Bonsoir à tous ! Pour une fois, j'ai pas failli oublier le chapitre de la semaine ! Y'a du progrès.

Merci à tous et à toutes d'être au rendez-vous encore une fois pour une nouvelle affaire, qui cette fois, comme son nom l'indique, aura des éléments un peu plus familier pour notre chibi-pirate. Pour information, pour ceux qui suivent que l'anime, nous sommes sur les épisodes 222 à 224, soit les chapitres 279 à 283.

Arya39 : C'était EXACTEMENT l'image que j'avais de Red justement à cet instant, c'est drôle, non ? / Pas con l'idée de l'entraînement au Haki ! (le note dans son carnet pour aucune fic en particulier) / Le cerveau est une machine très bête qui n'a pas réalisé l'erreur avant que tu ne la soulignes bien dans ton dernier commentaire. Aussi con que ça puisse paraître, ma bêta et moi avons lui "Prêtre". Enfin, c'est rectifié, c'est l'essentiel / Je te recommande de revisionner les épisodes 226 et 227 pour avoir ta réponse (et tu remarqueras quelque chose en plus très certainement qui fera une agréable surprise à tout le monde). / Je ne connais Tokyo Ghoul que de nom, donc, je n'ai pas fait le rapprochement, mais j'en ai un assez sympatoch en préparation qui en surprendra plus d'un... faut juste que j'arrive jusqu'à une certaine préfecture (ricane) / pour les yeux d'Ace *tape du poing sur la table* C'est une FICTION et c'est la MIENNE, donc, je décide que ce sont les yeux eux-même qui sont touchés et qu'ils conservent leur couleur d'origine, malgré un léger voile blanc et la coupure au milieu, alors, c'est comme ça que ça se passe et fuck la biologie ! (boude) / Pour la suite, c'est un par semaine, pendant encore quelques temps vu l'avance que j'ai.

Sur ce, je vous souhaite une bonne lecture et à bientôt !


- Explique-moi comment j'ai été embarqué dans cette affaire, déjà ? s'enquit Red à Conan, tout deux avec la tête de quelqu'un qui serait resté plus longtemps au lit.

- Je dois reparler de nouveau de sa mère qui a menti à Kogoro pour le tester ? marmonna Conan en étouffant un bâillement. Pour sa photo stupide de kendô…

- Non.

Conan manqua de tomber de la rambarde quand une vague un peu plus grosse fit basculer le navire, mais la poigne de Red le rattrapa à temps.

- Il a débarqué à l'improviste avec Kazuha après m'avoir dit au téléphone une histoire totalement stupide au sujet de sirènes et de malédictions… grommela Conan avec un grand bâillement. Forcément, je pouvais pas prendre au sérieux cet idiot…

- Protèges ton crâne.

Trop tard, Conan se retrouva avec une bosse de la part de 'l'idiot' en question qui se tenait adossé à la rambarde du navire entre Kogoro et Conan.

- Tu pourrais me remercier… grommela Kogoro en fumant sa cigarette, déprimant à moitié sur la rambarde. Tu arrives à l'improviste, tu parles d'une soi-disant affaire et j'accepte de t'accompagner pour enquêter à Fukui…

- De quoi vous vous plaignez ? Vous êtes en vacances aux frais de la princesse, et le petit à même pu inviter un ami ! sourit joyeusement Heiji.

Le 'petit' et son 'ami' baillèrent à s'en décrocher la mâchoire… et Red bascula vers l'arrière dans une crise de narcolepsie.

- Ran-nee-chan, Dawn a fait une crise, averti Conan toujours aussi peu éveiller.

Ran se détourna de sa conversation joyeuse avec Kazuha un peu plus loin pour aller récupérer Dawn dans ses bras et retourna à son amie comme si de rien n'était. L'incident boucler, Kogoro revint à Heiji.

- Cela dit, tu t'es montré perspicace pour arriver à me trouver à Fukuoka chez les Shibata et pas chez moi…

- Ah, je me suis dit que Kudo… commença joyeusement Heiji.

Ce qui lui valut un coup de pied dans le genou de la part de Conan. La vache, il commençait à frapper fort le gnome depuis qu'il s'entraîner avec le pirate !

