Bonne année, bonne santé et plein de bonheur pour cette année 2019, en plus d'un bon anniversaire en retard à Mister Gol D. Roger et pile à l'heure pour Monsieur Portgas D. Ace !

Pour fêter la nouvelle année, je vous prévois deux chapitres pour cette semaine (le second sera publié ce week-end).

Je remercie Misstykata, Cobra (j'attends ta réponse à mon pm avec impatience), Arya39 et Jadeisa31(oui, j'aurai compris, pas de soucis).

Je rappelle au passage que vous pouvez me retrouver sur Twitter PlumeEnBalade.

A présent, passons à la lecture :

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Dans le chapitre précédent: Un informaticien ayant eu des contacts avec l'Organisation est retrouvé mort dans une chambre d'hôtel. Bien qu'à première vue, la piste pour remonter jusqu'aux hommes en noirs s'arrête là, la découverte par Conan d'un journal intime sur une disquette informatique laisse un dernier espoir de coincer les malfrats. Ayant réussi à en faire une copie au nez de la police, le détective miniature s'en va avec Red chez Agasa pour déchiffrer les derniers mots du défunt.

On with the story.

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Il neigeait à très gros flocons quand Conan et Red arrivèrent chez Agasa.

- Ah ! Shinichi-kun ! Tu tombes à point nommé ! s'exclama le scientifique alors que les deux garçons se déchaussaient et se débarrassaient de la neige. Il y a longtemps que je ne t'ai rien fait de nouveau, mais voici une nouvelle invention utile pour toi ! Et en plus, je t'ai fait une paire de lunettes radars de rechange, avec ça plus de soucis de batterie qui se décharge !

Red laissa sa canne à l'entrée et s'avança dans le salon en grommelant.

- Tes nouveaux poids sont sur l'îlot de la cuisine, Ace-kun. Tu devrais voir la différence, lui dit le scientifique.

Le mini-pirate tourna les talons pour s'orienter vers le coin cuisine, sifflant tout doucement pour se repérer, avant de se hisser sur l'un des hauts tabourets et de retirer des bandes lestées sombres qu'il avait attachées aux poignets et aux chevilles. Il les déposa sur le plan de travail et chercha à tâtons les nouvelles qu'il soupesa avec une grimace.

- Pas encore ça.

- Pour avoir le bon poids pour toi, Ace-kun, il faudrait quelque chose du diamètre d'un boulet de canon, ce qui n'est pas du tout discret, lui pointa le scientifique. J'y travaille mais laisse-moi du temps, jeune homme.

- Où est Haibara ? demanda Conan qui n'était pas intéressé par cette discussion sur les poids que portait le pirate.

- Ai-kun ? Elle est dans son bain, pourquoi ?

- Parfait, ça tombe très bien ! sourit férocement le petit détective.

- Comment ça, « ça tombe très bien » ? Tu n'as quand même pas l'intention d'aller regarder, tout de même ?! houspilla le scientifique.

- Ano, hakase… c'est plus le genre de chose qu'aurait fait Portgas, que moi.

- Vraiment, Kudô ? Un aveugle, gay qui plus est, qui va mater des filles dans leur bain ? Qu'est-ce qu'il ne faut pas entendre comme connerie, commenta aigrement le concerné.

Shinichi retirait déjà son manteau pour l'accrocher dans l'entrée avant de pénétrer dans la maison pour s'installer à l'ordinateur dans le salon du scientifique, lui expliquant qu'il avait mis la main sur un indice concernant l'Organisation.

- Je préfère ne pas en parler à Haibara. Elle s'inquiète toujours plus qu'il ne faudrait. Profitons du fait qu'elle soit occupée ailleurs pour voir ça, fit Conan en mettant la disquette dans le PC.

Il ouvrit le journal intime et remonta deux ans en arrière, trouvant enfin ce qu'il voulait, ignorant totalement le pirate qui n'était pas le moins du monde intéressé par ce qu'ils faisaient.

- Hakase, c'est possible d'avoir une copie des conneries de Kudô ? demanda le D. sans quitter la cuisine.

- Qu'est-ce que tu veux faire d'une copie ? s'enquit Conan en se détournant un instant de l'écran.

- Faire la conquête du trône vide de Marijoa, pourquoi ?

Le détective voyait parfaitement que le D. se foutait de sa gueule et ne lui donnerait pas de réponse. En grognant, Conan revint à l'écran, et lut l'entrée du Sept Mars qui l'intéressait :

- « Le grand homme avec un accent de l'ouest est arrivé sans prévenir. De toute évidence, c'est mon logiciel en cours de développement qui l'intéressait, mais quand il a appris que j'avais interrompu le projet à cause de mes problèmes de vue, il est parti sans en dire davantage. Il était habillé de noir des pieds à la tête… je ne tiens pas à le revoir. ». Quoi ?! C'est tout ?!

- On dirait bien qu'il n'y a rien d'autre sur cet homme dans la suite du journal, constata Agasa.

- Nan mais vraiment, ça valait bien la peine de se donner autant de mal pour mettre la main sur ce journal… Et te moque pas de moi, Portgas !

Ace continua de rire comme un idiot avant de s'effondrer sous une subite crise de narcolepsie.

- Tout ce que j'ai appris, c'est que l'Organisation s'intéressait à un logiciel qu'était en train de développer Itakura-san, grommela Conan en faisant défiler les pages du journal intime.

- En tout cas, cet Itakura-san m'a l'air d'être quelqu'un d'un peu bizarre quand même…

Le jeune détective regarda Agasa qui pointa les gros espaces blancs irréguliers entre quelques entrées du journal.

- Tu as vu les espaces qu'il laisse entre chaque jour de son journal ? Moi, ça me gênerait, j'aurai besoin de supprimer ces espaces…

Le petit détective se redressa et se mit à sélectionner les blancs qui ne devaient pas être là par hasard. En effet, une fois le blanc recouvert du filtre négatif de la sélection, un texte apparut. Un texte blanc sur un fond désormais noir. C'était un procédé courant sur les sites internet pour cacher des phrases. Pour cela, il suffit de choisir des lettres qui sont de la même couleur que la page.

Mais pourquoi dans un journal intime ?

Peut-être pour protéger certaines informations en cas de vol de la disquette ?

Conan passa tout le texte à la sélection pour remarquer le début de l'usage de ce procédé dix jours après la visite de Tequila.

