Salut à tous !
Chapitre de la semaine avec deux trois remarques qui vont intéresser des gens très fans, et surtout, l'entré d'un autre personnage important de la série. J'en dis pas plus, vous saurez de qui il s'agit dès que vous le verrez apparaître.
Pas de réponse aux commentaires, cette fois, parce que si c'était nécessaire, je l'ai fait par MP. je vous remercie néanmoins de me suivre pour cette aventure et je vous dis à la semaine prochaine pour la suite.
Oh, et surtout, bon courage aux bacheliers *envoie toute l'énergie positive qu'elle a*
- ATCHOUM ! AATCHOUM !
Les éternuements d'Agasa résonnaient dans tout le bus et vu le regard des passants au dehors, on devait l'entendre depuis l'extérieur.
Le brave professeur se moucha un bon coup dans son mouchoir sous le regard inquiet d'Ayumi, à côté de lui.
- Ano, akase… vous êtes sûr que c'est raisonnable d'aller au ski dans cet état ? s'enquit Conan d'un air blasé de l'autre côté de l'allée, séparé du scientifique par Haibara et Red.
Red grommela dans sa barbe et son masque médical mais ce fut Haibara qui répondit :
- C'est un entêté… je lui ai bien dit de se reposer avant de partir, puisqu'il était grippé et encore contagieux jusqu'à récemment, mais monsieur a quand même passé toute sa soirée à regarder des vidéos sur les techniques de ski…
- Que voulais-tu que je fasse ? se défendit faiblement Agasa. C'est moi qui suis votre guide, en tant qu'adulte, je me dois de vous montrer les bases…
- Vous pouviez faire l'effort d'éviter de me contaminer avec vos bêtises, akase ! Je suis jamais tombé malade de toute ma vie et voilà que je me choppe deux grippes depuis que je suis ici ! ronchonna Red.
Il fut pris d'une quinte de toux.
- C'est pour ça que, dès qu'on arrivera, que vous deux, vous vous reposerez bien sagement, hein ? fit Ayumi avec inquiétude pour les deux malades.
Mitsuhiko et Genta étaient sur le siège devant le professeur et Ayumi. Ils s'étaient mis à genoux sur leur siège pour faire face au quinquagénaire malade.
- On dit que c'est au début de la grippe qu'il faut être le plus vigilant… pointa Mitsuhiko.
- Il ne faudra pas vous surestimer et éviter de sortir ! conseilla Genta d'un air blasé.
Agasa les regarda tous les trois tour à tour, un peu perplexe.
Cela faisait presque rire Conan. Avec ça, on pouvait se demander qui étaient les adultes et qui étaient les enfants ici.
Le ding que fit le bus en s'arrêtant leur apprit que d'autres passagers allaient monter et Agasa demanda à Genta et Mitsuhiko de se rasseoir correctement.
Red grogna en ramenant ses jambes contre lui, sa canne d'aveugle le long du siège, sous ses fesses à lui et aux deux autres. Tout comme Conan, il s'emmerdait profondément. Qu'est-ce qu'ils foutaient là avec une bande de gamins pour une sortie au ski, alors qu'ils pourraient être dehors à traquer cette foutue organisation ? Leur expression n'échappa pas le moins du monde à Haibara, la faisant sourire narquoisement.
- Eh bien, voilà deux hommes qui ont l'air de s'ennuyer à mourir…
Nan, vraiment ?
- « Si seulement une affaire pouvait éclater sur notre chemin… » voilà ce que je lis sur ce visage… continua Haibara.
- Hein ? fit Conan en se penchant vers l'avant pour la voir malgré Red.
- Pour Portgas, c'est simple… monsieur le pirate meurt d'envie de fêter des retrouvailles flamboyantes avec nos amis… continua la scientifique.
- Ahou ka ? demanda Kudô, épargnant à Red de devoir parler. Comment pourrait-on avoir envie de les rencontrer dans un bus où se trouvent aussi les gosses et le professeur ?
L'attention de Conan fut attirée par un homme assez âgé qui passa à leur niveau pour aller s'asseoir au fond, suivi par une femme plus jeune qui mastiquait son chewing-gum. Ce qui alerta Conan, ce fut le fait que l'homme porte des vêtements noirs.
- Tu commence à devenir paranoïaque, se moqua Red en sentant la subite raideur de son voisin de gauche.
Haibara jeta un bref coup d'œil au vieil homme en question et rassura Conan.
- Ce n'est pas l'un des leurs. Je n'ai pas le Haki, mais je les sens quand même. Ceux qui ont des contacts avec l'Organisation ont cette odeur particulière et désagréable.
Ne trouvant rien de mieux à faire, Conan attrapa un bras de Haibara et lui renifla une main.
- Ouais, ben, moi, je dois avoir le nez bouché, parce que je sens rien, commenta le détective.
- Tu te fiches de moi ? demanda la scientifique.
Red se mordit l'intérieur d'une joue pour s'empêcher de rire.
- C'est une sorte de conditionnement en un mécanisme d'auto-défense qui fait ça, Edogawa, expliqua Red. C'est courant par chez moi. Huit gars sur dix de notre équipage pouvaient sentir des agents du gouvernement ou des Tenryuubito à une dizaine de mètres à la ronde, ou même percevoir quand ils étaient impliqués dans tel ou tel évènement à cause d'une odeur. Pour moi, c'est l'odeur de la chair qui brûle et des ordures carbonisées, comme le soir où ils ont mis le feu au bidonville où je traînais souvent avec mes frères.
