Hello à tous et toutes ! On se retrouve pour notre chapitre hebdomadaire !

Et je ne répondrais pas à certaines de vos questions, notamment sur Jodie. Pour une simple et bonne raison : c'est du spoil. Vous aurez la réponse définitive plus tard ! C'est valable aussi pour ce que fabrique Thatch ici !

Au passage, Arya : Rotten Apple c'est "Pomme pourrie" en anglais et kusatta ringo c'est la version jap. Et oui, le tact ne va pas de paire avec les D. Et outre une cicatrice, Thatch n'a pas de séquelle particulière, outre peut-être une perte d'endurance. C'est tout ce que je dirais.

Ah, non! Pour ceux qui attendaient l'affaire avec impatience, sachez que je suis justement en train d'écrire l'infâme incident de la Tokyo Tower ;)

Sur ce, bonne lecture !


Le coup de gueule du quinquagénaire aurait pu réveiller un mort quand Conan lui dit enfin ce que Takagi lui avait raconté quelques temps avant :

- QUOI ?! TOUS LES DOCUMENTS CONCERNANT LES AFFAIRES DANS LESQUELLES MOURI EST IMPLIQUE ONT ÉTÉ VOLES A LA PREFECTURE ?! C'est ce que t'a dit l'inspecteur Takagi ?!

Conan pouvait comprendre que le bedonnant scientifique soit inquiet, mais de là à crier comme ça… Pour le coup, le petit détective se fit un plaisir de lui demander de baisser d'un ton.

- Tu crois que… que… balbutia le vieil homme.

- Oui, c'est peut-être eux qui ont fait le coup. Il n'est pas impossible qu'ils aient eu des soupçons en voyant les enquêtes menées par Mouri, après avoir eu vent d'une rumeur selon laquelle je ne serais pas mort en buvant leur poison, annonça gravement Conan. Ils se sont peut-être dit que Mouri Kogoro est peut-être aidé dans ses enquêtes par… par un certain Kudô Shinichi ! Les Hommes en Noir sont bien capables de ce genre de déduction !

Les mots graves et l'air si sérieux de Conan faisaient oublier pendant un instant l'enfant au nid d'oiseau noir et les lunettes. Les courbes enfantines devenaient pendant quelques secondes un visage plus mince et plus allongé au regard tout aussi sérieux. Sept ou dix-sept ans, l'esprit restait le même. Les arguments pouvant pointer dans cette direction, on en avait à la ramasse.

- Le fait que la Légende de Nemuri no Kogoro soit née à peu près au moment où ils ont perdu ma trace a très bien pu les faire réfléchir.

- Attends… non…

Voyant la panique de son vieux voisin, Conan lui fit une fleur. Avec un sourire contrit, les bras croisés derrière son crâne, le garçon tenta de le rassurer :

- Mais c'est une hypothèse ! Rien qu'une hypothèse ! Pas de quoi s'inquiéter plus que ça ! De toute façon, Shinichi n'est nulle part et comment pourraient-ils imaginer que leur poison m'a fait rajeunir et que j'endors Kogoro-occhan pour résoudre les enquêtes à sa place ? Même s'ils ont remarqué ma présence sur les enquêtes de Kogoro, ils ne verront qu'un gamin un peu bizarre pour son âge. Et puis, nous n'avons aucune preuve que c'est l'un des leurs qui a volé les documents !

- Mais tout de même…

Conan se mit à fouiller ses poches en continuant de déballer ses pensées :

- Une chose est sûre, quelqu'un enquête secrètement sur ce que fait le vieux. Par précaution, j'ai quelque chose à vous demander.

Contre toute attente, Agasa refusa de l'aider.

- Pff ! grommela l'homme. Tu ne fais appel à moi que lorsque je te suis utile, hein ? Et si tu te décidais enfin à vraiment compter sur moi ?

Voyant le vieux scientifique tourner la tête sur le côté, Conan comprit que son voisin était vexé.

- Ah… vous m'en voulez parce que je ne vous ai rien dit pour le vol des documents, hein ? Ne vous fâchez pas, professeur.

- Peu m'importe après tout !

- Je voulais le faire mais elle était là. Dawn a gardé le secret, même s'il n'était pas tout à fait d'accord, parce que je voulais vous transmettre le message sans qu'elle ne le sache.

- Elle ? interrogea Agasa en sortant de sa colère. Tu veux parler d'Aï-kun ?

Sentant l'importance du sujet, Agasa baissa de nouveau la voix.

- Oui, si elle apprend qu'il y a peut-être quelqu'un dans les parages qui mène son enquête, elle va de nouveau refuser de sortir ! En plus, Dawn et moi lui avons fait la promesse. Si la situation vient à s'aggraver, elle ne doit pas s'inquiéter car on s'occupe de tout. Ni lui ni moi ne voulons qu'elle se torture l'esprit inutilement.

Il y avait une touche de tristesse et d'inquiétude dans le regard bleu du gamin, pourtant, sa détermination était là pour tous. Le détective regarda autour de lui, notant l'absence des deux autres occupants de la maison.

- Au fait, ils sont où ?

- Ace-kun est revenu peu avant que tu n'arrives. Même s'il avait un grand sourire, il était dans un sale état. Il se fait régulièrement blesser depuis qu'il va s'entraîner de son côté. Aï-kun est en train de le soigner dans la salle de recherche du sous-sol. C'est la seule pièce de la maison qui est totalement ignifugée.

- Très bien. J'ai foi en Dawn, mais je compte sur votre silence, professeur. Il faut qu'elle ne sache rien de tout ça ! insista Conan. Parce qu'elle n'est pas aussi forte qu'elle en a l'air.

Aucun des deux garçons n'avait entendu les petits pas chaussés de chaussons remontant l'escalier. Adossée à la rampe de l'escalier de la cave, Haibara avait entendu une bonne partie de la conversation. Avec un regard indéchiffrable, elle fixa la porte partiellement ouverte menant au reste de la maison.

Ces garçons étaient des imbéciles.

- Mais ça m'intrigue malgré tout, grommela Conan en croisant les bras sur sa poitrine, ses petits sourcils froncés alors qu'il fixait le sol.

- Quoi donc ?

- Celui qui a volé les documents les a soigneusement renvoyés par la poste ensuite. Je vais passer les commentaires sur les compétences et l'inaptitude des voleurs qu'a formulés Dawn en entendant l'affaire.

- Tu penses qu'il n'en avait plus besoin et donc qu'il les a rendus ?

- Mais non enfin ! rabroua Conan avec un regard remettant en question l'intellect de Agasa. Si c'était le cas, il les aurait jetés, tout simplement ! Ce n'est pas en les renvoyant que la Police arrêtera de chercher qui les a volés. Au contraire… D'après Dawn, s'ils avaient voulu faire les choses proprement, le ou les coupables n'auraient rien volé mais se seraient contentés de faire des copies ou des photos des papiers. Ou alors, si le vol était vraiment nécessaire, ils auraient pris d'autres dossiers traitant d'autre chose, afin de noyer les informations qu'ils cherchaient vraiment, dans la masse.

Conan eut une moue pensive alors qu'Agasa admettait que c'était assez juste de songer que c'était bizarre.

- Il me rend peut-être à moitié fou avec ses conneries et ses commentaires, mais il n'a pas tort, accorda le détective toujours en pleine réflexion. C'est trop criant. C'est peut-être un piège pour nous dire qu'ils savent tout ce que nous faisons… A moins que…

- … ce soit une ruse pour faire peur à quelqu'un… compléta quelqu'un à côté de lui.

