Bonjour à tous.

Oui, je suis en retard. Mea culpa. Internet, boulot, covid, bref. Plein de trucs se sont foutus entre moi et mon emploi du temps bien organisé.

Je tiens aussi à dire officiellement les choses.

Outre avancer sur Golden Prince/ Sea New King, je vais mettre 95% de mes histoires en hiatus.

La raison est simple. Non, ce n'est pas la page blanche.

C'est juste que pour ma fic Witcher, j'ai un projet de collaboration sur une période bien déterminée de l'histoire, ce qui fait que je veux pouvoir être prêtre à la commencer dès que possible, et pour ça, il faut que je rattrape l'autre auteur.

J'ai toujours plein de projets et d'idée pour ce x-over. Plus d'utilisation du personnage de Rouge, des découvertes, des histoires, des surprises. Mais ça attendra. Cela me laissera le temps au moins de mettre par écrit les idées et de les rafinés. Qui sait, je pourrais faire venir d'autres personnages.

Je vous dis donc à dans quelques mois, je l'espère.

Profitez de ce chapitre et à bientôt !

For my english guest : First, for "request", I appreciate having them by pm, so I can discuss it with the one giving them to me. Second, no. Just no. If you had seen my profile, you would had know that even if this story is a x-over with Conan, I don't write about him. I write on the One Piece famdom firstly, and Harry Potter in second. Third, I have more than enough work in progress wiating for me, without speaking of the projects I'm working on. I'm only a human. I have a job and I can't stay at home during the Covid. And to finish, my english skills SUCKS.
So thanks, but no. Just no.

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Thatch était dans le couloir avec Jodie, Akai et James, juste devant la chambre où dormait Reina Mizunachi.

Leur seul et unique lien avec les Hommes en Noir.

Cela faisait longtemps. Très longtemps. Presque deux mois. Les médecins leur avaient dit que généralement, des blessures de ce genre ne prenaient pas plus d'un mois pour se guérir, mais si ça s'éternisait, il y aurait une chance que la femme ne reprenne jamais conscience. Et plus ils la garderaient ici, plus les risques augmentaient que ses camarades réalisent où ils la cachaient : sous le nez du FBI. Et s'ils la transféraient aux US, alors, ils se feraient voir et joueraient le jeu de l'adversaire.

- Bah, ça pourrait faire un superbe appât pour pêcher ces sales types, pointa Shuichi avec un sourire froid.

- Tu exagères, lui dit Jodie.

- Mais il a raison, c'est une bonne idée. Une idée que l'autre camp peut aussi avoir, donc, d'un côté comme de l'autre, on est coincé avec cette femme inconsciente, pointa Thatch en verrouillant son téléphone pour couper court aux jérémiades d'un Red rancunier.

- Qu'est-ce que vous avez appris sur elle ? demanda James.

- En résumé, rien du tout, soupira le pirate.

Le chef d'équipe se tourna vers Jodie pour plus de détails et la blonde se fit un plaisir de l'éclairer :

- Tout ce qui concerne sa vie avant de travailler pour Nichiuri TV a été soigneusement contrefait. Plus que celle de Thatch et du Little Devil. On ignore où elle a vu le jour ou l'endroit où elle a grandi.

- Hm… j'imagine que vous ne savez même pas si elle a encore de la famille.

- Il est possible que même son nom ait été inventé, intervint Shuichi avec un étrange sourire. Mizunashi pour Zéro et Rena pour Zéro Sept* .

- 007 ? répéta Thatch avec perplexité. C'est pas votre agent secret au service de la couronne ou une connerie du genre qui passe au cinoch ?

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Conan avait attendu le retour des cours pour confronter Red sur la suite de la nuit, mais outre un aveugle qui avait l'air d'avoir fait nuit blanche, le D. n'avait rien changé. Et impossible de lui poser des questions en présence des enfants. Plus d'une fois, Conan s'était proposé pour le raccompagner avec Haibara chez Agasa, mais le pirate se contentait de dire qu'il ne rentrait pas chez le scientifique avant tard dans la soirée. Et l'option d'attendre chez Agasa était à exclure, parce que le vieil inventeur lui avait dit que quand Red disait « rentrer tard » ce n'était pas avant trois heures du matin au mieux et qu'il se couchait juste en suivant. Ce qu'il faisait durant ses absences, c'était une bonne question. Qu'il s'entraîne ou pas, son logia faisait que les marques auraient disparu dans l'heure, donc impossible d'avoir des indices de ce côté. Il pouvait aussi, maintenant que le premier pas était fait, passer du temps avec sa mère. En connaissant le caractère de son camarade et ce qu'il avait compris de celui de Rouge, il y avait peu de chance que ce soit retombé à plat cette rencontre. Mais Conan ne pouvait pas décemment envoyer un message à la femme pour le lui demander. Yukiko lui avait envoyé un message pour l'en dissuader. Et si les D. avait déjà sa mère sous leur coude, Conan était très mal barré.

Et là, il l'avait.

Red était chez Kogoro, mais il ne pouvait pas s'adresser à lui. Pourquoi ? Parce que de base, le petit pirate était ici pour accompagner Kali. En effet, Ran avait invité son amie pour travailler avec elle. Apparemment, elles attendaient quelqu'un d'autre aussi.

Red claqua la langue avec agacement pendant que Kogoro gérait une cliente difficile par téléphone. La main de Kali se crispa sur son stylo pendant qu'elle était toujours concentrée sur le travail qu'elle faisait avec la jeune Mouri.

- Je me suis contenté de faire le travail qu'on m'avait demandé… disait Kogoro avec un sourire forcé. Je vous conseille d'en discuter en substance avec votre mari…

« VOUS N'ÊTES QU'UN IMPITOYABLE GOUJAT ! » hurla la femme si fort dans le téléphone que tout le monde l'entendit.

La conversation fut coupée et le détective soupira.

Kali laissa tomber sa tête entre ses épaules et laissa s'échapper un soupir de soulagement avant de se masser les tempes.

- Je vais faire du café, annonça Ran en se levant de la table basse.

- Qu'est-ce qu'elle voulait ? demanda Conan en levant le nez de son magazine.

- C'était la femme d'un homme qui m'avait demandé d'enquêter sur une affaire d'adultère. Elle m'a dit qu'à cause de moi, elle et son mari allaient divorcer. Elle ne tient pas compte de sa propre infidélité Ah, je vous jure… J'aimerais être James Bond, parfois, grommela Kogoro.

- Ah bon ? Pourquoi ? demanda sa fille en lui donnant une tasse de café chaud.

Et elle en servit une tasse à Kali qui la remercia, pendant que son père disait ses motivations, le regard dans le vague :

- Il porte toujours des costumes grand luxe, il enquête au volant de super voitures qui doivent coûter une fortune avec des accessoires haute technologie dernier cri. Moi, ce costume est que ce j'ai de mieux. Je loue mes voitures et je prends des photos de scènes d'adultère avec un appareil jetable. Sans parler de toutes ces femmes que James Bond a partout où il va… moi je me fais crier dessus par ma femme au téléphone. Ce n'est certainement pas le même registre.

