Bonsoir tout le monde ! Nous voici encore une fois devant un petit chapitre pépère des mésaventures de Red et Conan ! On attaque le premier gros morceau de cet arc sur les Hommes en Noirs ! J'espère que le chapitre sera à la hauteur !

Merci à Mimiko Sae pour son commentaire et on se retrouve le mois prochain !

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Haibara essayait de se réveiller, son sommeil hanté par les promesses de Conan et Red de la protéger. Leurs demandes de ne pas fuir, de ne pas s'en faire et de se dresser pour affronter son destin, même si elle n'était pas aussi forte qu'elle voulait laisser croire.

Enfin, elle parvint à ouvrir les yeux, reconnaissant son lit chez Agasa.

Elle se redressa en toussant dans les couvertures, faisant tomber la serviette humide de son front.

Elle regarda à sa gauche pour voir des médicaments sur la table de chevet.

Le médecin avait dû l'examiner, elle ne l'avait même pas réalisé. Elle se rappelait seulement que le professeur l'avait portée dans ses bras et ensuite…

Elle se figea en se rappelant d'un regard froid et assassin, de l'aura sombre de l'Organisation.

De peur, elle se mit à chercher la présence des autres habitants de la maison depuis son lit. Malgré qu'il soit tard, le lit de Red était vide et fait. Un peu plus loin, elle vit le professeur avachi devant son ordinateur allumé.

Cela la rassura.

Si on l'avait retrouvée, elle ne serait certainement pas là. Le professeur avait certainement dû s'endormir devant le PC.

Ploc

Un liquide sombre tombait au goutte à goutte du bureau du professeur pour former une petite flaque devant ses pantoufles. Prise de panique, Haibara se leva du lit et courut jusqu'au scientifique en l'appelant avec panique.

- Salut… enfin réveillée ?

Sherry sursauta et leva le nez jusqu'à la rambarde à l'étage pour voir Conan assis dessus avec encore son manteau sur le dos, l'air à moitié endormi, regardant au dehors.

Le professeur bougea un peu devant le pc et quelque chose roula du bureau pour tomber par terre. La petite scientifique ramassa l'objet qui s'avéra être une canette de jus de tomate. Elle eut un soupir blasé.

- Je lui avais pourtant dit « professeur, si vous surfez sur internet en buvant une canette de jus, à coup sûr, quand vous vous endormirez, vous la renverserez », marmonna Conan avec ennui.

- Dis-moi plutôt ce que tu fais ici et où est Dawn ?

- Son amie a exigé qu'il passe quelques jours avec elle. Il n'avait pas l'air de vouloir la contrarier. Quant à moi, je n'étais pas tranquille, alors, je suis venu voir si tout allait bien. J'ai dit à Ran que j'allais aider le professeur à s'occuper de toi. Apparemment, je me suis fait des idées. Tu peux continuer à dormir tranquillement.

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Ran passa en visite pour préparer de quoi remettre sur pied Haibara, arrivant au lit de la demoiselle avec un plateau repas et des œufs pochés. Sauf que voilà, la fillette semblait s'être rendormie alors qu'elle était éveillée un instant auparavant.

- Ce n'est pas grave ! assura Ran avec un clin d'œil à Conan. Je pose le plateau ici, tu lui demanderas si c'était bon, ne ?

- Oui ! assura le petit détective au chevet de la malade avec Agasa.

Ran posa le plateau sur la table de chevet et retira le tablier qu'elle avait enfilé pour cuisiner.

- Bon, moi, j'ai un rendez-vous avec Sonoko, on va essayer d'embarquer Kali-san au cinéma, alors…

- Ano ! Pour sortir, c'est comme lorsque tu es arrivée ! paniqua brusquement Conan.

- Je passe par la porte de la cave derrière la maison. J'espère que votre porte d'entrée sera bientôt réparée !

Agasa salua Ran et la remercia d'être passée.

Conan soupira et regarda Haibara qui faisait semblant de dormir.

- Tu sais bien faire semblant de pleurer, mais pour ce qui est de dormir, tu es nulle, commenta le petit détective. Qu'est-ce qui te prend ? Elle fait la cuisine spécialement pour toi, et toi, tu lui fais la tête ?

Haibara jeta un bref coup d'œil à Conan par-dessus son épaule avant de refermer les yeux, la tête toujours sur son oreiller.

- Je ne lui ai rien demandé, moi.

Il n'arrivait décidément pas à comprendre cette fille…

- Je peux comprendre que les filles comme Ran, qui aiment s'occuper des autres, t'énervent, mais puisque le plat est prêt, mange-le avant qu'il ne refroidisse.

Haibara le regarda de nouveau.

Il ne comprenait décidément vraiment rien. Enfin, à côté, elle n'avait pas vraiment envie qu'il comprenne.

Elle se redressa et se servit le plat chaud que lui avait préparé la fille Mouri, soufflant sur la cuillère pour ne pas se brûler, même si sa gorge sensible ne pensait pas la même chose.

- Une chance que cela soit justement les vacances d'hiver, commenta Agasa.

- Oui, approuva Conan. Dans la mesure où elle est pistée par quelqu'un, il faut éviter de l'exposer au danger extérieur.

- Elle tousse encore un peu, mais son état s'est nettement amélioré. Avec un peu de chance, elle pourra peut-être m'accompagner lorsque j'irai rendre visite à un des amis du professeur Miyano, le père de Aï-kun.

C'était une nouveauté pour les deux enfants.

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Dans son bureau, devant son ordinateur, Vermouth buvait un verre en écoutant la conversation de la maison par micro-espion. Apparemment, Agasa avait une connaissance qui avait dans ses amis un designer ayant fait sa scolarité avec le professeur Miyano. Ami d'enfance, il avait même supervisé des livres écrits à compte d'auteur du professeur. Même si l'ouvrage avait fait un flop, le design original avait fait parler de lui. Agasa pensait qu'en le rencontrant, ils pourraient en apprendre plus sur le père de Haibara et sur les Hommes en Noir.

En reposant son verre, Vermouth esquissa un sourire.

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Thatch grimaça en regardant le coquard que lui avait infligé Red. Il aurait dû s'en douteur, le sujet avait toujours été épineux avec le D. Il détourna la tête du miroir en entendant quelqu'un sonner à sa porte. Il termina d'appliquer la crème sur la blessure et éteignit la lumière de la salle de bain pour aller voir son visiteur. Il retint un rire narquois en voyant la raison même, qui avait motivé Ace à lui en coller une, se tenir sur le paillasson.

- Je tombe mal ? s'enquit la femme en voyant l'état de l'œil du cuisinier.

- Non, entrez, Rouge-san.

Thatch s'écarta, laissant la secrétaire entrer dans l'appartement. Il lui indiqua le salon en lui disant de faire comme chez elle, la débarrassant de son manteau pour l'accrocher dans l'entrée. Il disparut ensuite dans la cuisine pour servir le café qu'il avait fait peu avant de s'occuper de son œil. C'est avec deux tasses en mains qu'il alla rejoindre la femme qui s'était assise dans un fauteuil perpendiculaire au canapé.

- Sucre peut-être ?

- Je dis pas non. Garp-san m'a traumatisé avec son café infect de marine, pendant ma grossesse. Bien trop fort pour moi.

