Merci encore et toujours d'être au rendez-vous pour la suite de cette TRES longue aventure. C'est un plaisir. Yup.
Merci à Kathelen pour son commentaire sur le dernier chapitre.
Donc, pour répondre au commentaire, déjà, je dirais qu'une image vaut plus qu'un discours, donc, demande à google ce qu'est du French Cancan et profite. Pour indice, c'est quelque chose qu'on peut voir au Moulin Rouge entre autre. / Concernant Kotatsu et Beckman, on va dire que ça implique une baignade de force et d'autres mauvais tour pour un félin qui n'était que de passage sur le Red Force avant de retrouver les autres de son espèce./ Je ne sais pas pour le secret du magicien. Tu me diras, outre Conan et son flair légendaire, on n'a que Kali et Akako qui savent qui il est vraiment (Hakuba étant de nouveau à Londres, il ne compte pas). / Pour ta demande, je ne dirais rien pour une très simple raison que tu comprendras très vite.
Sur ce, je vous laisse sur une nouvelle affaire de KID et à bientôt !
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Kaitou leva le nez du journal alors qu'il lisait en attendant le début des leçons. Ce qui l'intéressait, c'était cette annonce d'un futur vol de tableau. Il se redressa quand Kali se mit devant lui. Elle lui fit un geste de la tête vers la porte, avant elle-même de sortir. Perplexe, voire un chouilla méfiant, l'adolescent se leva, alertant Aoko qui discutait avec Ran, Sonoko et Eisuke.
- Kaitou-kun ? Où tu vas ? s'enquit la demoiselle.
- Nourrir mes oiseaux. D'ailleurs, t'en as quelques-uns sous ta jupe.
Et juste à cet instant, des tas de colombes s'envolèrent de sous l'uniforme de la jeune Nakamori, provoquant nombreuses exclamations dans la classe, offrant une diversion au petit magicien qui se glissa dans le couloir. Il regarda des deux côtés et remarqua l'étrange brune s'éloignant du côté droit. Il se dépêcha de la rejoindre rapidement et la suivit dans l'escalier de secours menant vers le toit. En grimpant les marches, elle tira de son uniforme son portable et chercha quelque chose dans son répertoire, avant de passer son appel. Une fois sur le toit, Kaitou croisa les bras, prêt à lui demander ce qu'elle lui voulait. Elle se contenta de porter un doigt à ses lèvres pour lui faire signe de ne rien dire.
- Taishou ? Il est avec moi.
Commandant ? Qui appelait-elle ainsi ?
- Très bien, dit la jeune femme au téléphone en répondant apparemment à quelque chose.
Et elle tendit son mobile au jeune voleur.
- A quoi tu joues ? demanda Kaitou.
- Prends ce téléphone, lui ordonna la brune.
Avec un grognement agacé, le lycéen prit le téléphone.
- Oui ?
« KID ? Ici Hiken. »
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Conan grimaça et se protégea les yeux des flashs des journalistes alors qu'on le bombardait de questions. Ce soir, KID avait jeté son dévolu sur un tableau de maître.
- Vous voilà confronté au KID pour la troisième fois ! Pensez-vous gagner ?! demanda un journaliste.
- On ne peut pas savoir à l'avance, mais je pense que j'ai mes chances de l'empêcher de voler quoi que ce soit ! sourit poliment Conan. Et puis, ce n'est pas la troisième rencontre.
- Vous voulez dire que vous vous êtes rencontrés plus que ce que les journaux ont annoncé ?
Le micro revint devant le nez de Conan comme d'autres pour différents journaux ou différentes télévisions.
- Oui, on se connait bien ! rit nerveusement le gamin.
- KID n'agira pas seul, apparemment ! Êtes-vous prêt à un double affrontement, puisque Hiken a annoncé qu'il serait lui aussi dans la course pour la toile ?
- Eh bien, je vais faire avec !
Il allait surtout tuer Ace pour se faire encore une fois remarquer.
- Dîtes-moi, quelle sera la clef de votre victoire contre eux ? demanda un autre journaliste.
- Eh bien, on ne gagne pas toujours…
Une voix venant d'au-dessus de sa tête lui coupa la parole :
- C'est évident ! Le talent inné de Kogoro Mouri !
Kogoro repoussa Conan d'un geste de la main, se retrouvant à présent sous les projecteurs et les regards des caméras pour raconter des conneries qui gavèrent rapidement l'inspecteur Nakamori.
- QU'EST-CE QU'IL FICHE ICI CET IMBECILE DE DETECTIVE ?!
- Inspecteur Nakamori ?
- L'insaisissable KID et ce foutu Hiken ont annoncé leur arrivée ici ! Vous êtes venus chercher la mort, ce vieux schnock de Maigret et toi, c'est ça ?!
- Non, non… je suis ici à la demande de Oikawa-san à qui KID a envoyé son message avant que Hiken ne dise à la presse qu'il viendrait lui aussi.
C'est à cet instant que les journalistes se jetèrent sur l'inspecteur qui était connu comme le spécialiste de KID.
- Avez-vous fait sécuriser la propriété ?!
- L'Insaisisable KID ne vole que des bijoux, pourquoi en aurait-il après une peinture ?!
- Selon la rumeur, le message du KID serait un piège de la police pour attraper Hiken !
- Sans commentaire ! Et faîtes-moi le plaisir de déguerpir d'ici ! rouspéta le policier.
- Mais… Vent Vert est la dernière œuvre de Oikawa-sensei et elle doit être présentée ce soir en direct en présence du représentant de l'acheteur, n'est-ce pas ?
- Oui, confirma un autre journaliste. La peinture est terminée et le maitre la signera en direct.
- Si KID ou Hiken ne la vole pas entre temps.
- Comment ?! Vous osez prétendre qu'ils la voleront quoi qu'il arrive ?! s'offusque Nakamori ;
Rouge regarda par la fenêtre la conversation entre le policier et les journalistes, avant de consulter sa montre. Elle arrangea sa cravate, tira un peu plus sur sa veste de tailleur pour la défroisser et reprit sa déambulation dans la maison. Officiellement, elle était là pour représenter son boss, actuellement aux USA, puisque la toile qui faisait tant parler d'elle serait bientôt la propriété des Suzuki.
Officieusement, elle avait eu quelques mots très intéressants avec Thatch. Quoi qu'il arrive ce soir, il était certain qu'elle parviendrait à toucher deux mots à son fils. Elle tomba sur Oikawa Takeyori, le peintre de l'œuvre mystère, serrant la main à Kogoro.
- Je suis venu avec ma fille et ce petit, ça ne vous embête pas ? demanda Kogoro en montra sa fille et Conan.
- Sinon, nous pouvons attendre dans la voiture, assura Ran.
- Vous ne m'embêtez pas du tout, j'ai foi en le détective Mouri, assura le peintre.
Et Rouge, elle, elle n'en avait aucune en Oikawa, mais elle devait faire profil bas.
- Et puis, ce petit semble avoir des affinités avec le KID, sourit le peintre en ébouriffant les cheveux de Conan.
Il se redressa et montra Rouge de la main.
- Voici Minaguchi Yûko, la secrétaire particulière de monsieur Suzuki Jirokichi. Il l'a envoyée pour conclure l'achat de la toile.
- Nous nous connaissons déjà. Bonsoir à vous, salua la secrétaire en conservant son rôle de secrétaire froide.
Le trio la salua et elle baissa les yeux vers Conan qui la regardait avec une étrange attention. Mais déjà, le peintre leur proposait de le suivre pour les mener à l'atelier.
- Takeyo, j'ai à te parler, appela un vieil homme qui venait vers eux dans le couloir.
- Peut-on remettre ça à plus tard, s'il vous plaît ?
- Bon, entendu, accepta le vieil homme.
Et il s'en alla de son côté.
- Qui est-ce ? demanda Kogoro.
Rouge répondit pour lui :
- Kanbara Haruhito, connu aussi sous le nom de Seijin, très célèbre maître de la peinture de paysage. Il s'est retiré depuis qu'il a eu un accident à la main il y a dix ans. Accessoirement, il est le beau-père de Takeyo-san.