- Bien fait pour vous, siffla Kali en revenant à son travail scolaire.

- Kali-san ! rouspéta Ran.

Kogoro ne s'en était pas offusqué pour autant. Il prit sa tasse de café et le sirota. Ses yeux s'arrondirent immédiatement.

- Ce café est délicieux ! Tu as changé de marque ? demanda le détective Mouri avec un sourire pour sa fille.

- Non ! répondit Ran avec un immense sourire. C'est du café-filtre ! Je l'ai acheté en chemin au supermarché ! Il a une publicité qui explique qu'en envoyant les points qu'on a collectionnés on recevra en cadeau une jolie cafetière…

- J'peux goûter ? demanda Red.

Sans un mot, Kali se détourna du nouveau venu dans l'agence pour se tourner vers son camarade et lui mettre la tasse entre les mains. Le D y trempa les lèvres, avala une gorgée avant de faire une grimace et le rendit à sa camarade.

- Ca vaut pas celui de Thatch.

- On peut pas comparer du café qu'il torréfiait lui-même à celui du commerce, lui reprocha la zoan.

- En attendant, je crois que le café instantané me convient mieux, grommela Kogoro en affichant une moue boudeuse.

Il allait boire une nouvelle gorgée quand Ran le lui retira de la main.

- Pourquoi le bois-tu s'il ne te plaît pas ?!

- CHAUD !

Les Mouri se retournèrent pour voir que celui qui venait d'arriver, c'était Eisuke Hondô, qui, dans sa malchance légendaire, avait reçu le café sur le crâne. Ran s'inquiéta immédiatement pour lui, mais pour son père, la question résidait dans ce que le lycéen faisait ici. Pour Conan, la présence du sac de cours à l'épaule du nouveau venu répondait à la question. Il était le troisième membre de la séance de révision.

- Votre fille m'a invité pour qu'on puisse réviser avec Haiiro-san ! répondit en souriant le lycéen. Et je suis certain que vous avez besoin d'aide !

- C'est vraiment la même voix, tu trouves pas ? demanda doucement Red à Kali à côté de lui.

- Mh.

- Je peux répondre au téléphone au besoin ! continua Eisuke dans son enthousiasme.

Juste à cet instant, le téléphone se mit à sonner. Eisuke se jeta dessus comme un petit secrétaire amateur :

- Oui, ici le bureau du Détective Mouri !

Puis vinrent les perplexes :

- Allo ? Allo ? C'est étrange, on a raccroché.

Une veine se mit à palpiter sur le front de Kogoro.

- Hondô ? Regarde sous ta main, recommanda Kali sans se détourner de son travail.

- IMBECILE ! C'EST TOI QUI AS COUPE !

En effet, en voulant attraper le téléphone, Eisuke avait appuyé sa main sur le socle du combiné, ce qui revenait effectivement à raccrocher. Conan n'écouta pas le coup de gueule de Kogoro. Lui, il réalisait qu'il n'avait pas perçu le moins du monde la présence de Eisuke avant l'incident avec le café.

- Vous l'avez senti venir ? demanda tout bas le petit détective aux deux pirates.

- Pas toi ? s'étonna Red.

- Son odeur et le son de ses pas, explicita Kali. Sa présence ne répond pas entièrement au Haki.

- Est-ce qu'il cherche volontairement à cacher sa présence ? se renseigna Conan.

Sbam !

Ran était sortie du bureau pour aller chercher une serviette à Eisuke, sauf que pendant son absence Kogoro avait eu sa crise de colère, et donc, le pauvre lycéen avait reculé dans la pièce, ce qui expliqua qu'il se prit la porte dans le dos quand la jeune Mouri revint. Et cela tira un sourire de coin à Kali.

- Ou alors, c'est qu'il n'est tout simplement pas remarquable. Et dans mon opinion, ce sont les personnes les plus dangereuses, commenta la brune.

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La soirée avançait lentement. Les trois lycéens avaient fini leurs devoirs et Kali avait accepté de leur tirer les cartes pendant que Conan s'était contenté de continuer de lire son exemplaire du Sunday tout en jetant des regards de coin à Red en face de lui. Le D. avait mis un écouteur dans son oreille et pianotait sur son téléphone, certainement des messages, vu que c'était la seule occasion où il avait besoin du clavier QWERTY. Vu qu'il n'y avait pas les kanas sur les touches, mais des tenjis*, il avait fallu faire une certaine gymnastique pour comparer les positions (il était trop loin pour voir les reliefs sur les touches) avec un clavier classique et comprendre ainsi qu'il s'adressait à sa mère et Thatch. L'écouteur devait être là pour entendre la lecture des messages qu'il recevait en réponse.

Il avait donc parfaitement raison en devinant que la rencontre entre les deux D. étaient une réussite.

- Je prévois que le manga qu'il lit n'aura pas de parution la semaine prochaine, nota Kali en observant les cartes qu'elle avait tirées sur la table.

Conan cligna des yeux et alla à la fin du chapitre qu'il lisait pour voir en effet l'annonce de la non-parution de ce manga dans le prochain magazine.

Elle devait l'avoir lu avant de venir…

Quoique, ce sourire un brin moqueur et toujours aussi froid… Nan, elle venait vraiment de le prédire. Et elle n'était pas le genre de personne à acheter le Sunday.

- Vous êtes très douée ! complimenta Eisuke.

- Tu peux prédire la raison ? demanda Ran.

- Reportage sur les dessous peu reluisant de l'univers du football pour aider à l'intrigue, répondit immédiatement la pirate en ramassant ses cartes pour les battre.

- C'est ce qui est dit, confirma Conan avec une voix blasée.

Eisuke eut une moue peu convaincue.

- C'est ce qui est dit, mais en réalité, ça pourrait être tout autre chose, dit-il. Peut-être que la personne n'aime plus son travail et qu'elle est partie. Ou alors, qu'elle ne peut plus dessiner à cause d'un rhume. Ou alors, c'est un kidnapping et elle est retenue quelque part.

- Tu vas un peu loin, non ? Et puis, les prévisions de Kali-chan sont quasiment tout le temps vrai, lui dit Ran. Donc, il y a vraiment une chance que le mangaka soit parti en reportage.

- Et cette actrice qui a disparu il y a six mois. Elle avait soi-disant besoin de recharger ses batteries, mais en fait, elle était à l'hôpital.

Les sourcils de Red se froncèrent imperceptiblement et ses doigts s'agitèrent avec sérieux sur son clavier.

- J'ai eu une vision récemment à ton sujet, dit sérieusement Kali.

Kogoro marmonna quelque chose de désobligeant dans sa barbe alors que Red relevait la tête avec violence sous la surprise, ses yeux écarquillés.