- Pardon, rectifia Heiji en se massant l'articulation. Je me suis dit que vous auriez vite fait de comprendre que ma mère vous avait menti sur toute la ligne pour son histoire de recherche d'ami.

- Et c'est quoi déjà le nom de l'île où on va ? s'enquit Kogoro.

- L'île de Bikuni. Une petite île isolée dans l'archipel de Wakasa. Les gens de là-bas l'appellent…

Red se redressa avec le chant des mouettes de l'île presque entièrement sauvage qui grossissait à vue d'œil.

- …L'île aux Sirènes, termina Heiji.

- C'est pour ça que je l'ai pas cru, se justifia Conan à Kogoro en se remettant du ravissement de la beauté de l'île en approche.

- Des sirènes…? répéta d'un air dubitatif l'ex-policier.

- Oui, il parait qu'il y a une vieille qui aurait mangé de la chair de sirène autrefois. Elle serait vraiment très vieille.

Red tira la langue.

- L'idée de manger de la chaire de sirène me rend malade.

Ran le reposa à terre avec un petit rire.

- Tu peux chasser l'idée de ton crâne, ça n'existe pas, rassura Conan avec un sourire las…

Qu'il perdît quand Red lui offrit son sourire de Cheshire.

- Cadre de référence~… chantonna le pirate en ressortant sa canne pour retourner à la rambarde.

Conan détestait quand Red lui sortait ça. Parce que ça remettait en question tout ce qu'il prenait pour solide et immuable.

Cependant, les filles étaient lancées sur le sujet, à présent.

- J'en ai entendu parler de cette femme qui a mangé de la chair de sirène ! Il y a trois ans, cela avait fait beaucoup de bruit ! Elle serait immortelle ! s'exclama joyeusement Ran.

- Oui, c'est ça ! Moi aussi ! renchérit Kazuha. C'est pour ça que je suis venue ! La jeunesse et la beauté éternelles !

Ran se tourna vers son amie, toute souriante :

- Ah je vois ! Et avec ça, tu veux qu'Heiji… commença Ran.

- Chut ! Pas si fort ! S'il t'entend… ! coupa Kazuha en panique.

- Vous vous sentez déjà vieilles ou quoi ? grommela Conan d'un air dubitatif en les regardant.

- Une île où il y a peut-être des sirènes, c'est romantique ! disait les filles.

- Quelle naïveté… marmonna Kogoro.

- Je suis d'accord sur le propos, mais pour autre chose, souffla Red qui ne souriait étrangement pas de la naïveté des filles.

- Qu'est-ce qui va pas avec ton cadre de référence ? demanda Conan en redevenant sérieux.

- Les sirènes et les hommes-poissons sont victimes de discriminations alors que ce sont des êtres pensants comme toi et moi. Des gens réduits au range de bête sauvage parce que leur ADN a quelque chose de semblable aux animaux marins… de vulgaires trophées pour ceux qui cherchent des esclaves exotiques pour leurs aquariums ou des mets originaux pour ceux que ne voient que des poissons. Et avant que tu remettes en question ce dont je parle, j'ai passé trois années de ma vie avec un nakama gyojin et j'ai visité leur royaume et donc vu pas mal de sirènes vivantes et conscientes.

Red serra ses mains sur la rambarde qui commença à fumer sous la chaleur et à se tordre sous la pression de la poigne enfantine du D.

Conan le regarda sans savoir quoi répondre.

Pour lui et pour beaucoup, les sirènes étaient un mythe, au mieux, un yokai, mais certainement pas assez courant pour qu'on puisse s'offusquer de deux jeunes filles parlant de ces créatures comme le faisait Ran et Kazuha avec innocence.

Pour Red, s'était autre chose.

Entendre parler de ça le renvoyait à des questions d'éthiques avec l'esclavages et le cannibalisme en jeu. Comment lui en vouloir d'être si écœuré de l'innocence et de la naïveté mal placé des deux filles perdues dans leurs rêves romantique.

- Vivre huit cent ans comme Yaobikuni* est impossible, grommela Kogoro.

- N'empêche que c'est dans ce même département de Fukui qu'est né la légende de Bikuni, pointa Heiji.

Conan voyait déjà une vieille femme débarquer pour leur raconter cette histoire. Il le sentait venir gros comme une montagne.

