Chapitre 7 : Le Conseil

Après le repas, ils se rendirent tous dans la salle de la Table brisée pour tenir conseil. Arthur se plaça au bout de la petite table que Caspian et ses alliés avaient utilisée jusque-là. Le jeune prince s'installa à sa droite, et Morgana à côté de lui, tandis que Gwen et Merlin se tenaient à la gauche d'Arthur. Il y avait également le Docteur Cornelius, Glenstorm, qui représentait trois familles de centaures, Trumpkin, Nikabrik et Chasseur-de-truffes, bien sûr, Reepitcheep, le capitaine du régiment de souris, et un vieux corbeau qui récoltait toutes les informations des oiseaux espions.

Ici, Arthur se sentait enfin à sa place. Un roi devant ses conseillers et ses généraux. Il connaissait la guerre, il en avait vécu plusieurs, il avait toujours réussi à mener son peuple à la victoire. Tout le monde, apparemment, attendait qu'il ouvre le conseil.

« Habitants d'Albion, dit-il, nous n'avons pas été à vos côtés quand les Telmarins vous ont envahis, quand ils vous ont exilés au plus profond des forêts et nié jusqu'à votre existence. Nous n'étions pas là, et je le regrette, mais aujourd'hui, nous sommes revenus, et nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour vous rendre vos droits et votre liberté. Je vous en fais la promesse. »

L'assemblée signifiait son assentiment par des murmures et des hochements de tête, pour ne pas interrompre son discours.

Arthur était heureux d'avoir enfin trouvé la raison de leur retour. Tant qu'il n'avait pas d'objectif, il s'était senti imposteur et inutile, mais maintenant qu'il savait ce qu'il avait à faire, il était prêt à redevenir le Grand Roi qu'il avait été.

« Mais avant de commencer ce conseil de guerre, continua-t-il, je souhaiterais rendre hommage à celui qui nous a appelés. Le Prince Caspian est un Telmarin, mais il a aussi été la victime des intrigues de l'usurpateur Miraz. Vous lui avez donné refuge, et en échange, il vous a rassemblés, il vous a redonné l'espoir que vous aviez perdu depuis des générations, et pour cela, je lui en serai éternellement reconnaissant. »

Caspian baissa la tête. Arthur n'en revenait pas que le garçon garde autant d'humilité.

« Par son courage et la pureté de son cœur, je le reconnais comme mon frère, au même titre que Morgana, Guinevere et Merlin. Prince Caspian, je vous prie, avancez-vous. »

Le jeune homme obéit, et s'agenouilla devant Arthur. Le Grand Roi sortit alors son épée, et devant la Table brisée, il le fit chevalier de l'ordre du Lion. Caspian se releva sous les applaudissements de tous, et fixa un instant Arthur.

« Vous n'avez pas idée de ce que cela signifie pour moi. » dit-il d'une voix étranglée.

Arthur lui sourit.

« Vous ne méritez pas moins. » lui dit-il.

Le conseil pouvait enfin commencer. On fit d'abord un état des lieux. Le corbeau parla en premier, et les nouvelles n'étaient pas bonnes. Miraz avait changé sa version des événements. Les quelques éclaireurs qu'il avait récemment envoyés, sans doute pour s'assurer de la mort de son neveu, avaient rapporté que les Albians commençaient à se rassembler. L'usurpateur avait alors modifié son discours : Caspian n'avait pas été enlevé, il s'était allié aux Albians pour renverser le royaume des Telmarins.

« Cela n'a aucun sens, s'écria Merlin. Caspian est l'héritier légitime. Il ne se serait jamais enfui si son oncle n'avait pas tenté de le tuer ! »

Le Docteur Cornelius prit alors la parole.

« Tous les Seigneurs, dit-il, enfin, tous ceux qui sont encore à la cour, doivent se douter des plans de Miraz. Il y travaille depuis longtemps. Il a renvoyé tous les conseillers et les généraux qui étaient fidèles au précédent roi et à son héritier. Certaines rumeurs disent même que c'est lui qui a tué son propre frère pour prendre sa place. »

Une telle perfidie jeta le silence sur l'assemblée.

En tout cas, l'usurpateur n'avait eu aucun mal à convaincre les seigneurs. La peur de créatures mystérieuses et fantomatiques, prenant les armes pour se venger d'un millénaire de mauvais traitements, avait sûrement aidé à les persuader. Ils levaient une armée de deux mille hommes.

« C'est sans doute pour cela, dit Morgana, qu'il fait construire un pont au gué de Béruna. Il sera alors bien plus facile de faire venir ses hommes jusqu'ici. Nous avons vu le chantier hier. »

Eux-mêmes achevaient leurs préparatifs. Les forgerons auraient bientôt fini d'armer chaque personne au Mausolée. Ils avaient deux cents créatures prêtes à se battre à l'épée, centaures, faunes, nains, fauves et autres animaux confondus, sans oublier l'escouade de souris, et un peu moins de cent archers, plus une petite vingtaine de griffons et autres créatures volantes. Face à l'armée de Miraz, leurs chances étaient bien minces. Mais Arthur avait un plan.

