Bonjour à tous, on se retrouve pour notre chapitre hebdomadaire de Détective Conan. Hier, j'ai joué à pile ou face pour savoir si je le publiais en avance, mais la pièce m'a dit le contraire, donc voilà...
M'enfin.
Merci encore et toujours d'être au rendez-vous (surtout à toi, Misstykata malgré ta capacité de jouer les espionnes) et je vais répondre à la nouvelle lectrice :
Kathelen : Tu sauras que j'adore les longues reviews, donc, laisses-toi aller, je serais la dernière à me plaindre. Au contraire je les encourage. / L'entraînement de Shinichi est surtout basé sur le combat pour l'instant, les yeux bandés de préférence, pour que notre détective puisse développer les deux formes du Haki / Je me base sur le manga pour la fic, même si j'ai découvert l'histoire à la base quand elle passait encore sur FR3./ Suivre les Files... la question est très vague... je vais aller dans l'ordre chronologique du manga, c'est certain, après, je ne vais pas faire toutes les affaires si là est ta question... soyons honnête, la série a bien trop de filler juste dans le manga papier. je vais en gardé quelques uns, mais pas tous. / pour ta dernière question, la réponse est oui, mais le qui, ça, c'est un secret ;)
Sur ce, je vous souhaite une bonne lecture et à la semaine prochaine !
Dans l'épisode précédent : Suite à la réception d'une étrange lettre d'une certaine Saori disant qu'une sirène allait la tuer, Heiji et Kazuha invitent les Mouri et Red a se joindre à eux pour le voyage jusqu'à l'île où vit leur cliente, afin d'en apprendre un peu plus et découvre que la demoiselle en question a disparu le même jour où elle a envoyé sa lettre. Ils arrivent durant un jour de fête où la doyenne de l'île (la Mikoto du temple shintoïste local que l'on considère immortel et que la rumeur dit avoir mangé de la chaire de sirène) tire au sort trois personnes pouvant gagner une flèche faîte à base d'os de dugong qui serait capable de chasser les mauvais esprits et de rendre immortel. Cependant, durant la remise des flèches, il s'avère que l'un des gagnants, une amie de la disparue (accessoirement une présumée gagnante d'une des flèche) est retrouvé pendu dans la cascade à proximité du lieu de la cérémonie.
Et à présent la suite :
Tout le monde pointait du doigt l'apparition de la jeune femme au bout d'une corde, dans le cœur de la cascade. Et tous les locaux la reconnaissaient.
Conan demanda à Red de rester avec les filles et fila vers la miko qui présidait la cérémonie pour lui prendre son poignet.
- Vous connaissez bien cette montagne, non ? Vous pouvez nous y conduire ?!
La jeune femme fut surprise, mais elle se retrouva tirer par la main vers Heiji qui filait déjà vers la montagne forestière de laquelle partait la cascade.
Une fois là-bas, ils parvinrent à remonter la victime, il s'avéra que Toshimi ne pouvait plus être sauvée. Suicide ou meurtre…
Sur le sol au-dessus de la cascade, Rokurô, qui les avait accompagnés avec Kogoro, émit une troisième hypothèse en brandissant le piquet qui était accroché à la corde. Piquet servant à border la rive de la rivière pour prévenir le danger de celle-ci. En éclairant la rive, on voyait en effet d'autres piquets de ce genre tous reliés entre eux par la même corde. Il était donc possible que ce soit un accident. Dans le noir, elle aurait pu se prendre les pieds dans la ligne de sécurité et tomber dans la rivière. Elle avait peut-être essayé de se retenir à la corde, mais le piquet s'était alors arraché. Dans le courant et le tourbillon, la corde avait fini par s'enrouler autour d'une voie d'air, menant à la pendaison accidentelle.
Sans compter qu'il y une semaine, de fortes pluies avaient rendus le terrain boueux, faisant que le piquet n'avait pas dû offrir beaucoup de résistance.
Bien entendu, Heiji ne pouvait pas s'arrêter à cette conclusion.
- Vous ne trouvez pas ça étrange ? Alors qu'au pied de la cascade se déroule la fête, elle vient se balader dans cette forêt sombre !
- Peut-être qu'elle cherchait la tombe de la sirène, supposa Naoko qui s'était jointe au groupe. On dit que quelque part dans cette forêt se trouve la tombe de la sirène… une tombe dans laquelle a été mis ce qu'il restait du corps de la sirène retrouvé après l'incendie d'un des entrepôts du temple, il y a trois ans, lors de la fête. N'est-ce pas, Kimie ?
- O-oui, avoua la jeune miko. Il est vrai que Toshimi parlait souvent de cette tombe.
Heiji les arrête pour les éclaircissements sur ces os de sirènes.