Agasa regarda la scène avec un certain amusement. Les deux jeunes avaient des mimiques semblables dans leur réflexion et suivaient aisément le fil de l'autre.

- Et dans ce cas-là, c'est certainement Kudô Shinichi qui est visé. Autrement dit : toi, pointa Heiji qui était assis sur une table à proximité comme s'il avait toujours été là.

- Oui, c'est possible, admit Conan sans réagir.

- Ce que je me demande, c'est, est-ce vraiment une ruse ? C'est quand même un peu compliqué, marmonna le détective d'Osaka en se prenant le menton dans sa main droite pour regarder pensivement sur la gauche.

- Oui, il y a des moyens plus simples d'effrayer quelqu'un, on en déjà discuté avec Dawn, accorda le plus petit en imitant en miroir la même position sans même sans apercevoir. Cependant…

Conan se figea réagissant enfin à la présence de son ami. Il fit un bond en arrière en hurlant, son doigt tremblant pointé sur le nouveau venu :

- QU'EST-CE QUE TU FAIS LÀ, HATTORI !?

- C'est le vieux qui m'a appelé ! expliqua joyeusement le lycéen à la peau sombre en montrant le scientifique du pouce. Il m'a dit qu'un de tes grands amis comme moi pourrait être utile ici, surtout avec l'apparition d'un nouveau joueur !

- Je te voyais te torturer l'esprit tout seul avec tes problèmes, alors… se justifia Agasa d'un air embarrassé.

Cela ne dura qu'un temps avant que le sérieux ne reprenne la partie :

- Cependant, face à un ennemi pareil, aussi insaisissable que le vent, que peut-on faire ? réfléchit le vieux scientifique.

- Vous nous sous-estimez, professeur, lui dit Heiji. Pourquoi croyez-vous que Kûdo est venu vous parler après avoir longtemps gardé le silence, sans compter qu'il a demandé à Portgas-san d'en faire autant ?

- Portgas-san, c'était ma mère, je suis pas assez respectable pour ça.

Les trois complotistes regardèrent Red sortir de la cave en boitant, un bandage autour du crâne, et suivre le mur du bout des doigts jusqu'à la cuisine.

- Qu'est-ce qu'il t'est arrivé ? T'es pas censé être le feu, donc, impossible à blesser ? s'étonna Heiji.

Red se contenta de renifler sarcastiquement en passant derrière le comptoir de la cuisine, le nez en l'air pour suivre une odeur.

- Si j'étais invincible, Hattori, je serais pas ici en premier lieu et j'aurais toujours ma vue. Pour la réponse à ta question, travaille sur ta détermination et ta volonté tout seul comme un grand pendant tes entraînements de kendô et tu serais surpris du résultat. Dans d'autres circonstances, je t'aurais bien présenté à Vista pour voir s'il voulait pas un élève. Après, tout ce qui est les différents styles de combat à l'épée et tout, ça me passe à mille lieux.

- Vista ? C'est qui ? demanda Conan en fronçant les sourcils.

Il grogna d'avance en reconnaissant le sourire malicieux du pirate quand celui-ci ressortit du coin cuisine avec deux gros mugs de café.

- Pour reprendre l'énigme de Mister Banane, pour Vista, tu fais pas le remplacement du deux par le quatre, mais par le cinq !

- Mister Banane ? répéta Agasa avec perplexité.

- Hm. C'est le plus triste avec sa nouvelle coupe ; Thatch avait une énormité sur le crâne défiant les lois de la gravité. Énormité qu'il appelait pompadour. Combien de fois j'ai essayé d'y foutre le feu à cette masse capillaire quand il me faisait chier ? Et je pense que Marco a dû le faire plus d'une fois aussi. M'enfin, Miyano-akase est en train de compléter mes faux papiers, on est en bas si on a besoin de nous.

Agasa lui ouvrit la porte de la cave en plus grand pour laisser le petit pirate descendre dans le laboratoire toujours en boitant et avec précaution, les deux cafés dans ses mains. Le professeur referma la porte derrière le garçon et nota qu'aucun des détectives n'avait relevé la mention de faux-papier. Chose logique quand on savait que le garçon n'existait pas ici et qu'il risquait de finir par avoir des problèmes si on lui trouvait pas de quoi le ramener dans la légalité. C'était peut-être une chose à faire pour Conan, d'ailleurs, sans parler de Haibara. Hum, il en parlerait au pirate.

- Il a meilleure mine qu'à son retour, pointa Agasa.

- Et j'ai pas vraiment d'inquiétude pour le nouveau joueur vu la confiance que Dawn a envers lui, marmonna Conan. Plus de la curiosité et des réponses incomplètes.

- Tu disais sur la présence de Shinihi-kun ici ? s'enquit le scientifique.

Heiji secoua la tête et revint au sujet d'origine.

- Je disais donc que si Kûdo était ici, c'est soit qu'il a un indice important, soit qu'il a trouvé le moyen de riposter.

Et avec un graaand sourire, Heiji appuya son index sur le front de Conan qui le regarda faire d'un air blasé.

- C'est ça hein ?! Allez, dis-le ! C'est écrit sur ton front !

La main du lycéen fut chassée du front de Conan qui lui parla sérieusement de ce qu'il avait en tête :

- Tu te souviens de la fois où je t'ai dit les avoir revus au City Hôtel de Haido ?

- Ouais. Lorsque tu étais avec Dawn et Haibara et qu'un des leurs, un vieux du nom de Pisco, a réussi à avoir la fille ? se fit confirmer Heiji.

- Oui ; ça m'intriguait depuis pas mal de temps. Lors de l'interrogatoire de police, il avait sur lui un mouchoir utilisé lors de la soirée et qui n'aurait plus dû être en sa possession. Autrement dit…

- Un complice, comprit Heiji. Une des personnes qui s'est faite interroger avant lui aurait donc transmis son mouchoir. Donc, son complice était l'un des six autres suspects.

- C'était déjà confirmé par Dawn qui dit qu'une certaine Vermouth était à la soirée. Il donc probable qu'elle soit dans le tas des suspects. A part Pisco, on avait quatre hommes et deux femmes, tous des personnalités. Puisque Dawn insiste sur le fait qu'il s'agisse d'une femme, ça nous laisse le choix entre Naoya Tarumi et Vinyard Chris. Des personnalités qui apparaissent régulièrement dans les médias ; mais depuis cette affaire, seule une personne a annoncé son retrait temporaire et ne se montre plus. Il s'agit de la star de cinéma Américaine Chris Vinyard.

Cela choqua les deux autres :

- Cette célèbre actrice ?! La fille de…, s'étrangla Agasa.

- Celle avec une grosse poitrine et un regard malin ? renchérit Heiji.

- Oui, dit Conan avec une voix calme. La fille unique de la grand actrice Sharon Vinyard. J'ai mené mon enquête et c'est elle qui a le comportement le plus étrange. Je ne voulais pas y croire, mais c'est justement pour ça que j'ai besoin de votre aide, professeur.

Conan tira de sa poche un morceau de papier qu'il lui donna.

Celui-ci le prit et le regarda, reconnaissant une adresse internet.