- Vous en savez des choses ! s'enthousiasma Ran en voyant que même le peintre avait l'air surpris de ses connaissances.
- C'est mon travail.
Ce qui était vrai, après tout, elle avait été la meilleure informatrice de tout le South Blue de son vivant.
Ils arrivèrent enfin dans l'atelier. Celui-ci avait deux portes, toutes deux solidement gardées. Bien que la pièce soit assez grande, la toile était dans un petit coin, juste entre une porte et une fenêtre, recouverte d'un drap. Conan s'approcha de celle-ci et regarda au dehors, ne s'attardant certainement pas sur le paysage montagnard de Okutama, un coin au nord de Tokyo. Non, lui, il était intéressé parce qu'il se passait en bas. On avait cinq gardes mobiles, donc, l'infiltration serait compliquée par ici. Le KID avait bien un deltaplane mais toutes les fenêtres étaient verrouillées. Quant à Ace, tant qu'on ne s'amusait pas à allumer une flamme quelque part, il ne serait certainement pas discret dans sa tentative de vol. A défaut de pouvoir l'arrêter, on arriverait au minimum à lui faire changer d'avis.
- S'agirait-il de la fameuse peinture ? demanda Kogoro en se rapprochant du chevalet soutenant la toile sous un drap.
- Oui, c'est Vent Vert, confirma l'artiste.
- Permettez que je jette un œil ?
Kogoro avait déjà une main sur le drap quand on l'attrapa par les cheveux et lui tira la tête douloureusement vers l'arrière.
- Ceci est la propriété de la famille Suzuki. Alors, vous serez un gentil garçon et vous attendrez comme tout le monde la signature et le vernissage. Capiche ? demanda Rouge avec froideur.
Elle enfonça un peu plus ses ongles dans le crâne de Kogoro.
- J'ai demandé si c'était clair !
- Oui m'dame !
Et il lâcha le drap. Conan remarqua l'air soulagé pendant un instant du peintre mais rapporta son attention sur la secrétaire. A côté, Ran, elle, explorait les lieux.
- Je donne aussi des cours d'arts plastiques une fois par semaine.
Cela expliquait la quantité de matériel et d'accessoires artistiques.
Kogoro massa son front endolori et pointa quelque chose qu'il avait remarqué quand Yûko lui tordait à moitié la nuque.
- Pourquoi vous avez installé une caméra de surveillance ?
- Je l'ai faîte installer d'urgence aussitôt que j'ai reçu le message du KID. Vous voulez voir les images ?
Ils sortirent de la pièce et passèrent devant les policiers qui montaient la garde. Deux par porte et vu les têtes qu'ils tiraient et la rougeur de leurs joues, Nakamori avait dû les inspecter pour s'assurer que KID n'était pas l'un d'eux. De nouveau, ils croisèrent le vieux maître, mais encore une fois, la vedette du moment n'avait pas de temps à leur accorder.
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Trente minutes avant le moment tant attendu. Il fallait être sourd pour ne pas l'entendre puisque Nakamori le hurlait à tout bout de champ dans le chalet alors qu'il parlait au talkie-walkie à ses hommes. Téléphone inutile puisqu'on devait l'entendre parfaitement sans ça. A côté, tout le groupe était réuni devant un ordinateur portable sur laquelle la caméra de surveillance diffusait des images de l'atelier, droit sur le tableau toujours caché. Par contre, il ne s'agissait que d'une seule caméra. C'était un peu décevant.
- Pourquoi il n'y a pas de gardes dans l'atelier ? demanda innocemment Conan.
- J'ai refusé, lui dit le peintre. Je ne tenais pas à ce qu'ils tentent de regarder mon œuvre comme l'a fait Mouri-san tout à l'heure.
- Eh oh, mes hommes ne sont pas des rustres ! rouspéta Nakamori.
Yûko rit discrètement en portant une main à sa bouche, mais seul Conan l'entendit.
De toute façon, le policier était revenu à l'écran, déjà heureux qu'il y ait au moins une caméra.
- Ah, excusez-moi, mais puis-je vous demander d'éteindre la caméra un instant ? demanda le peintre.
- Pardon ? s'étonna Nakamori.
- J'en ai pour dix minutes, le temps de vérifier une dernière fois mon œuvre.
L'inspecteur regarda sa montre. Il ne leur restait qu'une demi-heure.
- Je vous emprunte ce talkie-walkie et je vous contacte dès que j'ai fini, assura l'artiste en prenant l'objet des mains d'un policier.
- Bon… accepta Nakamori.
Et Takeyo s'en alla, laissant l'inspecteur marmonner tristement en fixant sa montre.
C'était une occasion parfaite pour Conan, afin de confronter la secrétaire. Le tout était de savoir comment l'interpeler sans attirer l'attention de tout le monde et être seul avec elle. Puis, lui vint une idée. Cette technique restait humiliante pour lui, surtout avec son âge réel.
Il tira doucement un bout du veston de la secrétaire qui s'accroupit immédiatement vers lui dans un mouvement très fluide malgré ses chaussures à talons. Cette façon de se déplacer était encore une fois une preuve que l'innocente secrétaire était plus qu'elle ne le laissait paraitre.
- Vous savez où sont les toilettes ?
- Bien sûr, et je présume que tu as besoin que je te les montre, n'est-ce-pas ?
Ce sourire… ce sourire irritant qu'il voyait que trop régulièrement sur le visage de Red et qui disait qu'il savait tout, alors que ce n'était pas forcément le cas ou qu'il était totalement à côté de la plaque. Le voir sur le visage de cette jolie femme, c'était… dix fois plus irritant. Surtout parce que c'était une adulte, une mère et qu'il lui devait un minimum de respect, quand Dawn, lui, il pouvait lui gueuler après sans remord. Conservant son petit sourire, Yûko se releva et annonça à tout le monde qu'elle allait conduire le gamin aux toilettes. Ainsi, elle quitta la pièce, suivie par le petit détective.
Pendant quelques minutes, ils déambulèrent dans les couloirs, la femme humant un petit air pour briser le silence, avant que Conan ne se décide à parler :
- Suzuki-san sait que vous êtes armée ?
- On pourrait remplir une bibliothèque avec ce qu'ignore Jirokichi à mon sujet, se contenta-t-elle de répondre.
- Vous l'avez manipulé comment pour qu'il accepte d'acheter cette toile ? Ce serait un trop gros mensonge, bien trop facilement vérifiable, pour le sortir.
- L'avantage de travailler pour lui depuis de très longues années fait qu'il connait en partie mes goûts et mes hobbies. Et il a suffi que je lui dise que mon anniversaire officiel était pour bientôt et que j'avais bien envie de refaire la décoration de mon appartement pour qu'il me dise de prendre le chéquier et de me trouver la toile qui me conviendrait le mieux.
- Officiel ? Ah oui, c'est vrai, officiellement, vous êtes amnésiques, Portgas-san.
- Je ne suis pas tentée par la camisole de force comme look, gamin, tu m'excuseras. Je suis certaine qu'Ace a dû te le pointer plus d'une fois, mais nous avons un cadre de référence très différent.
- RAAAAH ! Je déteste cette phrase ! ragea le petit détective en se frottant le crâne avec brusquerie.
Rouge se contenta d'un petit rire de gamin dont son fils avait clairement hérité.
- Vous pensez vraiment qu'il va s'arrêter en plein cambriolage pour accepter d'avoir une discussion avec vous ? Cela m'a l'air très mal parti, sans vouloir vous vexer, pointa Conan en revenant au sujet.
Avec un soupir, la femme s'arrêta et s'accroupit de nouveau devant le petit détective, ses yeux de cendre adressant un regard sérieux à l'enfant.
- J'ai l'habitude des hommes têtus, crois-moi. En tête de liste, le défunt père de ce jeune homme, justement. Tu crois que j'ai mis le Roi des Pirates à mes pieds avec un jolie sourire ou ma paire de jambes ? Détrompe-toi. Tu sauras que, quand un D. a une idée dans le crâne, il ne l'a pas ailleurs.
