Salut à tous ! Nouveau chapitre pour finir l'enquête sur les sirènes ! J'espère qu'elle vous aura plu !

Je vous remercie d'être aussi fidèle à cette publication ! Je vous dis à la semaine prochaine pour des nouvelles aventures dont certains devraient ce souvenir.

Bonne lecture et n'oubliez pas les reviews!


Dans les épisodes précédents : Heiji a été embauché pour enquêter sur une "sirène" en quête de vengeance, sauf que sa cliente disparait avec même qu'ils ne puisse la rencontrer. Arriver avec les Mouri, Red, Conan et Kazuha un jour de fête pour la remise de flèche "Dugong" enchanté par la Mikoto de l'île, ils finissent par découvrir le corps de l'une des amie de la cliente d'Heiji. L'enquête commence et on finit par conclure à une mise en scène de la mort de la jeune femme comme pour rappeler une malédiction ou un meurtre fait par une sirène. Malheureusement, ça ne s'arrête pas là car le lendemain, c'est la seconde et amie d'enfance qui est retrouvé morte sur la plage et on commence à soupçonner de plus en plus que Saori, la cliente d'origine de Heiji, soit derrière tout ça. Kimie disparaît dans la soirée peu avant qu'un incendie dans un entrepôt à proximité du temple ne se déclenche. Un corps est retrouvé dedans, portant les vêtements de Saori.

Et maintenant, en avant pour l'histoire


Ce fut une demi-journée plus tard qu'ils eurent la réponse.

L'empreinte dentaire du corps carbonisé était bien celle de Kimie.

Cela fit grogner Conan de dépit : l'affaire lui échapper.

En réponse à la nouvelle Rokurô s'effondra en sanglotant.


Bien entendu, il fallut annoncer la nouvelle à Mikoto qui se reposait dans un futon dans sa chambre.

Kimie était morte. Les quelques instants où Ran et Kazuha l'avaient quitté s'étaient révélés fatales pour la Miko.

Kimie était une jeune fille pleine de vie qui venait de s'effacer, alors que la Mikoto continuer de vivre encore et encore. Elle commençait à comprendre ce qu'avait vécu la Bikuni. Elle demanda à rester seul pour le coup, mais Conan avec une dernière question.

- Dîtes, grand-mère, vous aviez demandé à quelqu'un de cacher la tombe de la sirène… à qui l'aviez-vous demandé ? s'enquit Conan.

- Te le dire ne t'avancerait à rien… cette personne n'est plus de ce monde.

C'est sur ces mots qu'ils laissèrent la grand-mère seule pour retourner auprès de Kogoro qui fouillaient les décombre de l'entrepôt avec la police.

- Vus avez trouvé quelque chose ? demanda Heiji.

- Non, rien du tout, grommela Kogoro. Mais quelle affaire… on n'a aucun suspect et par conséquent, aucune idée du mobile… aucun moyen de savoir si ces trois meurtries ont un lien…

- Le seul point commun entre Toshimi qui est morte pendue, Naoko qu'on a étranglée et accrochée dans un filet et Kimie retrouvée carbonisée dans l'entrepôt est qu'elles se connaissaient depuis l'enfance.

- Mais je n'arrive pas à comprendre pourquoi Kimie portait des vêtements bleus et des lunettes comme Saori qui a disparu, soupira Kogoro.

- Le meurtrier a certainement voulu laisser penser que c'était Saori et non Kimie qui avait brûlé. Il lui a fait porter les mêmes vêtements que cette dernière. En faisant ainsi, Saori, qui a disparu, pourrait bien…

- Tu veux dire que c'est peut-être elle le coupable ? s'enquit Kogoro en se relevant de sa position accroupit.

- Ou quelqu'un d'autre qui veut nous le faire croire…

Heiji détourna la tête en entendant le bruit des vagues au-delà du terrain du temple.

- Il y a la mer juste derrière le temple, expliqua Kazuha. Hier soir… c'est ce que m'avait dit Kimie…

Et la demoiselle essaya en vain de retenir ses sanglots.

- Je ne sais pas encore qui est ce meurtrier, mais ce que je peux dire, c'est que je ne le laisserai pas en faire davantage. Disposer la vie des gens comme ça, c'est tout simplement démoniaque ! gronda Heiji.

- Papa !

Tout le monde se retourna pour voir Ran arrivait en courant.

- Le téléphone sonnait dans le temple et comme personne ne répondait, j'ai décroché… Mais on m'a dit quelque chose de bizarre ! annonça la demoiselle.

- Quelque chose de bizarre ? répéta Kogoro.

- « Je vous remercie de m'avoir cédé votre flèche, cela valait bien un million de Yens. Mon fils a subi son opération avec succès » ! Apparemment, quelqu'un qui travaille au temple la lui aurait vendue exceptionnellement avant-hier matin.

- C'était le jour de la fête, remarqua Kazuha. Ce serait le couple de personnes âgées qui avaient rendu leurs plaquettes ?

- C'est possible, pointa Ran.

- La personne t'a donné le nom de son vendeur ? s'enquit Heiji.

- Il ne connaissait pas son nom, mais il m'a dit qu'il était assez grand, mal rasé, la cinquantaine.

Cela correspondait parfaitement à Benzô-san, le père de Saori.

Le puzzle commençait à se mettre en place.