Thatch ne put s'en empêcher, mais un rire lui échappa alors qu'il déposait le café. Il retourna à la cuisine pour revenir avec un pot de sucre qu'il présenta à la femme avant de s'asseoir sur le canapé.

- Vous n'êtes pas la seule qu'il a traumatisé avec ça. Ace m'a raconté que sa haine du café fort lui vient de lui et de sa tentative de le guérir de sa narcolepsie en lui faisant avaler des kilolitres de l'infâme café de la Marine. Sauf que le sucre le rend hyperactif, donc, il est mal barré dans tous les cas. Hors de question de laisser un logia hormonal et destructif avoir la moindre Sugar High. Même Edogawa connait les risques !

- Ace est narcoleptique ?

- Hm. Je disais que le fait qu'il soit parvenu aussi haut avec ce truc prouvait qu'il était increvable. M'enfin. Vous n'aurez pas de problème avec le vieux Suzuki ?

Rouge cessa d'ajouter des sucres dans son café en secouant la tête.

- J'avais mon rendez-vous mensuel médical hier. Il me laisse toujours trois jours de repos ensuite.

- Vous souffrez de quoi, si ce n'est pas indiscret ? Edogwara parlait de quelque chose qui ressemblait aux conséquences de la mise au monde d'Ace.

- C'est ce que je dis à tout le monde pour qu'on me fiche la paix, mais c'est faux, tout autant que l'identité de Minaguchi Yûko. Je suis morte d'épuisement en couche, parce que je voulais absolument prendre mon petit prince dans mes bras alors que j'étais à bout. Mais ce n'est pas lui qui m'a tuée et je ne souffre pas de sa venue au monde.

Elle but une gorgée de son café et reposa la tasse. Elle prit le temps de s'essuyer la bouche avant de répondre :

- J'ai une sorte de micro-nécrose pulmonaire. Ce qui produit une fine hémorragie. L'Organisation, avant de se débarrasser de moi, ne me donnait pas plus de deux, si ce n'est trois mois à vivre suite à ma résurrection. Il faut croire qu'ils se sont quasiment trompés. Les médecins cherchent à réduire l'hémorragie et la nécrose, mais sans succès. Mais de par leurs pronostics, si on ne vide pas le sang qui s'accumule lentement dans mes poumons, je me noierai dedans au bout de trois mois.

- D'où votre rendez-vous médical, comprit Thatch. On vous vide les poumons.

La femme hocha la tête et joignit ses mains devant sa bouche, fixant le cuisinier avec intensité, le faisant grogner.

- Raaah ! C'est juste horrible ! J'ai l'impression d'affronter la version féminine du gamin que j'appelle petit-frère ! gémit Thatch devant le regard.

La femme se permit de laisser échapper un petit rire de gosse qui montra au pirate que ça aussi, Ace le tenait de sa mère.

- J'ai de bien mauvaises nouvelles, malheureusement, informa le cuisinier.

Rouge cessa de rire et regarda avec peur le faux blond qui montra son œil gonflé.

- Comme le dit mon œil, vous êtes un sujet épineux à aborder avec lui. Très épineux. Il a beau être aveugle, il compense très bien avec son logia ! Je ne sais même pas s'il m'a cru ou même entendu quand je lui ai dit que vous étiez vivante et que vous vouliez le voir. Le sujet est juste inabordable avec lui.

- Il me déteste tant que ça ? souffla la femme avec peine.

- Nan. Il vous adore. Si on parlait de Roger, ça serait une autre histoire, mais vous, il vous a élevée au rang de Sainte. Le problème réside dans le fait qu'il a les chocottes.

La pauvre secrétaire avait l'air absolument perdu. Merde ! Elle avait les mêmes mimiques que son fils !

Se cachant la tête dans les mains pour ne pas rire devant la ressemblance, il continua d'expliquer la situation :

- Sans compter qu'il se sent responsable de votre mort…

- Mais c'est stupide !

- On lui a déjà dit, mais ça n'entre pas dans son crâne épais. Donc, sans compter cette culpabilité, il considère que les choix qu'il a faits sont une mauvaise façon de vous remercier pour tout ce que vous avez fait pour lui. Sans parler qu'il n'a certainement pas envie de vous mettre devant le fait qu'il n'a pas pu vivre jusqu'à son vingt-cinquième anniversaire sans se faire tuer.

Rouge soupira profondément et se prit le visage dans les mains, reconnaissante de ne pas s'être mise de maquillage en sentant les larmes lui monter aux yeux.

- Avec tout ça, on ne peut même pas compter sur le temps, parce que, je sais par expérience que ça ne changera rien au niveau de son entêtement. Ce qu'il faut, c'est des actes. Que vous le preniez vous-même entre quatre yeux pour lui parler. Mais avec le cerbère qui le surveille, ça sera pas faisable rapidement. Kali sait que ça serait une bonne chose cette rencontre, mais elle doit tellement à Ace qu'elle est prête à le suivre en enfer en connaissance de cause.

Rouge leva les yeux vers Thatch qui secoua la tête en devinant ce qu'elle pensait.

- Nan, aucune romance entre les deux. Je pense plutôt qu'elle est pour lui une sœur qu'il n'a jamais eue et elle, elle lui doit la vie et son goût pour elle. Sans compter qu'elle est la dernière personne qui songera à la romance. Oh et que votre fils préfère les hommes et qu'il a déjà quelqu'un dans sa vie !

La femme eut un pauvre sourire et se redressa en soupirant.

- Donc, il faut limite que je kidnappe mon propre enfant pour lui faire entendre raison, c'est ça ?

- Hm.

Un sourire de requin apparut sur le visage du cuisinier.

- Et dans ce sens, la perte de ses yeux peut aider. Le tout est de savoir si vous êtes capable d'user de méthodes radicales pour ça.

L'éclat métallique dans le regard de la fausse brune répondit pour elle.

Elle avait été l'amante du Seigneur des Pirates. Elle ferait ce qu'il fallait pour parvenir à ses fins.

Telle mère, tel fils.

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Conan venait de passer le casque relié à l'autoradio de la voiture à Haibara, pour qu'elle puisse entendre la voix enregistrée de sa mère, quand son téléphone sonna. Il alla à la pêche de l'objet au fond de sa poche et vit qu'il s'agissait de Red.

- Ton pote m'a demandé de te dire que tu es une lopette. Je ne suis que le messager, annonça le petit détective en guise de bonjour.

« Qu'il aille se faire mettre chez les marines » siffla la voix colérique du petit pirate.

- J'ai envie de savoir ? s'enquit Conan en arrangeant son téléphone à son oreille sous le regard perplexe d'Agasa.

« Non. Fais-moi juste une faveur. Quoi qu'il te demande à mon sujet, refuse net, et sans poser de question. Ne lui laisse pas la moindre chance de t'embobiner, il est fort à ce jeu. »

- Pourquoi ?

« Parce que la conséquence fera que tu finiras en barbec et j'aurai aucun regret à te remettre au fond d'une urne à tes parents. »

Et sans un mot de plus, Red raccrocha. Conan fixa l'appareil avec perplexité.

- Qu'est-ce qu'il se passe ? demanda Agasa.

- Dawn vient de me menacer de mort si je faisais quoi que ce soit que Newgate me demanderait. Et je ne sais pas pourquoi.

Un sourire de coin se dessina sur les lèvres de Conan. Il était un détective, il ne fallait pas le laisser sans réponse.