« Nous ne devrions pas attendre qu'ils viennent nous cueillir ici, expliqua-t-il. Nous sommes moins nombreux, mais plus mobiles, et les Telmarins n'ont jamais connu d'armée comme la nôtre. Nous pouvons les devancer. Nous pourrions partir pour Béruna immédiatement, et prendre la ville. Faire Miraz prisonnier, et la guerre serait finie avant même d'avoir commencé. »

Son plan ne trouva pas l'assentiment qu'il attendait. Aux regards que se lançaient les autres, ils le trouvaient trop risqué.

« C'est un pari, je le concède, dit Arthur pour les rassurer. Mais l'armée de Miraz campe à l'extérieur des murs, et, avec un bon plan d'attaque, nous pourrions prendre la ville en une nuit. »

Ce fut Morgana qui prit la parole contre lui. Il aurait dû s'en douter, elle était en colère depuis des semaines et lui en voulait sans qu'il parvienne à comprendre pourquoi. Mais même s'il n'était pas surpris, il était déçu. Il aurait espéré que leur retour à Albion l'aurait rendue plus raisonnable, comme elle l'était du temps de leur règne.

« Arthur, lui dit-elle, c'est une très mauvaise idée. »

Il se tourna vers elle.

« Je te demande pardon ? »

« Béruna est une forteresse, poursuivit la jeune fille. Même avec un plan brillant, la moindre petite erreur nous mènerait tout droit à la catastrophe. Miraz n'arrivera pas avant plusieurs jours. C'est amplement suffisant pour fortifier cette place-ci, nous avons des vivres, des archers, ils ne pourront pas approcher. »

« Tu veux leur laisser l'occasion de nous assiéger ? » demanda Arthur. Il trouvait cette idée ridicule et commençait à se demander si elle ne cherchait pas simplement à le contredire.

« Caspian a organisé nos forces ici pour que nous puissions faire face à un siège. »

« Mais nous ne nous trouvons pas dans une forteresse, Morgana, c'est un mausolée, autrement dit un tombeau ! Attendre ici, c'est signer notre perte à tous. »

« Quand bien même nous parviendrions à les repousser, ajouta Trumpkin, et que leurs catapultes ne détruisent pas l'endroit en quelques heures, ils n'auront qu'à nous affamer. Nous ne tiendrons pas deux semaines. »

« Mais de là à aller chercher la mort directement chez Miraz ! » s'écria Morgana.

Elle avait peur, se rendit compte Arthur. Elle essayait de le cacher, mais elle était terrifiée. Cela le mit plus en colère encore. Où était la stratège qui les avait sortis de situations autrement plus désespérées ? Elle valait beaucoup mieux que ça.

La petite voix de Merlin s'éleva alors derrière lui.

« Vous parlez comme s'il n'y avait que deux solutions, dit-il. Mourir ici ou mourir là-bas. Mais vous vous trompez. Nous ne sommes pas obligés de combattre seuls. Nous avons des alliés au-dehors. »

« Où veux-tu en venir ? » demanda Arthur avec froideur.

« Nous pourrions réveiller les esprits des arbres. Ils ont tout autant souffert que nous de l'occupation telmarine. Les oiseaux nous disent que nous avons plusieurs jours avant l'arrivée de Miraz et de son armée. Nous devrions en profiter pour chercher un moyen de les atteindre.

À côté d'Arthur, Trumpkin renifla dédaigneusement. Arthur était lui-même loin d'être convaincu par l'idée de Merlin, mais, par principe, il ferait l'effort de l'envisager.

« Combien y a-t-il de magicien ici ? » demanda-t-il.

Il n'y avait que le Docteur Cornelius.

« Docteur, pensez-vous que cela serait possible ? De réveiller les arbres, ou bien les dryades, les esprits, enfin vous avez compris. »

Le demi-nain ne semblait pas confiant.

« Je ne connais aucun sort qui pourrait s'en rapprocher, dit-il, et je n'ai jamais rien lu qui parlait des esprits des arbres. Si cette magie existe, seul Aslan la connaît. »

« Voilà qui clôt le débat. » dit sobrement Arthur.

Mais Merlin ne savait jamais quand s'arrêter.

« Tu oublies, dit-il, que Gwen a vu Aslan quand nous étions au bord du précipice. Il nous a fallu du temps pour comprendre, mais il était là pour nous aider. »

Arthur sentit la rage monter. Gwen avait vu Aslan, mais Le Lion n'avait pas daigné se montrer à lui. Il regarda dans la direction de la jeune fille, pour voir si elle allait prendre le parti de Merlin. Si elle décidait elle aussi de se liguer contre lui, pensa-t-il le cœur serré, que ferait-il ? Il fut soulagé de voir que Gwen n'avait apparemment pas l'intention de soutenir le garçon. Elle gardait un silence obstiné.