- « Vingt-six Mars – Mon stylo a encore bougé de cinq centimètres sur mon bureau. Je crois bien que quelqu'un se cache dans mon bureau. » « Quinze avril – Cette fois, c'est arrivé chez moi, quelqu'un… La police ne veut pas se déplacer… Je n'ai aucune trace d'une intrusion dans ma maison, donc, je ne peux rien faire. » « Onze juin – j'ai changé la clé et placé des caméras de surveillance, mais ça n'a servi à rien… » « six juillet – Qui est là ?! Montre-toi ! » « Dix-neuf décembre – je suis fatigué, si ça continue comme ça, je pourrais bien me faire tuer. » « Six janvier – Pour en finir avec cette terreur qui m'envahit, j'ai glissé un message dans le tiroir à l'intention de mon intrus : "Je ferai ce que vous voulez". » « Huit janvier – Leur réponse est arrivée très vite. A la place de mon message, j'ai trouvé une note de leur part. "Ok", écrit en rouge et un étrange numéro de téléphone. "Ok" a certainement été écrit en lettres de sang… certainement pour me faire comprendre de n'en parler à personne si je tiens à la vie.» « Vingt-trois janvier – j'ai hésité, mais finalement, je n'ai pas prévenu la police et j'ai décidé de téléphoner. A ma grande surprise, c'est une femme qui a répondu. Une femme avec une voix très distinguée et des manières très sophistiquées. Sa requête est que je termine en un an le logiciel que j'avais développé ; en échange de quoi, je recevrai une très grosse somme d'argent. De toute évidence, il y a un rapport avec le grand homme qui était venu. » « Treize février – Nous communiquons désormais grâce à des e-mails. J'ai accepté le marché à condition d'être payé par avance et qu'ils arrêtent de me tourner autour sans arrêt. » « Vingt-deux décembre – Non… ça ne va pas… je ne peux pas… j'avais interrompu le développement de ce logiciel pour préserver mes yeux, mais aussi pour le bien être de tous, de l'humanité tout entière… »

- Pour le bien de l'Humanité ? répéta Agasa dans un souffle, interrompant Conan dans sa lecture.

- « Neuf février – la date approche. J'ai décidé de disparaître à l'étranger. J'ai caché le logiciel inachevé ainsi que la prime en chèque qu'ils m'ont versée, à côté de mon ordinateur, dans ma résidence secondaire… je devrais recevoir par mail l'heure et le lieu où je devrais leur remettre le logiciel dans cinq jours, à minuit. Il faut que je parte à l'étranger d'ici là… »

Cela tira un maigre sourire féroce à Conan.

Ce message remontait à quatre jours, autrement dit, ce fameux mail devait arriver aujourd'hui à minuit, dans trois heures très exactement. Itakura-san voulait donc s'enfuir avant l'arrivée du mail. Portgas l'avait dit, il avait besoin d'argent, et cet argent, Conan en avait le but sous les yeux. C'était pour organiser sa fuite. Il faisait semblant de travailler, mais en réalité, il se préparait à s'envoler très loin d'ici.

- Il n'y a rien de plus ? demanda Agasa.

Conan sélectionna la dernière entrée et trouva un autre morceau de texte :

- « Dix février – Que veulent-ils faire avec ce logiciel ? Je n'arrive pas à oublier les mots étranges de cette femme, la première fois que j'ai téléphoné. Oui… devant ses mots et ses menaces, je n'avais pu contenir un "Pour qui vous prenez-vous ?". Elle m'avait alors répondu en riant, en anglais. "We can be both of God and the Devil, since we're trying to raise the dead against the stream of time." »

Le cœur de Conan loupa un battement.

Il savait que son camarade était mort une fois déjà, il l'avait bien saisi, mais là, devant ces paroles mystérieuses, il ne pouvait lutter contre la chair de poule qui lui remonta le dos.

La résurrection de Portgas D. Ace n'était pas le fruit du hasard, donc ?

Des gens avaient bel et bien visé le retour des morts chez les vivants ; essayer d'aller contre l'ordre naturel des choses. C'était abominable et effrayant !

- Nous pouvons être Dieu et le Diable à la fois, car… commença à traduire Conan avec une voix blanche, son visage pâle sous la terreur des implications.

- …Contre le cours du temps, nous essayons de ressusciter les morts, conclut Haibara en apparaissant entre eux, les faisant presque mourir de terreur.

Le duo se retourna vers la demoiselle en pyjama qui venait clairement de sortir du bain. Agasa se plaça devant l'écran alors que lui et Conan arboraient des sourires pour le moins suspect. Elle les regarda d'un œil inquisiteur, les mains croisées dans son dos.

- C'est quoi ? Un roman fantastique dans lequel apparaissent des pouvoirs magiques ? demanda d'une voix neutre la petite scientifique.

- Euh… oui, en quelque sorte ! bidonna Agasa sous la panique alors qu'Ace revenait à lui dans son coin à la cuisine en baillant bruyamment. C'est un roman étranger sous forme de feuilletons publiés chaque semaine sur internet… je suis devenu fan !

Haibara n'était pas convaincue.

- Et toi, qu'est-ce que tu fais là ? interrogea-t-elle à l'adresse du petit détective.

- Moi ? Eh bien, je…

- Il m'a ramené, c'est déjà ça, grommela Red en les rejoignant.

Et il se prit un mur au passage, le faisant tomber sur le dos.

- Rien de cassé ? demanda Agasa en allant le rejoindre.

- Mon égo. J'vais m'en sortir. Vous aviez pas parler d'une invention ?

Cela réveilla le scientifique qui fila rejoindre un coin de son bureau pour sortir d'une boite une ceinture qu'il passa au pantalon de Conan.

- Je l'ai appelé « La ceinture gonfle-ballon instantanée » !

Conan regarda l'étrange boucle de ceinture de l'invention d'Agasa, se demandant encore une fois ce que c'était ce truc.

- Au premier regard, on ne voit qu'une simple ceinture…

Non, pas du tout !

- … on ajuste la valve et on pousse sur le bouton…

Agasa fit exactement les manipulations prescrites sur la boucle de la ceinture et un ballon de foot commença à se gonfler, avant de détacher pour rebondir un peu plus loin dans la pièce.

- …et voilà un beau ballon de football ! conclut joyeusement le scientifique.

- C'est génial ! s'exclama Conan, tout content.

Couplé à ses chaussures, il allait faire un malheur dans l'arrestation des criminels.

- Évite de faire ça trop souvent en public, les gens vont se mettre à penser des choses si on te voit jouer avec ton pantalon~ ! sous-entendit fortement le D. en cachant son rire derrière sa tasse de café.

- PORTGAS ! protesta Conan en virant au rouge.

- Le seul problème est que ce caoutchouc est particulier et ne reste gonflé que dix secondes après être sorti de la ceinture, pointa Agasa avec embarras alors que Haibara ramassait le ballon qui venait de se dégonfler.

Mouais… bon, c'était pas top, mais c'était déjà pas mal.

- Mais en contrepartie, il a une très grande élasticité ! En fonction du gaz que tu mets dedans, tu peux même en faire un dirigeable !

- Mon frère fait mieux, marmonna Red.

- C'est un peu trop idiot votre truc, je vais me coucher. Essaye de pas te manger de marches et de réveiller toute la maison quand tu iras toi aussi au lit, Dawn, marmonna Haibara en posant le ballon dégonflé sur le bureau.

- Oui, m'dame.

Et elle tourna les talons pour rejoindre l'escalier sous le regard attentif de Conan et Agasa.

- Bon, alors, qu'est-ce qu'on fait ? demanda le scientifique une fois la porte de l'escalier refermée sur la demoiselle.

- A votre avis ? répondit Conan.

Il alla reprendre sa veste et l'enfila.

- On se rend à la résidence secondaire de Itakura-san, on récupère le logiciel qu'il a créé et on se sert de son ordinateur pour récupérer leur mail qui doit arriver à minuit ! Portgas, tu…

- Je reste derrière pour garder la baraque et surveiller Haibara. Tu m'as assez fait courir pour rien dehors, de toute façon. Je dois te rappeler le nombre de fois où j'ai failli me casser la figure parce que monsieur voulait absolument courir ? maugréa le pirate. Cependant, j'aimerais que vous fassiez une copie du programme de Itakura.

