Bonne année, meilleur voeux pour 2020. J'espère que cette nouvelle année sera un succès pour vous. Je vous donne donc le chapitre du jour et je vous dis à bientôt !

La série va connaître un hiatus, aussi, le temps que je refasse mes réserves, vu que je me suis concentrée sur tout autre chose ces derniers temps.

Donc, savourez-le et on se revoit bientôt j'espère.

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Clairement, Haibara devait admettre que Conan avait eu beaucoup de chance dans cette affaire. Cependant, elle savait très bien que les Hommes en Noir devaient chercher Reina de long, en large et en travers, dans tout le pays. Tout ça, parce que l'émetteur de Conan avant eu le malheur de se coller sous la chaussure de la présentatrice.

Présentatrice qui pour l'instant, était officiellement en vacances pour la télévision.

Les Hommes en Noir devaient être restés sur l'idée que Kogoro avait été un appât innocent, rien de plus, rien de moins. C'est pourquoi lui laisser un garde du corps n'était pas une bonne idée, malgré la proposition du FBI. Sans compter que Conan était toujours dans les pattes du détective, et que Red était avec lui très souvent.

A côté, Red s'était fait boxer les oreilles par Haibara pour avoir encore une fois voler l'antidote expérimental sans demander l'autorisation.

Mais en dépit de leurs problèmes, il restait quelque chose d'appréciable.

Ils étaient des élèves de première année d'école élémentaire. Et ça impliquait une certaine tranquillité.

Conan soupira en regardant Genta faire l'idiot avec une serpillère qu'il agitait en tous sens pendant qu'ils devaient faire le ménage. Même si l'ancien lycéen se faisait chier, au moins, ça lui faisait des problèmes en moins. Et la paix.

Même le pirate semblait s'être résigné et profitait. Malgré son handicap, il aidait au ménage avec sa force plus développée que les autres enfants, en déplaçant les meubles pour eux. Il suffisait juste de lui dire d'avancer, reculer ou tourner. Comme une grue téléguidée.

Conan releva le nez de sa propre serpillère quand Mitsuhiko ouvrit avec violence la porte de la salle de classe, ce qui fit sursauter tout le monde. Le garçon était essoufflé alors que tout le monde avait la tête tournée dans sa direction. Ce qu'il annonça inquiéta tout le monde :

- C'est terrible ! Une élève de quatrième année s'est évaporée !

Red soupira et laissa tomber sa tête vers l'avant en reposant la table qu'on lui avait demandé de déplacer. La paix et la tranquillité, ce n'était pas encore pour aujourd'hui.

Mitsuhiko raconta que l'élève en question avait une sœur aînée, bonne amie avec la sienne, faisant qu'elle venait souvent jouer chez eux. Apparemment, elle avait téléphoné hier soir au garçon pour lui demander de rentrer avec elle aujourd'hui. Sauf que voilà, en allant la voir dans sa salle, on lui avait dit que la fille en question n'était pas venue en classe.

Personne ne répondait chez elle et apparemment, elle avait eu quelque chose à leur demander, ce qui expliquait pourquoi elle avait voulu renter avec le Club de Détective. Une affaire qu'elle prenait très à cœur.

- C'est quoi son nom et elle ressemble à quoi ? demanda Conan qui commençait à se faire du souci.

- Quatrième année, classe A, Amemiya Shôko, répondit Mitsuhiko. Elle a les cheveux marrons qu'elle coiffe au carré… en fait…

Il regarda Haibara qui se tenait derrière Red et Conan.

- Il se trouve qu'elle ressemble beaucoup à Haibara. Avec les cheveux un peu plus foncés.

Red sentit son cœur louper un battement dans sa poitrine alors qu'il cherchait le poignet de Haibara pour refermer sa main dessus. Conan devait penser la même chose vu qu'il regarda la scientifique qui avait perdu ses couleurs.

Ce ne serait tout de même pas…

- Que dit l'école ? demanda calmement Red en essayant de garder la tête froide. Personne n'a cherché à la joindre ?

Ce fut Kobayashi qui, en revenant dans la classe pour voir ses élèves, leur répondit :

- En fait, elle a prévenu qu'elle ne viendrait pas, elle devait se rendre aux funérailles de son grand-père à Kyushu. Mais il parait qu'hier, au moment de partir, elle a dit que finalement, elle viendrait. Alors, nous aussi, nous nous faisons du souci. Elle a peut-être décidé d'aller aux funérailles finalement. Hirayama-sensei, le professeur responsable de sa classe, pense la même chose.

C'était un nom inconnu des services, mais leur maîtresse leur apprit que l'homme était nouveau et qu'il était arrivé avant-hier pour remplacer un de leurs collègues qui avait eu un accident de voiture.

Un accident ?

- Quand l'accident a-t-il eu lieu ? demanda Conan en essayant de ne pas paniquer.

- Lundi dernier, répondit la femme perplexe devant l'état de panique de Conan.

Soit deux jours après la capture de Kir. Se pourrait-il…

- Ses parents doivent être à Kyushu, vous ne les avez pas contactés ? demanda Haibara avec une inquiétude grandissante.

- Nous avons appelé la maison du grand-père, mais la famille nous a dit qu'ils n'avaient pas prévu d'arriver avant cet après-midi.

L'adulte sourit d'un air rassurant à la troupe d'enfants et leur conseilla de rentrer chez eux.

Mais les coïncidences qui s'alignaient ne rassuraient certainement pas Dawn, Edogawa et Haibara. Ils avaient une enquête à mener.

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Après un détour dans la classe de l'élève manquante, ils se mirent en marche vers le domicile de celle-ci en faisant un résumé de ce qu'ils avaient appris.

