Salut à tous !

On se retrouve ici pour un nouveau chapitre sur cette enquête mystérieuse qui réuni autant de détectives. je suis contente des retours que j'ai eu pour le chapitre précédent et je peux vous assurer, au vu de la trame prévisionnelle, que vous serez pas déçu de la suite *se frotte les mains*

BREF !

On poursuit notre aventure avec la deuxième partie de l'enquête et je sais que je vais me faire descendre pour la fin du chapitre. Je le sais d'AVANCE ! Pourquoi ? Parce que Miss Sadique est de retour *rire démoniaque*

Enfin assez parler et à la semaine prochaine pour la suite !


Dans l'épisode précédent : Les Mouri, Conan et Red sont invités au Manoir du Crépuscule, un demeure précédemment à l'abandon perdue la montagne et presque coupée du monde. Pourquoi ? Parce que le mystérieux propriétaire de cette maison a décidé de réunir les six meilleurs détectives japonais pour résoudre apparemment un mystère dans ces lieux témoins d'un vieux massacre. Celui qui trouvera la réponse à l'énigme parviendra à s'en sortir vivant de cet endroit. Mais le plus étonnant se présente sous l'identité de l'expéditeur de l'invitation : Kaitou Kid, le Voleur du Clair de Lune.

On with the story


« Kaitou Kid… Avec lui, on ne plaisante plus ; dès l'instant où son nom a été prononcé, l'attention de chacun a redoublé » songea Conan.

Finalement, l'entraînement de Portgas portait ses fruits de façon inattendue.

Les détails anodins auxquels il n'aurait pas fait attention commençaient à se révéler comme des indices précieux.

Il sourit férocement.

« Kid… je sens le vent glacé de ta présence, si proche, en ce manoir. Je sais que tu es ici, il n'y a aucun doute ; je ne sais pas ce que tu prépares, mais es-tu certain d'arriver à berner les sept détectives que tu as rassemblés ici, quand je t'ai déjà démasqué ?»

- Vous êtes en train de me dire que c'est le Kid qui nous a invités ici ? s'exclama Kogoro.

- Oui, je suppose qu'il a décidé de mettre à l'épreuve les connaissances des six plus grands détectives du monde, lui dit Oogami en recourbant les pointes de sa moustache. Nos vies contre les trésors qu'il a accumulés jusqu'à maintenant.

- D'ailleurs, il est probablement en train de nous observer actuellement, sourit Ikumi en appuyant son visage sur son poing. Des caméras cachées ont d'ailleurs été installées un peu partout dans le manoir.

En panique, Kogoro se mit à regarder dans tous les sens autour de lui.

C'est à cet instant que la servante revint, poussant un chariot portant les hors d'œuvres : pavés de foie gras accompagnés d'une gelée aux truffes. Senma se saisit de son assiette pour l'observer et poser quelques questions :

- Dîtes-moi, mademoiselle, ce n'est pas votre employeur qui a décidé de l'ordre dans lequel vous deviez déposer les plats, n'est-ce pas ?

- Non, en effet, c'est Hakuba-san qui m'a dit de le faire dans le sens des aiguilles d'une montre, répondit la jeune femme.

- Hum… alors que le jeu vient à peine de commencer, voilà qu'on nous annonce que c'est notre dernier repas. J'avoue que quelque chose m'échappe.

Cela fit rire Oogami.

- Ne vous inquiétez pas, la nourriture n'est pas empoisonnée ! rassura l'homme. C'est moi qui ai préparé le repas !

Red rêvait de faire une remarque sur le fait que rien ne disait que les ingrédients en eux-mêmes n'étaient pas empoisonnés, parce qu'aux dernières nouvelles, ce n'était pas ce Oogami qui les avait ramenés avec lui ici.

Il aurait vraiment voulu.

Cependant, dès l'instant où il avait ouvert la bouche pour en placer une, Conan lui avait planté sa fourchette dans la cuisse sans que personne ne le remarque.

- Certes, accorda Hakuba, mais les couteaux, les fourchettes, les cuillères, tout comme les tasses de thé et les verres à vin ont été déposés au préalable sur la table. Chacun de nous s'est assis devant le carton qui portait son nom. Je doute qu'il cherche à nous tuer, mais il est très possible qu'il veuille tester nos capacités par de quelconques mauvaises blagues.

En disant ça, Hakuba brandit son propre carton, avant de recommander d'essuyer les couvertes et verres respectifs avec un mouchoir avant de commencer à manger.