- Quand tu en as, tu le dis presque jamais ! pointa avec éclat le petit commandant.

- Là, c'est important, parce qu'il n'a pas les capacités de ceux que j'ai habituellement dans les prémonitions pour s'en sortir. Lui, il n'y arrivera pas.

- Ah bon ? s'étonna Eisuke.

- Je t'ai vu pourchasser une ombre, puis j'ai vu du noir, beaucoup de noir, des hommes portant ces vêtements. Je t'ai vu leur sourire naïvement, puis du sang. Enormément de sang. Ton sang.

Ran et Eisuke se regardèrent d'un air interdit alors que Conan fronçait les sourcils.

- Dans James Bond, on n'a pas ces conneries de voyante à deux sous aussi, grommela Kogoro.

- J'ai déjà gagné trois fois aux courses avec mes visions.

L'instant suivant, le détective était à côté d'elle avec un calepin.

- J'vous recommande de reculer, lui conseilla Kali. Vous êtes dans mon espace vital et je ne supporte pas de voir un homme y foutre un pied sans autorisation. Sans parler que vous allez avoir de la visite au sujet d'un chanteur underground porté disparu.

- He ?

- Tu parles que Roku Itagaki ? demanda Ran en sautant sur le changement de sujet. Sonoko m'a dit qu'elle n'y croyait pas à sa pause alors qu'il n'avait même pas fait un an de carrière !

- Sonoko est fan de lui ? s'enquit Conan en détournant enfin son regard qui faisait auparavant des va et vient entre une Kali neutre et un Eisuke perturbé.

- Oui ! Apparemment, il est apparu l'an dernier et il a immédiatement explosé.

- Il s'est fait assez d'argent et il est en train de s'amuser quelque part avec une jolie femme, grommela Kogoro en retournant à son bureau pour lire son journal. Comme 007…

Conan tourna la tête en entendant une nouvelle voix :

- On l'a tué ce monsieur !

Le reste de la pièce (sauf les pirates), se tournèrent vers l'entrée pour voir qu'un gamin venait d'entrer avec son père derrière lui.

- On l'a poussé en haut du pont.

Le gamin s'arrêta de parler en remarquant que Kali disait la même chose en même temps que lui.

- Pardon, je ne voulais pas briser le dramatique de l'annonce, c'est sorti tout seul, s'excusa la zoan.

- Au lieu de te surnommer Madame Irma ou Quetzalcóatl, je vais t'appeler Padparadscha ! se moqua Red.

- On en reparlera au prochain entraînement, Allumette.

Avec dignité, Kali ramassa ses affaires, remercia Ran pour le soutien scolaire et s'en alla.

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Le garçonnet et son père avaient pris place sur l'un des petits canapés du bureau autour d'un café et d'un jus de fruit. En face, Kogoro s'était installé à côté de Red qui n'avait pas bougé, continuant de pianoter sur son téléphone. Conan se tenait à côté de la table pendant que Ran et Eisuke étaient derrière les invités. Un CD avait changé de main pour montrer la tête du chanteur Roku Itakagi qui était la raison de la consultation du duo père/fils.

- Donc, si je résume bien, c'est en voyant la publicité pour le CD de Roku Itakagi que votre fils Takumi s'est mis à crier, c'est bien ça ?

- En effet, il s'est écrié que la scie était morte, confirma le père.

- Une scie ?

- Sa tête ressemble à une scie ! se justifia l'enfant.

En effet, le chanteur avait les cheveux hérissés sur son crâne, teints dans les tons argentés. On pouvait dire que ça ressemblait en effet à une scie.

- A aucun moment, on n'a parlé dans la presse de la mort de ce chanteur, si bien que je n'ai pas cru mon fils, expliqua le père. Je me suis renseigné néanmoins, et apparemment il est soudainement parti se reposer. Je me suis tout de même inquiété, ce qui m'a poussé à venir vous voir. Je m'excuse de passer sans vous avoir averti avant, mais quand j'ai cru vous avoir en ligne, la ligne a été coupée.

Kogoro adressa un regard noir à Eisuke qui était le coupable de cette coupure et qui pour le coup, se fit tout petit.

- Tu dis qu'il a été poussé d'un pont, tu peux dire du quel et quand ?

- C'était il n'y a pas longtemps, mais je ne sais pas où, informa Takumi. Je sais par contre qu'on entendait un feu d'artifice.

- Nouvel an était y'a pas longtemps, ce devait être ces feux d'artifices qu'il a entendus, marmonna Red en retirant son oreillette.

Il l'enroula maladroitement autour de son téléphone avant de mettre le tout dans sa poche.

- Hashiratani-san, vous souvenez-vous d'où était votre fils à cet instant ?

- Oui, il était dans ma voiture en route pour la première visite de l'année au temple. Nous étions pris dans un embouteillage, il y avait beaucoup de voitures. J'étais fatigué et je somnolais. Je ne me souviens pas quel pont nous avons traversé au moment où le feu d'artifice a été tiré.

- Tu peux être plus précis sur ce que tu as vu ? demanda Conan à Takumi.

Red toussota légèrement mais Conan ignora la mise en garde. S'il ne posait pas les questions, Kogoro ne le ferait pas et c'était important pour leur affaire.

- La personne se tenait à côté d'un grand sac et elle regardait la rivière fixement, répondit Takumi avec son verre de jus de fruit dans les mains. Tout à coup, il a soulevé le sac et il l'a fait tomber de l'autre côté du pont ! Itagaki-san était dedans…

- Comment le sais-tu ? demanda doucement Ran.

- Parce qu'avant qu'il ne soit jeté, j'ai vu sa chevelure sortir du sac… il y avait du sang partout… c'était bien le visage du monsieur à la tête de scie !

- Se débarrasser des corps en les jetant à l'eau, c'est affreusement has-been, soupira Red.

- On t'a pas sonné, lui pointa Kogoro.

- Si je devais attendre d'être sonné pour avoir le droit de faire quelque chose, je serais mort depuis longtemps.

- Red-kun, ne dis pas ça ! rouspéta Ran.

- Je trouve ton histoire dure à croire, gamin, commenta Kogoro en revenant à Takumi. Tu crois vraiment que quelqu'un qui se balade avec un cadavre dans son sac peut passer inaperçu ?

Conan blanchit en voyant Red ouvrir la bouche, avant de finalement, se raviser et la refermer. Ouf, ils avaient frôlé la catastrophe. Il aurait été difficile d'expliquer comment et pourquoi un enfant d'une dizaine d'années avait caché un cadavre dans un sac. Lui-même doutait vouloir le savoir. Vraiment.

- Il faisait sombre, on ne pouvait pas bien distinguer ce qu'il se passait, justifia l'enfant.

- Ah oui ? Alors, comment se fait-il qu'un petit gamin ait pu voir tout ceci ? demanda le détective avec scepticisme. AOUCH !