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Jodie revint de sa journée en soupirant, et fut presque surprise de voir que son compagnon était déjà là, assis sur le canapé, un téléphone à l'oreille, se tenant le visage dans une main d'un air fatigué.

- Ecoute, gamin, cette affaire ne regarde que lui, j'essaie juste de le faire cesser d'être une mule alors qu'il a tout à y gagner. Tu ne peux rien faire… oui, il me connait bien, mais j'ai pas l'intention de t'impliquer.

Thatch secoua la tête en glissant sa main dans sa nuque pour se la masser, dévoilant son œil au beurre noir qui fit grimacer l'enseignante.

- Tu sais ce qu'il pense des détectives et honnêtement, je le rejoins sur ce point avec ton insistance à t'occuper de ce sujet… c'est une affaire personnelle et certainement pas criminelle… je ne peux pas répondre à cette question…

Le cuisinier jeta un œil à la femme qui venait de se laisser tomber dans le fauteuil à côté en retirant ses lunettes et abrégea sa conversation :

- Merci de lui avoir fait passer le message en tout cas, Conan-kun. A la prochaine.

Il raccrocha en soupirant.

- Qui t'a mis son poing dans la figure ? s'enquit Jodie quand le portable termina sur la table basse.

- Ace.

- Le frère du Little Devil ?

- Biologiquement parlant, c'est son tout petit cousin, même si Ace a élevé presque toute sa vie Red.

- Fais quelque chose pour cacher ton état, Ran-chan et Sonoko-chan débarquent sous peu.

- Pourquoi donc ?

- Pour fêter mes derniers jours au Japon.

- Ah. Je vais vous faire un truc à manger et aller faire un tour pour remettre les pendules à l'heure d'une tête dure et certainement me prendre un autre poing dans la figure.

- Lui et toi avaient l'air bon amis, comment cela se fait-il qu'il t'en veuille à ce point ? s'intéressa Jodie.

- Comme je l'ai dit au petit Edogawa à l'instant, c'est une affaire entre lui et moi. Et comme je connais ce gosse comme mon frère, je sais aussi que si je reste les bras croisés, il va passer à côté de quelque chose de très important pour lui.

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- C'est une étrange invitation, accorda Red au téléphone, avachi dans un coin de la pièce à vivre du studio de Kali.

Il leva mécaniquement un bras pour ne pas se prendre dans la figure la queue de Iro qui lui servait de coussin improvisé.

« C'est osé d'user de ce nom pour nous inviter tous les deux. Tu as bien fait de vider les lieux temporairement. » fit Conan au téléphone.

- Haibara est au courant ?

« Oui, elle m'a vu ouvrir ma lettre. J'ai dû l'endormir avec ma montre. Par contre, je ne lui ai pas dit que même si les enveloppe disent Kudô Shinichi et Portgas D. Ace, les lettres s'adressent à Edogawa Conan et Dawn D. Red. »

- Ooooh… voyez-vous ça…

Un mauvais sourire étira les lèvres du pirate.

- Quel genre d'homme serais-je pour refuser l'invitation de cette garce sanglante ? Je sais déjà qui va m'accompagner à cette fête.

« On se retrouve là-bas ? »

- Yup.

« A demain soir, donc. Je te filerai ton invitation pour le coup. »

Conan raccrocha et Red se releva. La panthère suivit le mouvement, guidant son ami de son corps jusqu'à la chambre où Kali se préparait pour aller faire quelques courses.

- Kal ? Tu penses quoi d'une soirée Halloween hors saison ? Une soirée déguisée, bien évidemment.

- Quand et où ? s'enquit la brune de l'autre côté de la porte fermée.

- Demain soir, dix-neuf heures, à Yokohama. Si j'en crois le message de la mère de Kudô m'a envoyé, tu pourrais t'amuser.

- Et toi ?

- J'ai un rendez-vous à honorer avec Vermouth.

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La fameuse soirée d'Halloween avait lieu sur un navire qui imitait sans peine l'apparence d'un bateau fantôme. Voiles déchirées, croassement de corbeaux, bois soi-disant vétuste. Et les passagers étaient tous déguisés. Les momies côtoyaient Frankenstein et les loups-garous. Pour le coup, Kogoro en vampire et Sonoko en sorcière se mêlaient aisément à la fête grâce à l'invitation au nom des Mouri.

- Haiiro ? s'étonna Sonoko en voyant qui se tenait derrière la femme déguisée en gorgone. Je pensais pas te trouver ici !

- Mon frère en tout sauf le sang a reçu une invitation mais a dû la décliner à cause d'un rendez-vous. Alors, il me l'a refilée, puisqu'il sait que j'adore tout ça, s'expliqua la brune qui avait un foulard aussi mauve que son sari sur le crâne, lui masquant partiellement le front.

- Oh. Je suis désolée de l'apprendre pour toi. Et tu es déguisée en quoi ?

La blonde avait beau regarder la fille des pieds à la tête, mais outre la très longue jupe et l'étoffe sur sa tête, elle n'avait rien de particulier pour Halloween. Pour répondre à sa question, la pirate retira le tissu de son front, dévoilant des plumes dorées qui masquaient une bonne partie du haut de son visage et jusqu'à se perdre dans sa tignasse. Elle tira ensuite sur une ficelle à la taille de sa jupe et celle-ci se raccourcit, dévoilant une queue de serpent à la place de ses pieds.

- Je suis une naga. Mi-femme, mi-serpent.

- On dirait une vraie ! s'extasia Sonoko en observant la queue de serpent aux écailles couleur châtain.

- J'arrive à la faire bouger comme une vraie grâce à un mécanisme assez astucieux. J'ai pris le crotale à cascabelle en modèle.

- Gné ?

- Serpent à sonnette.

La queue se souleva et s'agita dans un geste sec, produisant un léger bruit typique du serpent.

- Très joli costume !

Pas le temps de parler plus, ils durent avancer auprès du personnel qui vérifiait les invitations qui leur permettraient de monter. La brune n'avait pas besoin de regarder par-dessus son épaule pour savoir que l'homme derrière elle dans son costume de zombie avait redoublé d'attention en entendant les mots « détective lycéen ». Elle s'avança dans la file et signa sous le nom de Kudô son alias de la soirée. Haiiro Yuki. Elle regarda la femme qui se tenait juste derrière elle. Thatch avait demandé à ce qu'elles profitent de la soirée pour discuter, et elles le feraient, même si la pirate n'irait pas contre les ordres d'Ace. Bientôt, la femme déguisée en pirate avec la bouche assez ensanglantée pour faire peur à tout le monde s'avança et signa sur le livre d'invitation le nom qu'elle aurait voulu porter Gol D. Rouge.

Les deux femmes suivirent la gorgone et le duo Kogoro/Sonoko à bord du navire où le capitaine Gold les accueillit avec un discours :

- Oh ! Oh ! Oh ! Monstres infortunés qui rôdent dans les limbes… bienvenue sur mon vaisseau le Fantôme des Mers ! Je suis le capitaine Gold et c'est moi qui tiens la barre !

Rouge et Kali se regardèrent et tentèrent en vain de ne pas rire en entendant le nom, attirant l'attention de la gorgone sur elles.

- Il ne reste plus qu'une heure avant le festin ! continua le capitaine à l'aspect cadavérique. Tout d'abord, trouvez les personnes dont vous partagerez la destinée ! Vous formerez des groupes de treize, tous pourvus d'un même sceau !

