Salut à tous et bonne année ! Et non, je ne suis pas morte et l'histoire non plus !

La traque continue, les aventures aussi ! Alors, j'espère que ce chapitre sera à votre goût pour commencer cette nouvelle année 2022 !

Merci encore d'être au rendez-vous malgré tout ce temps et je vous dis à bientôt !

Et bien entendu ! Encore très bonne année à vous tous !

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- Sérieux ? s'étonna Red, assis sur le siège des toilettes du Café Poirot.

« Tout à fait. J'ai réussi à retrouver des preuves et même des témoins. » confirma Rouge à l'autre bout du fil.

- T'as besoin qu'on efface tes traces ?

« Je n'ai peut-être pas pratiqué depuis un moment, mais je ne suis pas une débutante dans le domaine, ne m'insulte pas jeune homme ! »

- Pardon, je ne voulais pas…

Le rire de Rouge le coupa.

« Merci de t'en faire pour ta mère, mon chaton. »

- Je t'ai pas déjà demandé de ne pas m'appeler "chaton" par hasard ?

« Pas à ma connaissance. »

- Alors, je te demande très gentiment de ne pas utiliser ce surnom, s'il te plaît.

Il avait les joues rouges alors que sa mère ne répondait pas à l'autre bout du fil. Puis, elle eut un « aaaah » d'illumination et un rire qui augmenta la rougeur et l'embarras du pirate.

« "Petit chat" est acceptable ? »

- …Ouais…

« Alors nous avons un accord. Ah et autre chose, la femme est recherchée par nos amis en noir. Je l'ai découvert par hasard lors de mon dernier rendez-vous médical. »

- Je ferai passer le mot, mais je doute que l'évacuation soit une-…

- ALORS QU'EST-CE QUE TU FICHES ICI, HONDÔ EISUKE !?

Red soupira.

« Je loupe quelque chose d'intéressant ? » demanda Rouge.

- J'ai passé la nuit avec Kudô et là, à sept heures ce matin, ce gosse a débarqué pour une affaire qu'il dit intéressante. Je vais retourner à table. Merci pour tout, tu me diras la facture.

« Le montant de l'enquête, c'est un dîner avec moi, jeune homme ! Libère rapidement une de tes soirées ! Je t'aime mon ange, à bientôt ! »

Et avec un rire, Rouge raccrocha, laissant son fils rougissant à l'autre bout du fil.

- …Moi aussi maman…. finit-il par chuchoter.

Il secoua la tête, se releva du sol où il s'était assis à proximité de la cuvette et attrapa sa canne blanche après s'être lavé les mains. Le portable de retour dans ses poches, il retourna à la table à laquelle Mouri père et fille, Edogawa et Hondô profitaient d'un petit déjeuner apporté à la table par la serveuse. Conan écarta la seule chaise de libre. Le bruit alerta Red qui se dirigea vers celui-ci. Ran enveloppa le coin de la table le plus proche de la tête du garçon, avec sa main, pour qu'il ne s'y cogne pas. Sans un mot, Red s'assit donc sur la chaise et se mit à tapoter rapidement sur son téléphone qu'il avait toujours en main, écoutant d'une oreille le fait qu'Eisuke ait trouvé une affaire intéressante. Sauf qu'il n'y avait pas de client et donc aucun paiement. Pas ce que cherchait Mouri comme il le montra en frappant sur le crâne du lycéen.

- Tu te fiches de moi ! C'est pas la charité ici !

Eisuke ne pouvait que pleurer avec la bosse de la taille d'un ballon de football qu'il avait à présent au milieu du crâne.

- Écoute-le, au moins, il a fait tout ce chemin pour nous en parler, demanda Ran.

- Mais j'ai pas le temps pour ce genre de connerie…

- C'est vrai, vous êtes extrêmement occupé, oji-san ! renchérit Conan. Aujourd'hui, vous avez prévu de classer vos vidéos de Okino Yuko !

- C'est exact, merci gamin !

Red baissa son téléphone et tourna la tête vers Conan même s'il ne pouvait pas le voir.

- Qui es-tu et qu'as-tu fait de l'accroc aux affaires policières ? demanda l'aveugle.

- Très drôle… marmonna le mini-détective avec un air blasé.

- Red-kun a raison, ce n'est pas ton genre de laisser passer une opportunité d'entendre parler de nouvelles affaires, pointa Ran.

Oui, c'est vrai, Conan n'était pas de ce genre, mais toutes les affaires qu'Eisuke leur apportait en toute innocence avaient un but un peu trop précis, alors, il préférait ne pas faire plaisir à ce lycéen. Il n'était pas du genre à croire en les diseuses de bonnes aventures, mais le but de ce jeune était bien trop précis. Et dangereux. A vouloir se rapprocher de Kir, il allait se frotter à bien trop dangereux pour lui.

- Je suis navrée, Eisuke-kun, s'excusa Ran.

- Ce n'est pas un problème, rassura en souriant le jeune homme efféminé. Ce n'est pas quelque chose d'exceptionnel en soit. Je voulais vous en faire part parce que je ne pouvais pas m'empêcher de songer à la Ligue des Rouquins à cause d'elle.