Il se massa les côtes où Red avait donné un bon coup de coude avant de s'excuser avec un sourire innocent qui ne trompait personne.

- Je n'ai pu le voir qu'un instant ! se défendit le petit Takumi. Quand sa tête est soudain apparue hors du sac !

- Et qu'a fait la personne après s'être débarrassée du sac ? demanda Conan.

- Il a enlevé plein de choses de ses vêtements et il les a jetés. Je n'ai pas pu bien voir quoi, puisque c'était devant lui, donc, il cachait tout ça…

Le gamin leva le nez au plafond pour bien se rappeler de la suite :

- Ensuite… ensuite… il m'a semblé qu'il cherchait quelque chose… il fouillait partout dans ses vêtements.

- Il n'avait pas quelque chose à la bouche par hasard ? s'enquit Red.

- OUI ! approuva le gamin.

- Une cigarette ! comprit Eisuke. Il avait une cigarette à la bouche !

- Il cherchait donc un briquet ! Bravo Red-kun pour avoir deviné ! félicita Ran.

Le pirate haussa des épaules.

- Y'a pas mal de fumeurs parmi les autres, et comme je suis petit, agile et discret quand je m'y mets, Marco m'avait embauché pour récupérer les briquets et allumettes pour encourager à arrêter de fumer. C'est très drôle de voir Izou fouiller son kimono pour allumer son kiseru. Moins quand il comprenait que c'était moi le coupable. Mais bon, Marco s'interposait vite, donc, ça allait.

Sans compter que son amant était toujours là pour le consoler et le féliciter après qu'il ait bu la tasse. Et généralement, les félicitations, il les recevait sous la couette. Aaaah, le bon vieux temps.

- Il a trouvé son briquet ? demanda Kogoro d'un air blasé.

- Oui, il a allumé sa cigarette et puis, il a jeté son briquet.

- Il est resté longtemps au même endroit ? demanda Conan.

Le gamin secoua la tête.

- Non. Il est aussitôt monté dans sa voiture et il est parti.

- As-tu vu son visage ou sa voiture ?

- Sa voiture était noire je crois, mais la personne, elle, elle portait un chapeau.

Puis le visage de l'enfant s'éclaira alors qu'il se rappelait un détail :

- Il avait un dessin sur le bras !

- Un dessin ? répéta Kogoro.

- Probablement cette chose barbare qu'on nomme tatouage, occhan, marmonna Red.

- C'était le dessin d'un clou qui m'a fait très peur, avoua l'enfant avec une petite voix.

- Un clou qui fait peur ? marmonna le détective.

- Et à côté de la voiture dans laquelle j'étais, j'ai vu un très grand marteau tout brillant !

- Un… marteau tout brillant ?

- Oui !

L'ancien policier se tourna vers Red en plissant des yeux.

- Une autre idée, petit génie ?

- Qu'est-ce que j'en sais, non seulement c'est vous le détective, mais en plus, je suis aveugle, répondit innocemment Red.

- TE FICHE PAS DE MOI ! hurla Kogoro avant de secouer Red…

Qui en profita pour faire sa crise de narcolepsie, laissant le détective avec une poupée de chiffon de taille humaine dans les mains. En soupirant, il relâcha le petit brun qui s'affaissa lourdement sur le fauteuil.

- Je sais pas pour vous, mais cette histoire de marteau, de clou et de scie me donne l'impression que votre gamin se paie ma tête, grommela le détective à l'adresse du père.

Le mouvement de Eisuke surprit Conan. Doucement, le lycéen avait passé une main derrière l'oreille de Takumi, avant de la descendre au niveau du cou, juste sous le lobe, contre la gorge, la carotide juste sous sa paume. Accroupi devant l'enfant, le lycéen le fixait avec sérieux. Cette expression et cet étrange acte, Conan l'avait déjà vu et subi. C'était ce que lui avait fait Reina le jour qui avait mené à sa capture.

- As-tu dit la vérité ou était-ce un mensonge ? demanda doucement mais sérieusement Hondô.

- Je n'ai pas menti ! assura Takumi. Je vous assure que c'est vrai !

Et ils restèrent un instant à se regarder dans le blanc des yeux. La ressemblance était vraiment frappante.

- On dirait bien que ce petit dit la vérité ! conclut Eisuke en ébouriffant finalement les cheveux du gamin avec un sourire.

- Ah bon ? Ben moi, je n'y crois pas, surtout que nouvel an est passé depuis quatre jours ! grinça Kogoro. Si c'était bien la vérité, le cadavre ne va pas tarder à être retrouvé et l'évènement fera les premiers titres !

Et pour prouver son point, il alluma la télévision de la pièce avec les informations, juste à temps pour un flash spécial. Et comme le Destin aime troller les gens, il fallait qu'il pointe son nez avec Kogoro. Parce que les informations leur annoncèrent que le cadavre de tête de scie avait été retrouvé dans un sac, mort suite à plusieurs coups à la tête.

Eat it, Kogoro.

Jusqu'à présent, tout le monde avait été sceptique, mais la vérité venait de se montrer. Et la réponse du gosse :

- Je ne mens pas, moi !

Les enfants, tellement adorables.

Puis vinrent les suites logiques. L'enfant était un témoin, il faudrait le mener à la police, cependant, avec cette histoire de scie, marteau et clou, la police ne pouvait pas aller bien loin, sans parler que le gosse, même s'il se souvenait de quand, ne se rappelait pas d'où.

- Nous n'avons qu'à l'emmener et reproduire ce qui s'est passé ce jour-là, peut-être que ça nous aidera à comprendre ! proposa Ran. On sait déjà de quelle rivière il est question grâce à la télévision.

Tout le monde se tourna vers le père pour savoir s'il se souvenait du chemin emprunté ce jour-là. Pendant ce temps, Ran se tournait vers Eisuke pour le féliciter, puisqu'il avait su que l'enfant ne mentait pas juste en le regardant dans les yeux.

- Ce n'est rien ! se justifia le lycéen. Mon père faisait souvent ça quand j'étais petit, je n'ai fait que l'imiter. Cela agit comme un charme.

Un charme ? Conan n'y croyait pas du tout.

Des mots incompréhensibles l'alertèrent du réveil de Red. Paralysie de la narcolepsie, il suffisait d'attendre pour savoir ce que voulait le pirate. En soupirant, le détective miniature s'assit sur la place qu'avait abandonnée Kogoro pour attendre le retour au monde du D.

- Qu'est-ce qu'il a fait pendant que j'étais out ? marmonna finalement Red en se redressant.

- Il a employé sur le gamin la même technique utilisée par cette femme au parc. C'est une sorte de détecteur de mensonge qui observe la confusion du pouls et de la respiration, ainsi que la dilatation de la pupille. Ça permet de savoir si le sujet donne ou non un faux témoignage. Sans compter qu'il avait exactement la même expression, la même attitude qu'elle. Il est lié à Kir, j'en suis certain.