- Quel sceau ? demanda Kogoro.

- Une carte de tarot ! répondit Sonoko. Vous aussi, vous en avez reçu une à votre montée à bord, non ?! Vous allez former une équipe avec ceux qui ont la même carte pour participer à ce jeu.

Kogoro sortit la carte, et constata qu'il s'agissait d'un bouc avec le nombre XV.

- Ce n'est pas un bouc, rectifia Kali en brandissant avec Rouge une carte identique. Cette carte est celle du Devil, le diable.

- Ah d'accord, fit le détective en fixant l'animal sur la carte avec inquiétude.

- Et nous ne sommes pas divisés en équipe uniquement pour le jeu, enchaîna miss Gorgone en cessant de jouer avec les serpents en plastique qui lui tenaient lieu de cheveux. Cette soirée tient aussi lieu d'audition pour un film.

- Vraiment ? s'étonna Sonoko.

- Vous connaissez sûrement Journal de bord du capitaine du vaisseau fantôme dont un épisode sort chaque année.

- Oui, un film d'horreur dans lequel un bateau transportant toutes sortes de monstres se rend là où les hommes ont mal agi !

- Si je m'applique, je pourrai faire partie de la distribution ? s'enquit Sonoko.

Rouge se mordit l'intérieur d'une joue pour ne pas faire de commentaire à Sonoko. Ce soir, elle n'était pas Minaguchi Yûko. Elle était Rouge, et elle voulait faire son possible pour retrouver son fils. Et pour ça, elle allait essayer de ranger dans son camp celle que Thatch surnommait le Cerbère. Son chapeau et le sang sur son visage la masquait assez pour que la lycéenne ne la reconnaisse pas. Elle n'allait pas tenter le diable.

- En effet, confirma la Gorgone. C'est la quatrième soirée de ce genre et chaque année, l'équipe du film se mélange aux invités afin de pouvoir les examiner à loisir.

- Ah bon ? s'étonna Sonoko.

Kogoro avait déjà compris :

- Les monstres les plus populaires seront repris… il est donc plus facile de les choisir en nous divisant en équipe.

- Et on doit donc faire un tour de charme et chercher à savoir qui est celui qui fait partie de l'équipe pour le convaincre de nous prendre. Talent ou non, on décrochera un rôle secondaire dans la masse derrière les acteurs principaux tout en économisant du temps et de l'argent en n'ayant pas à les maquiller, résuma Kali en observant autour d'eux.

- Tout à fait ça. Il s'agit davantage de faire participer gratuitement des fans du films d'horreur en utilisant leur fierté et leurs déguisements. Et avoir recours à ce bateau, dans le cadre de soirées, apporte de la publicité au film.

Le capitaine concluait son discours en annonçant qu'ils allaient lever l'ancre.

- Nous traverserons les sept mers et aux humains arrogants issus des terres lointaines, nous montrerons notre force !

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Alors que les rumeurs à bord commençaient à courir sur la présence dans les rangs des monstres de Kudô Shinichi, le groupe numéro quinze du diable était presque complet. Ils étaient neuf sur treize. Rouge, Kali, Sonoko, Kogoro et miss Gorgone avaient été rejoint par un loup-garou hurlant à la lune, un monstre de Frankenstein à la gestuelle robotique et une momie. Enfin, Kogoro avait songé qu'ils avaient deux momies, jusqu'à ce que la seconde, aux bandages plus propres et le recouvrant bien plus que son confrère, montre avec sa main qu'il jouait le rôle d'un homme invisible (les bandages se défirent bien assez pour montrer qu'il n'y avait rien dessous).

Alors que la Gorgone proposait de partir à la recherche des autres membres du groupe, Kali passa derrière l'homme invisible.

- Astucieux déguisement.

L'homme bandé se tourna vers la brune et recula d'un pas en voyant la langue de serpent qui fit une brève apparition entre ses lèvres.

- Quezacoatl n'est pas mon surnom juste pour mes visions.

Elle se détourna pour rejoindre Rouge qui venait de retirer son chapeau à plume (dévoilant un maquillage sur le côté de son visage laissant penser qu'on lui avait perforer le crâne) le temps de refaire son chignon.

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Seule chez Agasa, Haibara arrangea le masque médical devant sa bouche et décrocha le téléphone quand il sonna.

- Ici la maison Agasa, fit-elle en portant l'appareil à son oreille.

« Pardonne-moi de vous appeler à une heure si tardive, c'est le docteur Araide » fit la voix du jeune médecin à l'autre bout du téléphone. « Pourrais-je parler au professeur ? »

- Il n'est pas là, répondit la demoiselle avec une voix blasée. Il est sorti avec Edogawa pour aller rendre visite à Dawn.

Derrière, on entendit pourtant la voix de Agasa vantant son nouveau jeu, chose que pointa le médecin.

- C'est une cassette, informa Haibara en regardant le poste radio derrière elle. Je ne sais pas pourquoi, mais elle tourne ainsi depuis un moment.

Elle alla l'éteindre en demandant à Araide ce qu'il voulait.

« En fait, c'est à ton propos. Puisque ton rhume ne guérit pas, je pensais te faire examiner à l'hôpital où sont installés les équipements adéquats. J'ai demandé à l'un de mes confrères, il est prêt à te recevoir ce soir. Désolé de te prévenir de manière aussi impromptue, mais veux-tu que je passe te chercher ? Je contacterai le professeur en revenant, il vaudrait peut-être mieux… »

- Ce n'est pas grave, rassura Haibara. Ils m'énervent à faire des choses de leur côté… et puis j'en ai assez de garder la maison…

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Dans leur recherche des autres membres du groupe, ils en avaient perdu quelques-uns. Supposant qu'ils étaient partis aux toilettes, ils y allèrent et en réalisant qu'elles étaient mixtes, Kali refusa net d'y entrer.

- On va lui tenir compagnie, assura la Gorgone en se montrant avec Rouge qui était d'office restée en arrière.

Les trois autres se regardèrent et entrèrent dans la pièce sale et sombre qui restait dans le thème de la soirée avec ses miroirs cassés. Ils trouvèrent Frankenstein au lavabo, se levant les mains.

- Il ne part pas… disait d'une voix atone le monstre en frottant ses mains sous l'eau. Le sang que j'ai sur les mains… J'ai beau le laver, il ne part pas.

- Dites donc, vous jouez votre rôle jusque dans les toilettes ? grommela Kogoro.

Pendant ce temps, Sonoko cherchait les membres manquant de leur groupe. Elle trouva le loup-garou un peu par hasard, quand il se mit à hurler dans la cabine qu'il occupait. Il en sortit comme un ouragan, et percuta les trois femmes à l'extérieur en quittant les chiottes, regardant sa montre avec panique. Ils le retrouvèrent pourtant rapidement au bar à boire un cocktail.

- Salut Amiral ! Que se passe-t-il ? Quelque chose vous a déplu ? demanda Kogoro en le rejoignant.

Il lui tapa énergiquement dans le dos avant de demander au barman de lui servir le même cocktail qu'au loup en se mettant sur le siège à côté de celui-ci.

- Cela s'appelle un Silver Bullet, annonça le monstre avec son shaker.