- Avant la fête ? Cette flèche serait donc… commença Conan.

- Oui, celle qu'avait perdue Saori ! Vu qu'elle habitait avec son père, il a pu lui voler facilement, conclu Heiji.

- Il a quand même eu beaucoup de chance d'être tiré au sort le soir-même. Et comme par hasard, la liste des noms disparait peu après.

- C'est louche… ajoute à cela que la flèche que possédait Naoko a aussi disparu…

Heiji fila en courant de son côté.

- Bon, je vais voir à la maison des Amimoto où se tenait la veillée funèbre ! Kudô… iie, Kogoro-han, allez chez les Benzô !

Heiji sorti des lieux, suivi par Kazuha.

- J'y pense, Conan-kun, où est Red-kun ? demanda Ran.

- Il a dit qu'il allait faire le tour de la plage et de ne pas s'en faire pour lui, répondit Conan.

- Je vais aller le chercher, c'est dangereux pour lui d'être seul.

Et Ran parti de son côté.

Conan baissa la tête, pensif.

Red n'avait pas toutes les clefs, sans compter qu'il n'avait pas les capacités de raisonnement des deux détectives. Pourtant, il était persuadé qu'ils fonçaient dans le mur et de connaître le nom du coupable… qu'est-ce qu'ils avaient loupé que l'aveugle avait perçu ?


Sur les lieux de la veillée funèbre de la veille, Heiji apprit que Benzô-san était parti juste après lui hier soir.

- Oui, il était furieux et il est parti, pointa l'un des organisateurs de la cérémonie. Rokurô était inquiet de le voir comme ça et l'a suivi.

- Contrairement à ce que je pensais, il nous écoutait quand nous avons dit que nous allions voir la liste chez Kimie. Il nous aura précédés et volé la liste… réfléchi à voix haute le détective.

- Dans ce cas, c'est peut-être lui qui a tué Kimie ? nota Kazuha derrière son ami.

- Ce n'est pas impossible… pour peur que Kimie l'ait aperçu près de sa maison avec la liste en main…

C'est là que Heiji réalisa qui lui avait posé la question et se retourna vers son amie.

- Mais au fait, qu'est-ce que tu fais là ?!

- Eh ? Mais c'est toi qui m'as dit de ne pas te quitter, non ? pointa Kazuha pas du tout amusée.

- J'ai dit ça, moi ? demanda Heiji d'un air dubitatif.

- Oui ! Et puis, comme j'ai la flèche de dugong sur moi, je peux faire fuir les mauvais esprits ! déclara joyeusement la demoiselle. Tu peux être rassuré ! Si je sens un danger sur toi, je te protègerai !

- Me voilà rassuré… grommela Heiji d'un air narquois en se détournant.

Il se détourna sans voir le sourire de Kazuha et sa légère rougeur. Elle était plus que sérieuse.

- Étant donné la triste nouvelle de la disparition de Kimie, on peut dire que cette fête était la dernière… nota l'un des anciens de l'île.

- Oui, c'est vrai, renchérit un autre.

- EH ! TOI ! appela un enquêteur de dehors en désignant Heiji.

Heiji ouvrit la porte vitrée et descendit sur le marchepied en chaussette, faisant tomber l'une des sandales qu'il avait utilisé la veille.

- Tu pourrais nous dire encore une fois quelles sont les traces qui étaient les tiennes, hier soir ? demanda l'enquêteur.

- Oui, bien sûr, assura Heiji.

Il regarda sa sandale qui avait finit avec la semelle vers le ciel et nota une étrange coupure sous la semelle de la chaussure.

Il tira un mouchoir pour la ramassée et l'examinait de plus près.

- Dîtes, inspecteur… qu'avez-vous fait des sandales que portait la victime ? celles de Naoko-san…

- Elles ont été expédiées à la préfecture de Fukui. Les empreintes correspondaient effectivement à celles qui étaient dans le sable.

- Kazuha… tu peux me prêter ta flèche un instant ?

La demoiselle la lui laissa avec curiosité, alors que l'inspecteur demandait des explications. Mais Heiji, lui, comparait la pointe de la flèche avec la marque dans la semelle de la chaussure. C'était donc bel et bien cette sandale là qui avait écrasé la flèche dans le sable.

Il commençait à comprendre un peu mieux cette faire.


- Umi wa mite iru, sekai no hajimari mo…

Umi wa shitte iru, sekai no owari mo…

Ran fini par trouver Red assis sur des rochers, ses lunettes relever sur le front, sa casquette sur les genoux avec son blouson et sa canne, chantant face à la mer un air duquel émanait beaucoup de nostalgie et de tristesse.

- Red-kun ! C'est dangereux ! Je viens te chercher ! appela Ran en courant vers lui.

- Eh ?! s'étonna le garçon couper dans son chant.

Il y eu un plouf derrière les rochers qui fit tourner la tête à Red à l'opposer de Ran, avant que celui-ci ne remette ses lunettes sur son nez et sa casquette sur son crâne.

- Tu comptais revenir comment vers nous, hein ? demanda Ran en arrivant enfin aux rochers.

Elle voulu monter dessus pour prendre la main du garnement, mais celui-ci se laissa glisser sur l'avancer rocheuse côté rive en prenant son temps, avant de poser ses pieds nues dans le sable. Là, il chercha à de la main ses chaussures qu'il avait laissé à proximité.

