Salut à tous !

On se retrouve donc pour notre rendez-vous hebdomadaire pour Détective Conan ! Je remercie encore et toujours ceux qui suivent l'histoire et laisse des commentaires, ça fait ultra plaisir.

Arya 39 : Tu présenteras mes excuses à Ace pour l'avoir mis en PLS, mais qu'il comprenne que si je fais ça, c'est par vengeance pour toutes les conneries qu'il fait dans les autres fics. Et surtout, qu'il a besoin de descendre son égo de quelques étages. Ah ! Et on est bientôt à l'épisode que tu attends avec impatience. Moins d'une dizaine en faîte ! Et pour l'origine de la passion pour les pirates, ou plutôt, sa justification, c'est juste ici, et non, c'est pas One Piece.

Cobra : Disons que quand je vois des fanboys dans ton genre, j'ai envie de leur faire plaisir donc, voilà, je continuerai à titiller ton antenne Yaoi avec des allusions de ce genre.

Sur ce, je vous souhaite une bonne lecture et n'oubliez pas les review !


Le bruit allait le rendre fou.

Pas celui des animaux.

Celui des spectateurs.

Les 'oooooh' et les 'waaaah' de public ; les rires ; les cris.

Red préférait largement les rugissements des bêtes à celui des humains.

Ce qui expliqua son lourd soupir de soulagement quand ils sortirent enfin du cirque « The Animawl Show with Paul & Annie ». Surtout qu'il n'y avait plus la foule autour d'eux pour le faire se sentir emprisonné.

- C'était super ! s'exclama Genta.

Ah oui, il traînait avec des gosses bruyants, c'est vrai, ça n'aidait pas !

- Ils étaient vraiment mignons, tous ces animaux ! commenta joyeusement Ayumi en prenant son visage entre ses mains, tout sourire.

- Surtout Léon, le lion blanc ! renchérit Mitsuhiko. Il est génial !

- Léon reste l'attraction principale du show ! informa Agasa avec un sourire en regardant le groupe d'enfants.

Red cessa de geindre dans sa tête pour se pencher sur le cas d'Agasa. Le vieux professeur, éternel célibataire, supportait ce groupe depuis bien plus longtemps. Pauvre homme !

Ayumi continua de s'extasier sur son porte-clef tout mignon à l'effigie de Léon.

- Je l'ai acheté avec Haibara avant le début du spectacle dans une boutique ! N'est-ce-pas, Hiabara ?

Cela tira un rire narquois de la part de Conan et Red, pour une fois d'accord sur la même chose.

- Alors toi aussi, ça te plaît, ces trucs ? nota moqueusement Conan avec un maigre sourire.

La scientifique lui jeta un bref regard par-dessus son épaule et haussa des épaules en montrant son propre porte-clef :

- Pourquoi pas ? C'est toujours mieux que de passer ses journées à flairer l'odeur du sang dans des enquêtes mystérieuses comme certains qu'il n'est pas nécessaire de nommer…

Son sourire de coin fit grincer des dents le chibi-détective.

- Sans commentaire, grommela-t-il.

- Là, elle t'a eu ! ricana le pirate.

- Je ne parle pas non plus de l'adrénaline junkie que tu es, Dawn, asséna Sherry.

- Je n'ai jamais nié ne pas en être un.

Les conversations s'arrêtèrent alors qu'ils s'éloignaient de la salle de spectacle quand ils remarquèrent une foule de journalistes prendre d'assaut un pauvre homme à moustache et à lunettes, clairement typé occidental.

- Quand je dis que les journalistes sont des charognards, maugréa le chibi-pirate en changeant sa canne blanche de main.

- C'est qui le monsieur qui est interviewé ? demanda Genta en montrant l'étranger du doigt.

- Ah… c'est Randy Hawk, le sponsor du spectacle ! identifia Agasa. Il est originaire de l'Oklahoma en Amérique, et il parait qu'il aurait commencé à acheter des animaux après avoir fait fortune dans l'industrie du pétrole. Il a transmis sa passion à ses enfants, Paul et Annie, et depuis, il parcourt le monde avec son spectacle !

Le vieux scientifique encouragea Ayumi à regarder dans le programme du show qu'elle avait conservé, parce qu'apparemment, il y avait une photo de l'homme. Hawk figurait en effet à la fin du programme, un simple portrait du moustachu souriant arborant un stetson que l'homme devant eux n'avait pas.

- Au départ, son objectif était de faire le tour du monde tout en suivant le show pour voir toutes sortes d'animaux, continua Agasa. Dans une interview à la télé, il disait que s'il voyageait sans garde du corps, c'est parce qu'il est un vrai cow-boy et que les cow-boys se protègent eux-mêmes !

- Aaah ! Ça, c'est un mec ! Et un vrai ! Il manque vraiment pas de cuohmmmmmmmmm !

Red ne put finir son commentaire puisque Conan le bâillonna de la main pour l'empêcher d'être vulgaire devant les enfants.

Agasa était en train de commenter le fait que l'homme parlait bien le japonais quand les journalistes devinrent de plus en plus impatients et pressants envers le pauvre homme.

- Je ne suis pas Randy Hawk, s'excusa l'étranger avec un lourd accent.

- Allons, vous nous faites marcher ! rit une femme sans détourner son micro de Randy.

Les reporters se pressèrent les uns les autres pour se rapprocher encore plus qu'ils ne l'étaient déjà de l'homme encerclé, criant pour se faire entendre par-dessus les concurrents.