- C'est un site de fans qui se sont réunis pour réclamer son retour sur la scène, expliqua Conan. J'aimerais que vous vous mêliez à eux et que vous cherchiez des informations. Son expérience professionnelle, ses loisirs, ses habitudes… auprès de fans passionnés, vous devriez trouver ça. Ne dîtes juste pas à Dawn le nom du suspect, il serait capable de foncer à sa poursuite sans plus de preuve. Et si c'est vraiment une des leurs, ce n'est vraiment pas la chose à faire. Le fait est que je ne peux pas continuer à regarder des sites internet depuis un café alors que je ne suis qu'un enfant. Cela parait trop bizarre.

Agasa accepta la mission, bien qu'il ne comprenne pas ce que voulait faire Conan avec ce genre d'informations. Et le « disons qu'elles pourraient être utiles le moment venu » n'aidait pas. Heiji vit au travers tout ça aisément :

- Il y a quelqu'un, hein ?

- Quoi ? demanda Conan.

- Dans ton entourage… une étrangère un peu bizarre, soupçonna Heiji.

- Mais non, pas du tout ! défendit Conan.

- Tu es sûr ? gronda le jeune d'Osaka d'un ton soupçonneux.

- Attends un peu, comprit Agasa. Est-ce que ce ne serait pas le professeur Jodie ?

- Jodie ? fit Heiji en se redressant, brusquement intéressé.

Conan ne pouvait que se frapper le front devant l'erreur d'Agasa. Mais le mal était déjà fait, il avait activé la curiosité du lycéen d'Osaka.

- C'est qui ?

- Un nouveau professeur d'anglais du lycée de Ran, commença Agasa avant que Conan ne le coupe.

- Enfin professeur ! Si vous lui dites une chose pareille, soyez sûr que… paniqua Conan.

Comme il s'y attendait, avec une suspicieuse bonne humeur et un entrain à tout épreuve, Heiji proposa d'aller lui rendre visite, demandant à Agasa s'il connaissait son adresse.

- Non, mais je peux demander à Ran.

- Avec un peu de chance, on pourra peut-être mettre la main sur ton poison, Toxine machin et tu retrouveras ta taille normale ! lui dit joyeusement Heiji avec un trop grand sourire.

- Apotoxine ! rectifia Conan. Dis-moi, tu ne te foutrais pas un peu d'eux par hasard ?

- Si tu ne veux pas y aller, je peux très bien me passer de toi, nargua le plus grand.

- Tu me laisses en placer une avant de foncer tête baissée ?

Heiji se redressa avec perplexité, attendant que son ami lui dise ce qu'il avait contre l'idée.

- Même si j'admets que cette femme doit avoir une piste ou des soupçons, ce n'est pas la bonne personne, malgré toutes les bizarreries qui entourent Jodie-sensei, lui dit clairement Conan.

- Et qu'est-ce qui te rend si certain ?

- Dawn.

- Il est aveugle, je te rappelle.

- Cadre de référence, comme je lui dis souvent. On parle d'un aveugle, je te l'accorde, mais il est pas de chez nous. Il a une perception différente de toi ou moi. Il a senti Vermouth à la soirée en plus de Pisco. Il est capable de la reconnaître même sans ses yeux. Et vu l'entraînement qu'il me fait suivre, je commence à croire que c'est possible.

- Et pourquoi alors elle aurait des indices sur cette femme, si elle n'a rien à voir sur le sujet ?

- Le problème vient de Dawn à ce niveau. Je… raaaah !

Conan se frotta le crâne d'un air agacé ce qui mit encore plus de désordre dans le nid d'oiseau noir qu'il avait sur la tête.

- Durant le détournement de bus, je pense que Vermouth était là, et que Jodie-sensei doit la connaître et certainement avoir quelque chose contre elle. Suite à l'explosion, avant que la police ne nous embarque pour une déposition, Dawn et elle ont parlé. Et je pense qu'ils se sont compris à demi-mot. Comment et pourquoi, ça reste à voir…

- Tu es en train de te noyer royalement dans tes explications, Kûdo ! se moqua Heiji.

- BREF ! Le résultat est qu'elle sait qui a rendu Dawn aveugle, qu'il sait qu'elle sait, et surtout, son petit-ami est le nouveau joueur qui est apparu de nulle part. Newgate Thatch. Un gars qui a reconnu Dawn pour ce qu'il était et qui a réussi juste sous le nez de la police à mentir sur leur relation sans la moindre difficulté. Si aux dernières nouvelles, les Hommes en Noir n'étaient pas les seuls à savoir comment passer d'un monde à l'autre, j'aurais dit que c'était un des gars de son équipage.

- Et c'est le cas, Thatch et moi avons servi le même capitaine. Il fait même parti des personnes à m'avoir convaincu d'arrêter de faire ma tête de mule pour rejoindre les Shirohige, annonça Red en sortant de nouveau de la cave avec ses mugs, vides.

- Et c'est maintenant que tu me le dis ! s'indigna Conan en le regardant passer.

- On trouve des distractions là où on peut, Edogawa. Si j'étais encore sur le Moby Dick, j'aurais essayé de repeindre la moustache d'Oyaji à mes risques et périls. Dans la situation actuelle, te voir te prendre la tête est ma source de distraction du moment.

- Tu boites plus ? remarqua Agasa.

- Régénération, akase. A défaut d'être invincible, les logia ont une très bonne capacité de régénération.

Et il déposa les tasses sur le comptoir pour reprendre à tâtons la cafetière. Le voir verser le café dans les tasses était comme assister à une opération minutieuse au micromillimètre près. Avec agacement, Heiji alla lui prendre des mains la cafetière… pour se retrouver avec un couteau de chasse entre deux de ses côtes.

- Je n'ai pas besoin d'aide, lui dit calmement Red qui le menaçait de sa lame sans même tourner la tête vers lui.

- Rends-lui la cafetière, Hattori. Dawn n'est pas impotent, demanda Conan qui savait que l'ego du pirate ne devait pas être plus amoché qu'il ne l'était déjà en le faisant chier sur des choses banales.

- Euh… ok.

Délicatement, Heiji reposa l'objet en verre sur le plan de travail et recula dès que la lame disparut. Red reprit son activité comme si rien ne s'était passé.

- Bah tiens, Ace-kun. C'est ton ami qui sort avec Jodie-sensei, non ? fit Agasa.

Red retint un rire mais hocha la tête.

- Tu as leur adresse ?

- Il a dû la noter dans mon téléphone en partant du principe que rien n'est jamais prévisible avec moi, donc, qu'il vaut mieux prendre des précautions. Par contre, il est pas là ce soir. J'ai cru comprendre qu'il avait autre chose à faire que botter le cul de quelqu'un qui n'arrive plus à lui rendre la monnaie de sa pièce.

Cela tira un rire froid du gamin qui fit frissonner tout le monde.

- J'ai survécu aux tentatives de meurtres que Jiji appelait entraînement… il va vite découvrir le genre de monstre de la nature que je suis, s'il a oublié qui était le grand con qui essayait de prendre la tête de Shirohige à même pas dix-huit ans.

Et sur ces mots, il tira de sa poche son téléphone portable pour le mettre sur le plan de travail et repartir avec le ravitaillement en caféine.

Heiji le regarda s'éloigner, choqué parce ce qu'il entendait.

Un homme adulte n'avait aucun remord à blesser un enfant ?!

- Cadre de référence, Hattori, cadre de référence. Juste la façon dont il a été élevé aurait fait rameuter les services sociaux, lui dit Conan avec un sourire blasé.


L'appartement où Jodie vivait avec son compagnon était situé dans un quartier assez chic et surtout, dans un grand immeuble.

- Waouh ! Il est super haut ce building ! siffla Heiji en essayant d'estimer le nombre d'étages de l'immeuble devant eux. Ça gagne si bien sa vie que ça, un prof d'anglais ?