- Je le sais que trop bien pour subir régulièrement ses idées foireuses.
Rouge eut un pauvre sourire.
- Je sais que je peux y arriver, sa nakama m'a donné un indice sur la façon d'agir pour y parvenir. Tout ce que je te demande, c'est de le laisser partir. Je devine plus ou moins ce qui vous relie l'un et l'autre, donc, je me doute que tu ne peux pas te permettre de le laisser se faire attraper, mais ça ne coûte rien de demander gentiment.
- Et vous allez vous y prendre comment pour vous assurer qu'il vous écoutera ?
- C'est très simple, Shinichi-kun. Malgré tout ce que le léopard peut prétendre, la jaguar reste plus rapide que lui.
Conan resta perplexe un instant avant d'ouvrir des yeux ronds en comprenant plus ou moins l'idée de la femme.
- Mais c'est votre fils ! Vous n'allez pas lui faire ça !
- Cadre de référence, jeune homme, cadre de référence, rappela avec amusement Rouge en lui donnant une petite pichenette sur le nez. Je risque pas de faire assez de dégât pour pouvoir rivaliser avec les poings de Genkotsu no Garp ou les claques de Shirohige.
Et elle se releva pour reprendre la marche jusqu'à s'arrêter devant une pièce.
- Et nous voici aux toilettes. Tu te penses assez grand pour retrouver tout seul le chemin du retour ou tu as besoin que je te prenne la main ?
La tête que tira Conan voulait tout dire alors qu'elle se détournait en riant.
- Ano ?
Rouge se retourna un instant pour le regarder.
- Qui vous a donné mon vrai nom ?
- Personne. Je l'ai dit, c'est mon devoir de tout savoir. J'étais, en mon temps, la meilleur informatrice de South Blue après tout. Mais j'admets que les vieilles photos de classes de Sonoko-chan m'ont peut-être aidée pour ça.
Et elle reprit sa route.
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Cela faisait bien plus que les dix minutes convenues et Nakamori commençait à en avoir assez. C'est là que Takeyo les contacta, leur disant qu'il en avait fini. Ainsi, avec une main fébrile, le policier devant le pc ralluma la caméra de surveillance. On pouvait à présent voire le peintre avec le chevalet juste derrière, toujours sous le drap. On demanda au peintre de sortir de la pièce qui fut de nouveau verrouillée.
- J'ai hâte de voir l'œuvre tant convoitée pour avoir attiré et KID et ce Hiken, commenta Mouri.
- Hmpf, il parait qu'elle est divisée en quatre parties, dit Nakamori.
- Comment ça ?
- Le titre de la première œuvre est Chatoiement, répondit Rouge en devançant Nakamori. C'est pour symboliser la fleur. Pour la deuxième œuvre, le titre a été arrêté sur Doré afin de parler de l'éclat de la lune, puis enfin, le troisième est Blancheur pour l'oiseau. KID et Hiken veulent Vent Vert qui symbolise, comme tout le monde l'aura deviné, le vent.
- Vous en savez franchement beaucoup pour une secrétaire.
- C'est mon métier et j'en suis très fière.
Conan se fit une note de se renseigner sur le rôle des informateurs. Parce que comme ça, de nom, ça ressemblait à des indics, mais comme on le lui avait dit, le cadre de référence était différent. Mais Ran coupa ses pensées en poussant une exclamation joyeuse :
- J'ai compris ! Il s'agit Des Splendeurs de la nature !
C'était en effet ce que prennent pour sens l'association des mots Fleur, Lune, Oiseau et Vent.
- Exact. Les trois premières peintures ont déjà rejoint la collection Suzuki pour un prix exorbitant, et il semblerait que Jirokichi-dono souhaite s'approprier le dernier morceau de l'ensemble en envoyant sa redoutable secrétaire sur le terrain.
Il n'avait pas idée d'à quel point la secrétaire en question était redoutable.
- Ano, Minaguchi-san, pourquoi on associe la blancheur au poulet ? demanda innocemment Conan à Rouge qui semblait avoir la science infuse.
- Parce qu'il est question d'un autre oiseau, sourit la femme en se mettant à genoux au niveau du garçon. Il est question de la grue sacrée à plume blanche. Et ne parlons pas du fait qu'elle soit peinte sur un paysage de neige. Alors, oui, le poulet est pour le coup très blanc.
Il n'arrivait pas à savoir si elle se moquait ou pas de lui. La question resterait sans réponse puisque le courant se coupa juste à cet instant. Panne générale.
- C'est le KID ? demanda Ran avec panique.
- Mais non ! Il reste dix minutes encore avant l'heure convenue ! lui dit son père en regardant l'heure avec les aiguilles fluorescentes de sa montre.
- Hiken alors ? demanda un des policiers. Aouch ! Qui m'a tapé !?
Conan aurait mis sa main à couper que c'était Rouge qui avait frappé le policier pour avoir dit que c'était un coup de son fils. Lampe torche en main, tout le monde se précipita vers l'atelier alors que Nakamori hurlait à un de ses hommes d'aller voir les fusibles. En arrivant devant l'atelier, ils virent que Takeyo tambourinait à l'une des entrées de son atelier parce que son beau-père s'était enfermé dedans et qu'il ne répondait pas.
- Qu'est-ce qu'il fabriquait dedans ? demanda Nakamori quand on lui dit pour le vieil homme.
- Il est entré au moment où j'allais sortir, expliqua le peintre. Il m'a dit qu'il ne faisait confiance ni au détective, ni à la police, et qu'il surveillerait le tableau lui-même. Il est trop têtu, impossible d'insister. Pensant que vous réussiriez peut-être à le convaincre, j'ai fermé la porte à clef. Je venais vous prévenir quand la lumière s'est éteinte…
- Où est la clef ?! aboya l'inspecteur.
- J'ai voulu ouvrir la porte très vite, si bien que je l'ai faite tomber et j'ignore où.
- C'est gênant, pointa froidement Rouge en couvant l'homme d'un regard suspect depuis la pénombre.
Nakamori essaya d'ouvrir la porte, mais celle-ci était clairement verrouillée. Unique solution : la défoncer. A l'instant où la porte céda, un grand bruit leur parvint depuis la fenêtre. En l'éclairant, ils virent que tous les pinceaux devant étaient renversés et que la fenêtre était bel et bien ouverte.
- Minaguchi-san, j'ai la tristesse de vous dire que vous pouvez vous asseoir sur votre cadeau d'anniversaire, dit Conan qui éclairait autre chose avec sa monte/lampe.
Rouge vint voir et il s'avéra que le chevalet était vide. Comment ? C'était une bonne question. Seulement, ce n'était pas la seule chose de perdue ce soir. Haruhito avait été retrouvé dans l'obscurité, la gorge tranchée, son beau-fils sur lui, le tenant dans ses bras, appelant désespérément son nom.
Malgré l'ombre des deux voleurs sur toute cette affaire, Conan ne les pensait pas coupables. Ce n'était pas le style de KID et pour Ace, il n'était pas du genre à attaquer comme ça, dans le noir. Mais au dehors, on ne penserait certainement pas à la même chose.
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- Comment ? L'Insaisissable KID aurait commis un meurtre ?! C'est vrai ?!
- Oui, c'est Kanbara-san, le maître du peintre et son beau-père qui a été assassiné, sans parler que le tableau s'est envolé.
- Pourtant, le KID n'est pas un tueur, et si c'était l'autre, ce Hiken ? On ne sait rien de lui.
- En effet, c'est peut-être lui un tueur. De toute façon, Megure-Keibu est en route.
- Il est de la troisième section de la criminelle, il viendra donc avec Satô, Takagi et Chiba.
- Si on s'approche de Takagi-san, il nous parlera peut-être de l'affaire, c'est un chic type !
- J'espère que c'est l'autre gars l'assassin, parce que si c'est KID, notre reportage prendra plus de temps que prévu.