- Mais tu veux faire quoi de ces copies ? demanda Conan avec exaspération.

- Je te lai dit, faire la conquête du trône vide de MariJoa.

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Agasa conduisait sa vieille Coccinelle sur les routes enneigées sans s'occuper de l'heure tardive. S'ils avaient l'adresse de la résidence secondaire de Itakura-san, c'est parce que Kogoro avait demandé à ses clients tous les lieux où l'homme aurait été susceptible de se cacher.

- Mais tu es sûr que ça va aller ? On aurait peut-être dû demander à Ace-kun de venir, imagine qu'ils attendent quelque part, cachés ? frissonna Agasa.

- Non, rassura Conan en ajustant l'oreillette qu'il portait pour suivre les informations. Le fait qu'ils arrêtent de l'épier sans arrêt faisait partie des conditions que Itakura-san avait imposées ! Face à quelqu'un qui est tellement nerveux qu'il remarque que son stylo a bougé de cinq centimètres, on évite ce genre d'attitude.

- Il est vrai que s'il change d'avis juste avant de finir de développer son logiciel, ils perdent tout.

- Pour ce qui est de Portgas, dans son état actuel, je doute qu'il puisse faire quoi que ce soit contre les Hommes en Noir, du moins, sans ses dons ou sa taille adulte. Et l'un comme l'autre pourrait poser souci et attirer des soupçons. Cependant, son idée de faire une copie du logiciel n'est pas une mauvaise idée, je pense, ça nous permettrait de ne pas finir à la case départ si on doit le leur livrer.

- Et que fait-on si la nouvelle de la mort de Itakura-san est diffusée à la télévision ou à la radio ?

- C'est ce qu'on peut craindre, mais pour l'instant, ça va encore. Aujourd'hui, c'est le braquage d'une bijouterie et la fuite des voleurs qui font la Une. Il est certain qu'ils parleront de l'affaire de Itakura-san seulement demain matin.

Il tapota son oreillette pour montrer comment il parvenait à rester au fait des news.

- Dans toute cette affaire, et raison pour laquelle je veux vraiment qu'on ait une copie à étudier, je suis à la fois intrigué et inquiet à cause des dernières phrases de son journal.

- « Nous pouvons être Dieu et le diable à la fois, car contre le cours du temps, nous essayons de ressusciter les morts » ?

- Dites professeur, le médicament que Haibara essayait de mettre au point… commença Conan.

Cela fit rire Agasa.

- Non, enfin, il n'est pas question de zombie ! réfuta le vieux professeur.

- Pourtant, ils ont non seulement réussi à ramener Portgas à la vie, mais aussi très certainement Newgate, j'en suis persuadé, sans parler du fait que tous deux ne sont clairement pas de notre monde. Deux résurrections, professeur. Et je dirais même des résurrections parfaites. Tout porte à croire que c'était pas un accident d'expérience mais quelque chose de voulu. Prendre des étrangers signifie qu'ils ne risquent pas d'alerter les médias avec des familles et des amis qui crient au miracle parce qu'ils ont croisé leurs proches décédés en train de faire du shopping. Si la police avait ramassé un Portgas adulte, sans découvrir son akuma no mi, ils auraient cru à un John Doe amnésique, si ce n'est fou à lier. Comment peut-on croire quelqu'un qui n'existe dans aucun registre ? Combien de personnes de ce genre courent déjà les rues ?

Agasa ne savait pas quoi répondre devant les soupçons du garçon. Conan, pour sa part, conservait dans le crâne les mystérieuses paroles qu'avait un jour prononcées Haibara. Elle avait dit qu'on ne contrariait pas le cours du temps et que lorsqu'on essaye de lui forcer la main, on finissait toujours par en être puni. Mais pourquoi avait-elle dit ça ? Et surtout, de quelle punition parlait-elle ?

La voiturette jaune s'arrêta devant un chalet de montagne sur une allée de neige vierge. Pas un chat en vue dans cette nuit d'hiver. Ils sortirent de la voiture et se dirigèrent vers le chalet. Alors qu'Agasa se demandait comment ils allaient faire pour entrer, Conan trouva le double de clef derrière une marche de l'escalier. Il avait su qu'il trouverait un double dans les environs de la maison puisque dans son journal, Itakura-san avait fait mention du fait que les gens qui le connaissaient pouvaient venir ici quand ils le voulaient.

- On entre comme dans un moulin, ici, nota Agasa en suivant Conan à l'intérieur.

Le petit détective n'alluma pas la lumière, préférant user de sa montre-torche pour s'éclairer.

- C'est justement pour ça qu'il est venu cacher tout ça ici. Parce qu'on ne penserait jamais que ce logiciel qu'ils voulaient tant, pouvait se trouver dans un lieu si peu protégé. De plus, si Itakura-san ne récupérait pas le message qu'ils vont envoyer, ils auraient certainement fini par venir ici et trouver le logiciel et le chèque. Ainsi, il n'aurait plus eu affaire à eux malgré tout.

Conan alluma l'ordinateur et lança la boite mail tout en sortant le logiciel de sa cachette.

- Shinichi-kun, c'est bientôt l'heure, annonça Agasa en regardant sa montre.

Conan resta là, souriant férocement, attendant l'arrivée du mail qui lui permettrait de suivre l'ennemi à la trace. Les Hommes en Noirs étaient sur le point de montrer le bout de leur nez.

Un bip lui annonça la réception d'un nouveau mail.

Fébrilement, il l'ouvrit pour fixer avec horreur le résultat.

Un mot de passe.

Avec un compte à rebours très court.

Même pas le temps de réfléchir que les secondes défilèrent en un éclair et le mail disparut, faisant jurer Conan.

- Zut ! jura le garçon. Si on ne l'ouvre pas tout de suite, il est programmé pour s'effacer !

- Mais alors, tu crois qu'ils savent que nous n'avons pas ouvert leur mail ?

- Oui… ils savent peut-être même que nous avons utilisé cet ordinateur-là…

- Que faire ?! paniqua Agasa. S'ils pensaient qu'il était arrivé quelque chose à Itakura-san et qu'ils venaient ici ?!

La sonnerie du téléphone les fit sursauter.

Dans le silence feutré de la neige, le fixe du domicile se faisait entendre bien trop bruyamment pour eux, allant de concert avec la course folle de leur cœur. Ils restèrent immobiles, fixant le combiné avec une peur sourde, jusqu'au déclenchement du répondeur.

La voix qui jaillit du téléphone glaça le sang de Conan.

C'était Vodka qui parlait et il savait exactement qu'il y avait quelqu'un sur place.

- On est repérés… gémit le scientifique apeuré. Ils ont compris que nous étions ici grâce au mail qu'ils nous ont envoyé !

- Oui, à moins qu'à l'insu de Itakura-san, ils aient continué à surveiller ce chalet, supposa à voix basse Conan.

- Comment ?!

- Nous avions pensé qu'ils n'auraient pas prévu que Itakura-san viendrait récupérer son message depuis ce chalet, mais c'était peut-être une erreur d'appréciation…

- Mais alors, dans ce cas, on ne pourra pas fuir d'ici !

« Allez ! Réponds ! Je sais que tu es au chalet ! Alors, dépêche-toi de décrocher ! » gronda la voix sur le répondeur.