- D'après Ran, elle vient d'une famille assez aisée, et ce Thatch a tout de même un restaurant à Shibuya, marmonna Conan malgré sa propre surprise.

La boite aux lettres leur dit à quel étage ils devaient se rendre et dans quel appartement : étage vingt et un, appartement 2104.

Quand ils arrivèrent tout en haut, ils débarquèrent de l'ascenseur dans un couloir clair et propre avec une baie vitrée qui, à cet instant, montrait le soleil de la fin d'après-midi. Les deux détectives remontèrent le couloir à la recherche du bon numéro de porte et finirent par le trouver.

Appartement 2104 : Jodie Saint Emilion et Thatch Newgate.

- C'est ici, pointa Heiji.

Les deux amis s'arrêtèrent devant la porte.

- On est d'accord, Hattori ? Aujourd'hui, on se contente d'observer, alors pas d'imprudence. Même si Dawn lui fait assez confiance pour lui dire vraiment comment il a perdu ses yeux, on ne sait pas ce qu'elle cache vraiment, insista Conan d'un air grave et trop adulte pour son corps d'enfant.

- Ouais, ok.

Hattori réalisa juste à temps un accroc dans leur plan :

- Et qu'est-ce qu'on lui dit ? Je suppose qu'elle va nous demander ce qu'on fait là…

- Quoi ? Tu n'y as pas encore pensé ? C'est pourtant toi qui as eu cette idée, non ? s'indigna Conan.

- C'est la première fois que je la vois ! Que veux-tu que je lui dise ?!

- Vraiment, toi, soupira Conan avec lassitude. Bon ben rentrons. Inutile de se faire remarquer davantage.

Hattori frappa de la main le mur derrière lui pour faire comprendre à Conan qu'ils devaient rester.

- Ahou ka ?! On est venus jusqu'ici, hors de question qu'on rentre !

Ding dong

Heiji et Conan regardèrent avec horreur là où était la main sur le mur : la sonnette.

Et bien sûr, rapidement, la réponse arriva :

« Who is it ? » demanda la voix de Jodie par l'interphone attenant à la sonnette.

Ils étaient bien dans la merde !

Heiji souleva Conan devant l'interphone pour qu'il puisse parler.

- Euuh… c'est moi, Conan, répondit le petit détective.

« Oh ! Cool Kid ! » reconnut joyeusement la femme.

- Je… je suis venu vous rendre une petite visite.

« Ok ! Ok ! Attends une seconde ! »

Et elle raccrocha son interphone.

Alors que Heiji soupirait de soulagement, tenant Conan toujours sous les aisselles, le gamin remarqua une autre porte du couloir s'ouvrir pour laisser sortir deux hommes assez alcoolisés (bien que l'un d'eux soit encore assez sobre pour porter le second) et une femme.

- Je suis désolée, s'excusait-elle. J'ai l'impression qu'il ne nous a pas laissé que des bons souvenirs.

Et elle referma la porte derrière elle.

- Ne t'en fais pas pour ça ! la rassura le plus sobre du duo. Takai-san est toujours comme ça quand il a bu.

- Moi je crois plutôt que quand il a bu, c'est le moment où il montre son vrai visage, marmonna l'autre.

- Eh bien, on ne peut pas dire que tu as l'alcool joyeux.

- Ta gueule !

Mouais, sympa le voisinage pour une résidence chic.


Cela faisait bien dix minutes qu'ils poirotaient devant la porte. Et Heiji commençait vraiment à être à court de patience.

- Elle va nous faire attendre longtemps comme ça ? grommela-t-il en regardant sa montre.

Comme si c'était un fait exprès, la porte derrière Heiji s'ouvrit… sur une Jodie en peignoir, encore rose et pleine de vapeur d'un bain. Peignoir qui, en plus de ça, laissait son décolleté visible.

- Hi ! salua la femme. Désolée de t'avoir fait attendre ! J'étais en train de prendre un bain !

Elle réalisa qu'il n'y avait pas qu'un gnome devant sa porte en voyant Heiji. De là à comprendre l'effet qu'elle avait sur les deux détectives qui étaient silencieux et rouges comme des tomates (tomate noire dans le cas du brave Heiji).

- Oh ! Tu es venu avec un ami, Cool Kid !?

- O-oui, marmonna Conan en essayant de retrouver ses esprits.

- Et le Little Devil ?

- Chez lui.

- Oooh… j'avais tellement de question à lui poser, minauda Jodie avec une moue.

Elle s'écarta de la porte pour laisser les deux jeunes entrer et leur dit :

- Pour aujourd'hui, je n'ai rien pour vous faire la cuisine, Thatch doit faire les courses demain. Et de toute façon, il ne veut pas que j'entre dans sa précieuse cuisine ! Que diriez-vous d'aller manger un morceau à son restaurant ? Il ne ferme pas avant vingt-trois heure trente et on mangera à l'œil !

Elle leur adressa un grand sourire et un clin d'œil. Quand les deux jeunes acquiescèrent, elle leur proposa d'attendre dans le salon le temps qu'elle se prépare.

- Euh… est-ce que je peux utiliser vos toilettes ? demanda Conan.

- A vrai dire, moi aussi, sourit Heiji d'un air gêné. Je me retiens depuis tout à l'heure.

- Bien sûr ! C'est la porte à côté de l'entrée !

Elle montra la porte en question du pouce que les deux jeunes passèrent quand Jodie s'enferma dans sa chambre.

Elle s'adossa au mur et ferma les yeux avec un petit sourire aux lèvres. Elle n'était pas encore très douée, mais elle arrivait à sentir les choses à cette distance.

Tout juste la porte de la salle de bain fermée que Heiji et Conan observèrent avec attention la baignoire et la pièce dans son ensemble pour s'assurer que la femme leur avait dit la vérité. Ils virent tout ce qu'il fallait, firent une étrange découverte, puis Conan tira le premier la chasse pour sortir et se rendre dans le salon. Il jeta un œil au canapé et le pointa du doigt à Heiji quand celui-ci vint le rejoindre.


- Oh ! Mouri-san est aussi un de vos amis ? s'exclama Jodie alors qu'ils quittaient l'immeuble.

- Oui, on se voit souvent, répondit Heiji.

- Mais quelle surprise ! je ne pensais pas que Cool Kid avait un ami étranger.

- Étranger ?

D'où il était étranger ? Il était tout ce qu'il y avait de plus nippon !

- Ben oui ! rit Jodie. Tu as la peau plus foncée et ton japonais est un peu bizarre !

C'était pas ce qu'il fallait dire à l'orgueilleux Hattori :

- AHOU KA ?! rugit-il sur la femme. J'AI L'ACCENT D'OSAKA ! C'EST DU JAPONAIS TRÈS CORRECT !

Jodie le regarda d'un air perdu, très surprise du coup de gueule.

- L'accent d'Osaka ? Pourtant, ça ne ressemble pas au japonais que j'ai appris, se justifia l'Américaine.

Avant que son ami ne reparte pour un autre tour, Conan intervint avec un sourire d'excuse :

- La prononciation est un peu différente, c'est tout. Un peu comme aux Etats-Unis avec l'accent du sud, non ?

- Oh yes ! comprit Jodie.

Ils sortirent du hall de l'immeuble pour voir une femme prendre des photos de l'immeuble d'en bas. C'était la femme de tout à l'heure.

- Oh ! C'est la petite-amie de mon voisin, Takai-san ! reconnut Jodie.

