Bonjour à tous !
Nouveau chapitre pour vous et mauvaise nouvelle, je le crains.
On va devoir ralentir le rythme de parution de façon drastique.
Donc, au lieu de poster un chapitre par semaine, on va tomber à un chapitre par mois, puisque j'ai épuisé mes réserves, malheureusement (j'aurai dû le voir venir, vraiment). Donc, j'espère que vous allez apprécier de chapitre et je vous dis donc au mois prochain pour la suite.+++++++
Red dormait contre l'épaule d'Agasa pendant que le reste de la troupe suivait avec attention le match de football depuis leur place dans les gradins. Avec une passion évidente, les jeunes suivaient les prouesses des joueurs Hidé et Naoki des Tokyo Spirits. Prouesses qui mena à un but juste avant le coup de sifflet final, signant ainsi la victoire de l'équipe, et la célébration des enfants.
Tout en discutant du match, ils prirent leur route vers la station de train la plus proche, le vieux scientifique transportant l'aveugle narcoleptique sur son dos.
La passion et la joie des enfants se voyaient à des lieux à la ronde, mais ça passait facilement dans la foule des autres supporters.
- Je ne pensais pas que ce match serait aussi serré, avoua Genta.
- Oui, renchérit Mitsuhiko. Zéro partout à la fin du temps réglementaire, j'ai bien cru qu'il y aurait des prolongations…
- Il fallait s'y attendre, coupa Conan le pro de foot des environs. Quelques joueurs importants de l'équipe Noir Tokyo étaient blessés et en plus, leur attaquant de pointe, Higo, a été transféré dans l'équipe de Big Osaka. C'est pour ça que, dès le départ, l'équipe a cherché le match nul et s'est repliée en défense.
- Higo ? T'es pas fan de lui, Haibara ? se fit confirmer Red qui s'était apparemment réveillé.
- Boucle-la, Dawn, grommela la demoiselle.
Le pirate se laissa glisser du dos d'Agasa et rejoignit le reste du groupe qui l'entoura par habitude, lui laissant le champ libre pour sa canne.
- A propos de Higo, lors du dernier match entre les Bigs et les Noirs… se remémora Genta.
- Oui, à chaque fois qu'il touchait le ballon, le public sifflait, rappela avec sérieux Mitsuhiko.
- Pourquoi les supporters faisaient-ils ça ? C'est pourtant un joueur de leur équipe, non ? s'étonna Ayumi.
- C'est un sport stupide, et les supporters le sont encore plus, lui dit Red en haussant des épaules.
Cela lui valut un regard noir de tous les garçons de la bande.
- C'est normal, intervint Haibara avec un étrange séreux. Il n'y a de place nulle part pour les traîtres.
Red ne releva pas, plus ou moins d'accord avec le propos. Il avait lui-même une envie monstrueuse d'en finir avec un certain traître, alors, il était mal placé pour réfuter les paroles de la scientifique.
- Eh oh… rappela à l'ordre Conan d'un air pas du tout amusé.
- Quoi ? Tu n'es pas d'accord ? s'étonna la demoiselle. C'est logique : il n'est aimé ni de ses anciens partenaires, ni des nouveaux.
- La rivalité entre Noir et Big ne date pas d'hier. Les supporters de Big se focalisent toujours sur l'attaquant et sont incapables de l'encourager normalement. En plus, la cinquième journée de championnat est terminée et Higo n'a toujours pas marqué.
Cela rappela quelque chose à Agasa. Apparemment, les journaux faisaient les choux gras de ce transfert puisque le joueur serait en route pour la ligue Espagnole. On spéculait que son transfert à Big était juste un moyen de faire monter la prime de transfert vers le Real Madrid, club qui semblait vouloir devenir l'acquéreur du jeune attaquant.
Red s'arrêta en entendant la question d'argent.
- C'est moi qui me fait des idées ou ça ressemble à un esclave que l'on se vend de club à club ? demanda le garçon.
Tout le monde le regarda avec perplexité, ne comprenant pas comment une idée aussi saugrenue pouvait lui être venu au crâne.
- Dawn… tu n'as jamais suivi d'équipe sportive ? se fit confirmer Mitsuhiko.
- J'étais bien trop occupé à survivre au vieil homme qui me sert de grand-père, lui répondit narquoisement Red en montrant de façon approximative une des cicatrices sur son visage pleinement visible puisqu'il ne portait plus ses lunettes de soleil sur les yeux grâce aux lentilles d'Agasa.
- Pour répondre à ta question, Dawn, non, ça n'a rien à voir avec de l'esclavage. La prime est divisée entre le sponsor, le club d'origine et le joueur à chaque transfert, et les footballeurs touchent un salaire qui te ferait baver d'envie, explicita Conan. Et de toute façon, cette histoire de transfert n'est qu'une rumeur.
- Mais si la rumeur s'avère fondée, il se sentira certainement mieux, pointa sérieusement Haibara en regardant dans le vague. Il pourra aller jouer dans un stade loin d'ici, où personne ne le sifflera. Il va pouvoir fuir tout ça.
Conan la regarda d'un air interloqué.
Faisait-elle un parallèle entre elle et Higo ?