La fille en question était intelligente, travailleuse et discrète, et assez sympathique. Pas du genre à passer par quatre chemins quand elle parlait, il n'en restait pas moins qu'elle était assez populaire et appréciée des filles, là où les garçons ne l'aimaient pas des masses.

- Comme Ai-chan ! comprit Aymi.

- Mais Haibara a autant de succès chez les filles que les garçons ! C'est clair ! défendit Mitsuhiko à l'adresse de la petite scientifique qui marchait devant avec une casquette sur le crâne dans laquelle elle avait mis ses cheveux.

- Tu rougis tellement que je sens la chaleur d'ici, taquina Red qui marchait devant avec Conan pour ne frapper personne avec sa canne.

Mitsuhiko cacha ses joues de ses mains.

- Au fait, Haibara, pourquoi tu portes cette casquette ? demanda Genta. Elle appartient à Conan-kun, non ?

- Et pourquoi pas ? répondit la fille en esquivant le sujet.

- Elle te donne un petit air garçon manqué, ça te va bien, complimenta Mitsuhiko.

- J'adore ! approuva Ayumi. En plus, comme ça, tu as la même coiffure que Red-nii-chan avec la sienne !

Le pirate tourna la tête en entendant son nom. Il est vrai que lui aussi, avec sa casquette gavroche sur le crâne, avait décidé de se la jouer prudence et de rentrer dedans ses cheveux, ne laissant que ses éternelles mèches rebelles lui tombant sur la figure. Exactement les mêmes qui tombaient à présent sur les yeux de Haibara avec la casquette de Conan.

Le petit détective n'avait pas d'histoires de coiffure dans son crâne, pour l'instant. Il se concentrait sur les faits. Si on prenait en compte que la fille disparue avait une personnalité semblable à celle de Haibara, alors, il y avait peu de chance qu'on la prenne au piège pour la kidnapper. Il restait bien l'hypothèse de l'accident ou bien celle qui lui plaisait beaucoup moins. Le "nouveau professeur" serait en fait un des Hommes en Noir et aurait enlevé une fillette innocente en pensant avoir mis la main sur Haibara. Mais le problème restait de savoir pourquoi ils auraient choisi la classe des quatrièmes années, alors qu'ils étaient en première. Sans compter qu'à côté, la fille avait agi bizarrement sur les deux-trois derniers jours. Elle s'était isolée et évitait ses amies sur le chemin de l'école. Peut-être avait-elle senti le danger ? Aucune idée. Mais elle aurait prévenu ses parents, dans ce cas, sauf si, comme Haibara, elle était du genre à tout garder pour elle.

Ils finirent par arriver devant la maison de la fille en question.

- Y'a personne ici, annonça Red avant même que Genta ne sonne à la porte.

Pour le coup, le garçon éloigna sa main de sa sonnette et se tourna vers le groupe.

- Alors, on fait quoi si la maison est vide ? demanda-t-il en bougonnant.

C'était dingue comment les enfants pouvaient s'adapter facilement à beaucoup de situation sans même poser de question. Cela surprendrait toujours Conan. Ils admettaient et comprenaient qu'il y avait des choses au-delà de ce qu'ils pouvaient faire ou percevoir, et l'acceptaient sans sourciller. Ils savaient que Conan et Ai étaient largement plus intelligents et adultes que le laisser penser les apparences, mais c'était ainsi, ils l'acceptaient. Ils comprenaient que Red était très presque trop débrouillard pour quelqu'un avec son handicap, mais soit, ils l'acceptaient.

- On peut toujours entrer pour voir si elle n'a pas laissé un mot ou un indice, informa Mitsuhiko. Je suis déjà venu plusieurs fois, donc je sais où ils laissent une clef de secours.

Et pour le prouver, il se tourna vers le pot de fleur à proximité de la porte d'entrée et le souleva. En effet, dessous, une petite clef attendait sagement qu'on veuille bien l'utiliser. Mitsuhiko la ramassa et déverrouilla la porte.

- C'est pas une intrusion illégale, ça ? se renseigna Red avec amusement. Genre, un truc interdit par la loi ?

- C'est pour une bonne cause alors arrête tes bêtises, lui dit Conan.

- Et après, c'est moi qui s'en prends plein la tête quand je fais des trucs de ce genre.

- Je dois vraiment perdre mon temps à te faire la morale là, maintenant, tout de suite, ou je laisse ce plaisir à Haibara ?

- J'ai renoncé, lui dit clairement la scientifique avant de s'avancer vers la porte désormais ouverte.

Ils n'eurent pas besoin d'aller au-delà du hall pour tomber sur une photo de famille avec la fillette disparue dans le lot. Et il est vrai que pour quelqu'un de peu attentif, il était facile de confondre la demoiselle avec Haibara. Sauf qu'elle n'avait pas ses mèches rougeâtres si particulières et que ses cheveux étaient bien moins bouclés. Son visage était bien plus allongé, plus typé japonais que celui de Haibara.

- Maintenant que j'y pense, elles avaient un autre point commun, se rappela Mitsuhiko. Mais impossible de me rappeler lequel…

- Ne me dis pas qu'elles ont aussi une voix qui se ressemble ! paniqua Conan.

- Euh non… ni leur voix, ni leur manière de parler. Shôko-chan est largement moins hargneuse.

- Désolée d'être hargneuse, maugréa Haibara.

- On a la visite d'un adulte, avertit Red.

L'instant d'après, la sonnette se fit entendre. Ayumi alla ouvrir et resta perplexe devant l'homme inconnu en costume qui venait de débarquer et qui les regardait de derrière ses lunettes.