- Dans ce cas, c'est ce mystérieux sixième sens qui vous a averti pour Pisco, aussi ? s'enquit Conan, assez intéressé par la théorie.
- Oui, je l'avais en effet senti légèrement, avoua Haibara.
- Et pourquoi tu ne me l'as pas dit à ce moment-là ? Que Dawn ne puisse pas me pointer l'homme, je veux bien, mais toi…
- J'avais des doutes, parce que j'avais l'impression qu'il y avait une autre personne… une présence que je ressentais encore plus fortement que Pisco… avoua Haibara avec gravité. Une aura maléfique… de celles qui te donnent la chair de poule… ce devait être très certainement Vermouth…
- Damare ! siffla brusquement Red, tendu comme un arc, en remontant la capuche de sa hoodie sur sa tête.
Les deux autres allaient lui demander des explications quand un sentiment d'effroi s'empara de la demoiselle, la laissant blanche et tremblante de peur.
- Kudô… change de place avec moi et cache-nous, Ace et moi… chuchota la demoiselle en remontant sa capuche rouge sur son crâne. S'il te plaît !
La supplique laissa Conan perplexe, mais avant qu'il ne puisse dire un mot, Red le prit par le bras et le força hors de sa place pour le tirer vers Haibara qui était à l'extrémité droite du siège qui se mit donc à la place de Conan côté fenêtre.
- Si j'avais une lame, cette garce serait déjà morte… ragea Red.
Le commentaire haineux du pirate fut noyé sous les salutations des enfants de l'autre côté de l'allée.
- Ah ! Araide-sensei ! Konnichiwa ! salua Ayumi en voyant le médecin remonter l'allée du bus.
- Ah ! Tout le monde est là ? s'étonna le jeune médecin.
- Merci pour la visite médicale de l'autre jour ! remercia Mitsuhiko alors que le médecin se rapprochait.
- Mais non, ce n'est rien…
Voyant que, plus le médecin se rapprochait, plus les deux autres devenaient tendus, Conan se vit obliger de chuchoter des questions :
- Il y a quelque chose avec Araide-sensei ? Vous étiez absents le jour de la visite médicale mais quand même…
- Boucle-la, siffla Red de derrière son masque médical.
- Oooh ! Vous êtes venu avec votre petite amie ? demanda Genta en voyant la jolie femme qui était accrochée au bras du médecin.
- Euuh… Non… en fait, c'est une enseignante du lycée Teitan où je pratique, rectifia Araide avec embarras en regardant la femme derrière son épaule.
Peine perdue, l'exubérance de l'américaine fit des ravages. Jodie kidnappa le bras du médecin avant de saluer joyeusement Conan :
- Hi ! Cool Kid ! Comme on se retrouve !
Conan se demanda pendant un instant pourquoi elle ne saluait pas Red aussi, à moins qu'elle ne l'eût pas reconnu avec sa hoodie, mais Agasa avait des questions.
- Tu la connais ?
- Euh oui… c'est le professeur d'anglais de Ran… répondit Conan un peu pris au dépourvu.
- Je m'appelle Jodie Saint-Emilion ! se présenta joyeusement la femme. Aujourd'hui, je vais avec le Docteur Araide au musée de Ueno !
Et le duo professoral s'assit sur les sièges devant Conan, Red et Haibara.
- Euuuh, en fait… nous nous sommes rencontrés par hasard à l'arrêt de bus, se défendit Araide clairement mal à l'aise.
- Il ne faut pas dire des choses comme cela à une lady ! rabroua Jodie.
- Nous serions tous les deux bien embêtés si des rumeurs naissaient à propos de nous au lycée, n'est-ce pas ?
- Oh yes ! réalisa Jodie avec effroi en s'asseyant à son tour.
- Sans compter que vous avez un petit-ami…
La remarque de Araide fit rire Jodie.
- Him ?! He's such a womanizer ! Jealous ?! No. Way !
Et elle continua de rire.
Haibara tremblait de plus en plus alors qu'un homme passait à leur niveau en manteau gris et bonnet noir, toussant dans son masque médical.
- Le gars qui vient de passer me fait le même effet que le Kemuri… chuchota Red à Conan sans cesser de froncer les sourcils, son regard mort braqué sur le siège devant lui.
S'il n'avait pas eu de kairoseki à la demande de Haibara, Conan était persuadé qu'il aurait réduit le siège et ses occupants en cendres.
L'homme s'arrêta au fond avec la femme qui mâchait son chewing-gum et le vieil homme au sonotone.
C'est là que deux autres individus montèrent dans le bus, déjà en tenue de ski complète avec les lunettes antibrouillard et tout sur le nez, attisant la curiosité des deux gamins de l'autre côté de l'allée.
- Voilà les emmerdes, nota Red.
De leur housse de ski, chacun tira un flingue, conservant dans leur autre bras les skis. Pendant que le dernier monté, avec un bonnet clair, menaçait le conducteur, l'autre braqua son arme sur la foule.
- ON GARDE SON CALME ! LE PREMIER QUI CRIE, JE LE TUE !
Un détournement de bus.
Ils finissaient dans un fichu détournement de bus…
Bien entendu, se voir braquer d'une arme fait peur aux gens, donc, il eut des hurlements jusqu'à ce qu'un tir de sommation au plafond ramène le calme. Pendant ce temps, le complice avec le flingue sur la tête du conducteur donnait quelques ordres :
- Tu affiches Fin de Service et tu continues de rouler dans la ville ! Au prochain feu rouge, tu téléphoneras à ta compagnie…
Un lourd silence était tombé sur le bus et tout le monde était effrayé par le flingue.