« Aslan n'est pas là, trancha Arthur d'un ton qui se voulait catégorique. Nous ne pouvons pas savoir ce qu'il attend de nous s'il ne nous le dit pas. Et je ne pense pas qu'il apprécierait de savoir que nous attendons sagement son aide. Nous devons nous battre par nos propres moyens. »

Trumpkin acquiesça vivement. À côté de lui, Nikabrik écoutait avec intérêt, et Glenstorm semblait d'accord, lui aussi. Les Albians commençaient à prendre son parti.

« Je t'en prie, supplia alors Morgana. Il ne faut pas aller à Béruna, ce n'est pas pour moi que j'ai peur. C'est pour toi Arthur. Si tu te rends là-bas- »

« Quoi ? s'écria-t-il, hors de lui. Comment pourrais-tu savoir ce qui va se passer ? »

« C'est un pressentiment, répondit-elle. Quelque chose de terrible va se produire. »

« Oh, et depuis quand peut-on avoir confiance en ton jugement ? » coupa-t-il sèchement.

La jeune fille ouvrit la bouche et ne trouva rien à dire. Arthur vit Gwen et Merlin échanger un regard entre eux. Mais il ne regrettait pas ses paroles. Morgana ne savait plus ce qu'elle disait.

« Qu'as-tu besoin de prouver ? siffla-t-elle alors d'un ton soudain acerbe. Nous parlons de la vie de nos compagnons ! Je refuse que tu les envoie à la mort pour satisfaire ton orgueil de va-t-en-guerre ! »

Arthur déglutit et sa mâchoire se crispa. Comment osait-elle... Un moment, il crut qu'il allait la frapper. Mais il prit sur lui, et ne répondit pas à la provocation. À la place, il se tourna vers l'assemblée.

« Qui est avec moi ? » demanda-t-il d'une voix aussi calme que possible.

Au départ nul n'osa prendre la parole, tous devaient être trop choqués par la violence de sa dispute avec sa cousine. Mais bientôt, on entendit le bruit de petites pattes qui s'avançaient sur la table. Reepicheep se plaça en face d'Arthur et lui fit sa plus belle révérence.

« Mon épée, mes hommes sont à vos ordres, Sire. »

Arthur failli rire, mais par respect, il n'en fit rien. En une simple phrase, Reepicheep avait fait tourner le vent en sa faveur. Le plus petit d'entre eux était aussi le plus courageux et le plus loyal. Nul n'oserait s'opposer à lui après cela. Et en effet, les deux nains et le centaure s'avancèrent aussitôt pour annoncer qu'ils en étaient. Caspian aussi lui promit de le suivre, et Arthur ne s'y était pas attendu, mais il était vraiment soulagé d'avoir l'appui du Prince. Il était, en revanche, déçu par ses amis. Merlin l'assassinait du regard, et Morgana gardait la tête baissée, les yeux fixés sur ses mains blanches. Gwen semblait si triste, et Arthur crut un moment qu'elle s'opposerait à ses projets, mais elle finit par hocher imperceptiblement la tête. Elle le suivrait. Arthur savait ce qu'il faisait, il avait simplement besoin que ses amis lui fassent confiance.

« Très bien, dit-il, nous partons demain à l'aube pour Béruna. » Puis il se tourna vers sa cousine. « Avec ou sans toi. »

Il leva temporairement le Conseil, le temps qu'il fallait à Caspian, à son précepteur et aux oiseaux d'établir un plan de la forteresse, et sortit du Mausolée.

Arthur n'était pas mécontent de revoir la lumière du jour. Il ferma les yeux pour savourer les rayons du soleil et poussa un profond soupir. Mais son répit fut de courte durée. Merlin accourrait derrière lui. Quelle surprise.

« Arthur ! »

« Merlin, dit-il fatigué, le conseil est parvenu à une décision, je ne vais pas changer d'avis. »

« Pourquoi as-tu été si méchant avec Morgana ? »

Merlin avait l'air tellement sincère avec ses yeux bleus et ses grandes oreilles. Arthur sentit sa colère fondre. On aurait dit un chiot.

Il ne savait pas pourquoi tout était si compliqué avec sa cousine en ce moment. Il avait l'impression qu'elle n'ouvrait la bouche que pour le contredire ou le rabaisser.

« Merlin, je suis certain que c'est la meilleure chose à faire. Il faut me faire confiance. »

« Mais c'est toi qui ne nous fais pas confiance. » répondit le garçon.