- Qui êtes-vous ? demanda-t-il en se penchant vers les enfants.

- Et vous alors ?! attaqua Genta.

- Eh bien, je suis Hirayama Bungo, professeur à l'école Teitan. Je suis responsable de la classe de Amemiya Shôko…

- Ah bon ? s'étonna Ayumi.

- Vous nous avez fait peur ! soupira Mitsuhiko.

Derrière le gros du groupe, Conan s'assura que Haibara soit bien cachée derrière lui et Red. Le pirate avait baissé la tête pour se concentrer sur le ressenti qu'il avait de l'homme et déterminer s'il était une menace.

- Oh ! Vous avez une marque à l'œil droit ! remarqua Ayumi.

En effet, l'homme avait un vilain bleu en formation juste sous le sourcil.

- Oui, je suis tombé dans les escaliers ce matin.

Il voulut se frotter l'œil mais ses lunettes glissèrent sur son nez, totalement désarticulées. Il les remit correctement et se pencha vers les enfants pour savoir qui ils étaient.

Le petit détective avait un bon sentiment avec cet homme, il n'était pas une menace.

- Nous sommes nous aussi de l'école Teitan, annonça Conan.

- La classe B de première année, compléta Red.

- Que faîtes-vous ici ? s'enquit l'adulte.

- La même chose que vous. On se faisait du souci, donc, on est venus pour si Amemiya Shôko était chez elle.

- Comme je connais la cachette de la clef de la maison, on a ouvert la porte pour voir si on pouvait trouver quoi que ce soit qui puisse dire où elle était, expliqua Mitsuhiko.

- Elle a dû aller à Kyushu alors, supposa l'enseignant.

- N'a-t-elle pas dit qu'elle serait toute seule ici ce soir ? se fit confirmer Conan.

- Si, mais elle a ajouté qu'elle devait prendre le petit-déjeuner et le dîner chez les voisins, les Miike.

Les enfants se précipitèrent en direction de la maison en question, laissant Red derrière avec Haibara.

- J'vais m'prendre les pieds dans quelque chose, je le sens bien comme ça, soupira l'aveugle.

- C'est de ta faute si tu es dans cet état, alors, arrête de râler et viens, lui dit la scientifique.

Et elle se mit à marcher à côté du pirate pour afin qu'ils rejoignent rapidement les autres sans qu'il n'ait de problème à s'orienter avec sa canne ou qu'il ne se prenne les pierres sur le chemin avec un obstacle qu'il n'aurait pas prévu.

La voisine ne les aida pas plus.

Apparemment, elle avait vu Shôko partir le matin même vers l'école, très tôt même, puisqu'elle avait eu l'intention de faire un tour au konbini avant. Autre chose étrange, elle avait demandé en pleurant à ne pas aller à l'enterrement. Vu qu'elle n'avait apparemment pas beaucoup dormi, les jeunes enfants pensèrent qu'elle avait certainement fugué.

Jusqu'à ce que le professeur débarque à son tour pour poser des questions.

Mais Conan ne s'attarda pas. Il saisit Red par le poignet et le tira avec lui vers la sortie de la résidence sans prêter attention aux protestations du D. Comme toujours le reste de la bande suivit le mouvement.

- Si vous n'avez pas de nouvelles de nous dans les trente minutes, appelez la police ! Nous allons tenter de la retrouver ! cria Conan par-dessus son épaule.

- Mais… pour qui te prends-tu ? demanda l'enseignant en regardant la ribambelle de gosses se précipiter vers la rue.

- Edogawa Conan, détective ! se présenta sérieusement le garçon avec autant de classe qu'il pouvait avoir malgré sa taille réduite.

- Du club des Jeunes Détectives ! Comme nous tous ! rajouta Mitsuhiko en volant la vedette à Conan.

- Sortez-moi d'là… gémit Red.

Et le groupe d'enfants reprit sa course vers le convenience store. Haibara jeta un regard par-dessus son épaule pour voir que l'enseignant les fixait en plissant les yeux d'un air qui semblait méchant.

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Le caissier à la supérette confirma avoir vu la gamine très tôt dans la matinée. Elle avait pris une petite bouteille de jus de fruit, un berlingot de lait et un cutter qui pouvait être accroché au téléphone. Tout cela éliminait peut-être l'hypothèse de la fugue, mais ça ne les aidait pas plus. Autre détail, c'est qu'elle avait passé beaucoup de temps à regarder les produits dans le rayon ustensiles de cuisine. Quand le caissier avait demandé s'il pouvait la renseigner, elle avait juste changé de rayon.

Le groupe allait passer dans le rayon en question quand Red se retourna vers l'entrée du magasin :

- On dit beaucoup de choses sur les hommes adultes qui suivent des enfants qui ne sont pas les leurs, ossan, on doit se faire du souci ?

L'enseignant s'arrêta sur le seuil du magasin, pris à revers par le commentaire de l'enfant.

- Dawn ! Arrête avec tes bêtises, tu vas briser sa vie alors qu'il ne fait que son travail ! rabroua Conan.

- J'dis ça, j'dis rien…

- Il est de sa responsabilité de savoir ce qui est arrivé à cette fille, pour le coup, puisqu'on mène la même enquête, il est normal qu'il nous suive ! Donc, maintenant, tu t'inclines et tu t'excuses.

- J'vais pas m'excuser pour dire ce que je pense !

- Dawn ! Excuse-toi ! Fais preuve d'un minimum de bonne éducation, espèce de barbare !

- Conan-kun a raison, ce professeur ne fait que son travail, même si ça peut porter à confusion, il ne fait pas exprès de nous suivre, gronda la mignonne Ayumi.