- En effet, la journée promet d'être longue.
- Hé toi ! Puisque tu as les mains vides, ramène-nous des boissons de la voiture !
- Euh oui, fit un jeune employé de Nichiru TV qui écoutait en silence les conversations des journalistes tout autour.
Le jeune homme arrangea sa casquette avec un sourire en disant qu'il y allait.
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Conan arpentait la maison en long en large et en travers quand il sentit quelque chose se plaquer sur sa bouche et le tirer en arrière. La seule chose qui fit qu'il ne paniqua pas, c'est en reconnaissant la chaleur anormale de la main sur son visage. Une fois qu'on eut cessé de le traîner dans ce qui s'avérait être la salle de bain, on le relâcha, et le jeune détective se retourna pour faire face à Ace dans sa grande panoplie de voleur noir qui se laissa tomber en tailleur sur le sol, vaguement éclairer par ses lucioles de feu.
- Je viens tout juste d'entrer, j'ai appris ce qu'il s'est passé. Je t'informe aussi que KID n'a rien à voir non plus dans ce meurtre.
- Non plus ? répéta Conan.
- Si j'avais voulu la mort de ce type, il aurait fallu qu'il m'ait fait quelque chose, d'une et de deux, je l'aurais fait devant tout le monde, pas en me cachant.
Ace tourna la tête dans la direction du troupeau de journalistes au dehors.
- La police est là.
- Ace ?
Le D. se tourna vers son camarade. C'était bien la première fois qu'il l'appelait par son prénom. C'était toujours Dawn/Portgas et Edogawa/Kudô. Sauf pour se moquer. Donc, entendre le petit détective s'adresser ainsi à lui, et avec sérieux, c'était bizarre.
- Quoi donc ?
- Attention à l'impact.
- Quel impact ?
- Tu comprendras assez vite.
- Je croyais que c'était Kali la voyante. Tu t'y mets, toi aussi ?
- Non, moi, je fais des déductions. Maintenant, disparais, j'ai une enquête à mener.
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Dehors, la police essayait de se frayer un chemin dans la foule malgré les journalistes en mode charognard qui les bombardaient de question. Ils ne savaient rien encore, ils ne pouvaient pas répondre à leurs questions. On devait entendre à l'autre bout de Tokyo Megure hurlant des « sans commentaires » à tout va !
Enfin, l'inspecteur parvint jusqu'à la maison en soupirant.
- Enfin là… Bonsoir inspecteur Nakamori, quelle est la situation ?
- Je veux bien vous en parler, mais je préfèrerais le faire quand vos hommes seront là.
Megure regarda autour de lui pour réaliser que ses hommes n'étaient plus derrière lui. Avec horreur, il se retourna vers les journalistes.
- Ils y sont encore !
- Ils vont avoir du mal à s'extirper, commenta Nakamori.
Mais quelques minutes plus tard, ce fut trois agents débraillés et épuisés qui parvinrent à l'abri des murs de la maison. Ils prirent un moment pour arranger leur tenue avant de suivre leur supérieur qui discutait avec Nakamori.
- Pfff… les évènements viennent à peine d'arriver, comment se fait-il que tous ces journalistes soient déjà ici ? grommela Satô en finissant de défroisser son veston.
- Ils étaient déjà là, lui dit Takagi. Le propriétaire de la villa a reçu un message du KID annonçant qu'il viendrait voler un tableau. Et quand ça s'est su, le nouveau venu, Hiken, a décidé de défier une nouvelle fois KID.
Megure les engueula pour qu'ils se concentrent sur l'affaire alors qu'ils arrivaient devant l'atelier qui était toujours aussi fermement gardé. Deux portes, chacune avec deux gardes.
- Trente minutes avant l'heure H, Oikawa Takeyo est entré dans la pièce en demandant à voir une dernière fois son œuvre. Cela lui a pris un peu plus de dix minutes, expliqua Nakamori en montrant du menton l'homme qui se tenait dans le couloir au téléphone. Quand il est sorti de la pièce, son beau-père a voulu y entrer et s'est enfermé à l'intérieur en disant qu'il surveillerait lui-même le tableau. Oikawa-san a voulu venir nous prévenir mais les plombs ont sauté juste à ce moment-là.
Le groupe entra à présenta sur les lieux du crime.
- Nous avons aussitôt accouru. Nous avons frappé à la porte, en vain. Nous avons donc décidé d'entrer de force… et une fois à l'intérieur, nous avons découvert que le tableau avait disparu et que Kanbara-san gisait au sol, la gorge tranchée. On a trouvé un couteau et une arme de défense électrique à côté de la victime. Son cou porte des empreintes de l'arme de défense, ce qui laisse à penser que le meurtrier s'est aperçu de la présence de la victime alors qu'il volait le tableau. Il l'a neutralisé avec l'arme de défense électrique, mais de peur qu'il ait vu son visage, il lui a tranché la gorge.
- A-t-il laissé des empreintes ? demanda Megure.
- Nous n'avons rien trouvé sur l'arme de défense électrique, mais nous avons celle de Oikawa-san sur le couteau. Vu qu'il est impossible de trouver et de tuer rapidement quelqu'un qu'on ne peut pas situer dans l'obscurité et sans avoir de lumière… il a dit qu'il avait entendu son beau-père gémir. Il l'a découvert à tâtons et c'est lorsqu'il l'a relevé qu'il a touché le couteau. Il parait plus évident que les empreintes se soient retrouvées dessus à cet instant.
Nakamori pointa la fenêtre d'un geste de la tête.
- Quand nous avons défoncé la porte, cette boîte de pinceaux est tombée et nous avons entendu quelqu'un s'enfuir par la fenêtre.
- Alors, le coupable était ici avant la coupure de courant ? comprit Takagi.
- Oui. Il a dû s'introduire par le plafond.
Nakamori désigna la machine d'air conditionné qui était à moitié décroché du plafond.
- Il a profité de la coupure de courant, puisqu'elle devait arrêter cette machine.
- Comment le courant a-t-il était coupé ? demanda Chiba.
- Une minuterie a été installée de manière à alimenter à outrance les appareils électriques de la maison, produisant une trop haute tension qui ont fait sauter les plombs. En cherchant bien, on aurait pu la découvrir avant, mais Oikawa-san a reçu le message hier matin pour nous avertir qu'hier soir.
- Autrement, il est fort probable que le système était déjà en place quand le message a été envoyé, conclut pensivement Satô.
- Quelqu'un a vu le meurtrier s'enfuir par la fenêtre ? demanda Megure.
- Non, les lumières face aux fenêtres ont été réduites au minimum afin de prévenir toute infiltration par le dehors. Nous ne voulions pas divulguer l'endroit où se trouvait le tableau.
Nakamori prit un sachet des mains d'un de ses hommes et le brandit sous le nez de son collègue de la criminelle, lui montrant des pinceaux et les deux pots qui les avaient contenus.
- D'où le fait d'avoir fait tomber ces deux boites et tous les pinceaux qu'elles contenaient. Pour la suite, je vous laisse faire, vous n'avez qu'à regarder la vidéo de la caméra de surveillance et arrêter le meurtrier…
Il donna le sachet à Chiba au hasard et tourna les talons d'un air désintéressé.
- Hé là ! Mais il s'agit du KID n'est-ce pas ?! C'est votre mission ! s'exclama Megure alors qu'ils quittaient l'atelier.
- Ce n'est pas lui qui a fait ça, il ne vole pas la vie des gens. C'est très certainement ce Hiken, puisqu'on ne sait rien de lui, mais-
Nakamori n'eut pas le temps de finir sa phrase qu'il se prit une droite en pleine tête qui le renversa à terre. Devant lui, la bouche en sang, se tenait Rouge, le poing encore tendu, les lèvres retroussées en un rictus effrayant alors que ses yeux avaient pris une teinte d'argent sous la colère.