- Cet homme n'y connait rien, mettez-lui plutôt du sang de vierge, recommanda Kali en s'asseyant elle aussi au comptoir avec les dames.

- Une chance de pouvoir profiter d'un shot de B52 ? s'enquit Rouge en appuyant son menton sur ses mains en souriant de toute ses dents.

- Pour moi, ce sera un White Lady, commanda la Gorgone en se mettant à côté d'elle, la séparant de Kogoro.

- Vous avez de quoi faire un Caribbean Dream ? demanda avec espoir la pirate en prenant le dernier siège de libre, faisant que sa queue s'enroula autour de la barre de son tabouret sans qu'on ne parvienne à voir ses jambes.

- Je vous sers ça immédiatement, mesdames.

Le loup-garou se leva avec son verre, cherchant visiblement quelqu'un et ignora le détective.

- Il cherche peut-être la momie ou les autres membres de notre groupe ? supposa Sonoko.

- C'est bientôt l'heure, informa la Gorgone en regardant sa montre.

Kali sortit d'une poche de sa jupe son téléphone, consultant rapidement un message, jusqu'à ce que la lumière s'éteigne, surprenant tut le monde.

- Ecoutez tous, les monstres ! interpella la voix du capitaine depuis des haut-parleurs au plafond de la pièce. J'ai une bonne nouvelle pour vous ! J'ai décidé de quoi serait accompagné ce festin ! Un être humain, dépourvu de laideur comme de force maléfique semble être présent parmi nous, dans cette fête infernale ! Allez, rassemblez vos groupes de treize ! Trouvez cet être stupide, dévorez sa chair, extirpez ses entrailles et videz-le de son sang jusqu'à la dernière goutte ! Je détiens la clef qui vous mènera jusqu'à lui ! Si vous voulez recevoir le trésor de la récompense, sortez sur le pont et je vous la révèlerai !

Ce fut la ruade jusqu'au pont, laissant les trois femmes seules au bar.

- Qu'allez-vous faire, Yukiko-san ? s'enquit Rouge en jetant un œil aux derniers monstres qui s'en allait.

- Je vais garder un œil sur les détectives, répondit-elle. Et vous, mesdames ?

Kali se contenta de lever son verre.

- Profiter d'un cocktail gratuit pour lequel je n'aurais pas à me barrer en courant.

- Moi, j'ai beaucoup de questions à poser, maintenant que la petite Sonoko n'est plus là pour risquer de me reconnaître, annonça Rouge.

Elle regarda Kali qui se contenta de siroter son cocktail.

- Une D. qui veut quelque chose ne recule devant rien.

Yukiko esquissa un sourire et sortit sur le pont.

Dehors, tout le monde avait cessé de courir pour trouver le capitaine pendu la tête en bas aux cordages, étrangement immobile, jusqu'à ce que du sang se mette à pleuvoir sur eux. Yukiko demanda à ce qu'on le fasse descendre rapidement, et son vœu fut exaucé avec la chute du capitaine. L'individu percuta brutalement le sol, dévoilant qu'il avait une flèche dans la poitrine, y épinglant une carte de Tarot.

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Haibara finissait d'enfiler son manteau quand on sonna à la porte de la maison. Elle alla ouvrir et resta interdite en réalisant qui se tenait sur le paillasson. Elle voulut refermer brutalement la porte, mais Jodie la bloqua de la main, s'excusant de lui avoir fait peur.

- Je suis professeur d'anglais au lycée Teitan, c'est le docteur Araide qui m'envoie ! Sa voiture est en panne ! Je viens te chercher à sa place ! Que dirais-tu d'enlever cette chaîne de sécurité ?

Finalement, Haibara retira la chaîne et quitta le domicile, prenant la main de Jodie pour la suivre jusqu'à la voiture, sans voir au coin de la rue la voiture du médecin qui arrivait.

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- Touché en plein cœur par une flèche, conclut Kogoro en s'accroupissant auprès du cadavre. Flèche aimablement accompagnée d'une carte du diable.

- Cela pourrait signifier que le diable est son guide dans le monde de l'Au-delà, qui sait, supposa Yukiko.

- En tout cas, il a traversé le Sanzu, il est mort quasiment instantanément.

Aucune chance qu'ils retrouvent l'arme du crime, surtout en pleine mer. Elle devait avoir été jetée par-dessus bord. Ils retirèrent le masque du défunt pour afficher le vrai visage de la victime. Il s'agissait de Fukuura Senzô, le producteur de Journal de bord du capitaine du vaisseau fantôme, qui s'était fait un nom auparavant dans la production de Mort un Vendredi Treize.

- Fukuura-san adorait le rôle du capitaine, expliqua un des membres du personnel de bord. Il l'endossait tous les ans lors de cette fête sur le bateau. Chaque fois, il se campait sous la lumière, en haut du mât et c'est lui aussi qui décidait de la mise en scène dans laquelle serait révélée la clef du mystère.

- Ah oui, cette devinette insinuant qu'un humain est caché parmi les monstres ? se rappela Kogoro.

La Gorgone avait le masque du défunt entre les mains, l'examinant avec attention, avant de pointer la présence d'un micro qui était relié aux haut-parleurs. Elle tapota le micro du bout de son doigt ganté et un pon pon sourd sortit des enceintes en réponse.

- Et ? quelle est la réponse à la devinette ? demanda Kogoro.

- Eh bien…Fukuura-san a lui-même décidé de l'intrigue et de la solution, l'équipe ne sait rien, avoua le serveur. J'ai juste entendu que le groupe qui résoudrait la devinette en premier recevrait des invitations pour l'avant-première du film.

- En tout cas, le meurtrier ne peut être que parmi l'équipe organisatrice de cette soirée, annonça le détective en se relevant. Sans compter que quand Fukuura-san a commencé à défaillir au milieu de son discours, nous, les invités, étions tous à l'intérieur du bateau. Nous ne pouvions pas lui décocher une flèche en haut de son mât. Il ne peut s'agir que de membres de l'équipe, présents sur le pont, à l'avance, afin de réaliser les arrangements lumineux pour le discours. Deuxièmement, cette carte du diable !

Kogoro pointa la carte épinglée à la poitrine du mort.

- Sans doute voulait-on faire passer pour le meurtrier quelqu'un parmi les convives possédant cette carte. Vous avez préparé ces cartes, vous avez pu en confectionner plein…

Sauf que le personnel de bord avait de mauvaises nouvelles pour Kogoro.

Déjà, bien avant le début du discours, plusieurs invités étaient sur le pont, en disant vouloir contempler la mer. Comme il faisait sombre, il serait difficile de savoir qui. Ensuite, c'était Fukuura lui-même qui avait confectionné les cartes afin d'éviter la moindre utilisation frauduleuse. Sans compter que l'an dernier, c'était des cartes à jouer.

Cela voulait donc dire que le coupable était de ceux qui avaient reçu une carte du diable. Donc, de leur groupe.

- Combien de temps reste-t-il avant de retrouver le port de Yokohama ? demanda la Gorgone.

- Environ une heure.

- Bien ! Et si nous retournions dans la cabine pour revoir les faits, monsieur le vampire endormi ?

Et tout le monde se dirigea vers l'intérieur. Kogoro sortit son téléphone portable et appela Ran pour l'avertir, puisqu'il commençait à se faire tard. Seulement voilà, personne ne répondit chez eux, ni à l'agence.