- Je ne sais pas… lui dit Kimie. C'est ce que disent les habitants de l'île, mais les policiers venus de métropole ont dit que c'était le cadavre d'une femme d'âge moyen…
- Une femme d'âge moyen ?! interrompis Naoko. Tu parles ! Ce serait vrai si on avait retrouvé les os de la partie inférieur du corps !
Cela surpris Mouri qu'on ne trouve aucun os dans la partie inférieur du corps.
- En fait, deux ou trois piliers qui soutenaient l'entrepôt se sont effondrés dans l'incendie et sont tombés sur les membres inférieurs. On n'a donc retrouvé que des débris d'os… Le problème est apparu après qu'on eut dégagé les piliers. L'entrepôt avait complètement brûlé et une fois l'incendie éteint, nous nous sommes approchés avec les pompiers de l'île… à l'endroit où auraient dû se trouver les jambes… il n'y avait pas d'os.
C'est à parti de ça que la télévision avait sauté sur l'affaire en parlant de la découverte d'une sirène, rendant célèbre la Mikoto et l'île.
- Mais la police a bien dit que c'était le corps d'une femme ? se fit confirmer Conan.
- Oui, lui dit Kimie. On a pensé que c'était peut-être une touriste qui n'avait pas gagné la flèche de Dugong qui s'était introduite discrètement d'en l'entrepôt, pensant y trouver d'autres flèches d'entraînement. Le feu se serait déclenché à cause des bougies de l'entrepôt. Un an après, l'identité de cette personne restait un mystère et il fut décidé que ce serait nous qui garderions les cendres. C'est là que les problèmes ont commencé…
Un problème de profanateur de tombe.
De stupides touriste prêt à tout pour voler un ou des os de la sorcière.
- Depuis l'époque Edo, on dit que les os de sirènes ont les mêmes vertus que la chair, glissa Naoko.
Heureusement que Red était toujours en bas, il n'aurait pas apprécié le commentaire.
Alors, pour se débarrasser de ce problème, la Mikoto avait demandé l'année précédente à quelqu'un d'aller mettre cette tombe quelque part en forêt. Quelqu'un en qui elle avai entièrement confiance, faisant qu'il n'y avait que deux personne sachant où elle était cette fameuse tombe.
- Suicide ou meurtre, commençons d'abord par redescendre son corps, rappela à l'ordre Kogoro. Nous parlerons de tout ça avec la police ensuite.
Rokurô se chargea de transporter le corps de Toshimi.
- Si c'est un meurtre, Toshimi devait avoir une bonne raison pour venir ici à une heure pareille, commenta le jeune homme d'une voix neutre.
- Je te trouve bien froid pour quelqu'un qui vient de perdre sa fiancée, pointa Naoko.
- Ce sont nos parents qui avaient décidé ça, sans nous demander notre avis. Moi, je n'avais rien demandé. Mais comme mon père et ma mère ne sont plus de ce monde…
Contrairement à Rokuro, Toshimi avait encore un parent en ce monde, et quand on lui rendit le corps de sa fille, le père fondit en une crise de sanglot.
Alors que Kogoro notait qu'une nouvelle fois, Conan et Heiji avaient disparu, les filles et Red revenaient en courant (Red portait sur le dos de Ran avec un air boudeur).
- Papa !
- Ah, Ran ! Tu as prévenu la police à terre ? demanda Kogoro.
Ran et Kazuha s'arrêtèrent au niveau de Kogoro et Red sauta à terre.
-Ils ont dit qu'ils ne pourraient pas venir immédiatement car la mer est déchaînée et qu'ils ne peuvent sortir le bateau ! expliqua Ran.
- Avec ce genre de vent et de pluie, il faut avec un sacré navire et un bon navigateur pour pouvoir s'aventurer en mer, sans parler d'un timonier très adroit, renchérit Red. Même du côté de l'île où j'ai grandi, on en a pas des aussi dingue, des tempêtes comme ça.
Ce qui était vrai. Fallait être du côté de Loguetown et Reverse Moutain pour avoir des tempêtes aussi folles en East Blue, donc, à proximité de la Grand Line/ Red Line.
- C'est mieux comme ça ! fit Heiji en revenant. Parce que ça veut dire aussi que le meurtrier ne peut pas s'enfuir d'ici non plus !
- Tu parles de meurtrier mais on n'est encore sûrs de rien, lui pointa Kogoro.
- Vous croyez ? Regardez ça !
Et le lycéen brandit une grosse bouée de sauvetage.
- Heiji et moi l'avons trouvée sur le bord de la rivière qui va de la cascade à la mer ! expliqua Conan juste derrière Heiji. On a demandé aux gens de l'île et ils nous ont dit qu'elle n'y était pas hier. Et alors ?
