Bonjour à tous ! On se retrouve aujourd'hui pour une nouvelle affaire qui joue dans l'intrigue principale de la série ! Je vous remercie encore et toujours d'être au rendez-vous et j'espère que vous apprécierez le chapitre !

Bonne journée et à bientôt pour la suite !

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La neige et le froid n'étaient certainement pas les bienvenus ce jour-là. Surtout quand Haibara était clouée au lit à tousser comme une folle, un linge humide sur le front. L'effet chaud/froid provoqué par les capacités d'Ace (mis sous kairoseki pour le coup) d'un côté et la météo de saison de l'autre, n'arrangeaient pas la santé de la demoiselle. Red était assis en tailleur, sur le pied du lit de Haibara, tenant son menton dans une main, pendant que Conan et Agasa se faisaient du mouron pour la scientifique alitée. Si ce n'était qu'un simple rhume, le D. voulait bien se faire marine.

- Hier soir, quand Newgate-san l'a ramenée du laboratoire, elle a subitement eu une poussée de fièvre, expliqua Agasa en lissant son gros pull en laine sur sa bedaine. Il s'est passé beaucoup de choses ces derniers temps, ça a dû la fatiguer. Honnêtement, je pensais qu'Ace-kun serait le premier à tomber.

- J'ai grandi entre une jungle et un bidonville, sans mes flammes, donnez-moi un peu de crédit, s'indigna le pirate.

- C'est plutôt à Kudô qu'il faut demander si ça va, pointa faiblement Haibara sans ouvrir ls yeux.

- He ? s'étonna le petit détective à lunettes, qui était lui aussi chaudement habillé.

Elle ouvrit les yeux pour braquer un regard troublé et affaibli par la fièvre sur son camarade.

- Eh bien oui… hier soir, les types qui nous suivaient… si jamais ils t'avaient retrouvé et suivi jusqu'ici, Portgas et le professeur seraient en danger.

- J'voudrais bien les y voir ! défia Red.

- Aucun souci à se faire ! rassura Conan avec un grand sourire. Personne ne m'a suivi et personne ne surveillait cette maison !

- Je ferais quand même mieux d'appeler un médecin, réfléchit Agasa à voix haute.

- On est dimanche aujourd'hui, rappela avec lassitude la malade en refermant les yeux.

- Et ? Qu'est-ce que ça change ? demanda Red en levant haut ses sourcils au-dessus de son regard aveugle.

Conan oubliait bien trop souvent que, malgré l'adaptation assez étonnante du pirate, celui-ci venait d'une société avec un fonctionnement très différent. Heureusement, Haibara se chargea de l'explication pour lui :

- Le dimanche est peut-être un jour ouvré, mais tout ce qui est administration, bureaux, banques ferment leurs portes. La plupart des hôpitaux des environs ne prennent que les urgences le dimanche, et peu de médecins reçoivent.

- …okay ?

- Ah ! Je sais ! se remémora Agasa. Appelons Araide-sensei ! Il reçoit le dimanche !

- J'ai déjà essayé tout à l'heure, pointa Conan. Il n'y avait personne. Le procès dont tout le monde parle approche, il doit être occupé puisqu'il doit témoigner. Au fait…

Le petit détective se tourna de nouveau en souriant vers la malade.

- Il y a un cabinet de médecin dans le centre commercial de Tôto. Si on allait le voir ? Je crois qu'il n'est fermé que le jeudi.

Avec une toux, la scientifique leur dit que ce n'était pas la peine et qu'elle pouvait s'en passer.

- Quoi que tu dises, il vaut mieux qu'on te fasse examiner, lui dit Agasa avec douceur. On dit que les rhumes non soignés sont la source de toutes les maladies.

Conan regarda Red quand celui-ci sortit son téléphone et appuya sur une touche d'appel rapide qui correspondait à Thatch. L'objet à l'oreille, il patienta un instant avant d'avoir une réponse.

- Oui, je sais que tu es occupé, avec l'ouverture de ton nouveau restaurant, mais j'ai juste besoin que tu me confirmes deux choses, Thatch, coupa Red alors que tout le monde entendait la voix colérique du cuisinier à l'autre bout. T'es bien au centre commercial Tôto, non ?

« Oui, pourquoi ? »

- Peux-tu me confirmer que le cabinet médical du coin peu recevoir aujourd'hui ? Haibara est malade.

Ils entendirent l'homme dire « ok » avec un air sérieux et qu'il allait prendre rendez-vous pour eux.

- Je t'ai déjà dit que t'es un super frère, mec ? demanda avec un sourire le petit D.

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Ils étaient dans la voiture et déjà en chemin quand Thatch les rappela. Apparemment, il y avait bien deux heures d'attente pour être reçu par le médecin vu le nombre de consultations que le docteur des environs avait déjà de prévues.

Haibara était allongée à l'arrière, recouverte par un plaid, toujours avec une serviette éponge sur le front, pendant que les deux garçons étaient sur le siège passager avant. Red avait son téléphone en main sur haut-parleur, faisant que tout le monde pouvait entendre les conclusions du cuisinier.

- On n'a pas trop le choix, soupira Conan. Vous pouvez prendre le rendez-vous ? On passera les deux heures dans le centre commercial en attendant.

- Oui, bonne idée, approuva Agasa. En plus, je commence à avoir faim.

« Je vous attends, mais je peux pas vous réserver de table, c'est la folie aujourd'hui. Manger fera du bien à la gamine. Je lui ferai la soupe vitaminée qui en a remis plus d'un sur pied ! »

- La dernière fois que Cassandra a demandé que tu la fasses, Jozu a craché du feu. Haibara n'a pas un estomac en diamant, force pas, demanda Red.