Red leva un sourcil en entendant la subite inspiration de Conan. L'explication lui vint de la gentille serveuse du café qui écoutait, mine de rien, leur conversation puisqu'il n'y avait qu'eux comme clients :

- Oh ! Je connais ! C'est une célèbre affaire de Sherlock Holmes, n'est-ce pas ?! Un roux fut engagé pour s'isoler dans une pièce afin de recopier une encyclopédie pour un très gros salaire. Mais pendant ce temps, des gens creusaient un tunnel dans la cave de sa boutique pour rejoindre une banque !

Pour le coup, l'affaire semblait clairement plus intéressante.

Derrière son air innocent et maladroit, ce garçon était très ingénieux. Il avait réussi à les intéresser avec sa comparaison à Sherlock Holmes. Après une nouvelle bosse sur le crâne, il se fit un plaisir de leur raconter l'histoire :

- Je l'ai découverte hier soir sur le journal en ligne d'un profil internet…

- Tu lis le journal intime des gens, toi ? accusa Kogoro.

- C'est le but pour lequel le propriétaire les met en ligne, afin que ce soit ouvert à un public, explicita Ran.

- C'est de l'exhibitionnisme, frissonna Red.

- Red-kun ! Ne dis pas des choses pareils ! gronda la lycéenne.

- Il n'empêche que c'est vrai, tout autant que la vérité universelle qui font des détectives des fouilles merde.

Un coup sur le crâne du garçon et une main gonflée plus tard, Kogoro demanda à Eisuke de revenir au sujet :

- Alors ? C'est quoi le rapport ? Le propriétaire de cette page est roux ou quelque chose comme ça ?

- Non. La seule chose en commune avec le livre, c'est le haut salaire. En fait, à la mi-janvier, il a trouvé un petit travail très très bien payé, raconta Eisuke.

- A quel point ?

- Apparemment, l'employeur est d'une organisation qui travaille sur le projet de réduire les effets néfastes des ordures à brûler sur l'environnement. Son travail est de récupérer les ordures à brûler le jour avant qu'elles ne soient ramassées et les ressortir le prochain jour de collecte pour les échanger avec les nouvelles poubelles. Les ordures sont chargées dans un van garé dans un parking à proximité où il doit être récupéré pour qu'on le charge, avant de le remettre sur le parking. Et c'est l'après-midi de cette opération qu'il est payé avec un virement direct sur son compte. Un montant de cinquante mille yens !

- QUOI !

- Deux jours de ramassages d'ordure par semaine nous ramène donc à environ quatre-cent cinquante mille yens par mois, calcula rapidement Red. Pour se permettre d'investir une telle somme, le but réel de la manœuvre doit rapporter très gros pour compenser le salaire de la tâche.

- Il est vrai que se faire payer autant pour une tâche aussi étrange renvoie immédiatement à la Ligue des Rouquins, nota Ran en fronçant les sourcils.

- N'est-ce pas ? Sans compter que la personne a trouvé le job en ligne dans une section « on cherche de l'aide » et toutes les démarches se sont faites par mail. Trois jours plus tard, il avait les clefs du van dans sa boîte aux lettres. Il a commencé il y a deux semaines.

- Je paris qu'il y a quelqu'un de célèbre dans les environs et qu'un riche stalker s'amuse à fouiller ses ordures… grogna Kogoro.

- L'auteur du journal a vérifié, mais ce n'est pas le cas, réfuta en souriant Eisuke. Sans compter qu'étrangement, aucune recherche n'est faite sur ces ordures comme il est dit dans l'annonce.

- Ah bon ? s'étonna Ran alors que Red reprenait l'écriture de son message.

Un message tellement long qu'il devait écrire en fait un roman.

- Eh bien, cette personne était curieuse aussi, alors, après avoir chargée le van, il a pris une photo. En revenant le jour suivant du ramassage d'ordure, il a comparé la position des poubelles à son cliché, et rien n'avait bougé.

- Un truc aussi utile que de recopier une encyclopédie, donc. Doit y avoir une grosse banque dans les environs, marmonna Red d'un air désintéressé.

- Tu connais l'adresse de cette personne ? demanda Kogoro.

- Non, ce n'était pas sur le site. Cependant, on a l'adresse de collecte. Je crois que c'était dans la troisième rue du parc Toriya.

Les doigts de Red s'immobilisèrent sur son clavier avant de reprendre.

- Pourquoi on irait pas voir ?! Sans compter qu'il n'est pas encore neuf heures, donc, on pourrait rencontrer le travailleur !

Pendant que Kogoro s'intéressait à une nouvelle salle de pachinko qui avait ouvert dans les environs, Conan, lui, il avait cessé de s'exciter sur l'affaire en entendant le lieu en question. Le parc Toriya, donc ?

Son téléphone vibra dans son pantalon et il le prit pour voir qu'il s'agissait d'un message… de Rouge. Dans le titre du message, il y avait une demande de le lire loin des regards inquisiteurs. Pourquoi ? Pourquoi la mère de Red lui envoyait donc un message si important pour qu'il doive le lire en privé ?

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Sur place, il s'avéra qu'il y avait un souci dans la mission de ramasser des ordures. Ce n'était pas le bon jour. Aucun ramassage n'avait lieu le dimanche. Ici, les ordures étaient récupérées le lundi et le jeudi. En réalisant qu'ils étaient venus pour rien, Kogoro décida de les laisser rentrer seuls par train pendant qu'il allait voir les jeux de pachinko du coin. Ce qui aurait pu être fait si Iro n'était pas avec eux.