Pendant ce temps, Haiiro et Rouge allèrent s'asseoir sur la rambarde, dos à la mer, observant l'homme invisible qui avait posé un genou à terre, ses lunettes de soleil dans une main, observant d'étranges marques sur le sol, avant de lever le nez vers le sommet du mât et le nid de pie.

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- Tout ira bien ! assura Jodie au volant, à Haibara assise à côté d'elle. Le docteur que nous allons voir compte parmi les meilleurs, tu seras vite guérie.

Elle lui adressa un clin d'œil en riant, lui assurant qu'elle sentirait bien vite mieux.

La fillette se détourna de Jodie pour regarder dans le rétroviseur les phares d'une voiture qui les suivait.

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Le trio de l'homme invisible, Kali et Rouge avaient dû rentrer. Ils avaient d'ailleurs trouvé les monstres manquant de leur groupe. À la demande de Kogoro, tout le monde brandit sa carte, et il s'avéra que la momie n'avait pas la sienne, ce qui le fit paniquer, craignant de l'avoir fait tomber.

- Ahaha ! Eh bien, on tire une flèche avec sa carte et on croit pouvoir échapper aux soupçons ? Si on interprète à l'envers la théorie selon laquelle le tueur n'avait pas l'intention de joindre sa carte à l'arme du crime… Ces cartes ont été fabriquées par le défunt au nombre limité de treize exemplaires, dommage que vous ne l'ayez pas su !

- Si ! J'étais au courant ! se défendit la momie. Fukuura-san m'avait chargé de choisir quelqu'un de bien maquillé parmi les invités ! Je fais partie de l'équipe du film !

Kogoro n'était pas convaincu, mais d'autres momies se manifestèrent, disant qu'ils avaient reçu des ordres de leur patron de se mélanger aux groupes pour sélectionner des personnes avec un bon maquillage afin de les présenter au boss. Sans compter que le groupe de momies avait des instructions bien précises, du genre, quoi boire au bar, quoi manger et même porter une perruque rousse pour l'un d'eux. Mais surtout, ne parler sous aucun prétexte.

L'homme invisible se détourna sous le regard de Yukiko. Il tapota le bras de Kali et montra le couloir d'un geste de la tête. Elle hocha la tête, et désigna l'homme du doigt à Rouge qui hocha la tête en montrant qu'elle allait rester. Ainsi, le duo s'éloigna dans les couloirs, allant jusqu'aux toilettes. Kali jeta le regard le plus froid qui soit à son camarade qui l'ignora royalement. Il examina les miroirs brisés en retirant ses lunettes. Il s'avança dans la pièce, observant les cabines des toilettes. Il se tourna vers Kali qui était toujours dans l'entrée en se serrant dans ses bras et tapota son nez en montrant la pièce.

- Sors de là, lui demanda la pirate.

L'homme invisible ne chercha pas à protester et regarda la femme ondulée pour entrer une fois qu'il eut passé le seuil. Elle goûta l'air avec attention, avant de se figer devant une cabine en toussant. Elle rangea immédiatement sa langue et recula.

C'était tout ce que voulait l'homme invisible.

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Dans la salle, Kogoro continuait de questionner la momie qui insista en disant avoir été aux toilettes puis au bar, en permanence avec Frankenstein et le loup-garou… sauf que les deux en question ne se souvenaient pas de l'avoir vu. On se souvenait du loup qui n'avait pas cessé de hurler et de Frankenstein, mais pas de leur momie personnelle.

- C'est un piège ! Quelqu'un a monté un complot pour me faire accuser ! protesta la momie.

- Hm ! Un meurtrier pris sur le fait se met à crier ainsi en général. Quoi qu'il en soit, dans cette affaire, vous n'avez ni alibi, ni votre carte, la Momie ! ça ne peut être que vous ! conclut Kogoro avec satisfaction.

« Vous êtes sur une mauvaise piste, détective Mouri ! » annonça une voix dans les haut-parleurs.

- Quoi ?

Il leva la tête avec tout le monde vers les haut-parleurs de la salle d'où sortait les paroles.

« La vérité na pas encore été révélée… »

- Comment ? s'étrangla Kogoro.

Un membre du personnel lui dit que ça venait du micro du capitaine et Kogoro se dirigea au pas de course vers le pont.

« Il y fait sombre, vous avez bu malgré, l'avertissement, la clef qui résoudra cette affaire, quel dommage… »

Tous les invités se dirigèrent vers le pont à la suite du détective.

L'homme invisible les attendait en toute tranquillité du haut de la vigie, une main dans une poche, l'autre tenant le masque squelettique du défunt, la lune dans son dos éclairant sa silhouette. Juste à côté de lui, assise sur la rambarde, Kali scannait la foule du regard, sa crinière sombre s'agitant dans le léger vent du large.

L'homme invisible tendit le masque à la demoiselle qui le récupéra pour le poser sur sa jupe qui cachait l'absence de ses jambes.

- Jetons la lumière sur cette obscurité, annonça le mystérieux personnage en retirant son chapeau et en commençant à défaire ses bandages.

Kogoro n'arrivait pas à y croire. Il connaissait cette voix et ce ton !

- Au clair de lune !

Les bandages furent totalement déroulés, dévoilant le teint clair et juvénile du jeune détective lycéen Kudô Shinichi.

Il y avait de quoi faire jaser, après tout, on avait pensé Shinichi mort.

Alors que Kali arrêtait son regard sur un zombie assez bien portant dans la foule, Rouge (qui se tenait devant le monstre en question avec Yukiko) se raidit.

Cela n'avait été qu'un murmure qui traitait Shinichi d'imbécile, mais elle se rappelait très bien de la seule fois où elle avait entendu une voix pareille. C'était quand Sakazuki, vice-amiral à l'époque, avait lancé le début de la traque sur Baterilla, les menaçant de Buster Call s'ils ne se pliaient pas à l'enquête. Même les intentions de meurtres qui émanaient du zombie dans son dos étaient identiques à celles qu'avaient émises cet homme à l'époque.

Doucement, elle accrocha une main malheureusement tremblante au coude de Yukiko qui la regarda immédiatement avec inquiétude. Sans maquillage pour la cacher, on voyait parfaitement que la D. avait perdu ses couleurs.

- J'ai trouvé l'un d'eux, se contenta de répondre la femme.

- On va s'asseoir, on dirait que tu vas tourner de l'œil, recommanda Yukiko en la prenant par les épaules.

- Je vais m'en sortir, juste la remontée d'un très mauvais souvenir. Mais ça peut expliquer pourquoi mon fils semble le détester autant, lui en particulier.

Yukiko n'était pas pour rien l'épouse d'un célèbre écrivain de roman policier. Elle savait, de part son fils, qu'Ace avait une étrange fixation sur la personne de Vodka. Furtivement, tout en escortant sa nouvelle amie jusqu'à une chaise dans les environs, elle regarda les monstres et repéra rapidement l'individu qui avait la physionomie correspondante à la description que lui avait déjà fournie Shinichi.

- Ne te prends pas la tête, un pirate l'a déjà repéré, rassura Rouge en s'asseyant.

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Jodie conduisait avec une étrange bonne humeur, jusqu'à ce que Haibara ne s'adresse à elle, lui réclamant apparemment une faveur.