Oui, de vrais charognards.

- CAN YOU GIVE ME A BREAK (Bêta : euh… Kit-kat ?) !? rugit le pauvre homme qui commençait à être vraiment à bout.

Cela alerta Conan alors qu'Agasa disgressait sur la perte de self-control du pauvre homme.

- Vraiment, ça lui apprendre, grommela Haibara. Quand il vint ici, il se passe de gardes du corps et vit caché ; il n'a que ce qu'il mérite.

- Et si on allait le sortir de là, plutôt que l'accabler ? proposa le chibi-détective avec un étrange sourire. Tel un cow boy qui volerait au secours de sa princesse quand elle est encerclée par les vaches et sur le point de mourir. (Bêta : il va falloir qu'il revoie ses classiques, celui-là !)

Red n'attendit pas plus pour se mettre en mouvement. Il confia sa canne à Agasa et avança avec prudence vers l'individu, avant d'élever la voix quand il fut derrière les journalistes :

- Bon ! Oncle Rayleigh ! Le vieux t'attend, il serait peut-être temps que tu te magnes, non !?

Tout le monde se retourna vers le garnement qui avait l'air à la fois intimidant et adorable avec sa moue boudeuse aux lèvres et ses poings sur les hanches. Les journalistes se regardèrent avec perplexité avant de pointer du doigt l'homme qu'ils avaient absolument voulu interviewer.

- Rayleigh ? Cet homme n'est pas Hawk Randy ?

- Ah ça nan ! Ce vieux barge est mon grand-oncle Rayleigh ! réfuta Red. Allez, viens ! Tout le monde t'attend pour le repas de famille !

Red força sa route entre les journalistes et leva une main vers là où il percevait la présence de celui qu'il cherchait à sauver. Sa main attrapa un morceau de la veste et il le tira vers lui et Agasa. Conan vint à son secours pour s'assurer que l'aveugle ne se trahisse pas devant les journalistes, parlant au « Grand Oncle Rayleigh » des nouveautés de leur soi-disant famille.


Ce fut loin de la bande de charognards qu'ils mirent fin au cinéma. Red reprit sa canne alors que l'étranger se répandait en excuses et remerciements.

- Thank you very much ! Les enfants, je vous dois une fière chandelle ! remercia l'homme. On me dit souvent que je ressemble à Randy Hawk, mais c'est la première fois que la méprise va jusque-là !

- Vous feriez mieux de vous déguiser un peu, conseilla Genta avec un ton blasé.

Dans l'esprit du chibi-détective et du chibi-pirate, l'idée que l'homme se déguise était mauvaise. Ça aurait fait encore plus suspect.

- Mais dîtes-moi, vous aimez les spectacles d'animaux ? demanda Mitsuhiko.

- Oh yes ! Ce show est vraiment superbe ! leur dit l'étranger. En plus, je voulais à tout prix acheter ça ! C'est pour ça que je suis venu au Japon !

L'homme sortit en souriant un porte-clef identique à celui des filles. Si cela réjouit Ayumi, Haibara pointa d'un air blasé que c'était suffisamment populaire pour être vendu partout dans le monde.

- Regardez derrière ! C'est écrit : made in japan ! Il n'y a qu'ici qu'on peut l'acheter ! justifia l'étranger.

Un collectionneur donc.

- Mais je n'ai vraiment pas eu de chance tout à l'heure ! A cause de ce qui s'est passé, j'ai manqué mes vieux amis avec lesquels j'avais rendez-vous à la sortie ! Vous n'auriez pas vu deux hommes avec les cheveux longs ?

Il venait de poser sa question à Agasa.

- Euh non… il faut dire qu'il y avait vraiment beaucoup de monde, se justifia le professeur. Mais le plus étonnant, c'est que tu aies compris que ce monsieur n'était pas Randy Hawk.

Le commentaire d'Agasa à Conan fit fleurir un sourire lumineux sur son visage.

- C'est sa manière de parler ! Il prononçait can de manière particulière ! C'est un accent typiquement anglais ! Je me suis dit que c'était bizarre que quelqu'un qui était un cow-boy de l'Oklahoma ait un accent pareil !

Agasa se mit à réfléchir sur le point soulevé par Conan.

- Hakase, on l'a entendu à la télévision, il a un accent très fort le vrai Randy Hawk, grommela Red en étouffant un bâillement.

- La photo des informations montre clairement que ce n'est pas le même homme, aussi, pointa le détective junior.

- Waaah ! Désolé ! J'avais tooooootalement oublié la photo ! s'excusa moqueusement Red.

- C'est pas bon tout ce sarcasme, Dawn, surtout pour toi, grommela l'ex-lycéen.

Il revint à l'anglais et continua ses explications :

- Ce n'est pas étonnant que les journalistes japonais se soient trompés. Les japonais ont du mal à différencier les visages des étrangers : s'ils ont la même couleur de cheveux et de peau, cela suffit pour qu'ils confondent.

- Ooooh ! s'exclama l'homme en se penchant vers Conan. How perceptive of you !

Le rire nerveux du gamin voulait tout dire.

- Je m'appelle James Black ! se présenta l'anglais. Et toi ?

- Conan Edogawa, détective ! annonça fièrement le garçon.

James répéta le nom du garçon pour bien le mémoriser mais les autres gamins sautèrent sur l'occasion :

- Il n'est pas le seul détective ! Nous sommes membres des détectives Boys !

Ayumi brandit son badge pour le prouver, montrant l'infâme silhouette de Sherlock Holmes.