- Excusez-moi, avant-hier, entre neuf et dix heures du soir, auriez-vous vu quelqu'un de grand et suspicieux dans les environs ? demanda quelqu'un avec le nez dans son calepin.

- Eh bien, je suis navré, mais je ne vis pas dans les environs, s'excusa Kogoro en se retournant.

Avant de réaliser qui lui avait parlé.

- Inspecteur Takagi ?!

- Mouri-san ? s'étonna Takagi.

- Mais vous faîtes quoi ici !?

- On peut te demander la même chose, répliqua Megure en arrivant. Es-tu impliqué dans cette affaire aussi ?

- Quelle affaire ? se renseigna Kogoro.

- Mais tu ne regardes pas les journaux ? Il y a eu un meurtre.

Takagi sursauta en sentant quelque chose se frotter à sa jambe et baissa les yeux. Bien lui en prit parce qu'il sauva certainement la vie de Megure qui venait de sortir son arme devant l'apparition du félin tacheté qui se frottait amicalement au pantalon de l'inspecteur. Sans peur, Takagi s'accroupit et caressa la fourrure crémeuse du félin.

- Bonjour à toi aussi, Iro-chan.

- Iro-chan ? répéta Megure avec des yeux exorbités.

- C'est mon bébé, répondit Red. Et elle aime bien Takagi-keigi.

- C'est… c'est…

- Une panthère de l'amour. Il a une autorisation préfectorale, et je passe régulièrement pour m'assurer qu'elle ne pose aucun problème. Elle est sous ma responsabilité, expliqua Takagi en se relevant. C'est un gros chat, elle est très douce, juste un brin protectrice, pas d'inquiétude, Megure-keibu.

- Sinon, cette affaire ? demanda Conan en se rapprochant avec Red de l'animal.

Megure regarda l'animal qui ronronnait contre Red, puis Takagi. Le jeune policier montra le reste de la bande qui ignorait royalement le félin. En soit, c'était une preuve qu'il n'y avait pas à s'en faire.

- C'est un chien d'aveugle un peu particulier, pas de quoi s'en faire, rassura Conan.

- …D'accord ?

Megure se racla la gorge et amena le groupe devant une maison. Sur le trottoir devant, des voitures de polices étaient garées.

- La victime est la femme du propriétaire de cette maison. Lui, c'est Funemoto Tatsuhito. Elle, Funemoto Kaneyo. Elle avait trente-neuf ans.

Une photo fut montrée à Kogoro pour lui montrer une femme assez riche sur ses genoux, la tête contre un mur, du sang sur le visage et un trou dans le front.

- Hier, vers midi, l'employée de maison est allée la voir parce qu'elle ne s'était pas encore réveillée. La pauvre servante a trouvé sa patronne appuyée à la rambarde du balcon de sa chambre. On lui avait tiré dans la tête par derrière. En se basant sur l'angle d'entrée, le tireur devait faire au moins un bon mètre quatre-vingt. Et en estimant le moment de la mort, elle avait été assassinée la veille entre neuf heures et dix heures, juste en revenant d'une fête chez ses amis, expliqua Takagi.

- Le mobile était certainement un collier de perles et un bracelet assorti qu'elle avait à la fête, informa Megure.

- Le coupable devait être un pro.

- Oh non, réfuta Red.

Tout le monde regarda le gosse qui mordillait pensivement une branche de ses lunettes de soleil.

- Si ça avait été un pro, il aurait pas simulé un vol en prenant juste les bijoux qu'elle portait. Même en partant d'un cambriolage qui tourne mal, c'est pas crédible. Si c'est la première fois que le gars liquide quelqu'un, il aurait pas pris les bijoux. A l'inverse, si c'est une victime de plus, il a eu le temps de s'endurcir assez pour ne pas paniquer et se barrer sans laisser un butin potentiel derrière.

- Hmmm… considérèrent les adultes avec une mine pensive.

Puis ils percutèrent.

- Pourquoi on écoute un gosse ? demanda Kogoro.

- Pourquoi est-ce qu'on partage ces informations avec quelqu'un qui n'a rien à voir avec l'affaire ! s'exclama Megure.

- La force de l'habitude… proposa Takagi avec un maigre sourire.

- En attendant, toi, tu t'occupes de tes oignons, c'est pas pour les enfants ces affaires ! rouspéta Megure en attrapant Red par le col.

Et il regarda le garçon étrangement.

- T'es vachement lourd, gamin !

- Reposez-le, il vaut mieux, recommanda Conan.

Megure allait demander pourquoi quand il perçut un grincement menaçant et nota que la panthère le fixait d'un air mauvais. Lentement, le policier reposa le petit brun au sol qui arrangea sa chemise d'un geste machinal avant d'aller calmer son bébé à quatre pattes. C'est là qu'une femme les interpella, reconnaissant Kogoro avec sa réputation incroyable de grand détective. Et ce qu'elle dit eut le malheur de vexer royalement la police et faire plaisir à Kogoro.

- Je vous en conjure ! Aidez-nous à trouver qui a tué Funemoto-san ! Je n'ai aucune confiance en ces policiers.

- Mais bien entendu ! assura le détective.