- Alors ? répéta Kogoro.
- Je suis même sur que l'aveugle l'a compris ! sourit moqueusement Heiji. Ne gamin ?
- Pourquoi j'ai l'impression d'être l'abruti de service ou la référence d'un taux de stupidité quelconque ? demanda Red.
Il n'était pas Luffy, bon sang ! Il l'utilisait peut-être pas autant que l'avait utilisé Sabo de son vivant, son cerveau, mais tout de même…
Voyant que Red n'avait pas l'intention de répondre, Heiji reprit son explication :
- Mettre Toshimi inconsciente sur une bouée, lui attacher une corde autour du cou et lui faire suivre le courant de la rivière… n'importe qui a pu faire ça.
Heiji se saisi de la visière de sa casquette toujours à l'envers pour la faire pivoter vers l'avant avec un regard déterminé.
- Nous avons vu Toshimi au temple, deux heures avant la découverte de son corps pendant le feu d'artifice, et il faut moins d'une heure pour aller en haut de la cascade et revenir. Ce qui veut dire que n'importe qui a pu faire ça. Homme ou femme… et que le meurtrier est encore sur cette île !
- Vu le mugissement du vent, la tempête a dû commencer quand Toshimi était vivante, confirma Red en arrangeant sa casquette gavroche pour l'enfoncer un peu plus sur son crâne pour masquer son sourire sauvage. Le meurtrier est toujours parmi nous.
- Ne soit pas aussi réjoui, Red-kun, gémit Ran avec nervosité en regardant autour. Qui sait si ce meurtrier n'est pas en train de nous observer actuellement… ?
Contre toute attente, ce fut Kazuha qui la rassura.
- Ne t'en fait pas ! Il ne va pas tarder à être arrêté ! Heiji qui remet sa casquette en place, c'est le signe qu'il a mis le contact ! Machines à toutes vapeurs ! dit la demoiselle à son amie avec un grand sourire.
- Ah bon… fit Ran avec un sourire.
Kazuha eu l'air triste en regardant son amie.
- Mais je t'en interdis d'en tomber amoureuse…
- He ?
Rouge comme une tomate, la demoiselle avoua à son amie Tokyoïte son angoisse :
- Avec une adversaire comme toi, je n'ai aucune chance…
- Kazuha-chan…
Ran sauta joyeusement au cou de la demoiselle pour la serrer dans ses bras.
- T'en fais pas !
- Mais qu'est-ce qui te prend ?! s'étonna Kazuha.
- T'en fait pas, Kazuha-nee-san, Ran-nee-san n'a d'yeux que pour un autre détective qui lui est toujours absent : ils se tournent autour, ça en est presque drôle, ricana Red.
- Red-kun ! rouspéta Ran.
Cette fois, c'était Ran qui rougissait, sans voir le regard noir de Conan à l'adresse de son camarade. Regard noir qui se changea en curiosité en voyant l'air triste du pirate en dépit de son sourire.
Pendant le side show sur les histoires de cœurs des deux lycéennes, Naoko prit Heiji à part pour lui souffler quelque chose :
- Oi… si tu penses que Toshimi a été assassiné, tu ferais mieux de ne pas quitter des yeux le père de Saori.
Heiji égara son regard sur l'homme en question qui buvait toujours le contenu de sa flasque.
Et elle s'éloigna.
- Sois prudente en rentrant, Naoko, lui conseilla Rokuro alors que la pluie commençait à tomber.
- Aucun souci à avoir, j'ai la flèche de dugong, fit la femme avec un sourire en montrant la flèche.
Kimie se rapprocha du groupe pour savoir s'ils voulaient toujours voir la maison de Saori.
- Oui, mais vu l'état de son père… fit Kogoro qui voyait très bien l'état d'alcoolémie de l'homme.
- Dans ce cas, présentez-nous à Mikoto ! demanda Conan avec innocence. Moi, j'ai plein de choses à lui demander !
- Moi aussi, siffla Red.
Il était le parfait contraste avec l'air innocent de Conan. Son visage fermé ne présageait rien de bon.
Les six finirent donc au temple, dans le quartier à vivre, attendant que Mikoto les reçoivent pendant que Kimie faisait on ne savait quoi. Le groupe était autour de la table basse, assis sur les coussins.
- Elle n'est pas toute jeune, cette maison… nota Kogoro.
- Le business des flèches de dugong ne doit pas marcher très fort, supposa Heiji.
- Tu plaisantes ? se moqua Kazuha. C'est cinq milles yens la plaquette numérotée ! D'après les gens de l'île ça a toujours été comme ça !
Red siffla sous le prix mais ne se détourna pas de son scan au Haki de la demeure.