- J'vais embaucher une informatrice sur son cas. Kali est douée, mais c'est une chasseuse, comme moi. On vole, on torture, on kidnappe, on effraie, on tue, mais les informations, c'est pas nous. On nous donne juste la cible et le but. Basta.

Conan soupira par le nez. Cadre de référence. Cadre de référence. S'énerver sur le passé meurtrier de Red ou son manque de sentiment à ce sujet ne servait à rien. Il fallait juste se concentrer sur le plus important.

- Quel est le travail d'un informateur puisque ça n'a rien à voir avec un indic' ?

- L'indicateur que tu connais est un gars qui a, sur le moment, des infos et veut en faire office en échange de quelque chose. Un simple mouchard, en gros. Chez nous, l'informateur est un professionnel qui est embauché dans ce but. Ils ont leur méthode, leur éthique. Certains sont même embauchés par la Marine. J'ai souvent traité avec Brisée, une femme qui doit avoir quoi… mon âge ? Ce qui a fait que c'était toujours à elle que je m'adressais, c'est qu'elle voulait mes motivations avant de prendre le contrat. Ça et le fait que, pour je ne sais quelle raison, elle m'appelait toujours camarade, et honnêtement, j'appréciais. C'est rare de trouver sur les mers des gens avec un peu d'éthique.

- Je serais tenté de te dire que tu es mal placé pour parler d'éthique, mais je vais me contenter de te demander si l'informatrice que tu vas contacter ne serait pas une certaine Rouge.

- Fouille merde.

- L'impact avec la voiture n'a pas été trop brutal ?

Red haussa des épaules.

- Plus de surprise qu'autre chose. Les poings du Jiji peuvent réduire une montagne en poussière et j'ai grandi avec ça sur le crâne quand j'osais dire que je voulais pas devenir un chien bleu. Connaissant mon monde, j'aurais pas fini l'entretien d'embauche que j'aurais emménager à Impel Down… et un accident, ça arrive très vite, surtout au dernier niveau de cette prison. Sans parler du nombre de détenus là-bas qui auraient encouragé les gardiens à me tuer. Je ressemble tristement à mon géniteur.

Un lourd soupir échappa au pirate. Conan regarda les autres discuter de l'idée de refaire le chemin pour avoir plus d'indices sur l'affaire, avant de reprendre la parole.

- Ace ?

- Je dois m'attendre à me faire de nouveau percuter par une voiture ? Tu m'as rendu parano sur l'usage de mon prénom.

- Non. Juste pour te dire que je suis heureux pour toi… que tu ais enfin cette opportunité de connaître ta mère.

Un long silence s'en suivit.

- Merci Shinichi.

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Kogoro avait loué une voiture pour lui, le père et son fils, ainsi que les deux lycéens et les deux gosses. Le détective au volant s'arrêta à un feu et attendit la suite. Parce que de là où ils étaient, il y avait trois chemins possibles vers le temple et tous passaient par un pont. En face, le Pont Central de Haido, à droite, le Grand Pont de Haido et celui de gauche, le Nouveau Pont de Haido. Sauf que le père du témoin ne pouvait pas les aider des masses parce qu'il prenait le même chemin tous les jours pour aller au travail et il changeait de pont suivant son humeur. Ce qui n'aida pas le moins du monde l'humeur du détective, jusqu'à ce que Ran propose de passer sur tous les ponts. Cependant, Conan était perdu dans ses pensées et conservait un œil sur Eisuke.

Biiip biiip

Une alerte mail fit sursauter le petit détective qui récupéra son téléphone pour voir… que c'était un message de Red. Il jeta un œil au petit pirate qui était à l'autre bout de la banquète arrière, séparé de lui par Ran et Eisuke. L'aveugle était enfoncé dans son siège, ses lunettes sur les yeux, ignorant les tentatives de conversation du lycéen à côté de lui.

Conan ouvrit le message.

« Sois plus discret, le fixer comme ça ne le fera pas passer aux aveux et si moi je te sens, il le peut lui aussi. »

Fichu pirate.

Ils s'arrêtèrent sur le pont de gauche et rejoignirent la balustrade. De là où ils étaient, ils pouvaient voir les deux autres ponts. Le petit Takumi s'y accouda pensivement, cherchant à se rappeler. Mais rien ne venait. Et impossible de se repérer avec le feu d'artifice parce que la voiture du père était sur la voie centrale ce jour-là et il y avait un gros embouteillage, donc, la vue était bloquée des deux côtés (ce qui en soit rendait l'observation de Takumi miraculeuse).

De dépit, ils passèrent au pont suivant, le pont central, mais rien de mieux.

C'est un élément extérieur qui vint leur donner un petit coup de pouce. En effet, une Sonoko en larmes avait appelé Ran pour savoir si elle avait vu les informations au sujet de la vedette. La fille du détective avait donc profité de l'instant pour interroger son amie sur une possible relation entre un clou et la vedette.

Jackpot.

« Tu veux parler de la marque de l'ancien groupe underground de Roku ! Il s'appelait Nail Snake et sa marque était un clou transperçant la tête du serpent » répondit la blondinette à l'autre bout du fil.

- Tu connais quelqu'un qui porte cette marque en tatouage ?! s'enquit Ran.

La question interpella tout le monde, faisant que Ran se retrouva vite le centre d'intérêt de tous.

« Plein de gens, mais pas moi. Il y a un magasin de tatouage qui fait aussi office de fan-club du groupe. J'imagine que les fans y vont pour se le faire tatouer sur le corps… Je crois que l'échoppe se trouve tout près du pont central de Haido ! »

C'était une piste comme une autre, donc, ils la suivirent, mais il s'avéra qu'en arrivant, Takumi pointa le poster derrière le vendeur et leur dit que ce n'était pas le dessin qu'il avait vu. Seulement, en les entendant parler, le vendeur leur apprit quelque chose d'intéressant qui affina les recherches drastiquement (enfin, Conan pointa quelque chose du doigt qui mena à la découverte en remarquant une différence de couleur sur le mur autour du poster). Le symbole avait changé récemment et donc, le vendeur remplaçait tous ses posters progressivement. Il leur montra alors l'autre design et là, ils touchèrent au but. Cette fois, le N en bois du design était fait avec des clous. Rien que des clous, et le serpent au milieu faisant le S.

- Connaissez-vous quelqu'un qui s'est fait tatouer ce motif ?

- Oui, des fans invétérés ont entendu parler de ce changement de marque et ont voulu se la faire tatouer avant tout le monde, leur annonça le tatoueur.

Il tira un album photo sur son comptoir et leur montra une page avec trois personnes. Trois hommes avec tous leur tatouage sur le bras. L'un conduisait une voiture étrangère ; l'autre avait une casquette et le dernier avait une sympathique afro.

- Pourquoi la marque a-t-elle changé ? demanda Red. Devait y avoir une raison importante, non ?