Sweet, sweet Ayumi…

Le professeur ne savait pas vraiment comment prendre la situation, pas plus que le caissier, mais finalement, les deux adultes se détournèrent pour s'occuper de leurs affaires, laissant les mômes entre eux à essayer de savoir ce qu'aurait voulu acheter la fillette disparue.

- Peut-être des cure-dents ? proposa Genta en prenant une boite dans les rayonnages. Mon père m'envoie souvent en acheter !

- Mais pas sur le chemin de l'école, lui fit remarquer Mitsuhiko. On n'emporte pas ça en classe.

Pendant ce temps, Haibara gardait l'étrange enseignant à l'œil en regardant régulièrement par-dessus son épaule. Elle était heureuse que le pirate fasse attention à cet individu. Il ne la rassurait pas, surtout avec les regards méchants qu'il leur jetait quand ils avaient le dos tourné.

- Bonjour agent Yumi, salua Red.

La policière venait tout juste de passer la porte de la petite épicerie quand elle entendit la salutation. Curieuse, elle s'avança dans les rayons et fut accueillie par les sourires joyeux des enfants.

- Bonjour les enfants. Qu'est-ce que vous faîtes ici ? s'enquit l'inspectrice. Vous n'habitez pourtant pas dans le quartier.

Pendant que la femme faisait son achat de masque hygiénique, Conan lui résuma l'affaire avant de lui demander si quelqu'un n'avait pas appelé la police pour signaler un comportement suspect ou un accident.

- Pas à ma connaissance, répondit la femme. Aujourd'hui, je n'arrête pas de mettre des P.V. Je devais acheter ces masques avant d'y re…

Elle ne finit pas sa phrase qu'elle se mit à éternuer sur Red qui se tenait devant elle sur le point de lui demander ce qu'était un P.V. La policière se détourna pour s'essuyer le nez et rangea son mouchoir avant d'aller à la caisse avec son achat et les enfants.

- Donc, je disais que je dois visiter trois endroits aujourd'hui où je dois porter un masque. L'un parce qu'atchaaa… qu'il sent mauvais. C'est à côté d'une décharge sauvage de poubelles qui fait le festin des corbeaux…

Elle repartit dans un second éternument.

- Mais c'est pas vrai ! Je suis pas malade pourtant !

- Et les autres endroits ? demanda Mitsuhiko.

Ils quittèrent l'épicerie et un nouvel éternument prit Yumi.

- Dawn… recule, demanda Conan.

- Qu'est-ce que j'ai fait ? s'étonna le pirate en levant les sourcils.

- Eloigne-toi simplement de Yumi-san. Je pense qu'elle fait une allergie aux poils de Iro.

L'aveugle eut un « Oh » silencieux et, avec l'aide de Mitsuhiko, s'éloigna de la policière qui ne comprit pas la démarche. Mais pour le coup, elle avait moins envie d'éternuer.

- Et donc, ces autres endroits ? demanda Conan.

- Eh bien, le second est un vieil entrepôt inutilisé. Je ne sais pas si c'est de la poussière, mais quand je vais là-bas, je n'arrête pas d'éternuer, un peu comme tout à l'heure. Je m'y suis rendue avant, mais je n'avais jamais eu ce problème.

- Et le dernier ? demanda Ayumi.

Avec un sourire embarrassé, la jeune femme se pencha vers eux pour leur faire une confidence.

- En fait, c'est juste à côté de là où habite un garçon avait qui je suis sortie à l'université. Il a mal tourné, alors ne j'ai pas envie qu'on se voie…

- D'où le masque, comprit Mitsuhiko.

- Il est si méchant que ça ? Parce qu'au besoin, donnez-moi son adresse et Kali ira lui faire regretter le jour de sa naissance ! ricana Red.

- Non, il est pas si méchant… Il est même mignon, d'ailleurs, juste un peu trop puéril…

Elle partit un instant dans ses pensées avant de s'indigner qu'elle n'était pas ici pour parler de son ex.

- De toute façon, ces trois endroits sont tous situés près de salles de jeux ou de pachinko, donc, beaucoup de clients installent leurs vélos et leurs voitures n'importe où.

- Et nous, on a la disparition d'une gamine sur les bras. Auriez-vous l'obligeance, Yumi-san, d'appeler vos collègues pour vérifier, s'il vous plaît, qu'elle ne s'est pas retrouvée dans un accident, je vous prie ? demanda Red avec son plus beau sourire.

Tout le monde regarda le brun comme s'il avait deux têtes. Depuis quand Dawn D. Red, le garçon qui allait mal finir, parlait-il aussi bien ?

- Maintenant, tu peux mettre ton commentaire de barbare là où je pense, et bien profond, et n'oublie pas de le fumer ! rajouta le pirate en se tournant dans la direction où devait être Conan.

- Tu devrais pas parler ainsi en présence d'enfants, rappela à l'ordre le détective.

Il n'eut droit qu'à une langue rose et baveuse de la part de son camarade aveugle. Comment diable quelqu'un qui était techniquement parlant du feu pouvait-il avoir de la bave ? Le pirate défiait à lui seul toutes les lois de la physique et de la chimie qu'il connaissait !

Pendant que Yumi appelait le central, Genta alla s'acheter de quoi boire et grignoter, ce qui lui valut de se faire engueuler par Mitsuhiko qui essayait de réfléchir. Parce que c'était bien beau qu'on lui demande quel était l'autre point commun entre Haibara et Shôko, mais avec Genta qui mastiquait à son oreille, ça n'aidait pas des masses.

- N'as-tu pas autre chose à faire que manger ?!