- Oh ! Sherlock Holmes ! Alors vous êtes les Baker Street Irregulars !

- He ? fit très intelligemment Genta.

- C'est comme ça que s'appellent les enfants du quartier de Baker Street grâce à qui Holmes obtenait souvent des informations ! explicita Conan.

- Pas moyen ! Gosse des rues, je le nie pas, mais les enquêtes, je vous les laisse ! réfuta Red en croisant ses bras devant lui manquant de cogner Mitsuhiko au passage avec sa canne.

- Fais attention à ta canne, Red-kun. Pourquoi tu veux pas être un détective ? minauda Ayumi avec déception. C'est cool un détective.

Le sourire déjanté fit grogner d'avance Conan, Haibara et Agasa.

- Je suis… Fuku Senshô * !

Le détective s'administra un facepalm bien senti.

- Fais-toi pousser la moustache et tu lui ressembleras peut-être, Dawn, pointa Haibara.

James cligna des yeux, ne comprenant par qui était ce « Fuku Senshô ».

- Hook. Captain James Hook, traduisit Canon d'un air blasé.

- Oooh ! You're a pirate, little guy ?! comprit James.

- Aye ! sourit le gamin.

- Vous savez, je suis né à Baker Street ! leur dit joyeusement l'anglais. Je me dois donc de faire un cadeau à mes nouveaux amis les « irregulars » et leur camarade pirate ! Je vous invite à déjeuner dans un bon restaurant tenu par l'un des amis que je devais retrouver !

- OUAIS ! s'exclamèrent les enfants.

James se redressa pour demander à Agasa s'il était venu en voiture.

- Oui, mais je n'ai que cinq places et… commença le professeur.

- Ok ! ok ! dans ce cas prenons la wagonnette que j'ai louée ! Attendez-moi, je vais la chercher ! Mais ma conduite sera forcément moins bonne que le déjeuner ! Alors, je préfère vous laisser conduire ! Je n'ai pas l'habitude du volant à droite !

Cela fit tiquer le Sherlock fanatique :

- Si vous n'avez pas l'habitude, ça veut dire que vous n'habitez plus en Angleterre ?

- Exactly ! Je suis né dans la ville de Holmes, mais j'ai grandi à Chicago…

James se détourna avant de conclure :

- La ville d'Al Capone.

Et sans plus de précision, il s'éloigna pour aller chercher sa wagonnette de location.

- Dis, il ne te fait pas une drôle d'impression ? s'enquit Haibara à voix basse à l'adresse de Conan.

- Hein ? Pas particulièrement, marmonna Conan. Et toi, Dawn ?

- Il est safe dans mon opinion, se contenta de répondre le pirate avec un sourire de coin.

- Bon, tant mieux, souffla la scientifique sans pour autant lâcher du regard la silhouette de l'homme qui s'éloignait.


Red avait été hissé sur le dos d'Agasa suite à sa crise de narcolepsie pendant que le groupe attendait toujours le retour de James.

Conan regarda de nouveau sa montre quand le professeur lui demanda l'heure.

Cela faisait quarante minutes qu'ils patientaient.

- Il en met du temps ! grommela Genta.

- Je meurs de faim, gémit Ayumi.

Mitsuhiko prit le parti d'aller voir ce qu'il en était avec le reste des enfants, laissant Agasa sur place avec le brun inconscient. Après tout, il ne devait pas y avoir trente-six mille parkings dans les environs.

C'est ainsi que le petit groupe partit en exploration à la recherche de ce cher James qui les faisait patienter depuis si longtemps.

Trouver le parking le plus proche fut simple.

Tout comme la voiture.

Des wagonnettes, il n'y en avait pas beaucoup, d'autant plus que celle que dénicha Mitsuhiko avait une peluche de Léon sur le tableau de bord. Petit problème : personne à l'intérieur. Sans compter que la porte était ouverte et que la clef était toujours sur la serrure.

Un groupe d'enfants jouant au foot à proximité remarqua les mini-détectives qui traînaient autour de la voiture.

- Si vous cherchez l'étranger avec une moustache, il est parti avec deux hommes ! leur apprit l'un d'eux.

- Hein ? où ça ? s'enquit Conan.

- Vers cette petite ruelle !

On leur montra une petite rue sombre entre deux bâtiments pas très loin. Sans réfléchir plus, Conan se précipita vers la ruelle en question. Arrivé de l'autre côté, il fit un freinage d'urgence en glissade pour s'arrêter. La première chose qui lui sauta aux yeux, c'était un porte-clef de Léon abandonné par terre alors que le reste de la troupe le rattrapait.

- Si c'est celui de James-san, il est peut-être monté dans une autre voiture à cet endroit, supposa Haibara en regardant la rue.

- Au fait, il avait dit avoir rendez-vous avec des amis, non ? se rappela Mitsuhiko.

- Tu ne penses quand même pas qu'il nous aurait oubliés et serait parti avec ses amis ! rouspéta Genta.

- Oh non, gémit Ayumi avec tristesse.

Conan examinait déjà le porte-clef, notant quelque chose dessus qui lui fit dire que James ne les avait pas oubliés. L'anglais avait certainement été mêlé à une affaire. Pour preuve, il leur montra la chaîne du porte-clef qui était une bande de tissu avec imprimé dessus « The Animal Show with Paul & Annie ». Dessus, les caractères P ; & et A portaient d'étranges marques rouges. Juste ces trois caractères.