- Ouais, approuva Mogi. J'aurai du mal à avaler un morceau si nous nous plions à ces règles…. Pourquoi ne pas intervertir nos places au hasard en tirant à la courte paille ?

- Mais si par manque de chance, l'un de nous ingurgite du poison ? demanda Kogoro.

- Pff ! Il ne te restera plus qu'à penser que la vie est bien peu de chose et tu pourras pleurer dans un couffin bien moelleux.

Et ainsi, on échangea les places.

Les deux enfants se trouvèrent chacun d'un côté de la table, Conan entre Ikumi et Ran, et Red entre Hakuba et Kogoro. Le repas se passa sans encombre. Il était excellent ; on se demandait même si on n'avait pas un trop d'imagination à songer qu'on allait les tuer pendant qu'ils mangeaient, mais il était encore trop tôt pour le dire.

Alors que tous les esprits essayaient de profiter du repas en essayant de ne pas songer qu'il s'agissait peut-être de leur dernier, Hakuba dut faire face à un autre problème : la curiosité insatiable d'un D. Red voulait TOUT savoir sur Kid. Son modus operandi ; depuis quand il était en activité ; ses crimes ; ses cibles ; ses faits d'armes… absolument tout. Hakuba se noya presque sous le flot de questions qui lui tombait sur le crâne.

Conan avait un sale pressentiment en voyant la scène. Un TRES mauvais pressentiment.


Ce fut à la fin du repas que le mannequin se manifesta de nouveau :

- Alors, mes amis, ce dernier repas était-il à votre goût ?

- Hum, tu nous as manqué, nota sarcastiquement Mogi.

Red adorait le comportement de ce gars.

- Bien, nous allons pouvoir commencer, continua le mannequin. Pourquoi ai-je dépensé une véritable fortune pour acheter ce manoir et en faire le lieu de mon jeu ? Tout d'abord, regardez vos couverts. L'argenterie tout comme les assiettes…

Tout le monde s'exécuta.

Chaque élément de la vaisselle avait un blason représentant un étrange oiseau avec un grand bec. Un corbeau.

- Vous avez compris ? demanda le mannequin. C'est l'emblème de Renya Karasuma, milliardaire qui, un demi-siècle plus tôt, connut une fin mystérieuse.

La réaction des détectives autour de la table ressemblait à de la crainte, à de la stupéfaction voire à de l'incrédulité.

- Il n'y a pas que les articles de table, poursuivit leur hôte. La porte d'entrée du manoir, le sol, les rampes d'escalier, les pions de l'échiquier du salon jusqu'au jeu de cartes ; c'est lui qui a tout fait modifier. Ce manoir est la demeure que Karasuma avait fait construire. Ou plutôt, la demeure où il y a quarante ans, un soir de tempête, un drame à vous glacer le sang se déroula. Une soirée réunissant tous les hommes les plus puissants de la finance se tint dans ce manoir. Officiellement, il s'agissait d'une soirée « en souvenir de Renya Karasuma », homme qui s'était éteint à l'âge de quatre- vingt-dix-neuf ans, mais en réalité, c'était une vente aux enchères des œuvres d'art de grande valeur que Karasuma avait rassemblées toute sa vie durant. Il y avait plus de trois cents pièces et la vente devait durer trois jours. Puis, le soir du deuxième jour, alors que la vente battait son plein dans le manoir, deux hommes trempés jusqu'aux os arrivèrent ; les lèvres tremblantes de froid, ils dirent « nous nous sommes égarés dans la tempête à la tombée de la nuit. Nous avons vu de la lumière dans la montagne et nous sommes venus ici. Accepteriez-vous que nous attention chez vous la fin de la tempête ? ». Au début, le commissaire de la vente ne semblait pas prêt à accepter, mais contre un peu d'argent, les deux hommes lui donnèrent une feuille de plante et il se ravisa. Comme les deux hommes le lui indiquèrent, il roula la feuille dans du papier et fuma le tout comme une cigarette. Petit à petit, il se détendit et laissa entrer les deux hommes. En voyant cela, les autres personnes présentes voulurent l'imiter et la pièce se remplit d'une épaisse fumée.

Les détectives autour de la table comprirent très vite de quoi il était question.

Les regards de Mogi et de Conan se posèrent sur Red, qui dès son entrée dans le manoir avait senti l'odeur qui était à l'origine de cette affaire.

De la marijuana.