Un homme apparut sur le seuil de la porte ouverte de la maison, mais n'en sortit pas. L'individu, en fauteuil roulant, demanda ce qu'était tout ce raffut alors que le soir-même avait lieu la veillée de la défunte.

- Monsieur, voici le fameux détective Mouri Kogoro ! présenta la femme qui s'était adressée à Kogoro.

- Ah, je vois. Et pourquoi êtes-vous ici ?

- Eh bien, le hasard a voulu que je passe dans le coin… commença Kogoro en se grattant la joue.

Avant qu'il ne puisse dire plus, un gamin prit la parole :

- Je sais qui est coupable !

Tout le monde se tourna vers l'enfant, un petit garçon de huit ans, vêtu tout de noir pour les funérailles.

- La personne qui a tué ma maman était une femme étrangère toute de noire vêtue et avec un œil ! Ce ne peut être qu'elle !

- Touji, ça suffit, gronda son père depuis son fauteuil roulant.

Une femme étrangère tout en noir avec seulement un œil… c'était trop spécifique pour que cela n'alerte pas Conan. Mais quel aurait été l'intérêt…

- Oi.

Conan se tourna vers Red qui venait de se glisser à côté de lui.

- C'est le garçon que j'ai sauvé.

Oui, maintenant, Conan s'en rappelait. Lorsque la voiture de James et Jodie avait réussi à se mettre au niveau de la moto de Kir, Ace s'était glissé discrètement par la fenêtre pour monter derrière elle. Mais il avait perçu l'enfant qu'ils étaient sur le point de percuter et avait jailli pour le faucher dans ses bras et le mettre à l'abri. Il était un témoin de l'accident très important. Voilà pourquoi Vermouth pouvait avoir de l'intérêt pour lui, puisque c'était la seule solution pour qu'il l'ait vue.

- Oi, appela Eisuke en se rapprochant de l'enfant avec un étrange sérieux qui lui faisait ouvrir très grand ses yeux. Qui est cette étrange femme étrangère dont tu parles ? Pourquoi, outre son œil en moins, tu dis qu'elle est suspecte ?

- Eh bien, elle n'arrêtait pas de me poser des questions… « est-ce que tu as vraiment vu l'accident ? » ou « As-tu vu le visage de la personne qui a été accidenté ? », ou bien « tu as dit qu'un drôle de garçon t'a sauvé de l'accident ? » et même « tu en as parlé à ton papa et à ta maman ? »… Plein de questions comme ça…

Red essaya de ne pas être vexé. Drôle de garçon ? Il allait lui en faire bouffer du « drôle de garçon » à cette garce de Vermouth.

- Et donc ? se renseigna Eisuke en se penchant vers l'enfant. Qu'est-ce que tu lui as dit ?

- Quand je lui ai dit que j'ai tout raconté à ma maman, elle s'est mise à sourire, donc, elle ne peut être que la coupable !

- Touji ! Je t'ai dit que ça suffit ! rappela à l'ordre le père de l'enfant.

- De quel accident tu parles, gamin ? demanda Kogoro en s'accroupissant au niveau de l'enfant.

- En perdant un ballon, j'ai failli me faire renverser par une moto, et y'a un onii-san avec un beau chapeau orange qui m'a sauvé ! Et juste en suivant, la conductrice de la moto est tombée. Son casque s'est retiré et j'ai vu le visage d'une femme de la télévision…

Conan intervint immédiatement pour embrayer sur un sujet plus innocent et donc, qu'on n'écoute plus l'enfant. Mais le mal était déjà fait, Red le savait. Il eut un maigre espoir quand Megure, suite à une remarque de Kogoro, leur dit qu'il n'y avait aucune trace d'accident, ni de témoin d'un tel évènement. Sans compter que si ce que le garçon disait était vrai et que c'était pour cette raison qu'on avait tué la femme, le gosse aurait dû y passer en priorité.

- Alors, je vais vous apprendre quelque chose de révolutionnaire, mais il arrive que des criminels est un semblant de sens de l'honneur. Ou juste pas les tripes pour trucider un gosse, intervint Red.

- Même, lui dit Kogoro. La victime partait faire son jogging quatre fois par semaine et en profiter pour sortir la poubelle. Donne-moi une seule raison pour laquelle on aurait préféré prendre le risque de s'introduire chez elle plutôt que la tuer pendant qu'elle est dehors ?

- Pour faire pression.

- Pardon ? demanda Takagi comme s'il avait mal entendu.

Conan sentit la panique le saisir à la gorge. Red avait totalement zappé qu'il était un enfant à cet instant et non plus un pirate adulte :

- En partant du postulat que la femme n'est pas la cible prioritaire, mais qu'elle est proche de celle-ci, en l'assassinant chez elle, on envoie un message clair disant qu'on est prêt à tout, qu'on a peur de rien et que rien ne peut nous arrêter. Si on veut quelqu'un, on l'aurahmmmmmm !

La voix de Red mourut quand Conan le ballonna avec ses mains avec un grand sourire nerveux.

- Il lit trop de séries noires !

Les adultes regardèrent les enfants avec perplexité avant de se détourner en soupirant quand Conan poussa un cri de surprise en reculant précipitamment de Red. Avec un air de dégoût, il regarda la trace baveuse dans sa paume de main et l'essuya dans un mouchoir. Le pirate lui tira une langue bien rose, imité par Iro.