- Eh bien, la marque d'origine a été créée quand il faisait encore partie de son groupe, donc, quand il l'a quitté et qu'il a fait ses débuts en Major, les fans m'ont pressé de la changer, répondit le tatoueur. Entre nous, personne n'aurait pu imaginer pareille fin pour Roku. Les Nail Snake devaient donner un concert, ce soir. Finalement, ce sera transformé en hommage à Roku. Il s'est passé pas mal de choses depuis le départ de Roku de la bande, mais il restait un ami très proche du leader.

- Tiens ? remarqua Ran en se penchant sur la photo de l'homme à l'afro. Derrière lui, ce ne serait pas…

Kogoro se pencha et reconnut immédiatement la publicité avec Yôko Okino. Ran, elle, était concentrée sur la théière que l'idole avait dans les mains. Une adorable petite théière toute mignonne.

- Je n'avais pas remarqué l'objet, je pensais que c'était une pub pour le café, commenta Kogoro avant de regarder sa fille en fronçant les sourcils. Je pensais que tu ne regardais pas les publicités à la télé ?

Pour toute réponse, elle sortit son téléphone portable pour montrer une photo avec un camion publicitaire baladant la cafetière enroulée dans des leds.

- Je l'ai trouvée tellement mignonne que je l'ai prise en photo avec mon téléphone mobile. Kali-chan en a déjà une !

Red s'étouffa sous l'annonce. Kali avait un objet mignon chez elle ?! Qu'est-ce qu'on avait fait à sa nakama ?!

- Ce pot à café est vraiment mignon ! approuva Eisuke en prenant l'objet des mains de sa camarade de classe.

- N'est-ce pas ?!

Puis, panique à bord pour Eisuke qui, en reculant un peu, avait appuyé sur un mauvais bouton. Conan plissa très légèrement les yeux. Louche.

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La nuit était là quand ils reprirent leur enquête, cette fois, sur le troisième et dernier pont, le Grand Pont de Haido. Ils n'étaient pas plus avancés et finalement, il faudrait aller voir la police malgré le témoignage énigmatique de l'enfant. Ils ne pourraient pas avancer plus.

- Garde ton attention sur lui, demanda Conan.

- Hm, acquiesça Red.

Et immédiatement, le petit détective se mit à courir sur le trottoir le long du pont, son regard fixé sur un immeuble le long de la rive. Il continua sa course jusqu'à ce que les lumières de chaque côté de l'ascenseur extérieur forme deux lignes parallèles.

Un sourire féroce apparut sur son visage.

Il avait saisi le où, mais il restait à savoir le qui, le pourquoi et la preuve essentielle à cette affaire.

Le téléphone de Conan vibra une fois.

Il jeta un regard à l'écran pour voir un appel manqué de Red, avant de remarquer que Eisuke venait vers lui, les mains dans les poches, la tête basse, avant de finalement, s'accouder au rebord, l'air sombre, frustré et impuissant. Conan le regarda un instant avant de revenir vers le groupe, le gosse toujours hissé à la rambarde pour avoir une meilleure vue. La dispute en cours était de savoir si la police croirait le gosse ou pas avec son histoire de marteau géant.

- Peut-être qu'il parle d'un rêve, commenta Conan.

C'était reparti pour son manège habituel. Dire des conneries pour guider les autres sur la bonne piste et ainsi, être ridicule.

- J'avoue, c'est normal de faire des rêves chelous. C'est pas plus bizarre que celui où on perd ses dents, rebondit Red même s'il ne savait pas où voulait en venir son camarade.

- Vous voyez, même Dawn en fait !

- Je rêve régulièrement que Cassandra me poursuit avec des bistouris… quoique, ça tient plus du souvenir, vu le nombre de fois où elle a menacé de me disséquer.

- En mettant sa vie bizarre à part, ça restait dans le thème ce rêve du marteau. Quand Itagaki-san a été poussé dans la rivière avec juste la tête dehors, il est aussi fort probable que le tatouage soit lui aussi un rêve.

- Ce n'était pas un rêve ! protesta Takumi.

- Cela s'est passé pendant le nouvel an. Le quartier devait être aussi sombre que maintenant, continua Conan.

- C'est certain, durant la nuit, en hiver, on discerne pas comme ça un visage ou un tatouage sur un bras, sauf… continua Red.

- Sauf si on a au moins pendant un instant une source d'éclairage, conclut Conan.

- Attendez tous les deux, vous voulez dire… que c'est le feu d'artifice qui a permis de voir le tatouage ?! comprit Ran. Cela aurait pu éclairer bien assez pour que le petit puisse voir quelque chose !

- En ce cas, le meurtrier se trouvait en face du côté où l'on pouvait voir le feu d'artifice, pointa Eisuke en montrant l'autre côté du pont. S'il avait été du côté où il a été tiré, le meurtrier aurait été à contre-jour et il aurait été impossible de voir son tatouage.

- Mais alors, s'il se trouvait de l'autre côté, Takumi aurait certes pu voir la tête hors du sac mais pas le tatouage, pointa Conan. Même depuis dans la file centrale, la rambarde d'en face reste tout de même assez éloignée.

- Mais j'ai dit que j'ai vu son tatouage quand l'homme est parti avec sa voiture ! protesta l'enfant.

- Donc, quand il est monté dans voiture, le tatouage sur son bras s'est trouvé tout près de toi, c'est ça ? En ce cas, tu n'aurais pas pu le voir depuis la place où tu étais assis.

- Il y a une autre possibilité, réalisa Eisuke. Peut-être que cet homme avait le bras appuyé à la portière ! Beaucoup de gens font ça !

- Alors notre homme est tatoué sur le bras droit. Car si on regarde les voitures sur les voies d'en face, on voit leur côté droit, pas le gauche, nota Kogoro. Retournons au salon de tatouage pour revoir les photos de ces trois hommes, ainsi, nous saurons qui est le meurtrier.

- Je ne crois pas, la boutique ferme plus tôt exceptionnellement à cause du concert, informa Ran.

- Ce n'est peut-être pas nécessaire, bailla Red en faisant craquer sa nuque.

- Ah bon ? s'étonna la demoiselle.

- Je vois rien, mais j'entends très bien, et je sais reconnaître le bruit que fait un téléphone quand on prend une photo avec. Hondô a pris, par accident, une photo dans la boutique. Peut-être qu'elle nous sera utile. N'est-ce pas Hondô ?

Et le pirate tourna un grand sourire presque menaçant à l'adresse du pauvre Eisuke qui ne put réprimait un frisson dans son dos. A côté, ignorant tout de ce qu'il se passait à côté, Ran fouilla son téléphone et trouva la photo en question… et elle était parfaite. Elle montrait clairement les suspects. Comme quoi, la maladresse de l'adolescent leur avait été utile pour une fois. Et dans le lot, on en avait deux qui ressortaient. Celui du centre et celui de droite. Restait à savoir lequel des deux.

- Pourquoi pas celui du milieu ? proposa Conan.