- Enfin… soupira-t-elle en fermant les yeux en conservant son visage de glace sous l'expression circonspect de Conan.
- Big joue aussi, aujourd'hui, non ? se fit confirmer Genta.
- Oui, le match est retransmis à partir de 17h sur Nichiuri TV ! assura Mitsuhiko.
- Je pense que votre match a déjà commencé si j'en crois mes oreilles, pointa Red en montrant devant lui avec sa canne blanche.
Un peu plus loin sur le trottoir, quelques personnes se tenaient devant la vitrine d'une boutique vendant des téléviseurs. Plusieurs d'entre eux étaient allumés sur le match des Big Osaka. Higo Ryûsuke était sifflet par les supporters, ce qui ne l'aidait pas à se concentrer sur le jeu.
- Pff ! Il n'a que ce qu'il mérite ! ricana un homme d'un certain âge, bedonnant qui venait de se planter derrières les enfants pour regarder le match. Après tout, il nous a trahis, nous les supporters de Noir. Les traitres qui tombent en enfer ne se remettent jamais… hehehe…
Il reprit sa route avec un grand rire moqueur.
- Et après on dit que je tourne pas rond ? grommela Red d'un air dubitatif en l'écoutant s'éloigner.
Conan lui tapota le dos avec compassion même s'il avait envie de lui dire qu'il ne tournait même pas carrée le plus souvent.
- Sa tête me dit quelque chose… Pas toi ? interrogea Genta à Mitsuhiko.
- Si ! reconnu le garçon. Je l'ai vu au journal télévisé ! Il a été arrêté par la police alors qu'il avait bu. Il a jeté des fumigènes sur la pelouse et s'est battu dans les tribunes avec d'autres supporters. Si je me souviens bien, il s'appelle Akano Kaotake ! Un supporter passionné de Noir Tokyo qui se prend pour un hooligan. Il est sur la liste noire de la fédération et l'accès à certains stades lui est interdit.
- Des hooligans ? C'est quoi ? demanda Genta avec perplexité.
- Fouteur de merde, répondit Red.
- Dawn… soupira Conan avec exaspération.
- Quoi ?! Ose me dire que ce gars cherche pas la merde !
- Je suis d'accord avec l'idée, mais pas le vocabulaire.
Le pirate eut un grognement. Si même le mot 'merde' devait être à bannir, il était mal barré…
- Pour répondre à ta question, Genta, c'est comme ça que sont appelés les supporters européens violents qui causent des problèmes dans les stades et passent leur temps à se battre, explicita Conan.
- J'ai résumé ta longue phrase en trois mots, lui pointa Red.
- Continu à avoir un comportement aussi irritable et je me plains à ton Nii-san Thatch.
- J'ai certainement pas peur de la banane ambulante !
- Même quand ça risque de remonter à un certain Marco ?
Red ouvrit et referma la bouche comme un poisson hors de l'eau et croisa les bras avec une moue boudeuse.
- C'est un coup bas.
- Merci Dawn. Donc, avant que tu ne me coupes, j'allais dire que ce Akano a créé un site internet ; Tokyo Hooligan. Il y tient un journal des rencontres et y écrit des choses comme « aujourd'hui, on a tabassé tel ou tel supporter ». Rien d'étonnant à ce qu'il soit interdit de stade.
Parler de site internet rappela à Conan la demande qu'il avait fait à Agasa concernant Chris Vinyard. Apparemment, alors qu'on connait le moindre détail de la mère, Sharon Vinyard (une vieille amie de la Yukiko en plus), on ne sait presque rien de Chris. Sa première apparition en public serait le jour des obsèques de sa mère. La femme avait été harcelée par les journaux people, mais avait répondu à chaque question par un No Comment très clair. Quand l'un des journalistes lui avaient demandé si la vérité aux questions qui lui étaient posées pourrait la nuire, Chris avait tournait le dos au cercueil de sa mère pour afficher un léger sourire et répondre « A secret makes a woman woman ».
Red n'avait guère prêtait attention à la conversation jusqu'à ce que le scientifique ne prononce la phrase.
Ce sont les secrets qui font des femmes ce qu'elles sont…
- Tu crois que cette Chris Vinyard appartient vraiment à l'Organisation des Hommes en Noirs ? demanda tout bas Agasa à Conan.
- Je suis prêt à le parier, répondit Red à la place du détective, ses sourcils très froncés sur un regard empli de haine.
- Il y a de forte chance que ce soit en effet la personne qui se cache derrière Vermouth, déclara sombrement Conan, le regard au sol, perdu dans ses pensées. Mais ça reste difficile de le prouver. Cependant, si c'est bien le cas, il ne fait aucun doute que c'est quelqu'un qui va nous poser des problèmes…
- Nous poser des problèmes ? répéta Agasa avec inquiétude. Pourquoi donc ? Tu me caches encore quelque chose, Shinichi-kun ?
- Du tout ! Je veux dire seulement que comme c'est une actrice, elle a l'habitude de baratiner. Elle peut donc facilement nous mettre sur une fausse piste ! sourit le garçon pour rassurer le scientifique sur sa total honnêteté.