- Dawn… murmura Conan quand l'un des bandits exigea les téléphones portables.
Cela lui valut un coup dans le tibia.
Message reçu, ne pas lui parler.
- Tic tac…
Conan fronça les sourcils, ne comprenant pas pourquoi Red faisait le bruit d'une montre.
- Boum, souffla tout aussi bas le pirate.
Les yeux de Conan s'arrondirent d'horreur.
Certes, Red ne voulait pas, pour une raison quelconque, qu'on s'adresse à lui, mais il avait deviné ce à quoi pensait le détective et venait de lui expliquer en trois mots pourquoi il n'utiliserait pas son infâme Haoshoku, outre ses raisons personnelles.
Ces hommes avaient des bombes avec eux, certainement dans les étuis de ski.
Arrêté au feu rouge, le conducteur sortit son téléphone et contacta sa compagnie, pour se faire prendre l'objet des mains avec violence.
- NOUS VENONS DE PRENDRE LE CONTRÔLE DE VOTRE BUS ! NOUS N'AVONS QU'UNE SEULE REQUÊTE : LA LIBÉRATION DE KUNIO YASHIMA QUI PURGE UNE PEINE DE PRISON ACTUELLEMENT ! PRÉVENEZ LA POLICE QUE SI NOUS N'OBTENONS PAS SATISFACTION, NOUS ABATTRONS UN OTAGE TOUTES LES HEURES ! JE RAPPELLERAI DANS VINGT MINUTES ! D'ICI-LÀ, COMMENCEZ LES PRÉPARATIFS !
Kunio Yashima… le nom parlait à Conan…
Ah oui, c'était le leader d'un groupe de braqueurs qui avait attaqué une bijouterie à l'explosif le mois dernier. Il était le seul à avoir été capturé, les trois autres étaient toujours en fuite. Sans compter que Yashima…
- Yashima est un tailleur de pierres précieuses donc soit il est le seul à avoir les bons contacts pour la revente des pierres, soit il est le seul à savoir où est caché le magot, chuchota Red toujours entre Conan et Haibara malgré l'inversion des places. Je doute que ces gars soient si fidèles que ça pour faire un truc pareil dans l'espoir de le faire sortir.
- Je songeais à la même chose, murmura Conan en se penchant légèrement sur le côté pour voir le braqueur le plus proche d'eux qui remontait l'allée en réclamant des téléphones portables.
- Alors ?! Tu te dépêches ?! demanda le malfrat à l'adresse de l'homme malade sur le milieu du siège de fond.
Le malade toussa dans son masque, pas du tout impressionné.
- Je n'ai pas de téléphone portable, veuillez m'en excuser.
Son calme olympien était déroutant.
Ne sachant comment réagir, le malfrat enchaina sur le vieillard, l'agressant pour lui demander ce qu'il avait à l'oreille.
- C'est un appareil acoustique… gémit le vieil homme. J'ai eu des problèmes auditifs quand j'étais jeune… et je…
Mais déjà, l'homme passait à autre chose.
- Et toi ! Tu arrêtes de faire du bruit !
- Comment voulez-vous que je fasse ? Je mâche un chewing-gum, c'est normal, fit la femme en mâchant. En plus il ne fait aucun doute que vous allez de toute façon être arrêtés. Vous feriez mieux d'en rester là et de vous enfuir…
Le coup de feu suivant lui fit changer de discours. L'impact de balle juste à côté de sa tête aida beaucoup.
- Je… j'ai compris… je me tiens tranquille… gémit la blonde.
- Bien… tu aurais mieux fait de dire ça dès le départ.
Pour il ne savait quelle raison, quelque chose en cette femme criait la comédie pour Conan. Elle était louche sans qu'il n'arrive à mettre le doigt dessus.
L'homme fit demi-tour et revint vers le milieu du bus, passant vers la rangée de Jodie qui lui fit un malencontreux croche-pied. L'homme s'étala de tout son long dans la rangée alors que Jodie se levait en baragouinant rapidement en anglais des excuses. Elle se saisit à deux mains de la poigne armée de l'homme, masquant l'arrière du flingue de ses doigts.
Le clic n'échappa pas à l'oreille fine du pirate qui eut un sourire derrière son masque
- Allez ! C'est bon ! Assieds-toi ! grommela l'homme en dégageant son flingue.
Jodie retourna s'asseoir et se pencha vers Conan avec un grand sourire et un clin d'œil.
- It's very exciting ! souffla t-elle au chibi-détective.
Elle était surtout barge pour faire ça…
Profitant du fait que l'homme soit en train de s'éloigner vers l'avant du bus, Conan tira de sa poche son téléphone/boucle d'oreille et commença à composer le numéro de Megure pour l'informer de la situation dans le bus.
Une ombre tomba sur lui et il releva la tête.
Le malfrat était de retour.
- Qu'est-ce que tu fais, hein, gamin ?! gronda l'homme. Où as-tu caché ton téléphone ?!
Conan regarda ses mains et vit que son téléphone avait disparu.
- J'ai pas de téléphone, vous l'avez déjà pris, oji-san, fit Conan en restant neutre et innocent.
Un coup l'envoya à terre.
- Où est-il ce téléphone ?! s'énerva l'homme en lui cognant la tête contre le sol.