- Il y a une grande boite dans laquelle se trouvent toutes les plaquettes et les gens en tirent une les uns après les autres, expliqua Ran. Il y a cent huit plaques en tout. Lorsqu'elles ont toutes été tirées, c'est terminé. Ensuite, la vieille grand-mère donne les tris numéros de ceux qui vont recevoir la flèche de dugong pendant la fête !
- Mais alors, tu as vraiment eu beaucoup de chance, Kazuha-nee-chan, nota Conan.
- Oui ! sourit joyeusement la demoiselle.
Le silence revint, juste troublé par la pluie sur le toit de la bâtisse et le bruit du vent.
- Kimie-nee-san revient, nota Red en fronçant des sourcils, coupant le silence.
- Mais c'est pas elle qu'on attend, c'est Mikoto. Elle en met du temps, la vielle, grommela Kogoro.
Un cloc cloc de plus en plus perceptible se rapprochait de la pièce.
- Kimie a dit qu'elle allait l'appeler, mais qu'avec la fête, elle était sûrement fatiguée. Elle n'était pas sûre qu'elle puisse nous rencontrer… elle revient peut-être nous dire que Mikoto est indisponible ce soir ?
Le cloc cloc s'arrêta devant la porte avec une ombre derrière le shoji. Ombre qui ouvrit la porte, dévoilant une vieille et minuscule femme bossue, tellement vieille et moche qu'elle figea d'horreur l'assistance.
Red tourna la tête en tout sens, ne comprenant par pourquoi tout était si silencieux brusquement, avant que ses sourcils ne sautent sur son front en entendant la vieille femme parler :
- Je peux faire quelque chose pour vous ?
La Mikoto était un monstre sans maquillage !
- Ano… comment vous faîtes pour choisir les numéros de ceux qui vont gagner ? demanda bravement Conan.
La Mikoto le regarda un instant en silence, avant de répondre.
- Au hasard…
- He ?
- C'est comme au tiercé ! ricana la grand-mère.
Elle avait le culot de se moquer d'eux.
Et vu le ricanement de Red, il devait trouver la blague très drôle aussi.
- Vous ne donnez que trois flèches par an. Pourquoi pas davantage, ce serait bon pour les affaires ? pointa Heiji avec un sourire crispé.
- Ce n'est pas possible… pointa la vieille en soulevant une de ses mèches de cheveux fin. J'y enroule mes cheveux et ils ne sont plus si nombreux que ça.
- Grand-mère ! Ton bain est prêt ! cria la voix de Kimie dans la maison.
- Bon, si vous n'êtes pas là pour une affaire importante, je vais aller prendre mon bain et me reposer.
Conan voulu lui poser une autre question alors qu'elle commençait à se détourner du salon, mais la vieille femme s'adressa à Kazuha.
- Jeune fille… avec les cheveux attachés…
- He ? Moi ? s'étonna Kazuha.
- Depuis toujours, la flèche de dugong éloigne les mauvais esprits, lui dit la vieille. Si tu t'en sépares, le mal empoisonnera ton corps… les hommes rentrent à terre et deviennent des ogres sans cœur. Les femmes retournent en mer et deviennent des sirènes muettes… ne t'en sépare jamais…
- C'est pas bien de dire des mensonges.
Le commentaire de Red coupa la grand-mère dans son élan.
- Il n'y a jamais eu de sirène, n'est-ce pas ? s'enquit le chibi-pirate avec un sourire de coin.
La grand-mère haussa des épaules.
- Les gens croient ce qu'ils veulent.
- Ou ce qu'on leur fait croire. Vous avez vos raisons, j'en suis certain. Juste une chose… si les hommes qui reviennent à terre sont des ogres sans cœurs, c'est parce que l'océan leur a tout prit et ne partage rien. Il ne faut pas la sous-estimer, elle est pire qu'une drogue.
La grand-mère eu un rire grinçant en s'éloignant.
- Je garderai ça en tête, assura la vieille.
Conan, Kogoro et Heiji se mirent à genoux dans le couloir pour la regarder s'éloigner.
- La voix tremblante, le teint blême… elle ne vas pas faire long feu cette vieille, nota Heiji les yeux plissés comme les trois autres.
- Elle n'a pas l'air d'une vieille femme mystérieuse qui aurait gagné l'immortalité.
- C'est justement ça dont je lui parlais, pointa Red. Il n'y a pas d'immortalité, c'est un attrape-nigaud, sur lequel l'île se fait de l'argent.
- D'ailleurs, c'est quoi ce commentaire sur l'océan, Red-kun ? demanda Kazuha.
- Tout ce qu'il y a de plus sérieux. Après tout, c'est la seule entité que j'ai pu appeler 'kaachan dans ma vie.