- Je vais t'aider, lui dit Ran.

- J'ai pas besoin d'aide !

Le ton agressif du garçon surpris Ran. Le petit aveugle était mystérieux comme Conan, mais il était si gentil et agréable, ce ton agressif était presque surprenant.

- Je me suis toujours débrouillé seul et ça continuera comme ça encore longtemps… ragea Red entre ses dents.

Ran le regarda avec tristesse chercher ses chaussures à deux pas de lui avec de plus en plus de frustration et de colère.

Doucement, elle s'approcha de lui et lui glissa ses chaussures sous la main avec un pauvre sourire.

- Je me doute que ça doit être dure pour toi, Red-kun… mais si tu as besoin d'aide, il ne faut pas hésiter à en demander, tu sais.

Red prit violemment ses chaussures en serrant les dents et se releva sans un mot.

- Tu es quelqu'un de fier, n'est-ce pas ? nota Ran. Il n'y a aucun mal à se reposer sur les autres de temps à autres.

Le rire narquois de Red intrigua la lycéenne, mais elle ne préféra pas répondre. Elle se contenta de marcher sur la plage avec le garçon, à côté de lui, l'accompagnant sur la route.


Ils retrouvèrent Kogoro et Conan devant chez Benzô et Saori, sonnant toujours à la porte.

L'homme avait l'air absent.

- Qu'est-ce que tu fais pieds-nus ? s'enquit Kogoro à l'adresse de Red.

Conan nota le sable sec sur les pieds de son ami, le pantalon remonter jusqu'aux genoux et les chaussures qu'il avait dans sa main.

Ah, il avait certainement trempé les pieds à l'eau.

Red ne répondit pas à Kogoro, visiblement de mauvaise humeur. Il chercha le perron de sa canne et s'assit au bord pour se débarrasser les pieds de son sable et mettre au minimum ses chaussettes.

- Que faîtes-vous là ? demanda Rokurô qui passait par là.

- Nous voulions voir Benzô-san. Vous savez où il est ? demanda Kogoro.

- On ne l'a pas vu depuis la veillée funèbre d'hier.

- C'est embêtant, nous voulions juste voir la chambre de Saori pour regarder s'il n'y avait pas un quelconque indice.

- Si vous voulez entrer dans la maison, regardez sous le pot de fleurs, la clé doit y être.

En effet, on trouva un double sous le pot de fleur de l'entrée de la maison.

- On voit que vous vous connaissez depuis longtemps ! il n'y a plus de secret entre vous ! nota Kogoro quand ils entrèrent dans la maison.

Ran n'était pas à l'aise avec l'idée d'entrer comme ça, mais Kogoro la rassura en lui disant qu'ils ne faisaient que jeter un œil.

Cela tira un reniflement narquois à Red. Le nombre de fois où il avait sorti cette excuse à Goa alors qu'il voulait cambrioler une maison de riche…

- Dîtes ! demanda Conan à Rokurô. Saori n'avait rien dit avant de disparaître ?

- L'agitation de la mer lui faisait peur… elle disait que la sirène allait se venger…

Une vengeance ?

- Les sirènes peuvent être rancunière, admit Red.

Rokurô ouvrit une porte dans le couloir en disant que c'était la chambre de Saori.

Le première chose que nota Conan, c'était le sac de voyage de prêt dans lequel il fouilla avec curiosité.

- Des comprimés pour le mal de tête, du dentifrice, des affaires de rechanges…inventoria le chibi-détective.

- Quelqu'un qui se prépare à partir, je pense que c'est évident, Edogawa, pointa Red.

- C'est sa trousse de voyage, expliqua Rokurô. Enfin, comme elle allait toujours chez Kimie, elle avait laissé là-bas des vêtements de rechange et une paire de lunettes…

- Alors, il est possible que Kimie ait mis elle-même les vêtements et les lunettes qu'elle portait lorsqu'on a retrouvé son corps !

- Imbécile ! Pourquoi elle aurait fait ça ? gronda Kogoro.

- Pour berner le criminel, dit avec sérieux Conan.

La mimique de Red lui dit qu'il était proche de ce que le pirate avait dans le crâne, mais Conan passait déjà à son rôle d'enfant.

- Ce que j'en sais moi ! fit-il avec innocence.

- Haha ! Imbécile… marmonna Kogoro, clairement perturbé par le comportement de l'enfant.

- En y rependant, Kimie a dit quelque chose hier soir avant d'aller à l'entrepôt… « je ferai tout pour l'attraper…je ne lui pardonnerai pas… »… elle avait peut-être aperçu quelqu'un d'étrange autour de la maison. Elle s'est alors dit que le meurtrier visait aussi Saori et elle peut être fait ce que Conan a dit, supposa Ran.

- Non. Saori a fait mettre ses propres vêtements à Kimie pour faire croire à sa propre mort ! Rappelle-toi que tu as même vu quelqu'un qui ressemblait à Saori dans le jardin ! gronda Kogoro.

Red se fit un facepalm bien sentit.

- Dîtes ! Il n'y a pas de photos de Saori ? demanda Conan.

- Je pense qu'il doit y avoir un album… supposa Rokurô.