- Laisse-moi tranquille ! se défendit Genta devant la colère de son ami. Quand j'utilise ma tête, j'ai l'estomac qui se vide…

- Je me demande ce que me répondraient Marco et Thatch si je leur sors cette excuse à mon appétit ? s'interrogea Red en prenant une pose pensive en considérant réellement l'idée.

Genta déboucha sa bouteille de jus de fruit et commença à la boire goulument devant les portes du magasin.

- Ah ! ça me revient ! s'exclama le caissier en sortant.

Tout le monde se tourna vers lui.

- Elle a bu le jus qu'elle venait juste d'acheter devant le magasin et d'une traite.

Etrange…

- Elle avait peut-être soif ? supposa Mitsuhiko.

- Elle n'habite pourtant pas loin, remarqua Ayumi.

Mais Conan avait le cerveau en plein ébullition, reliant les points entre eux. Allant des articles achetés, à son arrêt devant les ustensiles de cuisine et sa ressemblance à Haibara.

Saisi d'une idée, il se dépêcha vers les poubelles le long du trottoir et souleva le couvercle de la poubelle pour les bouteilles plastiques pour fouiller à l'intérieur. Il trouva un bout de bouteille de jus de fruit coupé au cutter.

- Je vais appeler la préfecture et demander l'ouverture d'une enquête, annonça Yumi.

- Non !

Elle releva le nez de son téléphone pour regarder Conan qui souriait à présent.

- Si nous allons jeter un œil à un endroit auquel je viens de penser ? proposa l'enfant.

Yumi ne voyait pas où il voulait en venir, mais pour les autres, c'était un poids en moins. Conan savait où était la gamine.

- Je crois savoir où elle est, mais si nous y allions pour vérifier ? On s'arrêtera en chemin à la pharmacie.

- Pourquoi ? Mitsuhiko.

Conan ne lui répondit pas et se tourna vers le vendeur de la supérette.

- Pourriez-vous nous donner un peu d'eau chaude, s'il vous plaît ?

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Quand Red entendit Conan acheter du lait en poudre, il eut d'abord un instant de panique. Pour lui, ça voulait dire qu'un bébé mourait de faim quelque part et que la fillette avait pris sur elle de le nourrir. Cependant, le calme du petit détective apaisa rapidement le pirate. Ce n'était certainement pas un enfant ou alors, ce n'était pas réellement en danger immédiat. A la demande de Conan, il lui tendit la bouteille en plastique d'eau chaude qu'il conservait à température du corps. Le petit détective y versa le lait en poudre, le secoua méticuleusement avant de le rendre à Red.

- Reste à la même température.

- Capiche. On a affaire à quoi ? demanda le pirate en glissant la bouteille dans la poche la plus large de son bermuda.

- Si c'est du lait que tu voulais, il y en avait au Convenience Store, pointa Mitsuhiko alors qu'ils rejoignaient Yumi.

- Il s'apprête certainement à élever un enfant avec Dawn, supposa Haibara.

- Dawn ferait un piètre parent, annonça Conan avec tranquillité. Ce n'est pas vraiment un bébé qu'on va voir. On va voir quelque chose de bien plus solide et débrouillard qu'un nouveau-né humain. Et on va pouvoir admirer à l'action le fameux pouvoir de Dawn dont nous a parlé Thatch-san.

Qu'est-ce que Thatch avait encore dit derrière son dos cette fois ? Foutu frangin.

- Oi ! s'indigna Mitsuhiko. Nous sommes en train de rechercher Amemiya Shôko, une élève de quatrième année qui a disparu sur le chemin de l'école ! Tu te souviens !?

- Laisse tomber ton histoire de bébé ! renchérit Genta.

- Shôko n'a pas dû vouloir laisser tomber, elle, se contenta de répondre Conan avant de regarder Yumi et lui demander de les guider : Amenez-vous à ce vieil entrepôt inutilisé où les voitures sont garées illégalement.

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L'enseignant remplaçant vint avec eux dans l'escapade jusqu'au garage en question. Le rideau n'était pas tout à fait remonté et quelques voitures étaient garées dans l'entrée.

En éternuant, Red comprit qu'il y avait énormément de poussière. Il n'était pas allergique, mais il devait en avoir des masses pour le faire réagir. Pourtant, son Haki perçut quelque chose à proximité qui le fit réagir et avancer avec sa canne. Le voyant faire, Ayumi se mit à le suivre.

- Tu crois vraiment qu'elle est ici ? demanda Genta à Conan.

- En tout cas, c'est très sale, remarqua Mitsuhiko.

- Je vous avais prévenus… leur dit Yumi en essayant de juguler un éternuement.

- Vous avez les muqueuses sensibles ? s'étonna Haibara.

- D'habitude non… n'est-ce pas ?

La policière se tourna vers sa collègue pour confirmation tout en mettant le masque sur son nez.

- Avez-vous des animaux domestiques ? demanda Conan.

- Deux chiens, Suta et Hachi, répondit la femme avec le masque de tissu en place.

- Et vos voisins, ils n'ont que des chiens ?

- Oui, je crois…

- Alors, je vous annonce que vous êtes allergiques aux chats, raison pour laquelle vous n'arrêtez pas d'éternuer quand Dawn s'approche de vous.

- AH ! Tu vois quand je dis que Iro n'est qu'un gros chat ! J'ai raison ! s'exclama Red du fin fond du garage.

- Ooooh ! Ils sont mignons ! s'exclama soudainement Ayumi.

Tout le monde vint la rejoindre pour voir deux petits chatons dans un carton tapissé de journal, avec une écuelle d'eau et un fond de bouteille empli de lait. Red avait déjà mis sa main dans la boite et les boules de poils s'y frottaient en ronronnant joyeusement et en miaulant.