- Eh oh ! Ne me dis pas que ton client est quelqu'un qui veut rencontrer une sirène et t'a engagé pour ça ! gronda Kogoro.

- Non, c'est le contraire, lui dit Heiji en fermant les yeux un instant. Dans la lettre, il n'y avait qu'une seule phrase, écrite avec des lettres mal formées… « La sirène va me tuer… au secours !».

Cela eu le don d'effrayer Ran et Kazuha, mais Conan se contenta de bailler, ce qui vexa Heiji.

- Eh ! Tu pourras écouter sérieusement ! lui souffla le détective d'Osaka. C'est parce que tu ne leur as pas raconté ce que je t'avais dit au téléphone que les choses se sont compliquées !

- Idiot ! rouspéta Conan à mi-voix en lui jetant un regard noir. Comment veux-tu que je te prenne au sérieux quand tu me dis : « pendant les vacances d'Hiver, on va aller chercher une sirène ».. ? Et puis, pour ce genre d'affaire fantaisiste, tu pourrais te passer de moi… Et je t'interdis de dire « Cadre de Référence », Portgas, parce que c'est aussi valable pour toi !

Red qui se contenta d'arranger sa casquette gavroche sur son crâne tourna la tête vers Conan avec un air perplexe.

- C'est toi qui est idiot, maugréa Heiji. J'y serais bien allé tout seul mais, ce qui m'a troublé, c'est qu'alors que la lettre est arrivée chez moi, elle était adressée à Shinichi Kudo.

- He ?

- Tu peux me remercier ! continua Heiji l'air franchement pas amusé. Au début, ça m'a énervé et j'ai pensé jeter la lettre, mais je me suis dit que c'était peut-être quelqu'un qui avait quelque chose à te dire. C'est pour ça que je t'ai emmené !

Conan le soupçonnait fortement que ce soit Heiji qui ait écrit son nom sur la lettre.

- Oi ! appela Kogoro.

Heiji retourna auprès du vieux.

- Tu as téléphoné à ton client pour avoir confirmation de tout ça ?

- Oui, au bas de la lettre, il y avait le numéro de portable de la personne qui a envoyé la lettre. Saori Kadowaki ! confirma Heiji. Je l'ai appelée, mais la première fois, ça a coupé tout de suite après que j'ai parlé. Par la suite, je n'ai plus réussi à la joindre… mais le bruit que j'ai entendu quand j'ai téléphoné est encore très frais dans ma mémoire. La voix tremblante de cette femme et le bruit des vagues…

- Tu veux dire que cette femme a été… gémit Ran.

- Par la sirène… fit Kazuha toute aussi effrayé que son amie.

Conan fronçait les sourcils en réfléchissant déjà à l'affaire.

- Alors, tu ne trouves pas que ça devient amusant ? lui souffla Heiji.

- Pas spécialement, marmonna Conan.

- La sirène doit pas être de la première jeunesse, nota Red en appuyant son menton sur son coude. Si elle a attaqué cette Saori sur la terre ferme, elle doit avoir déjà ses jambes.

Le silence lui répondit.

- De quoi tu parles, Red-kun ? demanda Ran.

- C'est connu, la trentaine passée, la queue des sirènes se divise en deux, ce qui leur permet d'imiter les jambes humaines.

- Petit idiot, les sirènes, ça n'existent pas, rabroua Kogoro avec ennui.

Heiji allait en rajouter une couche mais Conan le devança :

- Tu t'es trompé dans le cadre de référence, Dawn, mais c'est intéressant à savoir.

Red laissa tomber sa tête contre la rambarde avec désespoir.

Heiji se dit que finalement, il ne voulait pas savoir.


- Quoi ?! Kadowaki Saori-san a disparu ?! s'étrangla Kogoro.

Dans la petite mairie de l'île, ils s'étaient renseignés sur où trouver leur cliente et venait d'apprendre sa disparition.

- Oui, leur répondit le député-maire. Depuis trois jours, elle ne s'est pas présentée à son travail, les gens du voisinage se demandaient si elle n'a pas pris un bateau pour rentrer à terre.

Date à laquelle la lettre était arrivée chez Heiji justement…

- Je dois aller faire des préparatifs pour la fête, s'excusa le bonhomme qui les avait reçus.

- Une fête ? demanda avec espoir Red.