Red avait vu bien assez de choses dans sa vie de pirate pour reconnaître l'origine du drame, et pour l'avoir aussi expérimenté une fois. Un bad trip. Crises de phobie, hallucinations, dépression, poussée d'angoisse, psychose, crise de panique et paranoïa étaient les symptômes les plus courants d'un mauvais trip. Sous l'influence du produit, le fumeur pouvait être agité, maladroit, si ce n'est violent, que ce soit envers lui-même ou envers autrui. La réalité et le jugement étaient déformés.

Et c'était sans parler des vomissements, nausées, augmentation subite du rythme cardiaque, des palpitations, des tremblements et bien d'autres. La liste était bien trop longue et certainement pas positive.

Il ne fallait pas être accro pour avoir une telle expérience.

Et comme pour confirmer les connaissances de Red, leur hôte poursuivit la description des évènements :

- Quelques temps après, l'une des personnes présentes poussa un cri en disant avoir vu un démon. Elle se saisit de la pièce qu'elle venait d'acquérir et courut à travers toute la salle. Un autre prit un stylo et se mutila le bras avec d'un air joyeux. Au bout du compte, ils eurent l'impression qu'on voulait leur voler les pièces qu'ils venaient d'acquérir et se méfièrent des uns et des autres. Et la vente aux enchères devint une véritable boucherie dans laquelle les couteaux et autres armes de collection servirent pour s'entretuer. La salle des ventes se transforma en une scène digne des enfers. Puis, vint la fin de la nuit ; on retrouva huit morts et des dizaines de gens inanimés. Les deux voyageurs, eux, avaient disparu avec la totalité des objets d'art.

- Mais comment se fait-il qu'une histoire pareille ne soit pas connue du commun des mortels ? demanda Kogoro.

Le pirate aurait parier sa prime sur la réponse : des gens avec de l'argent, de l'influence, voire haut-placés.

- En fait, ces clients n'étaient pas ordinaires, expliqua Oogami. Des hommes politiques aussi célèbres que craints, des gens du milieu.

En plein dans le mille.

- Je vois, comprit Senma. Comment savoir qui avait tué qui ? C'était une situation confuse.

- Avant que des conclusions hâtives ne soient tirées et que des conséquences énormes en découlent, ils ont dû juger qu'il était préférable de ne pas ébruiter cette affaire, songea Hakuba avec un air pensif.

- Pff, cela faisait certainement aussi partie du plan de ces deux hommes, songea Mogi alors qu'on leur apportait le thé.

- Vraiment, c'est une histoire ancienne qui est là pour nous donner de l'appétit, sourit narquoisement Ikumi.

Red allait boire la tasse qu'on venait de déposer devant lui quand une odeur pas loin de ses doigts vint lui chatouiller le nez. Sans rien laisser paraitre, il reposa la tasse, ignorant la discussion des détectives autour de la table et chercha discrètement la boulette de mie de pain qu'il avait gardée de côté pour la donner à Watson (il savait très bien que les faucons mangeaient de la viande mais ça aurait été moins discret). Il finit par la trouver et la prit dans sa main qu'il orienta vers Conan.

Le chibi-détective fut surpris de voir de la mie de pain sauter par-dessus sa tasse et finir sur la cuillère à café de Ran. En cherchant l'origine, Conan regarda autour de la table pour voir que Red tapotait de façon un peu trop méthodique l'anse de sa tasse.

Du morse.

Comprenant le message, Conan ramena ses mains sous la table, attrapa son mouchoir qu'il cacha dans sa paume et ramena le tout au niveau de sa tasse avant d'essuyer avec précaution l'anse. Il échangea sa tasse propre avec celle de Ran avant qu'elle ne réalise qu'elle avait du thé et répéta l'opération.

- Bon, vous avez saisi ? demanda leur hôte en coupant court aux conversations autour de la table. Pourquoi j'ai donc choisi ce manoir ? Parce que je souhaite que tout détective que vous êtes, vous rejouiez devant moi cette tragédie. Que l'appât du gain, que la recherche de ce trésor vous pousse à vous entretuer !

- Pff, c'est minable, rejeta Oogami.

- Et parce que vous aurez du mal à avancer dans cet épais brouillard, je vais vous donner un indice.

- Un indice ? répéta Ran avec perplexité.