Pourtant les mots de cette vieille femme appelleraient sans le savoir le mauvais sort…
Le lendemain matin, ils revinrent au temple pour l'enterrement.
A défaut d'avoir des vêtements noirs et sobres pour Heiji et Kazuha, ils vinrent avec leur uniforme scolaire.
- Alors ? Tu vois qu'on a bien fait d'amener nos uniformes scolaires ! souffla Heiji à son amie alors qu'ils attendaient pour signer le registre derrière Kogoro. On en sait jamais c qui peut arriver.
- Tu ne crois pas qu'on est de trop ici ? s'enquit Kazuha.
- Mais non, mais non ! C'est idéal pour en savoir un peu plus sur cette île.
- C'est fini ces messes-basses ! gronda Kogoro. C'est un enterrement, un peu de tenue !
Heiji eu un sourire contrit.
Derrière Kazuha, Ran s'assura que son amie avait toujours sa flèche de dugong.
Pendant ce temps, Conan qui avait signé pour lui et Red avant Kogoro, regarda le registre. L'ivrogne était venu lui aussi. Ils entrèrent dans le hall de cérémonie où quelques personnes étaient en train de rendre hommage à la défunte. Kimie se retourna sur le coussin où elle était à genoux et regarda avec surprise le groupe.
- Dîtes-moi, il semble que Kadowaki-san ne soit pas rentré chez lui, hier soir. Vous ne savez pas où il était ? s'enquit Kogoro à l'oreille de Kimie en regardant le père de Saori.
- Non, mais il parait qu'il s'est accroché avec des touristes dans un bar.
Donc, le bougre qui ne paraissait toujours pas sobre, ce matin, aurait bu toute la soirée.
- Tiens ? Je ne vois pas Naoko-san, son nom était sur le registre, mais…
- He ? Elle est venue ? s'étonna Kimie.
Une soudaine lumière de l'extérieur encore sombre et nuageux fit apparaître sur le shoji une étrange ombre, comme une poupée suspendue à des filins invisibles.
Alertés, Heiji et Conan ouvrirent le shoji de la pièce de réception pour sortir dans le couloir. Celui-ci, via des portes vitrées coulissantes, donnés sur la plage. Dehors, un long filet de pèche étaient accroché entre deux grand piquet. Mais ce qui provoqua un cri d'effroi et de peur chez les filles, ce fut la vue du corps immobile et blême de Naoko qui reposait dans le filet.
Pendant que tous les invités de la cérémonie s'étaient amassés dans le couloir vitré, Red resta assis sur les marches menant à la plage pour écouter la mer qui s'était calmée, pendant que Kogoro, Heiji et Conan menaient l'enquête. Kogoro prit en photo le corps sous l'éclairage de la lampe entre les mains de Heiji alors que de sa montre-torche, Conan observait le sable autour.
- Il y a moins d'une heure qu'elle est morte, nota Kogoro.
- Elle a certainement été accroché à ce filet après avoir été étranglée.
Les traces dans le sables montraient les marques des sandales de Naoko et des marques de bottes, très certainement celles du meurtrier.
- Mais pourquoi faire une chose pareille ? s'enquit Kogoro.
- Sûrement à cause de ça ! appela Conan.
Il montra une étrange marque dans le sable.
- Regardez ! Elle a marché sur la flèche et la trace est restée.
- C'est cette flèche que voulait le meurtrier ? supposa Heiji.
- C'est une empreinte de sandale, ce qui veut dire qu'elle a dû laisser tomber la flèche en rencontrant le meurtrier et marcher dessus.
Pendant que Heiji et Conan faisaient leurs analyses, Kogoro rouspétait mentalement en voyant qu'encore une fois, Conan était là, dans leurs pattes.
Soulevant la veste de la défunte, Heiji supposa que le meurtrier n'avait pas dû voir qu'elle avait fait tomber la flèche et après l'avoir tuée, l'a fouillée sans rien trouver.
- Il l'a finalement vue sur le sable et s'est enfui avec, compléta Kogoro.
Il souleva le filet qui couper la route entre le reste de la plage et le hall de cérémonie pour suivre la trace des bottes… qui allaient droit vers la mer pour y disparaître. C'est là que Heiji nota quelque chose de brillant dans les traces de pas.
Une écaille de poisson…
- Il y en a aussi deux sur les vêtements de Naoko ! pointa Conan toujours auprès du corps.
Heiji regarda la mer avec un sourire sardonique.
- Des écailles sur les traces de quelqu'un qui a disparu dans la mer… fit le détective d'Osaka.
- Attends un peu… tu veux dire que le meurtrier… commença Kogoro.
- Vous avez de la visite ! appela Red depuis l'escalier.