- Dîtes encore une fois que Hiken est un assassin et je vous fais ravaler chaque lettre avec votre sang et vos larmes ! Le jour où cet homme tuera quelqu'un, il le fera en plein jour et sans se cacher des conséquences ! Mesurez vos paroles !
Toute la colère qu'on aurait pu avoir envers la femme pour s'être emporté et avoir levé la main contre le policier s'évanouit quand la secrétaire vacilla en se retenant au mur, toussant abondamment dans un mouchoir, avant d'essuyer difficilement sa bouche avec, ne parvenant pas à masquer totalement le sang qui avait perlé de sa bouche. Ran s'avança et vint la soutenir, l'embarquant doucement avec elle, permettant à Megure de réaliser que les Mouri étaient là au complet. Nakamori se releva et soupira. Il salua tout le monde et s'en alla.
Kogoro expliqua à Megure qu'il avait été engagé pour empêcher le vol du tableau par le KID et Hiken (ce qu'un homme de son envergure ne pouvait qu'accomplir, même si Megure se retint de lui faire comprendre que le tableau avait été volé au final). L'équipe de police fut conduite dans la salle avec l'ordinateur connecté à la vidéo surveillance où un policier travaillait déjà pour remonter les images. Dans un coin, Ran aidait Rouge à s'asseoir alors que la femme essayait de se forcer à respirer calmement.
- On devrait appeler une ambulance, recommanda Chiba.
- Vous embêtez pas, j'ai déjà rendez-vous dans la semaine, comme tous les deux mois. C'est courant, grommela la D. avant de retousser dans un mouchoir propre que lui avait trouvé l'adolescente.
- Inspecteur Megure, on a la vidéo de la caméra de surveillance de prête ! informa le policier devant l'ordinateur.
Le groupe s'agglutina devant l'écran pour tout voir. On avait d'abord l'image avant, avec la toile. Tout allait bien. Puis, le après la vérification de l'œuvre par son auteur. La peinture était toujours là. Et enfin, après le retour du courant, montrant que la toile n'était plus là. Megure se renseigna sur pourquoi on avait fait une coupure pendant la vérification de l'œuvre et le peintre s'expliqua :
- J'ai demandé à ce qu'on éteigne la caméra volontairement. Selon moi, si mon œuvre est vue avant d'être achevée, elle se vide des émotions que j'y ai mises. Je garde cette exigence depuis de longues années.
- Selon le rapport de Nakamori, votre beau-père serait entré dans l'atelier après vos vérifications, pointa Megure.
- En effet, il a dit qu'il ne faisait confiance ni à la police, ni au détective, et qu'il surveillerait le tableau lui-même. Il est têtu. Je n'ai pas réussi à le convaincre de ressortir. J'ai donc voulu aller prévenir l'inspecteur. J'ai fermé la porte à clef, par sécurité, quand soudain, les plombs ont sauté. Mon beau-père ne répondant pas, j'ai voulu ouvrir la porte, mais j'ai dû trop me presser car j'ai fait tomber la clef et j'ai shooté dedans, si bien qu'il aurait fallu un moment pour la retrouver.
- Je vois, fit Megure en revenant aux images. Ensuite, Inspecteur Nakamori a accouru et il a défoncé la porte…
- Il y a quelque chose de bizarre, néanmoins, pointa Satô. Vous parlez dans le talkie-walkie une fois votre peinture vérifiée. Il n'y a pas de son, mais j'imagine que vous disiez à l'inspecteur qu'il pouvait rallumer la caméra de surveillance, n'est-ce pas ?
- Oui, c'est exact, confirma le peintre.
- Si votre beau-père est entré juste après, pourquoi ne pas vous en être servi pour appeler l'inspecteur ?
- Parce que mon beau-père me l'a confisqué. Il ne voulait être dérangé par personne.
L'homme baissa la tête avec un air malheureux et une voix tremblante.
- Si j'avais su, je l'aurais fait sortir de force de l'atelier…
- Vous êtes pathétique, arrêtez avec votre cinéma, gronda Rouge.
Sa phrase fut à moitié noyée par une nouvelle quinte de toux où Ran lui frotta le dos avec inquiétude. Pour le coup, personne ne fit vraiment attention à son commentaire outre Conan qui se tenait entre les deux groupes.
- Apparemment, le talkie-walkie a été retrouvé dans la veste de Kanbara-san, informa Mouri.
- Lorsque le courant a été coupé, Kanbara-san a pu penser que le tableau allait être volé, pointa Chiba avec justesse. Il l'a peut-être caché quelque part. Dans un atelier, il y a beaucoup de placards pour ranger les peintures.
- Non, j'ai éliminé les endroits possibles de cachette, au cas où le KID parviendrait à entrer, informa le peintre. Avant de vérifier ma dernière œuvre, j'ai fermé tous les placards et je les ai verrouillés.
- Où avez-vous mis la clef ?
- Elle était avec celle que j'ai fait tomber pendant la coupure de courant. Je l'ai retrouvée plus tard dans un couloir. Elle est maintenant entre les mains du service d'analyse.
- Quelqu'un aurait donc profité de l'obscurité due à la panne de courant pour s'infiltrer dans l'atelier ? supposa Takagi.
- Impossible, lui dit Kogoro. Avant la panne, les deux portes étaient fermées à clef et deux gardes étaient postés devant chacune d'elles pour les surveiller.
- On parle du KID, donc, j'imagine qu'une clef n'est pas un problème pour lui ! sourit nerveusement Takagi. Ni pour Hiken, il m'a l'air plutôt doué, lui aussi.
- Oi, ne prends pas l'Inspecteur Nakamori pour un débutant. Il a bien spécifié aux gardes que si jamais l'électricité était coupée, ils devraient tenir les poignées des portes et surtout pas s'en éloigner.
- Selon toute vraisemblance, quelqu'un s'est donc bien dissimulé dans le plafond et lors de la panne de courant, est descendu dans l'atelier, conclut Megure. Il a tué Knabara-san qui se trouvait dans la pièce. Il a volé ensuite le tableau pour finir par fuir par la fenêtre.
- Comment savoir si ceci est bien le fait du KID ou de ce Hiken ? demanda Chiba à ses collègues.
- Impossible d'en décider. Pour l'instant, il n'y a aucun précédent de meurtre pour le cas de KID et Hiken est un nouveau venu du milieu.
- Ano…
Tout le monde s'interrompit et regarda Conan qui venait de sortir quelque chose de sa poche en fronçant les sourcils. Cela ressemblant à une carte. Il la lut avant de la tendre à la police en l'enveloppant dans un mouchoir.
- Désolé pour mes empreintes, s'excusa l'enfant. Je viens de le remarquer.
Curieuse, Satô récupéra l'objet avec précaution et tout le monde se pencha sur son épaule pour mieux le voir.
Un As de pique aux bords calcinés. Dessus, écrit en assez petit pour entrer, un message :
« Croyez-le ou pas, mais je suis innocent. Quand je merde, je l'assume. Trouvez le coupable avant moi, ou là, vous verrez ce qu'il se passe quand je tue quelqu'un. »
Et c'était signé Hiken.
Les policiers se regardèrent sans savoir quoi dire, alors qu'en fond, Rouge secouait la tête avec un rire faible. Le fils était pire que son père. Conan, lui, il se demandait pourquoi Ace lui avait foutu ça dans la poche. Ou plutôt, pourquoi il avait tenu à ce que tout le monde sache que certes, il était innocent, mais qu'il pouvait tuer si ça le chantait. Niveau coup de pub, c'était assez négatif.
- Comment a-t-on su que le message provenait bien du KID ? demanda Conan avec sa fausse innocence.
- Par un dessin qu'il ajoute à ses messages ! lui dit Chiba. Il en dessine un nouveau à chaque fois. On aurait tout de suite compris s'il avait été question d'un imitateur, car il aurait copié un dessin montré à la télévision ou aux journaux. Mais selon le deuxième département d'enquête de l'Inspecteur Nakamori, il ne s'agissait cette fois d'aucun dessin connu. Il avait un tracé tout nouveau, ce qui a authentifié le message.