Prêcher le faux pour savoir le vrai, c'était la meilleure des techniques quand Kogoro l'Endormi ne pouvait pas être utilisé.

- Le meurtrier se trouvait dans sa voiture, n'est-ce pas ? En ce cas, c'est cet homme pris en photo avec sa voiture est suspect !

- Idiot, rabroua Kogoro. Peut-être que l'homme de droite était aussi en voiture !

- Mais le tatoueur avait dit qu'il conduisait sa voiture étrangère depuis dix ans !

- Cela prouve qu'il aime les voitures et qu'il conduit les étrangères pour le plaisir, on ne sait pas si le meurtrier montait dans sa voiture ce jour-là est bien lui…

Le détective s'arrêta alors que les connexions se faisaient dans son cerveau.

- Les voitures étrangères ont le volant à gauche, la place du conducteur est du côté opposé, donc, si c'est lui, son bras était du côté gauche, autrement dit, impossible à voir…

- Mais il a très bien pu louer une voiture rien que pour ce jour-là, afin que sa voiture ne soit pas reconnue comme celle du meurtrier, proposa le père de Takumi.

- Non, même s'il avait loué une voiture, il aurait choisi une étrangère. S'il avait conduit à droite sans y être habitué avec un cadavre enfermé dans un sac, il aurait risqué l'accident et tout aurait été révélé.

- Alors, le meurtrier… souffla la lycéenne.

- Oui, c'est l'homme de droite. Celui qui porte la casquette ! Kiritani, si je ne me trompe pas.

Jackpot.

- Vite ! encouragea Eisuke. Prévenons la police pour qu'elle l'arrête !

- Non, elle ne pourra pas le prendre maintenant. Nous avons trouvé le meurtrier par déduction, nous n'avons pas de preuves solides qui puissent le trahir. Cependant, avec des informations, la police consentira peut-être à se joindre à nous et à mener des interrogatoires. Tu leur apporteras ton témoignage, Takumi-kun. Il faudrait juste éviter de parler du marteau brillant.

- Mais je l'ai vu ! rouspéta l'enfant.

- Regardez ! appela Conan qui s'était hissé à la rambarde. Et si c'était ce bâtiment ?

Il montra l'immeuble qu'il avait remarqué plus tôt.

- Avec les lumières brillantes de chaque côté de l'ascenseur, on dirait un manche de marteau !

- On ne peut pas le prendre pour un marteau puisqu'il manque la tête !

- Ano… Ran-nee-san, ta publicité de théière, elle ne serait pas enroulée dans des lumières ? demanda Red. Parce qu'à ma connaissance, les marteaux peuvent avoir des formes différentes. Et suivant la forme du pot de ta théière, ça pourrait correspondre.

Ran afficha la théière en question sur son écran. Oui, en combinant la théière lumineuse dans la nuit avec les lumières de l'ascenseur de l'immeuble, on avait en effet un marteau renversé. Pendant un instant, cela s'était superposé, l'instant où le gamin l'avait vu.

- Mais le feu d'artifice a été tiré de ce côté, justement, pointa le père de Takumi en montrant le large du côté de l'immeuble. Si le meurtrier s'était trouvé sur le côté opposé, Takumi n'aurait pas pu voir le bâtiment en question.

- Pas depuis ce pont, en effet. Mais c'était possible depuis le Pont Central d'Haido qui passe entre les bâtiments. La preuve se trouve sûrement au fond de l'eau dans les environs. Le briquet qu'il a jeté à l'eau avec certainement ses empreintes dessus. Ou alors du sang. Pour que Takumi puisse voir son tatouage, il ne pouvait pas porter de gants.

- Il y a une chance que cet homme aille au concert ce soir ! pointa Ran.

- Peut-être bien, mais il faut trouver cette preuve avant de pouvoir l'arrêter, rappela son père.

- Dîtes… je viens de penser à une méthode pour coincer le meurtrier, on essaie ? proposa Conan avec un sourire innocent.

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Kiritani quitta le concert qui battait son plein et s'alluma une cigarette en se dirigeant vers le parking. Là, il ouvrit sa voiture et referma sa porte. Un étrange son au dehors l'alerta et il regarda par sa vitre pour voir quelque chose exploser dans le ciel. Il descendit les yeux pour voir un peu plus loin deux adolescents et un enfant jouant avec un feu d'artifice de jardin. Il allait se reconcentrer sur sa voiture pour se voir mit sous le nez une plaque de police avec l'inspecteur Megure, Chiba et Takagi de présent.

- Bonsoir, c'est la police. Voudriez-vous bien me suivre ?

- Hein ? Pourquoi ? demanda Kiritani.

- Eh bien, j'ai avec moi quelqu'un qui a vu un homme vous ressemblant jeter dans la rivière un cadavre dans un sac depuis le Pont Central d'Haido. Il vous a vu depuis sa voiture et semble vous avoir reconnu…

- Il a vu mon visage, c'est ça ?

Le ton dubitatif voulait tout dire.

- Non, il a vu votre tatouage. Ah, et je crois qu'il a entendu votre voix...

- N'importe quoi ! Ce ne sont que des absurdités ! Il ne peut pas entendre ma voix avec ce feu d'artifice !

Ses yeux s'arrondirent d'horreur en réalisant qu'il s'était trahi lui-même.

- Oh, vous dites qu'on ne peut pas entendre à cause du feu d'artifice ? Vous avez bien entendu, messieurs ?

Les deux policiers confirmèrent à leur supérieur qu'ils avaient bien entendu cet aveu.

- Seul le témoin et le meurtrier savent qu'un feu d'artifice a été tiré à ce moment-là. Vous voulez bien me suivre au commissariat pour m'expliquer pourquoi ces paroles sont sorties de votre bouche ?

- C'est vous qui avez tiré le feu d'artifice, tout à l'heure !

Kogoro arriva juste à temps pour entendre ces mots et lui répondre :

- Oui, nous avons reproduit les conditions du meurtre et nous avons fait en sorte de réunir les conditions pour vous identifier. Nous vous avons fait vous souvenir instantanément des événements afin d'entendre sortir de votre bouche le mot feu d'artifice. Alors, puisque c'était leur idée, les enfants vous ont joué un petit tour.

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Conclusion, Kiritani était passé aux aveux et avait expliqué la stupide raison de son crime : il avait eu l'impression que Roku Itagaki avait trahi son groupe en signant avec une major. Il avait voulu d'abord l'enterrer dans la montagne, mais les contrôles d'alcoolémie au bout du pont lui avaient fait peur, d'où le pourquoi il s'était décidé de se débarrasser du cadavre depuis le pont. Le briquet qu'il avait jeté fut retrouvé et il portait en effet ses empreintes. L'homme allait bientôt être déféré au parquet pour son meurtre.

Une nouvelle affaire qui se concluait, avec en bonus un mauvais jeu de mot de Kogoro.