- « La nuit où les deux voyageurs ont regardé le ciel, le démon est descendu dans le château et le roi s'est enfui en tenant son trésor. La princesse a versé ses larmes dans le Saint Graal et a imploré le pardon. Le chevalier a fait couler son propre sang jusqu'à la dernière goutte. »

- C'est en rapport avec l'histoire de tout à l'heure ? demanda Ran avec perplexité.

- Je me suis donné beaucoup de mal pour créer une énigme avec un code secret à partir de cette tragédie. Vous ne trouvez pas que le parallèle que j'ai fait entre la tragédie passée et votre situation est parfait ?

- Imbécile, rabroua Ikumi. Pour ce que soit une véritable tuerie, il faudrait encore que tout le monde veuille jouer le jeu.

- Ce que vous dîtes est insensé car il est impossible de sortir du jeu, la raison en est simple. Vous êtes d'ores et déjà sous l'emprise du sort que j'ai jeté.

Très dramatique comme déclaration.

Tellement dramatique que tout le monde buvait tranquillement son thé.

- Bon, comme dans cette tragédie qui eut lieu il y a quarante ans, lorsque l'un de vous poussera le premier cri, la guerre comparative de l'intellect commencera. Vous avez compris ? Le premier qui trouvera le trésor se rendra dans la salle au quatrième étage de la tour centrale et utilisera l'ordinateur qui s'y trouve pour me le faire savoir. Je tiendrai ma promesse : la moitié du trésor et le moyen de sortir d'ici.

- Argh, grogna Mogi.

Il se releva d'un bond, sous le regard interloqué de tout le monde, se tenant la gorge, comme s'il s'étouffait.

- C'est pas bien de faire ce genre de mauvaise blague, lui dit d'un air blasé Red sans même tourné la tête dans sa direction.

Mogi arrêta de faire celui qui agonisait pour éclater de rire.

- Navré gamin ! Navré tout le monde, mais moi, je ne marche pas. Les chasses aux trésors ne m'intéressent pas.

Il s'éloigna de la table, les mains dans les poches.

- Mais comment allez-vous faire pour partir d'ici ? lui demanda Ran.

- Pff ! Que je sache, nous ne sommes pas sur une île déserte. Au milieu des montagnes, avec un peu de chance, quelle que soit la direction que l'emprunterai, je finirai bien par être secouru.

Mogi était à la porte et commençait à l'ouvrir en leur disant au revoir quand Oogami se leva brutalement en poussant un hurlement perçant, se tenant le col à deux mains, avant de tomber à terre juste à côté de Kogoro.

Il cessa de bouger.

- Oi ! Le vieux ! interpela Mogi en allant s'agenouiller auprès de Oogami. Les blagues les plus courtes sont les meilleures !

- Lui par contre, il est vraiment mort, marmonna Red en soupirant, pas des plus déphasées.

Hakuba se leva de sa place et alla voir le visage de l'homme à terre avant de tirer sa montre à gousset de son veston, les doigts sur la carotide de l'individu.

- Arrêt du cœur confirmé à 22 heures, 34 minutes et 51 secondes. Étant donné son état général, inutile d'espérer un miracle, déclara froidement le détective.

Ikumi était déjà sur le corps pour l'observer et conclure par l'odeur et la couleur qu'il avait été empoisonné par du cyanure. Senma testait déjà le thé avec une pièce de dix yens, mais elle resta sans réaction, écartant la boisson des possibles armes du crime.

Conan allait pointer la localisation du poison quand Hakuba le prit à part avec Red, les éloignant de la scène de crime.

- Bon, les jeux sont faits, rien ne va plus, annonça leur hôte. Oogami-san a donné un brillant signal de départ à notre petit test de connaissance où chacun est maitre de sa vie et de sa mort. Faites de votre mieux pour trouver ce trésor…

Ce fut trop pour Mogi qui se saisit du mannequin pour lui dire ses quatre vérités par le possible micro installé dans celui-ci ; mais la tête tomba à terre dévoilant une cassette pré-enregistrée auparavant cachée dans le cou, relié au haut-parleur.

- …tant que vous êtes en vie.

Et le message s'acheva.

- Pas de rire machiavélique ? Rien ? fit Red depuis le coin où Hakuba l'avait embarqué avec Conan. Je suis déçu.

Conan jeta un regard blasé à son camarade.

- La cassette était reliée à un minuteur, nota Senma en examinant la découverte.

- Les heures auxquelles vous deviez amener le diner avaient-elles aussi été fixées ? s'enquit l'apprenti Sherlock Holmes blond en revenant avec les enfants pour mieux voir la trouvaille.