- En ce cas, un spécialiste du dessin aurait pu s'en charger ! Un mangaka ou un illustrateur…
Il se tourna à moitié vers le peintre avec un regard suspicieux.
- … ou encore un peintre.
- Que dis-tu Conan-kun ! s'étrangla Ran.
- Ce ne sont que des exemples ! se justifia innocemment l'enfant.
- Je ne sais pas dessiner ces illustrations dans le style manga. Si vous voulez l'avis d'un spécialiste de la peinture, ce message est bien authentique.
- Fausse excuse ! se moqua Rouge. Je peux avoir un papier et un crayon ? Je vais vous montrer un truc.
Perplexe de ce que la secrétaire voulait montrer, un policier lui apporta le matériel et la femme se mit au travail.
- Je dessine aussi des paysages. Certainement pas au niveau du grand maître ici présent, mais je me débrouille. Et voyez.
Elle reposa son crayon sur la table et brandit sa feuille à deux mains, montrant le dessin signature de KID correspondant à tous les critères pour paraître authentique.
- Le personnage est bien assez simple pour ne pas nécessiter une spécialisation dans le manga pour pouvoir le reproduire.
Le peintre n'eut pas à répondre car son téléphone sonna. Il en sortit deux de ses poches et les observa pour savoir lequel sonnait.
- Vous en possédez deux ? s'étonna Megure.
- Oui, un pour le travail et un pour le privé, répondit le peintre.
- Ils portent tous les deux des traces de sang.
- Après avoir relevé mon beau-père couvert de sang, j'ai contacté la famille pour annoncer la triste nouvelle. C'est là que j'ai mis du sang.
Il décrocha son appel pour signaler à l'interlocuteur qu'il était occupé. Il demanda ensuite l'autorisation d'aller se changer histoire de se débarrasser du sang de son beau-père, sauf que Megure exigea de le fouiller une dernière fois avant, et ce, malgré que Nakamori l'ait déjà fait.
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Conan regardait pensivement par la fenêtre, réfléchissant à l'affaire, quand le peintre se précipita vers lui alors qu'il venait apparemment de se changer.
- Mon garçon ! J'ai remarqué depuis tout à l'heure que tu avais quelque chose dans ta poche arrière !
- Ah ? s'étonna Conan.
L'homme s'accroupit et manipula sa poche arrière avant de brandir une carte du KID.
- Oh ! s'exclama l'enfant. Non ! L'Insaisissable KID ?!
Et il prit l'objet. Ecris en gros, on voyait le mot disant « Je viendrais ! » avec la signature authentique du KID.
- Quelle découverte ! Le KID a sans doute dû entrer avant les incidents !
- Oh ! Je vais le dire à l'inspecteur ! Le KID est probablement le meurtrier !
Et il perdit son air naïf d'enfant.
- C'est ça que vous voulez que je dise ? lui dit le petit détective avec un sourire froid.
Sans laisser le temps à l'homme d'en placer une, il se détourna et retourna dans la pièce en soupirant.
- La frustration s'entend à mille lieux, nota Rouge toujours sur sa chaise à côté d'une table sur laquelle elle s'était laissée aller avec la tête dans ses bras.
- Cet idiot a cru qu'avec un enfant, il n'aurait pas de mal à lancer la rumeur sur le KID, c'est pour ça qu'il m'a fait venir, j'en suis certain, grommela Conan en se tirant une chaise pour s'asseoir à côté de Rouge.
Il posa la carte sur la table et la femme releva le nez pour récupérer l'objet.
- Si c'est son œuvre, il aurait pu la poser sur les lieux du crime. Pourquoi avoir tardé ? demanda la femme.
- Il vient soi-disant de la sortir de ma poche arrière. D'après moi, il a vu qu'il l'avait sur lui quand il s'est changé de vêtement. Elle n'aurait pas échappé à Megure durant la fouille.
- Donc, elle a été placée après.
Rouge prit la carte entre deux mouchoirs pour mieux l'observer, le portant même à la lumière.
- Il a été tronqué. C'est discret, mais on voit une trace de coupure et de collage au milieu. Le message original devait être différent.
- Humpf.
La femme regarda Conan observer les quatre policiers.
Aujourd'hui, ces quatre-là allaient arracher le masque prétentieux de KID sous la lueur dorée de la pleine lune. Il ferait tout pour.
- Il vous aurait aimé.
Conan se tourna vers Rouge qui lui offrit un maigre sourire.
- Qui donc ?
- Roger.
- Un voleur, je veux bien, mais un détective qui est du côté de la loi, j'en doute.
- Monkey D. Garp, Ace a dû te parler de lui, non ? C'était un représentant des forces de l'ordre, de la loi, pourtant, Roger l'appréciait et le respectait. Suffisamment pour lui avoir confié la vie de notre unique enfant. Le choix n'était peut-être pas très judicieux quand on voit le résultat aujourd'hui, mais ça prouve que peu importe les origines des gens, il ne faisait aucune distinction. Il les admirait et les appréciait pour ce qui les motivent, les passionnent et les rendent si fascinant. Et crois-moi, tu as bien assez en toi pour que je puisse te dire que oui, il t'aurait apprécié. Surtout si on prend en compte ton amour pour la vie.
Rouge se laissa aller contre le dossier de sa chaise, se serrant dans ses bras, souriant tristement en regardant la table d'un air absent.
- C'est parce qu'il aimait tellement la vie qu'il est mort avec le sourire. Parce qu'il était heureux de l'existence qu'il avait vécue.
Et elle fut secouée d'une nouvelle quinte de toux.
- Si je peux me permettre un conseil, la première chose que vous devrez dire à votre fils, c'est la vraie source de votre mal, ça sera déjà ça de moins sur sa conscience.
- Je lui retirerai beaucoup de chose de la conscience. J'ai assez de Haki pour lui faire quelques bosses s'il fait sa tête de mule.
Conan la regarda en levant un sourcil et elle lui adressa un sourire mystérieux.
- Je te l'ai dit, on n'attire pas l'attention du Roi des Pirates juste parce qu'on a un joli visage ou de longues jambes.
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Il y avait eu une conférence de presse au sujet de ce qu'il s'était passé. Qui de KID ou Hiken était le coupable ? Que se passerait-il maintenant que le tableau était volé ? Serait-il repeint ?
- Bien sûr que non, jamais, dit le peintre aux journalistes pour la plus grande incompréhension de tous.
- Pourtant, Vent Vert a trouvé un acheteur qui a vous a déjà payé…
- En effet et sa secrétaire est justement sur place. Nous nous sommes déjà entretenus à ce sujet et nous avons convenu à un remboursement. L'aventure est sans suite. Même si je tentais de le repeindre en y mettant toute mon âme, il ne serait qu'une copie de l'original. Et si l'original devait réapparaître un jour, je ne pourrais reconnaître que celui-ci comme l'authentique Vent Vert. J'ai donc une demande à transmettre à KID et Hiken. Ils m'ont volé Vent Vert et la vie de mon beau-père ! Qu'ils me soient rendus !
Et il essuya les larmes qui venaient de naître au coin de ses yeux.
Conan, lui, était sur le terrain, posant des questions à la ronde.
- Dîtes, vous avez remarqué un changement quand l'inspecteur Megure et ses hommes sont arrivés ? demanda l'enfant à des employés de Nichiru TV.
- Un changement ? s'étonna l'homme.
- Quelqu'un qui serait tombé, par exemple.
- Eh bien, oui, maintenant que j'y pense, un membre de l'équipe était épuisé, nous avons dû l'extirper de la foule.
- Comment vous savez qu'il faisait partie de Nichiru TV ?
- Il portait la casquette et le blouson de la chaîne. D'ailleurs, le gars qui l'a soutenu portait la même chose.
Conan eut un sourire. Il était certain que KID avait pris l'apparence de l'un des policiers.
- Et vous n'auriez pas vu un gros sac bizarre ? Assez grand pour y faire entrer une personne ?
- Euh, pas que je sache ?