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- Ahahahahah ! J'ai tout résolu ! Tu arrives comme un cheveu sur la soupe ! se moqua Kogoro. Au moment où la victime, qui se tenait précisément là où tu es, allait révéler la clef de l'énigme, le meurtrier est sorti de la salle où avait lieu la fête et a rejoint le pont dans l'obscurité pour tirer une flèche accompagnée d'une carte du diable. Autrement dit, s'il n'a ni alibi pour ce moment précis, ni sa carte, ce ne peut être que cette momie !

Et il pointa du doigt la momie en question avec ses long cheveux noirs.

- Comment cette hypothèse ne pourrait-elle pas être la bonne ?! Vas-y, éclaire-moi !

Shinichi eut une petite toux qu'il excusa en parlant d'une gorge sèche suite à un début de grippe.

- Bon, il est juste question d'un alibi et d'une carte, c'est bien cela ? Donc, vous allez me dire que vous avez toujours votre carte vous-même, n'est-ce pas ?

- Bien entendu !

- Montrez-la.

Kogoro fouilla ses poches, fronçant de plus en plus les sourcils avant de pousser un cri de rage en notant la disparition de l'objet en question.

- Haiiro, explication, demanda Shinichi en se tournant vers la brune.

D'un tour de main, elle brandit un éventail de douze cartes du Diable, nettement visible depuis son perchoir légèrement en hauteur de la foule. Quelques membres du groupe en question fouillèrent leur poche pour réaliser qu'ils s'étaient eux aussi fait dépouiller. Rouge cacha son rire dans une petite toux. Venant d'une pirate, ce genre de chose ne la surprenait même pas !

- Comme elle vient de le montrer, il est simple de voler une carte dans la poche de quelqu'un. Le meurtrier a certainement utilisé celle de la momie afin de lui faire porter le chapeau. Et le coupable c'est le loup-garou ! C'est vous qui l'avez pris dans les toilettes.

- De quoi tu parles ? lui demanda Kogoro.

Il se tourna vers la momie pour lui demander confirmation, mais celle-ci était incapable de le confirmer.

- Pas étonnant qu'il ne s'en souvienne pas. Le loup-garou est entré dans les toilettes voisines de la momie, il a injecté un narcotique à l'aide d'une seringue par la fente de la cloison. Il lui a suffit d'attendre qu'elle perde connaissance pour s'introduire par en haut dans sa cabine et lui volé sa carte.

- Et… as-tu des preuves ? demanda Kogoro d'un air dubitatif.

- Aucune qui ne puisse être présentée dans un tribunal, car de toute façon, le produit, tout comme la seringue doivent être au fond de la mer à présent.

- Pourquoi le loup-garou aurait-il fait cela ? Je l'ai vu quand il est sorti des toilettes, juste avant le discours, contrairement à la momie.

- Que dîtes-vous ? Moi aussi, vous m'avez vu en sortir ?! s'exclama la momie.

- Ah bon ? s'étonna Kogoro.

- J'étais juste à côté de vous ensuite !

- Seriez-vous en train de me dire que vous n'étiez pas la momie mais l'homme invisible ?

- C'est Frankenstein qui a la clef de l'énigme, éclaira Shinichi. Allez-vous nous dire pourquoi vous avez joué votre rôle de monstre jusque dans les toilettes et pourquoi vous cherchiez tant à vous faire remarquer ? Ah, et la raison pour laquelle vous avez eu l'air si étonné, aussi.

Sans se poser de question, le monstre en question parla :

- Ces soirées sont bien connus parmi les fans de films d'horreur. J'ai vu la momie envoyer des e-mails au cours de la soirée par son téléphone, et je me suis demandé s'il n'était pas un membre de l'équipe qui examinait si nous pourrions jouer dans le film. Donc, j'ai vite déduit qui il était. Je suis allé aux toilettes, décidé à me faire remarquer et j'ai continué de jouer la comédie jusqu'à ce qu'il en sorte… mais ce n'est pas lui qui est sorti.

Le fait que l'homme regarde le loup-garou donna la fin de la phrase.

- Enfin, ce n'est pas possible !

- Eh oui ! annonça Shinichi. Le meurtrier a non seulement fait porter le chapeau à la momie, mais aussi son propre masque de loup-garou. Les miroirs des toilettes ont été brisés afin que la momie ne s'en aperçoive pas.

- Mais en principe, on se rend compte de ces choses-là.

- La momie était enroulée dans ses bandages, ce n'est donc pas étonnant. En plus, ce masque recouvre le visage jusqu'au buste, donc, même si elle était de couleur différente, sa cravate était dissimulée. Sans parler que tous deux portent des gants blancs, faisant que ni eux, ni les autres ne voient de différence.

- C'est un peu trop simple non ? pointa Kogoro. Il fait à peu près la même taille, détient la même carte et qui plus est, il se retrouve par hasard le voisin de cet énergumène silencieux dans les toilettes.

- Ce n'était pas un hasard, réfuta Shinichi. Il attendait justement quelqu'un de ce genre. Nombreux étaient les invités ne parlant pas suffisamment pour attirer l'attention sur leur déguisement. L'idée de tirer la flèche avec la carte a dû lui venir à ce moment-là. Même si le meurtrier n'avait pas voulu laisser sa propre carte sur les lieux, même s'il l'avait utilisée pour nous induire en erreur, personne n'aurait pu douter du loup-garou.

- Mais… le loup-garou est sorti des toilettes au moment où j'ai appelé Sonoko ! S'il avait été endormi, comment aurait-il pu sortir justement à ce moment-là ?

Kali se pencha à l'oreille de Shinichi pour chuchoter quelque chose. Le détective hocha la tête et la pirate baissa la tête, ses mains fermement accrochées au rebord de la vigie.

Lentement, le vent commença à prendre en force.

- Vous avez entendu quelque chose avant de sortir des toilettes, n'est-ce pas ?

- Oui ! se rappela Sonoko. Un lointain hurlement de loup ! « Aououuh » ! Comme un enregistrement !

- Et oui. Un haut-parleur doit être installé sous le masque, avec un appareil d'écoute, ce qui lui permettait de réagir rapidement aux voix des gens entourant la momie sous son apparence. Si on lui adressait la parole, en le prenant pour le loup, il pouvait tricher par ce lointain hurlement. On pouvait croire être effectivement près de lui et parler au loup-garou.

Ce qui expliquait pourquoi le loup-garou passait son temps à regarder autour de lui tout au long de la soirée et aussi pourquoi la momie insistait pour avoir passé son temps à proximité du loup.

Cela avait aussi donné un alibi au loup, puisque tout le monde avait pensé qu'il était là, avec eux, alors qu'en fait, il était sur le pont à commettre le meurtre. Il lui avait suffit de se glisser au milieu de la précipitation pour retrouver la momie, tout en se fiant aux hurlements. Dans la ruade, il était facile de récupérer le masque et de l'enfiler, ni vu, ni connu.

- Me suis-je trompé quelque part, le Loup-Garou ? demanda Shinichi à la fin de sa déduction.

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La voiture de Jodie ralentit sa course en arrivant du côté des embarcadères, longeant l'eau d'un côté et les containers de marchandises de l'autre. Puis, elle donna un brutal coup de volant, faisant faire à son véhicule un dérapage à 180 degrés, avant de s'arrêter, les phares toujours allumés, se mettant ainsi face à face avec la voiture de Araide qui s'arrêta à quelques mètres. Les deux conducteurs sortirent de leur véhicule, Jodie jouant innocemment la surprise.