- Qu'est-ce qu'elle fait ? Prendre des photos dans un endroit pareil, marmonna Heiji.

Clang

Le bruit d'un téléphone portable tombant à proximité d'eux les alerta. Le duo se dépêcha de le ramasser, s'interrogeant sur sa provenance. Après tout, il n'y avait personne à proximité, alors, il devait être tombé d'une fenêtre.

Ils levèrent la tête et réalisèrent avec horreur d'où venait l'objet : un homme tomba devant eux, s'écrasant la tête sur le bitume.


La victime de cet incident était morte sur le coup.

Sans compter que c'était le voisin de Jodie, le fameux Takai-san.

Ok, Conan commençait vraiment à se dire qu'il était maudit pour qu'autant de morts lui tombe dessus.

L'enquête ne pouvait attendre. En dépit de la situation et de la peine de la petite amie, Heiji commença avec ses questions :

- Dîtes-moi, lorsque vous avez quitté l'appartement de monsieur avec les deux autres garçons, il était à l'intérieur ?

- O…oui… il était ivre et il dormait sur le lit, sanglota la femme à genoux auprès du corps de son petit-ami. Mais pourquoi… pourquoi s'est-il suicidé… ?

Suicide ?

C'est vrai que c'était logique d'y penser quand quelqu'un tombait d'une fenêtre, mais ça aurait pu être un accident, surtout s'il était ivre.

- Why ? demanda Jodie. Pourquoi pensez-vous que c'est un suicide ? Il a très bien pu être poussé par une personne qui était dans l'appartement.

Ah, Jodie aussi semblait avoir compris que quand Conan était dans les environs, ça ne pouvait être qu'un meurtre.

- Si je dis ça, c'est parce qu'il n'y avait personne d'autre dans son appartement ! protesta la pauvre femme à la lisière de l'hystérie. J'ai fermé la porte à clef en partant, il n'y a qu'une seule clef et en plus, lorsqu'on est dans la chambre, on n'entend pas la sonnerie de la porte d'entrée ! Ça ne peut être qu'un suicide, non ?!

- Non ; rien n'est moins sûr, lui dirent Heiji et Conan en chœur, tous deux penchés sur le téléphone portable qu'ils avaient désormais enroulé dans un mouchoir pour ne pas mettre plus d'empreintes.

Conan se désigna pour expliquer le pourquoi de leur commentaire aux deux femmes :

- Regardez ce téléphone ! C'est le sien, non ? Jusqu'au moment de tomber, il parlait avec un certain Kawakami. Et une minute plus tôt, il lisait un message envoyé par une personne appelé Nakamachi.

En disant ça, Conan pianota sur le téléphone avec un stylo pour ne pas laisser d'empreinte.

- Sans compter qu'avant qu'il ne tombe, nous vous avons vu prendre des photos de l'immeuble malgré l'obscurité, ajouta Heiji.

- Ah ça, c'est juste que…

- Quoi qu'il en soit, faisons venir ces personnes ici et appelons la police. Vous allez expliquer tout cela tranquillement, coupa l'adolescent.


La femme, Shimoda Chika, raconta ce qu'elle faisait dehors à la police quand celle-ci arriva. Apparemment, elle prenait des photos de la façade extérieure de l'immeuble où habitait son petit-copain afin de le montrer à leurs amis. Elle avait pris des photos après avoir ramené les deux autres invités à leur domicile en voiture puisqu'ils avaient beaucoup bu, avant la chute de la victime à 18h.

Depuis midi passé, ils fêtaient chez la victime la promotion de sous-directeur, dans l'entreprise où ils travaillaient tous, et ils avaient prévu de boire jusqu'à tard dans la soirée, jusqu'à ce que le défunt Takai commence à avoir l'alcool mauvais et fasse des reproches à tout le monde, les menant à partir.

- Pour avoir de l'avancement, il faut oublier les sentiments et toujours regarder en haut hic ! hoqueta Kawakami encore bien cuit avec un mauvais sourire. Et pour des types comme nous qui n'en sommes pas capable, tous les efforts du monde seront inutiles… voilà ce qu'il nous a dit.

C'était assez bizarre comme reproche.

- Oui, c'est pour ça qu'après que Shimoda-san nous a raccompagnés, j'ai envoyé un message à Takai-san et je lui ai dit « Regarde aussi les gens du bas », informa Nakamachi. Et puis, il y avait aussi l'histoire avec Hiraya-san.

Cette Hiraya était une employée de l'entreprise qui avait mis fin à ses jours le mois dernier. La cause ? une dépression suite à un surmenage. Elle avait apparemment pris au sérieux une moquerie d'un Takai saoul qui lui avait dit que si elle ne faisait pas plus, elle serait virée. D'où la raison de l'appel de Kawakami qui avait voulu lui rappeler sa responsabilité dans la mort de Hiraya :

- « C'est à cause de toi que Hiraya est morte ! Les fondations de ta carrière sont faites de piliers humains couverts de sang ! » dit-il avec un sourire foldingue dû certainement à l'alcool. Ça lui a coupé le sifflet quand j'ai dit ça… juste après, il a raccroché et j'ai reçu un appel de Shimoda qui me demande de revenir ici. La suite, vous la connaissez…

Ce qui faisait que c'était presque comme si c'était lui-même qui l'avait incité au suicide, mais rien dans ces mots ne pouvait l'inculper pour ce crime.

Megure sentit la moutarde lui monter au nez quand il apprit qu'une Américaine, un ado du Kansai et un gamin à lunette avaient déjà posé les mêmes questions avant l'arrivée de la police et avaient même demandé les clefs de l'appartement de la victime pour s'y rendre.

C'est donc une équipe ultra pressée qui débarqua devant l'appartement pour voir Jodie, Conan et Heiji attendant pensivement devant la porte, tous trois plongés dans une intense réflexion.

- C'est bien ! Je vois que vous nous avez attendus pour entrer ! Merci ! Nous nous chargeons du reste ! haleta Megure.

- Qu'est-ce que vous racontez ? s'étonna Heiji avec perplexité, les mains dans les poches. Ça y est, on a déjà tout vérifié !

Conan se contenta de sourire d'un air embarrassé alors que Jodie brandissait fièrement son appareil photo en disant qu'ils avaient pris plein de clichés. Ils entrèrent finalement dans l'appartement, confirmant que la porte était fermée. Megure se dit que le suicide ne faisait aucun doute jusqu'à ce que Heiji ne lui montre la chambre depuis laquelle la victime avait fait sa chute.

Les rideaux étaient décrochés.

- Comme si quelqu'un avait cherché à s'y retenir, appuya Heiji.

- Mais alors, ça veut dire que c'est…commença Megure.

- A murder, répondit Jodie d'une voix sérieuse.

Elle reprit immédiatement sa personnalité surexcitée en s'extasiant sur la ressemblance avec les crimes en chambre close des romans et des téléfilms.

- Au fait professeur, demanda Megure, que faîtes-vous ici ?

- J'habite dans l'appartement voisin, expliqua Jodie. Je m'apprêtais à sortir diner avec ces deux garçons qui sont venus me rendre visite quand, tout à coup, monsieur Takai est tombé de l'immeuble devant nous ! My boyfriend is still working, donc, on allait manger à son restaurant.

Megure soupira.

Il commençait à en avoir marre des détectives du dimanche.

- Bon, et tu as élucidé le mystère de cette chambre close ? demanda le commissaire avec lassitude à Heiji.