Toucher deux mots à Red pour son comportement plus tard. D'abord, résoudre cette affaire qu'ils s'en aillent rapidement et qu'il ne pose pas plus de questions sur cet accident.

- Et si nous allions voir sa chambre ? On aura peut-être des indices pour que Oji-san puisse résoudre cette affaire !

- Oui, pourquoi pas mais ne touchez à rien, c'est la scène de crime.

- Promis ! Allez, viens toi aussi, Eisuke-niichan !

Et Conan poussa le lycéen à la suite de Kogoro sous l'air perplexe de Ran. Le fils de la défunte allait les suivre mais la canne d'aveugle de Red lui coupa la route.

- J'ai deux mots à te toucher.

Dans le hall, le veuf regarda le policier monter l'escalier avec le groupe et la gouvernante et demanda si cela posait problème à ce qu'il reste en bas, chose que lui accorda Megure.

- Il est en fauteuil depuis longtemps ? demanda Kogoro.

- Non, cela fait environ un mois, répondit la gouvernante. Il est parti à la pêche avec des amis du travail et il a eu le malheur de glisser sur un rocher. Il s'est cassé la jambe. Le docteur a dit qu'il pourrait retirer le plâtre d'ici deux semaines.

- Donc, sa chambre est au rez-de-chaussée ?

- Non, elle est à l'étage aussi, juste à côté de celle de madame. Quand il a besoin de monter, il s'appuie sur moi jusqu'en haut, et après, je redescends pour plier le fauteuil.

- Ce doit être difficile pour vous…

- Le fait qu'il soit petit rend la tâche moins difficile.

Ils arrivèrent en haut et la femme leur ouvrit la porte de la chambre. Tout était propre, bien rangé, avec une double porte vitrée menant au balcon. Megure y alla directement, puisque c'est là que le corps avait été trouvé. Sur la rambarde, on trouva un grapin et une corde encore rattachée. Comment avait-il fait pour entrer dans la pièce s'expliquait par le trou dans le carreau du bas à côté du loquet. Et vu que le balcon donnait sur le canal, personne pour être témoin de l'intrusion.

- C'est bizarre, non ?

Les adultes se retournèrent pour voir Conan se tenir en souriant innocemment derrière eux. Parce que oui, il a cassé la vitre pour le verrou d'en bas, mais il y a aussi un verrou en haut et regardez ! Le carreau est intact.

Ran, qui arrivait avec Red, laissa l'aveugle pour attraper Conan sous les bras.

- Vas-tu arrêter de te faufiler partout ?

- On l'avait remarqué, nous aussi, assura Megure.

- Madame Funemoto aimait les étoiles, expliqua la gouvernante. Il n'était pas rare de la voir observer le ciel durant la nuit. Il est possible qu'elle ait oublié de le fermer.

- Elle s'est faite descendre il y a deux nuits de cela, entre neuf heures et dix heures du soir, c'est bien ça ? se fit confirmer Kogoro. Elle revenait d'une fête chez des amis, non ?

- Oui, confirma la gouvernante. Et en revenant, elle est montée directement dans sa chambre en disant qu'elle allait se coucher.

- Ce qui veut dire que le coupable devait déjà s'être faufilé dans la pièce et se cachait. Quand la femme est sortie sur son balcon, il a tiré de derrière, avant de lui prendre son collier de perles et son bracelet pour ensuite prendre la fuite. Un pro.

Le seul fait que Red fasse une crise de narcolepsie évita à Kogoro le sarcasme aussi dangereux que du vitriol que possédait le pirate miniature. Heureusement, Takagi était là.

- Un pro, peut-être mais maladroit aussi. Il n'y a pas que le grapin et sa corde qu'il a laissé derrière, mais on a retrouvé son arme avec un silencieux dans le jardin juste sous le balcon.

- Je présume que les professionnels peuvent eux aussi faire des erreurs.

Conan allait parler quand il nota le mouvement de Iro. La panthère avait reniflé son père inconscient, regarder autour, avant de poser ses pattes avant sur la coiffeuse dans un coin de la chambre. Sa queue s'agita et elle feula doucement pour attirer l'attention sans faire peur à tout le monde. Et ce fut réussi parce que Takagi vint voir ce qu'il se passait pour ramasser entre ses doigts gantés un bijou. Une boucle d'oreille faite d'une perle et de petits diamants.

- S'il était là pour les bijoux, il aurait dû remarquer celle-ci, surtout si elle a l'air aussi cher, commenta l'inspecteur.

Kogoro se contenta de hausser les épaules.

- Elle devait les porter durant la fête et les a retirés en rentrant, donc, le coupable ne les a pas remarqués.

- Elle les portait bel et bien à la fête, confirma la gouvernante.

Takagi fit tourner le bijou entre ses doigts d'un air pensif avant de se tourner vers son supérieur.

- Elle portait encore la seconde, non ?

- Oui, sur son oreille droite, répondit Megure en consultant ses notes. C'est le côté qui était appuyé contre le mur du balcon, d'où pourquoi le voleur n'a peut-être rien vu.

- Ce qui veut dire que la dame était très pressée ! conclut innocemment Conan.

- Quoi ? demanda Kogoro en fronçant les sourcils.