« C'est toi le cuisinier ou moi ? Fais attention à ce que tu dis, je suis à deux doigts de vous faire payer le repas que j'allais vous offrir à la base !»

- On arrive. Merci pour l'invitation, coupa Conan en prenant le téléphone de la main de l'aveugle.

Et il raccrocha.

- Cassandra est le médecin de bord ? se fit confirmer le détective.

- Elle préfère le titre de Chef Infirmière, mais c'était bien l'un de nos médecins.

- Raison de plus pour ne pas agacer ton camarade et lui faire confiance pour savoir quoi donner à Haibara.

Red haussa des épaules. Il espérait juste que Thatch n'exagèrerait pas dans la façon dont il épicerait la soupe miraculeuse dont il avait le secret.

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Bientôt, ils furent dans le parking du centre commercial et après avoir tourné un moment, ils finirent par trouver une place. Conan descendit le premier pour aider Agasa à la manœuvre avant que le moteur se coupe. Red se détacha alors que Haibara se débarrassait de la serviette sur son front et du plaid.

- Tiens ! Prends ma main ! Tu dois te sentir faible, non ? proposa Conan en lui ouvrant la porte, croisant par la même un regard affaibli.

Son élan chevaleresque fut pourtant repoussé.

- C'est bon, arrête ton cinéma, je suis encore capable de descendre de voiture toute seule.

Elle était presque totalement dehors quand elle se figea, perdant toute couleur sur son visage en voyant que ce qui était garé plus loin.

Porsche 356 A

Comme Gin.

- Haibara ? appela Red avec perplexité qui sentait sa peur dans l'air.

Elle regarda autour d'elle, mais aucune trace du propriétaire.

- Eh oh, rassura Conan. Je veux bien que ce soit le même modèle que la voiture de Gin, mais la sienne est noire et celle-ci est verte. Les couleurs sont différentes, non ?

- Elle est où ? demanda Red en sortant sa canne blanche.

- Tout droit… tout droit… gauche… encore un peu à gauche… elle est juste devant toi.

Une fois arrivé devant le véhicule, il toucha la carlingue du bout des doigts, faisant courir sa main sur le capot avant de la porter à son nez. Il secoua la tête.

- Elle a pas la même odeur de sang que celle de Gin, aucun risque, rassura le pirate.

- Qu'est-ce que je disais. Et puis regarde, on a trois Porches alignées les unes à côtés des autres. Ce sont certainement des fans de la marque qui se sont retrouvés ici pour déjeuner ensemble. Reviens, Dawn.

Red revint vers le groupe alors qu'une quatrième Porsche venait se garer dans la place libre entre les trois. C'était une 911 cette fois. Trois personnes en sortirent, laissant une quatrième dormir à l'avant, apparemment à cuver son vin, faisant que les autres se décidèrent à aller faire des courses sans le dernier de leur groupe.

- Dîtes ! interpella Conan. Les quatre Porsches qui sont ici, ce sont les vôtres ?

- Oui, répondit un homme enrobé qui avait conduit la 911.

Il montra la 356A que le second homme sobre du groupe était en train d'ouvrir.

- Celle qui paraît vieille, c'est un modèle 356A qui appartient à Hotei.

Il désigna ensuite la plus récente, tout en bout de file, dans laquelle la femme venait d'entrer.

- La toute neuve au bout, c'est une Porsche Boxter, elle est à Taiyama.

Il pointa du pouce la voiture derrière lui avec fierté.

- Et celle-là, c'est la mienne. Une 911. La 928 rouge juste à côté, c'est celle de Banba qui dort dans ma voiture pour l'instant !

- Pourquoi il est dans votre voiture s'il a la sienne ? demanda Red avec perplexité.

C'est Hotei qui répondit à la question :

- Nous sommes des fans de Porsche, mais nous jouons aussi au golf ensemble. Et quand on joue tous les quatre, on a l'habitude de se retrouver ici et de monter dans la voiture de Kureko.

- C'est plus agréable d'être tous dans la même voiture, et puis, en plus, ça permet de partager les frais, renchérit la femme en revenant vers ses camarades.

- Le parking ici est gratuit si l'on en profite pour faire quelques courses, pointa l'homme qui venait d'être identifié comme Kureko. Et puis, l'un d'entre nous a la mauvaise habitude de boire de la bière en jouant au golf. En général, quand on arrive au bout du parcours, il est ivre mort. Résultat, on n'a plus qu'à faire des courses ici en attendant qu'il se réveille !

- Enfin, le dimanche, il y a beaucoup de monde dans ce parking, pointa Taiyama alors que son groupe commençait à s'éloigner. Il n'est pas évident de trouver un emplacement, mais de cette façon, on a une place assurée.

Et elle s'en alla rejoindre les deux autres hommes, laissant Agasa perplexe.

- Une place assurée ? répéta-t-il.

- Y'a pas grand monde qui oserait se mettre entre deux Porches dans un parking. Des conneries, d'après moi.

Le groupe sursauta pour voir qu'ils avaient la compagnie de la secrétaire de Jirokichi qui venait de les rejoindre sans qu'ils ne le réalisent. Comment cette femme arrivait-elle à les prendre ainsi par surprise ? Même l'aveugle n'avait pas perçu le bruit des talons de la femme dans le parking calme ! Red se cacha par instinct à moitié derrière Agasa, ne sachant pourquoi il se sentait intimidé par cette femme.

- Minaguchi-san ? Qu'est-ce que vous faîtes ici ? s'étonna Conan.

- Mes courses. Ce n'est pas parce que je travaille pour ce cher Suzuki Jirokichi que je suis payée des mille et des cents pour avoir une vie de luxe. Ok, il m'a offert la voiture en remerciement pour mes longues années de service, mais j'attends toujours une vraie augmentation qui me permette de quitter mon petit appartement sans devoir couper les frais médicaux exorbitant que je débourse chaque année.