Jamais encore Conan n'avait été aussi heureux des cours de Haki que lui donnait Ace, parce que sinon, il aurait eu vraiment très mal. Sans compter que ce gars frappait nettement moins fort que le pirate, en se rappelant des conseils de son camarade, Conan parvenait à se protéger et atténuer la douleur des coups qui pleuvaient sur lui.
L'homme allait lui donner un autre coup, mais le fait d'être à genoux pour mieux tabasser le gosse se révéla être une erreur.
La canne de Red glissa le long du siège à vive allure, percutant l'homme dans le nez, lui agrandissant une narine sur le coup et le faisant saigner. Avant que quiconque ne puisse réagir la canne était de retour à sa place initiale, ni vue, ni connue.
Se tenant le nez, l'homme se releva, leur assurant qu'il tuerait le prochain qui se moquerait d'eux, avant de s'éloigner.
Conan se redressa avec l'aide d'une Ayumi inquiète.
Mais le détective n'avait que faire de la douleur. Cet homme était venu directement vers lui, alors qu'il était caché par le dossier du fauteuil. Ce qui voulait dire qu'à l'arrière, parmi les trois, il y avait un complice. Complice qui avait réussi à prévenir discrètement ses camarades sans que personne ne le réalise.
Conan remonta dans son siège et il sentit Red lui glisser son téléphone dans la main.
- Le commissaire est en ligne, je lui ai dit de faire silence, chuchota Red.
Conan le remercia brièvement de la tête et glissa le téléphone dans sa poche, regardant les trois personnes à l'arrière, cherchant le complice. Il ne pouvait pas écouter son instinct, surtout quand celui-ci l'avait déjà trompé. Il devait faire une déduction logique pour trouver le complice.
La libération avait été décidée par la préfecture de police.
- Quand j'aurai entendu de sa bouche qu'il est dans un lieu dont il pourra s'enfuir sans risque, je commencerai à relâcher trois otages… D'accord ?! Et pas de blague ?! Ok !?
Le téléphone du bus fut raccroché.
Pendant ce temps, l'autre malfrat en tenue de skieur déposait les housses de ski le long du bus avec précaution, sous le regard inquisiteur du petit détective.
Red soupira en sentant Conan glisser dans son siège pour ramper jusqu'à l'étui le plus proche.
Même pas le temps de le toucher que le détective se retrouva avec un flingue sur le crâne.
- Encore toi, fit le malfrat. Si tu es pressé de mourir, je peux te donner un coup de main.
Jodie regarda la scène d'un air sérieux et indéchiffrable, alors que tout le monde se faisait du souci pour Conan.
Lentement, Conan se releva, prêt à affronter la mort, ou pointer l'intention des hommes pour ce qu'elles étaient, quand Araide jaillit de son siège, à genoux, se mettant entre Conan et le flingue.
- ARRÊTEZ ! VOUS VOYEZ BIEN QUE CE N'EST QU'UN ENFANT ?! DE PLUS, VOUS AVEZ EU CE QUE VOUS DEMANDIEZ ! TUER QUELQU'UN MAINTENANT N'ARRANGERA PAS VOTRE PLAN, N'EST-CE PAS ?!
- C'est ce qu'on va voir… siffla l'homme en levant le flingue pour affronter le regard noir et farouche du médecin.
- Arrête ! lui dit son collègue. Imagine que la balle touche le truc… tu visualises ?
Cela apaisa l'autre homme qui se détourna en leur disant d'aller s'asseoir.
Cela confirma ce qu'avait dit Red.
Dans ces étuis à skis, on avait des bombes.
Il ne savait pas ce qu'ils avaient l'intention de faire, mais une chose était certaine, dans le trio du fond, il y avait un complice.
Conan se retint de gémir de douleur en sentant la poigne de Red sur sa nuque, le forçant à revenir dans son siège.
- Reste tranquille, bordel… siffla Red entre ses dents. Haibara est déjà en pleine crise de panique, tu n'aides pas avec tes conneries…
Conan se pencha vers l'avant pour voir une Haibara blanche comme neige et tremblante de peur blottie derrière la carrure de Red, respirant difficilement, comme priant pour disparaître et ne pas être vue grâce à son manteau et à sa capuche.
- Ne fais pas de bêtises, Cool Kid ! On aura une good chance ! souffla Jodie d'un air rassurant en se penchant vers l'arrière pour regarder les enfants. Oh, you're here too, Little Devil ?
Comment diable cette femme l'avait-elle reconnu ? Ah oui, il avait lâché son attention sur son Haki.
- Pas besoin d'avoir peur les enfants, tout va bien se passer ! On sera bientôt sauvés !
Red avait bien envie de renifler narquoisement, mais il se retint.
Le regard de Jodie tomba sur Haibara qui tremblait toujours dans son coin.
- Oh, comment s'appelle notre petit chaperon rouge ?
- Ah, elle… commença Conan.
Passant derrière le dos de Red, Haibara parvint à se saisir d'une main de Conan, le suppliant silencieusement de ne rien dire.
- What's your name, Little Red Ridding Hood ? demanda joyeusement Jodie.
- On l'a rencontrée aujourd'hui dans le bus, répondit Red.
- Elle a l'air d'avoir très peur, donc, je pense qu'il vaut mieux ne pas la bousculer, enchaîna Conan.
- Oh, sorry… répondit Jodie, presque choquée.
- EH LA-BAS ! QU'EST-CE QUE VOUS FABRIQUEZ !?
- Je suis malade, elle me demandait si ça allait… justifia Red d'une voix plaintive.