- Cette femme est un serpent. Je veux bien être une merde en Haki mais de là à passer sous ma garde pour me trancher les yeux, faut être ultra discret et sournois. C'est une femme qui sait se fondre dans la masse et le paysage… averti Red avec sérieux.
- Attend… tu m'enseignes quelque chose pour laquelle tu es toi-même pas doué ?! s'étrangla le détective.
- Avant de finir entre quatre planches, j'utilisais le Haki par accident pour la forme Busoshoku et j'avais un niveau basique en Kenbushoku. Perdre mes yeux m'a poussé un peu plus vers la branche sensitive pour compenser et durant mon temps en tant que cobaye, j'ai pu commencer à m'entraîner discrètement pour l'armement. Mon niveau me permet de faire appel au Haoshoku suite à une intense concentration et beaucoup de chance. Thatch nettoie littéralement le sol avec ma tête pour arranger mon niveau. Si tu le veux comme prof, fais-toi plaisir, mais vient pas pleurer.
Conan jeta un regard pas du tout amusé à son camarade, mais finalement, il préféra laisser le sujet. Il préconisa à Agasa de rentrer, vu qu'il commençait à se faire tard.
Les enfants rallèrent un peu de devoir abandonner leur visionnage du match, jusqu'à ce que Mitsuhiko dise qu'il avait une radio portative pour pouvoir suivre l'événement.
Haibara resta un instant devant l'écran, avant d'emboiter le pas du groupe, jetant un dernier œil à Higo qui continuait de jouer malgré les quolibets du public.
Le train était bondé à cause des supporters du match qu'ils venaient de voir. Ils étaient tous collés les uns aux autres comme des sardines. Agasa avait voulu laisser passer la première trame pour éviter cet incident, mais Genta avait insister pour monter dans celui-ci afin de rentrer le plus vite possible chez lui pour regarder le match de Big Osaka. Red était déjà légèrement ochlophobe * de nature. Là, ça ne l'aidait pas à rester calme de se faire presser de partout tout en faisant presque moitié moins en taille que tous les passagers, sans parler du fait qu'il était incapable de voir devant lui. Avant la fin de ce trajet, il allait finir claustrophobe aussi. Ou alors, il deviendrait encore plus paranoïaque. Conan devait avoir deviné quelque chose parce qu'il lui parlait calmement, l'incitant à respirer et à se détendre, mais ça ne changeait pas grand-chose à la nervosité montante du pirate (et pour le coup, à la monté notable de la température dans le wagon).
- OI ! TU M'ECRASES CRETIN ! C'est pas parce que vous avez gagné qu'il faut vous croire tout permis ! Sans parler qu'il fait déjà assez chaud comme ça !
C'était leur ami hooligan qui venait de s'énerver contre un supporter des Tokyo Spirit qui l'avait bousculé par erreur dans le train bondé.
- On n'a qu'à rester dans notre coin et il ne nous arrivera rien ! rassura Conan à Ayumi et Genta. Ou mieux, on peut sortir au prochain arrêt et attendre le suivant ! Dawn a pas l'air bien, ça l'aidera de pouvoir respirer !
Mitsuhiko n'écoutait rien de tout ça, concentrer sur l'écouteur à son oreille, sa radio portative dans une de ses mains. Il sursauta, rouge comme une tomate, quand Haibara colla son oreille à la sienne, essayant d'entendre elle aussi ce qu'il écoutait. Apparemment, elle ne parvint pas à entendre quoique ce soit, puisqu'elle demanda au garçon où en était le match, ne remarquant pas (ou même ignorant) l'état dans lequel elle avait mis son camarade de classe.
- Ah… euh… toujours zéro partout… on vient d'entrer dans les arrêts de jeu de la première mi-temps ! balbutia Mitsuhiko, toujours aussi rouge.
- Le numéro neuf de Big Osaka est toujours sur le terrain ?
- Oui, Higo joue encore, mais le public siffle tellement que même ses équipiers hésitent à lui passer le ballon.
- Ah bon… Tiens moi au courant s'il y a du nouveau.
- O-oui, bien sûr !
Une brusque secousse durant le freinage secoua tous les passagers, bousculant tout le monde. Un gémissement détourna Conan de sa mission de calmer la panique grimpante de son camarade aveugle. Il tourna la tête en direction du son et vit le hooligan s'effondrait lentement au sol. Lentement parce qu'il était, comme presque tout le monde, prit en sandwich entre les passagers.
Pas la possibilité de voir ou dire plus qu'ils arrivèrent à la gare de Haido et tout le monde s'engouffra dans la sortie. Avec leur camarade aveugle, faire comme tout le monde n'était pas une bonne idée, pour le coup, ils devaient attendre que le reste des passagers sortent pour sortir eux aussi, ce qui impliqua de se faire percuter et piétiner d'innombrable fois.
Une fois l'allée quasiment vide, l'horreur se montra à eux : le hooligan bedonnant était à terre, gisant dans une flaque de sang qui grossissait lentement alors qu'il terminait de se vider de son sang. A côté, un couteau ouvragé et son étui gisaient sur le sol.
- C'est trop tard pour lui… souffla Red en retrouvant peu à peu son calme maintenant qu'il n'était plus compressé de partout.