- Non pas encore, lui répondit Heiji. Tout ce que je sais, pour le moment, c'est que la trace bizarre qui se trouve sur la vitre a peut-être un rapport avec le meurtre, mais…

Takagi s'était déjà accroupi sur le lit pour observer la vitre de la fenêtre coulissante et nota en effet la marque sur la vitre. Mais de là à savoir ce que c'était…

C'est cet instant que Chiba choisit pour arriver avec des photos en mains. Photos prises par la petite-amie de la victime. Si au premier coup d'œil, il n'y avait rien de suspect, on notait, sur l'une d'elle, une ombre bizarre. Un agrandissement montrait la victime suspendue à son rideau, dans le vide, frappant de son autre main contre la vitre.

- Vous voyez, il se tient aux rideaux, pointa Heiji alors qu'il regardait l'agrandissement par-dessus l'épaule de Megure avec Jodie et Conan.

- Oh ! Il jette quelque chose contre la vitre ! comprit Jodie.

- Ce ne serait pas son téléphone portable ? supposa le gosse qui s'était perché au bras du commissaire pour mieux voir.

- Ce serait donc ça l'explication de la trace sur la vitre. Mais pourquoi aurait-il fait ça ? s'enquit le détective du Kansai.

- Peut-être qu'il en avait marre d'être appelé sans cesse ? pronostiqua innocemment Jodie.

- Mais non, enfin… se moqua Conan.

Cela fut la goutte de trop pour Megure qui se retourna en gueulant sur eux pour leur demander de laisser faire la police.

C'est ainsi que le trio fut mis à la porte de la chambre.

- C'est toujours la même chose depuis quelque temps, grommela Megure.

- Oui, c'est vrai, accorda Takagi avec un sourire contrit. Mais c'est vrai aussi qu'au milieu de tout ce brouhaha les enquêtes sont résolues.

Cela ne les sauva pas du regard noir de Heiji.

Ni lui, ni Conan ne comprenaient comment on avait pu inciter Takai à se jeter par la fenêtre. On avait les photos de Shimoda avec son flash en bas de l'immeuble, puis Namachi avec son message et enfin Kawakami et son téléphone, mais même si ce dernier avait dit « suicide-toi maintenant » il ne l'aurait certainement pas fait. Restait aussi à savoir pourquoi la victime avait jeté son téléphone vers sa chambre. Il devait y avoir un indice important dans ce téléphone… quant à savoir lequel ?

Heiji et Conan cessèrent leurs réflexions dans le dos de Jodie quand le portable du plus grand sonna.

- Moshi moshi ? répondit le jeune homme.

« Quelle heure est-il ? » demanda la voix d'une fille de l'autre côté du téléphone.

- He ?

« Quelle heure est-il ? » insista la jeune fille.

- Ben, il est huit heures.

« PRÉCISÉMENT ! CRÉTIN ! »

Zut, c'était Kazuha ! il avait totalement oublié qu'ils avaient un rendez-vous !

- Qui est-ce ? demanda Jodie à Conan.

- Je ne sais pas, mentit-il.

Il ne voulait surtout pas se retrouver impliqué dans les problèmes de Heiji avec son amie d'enfance.

« Alors ? C'est bien toi qui m'as invitée à aller dîner dans un bon restaurant que t'avait indiqué Ootaki, non ? » gronda Kazuha au téléphone.

- Ah, désolé, mais aujourd'hui, ça ne va pas être possible…

« Crrrrt Mais où es-tu ? je t'entends mal…Crrtt »

Heiji regarda son téléphone et grimaça en voyant la mauvaise réception. Puisqu'ils étaient toujours dans le salon de Takai, le jeune homme le traversa pour sortir sur le balcon.

- Ecoute, même si je partais maintenant, de là où je suis, je n'arriverais pas tout de suite au rendez-vous.

« Crrt Et tu es où alors ? »

- Tokyo ! Je suis à Tokyo !

Il devait presque crier pour se faire entendre.

Quand la conversation devint enfin claire, Heiji était sur le balcon et il regarda Conan qui avait la bouche grande ouverte. Oui, il avait compris le truc.

- Je termine ce que j'ai à faire ici et je rentre, dit Heiji à son amie en ligne.

« Je ne comprends rien à ce que tu dis ! On avait rendez-vous à sept heures trente devant le grand magasin à Umeda ! Je suis pas folle, je l'ai noté dans mon calepin ! » s'agaça Kazuha.

- Tu l'as noté…

Tout se mit en place.

Sans dire un mot de plus Heiji raccrocha et avec Conan sur les talons, il fonça le long du balcon jusqu'à la fenêtre suivante qui donnait sur la chambre où la police enquêtait toujours.

- Oui, sourit le petit détective d'un air satisfait en s'accoudant au rebord de la fenêtre.

- C'était donc ça, acquiesça le plus grand avec le même air.

- Plus aucun doute…

- …sur l'identité du coupable !

Aucun d'eux n'entendit le clic de l'appareil photo de Jodie quand celle-ci prit discrètement une photo du duo.


- Une reconstitution ? s'étonna Megure après que Heiji lui ait dit son intention. Maintenant ? Ici ?

- Ouais ! assura le jeune homme avec un grand sourire presque innocent et identique à celui de Conan à ses pieds. En reproduisant exactement ce qu'ont fait les trois suspects avant que Takai-san ne tombe du 21ème étage, on va peut-être résoudre le mystère de cette chambre close !

Cela laissa un Megure dubitatif. Après tout, les suspects avaient pris des photos, envoyé un mail et parlé au téléphone, même si deux d'entre eux étaient sous l'effet de l'alcool. Difficile de considérer tout cela comme un meurtre.

- On n'a rien à perdre, essayons ! insista le jeune du Kansai.

Puis il prit une pose pensive, les bras croisés, les sourcils froncés.

- Mais pour réussir l'expérience, il nous manque quelque chose…

- Qu'est-ce donc ? s'enquit Takagi.

- De l'alcool ! expliqua Conan. Takai-san s'était endormi après avoir bu, n'est-ce pas ?

- Oui, mais qui va jouer le rôle de la victime ivre ?

- Je n'y avais pas pensé, grommela Heiji. Je ne peux pas vous demander de boire en service, et le gosse et moi sommes mineurs. La seule personne qui puisse boire…

- Moi ? confirma Jodie en se montrant du doigt.

Heiji se retourna à moitié vers l'américaine.

- Mais oui ! s'exclama le jeune. Ça ne vous embête pas ?

L'enthousiasme du jeune homme était presque louche.

- Ok ! assura Jodie avec bonne humeur. En contrepartie, est-ce que je peux prendre l'alcool que j'adore plus que tout dans la réserve de mon appartement ?


C'est ainsi que Jodie se retrouva à savourer une bouteille de Sherry sur le lit de Takai sous le regard perplexe des suspects et de la police. Heiji mit tout le monde à la porte, outre Takagi, pour tout préparer à la reconstitution. Il fallut attendre encore une dizaine de minutes pour que Jodie s'endorme.

Le groupe acheva la mise en place et finit par sortir de la chambre, alertant Megure.

- Vous avez terminé les préparatifs ? s'enquit Megure.

- Oui, nous l'avons allongée sur le lit et j'ai laissé mon téléphone portable près de l'oreiller, expliqua Takagi.

- Et nous sommes sortis discrètement sans la réveiller ! renchérit Heiji en fermant la porte. Maintenant, nous pouvons commencer ! Tout d'abord vous, Nakamachi-san, vous avez un envoyé un message à Takai-san !