Le trio Ran, Kogoro et Conan s'assit au bord du lit de Saori avec l'album que leur trouva Rokurô pendant que Red se tenait à la fenêtre ouverte, le menton et les coudes sur le rebord, comme s'il regardait au dehors.

On trouva en effet un portrait de Saori, une jeune fille mince à lunette et à la coupe blonde courte. Elle ressemblait à celle qu'avait vu Ran dans le jardin, mais elle n'aurait pas pu en être certains vu qu'il faisait sombre. En suivant, on avait d'autres photos, qui elles, avaient été prise que le tournage des contes de Buikuni. Toshimi avait joué le rôle de la sirène et le déguisement puis le maquillage, avait été très bien réalisé au point de le rendre presque réaliste. Il y avait aussi une scène de tempête en photo qui avait servi au film.

- Ouais… si ce film a eu un prix, c'est grâce à la dextérité de Saori à la caméra et au maquillage spécial de Kimie, soupira Rokurô. Mais personne ne se doutait qu'un an plus tard, mes parents et le père de Kimie disparaitraient en mer dans une véritable tempête. Ce n'est pas tout, car les mères de Saori et Kimie étaient aussi à bord… ça fait déjà cinq ans…

Pris d'un subite doute, Conan fila vers un des tiroirs pour fouiller à l'intérieur. Il trouva un RIB, une carte de crédit et un passeport, mais pas cet objet pourtant si important.

Il releva la tête et regarda Red à la fenêtre.

Il comprenait à présent.


Heiji se détourna de l'observation des inspecteurs sur la plage quand son téléphone sonna.

- Ah Kudô… euh Kogoro-han ! fit Heiji en décrochant.

Il jeta un œil à Kazuha derrière lui.

- Je pensais justement vous appeler ! J'ai deux suspects ! Vous vous souvenez des sandales qu'il y avait chez les Amimoto ? Eh bien, j'en ai trouvé une qui porte la trace de la pointe de flèche ! C'est la preuve qu'après avoir étranglé Naoko, le meurtrier est retourné dans la maison ! Et à ce moment, si on exclut Kimie et Naoko qui ont été tuées, les seuls qui pouvaient entrer et sortir sans se faire remarquer ce sont Benzô et Rokurô. A en juger par son attitude, j'ai du mal à croire que Rokurô ait pu tuer Kimie. Pas plus que je ne lui vois de mobile pour les deux autres crimes… Si on relève des empreintes de Benzô-san sur la bouée qu'on avait trouvée, il ne nous restera plus qu'à prévenir la police…

« Hattori… »

La voix sérieuse ampli de gravité de Conan voulait tout dire.

« Maintenant, je vais te dire ce que j'ai compris… et la conclusion que soutien Portgas… alors, écoutes bien… » lui dit Conan.

Heiji fut d'abord surpris, puis absolument interloqué et bouleversé parce que son ami lui disait.

- IDIOT ! explosa Heiji. CE N'EST PAS POSSIBLE ! JE NE PEUX PAS COIRE CA !

« Hattori » appela Conan en restant calme. « Il y a toujours des exceptions à l'impossible… tu as beau ne pas vouloir y croire… c'est pourtant la vérité ! »

- Comment ?!

Avant que Conan ne puisse lui répondre, un policier arriva sur les lieux, disant qu'on avait retrouvé Kadowaki dans la montagne et qu'une équipe était déjà à ses trousses.

- Puisqu'ils vont arrêter Benzô, j'y vais ! Attends-moi ! annonça Heiji en se mettant en route.


Conan raccrocha son téléphone boucle d'oreille avec gravité.

Parce que Heiji pensait qu'il voulait y croire, lui aussi ?

Il tourna la tête vers Red si silencieux depuis la mort de Kimie.

Lui non plus n'aimait pas cette possibilité.


Heiji arpentait la forêt avec Kazuha, refusant de croire à ce que lui avait dit Conan.

C'est là qu'une odeur alerta la demoiselle.

- Tu trouves pas que ça sent l'encens ? demanda-t-elle à Heiji.

- Qu'est-ce que tu racontes ? On est en pleine montagne…

Regardant autour, Heiji vit alors une tombe sans nom d'où s'élevait la volute de fumée d'un bâton d'encens.

La tombe de la sirène ?

Le regard de Kazuha fut attiré par autre chose. Un panneau de danger avertissant d'un précipice.

Cela commença à faire sens dans la tête de Heiji.

Il s'accroupit devant la tombe et posa une main sur la pierre.

Kudô et Portgas avaient raison.

C'était cette personne le meurtrier…

La pierre roula de son socle.

- Ah ! Zut ! fit Heiji.

- Non ! pas par-là ! cria Kazuha.

Emporter par son élan, Heiji manqua de finir dans le précipice. Kazuha attrapa son poignet de ses deux mains et de toute ses forces, ramena Heiji à elle, leur faisant échanger les rôles. Heiji fut sain et sauf, mais emporté par l'élan qu'elle avait dû prendre pour le sauver, ce fut Kazuha qui termina dans le vide.

- KAZUHAAAAA ! rugit Heiji.

Il se jeta dans le vide pour la rattraper, s'accrocha à une racine à flanc de falaise pour ne pas tomber plus bas.

Le duo était à présent suspendu dans le vide, Heiji tenant la main de son amie de toute ses forces.


Tout le monde était réuni dans le temple pour la résolution de l'affaire. Kogoro Mouri avait déjà été endormi quand la police arriva avec Benzô.

