aucune réaction, on ne pouvait que poser la question, pour se faire rappeler à l'ordre sèchement.
Il avait compris à présent.
Malgré les apparences, Red avait plus d'autorité en lui que n'en avait Megure en colère.
Alors, l'inspecteur obéissait. Et faisait ce qu'on lui demandait : servir d'yeux.
- Encore un peu plus haut !
Red leva un peu plus ses mains et les flammes qu'il avait fait grimper au mur sous la fenêtre continuèrent leur ascension, jusqu'à ce que Takagi lui dise qu'il était arrivé au métal.
Les flammes suivirent le rebord de la fenêtre des deux côtés, alimentées par le reste de l'incendie que Red avait détourné pour qu'ils s'évadent
- Dîtes-moi quand je peux recommencer à grimper, lui dit calmement le gamin.
Tic tac, tic tac.
Dooong…
Minuit.
Prescription.
Satô reposa le seau avec la bouteille de vin en se levant.
- Félicitations…
Elle se dirigea vers la sortie, tournant le dos au vieil homme.
- J'ai perdu.
C'est à cet instant qu'il parla, laissant enfin transparaître son vrai ressenti.
- Je n'avais pas l'intention de le tuer…
Satô se retourna, lui demandant s'il parlait de son père.
- Non ! Je veux parler du gardien ! Je l'ai frappé au mauvais endroit et il était trop tard…
- Et pour mon père ? demanda Satô. C'est bien vous qui l'avez poussé sur la route, non ?
- Non… c'est moi qui m'étais jeté sur la route… il m'avait retrouvé et il m'emmenait au commissariat… Il pleuvait et j'ai pensé à ce qui allait m'arriver après. J'ai eu peur et je n'ai plus eu envie de vivre… je me suis mis au milieu de la route alors qu'arrivait un camion… c'est alors qu'il s'est précipité pour me pousser et a été renversé à ma place…
- Ah bon… fit Satô.
- C'est grâce à lui si j'ai pu continuer à vivre et avoir une seconde chance…
Il essuya les larmes naissantes aux coins de ses yeux.
- Mais une seconde chance avec de l'argent volé… pointa l'inspectrice.
- Non… je n'ai pas touché à l'argent ! Il est caché sous l'autel bouddhique qui est chez moi ! Vis-à-vis de ton père, j'avais décidé d'attendre la prescription pour rendre tout l'argent ! C'est vrai ! Je t'en prie, crois-moi !
- Oui… je vous crois…
Et Satô fouilla dans sa veste pour sortir le kit main-libre de son téléphone.
- Tu as entendu Chiba !?
« Oui, impeccable ! » assura l'inspecteur Chiba dans le van devant le restaurant.
- Tu te débrouilles pour avoir un mandat et tu vas récupérer l'argent ! Si les numéros correspondent, on n'aura pas de meilleure preuve ! Tu ajoutes l'enregistrement d'aujourd'hui à l'argent et tu transmets tout ça au bureau du procureur pour qu'il formule un acte d'accusation ! Compris ?! Dépêche-toi, on n'a qu'une journée pour ça !
Et elle raccrocha, laissant Kano perplexe.
- Ara, vous ne vous en étiez donc pas aperçu ? Le jour où vous êtes revenu d'Italie, il y avait un typhon, n'est-ce pas ?
- Euh oui…
- L'atterrissage était prévu à vingt et une heure, mais en raison des conditions météo, vous avez finalement atterri à Narita à minuit passé de quatre minutes… par conséquent, vous fait une erreur d'une journée dans vos calculs… toutes mes condoléances~…
Sous le sourire victorieux de Satô, il s'effondra.
- Ah… je l'avais senti… lorsque j'ai vu ton visage en entrant, tu avais la même expression que lui ce jour-là… je me suis dit : « tu vas voir qu'elle est venue t'arrêter ».
- Non, vous faîtes erreur. Si vous n'aviez pas avoué, j'étais prête à mettre votre maison sens dessus dessous pour retrouver l'argent et vous faire arrêter ! Parce que je savais que cet argent n'avait pas encore servi… mais pour mon père, c'est différent. Dans l'ambulance, il aurait pu nous dire le nom du coupable, mais il vous a fait confiance et s'est tut… oui, alors que vous fuyiez, mon père vous a dit jishu shiro. A bout de force, il répétait inlassablement cette demande de vous rendre, faisant que ses mots se déformaient petit à petit, si bien que les gens autour de lui ont mal compris et ont entendu shûshirô… mais malheureusement, ces mots ne sont pas arrivés jusqu'à vous… Bon, maintenant, dîtes-moi où est Takagi-kun et le petit Red-kun ! S'en prendre à un enfant aveugle, vraiment… vous les avez bien enfermés quelque part, non ?