Heiji sortit son propre téléphone alors qu'il recevait la confirmation. C'est donc ce qu'il fit lui-même : envoyer tout simplement un message.

Dans la chambre, une Jodie assez alcoolisée se réveilla au son de réception d'un message. A moitié out, elle s'assit au bord du lit et prit le portable pour lire le message. Son contenu la décuita quelque peu :

« Who are you ?»

Qui es-tu, tout simplement.

Un maigre sourire étira ses lèvres. Elle se faisait lentement décortiquer par des enfants.

- Jodie-sensei ! Est-ce que le message est arrivé ? demanda Heiji de l'autre côté de la porte.

- Oh yes ! répondit la femme avec bonne humeur. Un message très mignon~!


Heiji fut surpris du commentaire mais Conan réclama son attention en lui demandant ce qu'il avait envoyé comme message.

- T'en fais pas ! rassura Heiji en souriant.

Il se redressa et continua le déroulement des évènements qui devait donc être le flash de l'appareil photo de la femme. Pour ce rôle, Megure demanda à l'inspecteur Chiba par téléphone de remplir cette fonction. Donc en bas de l'immeuble, Chiba prit une suite de photos de la fenêtre avec un appareil semblable à celui de la compagne du défunt.

- Tu crois vraiment que tu vas résoudre le mystère de cette chambre en faisant ça ? gronda Megure de mauvaise humeur, en direction du lycéen.

- Si on ne va pas jusqu'au bout, on ne le saura pas ! On termine avec le coup de téléphone de Kawakami-san !

Le jeune homme composa rapidement le numéro du téléphone de Takagi pour avoir Jodie en ligne.

« Hello ? » répondit Jodie en décrochant.

- Sensei, c'est moi, annonça le lycéen. Parlons naturellement…

« Ok ! De quoi parlons-nous ? »

- Eh bien, par exemple, si vous me donniez la réponse à mon message ?

Conan n'avait aucune idée de ce que manigancé Heiji, mais il n'aimait pas son sourire.

« Okay ! Mais avant, je veux que tu me parles de toi ! »

- He ?

« Who are you ? Moi aussi, j'aimerais bien savoir. Tu n'es pas un simple adolescent, n'est-ce pas ? »

Heiji percevait nettement le sourire dans la voix de la femme quand il eut un rire nerveux.

- Yes ! Yes ! Je suis un adolescent très ordinaire !

« Vraiment ? Crrt crrt »

Enfin !

- Ah, je ne vous entends plus très bien…


Jodie eut une moue agacée, habituée à cette difficulté.

- C'est parce qu'on est dans un immeuble très haut ! ça m'arrive souvent moi aussi quand je téléphone de chez moi. Attends une seconde !

Elle se leva du lit dans l'obscurité et se dirigea vers la fenêtre en diagonale par rapport au lit.

- Je vais sur le balcon, je pense que tu devrais mieux m'entendre !

Elle ouvrit la fenêtre et enjamba le rebord.


- WHAT ?

Le cri strident de Jodie fit sursauter ceux qui n'étaient pas au courant de l'expérience.

- HELP ME ! HELP ME !

Megure entra dans la chambre en demandant des explications pour voir Jodie à moitié hors de la fenêtre, se retenant de son mieux pour ne pas tomber, une corde de sécurité à la taille. Le policier alluma la lumière et nota immédiatement une grosse différence.

Le lit, auparavant contre la fenêtre par laquelle Jodie avait failli passer, était à présent contre le mur à la droite de celle-ci.

- Oui, confirma Heiji. Nous avons changé l'emplacement des meubles, et principalement le lit. Le professeur à l'habitude d'enjamber la fenêtre pour sortir sur le balcon quand les ondes de son téléphone ne passent pas. Elle était persuadée que le balcon se trouvait du côté de la fenêtre la plus proche du lit et quand elle a voulu y aller, elle a failli tomber ! N'est-ce pas ?

Le jeune détective se tourna vers l'homme qui avait mis le plus de temps à désaouler.

- C'est bien vous qui avez parlé au téléphone avec Takai-san jusqu'à ce qu'il chute mortellement, non, Kawakami-san ?

Le jeune homme continua son speech en allant écarter le rideau de l'autre fenêtre pour laisser la vue sur le balcon, alors qu'avec l'aide de Takagi, Jodie était ramenée dans la pièce.

- En temps normal, le lit de Takai-san se trouve du côté de cette fenêtre où il y a un balcon. Il a suffi de déplacer le lit vers l'autre fenêtre.

- Bien sûr, comprit Megure. Si Takai-san a voulu aller sur le balcon comme il avait l'habitude de le faire quand il recevait mal la communication, avec l'obscurité et les effets de l'alcool, il n'y aurait rien d'étonnant à ce qu'il soit tombé par la fenêtre.

- Oui, c'est certainement lorsque tout le monde buvait avec Takai-san dans le salon qu'il a changé le lit de place. Il lui a suffi de prétexter d'aller aux toilettes pour s'infiltrer dans la chambre, renchérit le garçon. Il ne restait plus qu'à coucher Takai-san dans son lit et poser son portable près de l'oreiller. Vous lui avez certainement dit que vous ne l'entendiez pas bien et voilà !

- Ceci dit, avec votre expérience, le professeur a failli faire le grand saut, rouspéta Megure.

- Mais non ! rassura Conan en montrant la corde du doigt. Regardez ! Sans le lui dire, nous lui avions accroché une corde autour de la taille !

Jodie remarqua la corde à cet instant avec une certaine surprise. Mais Heiji n'en avait pas fini de son côté. Il voulait les aveux du coupable, sauf que celui-ci insistait sur le fait qu'il n'avait pas eu l'intention de le tuer.

Après tout, il avait bien déplacé le lit, parce Takai-san le lui avait demandé pour changer la disposition de la pièce. Avant qu'on lui explique le truc, il n'aurait jamais pensé que ça serait la cause de la mort de la victime. Et juste pour lui retirer sa défense, Conan intervint, brandissant le téléphone sous plastique de la victime. Il appuya sur un bouton et la voix de Kawakami en sortit :

« Adieu, Takai ! Là où tu vas, tu pourras t'excuser auprès de Hiraya ! »

- Quoi ?! s'étrangla l'homme en fixant le gosse qui avait laissé un expert en pleine panique suite à la disparition du téléphone tenu à présent dans la main du môme.

- Moi aussi, ça m'a étonné ! s'exclama trop innocemment le gosse. C'est bien vous qui parlez, hein ?

- Vous l'ignorez certainement, enchaîna Heiji avec ses mains dans les poches. Avant de tomber, Takai-san s'est agrippé aux rideaux. A ce moment-là, il a appuyé sur la touche Memo de son téléphone, et a gardé ainsi la preuve de vos intentions. Ces quelques mots qui prouvent combien vous êtes misérable.


L'homme fut arrêté par la police, marquant la fin de l'affaire.

Pendant que Conan discutait avec Takagi, Heiji rendit à Jodie son appareil photo en s'excusant pour la mise en scène.

- Oh ! C'était très amusant ! lui assura Jodie. Au fait, je ne sais même pas comment tu t'appelles !

- Avant cela, si vous me disiez qui vous êtes réellement ? attaqua Heiji à voix basse.

- Oh ! Tu sais, je suis peut-être douée pour parler anglais, mais pas autant que toi pour faire semblant de ne pas le parler !