La femme eut un lourd soupir en passant sa main dans ses cheveux et se retourna pour regarder une voiture un peu plus loin sur le parking.

- Parfois, je me dis que ça serait mieux de revendre cette voiture pour avoir une petite rentrée d'argent, mais l'Adrenaline Junkie que je suis n'arrive pas à passer le pas.

- Vous avez quoi comme voiture ? demanda Agasa.

Elle montra le bout d'une voiture argentée basse sur ses roues avec une ligne épurée.

- Une Jaguar XJ220-S. Vu le peu d'exemplaires produits de la voiture, on peut dire que c'est un objet de collection, présenta-t-elle.

Conan se fit une note de ne jamais présenter la secrétaire à sa mère. Yukiko et son amour des voitures de course s'entendrait comme un larron en foire avec Yûko qui se baladait avec la Jaguar qui avait décroché le titre de voiture la plus rapide du monde de quatre-vingt-quatorze à quatre-vingt-dix-huit dans le Guinness Book. La secrétaire les salua, sans remarquer Red qui se cachait toujours comme un gosse derrière Agasa, et s'en alla en toussant comme à son habitude. Haibara la regarda partir, puis de nouveau la voiture qui lui rappelait bien trop Gin, et au lieu de suivre le vieux scientifique quand il dit qu'il était temps d'y aller, elle remonta dans la coccinelle en prétextant ne pas se sentir bien et choisi attendre dans le parking l'heure de la consultation.

- Ce n'est pas étonnant, pointa Conan alors que Haibara refermait la portière sur elle en la claquant. On a été suivis mais on ne sait pas par qui. Je comprends qu'elle se replie sur elle-même après ça.

- Tu veux dire que… commença Agasa avec une voix blanche.

Red sortit de sa cachette derrière la carrure bedonnante du scientifique et répondit pour le détective :

- La possibilité que ce soit des gars de l'Organisation n'est pas quelque chose à écarter. Tant qu'on ne sait pas qui est visé de nous trois, on ne peut pas agir.

- Et toi, qu'est-ce qu'il t'arrive ? C'est quoi cette réaction devant la secrétaire ? Même avec Jodie t'as cessé de jouer à cache-cache.

- Je sais pas. Elle est pas dangereuse, mais elle me laisse une étrange impression.

- Comment ça ?

- Je ne sais pas ! On y va, oui ou merde ?

Le D. enfonça sa casquette sur son crâne avec une expression fermée montrant qu'il ne voulait pas entrer dans les détails. En soupirant Conan fit signe à Agasa qu'ils pouvaient y aller. Aussi, ils constatèrent, une fois arrivés à l'étage où était le nouveau restaurant, qu'ils n'étaient pas les seuls à vouloir l'essayer.

- Tu n'arrêtes pas de dire que ton ami cuisine bien, mais autant de monde, c'est de la folie ! s'étrangla Conan en réalisant la taille de la queue de clients qui voulaient manger dans le restaurant.

- Eh bien, tu pourras goûter sa cuisine et comprendre, une fois qu'on aura franchi ce barrage.

La file d'attente s'étirait loin, très loin du restaurant quand le trio se mit dedans. Et bientôt, d'autres personnes se rajoutèrent derrière eux. Un peu plus loin devant eux, ils remarquèrent le trio de conducteurs de Porsches. Kureko-san avait apparemment oublié son téléphone dans sa voiture et fila le chercher.

- Newgate-san est très réputé, nota Agasa en jouant avec ses doigts d'embarras.

Conan allait faire un commentaire quand Red se retourna.

- Konnichiwa minna !

- Hey ! Cool Kid ! Little Devil !

Jodie se fraya un chemin dans la foule avec Sonoko et Ran… qui traînait par le bras une Kali qui cherchait clairement une issue de secours à ce kidnapping. Quand elle remarqua Red, elle fila vers lui pour le prendre aisément dans ses bras en dépit des poids et cacher son visage dans le cou du môme. Le D. avait l'air de vouloir rire en tapotant doucement le dos de son amie.

- Qu'est-ce que vous faîtes ici ? s'étonna Conan.

- On est venu pour le restaurant, puisque Jodie-sensei nous a dit que son petit-ami faisait l'ouverture aujourd'hui, expliqua Sonoko comme si c'était une évidence.

- My, yes ! assura Jodie avec un sourire. La cuisine de Thatch est very good and healthy !

- J'ai proposé à Kali-san de nous rejoindre ! sourit joyeusement Ran. Mais c'est à moi de vous demander ce que vous faîtes-là. Tu devais pas aller voir la petite Ai ?

- Ah… euh… non…

Conan s'empêtrait littéralement dans quoi sortir en présence de Jodie. Il faisait plus confiance à Thatch, parce que Red était garant de lui et que l'homme les aidait plus ou moins, mais la prof d'anglais, elle était louche.

- La petite Ai ? répéta Jodie.

- Euh oui…

Agasa non plus n'en menait pas large.

Red n'avait pas envie de se mouiller, surtout qu'il venait de sentir son amie se raidir contre lui, et ce n'était jamais pour rien qu'elle le faisait.

- Je voulais l'inviter à venir manger, mais avec sa grippe, ça n'avait pas l'air possible, donc, j'ai renoncé ! finit par mentir Conan. Pas vrai Dawn ?!

- Ouais.

Une diversion se manifesta avec la présence d'une caméra de télévision qui passait devant la foule pour marquer l'évènement.

- Vu qu'on parle du restaurant même à la télévision et que Dawn arrête pas de vanter la cuisine de Newgate-san, hakase et moi, on a voulu goûter. Newgate-san a promis que si on trouvait une table, la note serait pour lui.