- Il a probablement voulu nous dire quelque chose en sachant que nous viendrions le chercher, supposa le détective amateur.

Mais encore fallait-il savoir ce qu'était ce message. Pourquoi « P&A » ?


Avertir la police ne fut pas chose aisée. Vraiment.

Les deux officiers à vélo qu'ils avaient trouvés ne les croyaient pas. Pire encore, en plus de ne pas les prendre au sérieux, ils les informèrent que le vrai Randy Hawk était en direct à la radio et que l'émission n'était pas encore terminée, ce qui voulait dire que si les malfaiteurs se mettaient sur la mauvaise station de radio, ils réaliseraient leur erreur et tueraient très certainement James vu qu'il s'avérerait finalement inutile.

Et pour ne pas arranger les choses, les deux idiots en uniforme se barrèrent à vélo avec leur unique indice !

- On emmène ça au commissariat pour vérifier si c'est bien du sang ; repassez demain au poste de police !

Et les deux flics s'en allèrent à vélo.

Quelle bande d'incompétents.

- Si j'étais encore en contact avec Garp, je les aurais bien recommandés pour un de ses entraînements, ces deux imbéciles, grinça Red en enfonçant ses mains dans ses poches.

Au final, ils n'étaient pas plus avancés et ne pouvaient compter que sur eux-mêmes pour savoir ce que James avait essayé de leur dire avec ce « P&A ».

- Est-ce que ce ne serait pas un magasin qui commence par PA ? Comme Pâtisseries ! proposa presque joyeusement Ayumi.

- Non, lui dit clairement Conan. S'il avait voulu donner deux lettres attachées, il aurait marqué le PA de Paul. Il voulait qu'on les prenne indépendamment.

Tout le monde se mit donc à réfléchir de nouveau au possible message. Ils ne pouvaient qu'essayer de questionner les gens.

- Bon ! On se sépare et on essaye de savoir si quelqu'un n'aurait pas vu un étranger accompagné de deux hommes ! Celui qui apprend quelque chose prévient les autres avec son badge !

- OUAIIIIS ! rugirent les enfants avec enthousiasme.

Ils allaient se séparer quand Ayumi se figea, fouillant ses poches. Elle avait perdu son badge de détective.

- Sérieux ? s'étonna Genta.

- Soigneuse comme tu es, c'est étonnant, pointa Red en mettant sa casquette gavroche sur son crâne.

- Tu l'as peut-être fait tomber quelque part, non ? supposa Haibara. Quand l'as-tu eu en main pour la dernière fois ?

- Je l'ai montré tout à l'heure à James-san et… se rappela la fillette. AH !

Elle regarda Conan avec espoir.

- Peut-être que c'est lui qui l'a gardé sans faire attention ! supposa la petite demoiselle.

- Dans ce cas, l'émetteur qu'il contient devrait indiquer sa position actuelle, informa Conan en activant le radar de ses lunettes.

Quelques réglages suffirent pour avoir une réponse. Le badge, et donc par extension James, se trouvait à seize kilomètres de là où ils étaient en direction Nord, Nord-ouest, suivant la rivière Teimuzu sur la route d'Ikumo. Vu la vitesse de déplacement, il devait être dans une voiture.

C'était déjà bien.

Avant que Conan ne puisse sortir son téléphone, Red avait le sien en main et commençait à pianoter dessus, obtenant en réponse une voix guillerette made in Agasa lui disant ce qu'il faisait et les options qui lui étaient disponibles.

Pas bête pour faciliter la vie de l'aveugle.

En quelques secondes, Red avait son téléphone sur haut-parleur et Takagi en ligne.

« Quoi ? Tu voudrais qu'on mette des barrages à la frontière du département de Saitama sur la route d'Ikumo ? » s'étrangla Takagi quand Conan lui dit ce qu'il voulait.

L'inspecteur eut un rire embarrassé avant de leur dire que ce n'était pas faisable :

« Enfin, Conan-kun ! Dresser un barrage alors que l'information n'est pas certaine… »

- Cet étranger va peut-être se faire tuer ! rouspéta Conan.

- Takagi, nous sommes plus que sérieux sur cette histoire. Foutez un barrage là-bas, grogna Red en laissant transparaître le ton du « commandant Portgas » dans sa voix.

Cela eut le mérite de faire déglutir l'inspecteur. Conan eut presque pitié. Avant que l'inspecteur ne puisse répondre au garçonnet agressif à l'autre bout du fil, le combiné lui fut prit des mains. La voix de femme à l'autre bout était facilement identifiable comme celle de Satô.

« Conan-kun ? Il vient justement d'y avoir un accident à cet endroit et Yumi y est allée pour rétablir la circulation. S'il s'agit juste de surveiller s'il n'y a pas un véhicule suspect, je peux lui demander de le faire ! Donne-moi la description de l'homme, s'il te plaît. »

- Merci, Satô-san, soupira le détective. Alors, c'est un américain, il mesure environ un mètre quatre-vingt, entre cinquante et soixante ans, des lunettes de vue, une moustache en brosse. Il doit être dans la voiture.

« Compris ! Je demande à Yumi de retenir la voiture si elle la voit. »

- Si le gars n'a pas appelé à l'aide, c'est peut-être parce qu'il était sous la menace d'une arme, renchérit le pirate.