Et il se mit à tousser comme pas deux, au point qu'on puisse se demander s'il n'allait pas recracher ses poumons.
- C'est une mauvaise toux que tu as là, bonhomme, nota Araide.
- Iiiih ! Un médecin ! J'aime pas les docteurs !
Et Red se ramassa sur lui-même en simulant la frousse.
- Arrêtez-moi ce cirque ! rouspéta le bandit.
Jodie se rassit avec un « let's talk later » à Conan, notant au passage, avec la nouvelle position de Red, que la demoiselle tenait fermement la main du petit détective.
Conan avait enfin compris le comportement des deux autres.
Un agent de l'Organisation était là, dans le bus. Et s'il s'en référait au regard et aux paroles de Red, il était question d'une femme et cette femme était devant eux. Soit Jodie, soit une femme plus loin dans la même rangée. Sauf que voilà, ça ne cadrait pas avec le comportement de Red durant la première rencontre avec l'enseignante. Il l'avait comparé à une marine, donc, à un membre des forces de l'ordre, et non pas à un criminel.
Il soupira.
Pour l'heure, il devait avant tout trouver qui était le complice des ravisseurs. Peut-être qu'en se dépêchant, il pourrait se concentrer sur les Hommes en Noir.
Il se pencha dans son siège et regarda vers l'arrière les trois suspects.
Il était possible que les malfrats soient avertis par un bruit particulier, comme le faisait l'homme qui toussait depuis tout à l'heure. Mais le professeur et Red toussaient aussi. Pour un enfant, ce n'était pas pareil, mais entre deux adultes masculins, il y avait peu différence entre la toux de l'un et de l'autre. Il y avait aussi la possibilité que ce soit la mastication de la mystérieuse jeune femme avec son chewing-gum, mais ce n'était pas assez fort pour couvrir les toux des malades. Sans compter qu'à l'avant du bus, près du chauffeur, on risquait encore moins de l'entendre. Il restait le vieux avec son sonotone qui serait en fait un kit main libre, dans ce cas-là, il pourrait les avertir en parlant doucement. Seulement, aucun des deux malfrats ne semblaient en avoir et les deux autres otages à côté du vieil homme l'auraient entendu.
Pensivement, Conan croisa les bras sur sa poitrine.
Tout ce qu'ils avaient pour surveiller l'arrière, c'était les rétroviseurs.
- Hey ! Qu'est-ce que tu fabriques le vieux !
Conan tourna la tête pour voir Agasa se faire rabrouer parce qu'il prenait ses médicaments.
De nouveau, leur complice les avait avertis, et Conan n'avait rien vu de suspect. Comment faisait-il bon sang ?!
C'est là que l'un des malfrats reçut un appel sur son téléphone portable.
Apparemment, leur patron avait été libéré sans difficulté. Ils avaient rendez-vous dans trois jours à un endroit déjà convenu auparavant.
- Bon ! Le chauffeur, tu prends la grande avenue de la capitale et tu t'engages sur l'artère centrale ! ordonna t-on au conducteur. Tu ralentiras en entrant dans le tunnel de Kobotoke.
Conan écouta ça d'une oreille en regardant un ballon gonflé d'hélium, d'un rose douteux, passer devant la fenêtre à côté de Haibara.
- Ehehehe ! Ne t'inquiète pas, nous libèrerons tous les otages, comme promis…
Red était prêt à mettre sa main à couper du contraire.
- EH ! LE TYPE A LUNETTES ET L'ENRHUME DU FOND ! APPROCHEZ !
Avec plus ou moins d'hésitation, les deux hommes se levèrent.
- Ben alors, approchez… on va pas vous tuer… fit l'un des malfrats en ouvrant sa veste de ski.
Conan eut un sourire féroce. Il avait enfin compris. A la fois qui était leur complice mais aussi comment ils avaient l'intention de s'enfuir.
Jodie baissa les yeux sur sa jambe en sentant quelque chose cogner sa botte, à l'instant où l'enrhumé passait à son niveau. Elle ramassa le petit carnet qui venait de passer sous son siège pour la toucher et l'ouvrit à la page marquée.
Araide était en train de se lever à cet instant.
Jodie lut le message.
On lui demandait son rouge à lèvres en anglais.
Elle rangea le carnet dans sa poche et ouvrit son sac à main à côté d'elle sur le siège pour en sortir un rouge à lèvres. Araide jeta un regard par-dessus son épaule à cet instant, mais ne dit rien, continuant de marcher vers l'avant du bus.
Sans un mot, Jodie envoya le rouge à lèvres vers l'arrière, par-dessous le siège, comme l'avait fait le carnet à l'aller. Conan rattrapa le bâton avec un sourire féroce. Le gardant en main, Conan donna un coup de coude à Red qui fit glisser son masque de son visage pour porter son badge de détective à ses lèvres pendant que le détective gardait les deux derniers passagers à l'arrière à l'œil.
Where can a lipstick bring us ?
Show me your magic…
Cool Guy…
Conan jeta un œil à Red, ne pouvant empêcher un frisson de lui descendre dans le dos, comme si un regard froid et moqueur était posé sur lui.
Le bus fit son entrée dans le tunnel de Kobotoke et commença à ralentir à l'intérieur.
Dans l'obscurité, sous la menace du flingue, Araide et l'enrhumé durent mettre la combinaison de ski des deux malfrats et s'asseoir sur le sol. Sans oublier les bonnets et les lunettes. Ils seraient désormais les malfrats et les preneurs d'otages deviendraient les victimes, afin de gagner du temps et ainsi, prendre la fuite. Pour cela, il faudrait qu'une fois descendu du bus, le chauffeur redémarre immédiatement pour être suivie par la police. Et pour s'assurer qu'il suivrait bien les ordres, ils allaient prendre un otage avec eux.