- Avec l'estomac du monstre, il va y laisser ses gains de la journée, commenta Sonoko avec un regard noir pour Red.

Le petit pirate ne l'écoutait pas. Il avait le cou de sa camarade dans ses bras et elle était toujours aussi immobile qu'une statue.

- Tout va bien ? demanda Ran avec inquiétude.

- Oui. Juste une baisse de tension, mentit la brune. Gamin.

Conan regarda la femme qui avait relevé juste un peu la tête de l'épaule de l'enfant dans ses bras. Franchement, ses yeux mauves étaient perturbants.

- Prépare ses affaires pour trois semaines. Il restera avec moi pendant ce temps.

- Pourquoi ? s'étonna Conan pour tout le monde.

- Si Kali l'a décidé, alors, je passerai trois semaines avec elle, annonça Red. Tu en as plus souvent, non ?

- Je m'éveille.

Elle reposa l'enfant à terre sur ce dialogue cryptique, le cachant presque avec les plis de son saroual alors que la journaliste venait à la rencontre de leur groupe avec sa caméra de télévision.

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Akai était dans sa voiture, jetant un œil vague sur l'écran de télévision miniature qu'il avait à l'avant avec lui, avec, juste en dessous la photo prise la veille du groupe d'enfants avec Yukiko. Il zappait à la recherche d'une bonne chaîne d'informations quand il tomba sur l'interview du petit Conan par une journaliste.

« - Toi aussi, tu es venu gouter à la fameuse cuisine du chef Newgate Thatch ?

- Ah oui ! répondit l'enfant avec un mal-être clair. Mais vu qu'il y a beaucoup de monde aujourd'hui, je crois qu'on va repartir !

- Oh, quel dommage ! »

L'homme enclencha son frein à main pour faire un dérapage sur la route enneigée et faire demi-tour.

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- Donc, nous, on rentre. Vous voulez venir chercher ses affaires maintenant ? fit Conan avec Agasa clairement perplexe du comportement du petit détective.

- Oui. On se reverra une prochaine fois, Mouri. Suzuki. Miss Saint Emilion, salua Kali.

Sans difficulté, elle hissa Red, qui venait de faire une crise, sur son dos, le cachant en partie dans son sari, prenant la canne blanche de son autre main. Elle suivit au pas de course les deux autres qui prenaient la direction du parking.

- Mais la queue avance vite ! cria Ran en les voyant s'éloigner.

- Laisse, ces enfants ne connaissent pas le goût des bonnes choses, lui dit Suzuki.

Aucune des deux filles ne vit l'étrange regard de Jodie sur Conan.

Pendant qu'ils couraient, Agasa essayait d'avoir des explications, mais Conan ne parlait pas. Il avait le visage blanc d'inquiétude.

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Haibara somnolait dans le parking quand elle entendit des pas venir dans sa direction. Elle se releva en retirant la serviette de son front et vit par le parebrise Kureko revenir à sa voiture en toute tranquillité. Elle allait s'en désintéresser quand elle vit du coin de l'œil Agasa et Conan revenir avec une fille qu'elle n'avait jamais vue sur les talons, qui soutenait dans ses bras la silhouette de Red. La petite scientifique n'aimait pas l'expression inquiète sur le visage du petit détective. Pourquoi donc avait-il l'air si effrayé ?

Le hurlement du conducteur de la Porsche la fit sursauter.

Red sauta immédiatement des bras de la brune et se tint devant elle dans un geste protecteur, sa canne blanche brandit devant lui comme une arme. Conan se détourna de son objectif pour aller voir ce qu'il se passait pour que le quarantenaire recule comme s'il avait vu un fantôme.

- L'air empeste la mort, grinça Kali en gardant la bouche un maximum fermée.

Conan se glissa dans le véhicule pour voir le soulard toujours à sa place. La marque presque sanglante et fine à son cou disait qu'il ne bougerait plus avant un moment. Il avait été étranglé. Mais il n'y avait pas de temps à perdre.

- Prenez tout le monde avec la voiture et allez-vous-en, je vais rester ici pour résoudre cette affaire, demanda avec sérieux Conan. Tout à l'heure, j'ai été filmé par une chaîne de télévision… si ceux qui nous suivaient hier soir font partie de l'Organisation des Hommes en Noir et s'ils ont vu l'émission de télé, ils risquent de débarquer ici.

- Tu n'as pas à t'en faire ! L'émission de tout à l'heure passe entre midi et deux… il ne doit pas y avoir plus de dix pour cent d'audience ! rassura Agasa. Si c'était une émission diffusée à une heure de grande écoute, je comprendrais, mais…

Kali coupa en plein centre son argument.

- Cela fait quarante millions de personnes sur cette région à avoir la télévision, sans parler des boutiques qui en ont en vitrine, les gares, les bars, les restaurants et autres. Même en partant du principe que seul un dixième des habitants du Kantô soit devant son poste, ça fait déjà quatre millions de personnes. Vous pouvez m'assurer que parmi ces quatre millions, il n'y a aucun des salopards qui ont pris les yeux de mon commandant ?

Elle enfonça un doigt osseux dans la poitrine d'Agasa.

- Je l'ai perdu une fois ! Je ne le perdrai pas une seconde !

- Kali, ça suffit, calme-toi, demanda Red avec une pointe d'agacement.

- Je vais aller chercher tes affaires moi-même, ça sera plus rapide et discret, décida-t-elle.

- Discret et rapide ? Comment tu veux faire ça ? Le Parkour est à exclure, c'est tout sauf discret.

L'air dubitatif du petit pirate était impayable.

- On remarque pas un serpent, répondit la brune.

- Et les ailes ?

- J'ai appris à les cacher. Tu manques de foi en tes nakamas, Ace. Je suis une des chasseuses des Shirohige. Personne ne me verra. Reste ici et attends-moi.