Conan agit vite.
Leur homme était mort, mais il était certain que celui ou celle qui l'avait poignardé se trouvait dans les passagers qui venaient de descendre. Il cria à Agasa d'appeler police et ambulance avant de filer en courant pour rejoindre le chef de gare pour lui dire de ne pas faire redémarrer le train puisque quelqu'un s'y était fait agresser. Le pauvre homme n'y comprenait rien. Surtout quand le petit détective lui demanda de prévenir ses collègues pour empêcher tout supporter ayant acheté un ticket avant 17h de sortir. Vu que le petit bonhomme s'énerva proprement, l'employé ne put qu'obtempérer.
La brigade criminelle sur les lieux, l'enquête commença.
- La victime est Akano Kadotake-san, quarante huit ans, présenta Takagi, penchait au-dessus de son patron qui s'était accroupi auprès du corps. L'arme de crime est un couteau avec une lame de quinze centimètres.
- J'ai l'impression de l'avoir déjà vu quelque part, commenta Megure.
- A la télé, probablement. C'était un supporter qui se tenait assez mal. Il est passé plusieurs fois aux nouvelles.
Megure s'attarda sur le couteau aux motifs floraux.
- C'est un objet rare, approuva Takagi quand Megure le trouva étrange. C'est pour cela que nous avons tenté de contacter les différents revendeurs, mais c'est un couteau fabriqué à l'étranger, qui n'est pas en vente au Japon. Il risque de nous falloir un certain temps avant de savoir qui en a fait l'acquisition.
- Il a été poignardé dans ce wagon et vous dites qu'il n'y a pas de témoin…
- OUAIS ! approuva Genta de sa grosse voix enfantine. Le train était archi-bondé !
Lui, Ayumi et Mitsuhiko se tenaient dans la porte du train à l'arrêt, Agasa dans leur dos.
- Quand le train est arrivé à cette gare, tous les passagers sont descendus et ce monsieur était allongé par terre, renchérit la petite Ayumi.
- C'est seulement à ce moment qu'on a compris qu'il avait été poignardé ! conclu Mitsuhiko avec sérieux.
Megure n'était certainement pas ravi de les revoir.
- Et vous n'avez remarqué personne de louche ? s'enquit Takagi.
Red, assis sur un banc à proximité, la tête basse, lui répondit :
- Du lot, seul Agasa aurait pu voir quelque chose, parce qu'il est grand. Nous sommes des enfants, donc, ça facilite pas vraiment les choses. Sans parler que nous revenons d'une torture longue et sadique appelé « match de football » et que ce foutu train était rempli à ras-bord de supporter trop peu intelligent pour attendre le prochain passage !
Takagi et Megure clignèrent des yeux devant la voix tremblante du garçon qui était pourtant connu pour être maître de ses émotions, s'il ne se moquait pas des gens ou n'était pas en colère.
- Red-kun a oublié de me préciser qu'il avait la phobie des foules avant qu'on aille au match, sourit nerveusement Agasa.
- J'ai pas besoin de rajouter à tout le monde une raison de plus pour avoir pitié de moi quand je déteste ça ! s'énerva le garçon. Généralement, ça me gène pas, mais quand on m'écrase de partout, je pense que je suis en droit de ne pas supporter !
Il ramena ses pieds sur le banc, cachant son visage entre ses genoux pour essayer de se calmer.
Préférant ne pas relancer la discussion avec le gamin acariâtre, Megure se mit à réfléchir aux implications. Il était probable que le coupable se soit caché avec la foule des supporters et soit ainsi parti avec eux, s'il n'avait pas pris un autre train. Le chef de gare intervint pour leur dire que sous la demande insistante de Conan, trois personnes avaient été retenues. Ce fut au détective haut comme trois pommes d'expliquer le raisonnement :
- Tuer quelqu'un avec un couteau dans un train n'est pas quelque chose qui se fait à l'improviste, n'est-ce pas ? Je pense que le tueur avait prévu de profiter de la foule pour agir sans être remarqué. Le meurtrier a dû penser qu'il tuerait Akano-san peu de temps avant d'arriver à cette gare où beaucoup de gens descendent, afin de pouvoir se mêler à la foule !
- Oh ! comprit Megure. Autrement dit, ce serait un crime prémédité…
- Hmhm ! acquiesça le garçon. Alors, j'ai demandé au chef de gare de ne pas laisser sortir les passagers qui portaient une tenue de supporter ! Puisque le train en était plein, alors, pour ne pas se faire remarquer, il était évident que le meurtrier allait s'habiller comme eux. Sans compter que pour pouvoir poignarder Akano-san dans le train, il ne fallait pas perdre sa trace et rester près de lui tout le temps. Pour cela, il ne pouvait se permettre d'attendre la fin du match pour acheter son ticket, et donc, il fallait qu'il l'ait acheté à l'avance. Le match s'étant fini un peu avant dix-sept heure, ça permet de faire le tri entre la cinquantaine de supporter qui sont partis, et nous laisse avec trois suspects.
- Mais il s'est peut-être changé avant de sortir de la gare. A moins qu'il ne soit tout simplement allé sur le quai des trains allant dans la direction opposée et qu'il ne soit pas sorti, marmonna Megure.