« Ha ? Des malfaiteurs armés certainement ? Ne vous en faîtes pas, les garçons ! Takagi-kun et moi y allons aussi dès maintenant ! »

Tout le monde pouvait entendre nettement la protestation de Takagi un peu plus loin, mais Satô raccrocha le téléphone. Agasa alla chercher la voiture, demandant aux enfants de bien rester où ils étaient le temps qu'il revienne. Red soupira et s'étira, tournant le dos à la route.

- Dites, ça ne vous intrigue pas ? demanda Haibara à Conan et Red.

Les autres enfants écoutaient, mais ce qu'elle voulait, c'était l'opinion des experts en la matière. La scientifique montra du menton la ruelle qu'avait empruntée James en disant ce qui la chiffonnait.

- James a été emmené par deux hommes jusqu'à une autre voiture en passant par cette ruelle. C'est probablement lorsqu'il marchait dans la ruelle qu'il s'est coupé le doigt volontairement pour pouvoir nous laisser ce message, n'est-ce pas ?

- Oui, confirma Conan. Les hommes l'ont sûrement menacé avec un pistolet lorsqu'il était à sa voiture et sans que ses agresseurs s'en aperçoivent, James a laissé le message.

- A moins qu'il ait compris tout de suite que ces hommes étaient louches et qu'il y soit allé de lui-même après nous avoir laissé un message, coupa Haibara.

- Wow, tu remportes la palme de Miss Paranoïa, t'es pire que moi ! nota Red en s'étranglant à moitié de rire.

- Je sais pas, mais j'ai comme l'impression qu'on essaye de nous attirer…

Haibara s'interrompit alors qu'une voiture passait à proximité d'eux, avec deux hommes à l'avant qui les regardèrent avec une certaine attention avant de s'éloigner. Le pirate et la scientifique se retournèrent immédiatement vers la voiture qui s'en allait.

Sherry était clairement en panique alors qu'elle essayait de voir le visage des deux personnes qui s'éloignaient.

- Tu… tu as vu !? demanda-t-elle en panique à Conan. Le visage de l'homme qui était dans cette voiture !

- Non… de loin, je n'ai pas vu, répondit le détective clairement perplexe.

- C'était le gars du bus, je l'ai reconnu, informa Red avec ses sourcils très froncés.

- Comment tu peux reconnaître quelqu'un que tu ne peux pas voir ? demanda Mitsuhiko en l'entendant.

- J'ai mes méthodes. Par contre je suis certain d'avoir…

- D'avoir ? relança Conan.

Red resta un instant songeur puis secoua la tête.

- J'ai dû faire erreur.


Ces gars étaient forts.

Très forts.

Le groupe avait rejoint Yumi au barrage et celle-ci n'avait rien vu. Et d'après ce que l'émetteur disait, malgré le fait qu'il n'ait presque plus de pile, c'est que la voiture avait réussi à passer au travers le point de contrôle de la police sans se faire prendre.

- Et si on l'appelait directement avec le badge et qu'on lui demandait où il se trouve ? proposa Genta.

- Woaaa ! Brillant Kojima ! se moqua Red avec un lourd sarcasme.

- Ben quoi ?

- Si ses agresseurs s'en rendent compte, ils détruiront le seul lien qu'il nous reste avec lui, explicita Haibara.

- De toute évidence il faut qu'on trouve ce que désigne ce P&A, soupira Agasa.

- Et si c'étaient les initiales du lieu où se rend cette voiture ? proposa Yumi.

- P comme Parfait et A comme Asperge : un restaurant ! proposa avec appétit Genta.

- Mais non ! contra Mitsuhiko. C'est P comme Permanente et A comme Afro : c'est un coiffeur !

- Eh vous deux ! Vous ne pouvez pas réfléchir un peu sérieusement ! rouspéta le chibi-détective.

Ce fut au tour de Haibara de faire sa proposition :

- Péritonite et Apoplexie, un hôpital, peut-être ? réfléchit la petite scientifique juste à côté du détective.

Le regard du garçon transmettait toute la haine qu'il avait à cet instant précis envers elle.

- Quoi ?

- Non rien !

Red mordit son poing pour ne pas rire. L'excitation d'Ayumi coupa court à la colère de Conan :

- Et ça, vous qu'en dîtes-vous ?! Pélican et Antilope ! Un Zoo ?! Après tout, James-san aime les animaux !

Mitsuhiko se permit gentiment de rire en lui disait que s'il avait été question de ça, il aurait mis du sang sur le mot Animal. Pourtant, la clef venait de tomber sur ciel pour Conan.

- Bravo, Ayumi ! félicita le détective.

- Tu suggères pas sérieusement qu'ils ont leur planque dans un zoo, grommela Red d'un air dubitatif.

- Non, mais il n'empêche que je sais où est James-san.


Dans la voiture, le manteau d'un des ravisseurs sur le crâne pour le rendre moins identifiable de l'extérieur, James attendait avec calme les secours. Son regard fut attiré par un reflet dans le rétroviseur arrière montrant une voiture sombre les suivant tranquillement, deux hommes aux courts cheveux assis à l'avant. L'un avait les cheveux noirs majoritairement cachés par un bonnet, l'autre une masse courte et blonde en épis.

Cela fit sourire l'homme sous sa moustache et le manteau qu'il avait sur le sommet du crâne.


- QUOI ? s'étrangla Yumi. Les malfaiteurs sont dans une voiture de police ?! Mais enfin…

- Je vous assure ! Si on ne les pourchasse pas avant la tombée de la nuit, ils vont réussir à s'enfuir ! se défendit Conan.