Elle retira son sari et le passa sur les épaules de son ami avant de s'éloigner.

- Ce ne serait pas plus rapide avec la voiture ? pointa Agasa.

- Si elle en fait à sa tête, c'est qu'elle a vu comment procéder. En attendant, on a autre chose à faire, pointa Red en enroulant un peu mieux le sari de son amie pour qu'il ne traîne pas par terre. Du genre, faire évacuer Haibara et lui trouver un médecin.

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Thatch était venu à la table des filles pour voir comment ça se passait, et il avait été perplexe d'apprendre que Conan avait décidé de ne pas venir manger, sentant que quelque chose clochait dans l'affaire. C'est là que Sonoko remarqua l'arrivée massive de voitures de police depuis la fenêtre du restaurant proche de leur table.

- Tu vas voir que le petit binoclard est encore mêlé à ça, pronostiqua Sonoko.

Le portable de Thatch sonna à cet instant et il décrocha avec une certaine perplexité. Quoi qu'on soit en train de lui dire, ça devait le fatiguait vu la façon dont il se pinça le nez.

- T'es certain que c'est vraiment que lui qui porte la poisse ? demanda le cuisinier à son interlocuteur devant l'air curieux des demoiselles.

« TU CROIS QUE CA M'AMUSE, FICHU CUISTOT DE PACOTILLE ! »

Le hurlement bien clair identifia Red comme étant l'interlocuteur quand Thatch écarta son téléphone pour préserver son tympan.

- C'est bon, t'énerve pas. Fais attention à toi, ok ?

Le cuisinier raccrocha après avoir eu sa réponse et soupira.

- What happened ? demanda Jodie.

- J'avais tendance à dire qu'on pouvait pas trouver plus poissard que le D., mais le petit Edogawa me fait mentir, répondit l'homme en continuant de se pincer le nez. Si vous allez faire les curieuses, je peux vous confier un thermos ? Dîtes à Red que c'est la soupe miraculeuse, il comprendra.

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Vu qu'il y avait un meurtre, toutes les sorties du parking étaient bouclées, empêchant Agasa de s'en aller. Conan, avec le professeur au téléphone, leur recommanda de se retrouver une place et d'y rester. Il ne devait pas en avoir pour longtemps à résoudre cette affaire.

Pendant ce temps, Red écoutait la police faire son travail.

- Banba Yukiya, quarante et un ans, présenta Takagi à son supérieur pendant que les experts passaient la voiture au peigne fin. La mort a été causée par un étouffement provoqué par une strangulation. D'après les traces autour du cou, l'arme pourrait être un fil très fin.

Pour le pirate, cela lui faisait penser à un fil de pêche, mais il n'avait pas la possibilité de voir la blessure pour le confirmer ou non.

- Celui qui a fait ça ne manquait pas de force, commenta Megure.

Il cesse d'observer le corps pour demander à son agent qui avait découvert le corps. Takagi lui désigna Kureko, disant que l'homme était parti jouer au golf avec la victime pour s'arrêter ici sur le chemin du retour.

- Et les deux autres personnes derrière ? demanda le commissaire.

- Ce sont aussi des amis du golf, expliqua le quarantenaire bedonnant.

- Et des Porsches aussi ! intervint Conan.

Megure et Takagi étaient surpris d'être encore étonnés de la présence des deux garçons ici.

- Qu'est-ce que vous faîtes ici, tous les deux ? s'enquit Takagi en se penchant au niveau des garçons.

- On est venu ici avec hakase parce que Thatch-nii-san nous avait invités à l'ouverture de son nouveau restaurant, marmonna Red en crochetant ses mains à sa nuque, sa canne suspendue à son poignet par sa dragonne.

- Hm ! En descendant de voiture, on a croisé ces personnes qui arrivaient et nous avons un peu parlé ! enchaîna Conan.

- Et le professeur ?

- En finissant de manger, il a dit qu'il avait des courses à faire, donc, on est descendus l'attendre ici.

- Kali-nee-chan m'a demandé de l'attendre gentiment ici, elle veut que je passe quelques jours avec elle. On ne désobéit pas à la Kuudere. C'est juste suicidaire.

- Je vois. Bon, vous pouvez nous dire quoi sur la situation à leur arrivé à ces gens-là ? demanda Megure.

- Il devait être treize heures quand ils sont arrivés, tous les quatre dans la Porsche où le crime a eu lieu. Mais il n'y en a que trois qui sont descendus, raconta le petit détective. Ils ont dit qu'ils allaient faire des courses dans le grand magasin jusqu'à ce que ce monsieur ait dessaoulé. Apparemment, ils avaient l'intention de récupérer chacun leur voiture un peu plus tard !

Alors que le commissaire se faisait confirmer que les voitures leur appartenaient à tous, le médecin légiste l'interpella pour lui dire deux mots. Apparemment, ils avaient l'heure du crime, vers treize heures, faisant du trio les suspects de l'affaire, sous-entendant presque que l'un des trois avait tué la victime en sortant de la voiture.

- Tu n'as rien remarqué avec ton Haki ? murmura Conan à Red.

- J'ai surtout pas songé à faire appel à lui, navré, se justifia l'aveugle.

Megure procéda à une fouille des voitures, trouvant dans la 911 une boîte à musique cassée et des cannes à pêche avec un moulinet électrique dans la 356. Le moulinet aurait pu servir d'arme, mais en plus d'avoir été trouvé dans sa housse, il n'avait pas la force suffisante pour étrangler quelqu'un.

Taiyama était la dernière à être sortie de la voiture, mais sa faible constitution la mettait hors de cause, surtout qu'à l'arrière, on ne trouva qu'un modèle réduit de Porsche offerte par un parent.