Cependant, l'absence de Heiji et Kazuha étaient marquante.

- Après être entrés dans la forêt, nous ne l'avons plus vu, lui dit l'officier de police.

Cela inquiéta Conan qui se tenait cacher derrière Kogoro assis en tailleurs.

Red se releva de là où il se tenait à côté de Kogoro, clairement inquiet.

- J'y vais, souffla le pirate.

La façon dont il enfonça sa casquette sur son crâne voulait tout dire…


- Kazuha… tiens bon… je… je vais te remonter… grinça Heiji.

Sauf que Kazuha voyait parfaitement que la racine à laquelle Heiji se tenait était sur le point de céder.

Les larmes aux yeux, elle sortit sa flèche de son blouson.

« Pardon Heiji… tu dois vivre longtemps… » songea-t-elle.

Et elle planta la flèche dans le dos de la main de son ami, le forçant ainsi à la lâcher.

« Pour moi… »

Mais Heiji la rattrapa immédiatement, refusant de la lâchée, alors que la flèche tombait dans le vide avec le sang du lycéen sur la pointe.

- Ne bouge pas, Kazuha… grogna Heiji sous l'effort et la douleur. Si tu bouges… je te tue


Conan était en pleine panique, regardant sa montre.

Que faisait donc Heiji ? Pourquoi n'était-il donc pas encore là…

- Alors, tantei-san… combien de temps allez-vous nous faire attendre ? Si vous ne voulez pas commencer, laissez-nous partir. Nous n'avons pas que ça à faire… grommela la police de Fukui.

Ran arriva à cet instant et ouvrit le shoji pour Mikoto.

Cela surpris tout le monde.

Pourquoi avait-on fait venir la vieillarde ?

- Bien. Tous les acteurs sont maintenant présents. Commençons. Voici la vérité sur les trois crimes qui ont eu lieu sur cette île… Le premier : Toshimi-san, retrouvée pendue dans la cascade. Le deuxième, Naoko-san étranglée et accrochée au filet. Enfin, le troisième, Kimie-san retrouvée carbonisée dans l'incendie de l'entrepôt. Je vais m'intéresser particulièrement au deuxième meurtre. A partir de l'état des lieux, nous avions déterminés que le criminel avait attiré Naoko-san près du filet, s'en était approché en longeant le bord de la plage, l'avait étranglée par surprise et s'était enfui par ce même bord de mer. Mais…

- Oui, ça, c'est ce qu'avait conclu le jeune d'Osaka, coupa le policier.

- Oui, il me l'avait dit également. Les empreintes avaient été laissées avant le crime. C'était un stratagème, puisqu'en fait, le meurtrier s'était tout simplement absenté de la veillée et dirigé vers le filet, lui aussi. Nous avons été bernés. Même principe pour les écailles : en les laissant dans les empreintes et sur le corps de la victime, on pouvait penser qu'il avait voulu faire croire à cette histoire de sirène et s'était enfui par la mer en déposant derrière lui ces écailles. Hattori a également dit ceci, si on exclut Naoko-san et Kimie-san qui ont été tuées, les seuls à pouvoir s'éclipser de la veillée étaient messieurs Rokurô et Benzo. Aussi, ai-je quelques questions à poser à Benzô-san… le matin du jour de la fête, c'est bien vous qui avez échangé une flèche de dugong contre un millions de yens, n'est-ce pas ?

- Oui, avoua l'homme. C'était la flèche que ma fille avait gagnée un an auparavant… je suis son père, j'avais le droit d'en faire ce que je voulais.

- Dans ce cas, je crois que c'est clair : c'est vous le meurtrier ! Voyant ce que cela pouvait rapporter, quand vous avez vu que Toshimi avait le numéro gagnant, pour lui voler sa plaquette, vous l'avez fait venir en haut de la cascade et l'avez pendue ! conclu le policier. Vous avez fait ça en la faisant dériver vers la cascade sur une bouée de sauvetage ! Mais cela ne vous suffisait pas… alors, vous avez également décidé de voler celle de Naoko et vous l'avez tuée ! Ensuite, quand vous avez appris l'existence d'une liste sur laquelle figuraient les noms des participants au tirage au sort, vous avez pris les devants et avez volé cette liste. Mais Kimi vous a surpris avec cette liste en main… alors, vous l'avez enfermée dans l'entrepôt et y avez mis le feu !

Le policier brandit le registre dans sa main.

- Vous en êtes en possession de cette liste quand on vous a arrêté ! C'est bien la preuve de votre culpabilité ! On a aussi retrouvé vos empreintes digitales sur la bouée ! Si on retrouve la flèche de Naoko et que vos empreintes s'y trouvent encore !

- Non, ce n'est pas lui le meurtrier, réfuta Kogoro.

- Croyez-vous qu'un criminel qui pense à se servir d'une bouée ; laisser de fausses empreintes de pas ; des écailles de poissons… tout ça… vous pensez que ce genre d'individus se servirait de cette bouée sans gants et volerait cette liste dans la précipitation ? Non… tous les habitants de cette île savent où trouver cette liste. De plus, il n'est pas possible qu'il ait pu attirer Naoko-san près du filet. Naoko-san avait bien vu que Toshimi-san avait elle aussi le bon numéro. Elle trouvait étrange que la plaquette de Toshimi-san se retrouve entre les mains de Benzô-san.