- Je ne le pense pas ! S'il s'était changé sur le quai, cela aurait été louche et les toilettes de la gare se trouvent après les barrières de la sortie. Sans parler que s'il était allé sur le quai d'en face où il n'y avait aucun autre supporter, on l'aurait certainement remarqué avec son maillot ! Le moyen le plus sûr était de s'enfuir en sortant de la gare pour se changer dans les toilettes ! C'est à la gare de Haido que la plupart des passagers descendent pour faire un changement et prendre le métro.
Conan croisa les bras derrière sa nuque, une fierté évidente dans son sourire devant l'expression interloqué des policiers.
- Avec toi, c'est à chaque fois pareil, commenta Takagi. Je ne peux m'empêcher de trouver cela étrange… comment fais-tu pour penser à tout ça ? A l'instant même où tu as vu le corps, tu as tout de suite prévenu le chef de gare, n'est-ce pas ?
Ah, Takagi, si naïf…
Conan se défendit immédiatement et maladroitement avant que Red ne vole à son secours :
- Il n'a fait que suivre les déductions et les indications d'Agasa, c'est tout. C'est hakase le cerveau, certainement pas ce binoclard qui réfléchis jamais.
Conan et Agasa restèrent un instant perplexe avant que le professeur ne tapote le crâne de Shinichi pour lui ébouriffer les cheveux. Red allait l'entendre pour son commentaire sur le fait qu'il ne réfléchissait pas.
- Bon, vous savez qui est le meurtrier ? grommela Megure de mauvaise grâce.
- Vous avez déjà une idée ? s'enquit Takagi avec espoir.
- Euh non… en fait… se défendit Agasa.
Il jeta un regard à l'aide à Conan qui, après un looong soupir mental, vint à son secours :
- Professeur ! Vous aviez dit que quand la police serait là, vous lui demanderiez d'interroger les suspects !
En disant ça, Conan regarda derrière le banc de Red. Deux contrôleurs tenaient à l'écart les trois suspects. Deux hommes et une femme. L'un des deux hommes, un binoclard mal rasé, était le seul supporter des Spirits du groupe, les deux autres portants un maillot des Noirs. Leur excuse pour avoir des billets d'avant 17h étaient qu'ils avaient voulu éviter la cohue des files d'attentes.
La femme, Kira Hazue avait loupé son train d'origine parce qu'elle était dans la tribune centrale, là où les deux groupes de supporters se mélangent, et qu'elle avait eut une petite dispute avec l'un des fans de l'équipe adverse.
Pour le supporter des Spirits, Funato Mitsuaki, c'était un manque de chance, puisqu'il avait séché le travail pour se rendre au match et que son patron l'avait grillé, faisant qu'il avait passé un long moment à l'engueuler par téléphone, au point qu'il avait même manqué le but décisif des ailiers des choc.
Pour le dernier supporter des Noir, Ooba Etsutoshi, il était resté en état de choc à la fin du match, assis sur son siège. Il avait vu Hidé et Naoki se rapprocher de son côté du gradin avant qu'il ne perde presque connaissance au moment du but.
Mais de là à savoir s'ils étaient dans le même wagon que la victime.
Une fois encore, Conan donna la réponse à l'énigme :
- Vous étiez bien dans un wagon où il y avait beaucoup de monde, hein ? Vous, madame ! Regardez ! Vous avez une trace de la bague de votre main gauche sur votre bras droit !
La femme regarda son bras droit pour voir en effet une petite marque pas loin de son coude.
- C'est sûrement parce que vous avez tenu la lanière de votre sac avec votre main droite et sa fermeture avec votre main gauche pendant tout le trajet, non ?
- C'est une technique classique pour éviter de se faire voler son sac ou son contenu, mais incomplète, pointa Red qui semblait déjà un peu plus calme. Même sans avoir accès au bon bout d'une fermeture éclair, on peut toujours voler un sac. Soit en le lacérant par derrière, soit en défaisant la fermeture par l'autre côté. A l'avenir, cacher votre sac sous un manteau ou un vêtement que vous portez et mettez-le devant vous, les bras croisés autour. Au moins, vous serez certaine qu'il sera toujours intact quand vous l'ouvrirez.
La jeune femme cligna des yeux et remercia le garçon pour l'astuce.
Conan enchaîna sur Ooba qui avait une marque dans l'intérieur de son avant-bras correspondant à sa montre qu'il avait au poignet gauche, montrant qu'il avait gardé les bras croisés un moment. Quant à l'homme aux lunettes, il avait des traces du cuir de son sac sur les deux mains, signalant qu'il avait dû la tenir fermement pendant un bon bout de temps.
Dans les trois cas, ça voulait dire qu'ils étaient restés dans la même position, sans se tenir aux poignets suspendus dans le train. Et pour éviter de tomber dans ce cas de figure, il fallait que le train soit bondé, rendant impossible de s'y asseoir.
- Il dit vrai ? se fit confirmer Megure.
- O-oui répondit, Hazue.
- Il y a souvent des pickpockets aux heures de points, renchérit Funato.