- Généralement, les gens ne sortent pas avec juste une seule boucle d'oreille, n'est-ce pas ? Sauf si quelqu'un l'avait appelé sur le balcon pendant qu'elle les retirait. Ce serait logique, non ?

Cela fit un déclic dans l'esprit des enquêteurs et pour le coup, Kogoro se tourna vers la gouvernante pour savoir ce qu'elle faisait à l'heure de la mort de la victime. La femme leur répondit qu'elle était dans le salon avec deux de ses amies. Apparemment, s'il n'y avait pas eu cet incident, une fête aurait eu lieu dans la soirée d'aujourd'hui. Et c'était cette fête, ou plutôt, son menu, que la gouvernante devrait présenter ce soir-là. Une discussion de neuf à onze heure du soir. Tout le monde avait vu la dame Funemoto quand elle était revenue de sa fête et qu'elle s'était rendue dans sa chambre. Le gamin, quant à lui, dormait déjà, parce qu'il avait couru tout l'après-midi à faire le fou, au point qu'après le départ de ses amies, la gouvernante avait fait du ménage jusqu'à minuit, heure à laquelle elle partit se coucher. Le mari était déjà au lit, dans la chambre à côté de celle de son épouse.

- Takagi-keiji ! appela Red sur le balcon avec un sourire suspect.

Ce sourire rendit Takagi très méfiant. Avec précaution, il rejoignit le petit pirate sur le balcon, restant proche de son entrée pour se réfugier dans la chambre au cas où le petit démon aurait une idée dangereuse.

- Que veux-tu ?

Le gamin pointa le ciel du doigt.

- Il y a quelque chose dans le ciel.

Takagi leva la tête au ciel, chercha un instant, avant de revenir vers le gamin.

- Il n'y a rien là-haut, Red-kun.

- Oh ? Vraiment ? Même pas d'étoiles ?

Takagi aurait voulu lui faire une remarque quand il constata l'expression de Red. Cette même aura et expression sérieuse qui le ramenait toujours à cette nuit dans le bâtiment en flammes où il lui avait sauvé la vie. Cette scène, tout ceci… ce n'était pas anodin.

- Quel âge as-tu vraiment, Red-kun ? souffla Takagi.

- Vous voulez vraiment la réponse alors qu'elle pourrait vous tuer, vous et tous ceux à qui vous auriez pu en parler ? Iro, chaton.

En ronronnant, Iro vint rejoindre son père d'adoption pour l'escorter à nouveau dans la chambre.

- Donnez-moi votre réponse plus tard.

Et le pirate retourna dans la pièce, pendant que Kogoro et Megure passaient au crible certaines idées. Jusqu'à ce que Eisuke n'intervienne pour parler des poubelles… ce qui laissa Megure perplexe, jusqu'à ce que Kogoro résume l'affaire :

- Le gamin est tombé sur une affaire de groupe de recherche sur les effets des ordures inflammables sur l'environnement ou un truc du genre. Un jeune a été embauché pour récupérer les ordures dans les environs… pour un très beau salaire.

Takagi le rejoignit en regardant Iro foncer hors de la pièce en dévalant les escaliers. Il s'en détourna quand Kogoro reprit son résumé :

- Tout ce que cette personne fait, c'est récupérer les ordures les lundi et jeudi, les mettre dans un van bien spécifique dans le parking. Le jour suivant du ramassage des ordures, il fait l'échange des ordures et il encaisse cinquante mille yens à chaque fois.

- c'est suspect, confirma Megure.

- Cela fait deux semaines que ça dure, mais aucune preuve qu'une quelconque organisation examine les ordures.

- Je vois. Donc, tu penses que l'époux aurait tué sa femme, avant de prendre le collier et le bracelet pour simuler un vol, pour ensuite embaucher quelqu'un de les récupérer en les faisant sortir par les ordures.

- Vous vous moquez de moi ! s'indigna la gouvernante.

- Ce n'est qu'une idée ! sourit d'un air embarrassé Kogoro.

- Et c'est impossible aussi, renchérit Megure. On a déjà fouillé toutes les ordures qui auraient dû être sortie et on n'a rien.

- Oi, Edogawa. Avance la monnaie, j'ai résolu l'affaire avant toi, sourit narquoisement Red.

- Vraiment ? s'étonna Conan. Et qu'est-ce qui te fait dire que c'est la bonne solution ?

- Nous étions quelle date, il y a deux jours ?

- Le trois février.

- Et de quelle couleur sont les perles ?

- …blanche. D'accord. Au passage, as-tu une idée de pourquoi ta mère a éprouvé le besoin de m'envoyer un mail ?

Le pirate haussa des épaules.

- J'en sais rien. Ou plutôt, j'ai une vague idée, mais on est pas dans la bonne compagnie pour que tu le lises si c'est ce que je pense.

- Hmhm. Et tu comptes faire comment pour résoudre l'affaire ? Kogoro ?

- Nop. Takagi. Admire l'artiste.

Iro revint à cet instant et passa derrière le pirate miniature pour prendre Takagi par le pan du pantalon et le tirer.

- Tu veux que je te suive ? demanda Takagi à l'animal intelligent.

Iro lâcha et alla se tenir dans l'entrée de la pièce. Takagi la rejoignit et allait la suivre dans l'escalier avant de se tourner vers les enfants.

- Red-kun, je serais plus rassuré si tu restais à proximité d'elle.