La fille avec le chewing-gum au fond serait l'otage qu'ils embarqueraient.
Red avait presque envie de rire devant le coup aussi vieux que le Siècle Perdu que ces gars avaient concocté.
- On est d'accord sur ce qu'est réellement cette fille, n'est-ce pas ? demanda tout bas Conan en regardant la blondasse avec le flingue sur la tête au niveau du chauffeur.
- Oh oui. C'est leur complice. Combien de fois j'ai sorti ce tour avec ma bande, sourit aigrement Red. Sauf que généralement, on les tuait pas après, nos otages. Ni pendant. Sauf si on était devant des nobles… balles perdues et vieux compte à rendre ne font pas bon ménage.
- Et eux, ils ont l'intention de faire sauter le bus avec tous les otages à l'intérieur. Ils se feront passer pour de vrais otages et se mettront d'accord pour accuser deux autres personnes dans le bus, racontant qu'il y a eu des problèmes dans le bus et on pensera qu'à cause de ça, le bus a explosé par accident. La fouille des décombres ne montrera que deux corps habillés comme les preneurs d'otages, rien de plus. Ils ont choisi de se changer dans l'obscurité… mais elle ne sera pas utile qu'à eux. A toi de jouer, Dawn.
Red appuya sur le bouton d'appel de son badge et immédiatement, plusieurs discrets bips raisonnèrent du côté des enfants. Les trois enfants sortirent leur badge et regardèrent Conan qui porta un doigt à sa bouche, puis à son oreille. Comprenant le message, les enfants portèrent leur badge à leur oreille, Agasa appuyant sa grosse tête contre la toute petite oreille d'Ayumi pour entendre lui aussi.
- Ok tout le monde, ça va être notre heure de gloire. Ecoutez attentivement ce que je vais vous dire, on n'a qu'un essai et y'a que vous pour le faire. On risque pas de vous surprendre, on est dans l'obscurité, si j'ai bien compris, sans compter qu'ils pensent avoir réussi leur coup et ils ont baissé leur garde. Le moment clef, c'est la sorti du tunnel, alors, tenez-vous prêts…
Comme on lui avait demandé, à la sortie du tunnel, le bus accéléra brusquement, cherchant à semer la voiture de Sato qui les prenait en filature.
- Pas de bêtises… fit l'un des malfrats désormais en civil et à visage découvert. Tout ira bien si tu fais ce qu'on te dit…
- Moi, je crois que vous nous mentez, que vous allez tous nous tuer !
Les deux preneurs d'otages se retournèrent pour voir Conan au centre de l'allée, leur faisant face sans peur et avec une voix pourtant innocente.
- Ben oui ! On a tous vu vos visages, alors... si on ne fait rien, on va tous se faire tuer, pointa Conan. Tuer par cette bombe !
Il pointa du doigt l'un des étuis de ski qu'Agasa et Red brandissaient au-dessus de leur tête, un texte marqué au rouge à lèvres dessus.
- Sale gosse ! je vais te faire taire, moi ! rugit celui qui s'en prenait à Conan depuis le début.
Son camarade tenta de le calmer… jusqu'à ce qu'il remarque l'inscription sur l'étui de ski.
- VITE ! appela Conan.
Par curiosité, le chauffeur regarda dans son rétroviseur arrière et vit la scène… à une différence près. Là où les bandits voyaient un étrange message, le conducteur put lire le mot stop, qui avait été écrit à l'envers exprès pour qu'il puisse le voir.
Il ne chercha pas à réfléchir.
Il appuya de toute ses forces sur la pédale de frein.
CRIIIIIIIIIIIIIIIIIII !
Emporté par sa vitesse, le bus fit un dérapage le long de la voie, renversant tous ceux qui n'étaient pas assis. Agissant comme on leur avait demandé, Ayumi alla au secours de l'homme âgé seul à l'arrière pour le plaquer au sol et s'assurer qu'il ne soit pas blessé, pendant que Genta et Mitsuhiko se jetaient sur le second étui pour l'empêcher de bouger et donc d'exploser. Agasa et Red se cramponnèrent de leur mieux en tenant fermement leur propre paquet explosif, jusqu'à l'arrêt du bus. Là, Conan fonça à l'action, endormant d'une de ses fléchettes le premier malfrat avant qu'il ne puisse lever son arme.
- Docteur ! Tenez les bras de cette fille ! C'est leur complice ! Sa montre contient le mécanisme de déclenchement de la bombe !
Araide était étrangement amorphe, dans un état catatonique proche de celui de Haibara, donc, ce fut l'enrhumé qui se chargea de la maintenir immobile. Le dernier malfrat encore en état se redressa derrière Conan avec l'intention de lui tirer dessus. Mais avant de pouvoir agir, son ventre et son dos firent respectivement connaissance en même temps avec le genou et le coude de Jodie. En moins de deux, elle le mit à terre, assise sur sa poitrine, s'excusant avec une fausse innocence :
- Oh, pardon… j'ai perdu l'équilibre avec ce coup de frein…
- Tu te fous de moi en plus ! gronda le bandit au sol.
Il braqua son arme vers Jodie en appuyant sur la détente…
Clic clic…
La gâchette était bloquée.