- Si jamais vous le trouvez, voulez-vous bien discrètement appeler ce numéro ? C'est celui de Minaguchi-san.
Et il donna une carte de visite que Rouge lui avait laissé.
- Pourquoi on ferait ça ? s'étonna l'employer.
Comme s'il faisait une confidence, Conan se rapprocha en murmurant :
- Elle et Mouri-san travaille ensemble pour arrêter KID et on pense qu'il aurait pris l'apparence d'un des policiers.
- He ? Sérieux ?
- Comme KID sera plus méfiant des appels de Kogoro, il ne fera pas attention à la secrétaire et elle pourra lui faire passer le message discrètement !
- Mais pourquoi le KID serait toujours ici ?
- Parce que la compétition entre lui et Hiken n'est toujours pas finie. Ils veulent la vérité sur une affaire que quelqu'un leur a dérobée. Mais ne dîtes rien aux autres membres de l'équipe !
Et le gamin s'en alla en courant.
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Roulant d'un geste absent une de ses boucles autour d'un de ses doigts, Rouge discutait avec les policiers qui étaient toujours de garde devant ce qui était désormais la scène de crime.
- Dîtes-moi, messieurs, comment était l'atelier avant que Kanbara-san n'y entre ?
Les deux hommes se regardèrent.
- Mon boss a déboursé une grosse fortune pour cette œuvre, je me dois de lui faire un rapport pour lui prouver que tout a été fait pour la protéger. Vous ne voulez pas mettre en colère la firme Suzuki, n'est-ce pas ?
- Bien évidemment que non, madame la secrétaire.
- Appelez-moi Yûko, leur sourit la femme avec un air innocent.
Grand sourire, tête légèrement penchée sur le côté, les yeux presque fermés.
- Alors, c'est vrai ? Kanbara-san est entré en disant qu'il surveillerait lui-même le tableau ?
- Eh bien, pas vraiment, lui dit le policier. Avant que Oikawa-san ne vienne vérifier une dernière fois son œuvre, Kanbara-san se tenait devant nous sans rien dire alors que nous gardions la porte. Une fois que Oikawa-san a eu fini, il a ouvert la porte et c'est là que Kanbara-san est entré. Il s'est écrié que lui aussi avait une idée et il est entré. Pendant un moment, ils sont restés seuls dans l'atelier et c'est certainement à cet instant là qu'il lui a dit qu'il voulait surveiller lui-même le tableau.
- Je pensais que personne, outre le peintre, ne devait entrer dans l'atelier. Auriez-vous failli à votre tâche ?
Le policier se mit à bafouiller, faisant rire la femme.
- Je vous taquine. Je présume que Oikawa-san vous a dit de le laisser faire, non ?
- Oui, madame. Si nous avions su que Kanbara-san s'y enfermerait et refuserait d'en sortir…
- Avec des si, on pourrait faire un monde plus beau et plus paisible pour nos enfants, ne vous en voulez pas. C'est là que les plombs ont sauté, c'est ça ?
- Oui, madame.
- On ne les a pas vus sur la caméra de surveillance, ils devaient donc être dans l'angle mort, non ? Et vous avez remarqué un changement de la part de Oikawa-san ? Par exemple, du sang sur lui…
- L'Inspecteur Nakamori nous a posé la même question et ce n'est pas le cas. Même durant la fouille, nous n'avons vu sur lui que le sang qu'il s'est mis dessus en prenant son beau-père dans ses bras.
- Hmmh…
La femme se mit à réfléchir.
- Ano, pourquoi Oikawa-san est sorti par cette porte, alors qu'il était entré par l'autre ? demanda Conan qui venait d'arriver. Surtout que c'est à celle-là là-bas qu'il a frappé pendant la panne ?!
Et il montra l'autre porte de l'atelier du doigt.
- Eh bien, le courant a été coupé pendant qu'il était en route pour avertir Nakamori-san et lui demander de l'aide pour dissuader son beau-père. La police était dans cette direction.
- En parlant de cette autre porte, intervint son collègue pour la première fois. Pendant que Oikawa-san retouchait une dernière fois son œuvre, il a eu une petite conversation avec les gardes.
- Ah bon ?
Rouge alla donc voir les policiers en question et leur rapporta ce qu'on leur avait raconté, Conan sur les talons.
- On a pas parlé si longtemps que ça, c'est surtout qu'il nous a demandé en chuchotant et en entrouvrant la porte d'aller vérifier que la caméra de surveillance avait bien été arrêtée.
- Vous avez laissé votre poste tous les deux ? demanda Rouge. Alors que vous deviez surveiller cette porte ?
- Du tout. J'y suis allé tout seul ! J'ai frappé deux fois à la porte pour le signaler au peintre, comme convenu. Si je ne l'avais fait qu'une fois, ça aurait voulu dire que la caméra tournait toujours.
- Donc, vous ne lui avez pas donner la réponse de vive voix ?
- Non. Je suis resté tout le temps hors de l'atelier. Il ne voulait certainement pas qu'on voit son œuvre inachevée par l'embrasure. Quand il m'a demandé ce service, il a bien précisé que je devais l'écouter sans regarder dans sa direction. Ce qui était ridicule, parce qu'au vu de sa position et de l'ouverture de la porte, son corps aurait bloqué la vue du chevalet.
- Et l'analyse ? Ils ont dit quelque chose ? demanda Conan.
- Vous travaillez tous les deux pour le détective Mouri ? s'étonna l'autre policier.
- Vous voulez vraiment expliquer à Suzuki Jirokichi comment vous avez laissé KID se barrer avec sa peinture ? Non ? Alors répondez aux questions et je glisserai un mot en votre faveur, dit froidement Rouge.
Le nom de Suzuki ouvrait beaucoup de portes. Et de bouches.
- Merci madame, bredouilla le policier en s'inclinant.
- Tant que je n'ai pas de réponse, je n'ai rien à dire à quiconque.
- Eh bien, il s'avère que l'analyste a dit que deux points demeurés litigieux. D'un part, il y a une étrange trace de sang en V allongé sur le pull-over de la victime, au niveau de son cou. Et d'autre part, la trace d'une forme ovale au niveau de son pouce gauche. Pour le sang, quand la victime s'est fait trancher la gorge, son épaule gauche a dû pivoter sur son torse, mais pour la trace de forme ovale, personne ne sait.
- Ce ne serait pas…
Rouge s'interrompit quand Ran attrapa Conan par le col en grognant.
- Encore en train de trainer ?! On rentre !
- Oh, je suis tellement désolée, c'est de ma faute, s'excusa Rouge avec un air coupable qui arrêta Ran. Mais ce petit à l'esprit tellement fin, je voulais être certaine de ne rien avoir oublié pour mon rapport à mon patron. Merci encore pour ton aide, petit cœur.
La femme embrassa sur la joue le micro détective avant de lui faire au revoir de la main, le laissant partir avec Ran, son visage rouge comme une tomate.
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Kogoro discutait encore avec la police, donc, ils étaient loin de partir. Ils cherchaient à savoir qui de KID ou de Hiken était le coupable. Alors qu'aucun des deux n'avaient pu s'enfuir. Surtout que la villa était cernée.
- Le Deltaplane du KID est blanc pourtant, n'est-ce pas ? Il n'a pas pu disparaître par magie et pourtant, personne ne l'a vu. C'est louche ! Hiken, je veux bien comprendre, il s'habille tout en noir, mais KID, on le loupe difficilement.
- Le KID est un magicien ! lui dit avec entrain Takagi. Contrairement aux sorciers, un magicien met en place des trucs et autres installations, Conan-kun !
- Ne l'excitez pas ! C'est l'heure d'aller au lit pour lui, demanda Ran à Takagi.
- Ah. Sumimasen, s'excusa le policier avec un air gêné.
- Mais s'il a disparu par un tour de magie, comment comprendre le truc ou l'installation qu'il a utilisée ? demanda Kogoro.
- Puis-je vous montrer quelque chose qui me semble pouvoir constituer un indice ? demanda Takagi.