- Mais c'est vaste ici, ils sont trop petits pour laisser des poils partout, pointa Genta.

- Les poils de chats sont très légers et particulièrement fins, expliqua Conan. On ne peut pas s'apercevoir de leur présence dans l'atmosphère.

Haibara se rapprocha des chatons et l'un d'eux se détourna du pirate pour aller voir la demoiselle qui lui prit ses petites pattes avant en souriant doucement.

- J'ai compris l'autre point commun entre Shôko et Haibara ! réalisa Ayumi. Vous aimez toutes les deux les animaux, c'est ça !

- Mais oui ! C'est ça ! s'exclama Mitsuhiko. Je me souviens maintenant !

La gamine avait voulu certainement leur demander de l'aide pour veiller sur les chatons pour que personne ne leur fasse du mal. Elle devait s'en occuper seule, dans le dos de ses parents qui ne devaient pas aimer les animaux ou les chats. Elle faisait tout ça en secret.

Tout en continuant ses explications, Conan ramassa la coupelle de lait au fond du carton :

- En coupant le fond d'une bouteille plastique, elle faisait une écuelle pour le lait. Elle a fait ça parce que le convenience store était en rupture de stock pour tout ce qui était assiette et tasse en carton.

- Système D, rien de plus efficace, approuva Red.

Il rit quand l'un des chatons lui grimpa sur le bras pour ensuite chercher à monter sur son épaule. Il lui facilita la chose en se baissant pour réduire l'inclinaison de son épaule et de son bras.

- C'est donc pour ça qu'elle n'est pas allée à Kyushu, comprit le professeur remplaçant. Elle devait nourrir les chatons.

- Cela explique aussi son manque de sommeil, réalisa Ayumi. Elle devait se faire du souci pour eux.

- Pas seulement à cause de ça.

Et il renversa le lait un peu plus loin.

Cela lui valut des engueulades. Après tout, la fillette avait laissé ce lait exprès pour les chats.

- Il pose un problème, répondit Conan.

- C'est du lait de vache, les chats sont principalement carnivores, expliqua Red. Leur estomac n'est pas fait pour supporter ce type de lait, sans parler du sucre et des nutriments rajoutés par l'industrie. Pour des chatons non-sevrés, il faut trouver le plus proche du lait de leur mère. Dans le cas présent, le lait maternel qu'on donne aux bébés est un bon substitut. Iro était encore trop petite pour pouvoir se passer totalement de lait, c'est le véto qui me l'a expliqué durant la première visite.

- Il faut le diluer deux fois dans son volume d'eau et le conserver à température du corps.

Conan récupéra dans la poche de bermuda de Red la bouteille que le pirate avait conservée à bonne température grâce à un usage discret de son logia. La coupelle en plastique fut remplie du nouveau liquide avait d'être déposée sur dans le carton. Immédiatement, les chatons se mirent à le boire, même l'intrépide sur les épaules de Red.

- Shôko était aussi inquiète parce qu'ils ne buvaient pas ! expliqua Conan. Elle a cru qu'il suffirait de changer l'écuelle sale pour une propre, mais il n'y avait pas de magasin d'animaux près de chez elle, alors, elle ne pouvait pas se procurer du lait spécifique.

- Et alors ? demanda Haibara. Nous ne l'avons toujours pas retrouvée. Où est-elle ?

- Me dis pas que tu t'es trompé, Edogawa, gronda Red.

Conan eut une mimique perplexe. Elle aurait dû être là, pourtant.

- Maou…

Tout le monde se tourna vers Red pour voir un chaton aux pieds de celui-ci, ses petites pattes avant posées sur le bout de peau à découvert.

- Oh ! Il y en a un autre ! s'émerveilla Ayumi.

- Cela en fait trois, constata Mitsuhiko alors que Red s'accroupissait pour prendre le chaton dans ses bras.

- Mais il fait quoi dehors tout seul ? s'étonna Haibara.

Le chat miaula de nouveau et Red le laissa sauter avec les autres avant de foncer sur les talons de Conan qui avait lui aussi compris. Sauf que le D. avait oublié un détail… qu'une voiture en stationnement lui fit un plaisir de lui rappelait.

Sboing

En grognant, le pirate se releva de là où il avait fini sur les fesses. Haibara lui attrapa alors le bras et le tira à la suite de Conan qui était dehors en train de regarder partout par terre, avant de s'arrêter devant un poteau électrique.

Des éclats de pare-brise de voiture.

Vu que les rebords étaient encore coupants, l'accident devait être très récent. Cela surprit Yumi, puisqu'elle n'avait rien entendu sur de possibles accidents ces jours-ci. Red força Haibara à arrêter de le tirer juste à proximité et s'accroupit pour toucher le sol de ses doigts avant de sentir quelque chose de légèrement humide.

- Ici. Du sang, appela-t-il.

Il porta ses doigts à son nez en faisant rouler quelques gouttes entre ses empreintes digitales.

- Il m'a tout l'air humain.

Haibara suivit la piste des gouttes de sang qui allaient jusqu'à l'entrepôt. Et juste avant, des traces de freinage.

- Elle a dû se faire renverser par une voiture ! s'exclama Mitsuhiko.

- On n'en sait rien, lui dit Red en essayant d'être rassurant. Tout ce qu'on sait, c'est qu'il y a eu un accident ici et que quelqu'un a été blessé. Elle devait avoir un des chatons dans les bras quand il a pris la fuite. Elle l'a suivi au moment où une voiture passée dans la rue. Cela a surpris le conducteur et il a fait une embardée pour l'éviter.