La brave servante, à qui la question était adressée, répondit par l'affirmative :

- Oui : hors-d'œuvre, soupe, plat principal, dessert. Si vous voulez plus de détails…

- Mais alors, le meurtrier parlait tout en nous observant ? s'enquit Kogoro alors que la cassette passait entre les mains de Ikumi, toujours dans un mouchoir pour ne pas corrompre la preuve.

- Non, répondit l'ex-policière. Il se contentait de faire défiler la bande magnétique.

- En tout cas, on peut en déduire deux choses, pointa Conan avec gravité. Depuis le début, le meurtrier visait Oogami-san. Ensuite, il est très possible qu'il soit caché parmi nous. Il a peut-être diné avec nous en faisant semblant d'écouter cette cassette sur laquelle il avait enregistré sa voix au préalable.

- C'est très possible, en effet, accorda Kogoro de mauvaise grâce.

Hakuba, Red sur ses talons, retourna à l'observation du corps.

- Et alors que nous étions tous assis à la même table que Oogami-san, il l'a empoisonné avec du cyanure sans qu'on s'en rende compte, soupira Hakuba en surveillant le chibi pirate du coin de l'œil pour s'assurer qu'il serait sage.

- Sous les yeux des cinq détectives que nous sommes, ragea Mogi.

- De plus, d'après le contenu de la cassette on peut en déduire qu'il savait aussi parfaitement quand allait donc mourir Oogami-san, pointa Senma.

Ikumi enfila des gants et se pencha vers la tasse de leur victime.

- Le problème est qu'aucune trace de poison n'a été retrouvée dans le thé qu'il venait de porter à sa bouche avant de mourir.

Hakuba posa une main sur l'épaule de Red, la serrant légèrement pour lui faire signe de ne rien dire.

- Alors, le poison ne serait pas dans le thé, mais sur les rebords de la tasse ? supposa Kogoro.

- Non. Il a porté deux ou trois fois cette tasse à sa bouche, réfuta Ikumi en observant la tasse en question.

Pour Ran, il y avait quelque chose qui ne cadrait pas :

- Mais ce meurtrier dont vous parlez tous, c'est bien Kaitou Kid, non ? J'avais pourtant entendu dire qu'il ne tuait jamais personne, se fit confirmer la lycéenne qui, jusqu'à présent, était restée dans un coin pour ne pas gêner les enquêteurs, tout comme la servante qui se rongeait les ongles de nervosité.

- C'est vrai, confirma Hakuba. Parmi toutes les affaires le concernant que j'ai pu suivre, c'est une première !

- Bah, l'appétit vient en mangeant, n'est-ce pas ? nota avec un sombre amusement Mogi. Et si nous commencions par aller voir si nos voitures ont réellement explosé ?

- Vous espérez que ce Kid acceptera de vous faire le remboursement ? se moqua narquoisement Red en se dirigeant vers le détective.

- Ah, si seulement, gamin ! ricana l'homme.

- Je suis d'accord avec l'idée de vérifier les voitures. Il y en a peut-être qui ont échappé à l'explosion, approuva Ikumi en se débarrassant de ses gants.

- Oui, l'explosion que nous avons entendue tout à l'heure était peut-être une mise en scène, supposa la vieille Senma.

Conan jeta un œil à une des mains du défunt de loin, remarquant immédiatement quelque chose au niveau du pouce, avant d'aller rejoindre Red.

- J'ai trouvé le comment, souffla le détective à son camarade aveugle. Maintenant, manque plus que le piège soit mis en place.

Red hocha la tête.


Toutes les voitures flambaient joyeusement devant la porte d'entrée et, manque de chance, la pluie avait cessé, donc impossible pour la nature d'éteindre l'incendie. Tout avait été carbonisé, et ça brulerait tant qu'il y aurait du combustible. On remarqua cependant qu'il y avait une voiture en trop, une Mercedes, ne pouvant pas appartenir à Hakuba puisqu'il avait été déposé sur les lieux par son maître d'hôtel.

Il y avait donc une possibilité que la voiture appartienne au grand chef de cette machination, puisqu'elle était déjà là quand la servante est arrivée ce matin.

- Ce n'est pas la vôtre ? demanda Red qui avait fini, avec le temps, par bien comprendre le concept des voitures.

- Non, monsieur m'a demandé de la garer près du portail de derrière. Elle a dû surement brûler, elle aussi, répondit la servante.

- Pas forcément, on n'a entendu qu'une seule explosion, pointa Conan.