- Euh oui… autorisa Megure avec perplexité.
Takagi s'assit donc à une table avec un journal et un verre vide. Il installa la feuille de papier autour du verre. Il souleva ensuite légèrement le tout pour le retirer du bord de la table pour le mettre au milieu de la table. Et avec un grand geste de la main, il appuya sur le journal qui s'aplatît docilement.
Pas de verre en vue.
- Ooooh ! s'exclama Chiba.
- C'est bizarre, hein ? Le verre a disparu !
- Pfff ! Ce n'est pas un tour de magie, ça ! lui cria Kogoro.
- Quand tu as soulevé l'ensemble, tu as fait tomber le verre sur tes genoux et tu as écrasé la feuille de journal qui en avait pris la forme ! rouspéta Satô.
- J'ai joué ce tour lors de la fête du nouvel an quand je suis entré à la Police, marmonna Megure avec agacement.
- Ah oui, c'est vrai, mon père m'avait raconté… se moqua gentiment Satô.
- Ah bon ? rougit d'embarras le vieux policier.
Il fit un cent quatre-vingt degrés et engueula magistralement Takagi :
- PEU IMPORTE ! QUEL EST LE RAPPORT ENTRE CE TOUR ET L'AFFAIRE QUI NOUS OCCUPE ?!
- Je me demandais simplement si le KID n'avait pas disparu de cette façon… balbutia un Takagi blanc de peur.
Rouge toussa un peu dans son mouchoir et posa un genou à terre. Elle rattrapa juste à temps le verre d'eau avant qu'il ne roule, tombe et se fracasse sur le sol. Elle se releva et le posa délicatement sur la table.
- Merci pour ce tour, petit magicien, sourit la secrétaire.
- Vous êtes vachement moins froide que la dernière fois, remarqua Ran.
- Je suis comme ça pour garder les Suzuki dans le droit chemin. Ici, ce n'est pas nécessaire, se justifia la D. en haussant des épaules. Très belle vaisselle, d'ailleurs.
- Merci, c'est un cadeau de ma mère pour mon mariage, il y a quarante ans, informa Oikawa-san.
- Mes condoléances pour votre épouse, lui dit Rouge avec une voix douce.
Le peintre hocha la tête.
- Votre épouse est morte récemment ? s'étonna Megure.
- Non, il y a cinq ans, juste après que j'eus terminé Blancheur, le troisième tableau de ma série Splendeur de la Nature. Elle avait été blessée au cours d'une tornade lors d'un séjour à l'étranger, il y a quinze ans. Elle était tombée dans un état de quasi-inconscience et ne quittait plus son lit. C'est déjà un miracle qu'elle ait survécu dix ans.
- La famille Suzuki a fait l'acquisition de la première toile il y a quinze ans, remarqua Rouge. Oh… vous… vous l'avez peinte pour payer les frais médicaux, c'est ça ?
- Oui. Elle a reçu les éloges de la critique et c'est comme ça que je me suis fait un nom. Jusque-là, je vivais chichement avec les revenus de ma classe de peinture ouverte ici. Mon beau-père a dépensé presque toute sa fortune pour nous faire construire cette maison à ma femme et à moi. Enfin, il l'a fait aussi pour pouvoir vivre avec nous.
- Vous avez toujours vécu tous les trois ?
- Oui, avec deux domestiques, mais ils ne sont pas là aujourd'hui. Je ne les fais venir que la moitié de la semaine.
L'un des téléphones du peintre sonna. Il l'ouvrit et s'excusa en disant qu'il s'agissait d'un appel de son frère avant de s'éloigner.
- KUSO !
Tout le monde se tourna vers Rouge qui fixait le sol, tenant ses cheveux d'une main. Elle tournait sur elle-même, agacée.
- Je sais pourquoi je déteste les bijoux, grommela la femme.
- Vous avez perdu quelque chose ? demanda Satô.
- Oui, une boucle d'oreille. Comme elle est en verre, elle ne va pas être facile à trouver.
- Peut-être qu'avec de la lumière d'une torche, quelque chose de plus puissant qu'une ampoule, on pourrait la trouver, proposa Chiba d'un air gêné.
Cela fit clic dans l'esprit de Conan. Il attrapa Rouge par la main et l'attira avec lui.
- Je sais où elle est !
Avant que quiconque ne puisse dire quoi que ce soit, le duo avait disparu dans le couloir.
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Ace retira son oreille de la porte du coffre et recula légèrement pour l'ouvrir. D'un léger geste de la main, il fit se rapprocher ses Hotarubi, lui permettant de voir le contenu du coffre-fort. Il voyait ainsi du matériel de peinture et la forme d'une toile dans le fond recouverte d'un drap. Entre ses doigts gantés, il prit un des pinceaux et fit courir son pouce sur le bois. D'étranges marques étaient présentes sur le manche, comme si quelqu'un avait mordu le pinceau. Il le reposa et sortit son téléphone pour envoyer le même message à deux destinataires différents.
Il avait la vérité.
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Même si Rouge ne pouvait pas courir longtemps à cause d'une, de ses talons et de deux, de ses poumons, elle avait un pas rapide et long. Ce qui était parfait pour qu'elle ne perde pas de vu Conan qui filait dans la nuit avec sa montre/lampe. Tout en marchant, elle remettait sa boucle d'oreille, avant de s'arrêtait au niveau des gardes en faction sous la fenêtre.
- Le Détective Mouri ? s'étonna l'un des policiers quand Conan s'adressa à lui.
- Oui ! Il m'envoie vous demander si quelque chose n'est pas tombé de la fenêtre de l'atelier ? s'enquit le petit bonhomme.
- Nous avons trouvé que des boites de pinceaux et les pinceaux qu'elles contenaient, lui dit l'un des policiers. Ah, et j'ai aussi trouvé du fil de pêche, mais vu qu'il y a un lac pour pêcher pas très loin, ça doit être l'un des pêcheurs qu'il l'a laissé tomber.
L'homme fouilla dans sa poche et montra le fil en question à Conan. Rouge s'en empara, permettant à l'enfant de l'observer clairement avec sa lumière.
- Sept mètres ? Même pour de la pêche au fouet, ça me parait un peu long, nota la femme.
Ce qui intéressa surtout Conan, c'était les extrémités. L'une avait une intéressante boucle et l'autre, un hameçon avec une forme bizarre. Il était certain que le meurtrier s'en était servi.
Il s'interrompit quand son téléphone vibra dans son blouson.
Il claqua sa langue d'agacement et le prit dans sa poche. Il ouvrit le clapet et lut le message qu'Ace venait de lui envoyer. Il esquissa un sourire et lui répondit immédiatement.
« Fais-moi le plaisir de ne pas y toucher avant que je finisse. »
Il rangea son téléphone et se mit à fouiller les environs, ignorant le téléphone de Rouge qui se mettait à sonner. Lui, il fouillait dans les cailloux à la recherche de quelque chose de précis. Et bingo, il se redressa, une pierre dans ses mains avec un petit trou sur sa surface.
- Ah, te voilà, Conan-kun ! Ran-san te cherche partout !
Tout le monde tourna la tête pour voir Takagi venir vers eux en courant avec une torche.
- Conan-kun, c'était le gars de la télévision, informa Rouge. Ils l'ont trouvé.
- Alors ?
- Chiba.
- Il y a quelque chose avec Chiba ? demanda Takagi en essayant de reprendre son souffle.
- Rien du tout, assura Rouge avec un beau sourire innocent.
Takagi n'avait pas l'air convaincu.
- Et si je vous disais que Vent Vert était toujours dans la maison ? glissa Conan avec un sourire. Je pense que Hiken a mis la main dessus, mais si on s'y prend bien, il nous le rendra.
L'enfant se releva de là où il s'était agenouillé sur le sol et s'épousseta.
- Minaguchi-san, je pense qu'il serait temps de faire chauffer le moteur. Ne le cassez pas trop.
- Ce serait contre-productif, lui dit Rouge avec un étrange éclat dans le regard.