- Qu'avez-vous l'intention de faire de la petite ?! demanda Araide en claquant sa portière.

- No, no ! je l'ai juste emmenée faire un tour en voiture ! se justifia Jodie. J'ai beaucoup de temps libre contrairement à vous.

- Comment ça ?

- Araide-sensei, le procès pour cette affaire de meurtre est sur le point de s'ouvrir ! Et vous devez témoigner ! Dire que c'est Hikaru, l'aide de la maison, qui a appuyé sur la gâchette. Le fait qu'elle a tué votre father a été caché.

- Hikaru a tiré ? s'étonna le médecin.

- Ne faîtes pas l'ignorant, le détective Mouri m'a tout raconté !

- Que dîtes-vous ?! C'est ma belle-mère qui l'a tué ! Et la mort a été causée par électrocution, non par un pistolet !

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Le loup n'avait pas l'intention de se laisser avoir ainsi par un simple lycéen qui joue les détectives. Il voulait des preuves.

Et pour ça, Shinichi avait deux simples éléments.

Première chose, un coq.

Il avait trouvé l'oiseau vivant dans la vigie et il aurait dû servir à dénoncer qui était l'humain parmi les monstres.

- Fukuura-san avait l'intention de faire ça en l'éclairant avec un spot, expliqua Shinichi en prenant le volatile par la queue pour le brandir au public.

Miss Gorgone annonça la solution :

- Chez la poule, le mâle se dit cock en anglais et la queue se prononce tail. Autrefois, on fabriquait toutes sortes d'alcools à base de queues de coq, d'où l'étymologie du mot cocktail.

- C'est ça l'astuce ? s'étonna Mouri d'un air dubitatif.

- Détective Mouri, vous aussi, vous avez bu ce fameux cocktail, malgré la mise en garde.

Faisant un effort pour se rappeler, il annonça qu'il avait bu la même chose que le loup-garou, cherchant à se rappeler du nom.

- Un Silver Bullet ! répondit immédiatement la momie. Fukuura-san m'avait demandé de boire ce cocktail au bar !

- Ce n'est que pure coïncidence, moi aussi je l'ai bu, renchérit le loup pour la plus grande surprise de la momie.

- Vraiment ? Vous aussi ? Je croyais que vous vouliez vous faire remarquer et jouer dans le film ? s'étonna faussement Shinichi.

- En effet, j'ai pris un cocktail pour me remonter le moral. Et alors ? Un loup-garou a bien le droit de boire de l'alcool !

- Et vous avez pris un Silver Bullet ?

- Mais t'es têtu ! Puisque je viens de le dire, oui, j'ai un Silver Bu….Let ?

La voix du loup-garou s'arrêta en réalisant ce qu'il venait de dire.

- Pauv' tâche, lui dit Kali avec un ton très hautain. Même le dernier des abrutis pourra te dire que les Silver Bullets ou Balle d'Argent, est une arme contre les loup-garou. L'argent en général marche très bien sur beaucoup de démon. N'importe quel fan de Fantasy ou d'Horreur pourra te le dire. Sans parler que l'alcool du même nom doit avoir la capacité de repousser des démons, non ? Aucun monstre, aucun connaisseur, ne commanderait un alcool qui repousse les démons.

- En suggérant le cocktail, Fukuura-san avait l'intention d'envoyer les invités au bar. Ayant bien spécifié que seules les momies du personnel pouvaient consommer un Silver Bullet, cela avait pour but de révéler que c'étaient eux les humains qui s'étaient glissés parmi eux. Le serveur n'a sans doute pas écouté les indications de son patron, puisqu'il a servi la même chose au détective. Pour ce qui est de votre précipitation à la sortie des toilettes, c'est parce que comme vous vous êtes endormis, vous n'aviez pas encore bu ce cocktail, n'est-ce pas ?

La momie acquiesça.

- Eh bien, si Fuukura-san lui-même a réalisé le maquillage des momies, la réponse devrait être indiquée sous ses bandages, par une marque.

Yukiko laissa Rouge seule sur sa chaise quelques instants pour aller dérouler les bandages du suspect. Outre le dentier et un peu de maquillage autour des yeux pour donner à la zone un aspect desséché, l'homme n'avait rien, outre le kanji « humain » écrit sur le front.

- Et ton autre preuve ? demanda Kogoro.

- Même un spécialiste du tir à l'arc n'aurait pas pu marquer une flèche d'une carte et la tirer sur quelqu'un d'aussi loin.

- Sauf si on s'appelle Yassop, commenta Kali. Ou Curiel.

Shinichi adressa un regard noir à Kali alors que Rouge cachait son rire sous une toux politiquement correcte. Le jeune détective se rapprocha de l'entrée de la vigie, et s'accroupit au bord, le coq à ses pieds qui se cachait de Kali.

- Pour l'abattre, il a dû monter jusqu'ici et tirer à bout portant. Le loup-garou a conservé la trace de sa présence ici. Lorsqu'il a brisé les miroirs des toilettes, des débris de verre se sont enfoncés dans les semelles de ses chaussures en marchant. Si nous demandons au service d'identification de les analyser, il découvrira certainement qu'ils sont identiques. Cher loup-garou, montrez-nous donc vos semelles et dîtes-nous donc pourquoi vous êtes monté jusqu'ici.

Kogoro demanda à voir, mais le loup ne réagit pas à sa question.

- Je… ce n'est pas moi… je suis désolé, mais c'est ce démon…

- Nani ? demanda Kogoro avec perplexité.

- VERMOUTH ! LE DEMON ! hurla le loup-garou.

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Jodie ne put se retenir.

Les bras croisés sur sa poitrine, adossée à l'avant de sa voiture, elle éclata de rire. Un rire immense qui surpris son interlocuteur.

- Oh sorry ! Quand j'ai parlé de gâchette, je voulais dire disjoncteur. Le meurtrier a mis au point le dispositif du crime, mais c'est Hikaru qui a déclenché le disjoncteur et, de ce fait, appuyé sur la gâchette en toute innocence, expliqua Jodie. Afin d'éviter de lui porter préjudice, le meurtrier et la police se sont arrangés et une déposition mensongère a été rédigée. Le meurtre a eu lieu d'une manière détournée.

Araide se figea, réalisant son erreur et le piège de Jodie.

- Pas étonnant que vous ne l'ayez pas su ! Ces faits ne sont pas notés dans les dossiers que vous avez volés à la préfecture de Police. Vous les vouliez pour éviter le procès et continuer de vivre sous l'identité de Araide-sensei. Me suis-je trompée quelque part dans cette histoire ?

- Qui êtes-vous ? balbutia l'homme.

Avec un sourire froid, Jodie porta son doigt à ses lèvres, comme pour demander le silence.

- A secret makes a woman woman.

Elle ramena ses bras devant elle et continua avec un ton sombre et sérieux en anglais.

- /Vous rappelez-vous ? Ce sont les derniers mots que vous m'avez dits. Je me les suis répétés sans relâche afin de ne pas oublier les paroles de mon ennemi. Les mots de l'assassin de mon père./

Araide prit une expression froide et neutre en portant une main à son visage pour se pincer la peau d'une de ses joues.

- /N'est-ce pas, Chris Vinyard… ou devrais-je dire VERMOUTH !/