L'adolescent fronça les sourcils :

- Je ne vous suis pas…

- Inutile de mentir ! sourit Jodie. Tout à l'heure, je t'ai demandé « tu n'es pas un simple adolescent, n'est-ce pas ? » et tu m'as répondu « Yes, je suis ordinaire ! ». En japonais, il aurait fallu répondre « Iie » autrement dit « non », mais toi, tu as répondu « Yes » ! C'est une erreur que seuls les japonais qui possèdent un certain niveau en anglais arrivent à éviter ! Tu m'as répondu naturellement en anglais parce que je suis étrangère et tu t'es trahi !

Elle leva un doigt avec un clin d'œil.

- Je suis réellement professeur d'Anglais ! Il en faut plus pour me berner.

Heiji la regarda avec une certaine surprise, puis son expression changea pour arborer le petit sourire de coin de celui qui s'attaque à une enquête en répondant dans un anglais parfait teinté d'un bel accent du kansai :

- I wasn't pretending not to be able to speak English. Did silence work better than your funnily disguised Japanese *?

Le silence et l'expression choquée de Jodie voulaient tout dire.

- Vous parlez sans faire la moindre faute de grammaire et pourtant votre intonation n'est pas naturelle, lui pointa Heiji. C'est la preuve que vous forcez volontairement votre accent pour que votre interlocuteur ne se méfie pas. Ah et, au lieu de jouer au grand amour, prenez un appartement différent, parce que même prétendre qu'il y a de l'eau dans le gaz avec votre compagnon n'explique pas l'état de votre canapé.

Il se détourna pour rejoindre Conan qui le regarda venir.

- Bon, on en reparlera la prochaine fois. Allez, sayonara ! salua Heiji avec un grand sourire en la saluant par-dessus son épaule.

Et les deux amis s'en allèrent. Jodie entendit alors un commentaire de Megure à Takagi qui demandait l'utilité de la reconstitution vue que le détective du Kansai savait déjà tout ça. Prise d'un soupçon, Jodie ouvrit son appareil et resta figée en voyant l'intérieur.


- Ouais, cette prof est louche, accorda Heiji en faisant sauter dans sa main la pellicule de l'appareil photo de Jodie. Elle prend plein de photos de nous, elle fait semblant d'être dans son bain…

- Oui ; elle avait les cheveux mouillés et pourtant, le sèche-cheveux était encore chaud, marmonna pensivement Conan. Tout comme le lait hydratant pour le corps tombé sur le carrelage, qui n'était pas du tout desséché.

- Elle avait probablement fini de prendre son bain quand nous sommes arrivés et a prétexté cela pour gagner du temps.

- Elle avait besoin de temps, parce qu'elle avait quelque chose à cacher. Certainement remettre le canapé en place ou cacher les coussins et couvertures que ce Newgate doit utiliser. Je comprends pas l'intérêt de prétendre qu'ils sont un couple.

- Tu crois que l'autre est au courant ?

- Dawn ?

Conan eut une moue pensive et se rappela de l'expression du pirate quand on avait parlé du fait que Newgate Thatch était le petit-ami de Jodie.

- Je pense qu'à défaut de le savoir, il devait se douter de la supercherie. Il était amusé plus qu'autre chose quand Agasa en a parlé, finit par dire Conan. Je lui ai déjà demandé si son ami lui avait dit quelque chose au sujet de Jodie et j'ai rien obtenu outre un fou rire, donc, je suppose que cette femme, même si elle n'est pas ce qu'elle prétend être, n'est pas dangereuse.

Le plus grand sourit à Conan en montrant la pellicule photo :

- Ne t'en fais pas, j'ai récupéré la pellicule et je suis moi aussi d'accord sur le point que, quand bien même elle est bizarre, ce n'est pas une mauvaise femme ! En plus, je trouve qu'elle ne ressemble pas du tout à l'actrice dont tu parlais, Chris Vinyard ! A part la partie sur la taille de poitrine, peut-être !

Difficile de louper cette partie quand Jodie les avait accueillis en robe de bain et qu'elle portait des tenues très décolletées.

- Tu as peut-être raison, accorda Conan pensivement.

Il se rappela de l'incident du bus et la façon dont Red avait cherché le masque sur le visage de la femme. Lui-même avait douté à cet instant, mais il avait fait chou blanc. D'une façon ou d'une autre, les deux femmes étaient liées.

- Dis donc, tu n'avais pas un rendez-vous ? demanda le plus petit en récupérant la pellicule photo.

- Zut ! Kazuha ! Je l'avais complètement oubliée ! paniqua le lycéen. En attendant, sois prudent, Kudô. N'oublie pas qu'en face, tu as quelqu'un qui a été capable de dérober des documents à la police ! Si tu vois des types louches, appelle-moi !

Et le petit détective regarda son ami partir en courant pour chopper un avion pour Osaka.

C'était presque drôle qu'il n'ait pas réalisé que Kudô se méfier de plus de monde qu'il ne le laissait entendre. Il y avait trois autres personnes tout aussi étranges qui avait attiré son attention, et deux n'étaient pas l'ami de Dawn.


Jodie ouvrit le miroir de la salle de bain pour regarder le fond du placard qu'il y avait derrière.

Heiji Hattori était un garçon très intéressant à son goût, sans parler qu'il était le fils du préfet de la police d'Osaka. Lui et Shinichi Kudô méritaient une attention toute particulière.

Elle sourit en regardant les photos épinglées dedans, montrant des portraits de gens qu'elle connaissait, certains pris sans que leur sujet ne le réalise. Celle la plus au centre datait du fameux spectacle où Shinichi était revenu sous le costume du Chevalier Noir. Une photo prise incognito des deux détectives avec leurs amies d'enfance respective. Shinichi et Ran étaient encore en costume.

- Tu es… creepy ? C'est ça le terme ? quand tu regardes ces photos, commenta Thatch, appuyé dans l'encadrement de la porte de la salle de bain, les mains dans les poches.

- Oh, tu es rentré ? nota Jodie.

- Ben oui, il est minuit passé, donc, c'est normal, je pense que je sois rentré. Une explication de pourquoi ça pue la mort en bas ?

- Le voisin, Takai-san, a trouvé la mort en tombant de la fenêtre de sa chambre. Cool Kid est venu en visite. Il n'était pas avec le Little Devil, mais avec son ami détective Hattori Heiji.

- C'est le fils du flic d'Osaka, non ?

- Mh. Va falloir que l'on simule une dispute de couple, ni l'un ni l'autre n'a avalé l'idée qu'on était ensemble. A moins que tu aies jacasser de ton côté.

Jodie adressa un regard perçant à son compagnon qui roula des yeux dans ses orbites.

- On bosse ensemble depuis quoi… quelques mois ? Ace a vu au travers l'affaire en un coup d'œil. Je connais cette tête de mule depuis plus de trois ans. Il serait plus du genre à rester dans les gradins avec du pop-corn à attendre que tout se casse la figure pour se foutre de ma gueule plutôt que de me vendre. Pour lui, c'est une stupide mission qu'Oyaji m'a assignée, rien de plus, rien de moins. Et en ça, je sais qu'il ne parlera pas.

- Oh. Okay. Et tu me le présentes quand ?

- Quand il aura décidé de sortir de son trou. Tu devras te contenter de son petit-frère en attendant. Range ces photos, va.

Et Thatch quitta la salle de bain. Jodie adressa un dernier regard aux photos et referma le miroir


AN 1 : Je n'ai pas prétendu ne pas être capable de parler anglais. Le silence marche-t-il mieux que votre faux mauvais japonais ?