Ils allèrent donc voir la petite voiture de l'autre côté appartenant à la servante et il s'avéra qu'elle était intacte.

- Vous ne trouvez pas cette voiture bizarre ? demanda Ikumi.

- Non ! assura Kogoro avec un grand sourire. Il a simplement dû oublier d'y placer des explosifs !

« Ou alors, les mettre avec un déclencheur différent » songea Red.

Celles de devant pouvait être à minuterie et celle-ci pouvait être programmée pour exploser quand le moteur était mis en marche. Voire même exploser suite au démarrage d'une minuterie une fois le contact activé. Ou bien d'autres.

Les explosifs, plus on était créatif, plus c'était dangereux et vicieux.

- Que diriez-vous d'aller voir si le pont a vraiment été détruit ou pas ? proposa Senma en ouvrant la portière pour se mettre au volant.

- Je vous accompagne ! annonça Mogi.

Hakuba et Kogoro voulurent eux aussi se joindre à l'aventure, alors que Red faisant lentement le tour de la voiture.

- Oh là ! fit Senma en y mettant une halte. Quand il y a trop de capitaine, le bateau coule.

- Vous avez raison, accorda Hakuba. Pas de bateau fantôme sans fantôme.

- Et si vous désigniez ceux qui y vont à pile ou face ? proposa Conan avec un grand sourire innocent. J'ai justement cinq pièces de monnaie.

Il sortit un portefeuille de sa poche et resta comme deux ronds de flanc.

Vu la façon dont Red avait tourné en rond autour de la bagnole en passant derrière lui, il était presque certain qu'il lui réservait une mauvaise surprise. Mais il fallait croire que non, puisque son argent était toujours là. Il renversa le porte-monnaie sur le capot de la voiture et tous les détectives se réunirent autour.

- Mais tu es vraiment très gentil, mon garçon ! nota Senma en se penchant sur le capot pour prendre la pièce la plus éloignée.

- C'est très primitif comme méthode, mais bon, commença Hakuba en ramassant une pièce à son tour.

- Qu'est-ce que ça peut faire ? demanda Kogoro en lui coupant la parole tout en prenant la sienne.

- Ceux qui obtiennent un pile… commença Mogi.

- …vont voir le pont en voiture, acheva Ikumi.

Et les cinq pièces finirent en l'air, avant d'être rattrapées sur le dos de leurs mains.

- Ce sont donc Mouri-san, Mogi-san et moi-même qui y allons, nota Senma devant le résultat.

Et ainsi Ran, Conan et Red assistèrent au départ de la voiture. Kogoro passa au volant alors que Red chuchotait quelque chose à Mogi qui alla s'asseoir ensuite dans la voiture. Le gamin se dépêcha de rejoindre le côté conducteur et se hissa par la fenêtre ouverte, tombant dans l'habitacle, droit sur les genoux de Kogoro.

- Mais qu'est-ce que tu fabriques toi ?! gronda le détective.

Red agit en vitesse, détachant la ceinture de sécurité à l'aveuglette de l'homme, faisant fondre tout aussi vite et discrètement l'encoche de fermeture, avant que Kogoro ne le prenne par la peau du cou et le mette dehors.

Le résultat fut notable. Dès que le détective alla se rasseoir à sa place et tenta de se remettre sa ceinture, il jura comme pas deux, se plaignant sur les gosses joueurs qui ne savent pas ce qu'ils font, mais prit la route.

- T'as du plastique sur le pouce, pointa doucement Conan à Red alors que la voiture s'éloignait.

Le logia se frotta frénétiquement le pouce alors que son ami s'éloignait pour aller voir en bas de la route, dans les tournant du chemin. De là, la voiture de la bonne était bien visible et elle avait un étrange signe sur le toit. Comme une croix légèrement fluorescente qu'on aurait faîte avec du scotch.

Il tourna la tête vers Hakuba qui avait un léger sourire en coin, les bras croisés sur sa poitrine, alors que Ikumi leur proposait de rentrer à l'intérieur.


- Waouh, c'est terrible ! nota Kogoro en observant le pont totalement arraché qui les emprisonnait sur ce coin de montagne. Le pont a été complètement détruit.

Mogi, au bord du gouffre avec Kogoro, se tourna vers la voiture où Senma était toujours assise derrière le volant cette fois.

- Senma-baa-san ! Vous pouvez allumer les pleins phares ?! On n'y voit rien ici ! appela Mogi en élevant la voix.