Red s'administra une claque sur le front. Le coup était un classique ! Combien de fois lui et sa bande s'étaient échappés d'une zone dangereuse en se faisant passer pour les autorités ? Il aurait dû y penser.

C'est à cet instant que Satô et Takagi arrivèrent pour savoir ce qu'il se passait et furent mis au courant de la dernière nouveauté.

- Maintenant, il prétend qu'ils seraient dans une voiture de police, bougonna Yumi à ses collègues de la criminelle.

- C'est la même chose que pour le coup de la prise d'otage du bus, explicita le pirate avant que Takagi ne puisse protester. Les malfrats se font passer pour quelque chose d'insoupçonnable et le tour est joué !

Takagi referma la bouche immédiatement devant le ton de l'aveugle. Le camarade de celui-ci eut pitié de l'inspecteur et lui explicita son raisonnement :

- C'est une déduction que j'ai faite suite au message que nous a laissé James-san : P&A ! Si vous mettez bout à bout ces trois morceaux, ça donne le mot Panda !

- MAIS OUII ! s'exclama Genta.

- Les voitures de police japonaises sont noires et blanches, comme les pandas ! comprit Agasa.

Satô resta pensive devant la théorie. Ok, il est vrai que certaines personnes surnommaient les voitures de police panda, mais il était question d'un étranger, il était peu probable qu'il connaisse ce genre de surnom. Sans compter que ça pouvait être une simple voiture blanche avec deux trois endroits noirs, ce qui pouvait aussi faire penser au panda.

- Je ne crois pas, coupa Conan. James-san est né à Londres, et dans ce cas, il ne fait aucun doute que c'est une voiture de police qu'il voulait désigner. Autrefois, les voitures de la police londonienne étaient noires et blanches ! C'est à partir de 1965 qu'elles ont été intégrées dans la police de Lancaster et les gens leur ont très rapidement donné le nom de panda ! On peut même trouver cette explication dans les dictionnaires anglais ! Un jeune anglais n'y pensera peut-être pas tout de suite, mais pour quelqu'un de la génération de James-san, c'est une association d'idées évidente !

De quelle décennie était donc Conan ?

- J'y pense, se remémora Yumi en jouant pensivement avec une de ses mèches de cheveux longs. Il y a bien une voiture de police qui est passée sans qu'on l'inspecte…

- Hein ? s'étonna Satô.

- Mais je n'ai pas vu d'étranger à l'intérieur.

- Les policiers qui étaient dedans n'étaient pas bizarres ? demanda Haibara.

- Non. Ils avaient mis une veste sur la tête du suspect qui était assis à l'arrière entre eux…AH !

Miracle, elle venait de faire le rapprochement.


Tout le monde était monté en voiture pour se mettre sur les traces de la voiture suspecte. Takagi était un peu gêné par la situation.

- On n'en fait pas un peu trop ? demanda-t-il avec hésitation à Satô au volant. On est déjà dans le département de Saitama, hors de notre juridiction. Sans compter qu'on a déjà demandé à la police du département de dresser un barrage. Il n'est pas nécessaire que nous le poursuivions nous-mêmes.

- Et donc, ça ne t'inquiète pas ? demanda Satô d'un air sérieux sans quitter la route des yeux. Yumi a déjà inspecté cette voiture, il y a de fortes chances qu'au prochain barrage, ils se servent de leur otage comme bouclier et passent en force. En plus, lorsque Yumi a regardé dans la voiture, l'étranger n'a pas bougé d'un pouce, il y a donc une très forte probabilité pour que les malfaiteurs soient armés !

- Vous voulez dire que… s'il s'agissait d'armes à feu… après avoir forcé le barrage, ils pourraient filer vers la ville et… Ce serait la panique totale !

Pour le coup, l'homme était presque aussi paniqué que les civils de la situation qu'il imaginait.

- Oui. Avant d'en arriver là, il faut parvenir à les forcer à s'arrêter sans qu'ils se doutent de quelque chose. C'est à ça que je pense depuis tout à l'heure mais…

La femme ne termina pas sa phrase. Un tour de magie pareil, ça n'existait pas.

- C'est moins impossible que vous le pensez !

L'inspectrice manqua de percuter une autre voiture en réalisant que Red s'était glissé dans leur voiture, se tenant aux deux sièges avec un sourire de morveux.

- Red-kun, qu'est-ce que tu fais ici ?

- Eh ben, je me suis dit que ça serait intéressant de me glisser par-là ! J'ai demandé à Ayumi-chan de m'ouvrir la porte pendant que vous étiez occupés ailleurs ! Désolé ?

« La présence de Dawn est voulue, on en est désolé » s'excusa la voix de Conan dans le badge que le pirate avait dans sa main, proche de la tête de Takagi.

L'aveugle ouvrit son poing à l'intention de l'agent qui réceptionna le badge.

- Où êtes-vous ? demanda Satô.

« Environ cinq cents mètres derrière leur voiture ! Je pense que j'ai une solution à votre problème, si elle vous intéresse ! » leur dit Conan. « Enfin, pour qu'un plan stupide comme le mien fonctionne, cela implique qu'il y ait beaucoup de policiers avec nous. »

Conan exposa le plan au duo qui échangea un regard et hocha la tête.

- Tu as besoin d'aide pour boucler ta ceinture, Red-kun ? demanda Takagi.

Red se remit au fond de son siège et trouva sa ceinture assez rapidement pour l'attacher avec plus ou moins de difficulté. Pendant ce temps, Satô venait de contacter par radio Yumi qui les suivait de son mieux (difficile de suivre le rythme de la conduite de Satô Miwako).