Et rien pour prouver ce qui avait été dit jusqu'à ce que Conan montre la caméra de surveillance. Il allait suivre la police quand Red le tira par la manche. Perplexe, le petit détective regarda son camarade qui montra à l'aveuglette quelque chose du pouce. Quelque chose étant la voiture de Agasa. Le scientifique venait de les avertir de l'état de plus en plus préoccupant de Haibara.

- Tant pis, au cas où, je vais demander à l'inspecteur Takagi de vous faire sortir discrètement dans une voiture de police. Qui sait s'ils ne sont…

- Sensei ? Qu'est-ce que vous faîtes ici ? coupa Red.

Conan se retourna d'un bond pour voir Jodie en train de les rejoindre avec Sonoko et Ran.

- On ne peut décidément pas te prendre par surprise, Little Devil ! sourit l'enseignante d'anglais.

On l'avait déjà eu une fois aujourd'hui et un meurtre avait eu lieu sous son nez de par son manque d'attention. Hors de question qu'il se fasse prendre une seconde fois.

- Alors, tu es encore mêlé à une affaire, hein ? devina Ran.

- Ah… euh… oui… Mais comment vous avez fait pour entrer ici ? demanda Conan en essayant de changer le sujet. Je croyais que la police ne laissait entrer que les personnes concernées.

- Elles sont certainement fait comme moi, en disant venir chercher quelqu'un.

Kali venait de se joindre au groupe, la respiration légèrement sifflante et sa crinière trempée de neige fondue. Elle avait un gros sac de sport à l'épaule qu'elle laissa tomber aux pieds de Red qui lui rendit son sari.

Cette femme était plus que rapide pour être parvenue à faire un aller et retour en si peu de temps. Cependant, Ran avait déjà regardé derrière Conan pour voir, allongée sur la banquette arrière, Haibara toujours aussi malade. Et Jodie ne loupa pas le moins du monde la gamine même si elle donna à Red un thermos en disant que c'était une demande de Thatch.

Conan sauta sur la première idée qui lui vint à l'esprit pour éloigner tout ce beau monde de la voiture et de la scientifique malade :

- Au fait, Sonoko-nee-chan ! Tu es une grande détective, non ? On va aller voir les images prises par les caméras de surveillance ! Tu veux pas venir avec nous ?!

Innocemment, il attrapa la main de Jodie pour l'embarquer avec lui.

- Vous aussi, professeur ! Venez !

L'enseignante de langue se laissa entraîner, bien que son esprit se soit arrêté sur la vision de la fillette dans la voiture.

Des cheveux châtains avec des mèches tirant sur le rouge…

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Durant l'examen de l'enregistrement, Megure nota que Hotei et Taiyama étaient retournés une fois à leur véhicule avant de s'en aller faire les courses. Justification : récupérer leur portefeuille. Aucun d'eux ne semblaient se balader avec un fil ou quoi que ce soit du genre.

Mais cela ne les avançait pas des masses, parce que personne ne s'était approché de la voiture avant le retour de Kureko. Megure avait hésité un instant avec la présence de la secrétaire de Jirokichi, mais Sonoko l'avait défendue en disant que c'était le genre de femme qui, si elle voulait la mort de quelqu'un, le ferait en pleine rue et au grand jour et se foutrait de la gueule de la police en leur filant entre les doigts.

Typiquement le genre d'Ace.

- Et si vous l'aviez étranglé tous les trois avant de descendre de voiture ? supposa Sonoko.

- Quoi ? s'étranglèrent les suspects.

Megure s'étonna de la présence de la blondinette qui annonça joyeusement qu'elle était venue leur prêter main forte.

- Qui c'est celle-là ? demanda Taiyama en regardant la lycéenne d'un œil dédaigneux.

- Celle-là, elle a un nom et c'est Suzuki Sonoko ! rouspéta la demoiselle.

Conan ne s'occupa pas du manège de l'amie de Ran pour réfléchir à l'affaire. Ce que disait Sonoko était techniquement envisageable, cependant, il était difficilement envisageable qu'après avoir commis un crime de ce genre, ils appellent eux-mêmes la police. Sans compter qu'ils étaient quasiment descendus en même temps de la voiture et que deux d'entre eux étaient allés prendre leur argent dans leur voiture. Rien de suspect en soit. Il n'arrivait pas à saisir comment le meurtrier avait procédé pour tuer ce Banba, puis se débarrasser de l'arme du crime.

Le garçon se frotta énergiquement le crâne.

Il devait résoudre rapidement l'enquête pour permettre à Haibara de sortir rapidement du souterrain et voir un médecin.

Un policier arriva en courant, une enveloppe sous le bras avec les photos de l'intérieur des véhicules des suspects. Elles furent alignées sur une table et un seul coup d'œil donna à Conan la clef de l'énigme. Maintenant, il fallait mettre les acteurs en place. Il se rapprocha des deux filles alors qu'elles discutaient de ce qu'elles supposaient être comme la conclusion de l'affaire et les interpela :

- Dîtes… on devrait retourner examiner les voitures, non ? On trouvera peut-être quelque chose !

Alors que la police donnait crédit à l'idée de Conan, Jodie était toujours dans ses pensées, faisant le lien entre la fillette tremblante en manteau rouge qu'elle avait croisée le jour du détournement de bus et la petite allongée à l'arrière de la coccinelle.

L'image d'une photographie d'une femme adulte ressemblant étrangement à la gamine lui vint à l'esprit. La photo était barrée avec une fléchette épinglée en son centre. Non, ce ne pouvait pas être elle…

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Dans la voiture, Agasa regarda Haibara qui souffrait clairement et sortit son portable pour tenter de rappeler le docteur Araide. Bien heureusement, il parvint à l'avoir et lui expliqua la situation, sans savoir qu'à l'extérieur, Akai avait son propre téléphone à l'oreille et espionnait leur conversation.