- Cette journée a été très excitante ! sourit Eisuke qui était assis à l'avant à côté du détective. J'ai pu participer à la résolution d'une affaire de meurtre dont la victime est une célébrité !

Kogoro se contenta de ricaner.

- Il y en a plein d'autres, n'est-ce pas ? Des meurtres de célébrités, ou des soupçons qui pèsent sur des célébrités !

- Bien entendu ! Yôko Okino m'a demandé plusieurs fois de travailler pour elle !

- Ah bon ! s'exclama Eisuke avec enthousiasme. Même quelqu'un d'aussi connu !? Vous êtes vraiment un grand détective !

Mouri était en train d'avaler les compliments sans réaliser qu'il avait mordu à l'hameçon. Mais le pêcheur ne réalisait cependant pas qu'il chassait le mauvais poisson.

- Vous vous occupez d'affaires liées à des célébrités qui n'ont même pas encore été révélées au public ? demanda doucement Hondô.

- Hm ?

- Par exemple, vous êtes contacté en secret par des personnalités et vous résolvez sans problème des affaires avant qu'elles ne soient révélées par la presse… et il y en aura sûrement d'autres…

- J'ai fait ça, moi ?

- Vous pouvez en parler sans gêne ! encouragea le lycéen.

Red hocha tout doucement la tête en sentant Conan lui serrer doucement le poignet. Oui, lui aussi avait saisi la manœuvre du jeune homme.

- Pourquoi ne pas en discuter en dînant ?! continua Eisuke.

- Quoi ?! Maintenant ? Il est neuf passé du soir ! protesta Kogoro.

- Je connais un restaurant très bon et pas cher dans le coin… nous pourrions y aller.

- In vino veritas, chuchota Red si bas que seul son camarade l'entendit et pas Ran.

Conan joua son rôle d'enfant pour éviter les soucis. Il bailla longuement et se plaignit qu'il voulait dormir. Ran appuya le jeu d'acteur sans le savoir.

- Désolée Eisuke, peut-être une prochaine fois ? On dirait que Conan-kun a besoin d'aller dormir, et je ne pense pas que Agasa sera content si on tarde trop à ramener Red-kun.

- Ah ? Bon d'accord…

Les deux faux enfants en étaient certains, Eisuke cherchait à obtenir des informations sur Rena Mizunashi. Le pourquoi restait encore à savoir.

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Un petit peu de musique pour lui tenir compagnie, les chats dormant sur les coussins du canapé à côté d'elle, Rouge s'occupait de son arme. Son amie la plus fidèle ces quinze dernières années, depuis sa fuite de la fosse commune où l'Organisation avait cherché à se débarrasser d'elle. En humant, elle nettoya minutieusement l'objet. Elle ne serait jamais assez reconnaissante envers son frère aîné de lui avoir appris le maniement et l'entretien des flingues.

- Bonsoir… Je dérange ?

Rouge reposa son arme démontée pour regarder son petit balcon fermé pour voir au dehors Red assis sur la rambarde. Un sourire éclaira le visage de la femme qui alla ouvrir la porte et prit immédiatement son fils dans ses bras. Le petit brun lui rendit maladroitement l'étreinte, avant qu'ils ne se séparent.

- Je suis heureuse de ta visite ! Tu sais que tu n'as pas besoin d'attendre pour entrer, aussi longtemps que je serais ici, ce sera chez toi.

Red avait une belle rougeur sur le visage qui fit rire doucement sa mère. Il sauta du rebord sur le balcon et fit naître ses lucioles pour s'orienter dans l'appartement. Rouge le suivit dedans et referma la porte derrière elle sans la verrouiller pour autant. Hors de question qu'elle laisse penser à son garçon qu'elle l'emprisonnait chez elle, surtout quand il avait fait un passage à Impel Down.

- Tu veux un café ?

- Soit avec un maximum de sucre, soit avec du lait, s'il te plaît.

- Aaah, traumatisme du café de la Marine. Assis-toi, je vais faire chauffer tout ça.

Et Rouge disparut hors du salon. Cela ne dura pas longtemps parce qu'elle revint en trois minutes avec deux cafés au lait qu'elle posa sur la table. Avec des gestes légèrement patauds, Red prit sa tasse et la ramena sur ses chevilles puisqu'il s'était assis en tailleur sur le canapé. Les lucioles disparurent et le pirate se massa le nez.

- Un souci ? s'inquiéta sa mère.

- Quand je me connecte à une flamme, j'ai un champ de vision trop large à adapter pour mon cerveau. D'où les maux de têtes. Ça va passer.

- Tu voudras que je te raccompagne ?

- Non, ne t'embête pas, je suis habitué au chemin du retour.

Et il sirota son café.

- D'accord, sourit sa mère.

Rouge prit une gorge de son propre café avant de retourner à son arme.

- Ano… tu penses que malgré ta couverture de secrétaire, tu serais capable de reprendre ta casquette d'informatrice ? demanda le commandant sans attendre.

- Oui. Un rapport avec nos amis en noir ?

- Yup. Tu connais Mizunashi Rena?

- Ce n'était pas parce que je n'ai pas la télévision que je ne l'ai jamais vue.

Rouge but une autre gorgée de son café.

- Elle est une membre de l'Organisation. Nom de code, Kir. A l'heure actuelle, elle est à l'hôpital sous la garde du FBI, inconsciente. Le souci vient d'un lycéen inscrit au lycée Teitan. J'ai demandé à Kali de le surveiller.

- Surveillance, même si synonyme d'intérêt, ne veut pas dire enquête. Tu veux donc que je fasse l'enquête en parallèle ?

- C'est ça. Son nom est Hondô. Hondô Eisuke. D'après Kudô, il ressemble beaucoup à cette femme. Il ne sent pas la mort, mais il est suspect. Surtout qu'il essaie clairement d'avoir des informations sur Mizunashi. Kali a eu une vision qui le relier à eux. Et si on en croit sa prédiction, il se met en danger dans son enquête. J'ai déjà eu affaire à des informateurs, donc, je sais comment ça se passe dans le métier…

- Arrête.

Tchak tchak.

La femme venait de remonter son arme et de la réarmer.

- J'étais la meilleure informatrice de South Blue en mon temps. Et faire affaire avec un des Commandant du vieux Shirohige sera un plaisir.

Un sourire féroce identique apparut sur le visage de la mère et du fils.

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AN 1 : Mizunachi veut dire littéralement "Sans eau" donc, c'est le premier 0. Pour "Re", ça correspond à la première syllabe du mot "nul" en japonais, donc, le second 0. Quant à "Na", c'est la première syllabe du chiffre sept. Donc, nous avons bien 007.

AN 2 : Le tenji est le braille japonais. Ce qui est logique, parce qu'on va pas attendre d'un pays avec un alphabet autre que le latin d'utiliser le même système de braille que ceux avec l'alphabet latin. Avec Mama Zia, on en apprend des trucs !