- Tu t'es fait mettre à jour, pointa Conan.

- C'était le but. On doit discuter en privé, lui et moi. Peur qu'elle vous dévore, inspecteur ? déconna le pirate en le rejoignant en s'aidant de sa canne puisque la panthère n'était pas à proximité de lui pour le guider.

Il arriva au niveau de Takagi et Iro galopa pour les rejoindre.

- A droite, tu as la rambarde de l'escalier avec des barreaux. A gauche, un mur, informa l'inspecteur.

L'aveugle siffla tout bas en tournant la tête vers la gauche, cherchant le mur avec sa canne. Une fois trouvée, il s'appuya à celui-ci pour descendre doucement les marches, Iro descendant marche après marche avec lui. Takagi descendit à son tour, lentement pour ne pas pousser l'aveugle par accident dans l'escalier. Le père et le fils n'étaient pas dans le hall mais dans le salon à côté. Une fois le policier et le pirate dans le hall, Iro fila vers le tapis et se tourna vers l'inspecteur, sa queue s'agitant nerveusement. Le policier se dirigea vers elle mais elle avança une patte avec un grognement en retroussant les babines, le faisant s'arrêter avec une certaine inquiétude. Immédiatement, la panthère arrêta.

- Elle ne cherchait pas à faire peur, juste dire qu'il fallait s'arrêter, traduisit Red.

- J'ai compris le message, je pense.

Iro baissa son museau dans le tapis à poil long et poussa quelque chose jusqu'au bord du tapis.

- Un grain de haricot ? s'étonna Takagi.

Il se baissa et le ramassa entre ses doigts gantés. Ce n'était pas un haricot, c'était une perle nacrée blanche. Mais dans le tapis, cela avait ressemblé à une graine de haricot.

- Le jour du meurtre, nous étions le trois février, non ? demanda Red. Et on sait que le gamin a couru partout dans la maison toute journée.

Takagi regarda l'aveugle, puis à nouveau la perle, avant que la connexion ne se fasse. Il s'assura que le veuf soit toujours avec son fils dans le salon et alla dans la cuisine, suivi par Red. Le policier referma la porte derrière eux et le D. s'assit contre avec son familier.

- Alors ? Prêt à prendre le risque ? Quand je dis que cela mettra en danger tous vos proches, je suis sérieux, attaqua Red.

Fini la persona du gamin, le commandant pirate était dehors.

- Tu confirmes au moins ne pas avoir dix ans, pointa Takagi.

- Mes yeux ne sont pas un avertissement suffisant de là où vous mettez votre nez ?

La main de Takagi s'arrêta à deux doigts de l'aspirateur qu'il avait trouvé dans un placard et se retourna vers le petit brun.

- Le gosse n'a pas imaginé la visite de la femme, dit sombrement le pirate. Heureusement pour lui, cette garce n'avait aucun intérêt pour lui, elle voulait juste des infos. Mes yeux ont eu moins de chance. Ce n'est qu'une infime partie de ce qu'elle peut faire. Vous croyez qu'elle et ses potes réagiront comment s'ils me retrouvent ? Ou s'ils sentent que vous êtes sur leur trace. Vous préférez ne rien savoir ou savoir avec les mains liées car il y aurait risque de lâcher l'enfer ? Toute personne que nous aurons croisée, même un instant, ne serait-ce que pour demander l'heure, finira sa vie dès qu'ils sauront où me trouver et qu'on ait sur leur piste. C'est au-delà des compétences de la police.

Red se leva et se rapprocha de Takagi.

- Réfléchis. Choisis ton poison.

- Si je ne le fais pas, qui se dressera contre elle…eux ?

- Oh, mais ils ont des ennemis. Le FBI par exemple.

- Ah. Et tout ça pour un âge ?

- Tout ça pour un âge, confirma le pirate. Je n'ai pas perdu mes yeux pour rien. Finissez cette affaire et donnez-moi la réponse par message.

Takagi revint à l'aspirateur qu'il ouvrit pour regarder dans le sac.

- Tu peux… tu peux prendre le petit Touji à part, je te prie. Il vient de perdre sa mère, je doute qu'il prenne bien que c'est son père le coupable ?

- Bien entendu.

Red tourna les talons alors qu'Iro ouvrait la porte avant de venir guider son père adoptif hors de la cuisine. Elle revint juste un instant pour tapoter le placard sous l'évier avant de repartir.

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Pour une fois, l'attraction phare qu'était la résolution d'affaire par Nemuri no Kogoro. Les lauriers revinrent à Takagi qui se sentait pour le coup comme un tricheur parce qu'il avait conscience qu'en fait, c'était Red derrière tout ça.