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- Hmmm… nous avons bien regardé mais rien de nouveau, conclut Megure. Tu as vu quelque chose, Takagi-kun ?

- Euh non…

- Et si on demandait à Sonoko de jeter un œil à ces voitures ? proposa innocemment Conan. C'est une grande détective, elle trouvera peut-être quelque chose ! On pourrait commencer par celle du bout, la Porsche de Taiyama-san ! Vous nous prêtez les clefs ?

Perplexe, la femme accepta, et dubitative, Sonoko entra dans le véhicule par la place conducteur.

- J'ai bien compris que c'était une voiture très chère, mais à part ça, je ne vois rien de particu-liiier !

Le dard de Conan la prit dans la nuque sur la dernière syllabe et elle s'effondra assise dans le siège. Et cela ne voulait dire qu'une chose pour Ran et la police : elle était arrivée à une conclusion. Pendant qu'avec la voix de Sonoko, Conan disait tout savoir de l'affaire, Megure, lui songeait qu'il aimerait bien qu'on lui explique un jour pourquoi, que ce soit Sonoko ou Mouri, il fallait qu'ils fassent semblant de dormir pour donner la grande révélation.

- Tu es sûre de toi ? demanda Ran ave perplexité. Parce que tu t'es juste contentée de t'asseoir dans la voiture, pour l'instant.

- Je ne me suis pas contentée de m'asseoir ! réfuta Conan avec la voix de la lycéenne derrière le nœud papillon. J'ai aussi touché.

- Touché ?

- Regarde en haut de la vitre, il y a une petite marque, n'est-ce pas ? Lorsque j'ai touché la vitre, je l'ai sentie sous mes doigts. Le coupable est le propriétaire de ce véhicule, Taiyama-san !

A l'annonce de son nom, la femme blanchit.

- Takagi-keiji, vous voulez bien jouer le rôle de Banba-san, dans la voiture de Kureko-san ?

Perplexe, l'inspecteur alla se mettre en place.

- Conan-kun ! Tu vas utiliser le truc comme je te l'indiquerai.

Faisant semblant de répondre à Sonoko, Conan émit des doutes sur l'idée en brandissant un rouleau de fil de pêche, avant de filer préparer le tour. Takagi s'était déjà assis à la place du conducteur, juste à côté du corps de la victime que personne n'avait bougé. Conan vint l'y rejoindre pour passer le fil de pêche autour du cou de Takagi, puis autour de l'appui-tête, avant de descendre de la voiture sans lâcher le fil. Là, il referma la portière en tenant toujours les deux bouts du fil. Il laissa traîner le tout au sol en passant sous la Porsche 928 juste à côté pour revenir jusqu'à la voiture de Taiyama. Là, il fit passer les fils dans la fente faite au préalable dans le haut de la vitre côté conducteur pour monter dans la voiture et de l'accrocher au levier de vitesse. La vitre électrique faisait le reste du travail : la force du moteur de la vitre a tendu le fil seul avec assez de force pour étrangler la victime… et presque étrangler Takagi durant la démonstration.

- Ce parking est d'ordinaire assez sombre, le fil est donc difficilement visible. Sans parler que le bruit ambiant fait passer celui de la vitre ou une possible lutte de la victime dans le fond, ce qui explique que l'aveugle n'ait rien entendu, expliqua Conan en continuant d'utiliser la voix de Sonoko. De plus, si on laisse la clef sur le contact en première position, il n'est pas nécessaire de faire démarrer la voiture pour pouvoir se servir des vitres électriques. Exactement ce qu'il faut pour ne pas se faire remarquer.

- Et comment fait-on pour se débarrasser de ce fil ? demanda Megure d'un air dubitatif. A aucun moment, on n'a vu mademoiselle Taiyama ramasser ce fil.

Pour ça, Conan montra la voiture télécommandée à l'arrière. En attachant un fil à l'une des roues arrière de la voiture, fil laissé pendu hors de la boite, qu'on rattache ensuite à une des extrémités du fil de pêche qui a étranglé la victime, il suffit ensuite de mettre la voiture en mode marche et de laisser tourner pour que tout ça se rembobine seul. De toute façon, les piles des voitures ne tiennent pas plus de dix minutes, donc, elles étaient mortes depuis longtemps quand la police était arrivée.

- Il vous suffit de sortir la voiture de sa boite pour voir si un fil y est accroché ! conclut Sonoko. Un fil très long sur lequel vous trouverez du sang provenant du cou de Banba-san. Pour ce qui est du rembobinage du fil, Hotei-san était le mieux équipé avec son moulinet de pêche, mais je l'ai écarté de la liste des suspects à cause de…

- La vitre électrique, termina Taiyama.

Elle était la seule à avoir cette fonction sur sa voiture.

Elle avoua avoir fait ça à cause d'une affaire de « course » dans le col de la montagne à proximité avec une Ferrari jaune qu'avait fait Banba. L'homme était arrivé en retard à la partie de golf en disant qu'il avait été provoqué, mais c'était l'inverse. Il avait certainement voulu faire une petite frayeur aux occupants du véhicule. Taiyama était dedans et c'était son frère qui était au volant. Elle avait eu de la chance de s'en sortir, en sortant du ravin dans laquelle la voiture avait fini suite à une course poursuite très engagée. Mais c'était trois heures plus tard et grâce à l'aide de quelqu'un qui passait par là par hasard. Son frère, lui, il ne s'en était pas sorti. Elle n'avait pas oublié le visage du conducteur avec son sac de golf sur le siège passager qui les avaient envoyés ainsi à la mort. Et encore moins sa voiture. C'est pour accomplir cette vengeance qu'elle s'était payée une Porsche et avait fait le tour de tous les terrains de golf. Enfin, la vengeance n'était pas venue immédiatement. Et de toute façon, le frère était tout aussi coupable pour avoir relevé le défi. Elle en voulait à Banba de ne pas avoir averti les secours, ce qui aurait pu sauver le conducteur de la Ferrari. Taiyama, elle, avait juste voulu savoir pourquoi Banba ne l'avait pas fait. Cela aurait pu être la peur de se faire arrêter par la police. Il aurait pu dire qu'il regrettait ses actes. Taiyama l'aurait pardonné.