Vodka fut prit d'une quinte de toux en maugréant quelque chose comme 'saleté de pyromane'. Mais Agasa songeait déjà à filer par l'arrière en profitant de la nuit et des chutes de neige. Cependant, Conan avait une autre idée en tête. Le nœud papillon devant la bouche, il décrocha le téléphone :

- Désolé, dans l'obscurité, je ne voyais pas où était le combiné.

Il ignora Agasa en panique à côté de lui pour se concentrer sur la conversation.

- J'ai l'impression qu'avec la neige, la ligne de courant a été coupée, et à cause de ça, la réception du message a échoué.

« Pfff… quelle idée aussi de venir récupérer tes messages depuis ce chalet ! » se moqua Vodka.

Prenant un stylo, le détective coinça le combiné contre son épaule pour conserver dans une main son nœud et écrire un message de l'autre, sans interrompre la discussion :

- En tout cas, bravo. Vous avez rapidement compris que j'étais ici.

« Ahahaha ! Tu sais que nous prévoyons toujours sans mal ce que tu vas faire ! »

Conan éclaira son message à l'adresse de Agasa, lui demandant d'allumer la lumière. Alors, à l'aveuglette, Agasa chercha l'interrupteur, laissant l'enfant gérer au téléphone :

- Ne me dîtes pas que vous surveillez mon chalet…

« Mais non, ne t'affole pas ! Dis-moi plutôt, tu as terminé le logiciel ? »

- Non sans mal, mais oui, il est terminé.

A cet instant, la lumière fut.

La réaction à l'autre bout figea le garçon :

« Hein ?! Il y a quelqu'un avec toi ?! »

Blanc comme la neige au dehors, les deux compères ne savaient que répondre.

« Réponds ! C'était quoi ce bruit !? »

Un bruit ? Vodka avait réagi à un bruit ? L'homme avait l'oreille fine, Conan pouvait lui accorder ça.

- Le vent… bafoua l'enfant avec la voix d'Itakura. C'est le bruit du vent sur la vitre…

Cela calma le malfrat en ligne.

« C'est vrai que ça tombe bien dehors… ici aussi d'ailleurs. »

Ils avaient eu chaud. Allant droit au but, le petit détective entreprit d'obtenir le lieu de rendez-vous :

- Bon, vous aurez compris que je ne peux pas utiliser mon ordinateur, alors, ça m'arrangerait si vous pouviez me dire par téléphone où et quand je dois vous remettre le programme.

Vodka mordit à l'hameçon, donnant pour lieu de rendez-vous la gare de Kenbashi, qui est en travaux pour qu'elle soit rajoutée au réseau du métro de Tokyo. Il attendait Itakura le lendemain, à minuit, devant le casier numéro trente-deux du dernier sous-sol de la gare, avec le logiciel.

Conan savait très bien que s'il attendait demain, il allait les perdre.

- Non, demain, je ne peux pas. J'entre à l'hôpital ce soir pour subir des examens… vous savez que je suis cardiaque.

« J'espère pour toi que tu n'es pas en train d'essayer de gagner du temps parce que le programme n'est pas terminé ! » grogna le malfrat.

- Non ! Non ! Du tout, en vous en faîtes pas pour ça !

« Bon, alors, quand est-ce que c'est possible ? »

Conan devait balader le poisson pour obtenir ce qu'il voulait avant de le capturer :

- Quand je serai sorti de l'hôpital dans trois, quatre jours… non, plutôt cinq jours…

Vodka eut une quinte de toux impressionnante avant d'engueuler son interlocuteur pour lui dire de repousser son hospitalisation.

- J'ai enfin pu avoir un rendez-vous avec un grand cardiologue. Je ne peux pas décommander et attendre encore ! Si vous le voulez, avant que je sois hospitalisé, on peut se voir au lever du jour, mais on risque alors de rencontrer des ouvriers du chantier dans la gare et j'imagine que ça ne vous convient pas.

« Quatre heures. Rendez-vous dans quatre heures, à quatre heures, à l'endroit mentionné tout à l'heure ! »

- Quatre heures ?! C'est tout ce dont je dispose pour aller de Gunma à Tokyo ?!

« Qu'y a-t-il ? Si tu as terminé le programme, ça ne doit pas te poser de problème, non ? »

- Entendu, accorda Conan. J'y serai dans quatre heures, mais en échange, je veux que vous arrêtiez de me surveiller. Si j'aperçois un seul de vos camarades dans les environs, le marché sera annulé. Même chose si vous essayez de me prendre le logiciel par la force. Si cela devait arriver, jamais vous n'aurez les explications nécessaires pour faire fonctionner le programme.

La conversation se coupa sur le rendez-vous, laissant la ligne mourir entre eux.

Il ne cacha pas son sourire satisfait.

Ils avaient mordu.

- Qu'as-tu l'intention de faire ?! Tu ne vas quand même pas faire ce qu'ils te disent et leur apporter le programme ? protesta Agasa.

- Aucun risque, rassura Conan. J'ai mené la conversation à ma façon afin que l'heure du rendez-vous soit avancée ! J'ai fait semblant d'être effrayé ! Il est probable que la mort de Itakura-san sera annoncée demain à la première heure, aux infos. S'ils venaient à apprendre la vérité, ce marché serait annulé et l'indice que j'ai trouvé n'aura servi à rien.

Il ajusta son oreillette.

- Par chance, il semble qu'aucune rédaction d'infos n'ait décidé d'en parler pour l'instant, on en est encore au braquage de la bijouterie. C'était mon plan depuis le début. Si j'avais pu récupérer le mail, j'aurais répondu par un message demandant d'avancer l'heure du rendez-vous.

Il sortit un mouchoir et commença à effacer ses empreintes et toutes les traces de son passage à lui et Agasa.

- Ils sont peut-être en train de surveiller le chalet ! Nous avons garé naïvement la voiture devant la maison et si jamais ils nous voient…

- Aucun risque, rassura le petit homme. S'ils étaient vraiment près d'ici, ils auraient tout de suite compris que l'histoire de la panne était un mensonge. S'ils avaient pu penser qu'il y avait un risque que les voix soient enregistrées, ils n'auraient pas donné l'heure et le lieu de rendez-vous par téléphone.

C'est pour cela que Conan avait demandé d'allumer la lumière, c'était pour s'assurer que personne n'était dans le périmètre du chalet. C'était certainement à cause d'une spécificité du mail qu'ils avaient deviné qu'ils étaient ici, une sorte d'alerte pour leur dire que le mail n'avait pas été ouvert. Ils avaient une opportunité en or d'arrêter quelques-uns des membres de cette organisation, sans parler qu'avec l'ordinateur portable dans la voiture, il pourrait voir le genre de programme dont il était question, et en faire la copie réclamée par Portgas. Ainsi, si jamais il était question de grande criminalité aux terribles conséquences, ils pouvaient prévenir la police et leur dire de se poster au rendez-vous.

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Sauf que voilà, le logiciel leur posa problème en étant à la fois protégé par un cryptage le rendant impossible à lire, mais il était aussi impossible à copier. Avec ça, pas moyen d'avertir la police. Même signaler la possible présence d'hommes armés était un risque si jamais ils sous-estimaient le nombre en face. Il fallait que les autorités prennent conscience de l'importance de cette organisation pour qu'elle envoie assez d'hommes pour les contenir. Cependant, il y avait encore un petit moyen. Pour cela, Conan prit le CD vierge qui aurait dû servir à la copie et le mit dans la boite du logiciel après y avoir installé un mouchard. Le bon logiciel alla dans l'autre boitier qui fut lui aussi équipé d'un mouchard.