- Si je ne croise pas les bras, j'ai peur que les autres passagers ne se méprennes sur mes intentions si je les touche par mégarde, se justifia Ooba-san.
- C'est incroyable ! C'est exactement ce qu'avait dit le professeur Agasa ! s'exclama Conan.
Les gosses regardèrent Agasa avec intérêt alors que celui-ci avait un rire nerveux, alors que Megure insistait pour que les trois suspects se rappellent du wagon dans lequel ils étaient. En les observant plus attentivement, Conan remarqua que quelque chose cloché par rapport à ce que les témoignages lui avaient appris.
Son attention fut captée par autre chose. Ayumi venait de noter l'absence de Haibara, qui, d'après Mitsuhiko, était partie aux toilettes. La conversation enchaîna sur le fait que Genta voulait savoir où en était le match mais Mitsuhiko avait perdu sa radio dans la cohue.
Le sifflement de Red appela Conan. L'aveugle descendit de son banc et fit signe à son camarade de le suivre.
Haibara s'était arrêtée, en revenant des toilettes, devant un grand écran qui diffusait publiquement le match de Big Osaka aux voyageurs. Elle était hypnotisée par Higo. Celui-ci venait de recevoir une très belle passe du joueur Ramus, le laissant seul devant les buts.
Il tira.
Poteau.
« Le ciel l'aurait-il lui aussi abandonné ?! » demanda le commentateur sportif alors que la caméra faisait un gros plan sur Higo qui reprenait son souffle sous les « bouhou » des supporters.
Haibara serra le poing inconsciemment, le regard rivé sur le joueur.
- Il te ressemble, tu sais, Higo.
Haibara sursauta en remarquant que Conan s'était glissé derrière elle.
- Il était dans l'équipe de Noir et il en est sorti pour aller chez l'ennemi… il a trahi, expliqua le détective, les mains dans ses poches. Tout comme toi, il avait une bonne raison de quitter son équipe.
- Quoi ? s'étonna Haibara.
- Il a un demi-frère qui jouait en première division, en remplaçant pour la défense dans l'équipe de Noir. Il s'appelait Endô Rikuo. Bien sûr, peu de gens le savent. Leur nom de famille est différent, et ils gardent cela secret, parce que Endô-san serait l'enfant de la maîtresse de leur père. Je l'ai appris quand j'étais au collège. Ils étaient tous les deux venus assister à mon match. Ils m'ont dit « tu vas essayer d'entrer aux Noir Tokyo, comme mon frère et moi ? ». Mais deux ans après que Higo soit rentré dans l'équipe de Noir, les dirigeants ont fait savoir à Endô-san qu'il n'avait pas le potentiel nécessaire pour continuer à jouer en équipe de première division. Il n'a pas réussi à percer en seconde division non plus et il a compris qu'il n'avait été engagé que pour attirer Higo dans l'équipe. Quand Higo l'a compris, il a décidé d'aller à Osaka avec son frère qui y était engagé comme coach, parce qu'ils n'ont pas renoncé au rêve de joueur en première division ensemble.
Les acclamations du public leur firent lever le nez vers le grand écran pour voir Higo à terre. Le joueur avait été fauché. Cela aurait valut un carton jaune mais l'arbitre n'intervint pas, alors que derrière, les supporters étaient réjouis de voir leur propre attaquant à terre.
« Higo n'a donc aucun allié ?! N'y a-t-il aucune place au Japon pour ce joueur de talent ?! » demanda le commentateur.
Alors que Haibara s'éloignait, quelque chose faisait tilt dans l'esprit de Conan. Frénétiquement, il tira son billet pour le match de sa poche pour se confirmer quelques points au sujet du derby.
Il sourit, il avait compris qui était le meurtrier parmi les suspects. Qui était celui qui avait menti.
Pendant ce temps, Haibara descendit les marches pour arriver sur le quai d'en face à celui où était Agasa et les enfants, tenant Red (qu'elle avait trouvé en chemin), par la manche de son sweat.
Le train/scène de crime avait été conduit au dépôt.
A présent, il ne restait que conduire les suspects au commissariat pour les interroger. Bien entendu, cela ne se passa pas sans quelques râlements, jusqu'à ce que Conan intervienne, à moitié caché par Agasa pour résoudre enfin l'énigme.
- Ah ! Professeur ! se réjouit Takagi. Cela veut-il dire que vous savez qui est le meurtrier ?
- Oui, après avoir entendu ces trois témoignages, j'ai eu le déclic. Le coupable est le faux supporter qui nous a menti !
La femme sauta sur l'occasion.
Pour elle, le menteur, c'était le binoclard. Pourquoi ? Parce que Naoki et Hidé étaient des avants-centres et certainement pas des ailiers.
- C'est vrai ? demanda Megure.
- Oui, confirma Ooba. Le football moderne ne se joue plus avec des ailiers. Très peu d'équipes pratiques cette disposition.