Peut-être qu'il pourrait chiper une bouteille d'alcool dans le tas sans que personne ne le remarque.

- Oui ! Aujourd'hui, c'est le jour de la fête du Dugong qui n'a lieu qu'une seule fois par an ! Si vous voulez en savoir davantage, allez vous renseigner auprès du marchand de souvenirs où travaillait Saori comme vendeuse !

Une fête donc…

Ça expliquait la foule dans les rues.

- Donnez-moi bien la main qu'on vous perde pas dans la foule, fit Ran en prenant la main des deux enfants.

Red eu une grimace.

Être traité comme un enfant, ça allait quelques jours, mais là, ça devenait long et lourd.


Le commerce de souvenirs de l'île tournait autour des sirènes. Manjû dugong ; bracelets sirènes ; amulettes avec motifs de sirènes.

Ici, tout était à la sauce sirène.

- C'est quoi les dugongs ? demanda Kazuha à Heiji.

- Ce sont des mammifères marins qui ressemblent vagueeement à des humains, répondit Red dans le dos du duo d'Osaka.

- Ce sont les animaux qui ont servi de modèle pour les sirènes, explicita Heiji. Autrefois, on dit qu'il y en avait au sud du japon et que certaines personnes se servaient de leur chair pour confectionner un élixir de longévité.

Cela tira un reniflement narquois à Red.

- Où est l'intérêt d'avoir une longue vie, outre celle de voir ceux à qui on tient mourir autour de soi alors que le temps passe sans nous toucher. Je trouve ça très bien de pouvoir vivre jusqu'au lendemain matin, marmonna Red.

- Alors, tu ne seras pas intéressé par une flèche dugong, lui dit la vendeuse en entendant le commentaire du petit garçon.

- Une flèche dugong ? répéta Kogoro avec perplexité.

- Oui, c'est une amulette pour vivre très vieux. Saori-chan l'avait gagnée l'an dernier à la fête. Elle l'avait perdue et depuis une semaine, elle était effrayée et disait qu'elle allait être poursuivie par la sirène.

- Ah bon…

- La plupart des touristes sont venus aujourd'hui dans l'espoir de la gagner, c'est vous dire si elle est précieuse.

Red n'avait pas besoin d'être aveugle pour voir venir un attrape-nigaud par excellence.

- Mais enfin, de là à dire qu'elle a disparu parce qu'elle avait perdu cette flèche… pointa Kogoro avec un sourire crispé.

- Les sirènes existent…leur dit une jeune femme. On peut augmenter sa durée de vie et devenir immortel si l'on mange de la chair de sirène. Notre Mikoto est là pour en témoigner. De plus, celui qui possède la flèche dugong ficelée avec des cheveux remplis de l'énergie de Mikoto voit son rêve de longue vie se réaliser ! Saori a perdu cette flèche. Il n'y aurait rien de surprenant à ce que terrorisée, elle ait quitté l'île…

Et la jeune employée de magasin à l'apparence sombre et tellement peut rassurante s'éloigna, sourde au grognement d'animal en colère de Red qui ne cautionnait décidément pas la consommation des sirènes.

- C'est qui cette femme ? demanda Kogoro en regardant l'étrange femme s'éloignait.

- Kuroe Naoko, une amie d'enfance de Saori-chan.

- Et celle que vous appelez Mikoto ? demanda Kogoro.

- C'est une très, très, très vieille femme. C'est le symbole de notre île et l'attraction principale de la fête !

- Sérieux ? demanda Heiji d'un air dubitatif. Et quel âge elle a en réalité ?

- Ah ça… certains disent 180 ans, d'autres 200 ans, mais en réalité, personne sur cette île ne sait vraiment.

Une sacrée mémé, dis donc…

- Pourquoi n'iriez-vous pas faire un tour au sanctuaire shintô de l'île où se tient la fête ? leur proposa la vendeuse.

- Un temple Shinto ? répéta Kogoro.

- Vous devriez y rencontrer Kimie-chan qui y habite avec notre Mikoto. C'est elle aussi une amie d'enfance de Saori-chan. Elle pourra peut-être vous aider !

- J'ai comme l'impression qu'on nous balade, nota Heiji.


Comme on leur avait dit, ils rencontrèrent Shimabukuro Kimie, la miko du temple Shintô. C'est elle qui les renseigna sur l'âge de la « Mikoto ».