- Et les empreintes sur la bouée ?!

- Il est probable que la plaquette de Toshimi-san était avec la bouée. Pour récupérer la plaquette, il a dû toucher la bouée.

Benzô le confirma. Il avait en effet ramassé cette plaquette par hasard dans la rivière. Par la suite, il avait réalisé qu'il s'agissait certainement de celle de Toshimi et qu'on risquait de le prendre pour un meurtrier, alors, il avait volé la liste.

- S'il avait été le criminel, vous ne pensez pas qu'il aurait fait brûler cette liste avec l'entrepôt ? demanda Conan avec la voix de Kogoro.

- Mais alors, qui est le meurtrier ? demanda le policier.

- Quelqu'un qui pouvait facilement appeler les jeunes filles…

- Alors, ce serait Rokurô-san ?! s'étrangla Ran.

- C'est vrai que tu étais fiancé avec Toshimi ! Avec ça, il t'était facile de la faire venir en haut de la cascade, nota le policier.

- C'est stupide, réfuta le jeune homme.

- Non, ce n'est pas lui non plus… ces trois crimes ont été mis au point par un meurtrier très précautionneux en suivant un plan très précis. Utiliser une bouée pour pendre Toshimi dans la cascade, étrangler Naoko le soir de la veillée funèbre, profiter de ce que la police enquête sur le meurtre de Naoko sur la plage pour faire brûler l'entrepôt et Kimie avec. De plus, dans les deux premiers cas, faire croire que le mobile du meurtre était ces flèches, ce n'est pas un plan qui s'improvise. Ce plan ne peut être mené à bien si l'on ne sait pas qui va gagner les flèches. La bouée, les empreintes, les écailles… rien n'est possible sans cette première condition. Si ce sont trois touristes qui gagnent les flèches, avoir réfléchi à ce stratagème n'a plus aucun sens.

Tout le monde se tourna vers Mikoto.

- Vous ne voulez quand même pas dire que… fit le policier.

- Si, confirma Conan dans le rôle de Kogoro. Il n'y a qu'une seule personne qui désigne les numérs gagnants. Juste une personne…

- Tantei-san, arrêtez la plaisanterie… se moqua Rokurô. Vous ne l'avez pas regardée ? C'est une vieille femme de cent trente ans… vous avez aussi oublié que c'est son arrière-petite-fille qui est morte dans l'incendie de l'entrepôt ? Elle aurait tué quelqu'un qui s'était toujours occupé d'elle ?

- Et si la personne qui est morte dans l'incendie… n'était pas Kimie-san ? Si l'empreinte dentaire retrouvée dans les cendres de l'incendie n'était pas celle de Kimie-san ?

- Mais elle avait pourtant bien dit être allée chez le dentiste ! On a pourtant comparé avec sa fiche de soins ! C'étaient les mêmes ! protesta Ran.

- C'est effectivement ce qu'elle avait dit, qu'elle était allée avec Saori-san à terre en prenant le bateau ! pointa Kogoro.

Rokurô fit la connexion.

- Oui, la fiche de soins était en réalité celle de Saori-san, éclaircit Conan. Elle n'avait pas d'assurance maladie. Elle a donc utilisé celle de Kimie-san en se faisant passer pour elle. C'est donc sous le nom de Kimie que l'empreinte dentaire avait été gardée chez le dentiste. En fait, Kimie-san avait enlevé la carte d'assurance maladie du sac de Saori et après qu'elles se sont embarquées toutes les deux sur le bateau, le lui a fait remarquer. Elle lui a alors conseillé d'utiliser la sienne qu'elle avait justement emportée. Ensuite, les soins terminés, elles sont rentrées sur l'île. Kimie-san a alors tué Saori-san et l'a mise dans l'entrepôt en attendant d'y mettre le feu. A partir de la dentition retrouvée, on penserait que la victime était Kimie-san ! La boucle était bouclée !

- Mais alors ! Cette silhouette blonde avec des lunettes que nous avons vue dans le jardin… fit Ran ;

- C'était Kimie-san… par cette attitude étrange, elle visait à faire passer Saori-san pour le meurtrier. Pour les mêmes raisons, elle est allée se promener dans cette tenue le matin de la fête, près de la cascade.

- Mais tout ça n'est que votre hypothèse, n'est-ce pas ? fit le policier.

- Dans la chambre de Kimie-san, j'ai trouvé des comprimés contre le mal de tête et les rages de dents, pointa Kogoro. J'ai également téléphoné au dentiste pour avoir confirmation : la patiente Kimie-san avait des cheveux blonds et portait des lunettes.

- Alors, ce sont Kimie et cette vieille femme qui ont mis ces crimes au point ?

- Non, Kimie-san toute seule, réfuta Kogoro.

- Pardon ? se fit confirmer le policier.

- Rokurô-san, vous le savez, n'est-ce pas ? L'habileté de Kimie-san en maquillage est incroyable, au point même d'en être récompensée par un prix…

Tout le monde commença à comprendre vue les regards qui se portèrent vers la vieille femme.

- Il est certes difficile de se faire les traits exacts de quelqu'un d'autres, mais… dans le cas de Mikoto, la plupart ne connaissent que le visage couvert de maquillage qu'elle montre lors de la fête chaque année, faisant que le niveau de difficulté est nettement rabaissé !