- Euh… c'est-à-dire… je ne suis pas vraiment un spécialiste du foot… se défendit le binoclard. J'ai entendu parler de Hidé et Naoki, et je savais qu'ils formaient une bonne paire de joueurs… C'est juste une erreur de langage…
- C'est exact, confirma Conan en se faisant passer pour Agasa. Il s'est certes trompé de vocabulaire mais n'a pas menti. La personne dont je parle est un imposteur qui prétend avoir vu le match alors que ce n'est pas le cas. Ce match était le derby très attendu de Tokyo et par conséquent, le stade était comble. Étant donné qu'il projetait de tuer Akano-san, s'il avait suivi le match depuis les tribunes, il risquait fort de le perdre dans la foule.
- Vous voulez dire que cette personne a attendu Akano-san quelque part ? se fit confirmer Megure.
- Oui, il était probablement dans les toilettes du stade. Il suivait le match à la radio et au coup de sifflet final, il s'est dirigé vers la sortie pour attendre la victime.
Pour déterminer le coupable, Conan, via Agasa, suggéra de réécouter les témoignages.
La femme dans la tribune centrale qui s'était disputé avec un fan du clan adverse.
Ooba était dans le virage avec les autres spectateurs des Noir, derrière les filets de l'équipe adverse, faisant qu'il avait parfaitement vue quand Naoki et Hidé étaient passé pour aller marquer leur but.
Le binoclard était à l'opposé, du côté des fans es Spirits mais n'avait pas pu voir le but puisque c'est à cet instant que son patron l'avait appelé pour lui tenir le crachoir. S'il avait appris pour le but, c'est parce qu'il avait entendu les autres supporters le crier.
Pour prouver leur bonne foi, chacun brandit son ticket pour sa place.
- Qu'en dîtes vous ? demanda Takagi d'un air gêné.
- Vous n'avez pas suivi le match, donc, vous ne pouvez peut-être pas comprendre, mais ça sera plus clair si on demande ce qu'il en est aux enfants qui y ont assisté, leur dit Agasa. Où étions-nous assis ?
Leur groupe était dans les tribunes centrales, du côté où Hidé était passé, leur permettant de le voir slalomait entre les joueurs. Ce qui faisait qu'ils avaient été dans la même tribune que la femme.
- Vous n'allez quand même pas prétendre que j'ai menti n'est-ce pas ?! s'indigna la blonde.
- Dans ce cas, pourriez-vous nous dire de quelle direction arrivait Hidé après avoir passé les quatre joueurs ? demanda Agasa.
- De la droite vers la gauche !
- Donc, de votre point de vue, le but de l'équipe de Noir se trouvait sur votre gauche ?
- Oui, bien sûr ! Et alors ?!
La femme ne comprenait pas du tout l'intérêt des questions qu'on lui posait.
- Cela ne m'a pas frappé jusqu'à ce que je regarde le ticket d'entrée, mais le derby d'aujourd'hui était organisé par l'équipe des Tokyo Spirits. En général, dans la J-League, les sièges des supporters de l'équipe qui accueille se trouvent à la gauche de la tribune centrale, derrière le but ! Par conséquent, les fans des Tokyo Spirits ont aujourd'hui suivi le match depuis le virage à gauche de la tribune centrale ! Dans ce cas, cela voudrait dire que Naoki a marqué le seul but de la partie sous les yeux des supporters de son équipe. Autrement dit, il est impossible que les supporters de Noir qui se trouvaient derrière le but à droite de la tribune centrale aient vu Hidé se rapprocher d'eux et passer la défense de leur équipe. Et c'est pourtant ce que vous avez dit Ooba-san !
Ca y est, le nom du coupable était lancé.
- Il est probable que vous avez suivi le match en l'écoutant à la radio et que vous avez pensé naturellement que Hidé s'était rapproché des supporters de Noir.
Le brave homme tenta de se défendre en se cachant derrière l'excuse « ma langue a fourché », mais Agasa lui pointa sa plus grosse erreur.
- Vous n'y étais pas dans les gradins. Plus exactement, il est impossible que vous y ayez été. En tout cas pas dans cette tenue.
- He ?
La jeune femme souleva les longs cheveux de l'homme pour mieux voir le maillot qu'il portait. C'est un maillot avec le numéro neuf au nom de Higo. Sa réaction montra exactement pourquoi il était impossible que l'homme ait réussi à assister au match ainsi :
- Mais c'est le maillot de Higo ! Celui qui nous a trahis ! Si vous étiez allé dans le virage avec les supporters avec ça sur le dos, vous vous seriez fait étriper !
La preuve finale était sous un des bras de l'homme. Que quelqu'un sorte un couteau dans le train serait vu comme très bizarre. Ooba-san l'avait déjà à la main en montant dans le train, conservant les bras croisés pour le cacher sous son aisselle. Et il devait encore avoir la trace représentant les motifs particuliers du couteau.
Takagi souleva le bras de l'homme, dévoilant l'empreinte que l'arme avait laissé dans sa chaire.
L'homme n'était pas un vrai fan. Il s'était documenté sur le football dans le seul but d'accomplir ce meurtre. Son jumeau avait pour habitude de se rendre sur le site de Tokyo Hooligan, et il s'était fait finalement tuer par cet homme. Il avait été poussé dans les escaliers d'un stade pour finir par mourir peu après d'une hémorragie cérébrale causé par un traumatisme crânien. Akano s'était venté d'avoir poussé le pauvre homme sur son site en parlant d'un type stupide qui avait consulté le journal en ligne en question. Et en confirmation qu'il était bien question du frère de Ooba, celui-ci s'était présenté au meurtrier de son frère qui avait sorti un « tient, tu es encore en vie toi ? ».