- Elle est née le 24 juin de l'an de 2 de l'ère Meiji* . Elle aura tout juste cent trente ans cette année ! Si vous cherchez sur les registre d'état civil, vous le verrez bien ! leur dit la jeune femme. Tout le monde fait toute une histoire parce qu'elle est très vielle.

Elle eut un soupir las.

Néanmoins, à son âge, il y avait de quoi entré dans le Guinness Book.

- Bon… et où elle est cette grand-mère ? demanda Heiji en regardant autour de lui la cours du temple.

- Elle est dans sa chambre en train d'insuffler son énergie aux trois flèches qui seront lancées lors de la fête !

Conan nota immédiatement Red se mettre à tourner la tête à droite et à gauche, les sourcils de plus en plus froncés.

- Rapproche-moi du temple, s'il te plaît, souffla le pirate à son camarade.

Ah, il cherchait quelque chose avec son Haki, comprit Conan. Il attrapa le bout du blouson de coton de son ami et le tira vers le temple en lui-même pour s'arrêter devant les marches. À côté, Kogoro demandait confirmation à Kimie :

- Mais alors, elle a vraiment mangé de la chair de sirène ?

- He ?

D'abord interloqué, la femme se mit ensuite à rire.

- Ha ! Ha ! Ha ! Ha ! Mais enfin ! Les sirènes n'existent pas ! Ce ne sont que de légendes !

- Et la flèche de Dugong ? demanda Kogoro qui ne suivait pas tout.

- En fait, à l'origine, le mot dugong avait pour sens « la protection contre les mauvais esprits et les démons ». Mais comme mon arrière-grand-mère vivait vraiment de plus en plus longtemps, les habitants de l'île ont donné eux-mêmes ce surnom de flèche de dugong en rapport avec la légende du dugong. C'est ce que racontait ma défunte mère !

- Vous avez perdu votre mère ? se fit confirmer tristement Ran.

- Oui, il y a cinq ans, en mère, avec mon père… mes grands-parents ont également disparu en mer avant ma naissance… il ne reste donc que mon arrière-grand-mère et moi…

- Mais il y a quelque chose d'étrange, non ? paniqua Kazuha. Tu es peut-être la seule à ne pas avoir entendu parler de la malédiction de la mer pour ceux qui ont mangé de la chair de sirène…

Elle, elle était clairement superstitieuse.

- Mais non ! rassura Kimie avec un sourire. La dernière fois, je suis allée en bateau à terre avec Saori et il ne s'est rien passé.

Cela alerta immédiatement les détectives qui lui demandèrent plus d'éléments, notamment quand, où et pourquoi.

- Il y a quatre jours. Je lui ai dit que j'allais chez le dentiste, alors, elle m'a accompagnée. Il n'y en a pas sur cette île.

- Comment était-elle à ce moment-là ?

- Elle avait perdu la flèche de Dugong et elle avait très peur… elle me demandait si grand-mère ne pourrait pas faire quelque chose… j'avais beau lui dire de ne pas avoir peur, elle ne m'écoutait pas et répétait : « non, c'est la vérité… je vais être maudite par la sirène »…

- Que dit ton cadre de référence sur ce point ? s'enquit Conan à Red.

Red haussa des épaules en se détournant de sa fouille au Haki.

- Madame Shirley est une sirène géante. Elle est voyante, fait toujours des prédictions justes, mais pas encore entendu parler de sirènes jetant des malédictions. J'aurai bien dit que c'est le rayon de Kal' qui est plus ou moins humaine, mais là encore, pour des raisons de sécurités, elle exploite pas son potentiel magique à fond et se concentre sur son zoan. Après, les malédictions, ça peut exister, j'ai vu tellement de truc improbable que je peux admettre l'hypothèse.

La miko, de son côté, continuait ses explications sur le comportement de son amie :

- C'est sûrement à cause de ce que je dis lorsque je transmets la flèche pendant la fête. Il faut croire en la longévité. Celui qui possède la flèche évite la douleur et la mort précoce. Celui qui la perd ou qui ne croit plus en ses pouvoirs tombe sous la malédiction de la sirène… ce genre de choses ne peut pourtant pas arriver.