- Mais… et la taille ? demanda le policier.

- Souvenez-vous… la forme étrange de ce corps recroquevillé retrouvé dans l'incendie et donc les membres inférieurs avaient disparu… les jambes de cette étaient repliées et attachées avec une corde ou quelque chose comme ça, quand le pilier est tombé dessus. Si mon hypothèse est la bonne, alors, cette femme était…

- La mère de Kimie… Ce rôle de Mikoto, nous l'avions reçu de notre grand-mère…

Mikoto venait de parler avec la voix de Kimie alors qu'elle soulevait le bas de sa robe pour détachait les ceintures qui maintenaient ses jambes repliées en position.

- C'est pour le village que nous jouions ce rôle, continua la femme en se levant de toute sa taille de jeune femme dans la fleur de l'âge. Ce rôle d'une femme fragile en fin de vie.

- Ki… Kimie ? souffla Rokurô comme s'il n'arrivait pas à y croire.

- Vous êtes très fort, Tantei-san… fit la jeune femme en retirant son masque en silicone de vieille femme. Je pensais ce maquillage parfait.

Kimie apparut enfin avec un maigre sourire.

- Deux choses m'ont mis la puce à l'oreille. D'un côté, votre réponse lorsqu'on a demandé si ce n'était pas votre grand-mère qui avait la liste que nous cherchions. « Il n'y a pas de raison »… aucune hésitation, une réponse spontanée… la seconde, c'est un banal commentaire de Red-kun alors que nous nous apprêtions à parler à Mikoto. Malgré le fait que vous étiez sous le déguisement, il a reconnu que c'était vous qui remontiez le couloir, d'où le pourquoi il vous a dit que ce n'était pas bien de mentir.

- Je vois… soupira Kimie en retirant ses gants qui imitaient la peau ridée d'une grand-mère. Alors, le coup de la cassette enregistrée n'a servi à rien… Ah inspecteur ! Si vous cherchez la flèche de Naoko, elle est dans la véranda des Amimoto ! Là que je l'ai cachée !

- Mais enfin !? Pourquoi ?! Elles étaient toutes trois tes amies d'enfances ! s'exclama Rokurô.

- Quand on veut venger sa mère, amie d'enfance ou pas, on s'en moque. Il y a trois ans, vexées de ne pas avoir gagné de flèche, elles s'étaient saoulées et avaient mis le feu à l'entrepôt. Voyant Mikoto, qui était ma mère entrer dans l'entrepôt, elles ont voulu vérifier si elle était vraiment immortelle ! raconta tristement Kimie. Mais avant que Saori ne perde sa flèche, se mette à paniquer et à me raconter ça, même dans mes pires cauchemars, je ne l'aurais imaginé…

- Mais je croyais que ta mère était morte il y a cinq ans, en mer…

- Le maquillage que je faisais à ma mère était efficace et comme ne jouer qu'un seul rôle était quand même plus facile, on a décidé de dire qu'elle était morte lors de cette pêche. Si j'ai caché la vérité sur cet incendie et sur l'identité de la victime, c'est parce qu'au beau milieu des flammes, ma mère m'a appelé depuis son téléphone portable… « Kimie… je te confie, la suite… fais-le pour ta mère qui aime cette île… ne tue pas Mikoto ».

Les lames et la haine montèrent en Kimie.

- Malgré tout ça… Saori m'a dit… « si tu ne peux pas me donner une flèche, alors dis-moi où est la tombe de la sirène ! La tombe que la sirène que Mikoto cachait dans son entrepôt ! Je veux devenir comme Mikoto… même encerclée par les flammes, survivre naturellement ! Être immortelle ! »… C'est pour ça que je les ai tuées… Toshimi, Kaoko également… c'était facile de les attirer, quand je leur ai dit que si leurs numéros sortaient, je leur dirais où se trouvait la tombe… leurs yeux ont changé de couleur…

Les larmes s'amassèrent dans les yeux de la demoiselle.

- Alors que c'était… la tombe de ma mère avec qui je partageais seule ce secret…

- Tu n'étais pas la seule à savoir.

Conan eu un soupir en voyant Heiji de retour.

Le détective d'Osaka se tenait dans l'ouverture de la porte shoji, une main dans la poche, sa casquette sur les yeux. Red le dépassa et s'avança dans la salle, passant à proximité de Benzô-san avant de revenir s'asseoir comme si tout était naturel, auprès de Conan.

- Je te raconterai. J'ai eu de la chance que Kazuha se soit évanoui, souffla Red à Conan.

- Je me trompe pas, si je dis qu'il y avait d'autres personnes au courant, n'est-ce pas ? poursuivi Heiji. Alors, les vieux ? Ce n'est pas vous qui avez dit que Kimie morte, la fête de cette année était la dernière ?

Pris sur le fait.

Les anciens étaient au courant.

Que ce soit de l'identité de la sirène que de la supercherie sur Mikoto. Suite à la tragédie, ils avaient voulu arrêter la fête, mais quand ils avaient vu Kimie reprendre courageusement le rôle, ils n'avaient rien pu faire. Cette île était celle des sirènes, alors si Kimie avait décidé de continuer, alors, tout le monde aurait fait ce qu'il fallait pour l'aider. Chacun de son côté avait agis pour l'île.