- Tu n'es pas malin… tu ne sais pas que sur les Tokalev, si tu mets le percuteur en position centrale, la sécurité du pistolet s'enclenche ? lui dit Jodie. Avant de détourner un bus, il vaut mieux étudier un peu quand même…
- Quoi ?! Mais qui es-tu toi ?! s'étrangla le malfrat.
- Shhh…
Jodie s'était penchée sur l'homme comme pour lui souffler un secret, le désarmant au passage avec une étrange simplicité.
- It's a big secret, I'm sorry, I can't tell you… A secret makes a woman woman.
L'homme était tellement effrayé qu'il se rendit pour le coup.
- Oh, tu te rends ! s'exclama joyeusement Jodie en se redressant.
La situation était apaisée… jusqu'à un point. La blonde complice leva sa montre et blanchit.
- Il ne faut pas rester ici… le mécanisme de la bombe s'est enclenché certainement à cause du coup de frein brutal ! Il ne nous reste plus que trente secondes ! gémit-elle.
Génial !
Dire que la police fut surprise, c'est comme dire qu'un volcan est chaud. Ils étaient contre le bus arrêté, attendant l'autorisation de leur supérieur pour entrer, quand les portes s'ouvrirent et tous les passagers sortirent en pleine panique.
- UNE BOMBE ! ELLE VA EXPLOSER DANS VINGT SECONDES ! cria Conan à Sato et Chiba qui étaient juste devant l'une des portes du bus.
Les deux officiers se séparèrent pour aller bloquer la route dans les deux sens, laissant les passagers effrayés à la charge des autres policiers.
Conan était en train de courir en tirant Ayumi par la main quand la demoiselle lui demanda où était Haibara.
Le fait que Red freine immédiatement et face demi-tour, arrachant de son cou son collier de kairoseki lui dit tout ce qu'il fallait savoir. Essayant tant bien que mal de suivre le rythme du pirate, les deux bruns firent marche arrière pour revenir vers le bus.
Haibara était toujours dedans, attendant presque sereinement la mort. Elle le savait depuis longtemps. En quittant l'Organisation, elle n'aurait nulle part où aller. En disparaissant, elle mettait tout le monde en sécurité, effaçant tout contact possible avec le mal qui la poursuivait, et surtout, elle s'assurait de ne pas être mise en face du propriétaire de l'aura si sombre qui l'avait hantée pendant toute cette mésaventure.
Elle eut un pauvre sourire en songeant au genre d'idiote qu'elle était. Sa sœur devait en penser autant de tout là-haut.
Plusieurs coups de feu la firent sursauter.
Elle tourna la tête vers le pare-brise arrière qui éclatait en morceaux et n'eut pas le temps de faire plus que Red lui attrapa la main, lui arrachant presque le bras au passage. Avec Conan, il fonça vers la vitre, protégeant les deux jeunes des flammes et de l'explosion quand les bombes sautèrent finalement. Les flammes ne s'approchèrent certainement pas d'eux sous l'influence de Red, mais le souffle éjecta des morceaux de métal et de verre partout.
Ils roulèrent sur le béton, s'abritant de leur mieux des débris de l'explosion qui continuaient de pleuvoir sur la route, juste à l'instant où la voiture de Takagi s'arrêtait à leur niveau.
- Conan-kun ? Red-kun ? s'étonna le policier.
Avant que les deux garçons ne puissent répondre, Agasa et les trois enfants vinrent à leur rencontre. Conan agit à toute vitesse et interpella Takagi.
- Elle est blessée ! Faites-la transporter à l'hôpital accompagnée par le professeur et les autres enfants ! demanda Conan. Je vais rester pour l'interrogatoire, ça devrait suffire, non ?!
- Euh oui… Red-kun ?
- J'ai plus ma grippe ! sourit largement Red en retirant son masque hygiénique de son visage.
Takagi allait faire un commentaire mais Red se remettait déjà debout et sortait de son dos sa canne blanche, comme si de rien n'était. Il n'était même pas ébouriffé. Décidant qu'il ne valait mieux pas poser de question à Red en sachant qu'il se ferait rabrouer de toute façon, Takagi hissa Haibara dans ses bras, la demoiselle toujours cachée par sa capuche.
- Tu ne dois pas fuir, Haibara… Tu ne dois pas fuir ton destin, souffla Conan à la demoiselle.
Takagi s'arrêta, perplexe, mais Red le pressa pour qu'il se mette en route.
Bientôt, la voiture de Takagi s'éloignait avec les enfants et Agasa, sous le regard de Conan. Red soupira et retira la capuche de sa tête pour retirer ses lunettes et vérifier leur état.
- Hey ! Cool Kid ! Little Devil ! Vous avez été héroïques ! Vous avez foncé dans ce bus, cassé la vitre et sauté avant l'explosion juste pour sauver la petite fille ! Vous êtes de vrais James Bond ! félicita Jodie en les rejoignant.
- 007, c'est plutôt vous ! pointa Conan alors que Red remettait ses lunettes en quatrième vitesse. Quand vous avez fait trébucher le ravisseur, lorsque vous vous êtes excusée, vous avez mis la sécurité sur son pistolet, n'est-ce pas ?
- Oh yes ! J'y suis arrivée aussi bien que dans les films ! s'extasia joyeusement Jodie.
Redevenant sérieuse, Jodie complimenta la perspicacité de Conan pour avoir deviné qui était le complice au fond du bus.