- Yumi ? Tu m'entends ? Tu nous suis ?

« Oui, autant que possible. J'ai l'impression que c'est moi qui ai laissé échapper ces malfaiteurs. » bougonna l'agent de circulation.

- Si je me souviens bien, tu es sortie dîner un soir avec des policiers de ce département, non ?

« Oui, mais… »


- Zut, encore un feu rouge ! ragea le chauffeur de la fausse voiture de police qui avait enlevé James.

- Ne stresse pas, lui dit l'un de ses complices à l'arrière qui encadrait James. Roule tranquillement et il ne nous arrivera rien. Dès qu'il fera nuit, nous serons à l'abri.

Une grosse voiture noire vient s'aligner à la droite de la leur au feu rouge, juste à côté de la fenêtre du conducteur.

- Hein ? s'interrogea l'homme en voyant le véhicule imposant.

La fenêtre du passager était ouverte, et l'homme blond assis de ce côté-là offrit un sourire moqueur aux faux policiers alors que le conducteur affichait un air de psychopathe qui fit déglutir le faux flic.

Inconscient de la scène à l'avant, les malfrats à l'arrière entendirent des sirènes de police, craignant de s'être fait griller au final.

Le feu passa au vert et la voiture noire reprit sa route.

- Allez démarre ! ordonna le passager de droite en menaçant James de son arme. On va se servir de lui comme bouclier pour s'enfuir !

Leur voiture allait enfin se remettre en route quand quelque chose de jaune passa à toute vitesse à leur droite. Il s'avéra qu'il s'agissait, aussi saugrenue que ça puisse paraître, d'une Coccinelle allemande jaune. Genta, assis à l'avant, appelait à l'aide d'un air effrayé, imité par Mitsuhiko et Ayumi à l'arrière.

- Que… quoi ? s'étonna le pauvre conducteur laissé sur place.

Il n'eut même pas le temps de réagir que Satô faisait monter sa voiture au niveau du faux véhicule de police, permettant à Takagi d'interpeller les faux policiers en montrant bien sa plaque :

- Excusez-moi ! Je suis l'inspecteur Takagi ! J'ai besoin de votre collaboration ! c'est un cas de kidnapping !

Et sans attendre de réponse, Satô dépassa la fausse voiture de police pour s'aligner devant elle, comme si elle poursuivait la voiture d'Agasa.

- On lance la riposte ? demanda le passager de gauche en pressant son flingue dans le cou de James.

- Fais semblant de collaborer et dès que tu peux, tu bifurques ! ordonna le cerveau de l'opération au chauffeur.

- Compris.


Depuis la voiture d'Agasa, Conan regardait la scène avec satisfaction. Tout se passait comme prévu. C'est là qu'il remarqua la voiture noire qu'ils commençaient à rattraper. Surtout son conducteur.

- Alors, qu'est-ce que ça donne ? demanda Haibara en se penchant par-dessus l'épaule de son camarade d'infortune.

- Tout va bien ! lui assura joyeusement Conan en la prenant par les épaules et la positionnant de façon à ce qu'elle ne puisse pas voir le chauffeur quand ils le dépasseraient. Tout se passe bien ! Ne t'inquiète pas.

La tête de la demoiselle disait clairement que c'était le comportement du détective qui donnait envie de s'inquiéter.

Conan la lâcha, une fois la voiture bien dépassée, et continua de la surveiller du coin de l'œil, mémorisant au mieux le visage de ses occupants.


- Bon, tu vas bientôt pouvoir tourner, nota le chef des malfrats.

Avant qu'une sirène à leur gauche ne lui coupe la parole.

Yumi sortit la tête par la fenêtre pour leur hurler dessus :

- BEN ALORS !? QU'EST-CE QUE VOUS ATTENDEZ ?! ILS VONT NOUS FILER ENTRE LES DOIGTS !

Elle était tellement convaincante dans sa colère que le gars qui se reçut sa tirade ne put s'empêcher de se sentir très mal.

- Si tu ne peux pas passer à gauche, prends à droite ! ordonna le chef.

- Mais, à droite, j'ai une autre voiture de police.

En effet, une autre voiture venait de s'aligner à leur droite avec deux officiers de police qui leur offrirent de beaux sourire pas du tout suspects.

- Et derrière ?! Tu ralentis et tu… paniqua le troisième.

- Impossible, grogna le chef en se retournant sur son siège. Il y en a une derrière aussi.

- Eh oh ?! Qu'est-ce que je fais ?! gémit le chauffeur en panique. On… on est complètement encerclés par des bagnoles de flics !

James eut un sourire en comprenant le plan.

Ils se débrouillent vraiment pas mal ces irregulars… ou devait-il dire Holmes ?

La situation n'avait aucune issue.

Lorsque le chef donnerait le signal, toutes les voitures allaient freiner en même temps.

La fenêtre passager droite de la voiture de Satô s'ouvrit et Red se pencha par l'ouverture, remontant ses lunettes pour braquer deux yeux d'argent aveugles et terrifiants sur les faux flics.

Et il leur sourit.

Un sourire immense qu'il coupla d'un double doigt d'honneur comme s'il se moquait d'eux. Il tourna la tête comme si Satô lui disait quelque chose et le garçon hocha la tête, sans se défaire de son sourire, avant de refaire face à l'arrière en tendant un bras bien visible, le pouce dégagé, un sourire encore plus grand.