- Il fallait ouvrir les yeux plus tôt… pointa Heiji. Réaliser que l'immortalité n'est qu'un mauvais rêve… la vie est précieuse parce qu'elle a une limite… C'est parce qu'elle a une limite que nous battons chaque jour…

Il eut un sourire en regardant Kazuha assoupi derrière le shoji auquel elle était adossée.


Le lendemain matin, tous les habitants de l'île s'étaient rassemblés dans le port pour faire leurs adieux à Kimie que la police du département de Fukui allait emmener.

Une fois encore, la mer était déchainée et le bateau ne put pas faire son départ, comme pour empêcher la séparation avec cette Miko qui avait, seule, soutenue cette île pendant trois ans.

- En voyant Kimie hier soir, j'ai finalement compris… nota Heiji. La voix tremblante que j'avais entendue la première fois que je l'ai appelée, c'était la sienne : elle pleurait…

- Elle devait être dans l'entrepôt devant le corps inerte de Sari et elle pleurait, comprit Conan.

- Mais ce que je ne comprends toujours pas, c'est pourquoi j'ai reçu une lettre chez moi avec ton nom en en-tête…

- Un hasard tout simplement…

- Oi ! Mouri-san ! Heiji-kun !

Tout le monde se retourna pour voir un couple qu'ils avaient déjà rencontré dans une autre affaire. Apparemment, c'était eux qui avaient recommandé Heiji à Saori. Et l'explication venait de la jeune femme qui disait qu'elle s'attendait à voir Shinichi puisqu'elle avait dit à Saori que c'était sur lui qu'on pouvait vraiment compter.

- Au fait, vous savez ce qu'il s'est passé sur l'île ? Nous ne sommes arrivés qu'aujourd'hui et il parait qu'il y a eu un accident mais on n'a pas réussi à savoir avant de remonter sur le bateau.

- Il vaut mieux pas savoir, je crois… leur dit Kogoro.

- Mais pourquoi n'êtes vous arrivés qu'aujourd'hui ? La fête c'était avant-hier ? s'enquit Heiji.

- Nous ne sommes pas venus pour la fête, mais pour la cuisine à base de poissons de mer ! informa le couple. On avait entendu dire que les prix avaient baissé, qu'elle était très bonne et qu'en plus, le paysage valait le détour !

Le couple s'éloigna pour profiter du paysage et de la mer.

- Je vois, cette île à donc encore des cartes à jouer, nota Kogoro.

- Encore faut-il que la blessure se referme vite… marmonna Heiji.

- Au fait ! Et ta blessure !? demanda Ran en sortant de nulle part pour se mettre devant le nez de Heiji.

- He ? fit le lycéen perplexe.

- La blessure d'amour que t'a faite Kazuha-chan ! demanda avec excitation Ran malgré l'air embarrassé de Kazuha derrière elle.

- Quand je me suis réveillé, j'ai enlevé le bandage et il n'y avait plus rien, répondit Heiji en montrant sa main gauche intacte.

Les filles lui prirent sa main pour l'examiner.

- Si j'avais su, je l'aurais plantée plus profondément… grommela Kazuha.

- Pardon ? demanda Heiji de mauvaise humeur.

- Mais ça me rassure : comme ça, tu ne pourras pas me rabâcher cette histoire sans cesse ! sourit la demoiselle. Viens Ran-chan, retournons à la recherche de Red-kun !

Heiji regarda les filles s'éloignaient en rigolant, revoyant les yeux larmoyant de Kazuha alors qu'ils étaient suspendus dans le vide... L'exercice acrobatique qu'il avait dû faire pour assommer la demoiselle pour qu'elle ne voit pas la méthode peu conventionnelle de sauvetage de Red depuis le bas de la falaise.

Pour ne pas changer, cette idiote en avait trop fait… il était hors de question qu'il laisse cette fille mourir.

Conan, lui, eu un rire narquois en voyant le bandage sanglant autour de la main droite de Heiji.

Ce gars était un frimeur.

Les deux filles passèrent à l'arrière du navire et trouvèrent Red perchait sur la rambarde, semblant discutait avec quelqu'un en bas.

Sauf qu'en bas, c'était la mer.

- Donc, un déménagement serait à envisager. Enfin, l'important est qu'on vous trouve pas et que personne ne soit blessé. Tenez, ces trucs ont fait déjà bien trop de mal.

Les deux filles s'approchèrent de lui et allait l'appeler quand elles le virent sortir de son blouson les trois flèches de dugongs et les jeter à la mer. Les filles se penchèrent par-dessus bord et virent une femme à l'eau les rattraper.

- Merci beaucoup. Bonne chance pour la suite ! salua la femme sans remarquer les deux filles.

- Merci, à vous aussi, sourit Red.

Et la femme plongea, dévoilant ses jambes…. Une queue de poisson géant aux écailles irisées dans le soleil rare de la grisaille.

Red pivota sur la rambarde sous l'air abasourdi des filles et sauta sur le pont.

- Vous avez vu quelque chose ? Moi pas, personnellement… après tout, qui nous croirait… sourit largement le garnement.

Kazuha et Ran se regardèrent comme pour demander à l'autre si elles avaient bien vue ce qu'elles avaient vue alors que Red s'éloignait en sifflotant.