- C'est grâce aux bulles… répondit Conan. Elle prévenait ses complices qui surveillaient l'arrière avec le rétroviseur en faisant des bulles de chewing-gum. Si l'un d'entre nous avait une attitude anormale, elle leur indiquait même la position en fonction de la main et des doigts qu'elle utilisait pour décoller sa bulle de chewing-gum qui avait éclaté.
- Mais comment savais-tu que sa montre servait à déclencher le mécanisme de la bombe ?
- Sa montre affichait tout le temps le chiffre un et deux zéros. C'est ce qui m'a mis la puce à l'oreille.
- Bravo pour ton sens de l'observation, Cool Kid. C'est tout de même rageant qu'ils aient réussi à faire libérer leur boss.
- J'ai pas une très grande confiance en l'efficacité des forces de l'ordre, mais je pense que pour une raclure pareille, ils y arriveront tout seuls, pointa avec sérieux Red. Sensei, vous pouvez me rendre un service et répondre à deux questions ?
- Quoi donc, Little Devil ?
- Puisque j'ai comme l'impression qu'on risque de se retrouver régulièrement, j'aimerais me faire une image de vous.
Red leva les mains vers la direction approximative de Jodie qui comprit le message et s'accroupit au niveau du bonhomme, retirant ses grosses lunettes pour homme avant de porter les mains de Red à son visage. Lentement, Red parcourut le visage de la femme, plus lentement et attentivement qu'il ne l'avait jamais fait en présence de Conan.
- Are you looking for something ? Tu cherches quelque chose ? demanda Jodie.
- Si je le trouve, vous le saurez bien vite, sensei… vous avez des cheveux comment ?
- Courts et blond foncé. Ils me tombent sur la nuque.
Red passa ses mains sous les cheveux de Jodie et suivit la limite de l'implantation capillaire, avant de reculer, rassuré.
- T'as trouvé ce que tu cherches ? s'enquit Jodie en remettant ses lunettes.
- Non, et c'est tant mieux ! sourit Red, visiblement soulagé.
Conan se repassa mentalement tous les endroits où Red avait insisté et comprit ce qu'il avait cherché : une marque pouvant dire que la femme n'était pas celle qu'elle prétendait être et portait un masque.
- Tu avais des questions ? demanda gentiment Jodie.
- Comment vous avez su que c'était moi, en dépit de ma capuche ?
- J'y répondrai, si en échange, tu réponds à deux de mes questions.
- J'essaierai.
Jodie eut un sourire et répondit à Red.
- My boyfriend m'apprend une technique digne des ninjas qui permet de sentir et reconnaître l'aura des gens. I'm not so good at it, mais j'ai pu te reconnaître.
Conan fronça les sourcils. Ça ressemblait étrangement au Haki. Y avait-il déjà ce genre de technique chez eux ? Peu probable mais pas impossible…
- Comment as-tu perdu la vue ? demanda Jodie.
Red prit un air sombre, presque menaçant, qui fit reculer d'un pas Conan et Jodie.
- Répondez à ma dernière question et on verra pour la réponse. Cette phrase… Secrets makes a woman woman… d'où est-ce que vous la sortez ? Vous la prononcez comme si elle ne vous appartient pas.
- Oh, tu m'as donc entendue ?
Red se contenta de hausser des épaules.
Conan ne comprenait pas pourquoi il bloquait sur cette simple phrase, même si elle lui était familière.
- My father a été assassiné, il y a vingt ans. La femme qui l'a tué m'a dit ça quand je lui ai demandé qui elle était, répondit sombrement Jodie. Red hocha la tête en réponse et remonta ses lunettes pour montrer l'état de ses yeux à Jodie qui porta une main à sa bouche sous l'horreur.
- So ka… c'est étrange… mais la personne qui m'a pris mes yeux était une blondasse dont c'était la phrase fétiche… Viens Edogawa, tu dois voir un médecin avant de te faire interroger, et Araide semble être toujours aussi out pour qu'on puisse faire appel à lui.
Et il remit ses lunettes en place.
Tirant son camarade interrogateur par la manche, Red s'éloigna, laissant une Jodie pensive les regarder partir. Le regard de la blonde alla ensuite sur le médecin recroquevillé dans une voiture de police, toujours en état de choc.
Derrière Jodie, l'homme au bonnet noir regardait la scène sans rien dire. Il s'éloigna un instant et sortit un talkie-walkie de sa poche.
- Suite à une situation inattendue, filature impossible… la cible ne s'est pas montrée. Reprise de l'enquête demain. Terminé.
Et il rangea l'appareil avant de se diriger vers Satô qui rassemblait tout le monde pour les prises de déposition.
- Pourquoi tu lui as pas sorti l'histoire habituelle ? demanda Conan à Red alors qu'ils se dirigeaient vers une ambulance qui venait d'arriver pour donner les premiers soins.
- Un pressentiment. Tu agis face à la logique et les preuves, moi, avec mes tripes. Et mes tripes m'ont dit que je pouvais lui faire confiance. Ce n'est pas cette garce de Vermouth, je n'ai pas à m'en faire, répondit Red.
Dans la voiture de Takagi, les enfants se faisaient du souci pour Haibara qui avait toute la jambe gauche couverte de sang.
Elle les rassura bien vite. Ce n'était pas le sien. Conan avait frotté sa plaie sur sa jambe à elle pour faire croire à une blessure et ainsi s'assurer qu'elle ne serait pas confrontée à l'individu de l'Organisation et quitter le plus vite possible les lieux.
Elle eut un maigre sourire.
Il semblerait bien qu'ils soient quittes pour cette fois, elle et Kudô.