Red appuya son coude sur une de ses cuisses alors qu'il était toujours à genou au milieu de la rue.

- Je pense que le conducteur a été blessé. Il a assez de sang pour le confirmer.

- Et comment tu le sais, jeune homme ? lui demanda Yumi. Ta canne blanche ne sert pas à faire semblant.

- Vu que je suis passé de la lumière du soleil à la nuit éternelle, je sais, merci. Mais j'ai encore un nez, vous savez ? Et ce nez, il me dit qu'il y a pas assez de sang pour que Shôko soit grièvement blessée.

- Dawn a raison. C'est l'équivalent d'une vilaine coupure, rien d'alarmant, confirma Conan qui suivait lui aussi le sang. Regardez, les traces reviennent sur elles-mêmes. Elles sont allées du point d'impact, jusqu'au garage et de là, retour au véhicule. C'est le conducteur à n'en pas douter. Le centre de soin le plus proche, c'est où ?

- La clinique de Araide-sensei, lui dit Ayumi.

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En arrivant devant la clinique, ils virent en effet un fourgon endommagé devant la porte. Le médecin fut d'ailleurs surpris de les voir tous débarquer.

- Tu as amené tout le monde ? s'étonna le médecin à l'adresse de Conan.

- Le conducteur du fourgon endommagé devant la clinique est ici ? demanda Conan.

- Oui, confirma le docteur. Il a eu une blessure à la tête pour laquelle je lui ai fait trois points de suture, et il a aussi une légère commotion cérébrale.

- Il y avait une fillette avec lui ? demanda Red.

Araide fronça légèrement les sourcils. Il n'avait jamais vu ce garçon, mais il ne savait pas si la femme qui s'était fait passer pour lui l'avait rencontré déjà ou non. Dans le doute, il préféra rester neutre et répondre à la question :

- Il la tenait dans ses bras en arrivant. Il était couvert de sang et il disait l'avoir heurtée de son fourgon.

- Le sang venait de qui ? demanda immédiatement Mitsuhiko.

- Ne t'en fais pas, il venait de l'homme, rassura Araide en souriant.

Il embarqua le groupe jusqu'à une des chambres de la clinique pour montrer la gamine dormant tranquillement dans le lit, avec la jeune femme de ménage Hikaru qui restait à son chevet.

- Elle a besoin de repos, rien de plus. Elle s'est réveillée brièvement pour dire qu'elle n'avait pas dormi de la nuit. J'ai voulu appeler chez elle, mais il n'y a personne, j'attendais donc son réveil pour connaître son école et l'appeler.

C'est là que l'enseignant remplaçant se mit à pleurer. Apparemment, rien ne se passait correctement depuis ce matin pour lui.

- Oi ! Vous êtes un adulte ! Y'a pas mort d'homme, vous allez pas vous mettre à chialer ! rouspéta Red.

- Dawn D. Red, dans toute sa délicatesse, soupira d'un air blasé Conan.

Haibara regarda l'adulte qui continuait de verser des larmes en composant le numéro de l'école pour les avertir.

- Finalement, je ne pense pas qu'il s'agisse d'un des Hommes en Noir, conclut-elle.

- Je pense aussi, confirma Conan.

- Mais ça ne me dit pas pourquoi il nous regardait méchamment.

- Selon moi, je pense qu'il devait plisser les yeux pour bien nous voir, c'est tout. Ses lunettes ne sont pas adaptées à sa vue. Quand il a dit être tombé dans les escaliers ce matin, il a tapé du doigt son verre en voulant toucher son bleu. Cela montre qu'il porte certainement des lentilles normalement et qu'il a dû les perde. Il a donc dû remettre ses lunettes de vue qui ne sont plus adaptées pour lui, en attendant.

- Peut-être qu'il n'est simplement pas un agent très futé… Mais s'il est l'un des leurs, il a bien pu utiliser ce stratagème pour nous berner, non ?

- C'est ce que j'ai cru, à un moment. Mais avec qu'il a dit, j'ai compris que ce n'était pas le cas. Tu sais, quand il nous a demandé si nous habitions dans le coin !

- Et alors ?

- Dans cette situation, un professeur d'école élémentaire nous aurait d'abord demandé le nom de notre école. D'autant plus que nous portions tous notre sac à ce moment-là. C'est ce qu'un Homme en Noir déguisé en professeur se serait cru obligé de faire. Alors, j'ai compris qu'il s'agissait d'un professeur qui n'y voyait pas clair sans ses lentilles perdues et avec ses vieilles lunettes déréglées. Sans parler qu'il n'a pas réalisé que Dawn était aveugle avant qu'il ne se prenne la voiture et que Yumi-san ne fasse la remarque. Il y voit donc assez mal pour louper une canne blanche.

- Et si tout cela faisait partie du personnage ?

Conan attrapa la casquette sur la tête de Haibara et la remit sur son crâne à lui.

- Il n'aurait pas été utile de l'affubler de pareilles caractéristiques. Il parle spontanément, il ne peut pas être un ennemi. Ce que je redoute, ce sont ceux qui s'approchent à pas de loup, sans qu'on s'en rende compte. Comme Vermouth…

Entendant le nom de la femme, Araide jeta un regard au reste de la pièce. Les autres enfants, outre Conan et Haibara, étaient occupés avec Hikaru. Le professeur et Yumi étaient sortis de la pièce. Prenant le risque, le médecin se rapprocha du duo et se pencha sur Conan.

- Ano… Conan-kun ?

Le garçon enfonça correctement sa casquette sur son crâne et leva le nez vers l'adulte qui s'accroupit à côté de lui.