Ah, donc, tout reposait sur la psychologie. Si on y croyait dure comme fer, le corps pouvait réagir en conséquence et la psyché ferait adapter un comportement qui rendrait cette croyance possible.

Un petit rire féminin les fit tous se retourner.

- Tu te permets de dire des choses pareilles parce que tu ne crois pas au pouvoir de Mikoto, se moqua une jeune femme en les rejoignant.

- Toshimi, reconnu Kimie.

- Alors qu'elle est tout ce qu'il y a de plus authentique ! continua la femme en riant. Elle a vraiment mangé de la chair de sirène, par ailleurs, il y a trois ans, on a même retrouvé le corps d'une sirène…

WHAT ?!

- Est-ce que ce serait cette histoire qui était passée à la télévision il y a trois ans ? se fit confirmer Ran sous le regard interrogateur de Kazuha.

- C'est vrai que cela me dit quelque chose… se rappela Kogoro avec un air pensif. En entrepôt avait brûlé quelque part et on avait retrouvé un étrange cadavre…

- C'est la télé qui en avait rajouté, réfuta Kimie d'un air gêné.

- Ah bon ? Tu l'as pourtant vu, toi aussi, non ? lui dit Toshimi. Le squelette avait une forme inhabituelle et… cette surprenante…

Un homme du même âge intervint, la coupant.

- Tu n'en as pas à en dire davantage à des étrangers.

L'homme, un certain Rokurô, n'avait pas l'air très enclin à parler à des étrangers.

- Il parait que vous êtes des détectives venus de Tokyo. Si vous cherchez vraiment Saori, ne perdez pas votre temps et allez chercher du côté de sa maison ! Son ivrogne de père se fera une joie de discuter de tout ça avec vous.

Lui et Toshimi s'éloignèrent.

- Quelqu'un disparait mais ça n'a pas l'air de les inquiéter plus que ça, nota Heiji avec suspicion.

- En fait, Saori se disputait souvent avec son père et s'enfuyait régulièrement, leur expliqua la Miko.

- Pourriez-vous nous indiquer où se trouve la maison de cette Saori ? demanda Kogoro.

- Oui, bien entendu ! Après la fête, si vous voulez, je pourrais vous y accompagner. Enfin, plus qu'une fête, c'est un peu comme une loterie : Les gens achètent des tickets numérotés. Grand-mère désigne des chiffres et ceux qui ont les bons numéros gagnent la flèche de dugong.

Elle se tourna vers Ran et Kazuha.

- Si ça vous tente, vous pouvez essayer aussi !

- He ? s'étonnèrent les deux filles.

La prêtresse fouilla dans une manche de son kimono et en tira deux tuiles de bois avec un numéro chacune.

- Un couple de personnes âgées a annulé soudainement et il me reste deux plaquettes. Gagner ou pas, ce n'est qu'une question de hasard ! Mais qui sait si, comme tout le monde le prétend, vous n'obtiendrez pas la jeunesse et la beauté éternelles ?!

La miko leur sourit joyeusement en leur donnant une plaquette chacune, faisant que Ran eu le quarante et un et Kazuha le dix-huit.

Ils allèrent rejoindre la zone que leur désigne Kimie avant qu'elle n'installe une barrière de séparation pour montrer jusqu'où la zone pour le publique s'arrêtait.

- T'as trouvé ce que tu cherchais ? demanda Conan en marchant à côté de Red.

Le pirate secoua la tête.

- J'ai pas trouvé la vieille. Je verrais ce soir.

- Voir ? Vraiment ?

- Je peux même pas utiliser ces expressions sans qu'on me reprenne à cause de ma cécité… fait chier, tout un vocabulaire à envoyer aux ordures !


Le soir venu, une sacrée foule s'était amassée devant le temple, accompagner par le son des taiko, ces grands tambours si typiques d'Asie.

Si Kazuha et Ran étaient toute contente et excitée, les détectives ne voulaient voir que la fameuse Mikoto.

Finalement, on ouvrit les portes shôjis du temple, dévoilant une petite silhouette au fond de la salle ainsi dévoiler. Une petite silhouette aux cheveux blanchis par l'âge qui leur tournait le dos.

- Ah ! ça y est, elle se montre ! nota Heiji.

- Voilà donc, la mikoto…

Red essaya de se faufiler dans la foule, bientôt suivi par Conan, afin de percevoir la vieille femme de son Haki.