Les trois détectives se retournèrent pour voir des gens en imperméable accourir en leur demandant ce qu'ils faisaient.
- Ben, on enquête, lui dit Kogoro d'un air embarrassé.
- C'est notre travail, nous, la police de Fukui ! rouspéta l'homme.
- Vous avez finalement pu venir, comprit Heiji.
- La mer s'est calmée, c'est évident ! pointa moqueusement Red avec un grand sourire.
Les hommes revinrent vers les filles pour les mettre au courant des dernières infos.
- Quoi ?! Les traces du meurtrier conduisent à la mer !? s'exclama Ran avec effroi.
- C'est vrai Heiji ?! se fit confirmer Kazuha.
- Oui, confirma Heiji d'un air neutre. La police est en train de relever la forme des empreintes des bottes. Ils prennent également les écailles retrouvées dans les empreintes…
- Des écailles ?! s'exclama Kazuha.
Il n'en fallut pas plus pour que les braves et habituellement si courageuse demoiselle se blottissent l'une contre l'autre en tremblant d'effroi.
- Mais alors, le meurtrier serait… commença Ran d'une voix blanche.
- Une… une sirène… compléta Kazuha.
- Depuis quand les sirènes portent-elles des bottes ? demanda Heiji.
- Cadre de référence, Dawn, devança Conan à l'adresse du pirate en sentant venir un commentaire.
- Hun ? Pardon, tu disais, j'écoutais pas ? s'excusa Red en détournant sa tête du large qu'il semblait écouter avec attention.
- Tout ça, c'est juste un petit truc pour laisser penser que c'est une sirène le coupable, continua Heiji. Le meurtrier avait certainement demandé à Naoko de venir près du filet avant le début de la veillée funèbre, il l'a ensuite étranglée et a marché jusqu'à la mer en laissant des écailles dans les empreintes et s'est enfui par le bord de mer. S'il a procédé comme ça en venant et en repartant, ses traces de pas ont été naturellement effacées par la mer.
- Quelqu'un aurait vu Naoko-san lorsqu'elle est sortie ? s'enquit Kogoro.
Personne ne l'avait vu, même pas Benzô-san, le père de Saori, qui pourtant avait signé le registre après la demoiselle. Ce qui voulait dire qu'elle est allée vers le filet juste après être arrivée. Pour Kogoro, il était encore trop tôt pour qu'on soupçonne que ce soit le même coupable, mais la possibilité était encore envisageable.
- Mais ce qui est sûr, c'est qu'il s'est enfui en emportant la flèche de dugong de Naoko-san, pointa Kogoro.
- La flèche de dugong ? fit Kazuha avec effroi.
- Mais alors… Saori qui a disparu après avoir perdu la flèche… souffla Kimie.
- Oui, elle a peut-être subi le même sort.
Pourtant, certains habitants assurèrent avec vue la jeune Saori à proximité de la cascade de la sirène, dans les bois, qui s'était enfuie quand on l'avait appelé.
- Vous êtes sûr que c'était elle ? se fit confirmer Heiji.
- Oui, certain. Une fille aux cheveux blonds portant des lunettes, il n'y a qu'elle sur cette île, leur assura un homme. De plus, elle porte toujours des vêtements dans les tons bleus, renchérit une femme.
- Si c'est vrai, alors, on peut penser qu'elle fuyait quelque chose… quelque chose qui l'empêche de réapparaître devant tout le monde…
- Vous, vous n'avez pas une idée ? C'est votre fille, n'est-ce pas ? demanda Kogoro au soulard.
- Oui… son secret est toujours le même…
Il eut un ricanement.
- J'espère seulement qu'elle n'est pas devenue une sirène comme cette fille qui vient de mourir… rajouta-t-il en regardant la dépouille de Naoko.
- Une sirène ? Pourquoi dîtes-vous cela ? demanda Kogoro.
- Vous ne connaissez pas la légende de Oyabikuni ? Ama vécut huit cent ans après avoir mangé la chair d'une sirène prise dans un filet.
Cela renvoyait de façon angoissante à ce qu'avait dit la vielle femme la veille « si tu t'en sépares, le mal empoisonnera ton corps… les femmes retournent en mer et deviennent des sirènes muettes »…
Est-ce que ça serait vrai ?
Elle, à la base si heureuse d'avoir gagné sa flèche, commençait à le regretter. Elle senti un frisson d'angoisse lui parcourir l'échine alors qu'elle serrait dans sa main la flèche de dugong sous le haut de son uniforme.
- Quoi qu'il en soit, attendons la fin de la veillée funèbre et cherchons tous ensemble Saori ! Je ne tiens pas à trouver une autre victime.
Tout le monde retourna à sa place.
- Kazuha… appela Heiji.