Mais tout ce qu'il avait fait, c'était tranquillement continuer sa route pour faire sa partie de golf.

- Un conseil, lança-t-elle à ses anciens partenaires de golf. Laissez vos voitures de côté et concentrez-vous sur le golf.

Et elle s'en alla avec la police.

L'affaire étant résolue, Conan prit son téléphone-boucle d'oreille pour appeler Agasa alors que Sonoko se réveillait et demandait à Ran où était Jodie.

- Elle est partie pendant que tu nous expliquais ce qui s'est passé. Une affaire urgente qu'elle avait apparemment oubliée. Kali-san aussi s'en est allée avec Red-kun.

Pris de panique, Conan se précipita hors de la voiture, priant de toute ses forces que ce qu'il pensait ne soit pas le cas. Courant dans le parking, il repéra rapidement la voiture du professeur.

Vide.

Le téléphone d'Agasa sonnait sur le siège passager.

Non…

L'image de Gin et Vodka s'imposa à son esprit.

Ils n'avaient tout de même pas…

Il tenta d'appeler chez Agasa et sentit un peu de sa peur s'envoler quand le professeur lui répondit. Le vieil homme se prit d'ailleurs un sacré savon, mais il justifia ses actes en disant que c'était une idée de Araide. Le médecin était chez le scientifique, d'ailleurs, examinant Haibara. Apparemment, Agasa avait réussi à le joindre finalement. En expliquant la situation à la police, ceux-ci l'avaient autorisé à sortir avec la petite, mais la voiture, présente sur les lieux du crime, ne pouvait pas quitter le parking pour l'instant. Et juste au moment de sortir, ils étaient tombés sur Jodie qui avait la sienne garée dehors.

Et juste à cet instant, Conan entendit par le téléphone la voix joyeuse à l'accent marqué de la femme, annonçant qu'elle venait de finir de faire réchauffer la soupe magique de son petit-ami pour combattre la grippe.

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Garé un peu plus loin dans la rue où vivait Agasa, Akai fumait, écoutant la conversation téléphonique avec un maigre sourire.

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Thatch s'apprêtait à baisser le rideau de son restaurant pour la nuit quand quelqu'un vint à sa rencontre.

- Vous êtes la secrétaire de ce vieux Suzuki, reconnut-il.

- Exact. Et vous, vous êtes la seule personne qui peut m'aider, lui dit sérieusement la femme.

Le pirate fronça les sourcils, ne pouvant s'empêcher de trouver l'expression déterminé du visage de Yûko familière.

- Ah bon ? En quoi ? je suis un simple restaurateur, je doute, outre vous apprendre la cuisine, pouvoir faire quoi que ce soit pour vous.

- Oh si, vous pouvez m'aider, Yonbantai Taîsho Thatch.

Gardant son calme et sa poker face, Thatch porta une main à sa hanche, laissant l'autre pendre le long de son corps pour qu'un couteau de lancer tombe discrètement dans sa poigne depuis sa manche.

- Vous devez faire erreur sur la personne, ma chère madame.

Dans d'autres circonstances, il aurait bombé le torse d'avoir ainsi été reconnu, mais là, pour lui et ses deux nakamas, il était question de se faire discret au maximum. La femme en face de lui eut un soupir frustré et se rapprocha de lui, les mains jointes, alors que des larmes commençaient à envahir ses yeux. Deux perles d'argent emplies de peur et d'espoir.

- Je vous en conjure ! ça fait quinze ans que je cherche un moyen de revenir chez nous ! Même après tout ce temps, il est impossible que j'oublie la marque de Shirohige que vous avez tatoué dans la nuque ! Je ne peux pas non plus ignorer des références comme Impel Down, la prison soi-disant la plus sécurisée du monde. Ou ce simple Oyaji, qui est le nom que vous tous, les Shirohige et vos alliés, vous donnez à Edward Newgate, alias Shirohige ! Je parle même pas du nom de Roger qui ne peut que référait à Gol D. Roger, le Kaizoku Ou !

Ok, soit c'était vraiment une native du même monde que lui, dans ce cas, qu'est-ce qu'elle foutait ici… soit elle était folle. La frustration faisait pleurer la pauvre secrétaire qui s'accrocha à la chemise de Thatch avec espoir.

- Je ne suis pas votre ennemie, rassura la femme. Je suis une D., j'ai été une proche de Roger ! Je vous en conjure ! J'ai besoin de votre aide ! S'il vous plaît. Je veux retrouver Baterrilla. Je veux retrouver mon fils !

Elle essuya les larmes qui commençaient à ravager son maquillage avec un mouchoir de sa poche, dévoilant quelques taches de rousseur.

Comprenant le pourquoi de la familiarité qu'il avait devant cette femme, le pirate blanchit.

- J'vais m'faire tuer… vous êtes Portgas D. Rouge…

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Vermouth se versa un verre de liqueur en comptant jusqu'à dix en anglais.

Elle reposa la bouteille.

- Ready or not…

Elle se leva en buvant une longue gorgée de l'alcool.

- Here I come~

Elle décrocha la photo de Sherry de son tableau de fléchette pour y mettre le feu au-dessus de son cendrier.

- I see you… I found you~ !