Senma répondit par l'affirmative et chercha la commande.

- Le meurtrier va-t-il se manifester ? se demanda Kogoro.

- Oui, assura Mogi. Il ne va pas en rester là.

Senma aurait été très certainement d'accord.

Si la voiture ne venait pas d'exploser soudainement avec elle à l'intérieur.

Sous la force de l'explosion, les freins lâchèrent et la voiture se mit à rouler vers le vide dans un nuage de fumée noire. Pendant que Kogoro appelait en vain la vieille femme, Mogi eut un bref sourire.


Bien entendu, la nouvelle ne fut pas bien prise quand les deux hommes revinrent au manoir.

Pendant que Kogoro allait voir les autres pour leur raconter ce qu'il s'était passé, Mogi retrouva Red pour lui toucher un mot.

- Il semble qu'il y avait un mécanisme qui déclenchait une bombe si on enclenchait les phares, raconta Kogoro. Inutile d'attendre que l'on nous tue les uns après les autres. Je propose que nous nous séparions et que nous essayions de savoir s'il y a vraiment quelqu'un d'autres dans le manoir !

Mogi se redressa finalement, ayant fini ses messe-basses avec un Red buté, et rejoignit Kogoro pour faire approuver son idée.

- Bon, dans ce cas, je fais équipe avec les deux autres filles, accepta Ikumi. Comme ça, en plus, on pourra un peu papoter.

Et elle leur fit un clin d'œil pour les rassurer.

- Au fait, le petit malin avec les cheveux blond, il fait quoi ? demanda Mogi.

- Va savoir. Il est peut-être en train de nourrir son faucon, lui répondit la femme.

- Dîtes, y'a des torches ici ? Je veux dire, des torches à l'ancienne ou des bougies allumées ? demanda brusquement Red.

- On peut essayer d'en trouver, lui dit Conan alors qu'il emboitait le pas aux deux hommes.


Ils commencèrent la fouille de chaque pièce de la maison et dans l'une d'elles, ils tombèrent sur un vieux piano à queue.

- Il y a des traces toutes fraîches sur le côté du piano, comme s'il avait été griffé, nota Kogoro en observant l'instrument alors que Mogi tapotait sur une touche.

- Certainement les traces faites par le faucon ; le jeune est venu fouiner ici aussi.

Conan, de son point de vue plus proche du sol, pouvait voir aisément sous les touches du clavier et pointa qu'il y avait quelque chose de coincer entre deux d'entre elles. Mogi parvint à déloger l'intrus et se retrouva avec un vieux papier abîmé entre les mains. En l'ouvrant, il se retrouvant avec le fameux code secret entre les mains.

- Mais pourquoi l'avoir copié sur du papier destiné à la calligraphie ? s'enquit Kogoro.

- Probablement parce que cela a été fait à une époque où les photocopieuses n'existaient pas encore. Quelqu'un a dû reproduire ce texte en grande quantité et le transmettre dans un but précis à beaucoup de gens. En fait, je ne serais pas étonné que tout ce qu'il nous a raconté sur cette tragédie qui a eu lieu il y a quarante ans ne soit qu'un des nombreux éléments de sa chasse au trésor. Une histoire cousue de fil blanc.

- Alors pourquoi j'ai senti l'odeur de la marijuana ? demanda Red en fronçant les sourcils. Et pourquoi on a du sang partout ?

- Je pense qu'il y a eu un incident plus récent. Et je ne pense pas que cet incident qui a fait qu'on a autant de sang, soit lié à l'odeur d'herbe. Pour l'herbe, je pense plus que ça n'a aucun rapport avec l'affaire. On ne sait pas combien de temps la maison est restée à l'abandon. Il y a peut-être eu des squatteurs entre temps qui se sont permis de fumer dans les pièces, supposa Mogi. D'ailleurs, tu sens quelque chose d'intéressant ?

- Le piano porte la même odeur que le produit qu'utilise Ikumi-san, mais je sais pas à quoi il sert, fit Red en haussant des épaules.

Les trois détectives firent le tour du piano pour voir que celui-ci était trempé de luminol, une bouteille de vaporisateur encore devant. C'était donc une preuve que la jeune détective était déjà venue ici.

- Oi, le moustachu. Éteins- la lumière ! Vite ! demanda Mogi, accroupi devant la zone humide du piano.

Kogoro obtempéra et ce qui apparut les prit presque au dépourvu.