- Comme ça, je saurai ce que manigance Dawn avec, sourit férocement Conan en déposant le logiciel dans la boite à gant. Quant à l'autre…

- Attends, tu n'as quand même pas l'intention de les rencontrer directement ? s'enquit Agasa.

Le petit bonhomme allait répondre lorsqu'un crissement strident et une grosse secousse les prirent par surprise. Ils s'arrêtèrent sur le bas-côté et durent se rendre à l'évidence : ils avaient crevé. Sans parler qu'il était une heure du matin, il n'y avait pas grand monde qui viendrait les secourir dans cette tempête de neige.

- On n'a qu'à attendre tranquillement dans la voiture ! proposa joyeusement le scientifique.

- Mais si on fait ça, on va manquer notre rendez-vous ! protesta Conan.

- C'est peut-être un signe du destin pour éviter que tu ne te mettes en danger !

Eh bien, le destin devait bien se foutre de la gueule d'Agasa parce que Conan repéra dans le lointain des phares de voiture. Voyant le véhicule en approche, le garçon se mit à faire de grands gestes, faisant que la voiture s'arrêta. Le conducteur, un trentenaire, ouvrit la vitre pour leur demander s'ils avaient un problème.

- La voiture a crevé et nous devons rentrer à Tokyo, expliqua Conan en essayant de contenir son excitation. Vous ne pourriez pas nous laisser monter avec vous ?

- A Tokyo ? s'étonna le conducteur.

Il regarda à l'arrière où une femme était allongé en travers la banquette, là où elle essayait apparemment de dormir pour lui demander son avis et la femme donna son accord, puisque c'était dans leur direction.

- Vous connaissez les routes des environs ? s'enquit le conducteur.

- Oui, ça va, assura Agasa.

- Dans ce cas, montez à côté de moi, le gosse peut se mettre à l'arrière.

Conan voulut monter du côté passager, mais la femme s'était assise côté trottoir, faisant que l'enfant dut faire le tour pour s'installer sur la banquète arrière en s'excusant de l'avoir réveillée.

Pendant le trajet, laissant le rôle de l'enfant curieux prendre le dessus, le petit détective fit des commentaires sur tout et rien, mais plus particulièrement la voiture qui était une BMW importée, ce qui voulait dire que l'homme au volant était quand même assez friqué.

Un klaxon les alerta du fait qu'ils roulaient presque au milieu de la route et ils durent se déporter brutalement pour éviter la collision avec le véhicule qui venait en face.

- Ouf ! On a eu chaud… il faut être prudent avec ces routes enneigées… commenta le conducteur en redressant la conduite.

- Inutile de se presser, roulons tranquillement, conseilla Agasa avec inquiétude.

- Dîtes, vous n'avez pas entendu un drôle de bruit ? demanda Conan à la femme.

- Non, pas spécialement.

- C'est sûrement nos bagages dans le coffre qui ont dû bouger, pas de quoi s'en faire, rassura le conducteur.

Et l'homme se fit engueuler alors qu'il allait s'allumer une cigarette. Agasa empêcha la dispute de s'envenimer en montrant une route, sur la gauche, pour Tokyo.

L'homme alluma ses essuies-glace au lieu du clignotant en prenant à gauche, commentant sur l'arrêt de la neige et le fait qu'ils seraient là-bas avant trois heures.

Une seconde fois, ils se firent klaxonner pour rouler presque au milieu de la route.

- Tu veux bien te concentrer sur la route ! s'indigna la femme.

Le conducteur s'excusa, mais cette fois, Conan n'acheta pas l'affaire et se mit à s'agiter dans la voiture pour regarder au dehors, au niveau des roues, notant à quel point ils étaient au ras de la ligne blanche. Le comportement des propriétaires de la voiture était très bizarre.

Troisième voiture, troisième klaxon et de nouveau engueulade pour dire de faire attention.

- Elle a raison ! appuya innocemment Conan. En plus, la voiture n'est pas encore passée à la révision, alors, il faut conduire prudemment ! Mais c'est pour bientôt, non, la révision ?

- Oh, euh oui, peut-être… marmonna l'homme, assez perplexe en jetant un vague regard sur la vignette en haut du pare-brise.

- Vous avez oublié ? Pourtant, vous avez la vignette avec le chiffre deux collée sur le pare-brise ! C'est la vignette de la révision, n'est-ce pas ? Sa couleur détermine l'année et le chiffre, le mois où il faut la faire ! La vôtre est de la couleur de cette année et comme elle porte le chiffre deux, ça veut dire qu'il faut la faire avant fin février, c'est pour bientôt, donc !

- Oui ! ça me revient ! j'ai reçu un courrier qui me disait de la faire ce mois-ci !

- Mais comment as-tu fait pour voir la vignette alors qu'elle est cachée par la neige ? demanda la femme au petit garçon à côté d'elle.

- Je l'ai vue quand on a croisé des voitures ! Avec les phares, le contraste permet de voir le chiffre qui est en dessous.

Il pointa la vignette du doigt alors qu'une autre voiture venait en sens inverse. La lumière des phares éclaira la vignette, la rendant visible malgré la neige sur le sommet du pare-brise, dévoilant non pas un deux, mais un cinq.

- Ah ! J'y avais pas pensé, mais la vignette est collée pour être vue de dehors ! Ce n'est pas un deux, mais un cinq ! Mais alors, ça ne va pas ! Vous avez bien reçu un courrier vous demandant de faire la révision ce mois-ci, n'est-ce pas ? c'est bizarre quand même…

La femme vola au secours de son ami en disant que le fils de riche qu'il était ne s'occupait jamais de ce genre de chose lui-même et qu'il répondait au hasard, alors qu'en fait, ce n'est pas son problème parce qu'il ne s'en occupe pas.

- Il fallait tourner à droite pour aller vers Tokyo, pointa Agasa.

- Quoi ?

En jurant tout bas, le conducteur manœuvra difficilement pour reprendre la bonne direction, se plaignant sur le fait que le gosse le déconcentrait pendant qu'il galérait avec la boite de vitesses.

- Au fait, qu'est-ce que tu écoutes depuis tout à l'heure ? s'enquit la femme en avisant l'oreillette.

- Oh, ça ? demanda Conan. Ce sont les infos à la radio ! Sur tout ! Le temps qui va se rétablir ; le nouvel entraîneur de Big Osaka et même les braqueurs de la bijouterie qui sont toujours en fuite… un peu de tout, quoi !

- Ah… tu aimes écouter les infos, alors ? sourit nerveusement la femme.

- Hm !

- A propos, les braqueurs ont été arrêtés ? demanda Agasa.

- Pas encore ! Ils seraient en fuite dans les environs de Gunma ! Mais je suis sûr que la police va les arrêter ! Regardez, ils ont déjà mis un barrage !

En effet, ils venaient d'arriver à un barrage de police qui leur faisait signe de s'arrêter.

- Vos papiers, s'il vous plaît, demanda le policier en charge du barrage.

Le conducteur obtempéra. Le policier n'eut pas le temps de les regarder que Conan monta sur les genoux de la femme pour ouvrir la fenêtre et le saluer :

- Bonsoir inspecteur Yamamura !