Il semblerait que ce ne serait pas le chef qui donnerait le signal, mais la petite pousse qui refusait de suivre Peter Pan pour se ranger dans le camp ennemi.

Le pouce fut renversé et comme un seul homme, toutes les voitures freinèrent.

Red retourna juste à temps dans la voiture pour ne pas avoir d'accident. Suite au coup de frein, le faux véhicule de police n'eut pas d'autre choix que de s'arrêter aussi, puisqu'il était encerclé. Avec le freinage soudain, les deux hommes assis à l'arrière furent projetés contre les fauteuils avant, alors que James passait entre l'espace des deux fauteuils, lui permettant de profiter de leur instant de relâchement pour faire ce qu'il devait faire.

Ainsi, lorsqu'ils retrouvèrent leurs esprits, ils étaient faits.

Chaque policier était sorti de sa voiture pour les braquer de son arme.

« C'était un peu brutal, mais plutôt bien joué, Cool Guy » songea James.


On arrêta rapidement les trois individus.

Les officiers de la police de Saitama essayaient en vain de persuader Yumi de les inviter dans une nouvelle soirée au restaurant avec cette fois Satô en plus.

Seulement voilà, Satô n'était pas si facilement détournée de son travail.

- Dis, Yumi, James Black, l'otage, où est-il ? demanda Miwako qui portait un Red en pleine crise de narcolepsie.

- Hein ? Il était encore là il y a une minute

En entendant cela, Haibara commenta sur la bizarrerie de l'homme qui s'était évaporé comme par enchantement.

- Tu ne penses pas qu'il cachait quelque chose ? demanda Haibara en regardant les policiers s'agiter.

- Tu crois ? Non ! Moi, c'est juste son nom qui m'intriguait, répondit Conan.

- Son nom ? Black ?

- Non, ce serait plutôt James.

- Ah bon ? James Bond, James Dean. Pour moi, c'est plutôt une image positive, commenta la scientifique.

- Le professeur James Moriarty, le Napoléon du Crime. Le professeur Moriarty, l'ennemi juré de Holmes, James de son prénom, répondit Conan en plissant légèrement les yeux. Enfin, il n'y a que les fans de Sherlock Holmes pour penser à ce genre de truc ; James c'est un prénom très courant !

- Euh oui, répondit-elle, ne sachant que penser des commentaires de l'accroc aux mystères devant elle.

Enfin, ce n'était pas James en lui-même qui l'avait perturbé.

C'était plutôt ces types qui les regardaient depuis la voiture. Il avait aisément reconnu l'homme au bonnet comme celui qui avait été avec eux durant le détournement de bus. Celui que Red avait associé à Smoker pour une étrange raison. Mais si le jeune détective se souvenait bien, durant sa déposition au commissariat, il avait dit se nommer Akai Shuuichi. Il n'avait strictement aucune idée de qui était le blond avec cet Akai, mais il avait quelque chose de familier qu'il n'arrivait pas à identifier.


- Je ne suis vraiment pas étonné. Il a suffi que je laisse un petit message codé et le tour était joué, nota James en retirant ses lunettes pour les nettoyer, assis à l'arrière du pick-up noir d'Akai.

- Quand avez-vous compris qu'ils n'étaient pas de vrais policiers ? demanda ce dernier avec un sourire, sous le silence de l'autre passager.

- Lorsqu'ils se sont adressés à moi en japonais sans se poser la question de savoir si je connaissais cette langue. S'ils avaient été des policiers et qu'ils avaient su que je parlais japonais, ils auraient pris la peine de vérifier mon identité. C'est comme ça que j'ai compris qu'ils faisaient semblant de ne pas savoir qui j'étais et qu'ils n'étaient pas ce qu'ils prétendaient être… enfin, de toute façon, ils s'étaient trompés de personne.

Il regarda Akai s'allumer une cigarette avec l'allume cigare, toujours sous le silence du blond à l'avant qui regardait avec obstination par la fenêtre.

- Mais quelle surprise ! Si j'avais pu me douter que l'un comme l'autre vous aurait décidé de couper vos longs cheveux, continua James en soufflant sur les verres de ses lunettes.

- C'est un changement radical que j'ai choisi de faire depuis que ma copine m'a plaqué, répondit Shuuichi en serrant légèrement les dents sur sa cigarette.

- Et donc ? Si tu m'as fait venir jusqu'ici, c'est parce que tu as besoin d'aide pour te remettre avec elle ? devina le passager arrière en chaussant ses lunettes.

Son commentaire tira un reniflement sarcastique au blond à l'avant.

- Si on veut, sourit férocement Akai. Je vais lui faire regretter de m'avoir laissé tomber. Elle en pleurera des larmes de sang.

- Soit. Et toi, tu dis rien ? Tu es plus bavard d'habitude.

- Hm ? Peut-être… j'ai simplement cru reconnaître quelqu'un. J'ai dû me faire des idées. Le mal du pays, le mal de terre. C'est quoi déjà l'expression que vous utilisez ? Ah oui. Sea leg*.


AN 1 : Fuku Senshô est la traduction japonaise de Capitaine Crochet. Sisi, j'vous jure voici les caractères associés, vérifier si vous me croyez pas :フック 船長 à ne pas confondre avec 副 船長 qui même si l'écriture en alphabet latin est la même, impliquant donc une prononciation quasiment identique, veut dire "Capitaine Adjoint"

AN 2 : Sea leg : Expression désignant une illusion de mouvement sur la terre ferme après avoir passé pas mal de temps en mer.