- Ils sont dans un vieil entrepôt du 6ème arrondissement de Shinagawa. J'ai attaché l'inspecteur Takagi aves ses menottes et le gamin avec des cordes, pour qu'il ne se blesse pas en voulant s'enfuir. J'avais l'intention de les libérer après… avoua le vieil homme.
Le sang de Satô ne fit qu'un tour.
Juste après, elle était sur place, regardant les pompiers essayer de maîtriser le feu de l'entrepôt. Elle chercha à rejoindre les lieux, hurlant que Takagi était dedans, mais on l'en empêcha, puisque c'était bien trop tard pour le sauver.
Takagi n'était qu'un idiot.
Qu'un imbécile.
Elle le revoyait tout souriant parlant de son horoscope qui lui disait qu'aujourd'hui était son jour de chance, alors que plus loin, Ayumi, Genta et Mitsuhiko hurlaient le nom de Red.
- TAKAGI… T'ES VRAIMENT QU'UN IDIOT ! rugit Satô en sanglotant.
- On peut difficilement dire le contraire…
Tout le monde se retourna pour voir Takagi se tenir dans la ruelle, un peu roussi, traînant les barreaux de la fenêtre avec les menottes noircies par les flammes. Red se tenait à un bout de sa veste, la cravate de Takagi autour des yeux pour masquer sa cicatrice, mais n'avait même pas l'air d'avoir un coup de chaud.
Le gamin raffermit sa prise sur le tissu, mais Takagi n'en tint pas compte. Souriant nerveusement, Takagi expliqua ce qu'il s'était passé :
- J'ai tiré sur ces barreaux et ils se sont arrachés… j'ai pu sortir avec Red-kun par l'ouverture… on a eu de la chance que cet entrepôt soit en piteux état… ensuite, on a déambulé dans la rue jusqu'ici… on m'a même pris pour un clochard et faut dire que je suis bien content d'avoir eu une cravate sous la main, parce que Red-kun n'est pas discret non plus avec ses yeux…
Takagi vacilla et s'effondra.
Satô le retint et le fit s'asseoir par terre, réalisant l'importance de sa blessure, et demanda rapidement à ses collègues une ambulance. C'est là qu'elle remarqua l'arme de service.
- Pourquoi tu n'as pas tiré sur cette chaine avec ton revolver ?! lui demanda-t-elle.
Elle ne risquait pas d'avoir des réponses du policier inconscient.
- Il ne voulait pas abîmer ces menottes…
Satô regarda Red qui essayait à grande peine de consoler Ayumi qui se remettait de sa frousse en sanglotant sur son sweat-shirt.
- Je l'ai entendu retirer le cran de sécurité, mais il n'a pas tiré. Quand je lui ai demandé pourquoi, il m'a dit que c'était parce que les menottes étaient un souvenir de votre père… C'est pour ça que je lui en veux pas d'avoir choisi une autre solution pour nous sortir de là… explicita Red. Sans compter qu'il est peut-être trop galant pour sa survie et qu'il ne fera pas de vieux os… je peux comprendre qu'on veuille préserver les souvenirs matériels de ceux qui ne sont plus là…
Satô eut un sourire en regardant Takagi inconscient dans ses bras.
Takagi était un imbécile.
Mais ça faisait son charme.
En remerciement pour l'aide qu'il avait fourni sur cette vieille affaire, Satô lui assura qu'il pouvait lui demander ce qu'il voulait.
Takagi étant un saint, il lui avait proposé un rendez-vous en tête à tête au lieu de chose plus poussées.
Satô avait accepté, lui disant de la retrouver à six heures le samedi suivant, devant l'entrée du Budôkan.
Petite erreur de sa part : il connaissait mal Satô.
Parce que oui, il eut droit à son rendez-vous… mais c'était couplé à une filature pour l'inspectrice ! Dire qu'il lui avait demandé de parler autre chose que boulot…
Avec un soupir, Takagi suivit le mouvement en regardant ses mails.
Il en avait un de Red, qu'il avait rebaptisé dans sa tête « commandant ».
Un simple mot.
Il ne savait pas pourquoi il le gardait. Peut-être en rappel. En rappel de ses questions. En rappel de sa promesse. Ou en rappel des mots durs du garçon de dix ans qui lui avait fait clairement comprendre qu'il n'aurait aucun regret à le laisser mourir dans les flammes s'il ne tenait pas sa promesse.
Tout cela était réuni dans ce petit mail.
Dans ce seul et unique mot de Dawn D. Red, inscrit dans la mémoire de son téléphone…
Merci.