- Tiens, mais c'est Conan-kun… reconnut l'homme.

Essayant de ne pas rire en se rappelant de l'horreur de Dawn en découvrant avec quel genre d'individu il partageait sa voix, Conan se fit confirmer que c'était bien un barrage pour arrêter les braqueurs de la bijouterie.

- Il s'agit d'un groupe de trois malfaiteurs avec des cagoules, raconta Yamamura. Après l'attaque de la bijouterie, ils ont volé une voiture pour s'enfuir et l'ont abandonnée dans la montagne. De là, on a perdu leur trace. Mais vu que l'un d'eux est blessé, je pense qu'ils n'ont pas dû aller bien loin.

- Un blessé ? s'intéressa Conan avec ses grands yeux innocents.

- Oui ! apprit avec fierté l'inspecteur. Une des balles que j'ai tirées pour qu'ils s'arrêtent a touché fortuitement l'un d'eux à la cuisse ! C'était comme dans un feuilleton policier !

Se rappelant pourquoi il était là, il se racla la gorge et redevint sérieux.

- Soit ces trois malfaiteurs avaient préparé une voiture cachée dans la forêt, et l'ont récupérée ; soit ils ont pris celle de quelqu'un qui passait par là et se sont enfuis avec ! Alors, vous n'auriez pas vu des gens suspects par hasard ?

- Des gens qui seraient montés en voiture avec d'autres par exemple ? demanda avec innocence le garçon en voyant du coin de l'œil la réaction des deux occupant d'origine de la voiture. Si, bien sûr ! Nous !

Et il se montra du doigt, provoquant l'incompréhension de l'inspecteur. C'est Agasa qui lui explicita les faits en lui disant qu'ils avaient crevé un peu plus haut dans la montagne.

- J'ai appelé un dépanneur qui ira la chercher demain matin et je l'ai laissé sur place avec la clé dessus, informa Agasa.

- Vous ne craignez pas pour votre voiture ? s'étonna la femme.

- Les voleurs l'ont peut-être trouvée et prise pour s'enfuir, pointa le conducteur.

- C'est vrai que c'est une possibilité, approuva Yamamura d'un air pensif.

- Au lieu de perdre du temps avec nous, vous feriez peut-être mieux d'aller voir cette voiture, non ? C'est une coccinelle jaune, vous ne pouvez pas la manquer !

Yamamura fronça les sourcils.

- C'est étrange, j'ai l'impression d'avoir déjà entendu votre voix, pointa l'inspecteur avec suspicion.

Il voulait qu'on parle de la sienne qui était strictement identique à un pirate pyromane ?

- Ah bon, c'est étonnant… sourit nerveusement la femme.

- Bien ! Vous permettez qu'on y aille, inspecteur ? pressa le conducteur.

Le policier était de plus en plus suspicieux. Son regard tomba sur la doudoune que la femme avait sur ses jambes pour garder de la chaleur et lui demanda de la soulever un instant. Conan se poussa de là, laissant la femme obtempérer non sans plainte, mais elle n'était pas blessée. Ainsi, ils furent invités à circuler..

.


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Red plaqua son coussin sur son crâne pour étouffer la sonnerie du téléphone.

- Fais taire cet engin de malheur ou je le crame ! rouspéta le pirate depuis le fond de son lit à l'adresse de Haibara.

En maugréant, elle sortit de son lit et enfila ses chaussons pour aller répondre au téléphone tout en baillant.

- Hayaku… grogna le pirate.

- Oui, oui, j'y suis, cesse de râler.

Se frottant les yeux, elle décrocha le téléphone :

- Maison du professeur Agasa, j'écoute ?

Ce qu'elle entendit la réveilla immédiatement et la fit se retourner vers la silhouette de Red dans le lit qui s'était assis dans ses couvertures, les cheveux en tous sens.

- Dare ? marmonna le pirate en s'étirant.

- La police de Gunma, répondit Haibara.

Red leva haut les sourcils de perplexité.

« Oui » disait Yamamura au téléphone alors que Haibara mettait le haut-parleur. « Le professeur Agasa nous avait dit que le dépanneur viendrait prendre sa voiture, mais par peur que les braqueurs en fuite ne soient tentés par cette voiture, nous avons préféré prendre les devants et la faire déplacer sans attendre. Aussi, dîtes-lui de venir chercher sa voiture à la préfecture du département. »

- Oui, d'accord.

Et elle raccrocha.

Dans quoi encore s'étaient fourré Conan et Agasa pour qu'ils soient à Gunma à une heure pareille ? C'était du Kudô tout craché, encore pris dans une affaire.

- Tu sais quelque chose, Portgas-kun ? demanda Haibara.

Une respiration paisible lui répondit, lui disant que Red s'était endormi assis. Elle soupira.

Non mais vraiment, poursuivre des gens sans cesse et sans une minute à soi, il fallait que quelqu'un lui explique un jour où était le plaisir d'être détective.

En allant se recoucher, elle remarqua les lunettes radars de rechange sur la table et les alluma.

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- Nous sommes presque arrivés, on approche de la gare de Kenbashi, votre destination, pointa le conducteur alors qu'ils roulaient dans les rues de Tokyo. Mais vous savez, la station est en travaux, il n'y a pas encore de métro.

- Je sais, ma maison est juste à côté, assura nerveusement Agasa.

Il se tourna vers l'arrière pour essayer de dissuader Conan, mais le petit détective ne changerait pas d'avis. Avant cela, il avait un truc à faire…

- Je sais que ça ne me regarde pas, mais j'aimerais bien que vous arrêtiez vos messes-basses dans ma voiture, dit le conducteur en allumant une cigarette.

- Ah ! Pardon ! s'excusa le scientifique.

- Imbécile ! je t'ai demandé de ne pas fumer, non ?! rouspéta la femme.

- Pardon ! je la jette toute de suite !

Et il ouvrit la fenêtre pour le faire.

- Pas par la fenêtre, enfin ! gronda Agasa. Vous avez un cendrier, utilisez-le !

Et le vieil homme se pencha pour récupérer le cendrier de la voiture pour voir de la petite monnaie recouverte de tabac.

- Même si vous êtes riche, ça ne vous autorise pas à faire ce genre de chose, rouspéta le scientifique devant l'irrespect clair.

- Ce n'est pas surprenant, pointa Conan avec sérieux. Après tout, ce sont les braqueurs de la bijouterie en fuite. Nous sommes certainement dans un véhicule qu'ils ont volé après avoir abandonné celui qu'ils avaient avant. Le véritable propriétaire ne doit pas être un fumeur et doit probablement utiliser le cendrier comme vide-poches. Il n'a pas dû y faire attention et a mis ses cendres sur les pièces. Après l'avoir remarqué, il a malgré tout continué à s'en servir de cendrier, jusqu'à ce que nous montions en voiture.

La femme voulut justifier cela autrement, mais pour Conan, les preuves ne manquaient pas sur le fait que c'était un véhicule volé. Comme par exemple, la conduite avec le volant à gauche, faisant qu'il roulait trop près de la ligne centrale et qu'il regardait à gauche au lieu de droite en marche arrière, comme il l'aurait fait dans une voiture locale. Sans parler de la boite de vitesse qui lui avait donné du fil à retordre puisqu'il n'était pas habitué à l'avoir à droite. Ne parlons même pas de l'erreur entre essuie-glace et clignotant, puisque ça aussi, c'était inversé sur les voitures étrangères.