Ikumi était en train de se laver les mains suite à son passage aux toilettes quand Ran sortit à son tour.

- Tiens ? Où est passée la femme de chambre ? demanda Ran.

- Elle a dit qu'elle nous attendrait dans le couloir en sortant des toilettes ; tu veux bien aller voir ?

Ran acquiesça et sortit dans le couloir. La servant était inconsciente, avachie sur elle-même, appuyée contre le mur.

- Ishihara-san ?! s'inquiéta Ran.

Trop tard, Ikumi était déjà sur la jeunette, un mouchoir drogué en main qu'elle lui appliqua sur la bouche et le nez. Il ne fallut pas longtemps pour que la lycéenne s'effondre.


Sur le piano, un texte en lettres de sang venait d'apparaître.

J'ai enfin

Percé le secret

De l'énigme

De Karasuma.

J'ai enfin

Trouvé

La carte

Maîtresse.

Les pièces commencèrent à se mettre lentement en place pour Mogi.


Ikumi enferma Ran et la servante dans une des cabines de toilette et sortit dans le couloir.

- C'était donc toi…

L'ex-policière regarda dans son dos en entendant le retrait d'un cran de sécurité et la voix derrière elle.

Hakuba se tenait derrière elle, une main dans une poche, l'autre tenant un flingue qu'il pointait sur la jeune femme.

- Il était évident que le meurtrier n'allait pas prendre le risque de monter dans une voiture contenant une bombe. Autrement dit, le coupable ne pouvait se trouver que parmi ceux qui sont restées au manoir : Ran, la femme de chambre, toi et moi.

- Eh bien mon garçon, tu as un bel attirail entre les mains, nota Ikumi en levant lentement les mains, toujours de dos.

- Je l'ai trouvé sous mon oreiller. Je suppose que tu l'y avais déposé dans le but de faire porter les accusations sur moi.

- Étrange coïncidence, nota Ikumi. Je me disais la même chose, puisque nous avons enquêté de la même marnière, on dirait.

Ce que la position de Ikumi ne permettait pas de voir fut fatal à Hakuba : la jeune femme cachait un derringer dans le creux sa main, le genre d'arme aisément dissimulable en raison de sa petite taille.


Un coup de feu résonna jusqu'aux hommes en provenance de la tour centrale. Hakuba était à terre, perdant du sang en abondance. En le retournant, il s'avéra qu'il était trop tard, puisqu'il avait été touché en plein cœur.

- Il y a quelqu'un dans les escaliers ! nota Kogoro en entendant des bruits de pas dans ceux menant à la pièce du quatrième étage dont leur avait parlé l'enregistrement.

Au pas de course, Kogoro grimpa rapidement les marches pour se retrouver face à une pièce grande ouverte sur un bureau et un ordinateur. Là où justement, on devait venir lorsqu'on aurait trouvé le trésor.

Sauf que voilà, en baissant les yeux, il retrouva Ikumi à terre, morte, sans blessure apparente.

- Regarde ! fit Mogi en arrivant derrière Kogoro.

Il tourna la poignée circulaire du côté intérieur de la porte, en faisant attention où il mettait ses doigts et une aiguille jaillit sur un des côtés.

- Lorsqu'on tourne la poignée, on tombe sur une aiguille. Cela veut dire que celui ou celle qui serait venu ici pour se servir de l'ordinateur se serait forcément piqué en sortant et serait mort empoisonné.

- Mais bon sang, où est le meurtrier ?! ragea Kogoro.

En réponse, il eut droit de faire connaissance avec l'arme que Mogi lui mit sous le nez.

- Fini de jouer ! On ne me fera pas croire qu'elle est tombée dans son propre piège, gronda l'homme, toute trace d'humour disparue. J'ai trouvé la femme de chambre et ta fille dans les toilettes. Les deux seules personnes à avoir pu faire tout ça sont ici : moi ou toi ! Et comme ce n'est pas moi…

Mogi fit feu, touchant Kogoro, totalement abasourdi, dans la poitrine.

- …ça ne peut être que toi !

Kogoro tomba contre le mur derrière lui, et glissa le long de celui-ci, sans vie.

- Pfff, on n'attrape pas les mouches avec du vinaigre, grommela Mogi. Navré, Nemuri no Kogoro.

Il porta sa cigarette à ses lèvres et l'alluma.

Avant de se figer.

D'effroi, il la laissa tomber, se tenant la gorge.

Ce n'était pas possible !

Et il s'effondra.