Kazuha regarda son camarade qui lui tournait le dos.
- Ne t'éloigne pas de moi.
Cela tira une rougeur à Kazuha.
Peu après, la police vint vérifier qu'aucune personne présentes n'étaient en possession de la flèche de Naoko. Seuls ceux qui l'avaient reçue lors de la fête en possédaient une, soit Kazuha et Bensô-san.
- Dis, Kudô… tu as compris quelque chose ? demanda Heiji alors qu'ils participaient au repos qui suivaient la cérémonie.
Conan se détourna de la vue amusante de Red assoupi, le visage sur la table et son verre encore levé comme s'il voulait le boire, pour revenir à son propre repas.
- Rien du tout, fini-t-il par répondre à l'adresse de Heiji. Tout ce que je peux dire, c'est que Toshimi, puis Naoko et enfin, cette Saori qui est portée disparue… toutes les trois croyaient fermement au pouvoir de Mikoto et toutes les trois avaient reçu la flèche. C'est étrange…
- Oui, confirma Heiji. Pour moi, il n'y a pas de rapport entre le fait qu'elles aient reçu la flèche et qu'elles soient mortes ou se soient enfuies…
Il eut un soupir de désespoir en appuyant son visage sur sa main.
- Puisque de toute façon, on ne sait pas qui a tiré quel numéro…
Kimie entendit son commentaire et le détrompa :
- Afin de ne pas faire d'erreur sur les gagnants, on demande à chacun d'inscrire son nom sur une liste après le tirage de la plaquette. Avec tout ce qui s'est passé, cette année, on n'a pas encore vérifié le nom des gagnants, mais si vous voulez, on peut aller voir cette liste maintenant.
- Évidemment !
Bientôt, Heiji se vit obligé de soutenir un Kogoro bien cuit avec l'aide de Ran, afin de l'embarquer voir les listes avec eux.
- Kimie… appela Rokuro alors qu'ils allaient partir.
La jeune femme se retourna, faisant que Red (qui avait pu être réveillé rapidement) et Conan s'arrêtèrent sur le seuil pour l'attendre.
- Pardonne-moi de te demander ça à un moment pareil mais… tu as réfléchi à ce que je t'ai demandé ? Je suis sérieux.
Kimie eu l'air très triste en répondant à son ami :
- C'est non… Je ne peux pas vis-à-vis de Toshimi qui est morte. Et en plus, il y a mon arrière-grand-mère. Je ne peux pas quitter cette île… je suis désolée…
Conan jeta un œil à son camarade en entendant son petit reniflement narquois à la mention de l'arrière-grand-mère, mais ils rejoignirent le groupe.
En chemin, ils apprirent que tous les cinq avaient été dans la même université et qu'ils avaient toujours été ensemble. Fan de cinéma, ils avaient fait partie d'un groupe d'étude cinématographique, au point d'avoir tourné une version du conte de Bikuni. Version qui avait valu un prix dans un concours et l'intérêt de Hollywood. Mais finalement, ils étaient revenus ici, puisqu'ils n'arrivaient pas à se défaire de leur île natale.
- Quand je disais que la mer était pire qu'une drogue… pointa Red qui marchait à l'arrière du groupe avec Conan.
- J'ai une question, Dawn… ta canne, t'as demandé à Agasa de la changer, non ? Elle semble plus lourde.
- A la base, je lui avais demandé une canne largement plus lourde, mais Miyano-akase m'a tapé sur les doigts en me disant qu'aucun enfant de dix ans ne devrait avoir ma force. C'est le maximum qui m'est autorisé sans attirer l'attention, grommela le pirate. Cependant, pour compenser ça, il travail sur une extension à la cave où je pourrais vraiment m'entraîner. Il m'a dit avoir eu une idée de ce genre en entendant un gamin du voisinage parler de Dragon Ball ou un truc du genre.
Conan eu un rire narquois. Il voyait à quoi penser le professeur et y'avait de forte chance pour qu'il détruise sa maison au passage, si ce n'est un bout du quartier, s'il faisait ça. Le temps que sa machine casse.
Kimie n'y croyait pas.
La liste des participant de cette année avait disparu, alors que les précédentes étaient à leur place. Et aucune raison pour que sa grand-mère l'ait en sa possession. Sans compter que quasiment tous les habitants savaient que les listes étaient chez elle et que c'était une sorte de jeu de venir voir qui avait acheté une plaque pour devenir célèbre en vieillissant.
- Je vais chercher dans les autres pièces, fit Kimie.
Ran et Kazuha se proposèrent de l'accompagner.