- Quand je suis monté dans la voiture, vous m'avez fait entrer par la porte de droite alors que celle de gauche était plus près de moi, continua Conan. J'ai compris pourquoi après les explications de l'inspecteur Yamamura. Le fauteuil que vous cachez en vous asseyant dessus, il porte les traces de sang de votre camarade qui était ici jusqu'à tout à l'heure. Votre complice est très certainement dans le coffre. Vous l'y avez mis le temps de passer les différents barrages de police. Comme il y a des barrages à passer, en faisant monter un vieil homme et un enfant, il était plus facile de les traverser puisqu'on pense à une famille en voyage. C'est comme ça que j'ai compris qui vous étiez ! Après avoir volé une voiture, il n'y a que les braqueurs de la bijouterie qui peuvent faire ça !

La déduction de Conan fut récompensée par un flingue entre les deux yeux.

Il ne sourcilla même pas, tellement habitué à être menacé par une arme, ça ne l'impressionnait même plus. Il se contenta de sourire.

- Bon, le problème est maintenant de savoir où on se débarrasse du vieux et du gosse, pointa le conducteur en perdant sa façade agréable.

- Que penses-tu de la gare de Kenbashi en travaux ? proposa la femme armée sans se détourner de Conan. C'est là où ils souhaitaient se rendre, non ? Il ne devrait y avoir personne sur place et les ouvriers n'arrivent pas avant le lever du jour… mais dis-moi, petit, pourquoi ne pas nous avoir dénoncés à la police quand nous avons passé le barrage de de Gunma ? Tu savais déjà qui nous étions, non ?

- Oui, mais je ne voulais pas perdre de temps inutilement, pointa très calmement Conan. Si nous vous avions fait arrêter à ce moment-là, en tant que passagers, vous aurions dû faire nous aussi une déposition et nous aurions manqué un rendez-vous important. Vous faire arrêter n'est pas un problème, que ce soit maintenant ou plus tard.

- Oh ! Tu es bien sûr de toi, petit. Ce n'est pas pour me déplaire mais…

- Profites-en, conseilla le chauffeur. Parce que ça ne va pas durer. Après, tu auras beau crier à l'aide en pleurant, ça n'y changera rien.

Dommage pour lui, le dard de Conan avait un autre avis sur la question quand la fléchette fila de la montre jusqu'à la nuque dégagée. Effet immédiat, la fléchette hypodermique l'envoya chez Morphée. Mais l'enfant ne se s'arrêta pas là. Il se jeta sur le frein à main pour l'enclencher, faisant déraper le véhicule dans la neige. La femme se cogna contre le fauteuil du conducteur devant lui sous le cri de peur d'Agasa.

- Qu'est-ce qui te prend ?! rugit la femme en le menaçant de son arme une fois la voiture à l'arrêt.

- Allons, ça suffit, vous pouvez berner des bijoutiers, mais pas moi, je sais que votre arme n'est qu'un jouet. Après tout, je suis le détective Edogawa Conan !

Il se glissa à l'avant en avertissant la femme au sujet de la ceinture gonfle-ballon à l'arrière qu'il avait enclenché qui gonflait de plus en plus pour finir par coller la femme contre la vitre, l'immobilisant totalement. Confiant à Agasa la tâche d'avertir la police, Conan descendit de la voiture par la porte passager avant, afin de courir jusqu'à Kenbashi.

Il avait un rendez-vous là-bas.

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Courant dans l'obscurité, la capuche de sa veste sur le crâne, il pénétra en quatrième vitesse dans la gare, descendant jusqu'au sous-sol. Là, il chercha le casier numéro trente-deux et le trouva en hauteur, faisant qu'il dut escalader les autres casiers pour l'atteindre. Dedans, il déposa le faux logiciel qu'il accrocha avec du scotch au fond du casier, puis referma la porte sur le chèque avant de se relaisser tomber à terre et de se cacher derrière la rangée au bout, masqué dans l'obscurité.

Il devait attendre à présent.

Le cœur battant, caché dans le noir, il manqua de se trahir sous la surprise en entendant des pas dans la pièce vide et silencieuse. Des pas en approche.

Puis, une voix.

- Pfff ! Cet enfoiré d'Itakura n'est toujours pas là.

Vodka.

Un bruit clair informa le petit détective que quelqu'un venait d'allumer un briquet. Le malfrat devait certainement fumer.

- Hm ? Un chèque ?

Ah, Vodka venait de voir l'argent.

- Il est du même montant que celui qu'on avait donné à Itakura.

Le bruit de métal qui suivit disait qu'on avait ouvert la porte du casier.

- Et ça, c'est le disque du programme qu'on avait demandé à Itakura de fabriquer. Quel imbécile.

Conan entendit clairement le bruit que fit l'homme en noir pour cracher sa cigarette.

- Il nous rend l'argent et, de trouille, il s'enfuit en nous laissant le programme.

Le mouvement tira un sourire à Conan en dépit de la sueur froide et de l'adrénaline. Il venait de prendre le disque. Et pour ça, il fallait retirer ses gants pour le dé-scotcher du fond du casier. C'était l'occasion de récupérer des empreintes. Une série de petit bip se fit entendre, suivi de paroles :

- Ouais, c'est moi…

Vodka devait être au téléphone.

- Itakura doit encore être dans le coin. Vous l'attrapez et vous me l'amenez… Quoi ? Vous n'avez vu entrer dans la gare que quatre ou cinq types bourrés et un gosse ?! Ce n'est pas possible ! Trouvez-le !

Clic !

Une arme venait d'être sortie !

Oh merde, ça sentait pas bon… Surtout que Conan n'avait entendu personne venir outre Vodka !

- A quoi tu joues ? demanda un autre homme.

Gin…Le cerveau du duo. Comment avait-il réussi à être si discret !

- L'échange avait été programmé à minuit, non ? se fit confirmer calmement Gin.

- Si, mais Itakura avait un empêchement et du coup, on a avancé l'heure du rendez-vous, expliqua avec peur Vodka.

Ce devait être lui qui était du mauvais côté de l'arme.

- Tu veux dire qu'il t'a encore mené en bateau comme il l'a fait avec les mails ? traduisit le cerveau.

- Ah non. C'est nous qui avons fixé l'heure de rendez-vous. Il a voulu récupérer ses mails depuis sa maison de campagne, mais la communication a été interrompue à cause d'une coupure de courant provoquée par la neige. Du coup, on a arrangé ça directement par téléphone. On n'a pas réussi à le liquider, mais on a récupéré le programme. Il a le cœur fragile de toute façon, même si on lui fout la paix, il ne fera pas de vieux os.

- D'après toi, pourquoi ce boitier de CD est-il scellé avec de l'adhésif ?

Zut ! Gin avait compris son stratagème !

- Pour récupérer tes empreintes. Pour enlever l'adhésif, tu es obligé de retirer tes gants.

- Quoi ?!

- Ensuite, comme celui que tu attends n'arrive toujours pas, d'énervement, tu te mets à fumer. Grâce à la salive que tu laisses sur le mégot, on peut connaitre ton ADN.

Un bruit de plastique apprit à Conan qu'on démontait le boitier.