La vieille femme extrêmement petite et énormément maquillée se tourna vers le public avec une perche en main et alla vers l'entrée du temple et les flambeaux qu'il y avait au pied des escaliers. Le bout de la perche s'embrasa et elle utilisa les flammes pour… mettre le feu à trois shojis.

Les flammes formèrent alors des caractères spécifiques indiquant les nombres suivants : Trois ; cent sept et dix-huit.

C'était donc ainsi qu'elle annonçait les numéros gagnants.

Sa tâche accomplie, elle éteignit la perche et la posa sur les marches avant de tourner les talons et repartir dans la pièce.

Si on en croyait les célébrations dans la foule, Toshimi avait gagné, tout comme Kazuha.

Red fronçait étrangement les sourcils avant que Kimie ne débarque à la place de la vieillarde et s'adressa à la foule, pendant que les assistants éteignaient les shôjis :

- Bien, message aux élus. Dans un instant, je vous vous remettre la flèche, rendez-vous à la cascade de la sirène !


Toute une décoration à la fois religieuse et festive avait été mise en place autour de la fameuse cascade qui se perdait dans les hauteurs derrière Kimie qui avait dans ses mains les flèches.

- La jeunesse et la beauté éternelles, pour moi ! sourit joyeusement Kazuha en regardant sa plaquette.

- Arrête, Kazuha… vivre vieux, ce n'est pas un truc si cool que ça… grommela Heiji.

- Ne t'inquiète pas ! Je prendrais soin de ta tombe !

Le grand sourire de Kazuha n'aidait pas à savoir si elle se foutait de la gueule de Heiji ou pas, mais Red devait avoir son opinion vu le rire qu'il étouffa.

- Que les trois chanceuses personnes s'avancent ! appela Kimie.

Naoko fut la première personne à venir, puis Kazuha passa à son tour la corde de séparation.

- Encore une personne ! Il manque une personne ! appela Kimie.

- C'est moi…hic…

Le dernier venu était un homme d'une cinquantaine d'année, au visage rougi par l'alcool, mal rasé et aux vêtements en désordre.

- Eh ben, moi qui pensait que niveau alcool, y'avait que Oyaji qui pouvait rivaliser avec Shanks… nota Red avec une certaine admiration. Si j'étais pas de feu, j'aurai été presque cuité rien qu'avec son odeur !

- L'état de cet homme n'est pas vraiment mon affaire, lui dit Heiji. Je trouve par contre bizarre que cette Toshimi ne se soit pas manifestée. J'étais pourtant certain qu'elle avait gagné.

- Je ne la vois pas, en tout cas, nota Conan en parcourant la foule du regard. Tu la sens, Dawn ?

- J'ai pas retenu sa voix, désolé.

Cependant, à cet instant, personne ne pouvait imaginer que cette fille était déjà dans le lit de la cascade. Les trois vainqueurs reçurent leur flèche et Kimie demanda à ce qu'on fasse étinceler la lumière pour eux, autrement dit, lancer des feux d'artifices.

C'est à cet instant qu'on la vit…

Ses longs cheveux noirs flottaient et ses courbes ondulaient, comme si elle dansait dans le courant, telle une sirène à la silhouette d'un bleu éclatant et profond…

Pendu depuis le haut de la cascade, sous le courant de celle-ci, le corps de Toshimi venait d'être dévoilé par la lumière des feux d'artifices dans la nuit sombres.


AN 1 : C'est l'histoire d'un pêcheur qui pèche un étrange poisson et qui invite des amis à le tester. L'un des invités voit le poisson en question qui a un visage humain et averti les autres de ne pas le consommer. Tous enveloppent et cachent leur part pour s'en débarrasser plus tard, sauf un qui a trop bu et qui le donne par erreur à sa fille en rentrant chez lui. Rien ne se passe apparemment, mais finalement, la fille devient une jolie femme, qui se marie, mais ne vieilli jamais. Finalement, après moult mariage et enterrement au travers le temps, sans qu'elle ne vieillisse, elle fini par devenir prêtresse bouddhiste et part en errance au travers plusieurs pays avant de revenir en son pays natal pour mettre fin à ses jours à l'âge de 800 ans

AN 2 : L'Ere Meiji correspond à la période de 1868 à 1912