- Au sujet de cette… Vermouth…

- Eh bien ? demanda sérieusement le petit détective.

- Un homme, un certain Newgate-san, m'a dit que tu serais en possibilité de me présenter à quelqu'un qui pourrait me faire changer d'opinion sur elle.

- Changer d'opinion ? Comment ça ?

- Eh bien, les échos que j'ai eu de la période où elle se faisait passer pour moi laissent entendre qu'elle n'était pas si méchante que ça…

Haibara ne chercha même pas à retenir son reniflement narquois.

- Vermouth est une actrice américaine très connue, sensei, lui dit gravement Conan. Elle a autant de talent pour se faire passer pour les autres que Kaitou KID. Mais au fond, c'est une pomme pourrie. Je présume que Newgate-san vous a parlé de Dawn D. Red, c'est ça ?

- J'ai les oreilles qui sifflent Edogawa ! lança Red par-dessus son épaule.

Conan le montra du doigt.

- C'est lui votre preuve. Dawn, viens nous rejoindre.

En soupirant, l'aveugle tourna les talons et vint se joindre à eux en fouillant le chemin avec sa canne jusqu'à sentir les pieds des autres.

- Sensei, voici Dawn D. Red. Officiellement, vous vous êtes rencontré durant la prise d'otage dans le bus, Jodie-san a dû vous en parler. Dawn, à ta droite, le vrai Araide-sensei.

- Je suis aveugle, pas stupide, lui reprocha Red.

- Parfois on se demande si tu n'es pas les deux, lui dit Haibara sans la moindre pitié. Retire tes lentilles, s'il te plaît. Araide-sensei en a besoin pour une leçon sur le vrai visage de ta meilleure amie.

- Mais c'est galère à chaque fois pour les remettre. Mes cicatrices sont pas suffisantes pour deviner ?

- Vous en pensez quoi, sensei ? demanda Conan en regardant le médecin. Dawn, ne mords pas le gentil médecin et laisse-le voir tes yeux.

Red retira sa casquette et se laissa docilement faire quand le médecin prit son visage dans sa main, le penchant doucement sur un côté pour suivre la trajectoire de ses cicatrices.

- On ne t'a tout de même pas tranché les yeux… souffla Araide.

- Ses lentilles cachent les marques sur les yeux en eux-mêmes, confirma Conan.

- Vermouth s'est glissée dans mon dos et m'a tranché les yeux pour m'empêcher de m'échapper. Un de ses camarades m'avait déjà mis une balle dans l'épaule, raconta Red.

Il tapota son épaule droite pour dire où on l'avait touché.

- Maintenant, je pense que vous pouvez comprendre que la femme qui a pris votre place n'est pas une sainte, lui dit Conan. Les échos que vous avez de son comportement sous votre apparence, c'est parce qu'elle a copié votre personnalité, rien de plus.

- Je vois… je comprends beaucoup mieux… souffla le médecin. Tu as vu quelqu'un pour tes yeux ?

- Et risquer d'alerter tout le monde ? Un enfant avec des yeux tranchés, ça court pas les rues. A défaut de ne plus voir, j'aimerais ne pas perdre de nouveau ma liberté. Et dîtes pas le contraire, mais les médecins, ça parle entre eux. C'est comme ça que la recherche avance, lui dit Red d'un air aigre.

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Plus tard ce soir-là, Conan mit son cerveau sur off après le repas. Pendant que Kogoro et Ran mangeaient des mandarines en profitant du kotatsu sous la table, Conan se mit devant la télévision sur une chaise pour jouer à la console de jeu et raconter sa journée.

- Eh bien, quelle histoire, commenta Ran. Je suis bien contente que vous l'ayez retrouvée.

- Ouais… marmonna Conan.

- Et qu'est-il arrivé aux chatons ? demanda Kogoro.

- Le nouveau professeur en a pris un. Dawn voulait prendre les deux autres, lui et les chats… Haibara l'en a dissuadé en lui disant qu'Iro serait certainement jalouse, marmonna Conan en retenant un bâillement.

- Oh ! Red-kun a déjà un chat ? s'étonna Ran.

- Un gros chat. Tellement gros qu'il a besoin d'une autorisation préfectorale qu'il a obtenue en abusant du facteur pitié. L'animal lui sert de chat et de chien d'aveugle.

Il devrait voir pour contacter cette Kali et lui demander si tous les animaux chez eux avait ce degré d'intelligence, ou si cette panthère était une exception. Il laissa échapper un bâillement et continua :

- Pour le coup, c'est Araide-sensei qui a les autres chatons. Il dit qu'il trouvera certainement preneur auprès de ses patients.

- Et si nous en prenions un ! proposa joyeusement Ran à son père.

- Pas question ! Il se fera les griffes partout et la maison sera saccagée. Et puis, les femmes à chats deviennent orgueilleuses !

- Tu ne serais pas en train de faire allusion à maman et son chat ? demanda sa fille d'un ton menaçant.

- Possible, lui répondit son père en retournant à son journal. Le fait est qu'on a pas besoin d'un nouveau squatteur.

Parler de nouveau rappela quelque chose à Ran qu'elle voulut partager avec Conan, pour voir qu'il s'était endormi sur son siège, la console encore dans ses mains.

- Il doit être épuisé après cette folle journée, supposa Ran en éteignant la télévision.

- Bon, et sinon, c'est quoi cette affaire de nouveau ? demanda Kogoro. Nouveau professeur pour toi aussi ?

- Non, un nouvel élève ! C'est un garçon, mais son visage ressemble à celui de Mizunashi Reina. Il dit que ce n'est qu'une coïncidence. Je l'ai invité à la maison, je vous le présenterai !