Le maillot avait appartenu à son frère.
Il l'avait porté, pour accomplir sa vengeance, mais au final, ça avait été comme si son frère lui avait dit : mais qu'est-ce que tu fabriques imbécile ?
Et c'est ainsi que l'homme fut arrêté par la police.
L'enquête ne monopolisant plus l'attention des enfants, les gosses remarquèrent que Haibara et Dawn n'étaient toujours pas de retour.
- Ah ! Les voilà ! Sur le quai, en face ! pointa Ayumi.
Conan se tourna vers le quai en question pour voir Haibara dans la foule, regardant en l'air.
- Mais qu'est-ce qu'ils font là-bas ? s'enquit Agasa avec perplexité.
- Le train qui va vers Beika est pourtant de ce côté, pointa avec perplexité Mitsuhiko.
Conan, lui, il avait une affreuse idée dans le crâne.
« Il n'y a de place nulle part pour les traîtres » qu'elle avait dit.
Non… elle n'avait tout de même pas l'intention de fuir avec Dawn ?!
Elle n'allait pas faire ça.
Il regarda Haibara s'enfonçait un peu dans la foule mais déjà, un train passa entre les deux quais, la masquant de sa vue. Conan ne réfléchi pas plus et il fila en courant vers l'escalier qui permettait d'accéder à la passerelle qui reliait les deux quais. Slalomant entre les adultes, il traversa le couloir avant de dévaler de toute la vitesse de ses petites jambes sur le quai où était censé être Haibara.
Le quai était presque désert à présent, et son amie était absente.
Haletant, s'appuyant sur ses genoux, Conan n'arrivait pas à y croire.
- Haibara… appela-t-il. HAIBARA !
- Wow, calmos, ça va pas ou quoi ! rouspéta la voix de Red.
Conan se redressa pour voir l'aveugle assis sur le dossier d'un banc en retrait sur le quai et à proximité, Haibara qui se tenait, les mains dans le dos, auprès d'un employé de nettoyage qui avait posé un genou à terre.
- Tu as cru que je m'étais enfuie ? devina la scientifique.
- Euh… non… haleta Conan avec un sourire rassuré mais coupable.
Le reniflement moqueur de Red lui dit clairement qu'il n'était pas crédible.
L'employé tire de sa poche la petite radio de Mitsuhiko et la donna à la fillette en lui conseillant de faire plus attention la prochaine fois.
- Je suis venue chercher la radio de Mitsuhiko avec Dawn. J'ai demandé à un employé de garde qui m'a répondu que l'agent d'entretien l'avait ramassée.
- Ah… ah bon ? fit le petit détective avec une voix faible en se redressant.
Le rire moqueur de Red leur indiqua que le pirate venait de les rejoindre. Haibara regarda les deux noirauds avant de s'adresser à Conan :
- C'est bien toi qui m'as dit de ne pas fuir, non ? De faire face à mon destin… vous me protégerez tout les deux, n'est-ce pas ?
- Euh, oui… répondit Conan avec perplexité.
Haibara s'éloigna vers l'escalier, tournant le dos aux deux noirauds.
- Enfin, contrairement à ce que tu penses, je ne suis pas de celles qui ont besoin d'être protégées, mais bon…
- Tu peux compter sur nous, assura d'une voix sérieuse Red. Même si tu dis que tu n'en as pas besoin, on le fera quand même.
- Merci Portgas.
La demoiselle allait monter l'escalier quand, croisant les bras derrière sa nuque, Conan lança sur le ton de la conversation :
- Au fait, Haibara… Higo a marqué. Un but en or, celui de la victoire.
La demoiselle s'arrêta, les yeux ronds.
- Après son but, les sifflets dans le stade ont été encore plus forts ! continua Conan avec un sourire de coin à l'attention de la scientifique. Mais cette fois, c'était pour l'encourager et le féliciter d'avoir retrouvé la forme…
- Et alors ? agressa la demoiselle en se retournant vers lui. Qu'est-ce que tu veux que ça me fasse ? Je n'en ai rien à faire ! Tu serais bien gentil de ne pas me mettre dans le même panier que les fous de foot en culottes courtes comme toi.
Et elle s'éloigna, sous le regard perplexe de Conan.
Pourtant, quelques instants plus tard, les deux garçons la retrouvèrent devant le grand écran à observa la célébration de la victoire de Higo, un sourire évident sous sa casquette.
- Ne jamais rien laisser transparaître, n'est-ce pas ? maugréa Conan.
- C'est Haibara, j'ai renoncé, lui répondit Red avec un faible rire.
AN : Peur de la foule. A ne pas confondre avec l'agoraphobie même si un agoraphobe peut avoir une certaine crainte des masses de gens pour leur étendu. Ici, on se rapproche plus d'un sens d'oppression et d'enfermement que donne la foule. Donc, on est plus proche de la claustrophobie que de l'agoraphobie.