- Oh… et j'ai l'impression qu'on n'est pas au bout de nos surprises. Regarde ! Dans la partie interne du boitier, il y a un émetteur. On a affaire à un petit rusé.

- Cet enfoiré d'Itakura !

- Non, ce n'est pas Itakura. En présence de fortes variations de température, le système nerveux en subit les conséquences et le cœur est fortement sollicité. Quelqu'un qui serait fragile du cœur ne se rendrait pas volontairement dans une maison de campagne à Gunma où la neige tombe à gros flocons.

- Mais alors, celui avec qui j'ai parlé au téléphone…

- C'est certainement un type employé par Itakura. Et il ne sait pas où il a mis les pieds.

- Hein ?

- Apparemment, les empreintes ont été effacées, mais le boitier est encore tiède. Autrement dit, notre homme se cache quelque part, non loin d'ici. Passe par la droite.

Panique à bord chez Conan ! Il s'était fait griller !

Pire encore, ils venaient vers lui.

Que faire ? S'il prenait la fuite, on le verrait ! Mais où se cacher ?

Dans la panique, Conan réalisa contre quoi il était appuyé : un casier. Ouvert, par chance. En silence, il se glissant. à l'intérieur, referma au maximum la porte sur lui sans pour autant s'enfermer, afin de ne pas couper l'arrivée d'air et d'avoir un œil sur l'extérieur, écoutant avec peur les bruits de pas qui se rapprochaient.

- Il n'y a personne… nota Vodka.

Apparemment, ils étaient arrivés jusqu'à sa rangée. Les claquements métalliques lui dirent que quelqu'un était occupé à ouvrir tous les casiers, et le « aniki » interrogatif de Vodka renseigna Conan sur qui faisait ce boucan. Et surtout, qui allait finir par le trouver. Avec horreur, il vit la porte de son casier commencer à s'ouvrir, avant de s'interrompre.

- Un adulte ne pourrait pas se cacher dans un endroit pareil.

Et il referma totalement la porte.

- Allez, c'est bon, il a dû filer discrètement, peut-être même déguisé. Qui sait s'il n'a pas déjà prévenu la police ? soupira Gin.

- Quoi, tu veux parler du type qu'Itakura a engagé ?

- Oui, ça n'arrivera plus. Soyons plus prudents à l'avenir. De toute évidence, il y a quelqu'un qui suit l'Organisation à la trace. Un petit renard, rusé comme un détective. Je ne serais même pas surpris que ce soit ce salopard de Whisky qui nous fasse le coup.

Dans le noir, essayant de se calmer après la frousse qu'il venait de vivre, le petit détective réfléchissait comme un fou. Pouvait-il les suivre ? Non, c'était bien trop tôt, on lui tendait peut-être un piège. Mais que visait donc ces hommes ? Entre Haibara qui fabriquait un étrange médicament, Portgas ramené d'entre les morts, et Itakura à qui on demandait un étrange programme informatique… où était le rapport entre les trois ? Et surtout, quel était ce programme abandonné pour le bien de l'humanité… qu'est-ce que ça pouvait être… ?

.


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Dans le noir, Conan perdit la notion du temps. Sachant juste qu'il luttait pour ne pas s'évanouir devant le stress et l'oxygène raréfié à cause de la porte fermée, réfléchir devenait une opération délicate. Il devait sortir de là.

Sauf que voilà, des bruits de pas l'alertèrent.

Deux personnes.

Et malheureusement, il ne pouvait pas bouger.

En grinçant, la porte s'ouvrit sur…

L'air surpris de Haibara en pleine lumière.

- Ha…Haibara ? s'étonna faiblement Conan.

- Par Davy Jones, qu'est-ce que tu fabriques dans un casier ? demanda la voix de Red à proximité.

D'au-dessus la porte, le bras du petit pirate jaillit et chercha Conan, l'attrapant par le col de son manteau pour le tirer de là.

- Qu'est-ce que vous faîtes ici ?! paniqua le petit détective en commençant à refaire marcher son cerveau.

- Eh bien, le jour était levé et je ne vous voyais pas revenir, toi et le professeur, alors, je me suis servie des lunettes radars et je suis arrivée jusqu'à toi avec Dawn grâce au signal de ton badge.

- Vous voulez dire que c'est le matin ?! s'étrangla Conan.

La question des ouvriers pour savoir s'ils avaient trouvé leur ami fit réaliser à Conan qu'il avait de nouveau perdu la trace des Hommes en Noirs. Il monta quatre à quatre les escaliers vers la sortie du métro pour arriver sur un trottoir envahi par des travailleurs. Conan jeta un œil à sa montre pour se faire confirmer l'heure. Le manque d'oxygène avait dû lui faire perdre connaissance. Il se raidit en sentant la poigne brûlante de Red sur sa nuque.

Ohoh, le D. était en colère et sans kairoseki.

- Je dois te faire passer un interrogatoire à la pirate pour savoir ce que tu fabriquais là-dedans ?

Sachant que Haibara était à proximité, Conan ne pouvait que mentir :

- Ah… je n'avais pas beaucoup dormi, alors, j'ai fait un petit somme…

- C'est ça ta réponse ? Tu te fiches de nous ? accusa Haibara en croisant les bras sur sa poitrine.

- Edogawa, je te tue maintenant ou j'attends le retour de tes parents ?

- Allons, allons, on ne va pas faire tout un drame…

Et toujours en se disputant, les trois enfants prirent la route pour rentrer chez Agasa. Haibara se figea brutalement pour se retourner, étant persuadée d'avoir vu quelqu'un de familier.

- On vient juste de croiser Shanks, t'en fais pas, rassura Red. Allez, viens.

- Shanks ? répétèrent les deux autres.

- Ouep. Shanks.

Le D. éclata de rire alors que plus loin, Akai les observait par-dessus son épaule, écoutant par ses oreillettes l'annonce de la mort de Itakura.

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Red grimpa à l'avant de la voiture de Thatch et poussa un grognement quand son nakama referma la porte sur lui. Il se frotta le visage en soupirant, laissant son camarade démarrer.

- Dis-moi que t'as un bon programme défouloir, mec, je vais devenir fou, sinon.

- Du travail pour ton Kenbushoku. Essayons de surpasser Katakuri.

- Ouais !

Les deux amis échangèrent un rire alors que l'adulte se mettait en route.

- Ah, j'y pense…

Red sortit de sa poche une disquette et un CD-Rom.

- Qu'est-ce que c'est ? s'enquit le plus vieux.

- Le journal intime du défunt Itakura et le programme que ces cons, qui se croient dans un magasin d'alcool, lui ont demandé. C'est l'original, apparemment, il est ultra bien protégé, mais connaissant tes nouveaux potes, vous avez les moyens. Et tu feras gaffe. Connaissant Edogawa, il doit y avoir un moyen de savoir ce que tu vas faire avec ça.

- Merci, je prendrais garde.

Thatch cueillit les objets dans la main enfantine et les rangea dans une poche intérieure de son blouson.

- Ah et tu pourras dire à Shanks d'arrêter de nous croiser ? Miyano et Kudô virent à la paranoïa et je suis à deux doigts de l'accuser d'être un stalker.

- Shanks ? répéta le faux blond avec perplexité.

- Oui, Shanks. Le Shanks qui se la joue à la Smoker.

- Aaaaaaaaaah ! Ehehehe ! J'vais lui dire ça, il va pas aimer ! Pauvre Akai !