La victime était addicte aux fêtes. Au point de contracter des dettes. C'est avec son accident que son époux s'était rendu compte du souci. En la confrontant au sujet de cela, la nana s'était prise pour une star avec un souteneur devant la faire briller. Pas comme une épouse ou une mère. Après tout, elle avait dit qu'elle ne verrait aucun souci à divorcer, en sous-entendant qu'elle avait certainement un amant si ce n'est plusieurs. Elle voulait juste ne pas devoir à élever leur enfant. Cela l'agaçait, l'ennuyait. Et après tout, une star comme elle ne pouvait se permettre d'être enchaînée par un enfant. Ce discours n'était pas digne d'une mère et c'est ça qui avait enragé leur coupable. Alors, il avait profité de la fête de Setsubun pour mettre en scène son crime. Il avait passé la journée à jouer les démons pour le plus grand amusement de son fils qui, avait poursuivi son père en lui jetant les traditionnelles graines de haricots pour bannir les mauvais esprits de la maison. Cela avait duré assez tard pour que la gouvernante ne puisse faire le nettoyage qu'après l'heure du crime, bien après le retour de l'épouse. Là, prétextant de devoir lui parler, Mr Funemoto s'était rendu dans la chambre de sa femme qui commençait tout juste à retirer ses bijoux. Il s'était mis devant le balcon, attirant facilement son épouse en prétextant avoir vue une étoile filante. Donc, madame était sortie et avait penché la tête vers le ciel. Le coup de feu était parti d'en bas. Avec l'angle de la tête, il était simple de penser qu'elle avait été attaquée par quelqu'un de grand alors que ce n'était pas le cas. Il avait suffi ensuite de défaire le collier et le bracelet pour jeter les perles sur le tapis avec les autres haricots. Impossible de faire la différence et encore moins pour un aspirateur. C'est là que l'affaire d'Eisuke entrait en jeu. Funemoto-san était derrière ça aussi. Avec l'enterrement, cela repousserait la sortie des ordures contenues dans l'aspirateur. Une méthode comme une autre pour faire croire à un crime crapuleux. Et si en plus, il y avait cette collecte des déchets, pour la soi-disant étude, cela permettrait le retrait du plâtre qui le clouait en fauteuil roulant juste à temps pour récupérer les bons sacs poubelles du van, reprendre les perles et en faire ce qu'il voulait, très certainement les revendre pour rembourser les dettes contractées par son épouse.

On retrouva dans le placard sous l'évier on avait trouvé des gants de vaisselle des traces de poudre avec l'ADN de la gouvernante (logique pour l'ADN, pas pour la poudre) et du mari (moins dans les deux cas). Et preuve qui les avait portés le soir du crime, ce jour-là, ils avaient eu des oignons dans leur dîner. Et un bout était resté sur les gants de vaisselle. Petit bout que Conan trouva par hasard sur une roue du fauteuil.

Mais à côté de cette enquête, il y avait autre chose. Hondou Eisuke. Il avait réussi à prendre à part Touji pour en savoir plus sur l'accident et pour le coup, il était parti avec hâte sans attendre personne.

C'est ainsi que s'acheva cette affaire avec Megure qui félicita chaleureusement son subordonné qui accepta cela avec un sourire crispé en disant qu'il avait eu l'assistance d'une panthère très intelligente.

Oui, Iro était intelligente pour un félin, mais derrière, c'était Red, et le policier en avait conscience.

Tout le monde rentra chez soi quand on procéda à l'arrestation du veuf, bouclant une nouvelle affaire. Et comme Red s'y était attendu, Takagi mordit la pomme empoisonnée.

Et Red se fit un plaisir d'y répondre.

Au lieu de le ramener chez Agasa, il lui demanda de s'arrêter chez Kali. Il devait tester l'antidote de son amie après tout.

Ce n'est pas pour autant que le policier eut le droit de rentrer chez la zoan. C'est elle qui descendit, enroulée dans un châle gris et blanc, avec une photo en main qu'elle donna à son capitaine.

- On a menti. Forcément, quand on protège ses arrières, on dit souvent des mensonges, même si pour beaucoup, on a juste tordu des faits. Je vais donc faire sauter l'un d'eux, puisque tu veux tant savoir, dit calmement Red.

Et il donna la photo à l'inspecteur qui la retourna.

Un groupe de personnes entre dix-sept et quarante ans, assis autour d'une table dans une pièce en bois. Presque toutes étaient armés. Allant de vieux pistolets, à des sabres ou des poignards. Les plus jeunes étaient de toute évidence Kali, juste à la gauche du jeune en bout de table. Et il était clairement le portrait craché de Red. La cicatrice sur les yeux et la brûlure sur le visage en moins. Le groupe était en train prendre un café autour d'un journal devant le portrait adolescent de Red. Celui-ci était torse nue, les bras croisés sur la table, dévoilant un tatouage sur un de ses biceps épelant ACE, mais avec un S barré en seconde lettre. Outre la ressemblance avec Red, l'inspecteur avait un étrange sentiment de familiarité avec cet individu, comme s'il l'avait déjà vu quelque part.

- Je n'ai aucun parent qui se nomme Ace, dit simplement Red en détachant le bandage autour de son bras tatoué.

Il passa ensuite sa main dans son col pour attraper l'autre bout du bandage pour le défaire.

- Il serait même plus correct de dire qu'Ace n'a aucun parent du nom de Red, à ma connaissance. Donc, oui, je porte un faux nom. Surprenant ? J'en doute.

Le pirate tira sur le bandage, le faisant glisser de sa manche par le haut de son sweat jusqu'à ce qu'il soit totalement dans sa main. Takagi avait toute son attention sur le D. miniature à présent. Kali récupéra les bandages, permettant au petit brun de saisir sa manche.

Et il la remonta, dévoilant sur son bras exactement le même tatouage que le sujet de la photo, mais prenant la totalité du membre.

- Portgas D. Ace, c'est moi.