Alors que les trois filles partaient, Heiji fit un commentaire à Conan à leur sujet :
- Dis donc, elles ne nous lâchent pas toutes les deux… de vraies sangsues…
- Si elles pouvaient, elles nous suivraient aux toilettes, marmonna Conan du même avis en feuilletant les registres des années précédentes.
Red eu un ricanement, assis à proximité d'un Kogoro qui décuvait son vin.
- Qu'est-ce que tu as à rire depuis hier soir, toi ? grommela Heiji en jetant un regard noir au pirate.
- Je m'amuse à vos dépends, les jeunes, sourit largement Red.
Heiji et Conan échangèrent un regard, pas du tout amusé et revinrent à leur fouille dans les registres.
- Oh ! Écoutez un peu ça ! L'ancien ministres des affaires étrangères, le chef du cabinet ministériel et le pdg de la banque du Japon ! Il y a toute une liste de gens importants qui ont travaillé pour le pays ! Ils voulaient tous vivre vieux ! s'exclama brusquement Heiji dans le fin fond de son registre.
Conan s'arrêta devant un nom dans le sien.
Miyano Shiho…
- Oi, Portgas, le vrai nom de Haibara, c'est bien Miyano Shiho ? se fit confirmer Conan.
Red, qui commençait à somnoler, se redressa.
- Ouais, pourquoi ? confirma le pirate.
- Je viens de tomber sur son nom… ça peut pas être la même, elle n'est pas du genre à vouloir la vie et la jeunesse éternelles…
- Juste pour l'intérêt scientifique de la chose, elle serait capable de faire ce genre de démarche, pointa Red en haussant des épaules.
Un hurlement perçant raisonna dans la maison.
Immédiatement, Red, Conan et Heiji furent hors de la pièce pour voir Ran et Kazuha figeaient de frayeur dans le couloir à regarder par les portes vitrées de celui-ci.
- Là ! dans le jardin… une fille blonde avec des lunettes… gémit Ran quand Heiji demanda ce qu'il se passait.
- Elle nous regardait fixement ! renchérit Kazuha.
- Saori ?! demanda Heiji.
- Je ne sais pas, elle s'est enfuie…
En plus de ça, la vitre était cassée, comme si quelqu'un était entré par effraction.
- Et Kimie ? demanda Conan.
- Elle est allée chercher toute seule dans l'entrepôt qui a été reconstruit… lui dit Ran.
- On a voulu l'accompagner, mais elle nous a dit qu'elle revenait tout de suite, alors…
- Dîtes, ça sent pas le bois qui brûle ? demanda brusquement Red en fronçant le nez.
- Où se trouve-t-il cet entrepôt !? demanda Heiji.
- Derrière le temple, je crois… pointa Ran en désignant le temple à proximité de la maison où vivait Kimie et sa grand-mère.
Une étrange lueur émanait de l'endroit où était le dit entrepôt.
- On a trouvé pourquoi ça sent le bois brûler… souffla Conan avec effroi.
- On a une troisième victime, alors, nota Red. Parce que ça sent aussi le cochon grillé.
L'entrepôt qui avait flambé, continua de brûler toute la nuit…
Tout comme trois ans auparavant.
Oui, et exactement comme il y a trois ans, on découvrit un corps, carbonisé cette fois.
- Le corps est carbonisé, mais on arrive encore à distinguer des vêtements bleus et la présence d'une paire de lunettes, raconta un pompier de l'île.
- Mais alors… comprit Ran.
- Oui, c'est certainement le corps de Saori-san qui avait disparu, confirma le pompier.
- Mais alors, celle que nous avons vue dans le jardin…
- C'était un fantôme… gémit Kazuha.
Et pour rajouter un peu plus au drame la vieille Mikoto arriva dans le couloir de sa démarche tremblotante, appela Kimie.
Apparemment, la jeune femme n'était toujours pas revenue.
- Hattori… appela brusquement Conan en voyant la grand-mère à la recherche de Kimie. Kimie avait bien qu'elle était allée chez le dentiste, il n'y a pas longtemps, n'est-ce pas ?
- Oui, c'est ce qu'elle a dit.
- Avec le nom, on devrait retrouver ce dentiste facilement, non ?
Heiji comprit rapidement ce à quoi penser Conan.
- Mais… tu ne penses quand même pas que…
- Allons, allons, je sais que tu y as pensé, toi aussi… tu as le même mauvais pressentiment que moi…
Red se racla la gorge, attirant l'attention des deux détectives.
- Je sais à quoi vous pensez tout les deux. Et je peux vous dire que vous êtes dans le faux, vous tombez dans le piège du coupable. Je sais qui est la coupable de cette affaire… On se retrouve plus tard. Dîtes aux filles de ne pas s'en faire pour moi, je sais me démerder.
Et Red tourna les talons, arrangeant sa casquette sans rien dire de ses déductions.