Et comme Arthur ne trouvait rien à répondre, Merlin le planta là et repartit dans le mausolée. Un peu plus loin, Gwen croisait le fer avec un faune, et Arthur décida qu'il serait beaucoup plus agréable les regarder plutôt que de réfléchir à ce que Merlin venait de lui dire. Il marcha vers eux et s'assit dans l'herbe.

La plaine formait une cuvette enclose dans la forêt. Un instant, il imagina cette plaine jonchée de cadavres albians et telmarins. Il avait pris la bonne décision. Ils éviteraient le bain de sang.

Gwen s'en donnait à cœur joie. Dans l'effort, elle avait le visage plus ouvert, et cela faisait plaisir à voir. Depuis qu'ils s'étaient retrouvés, elle avait constamment eu l'air triste, ou préoccupé, ou coupable. Gwen désarma son adversaire qui tomba à la renverse, et l'aida à se relever en riant. Elle se rendit alors compte qu'Arthur les observait, et son visage s'obscurcit un instant. Puis elle dit quelques mots au faune, avant de s'avancer vers le jeune homme.

« Que dirais-tu d'un petit échauffement ?

Arthur commença par dire qu'il n'en ferait rien, mais Gwen insista et le taquina un peu, et il finit par se lever. En face de lui, la jeune fille se mit en garde. Arthur l'imita. Ils échangèrent quelques passes bienveillantes, avant d'y aller sérieusement. Arthur sentait ses muscles se réhabituer à la discipline. Comme il l'avait fait la première fois, il réapprenait à manier Excalibur, se rappelait peu à peu de sa forme, son poids, la sensation de la poignée dans sa paume et de la garde contre sa main. Chaque seconde rendait ses mouvements plus amples, plus assurés, plus puissants. Il reprenait plaisir à sentir ses appuis, à descendre son centre de gravité ; son corps retrouvait la mémoire. En quelques minutes, il se sentit redevenir, physiquement, le Roi qu'il avait été. Mais Gwen était elle aussi très adroite, et, quand on les rappela au mausolée, Arthur quitta l'entraînement avec le désagréable sentiment d'avoir été ménagé.

Le Conseil reprit peu après, et Morgana prit la parole.

« Bien, voici le plan de Béruna telle que l'ont décrite Caspian, le Docteur Cornelius et les oiseaux espions. » commença-t-elle.

Arthur dévisagea sa cousine avec étonnement. Il ne s'était pas attendu à ce qu'elle revienne pour la suite du conseil, alors se dire qu'elle s'était immédiatement mise à étudier les plans pendant que lui et les autres faisaient une pause...

« Notre armée est petite, reprit-elle, mais nos soldats sont bien plus diversifiés que les Telmarins. Les griffons seront la clé de notre stratégie. Ils pourront porter quelques-uns d'entre nous à l'intérieur des murs, pour simultanément baisser le pont, lever la herse, et se débarrasser des guetteurs... »

Arthur était soulagé de voir que sa cousine avait préféré mettre leur dispute de côté. Il savait pertinemment que sans son intelligence stratégique, leurs chances étaient nulles. Il s'installa devant la carte et s'apprêta à passer les prochaines heures à élaborer leur plan d'action.

Morgana se frotta les yeux. Ils avaient veillé tard dans la nuit pour préparer l'attaque. Elle avait essayé de parer à toute éventualité, en sachant bien qu'il était impossible de penser à tous les cas de figure. Elle avait fait de son mieux, et s'en remettait désormais au jugement d'Arthur sur le terrain. En temps normal elle ne se serait pas inquiétée. Son cousin était aussi ingénieux et efficace au cœur de l'action qu'elle l'était en amont, et ils avaient traversé ensemble nombre de batailles qui avaient toujours tourné à leur avantage. L'idée de son cousin était loin d'être mauvaise, mais son pressentiment ne la quittait pas. Elle avait rêvé chaque nuit depuis leur retour à Albion, et elle était certaine que ses rêves la mettaient en garde contre une attaque de Béruna. Elle ne savait pas ce qui les attendait exactement, simplement qu'Arthur était en grand danger.

Elle sentit alors une main caresser ses épaules. C'était Gwen, cette chère Gwen qui parlait peu mais était toujours là pour chacun d'entre eux.

« Tu devrais te reposer maintenant, lui dit la jeune fille. Nous avons une longue journée demain. »

Morgana acquiesça et lui rendit un sourire.

« Oui, lui répondit-elle. Je vais simplement prendre un peu l'air avant. »

Elle serra la main de Gwen avant de la laisser rejoindre leurs couchages de fortune. Ils n'avaient pas encore dormi dans un lit depuis qu'ils étaient là. Entre cela et ses cauchemars, Morgana n'avait pas passé une seule nuit correcte. Dehors, le ciel était noir comme l'encre. Une nuit sans lune. Idéalement, il aurait fallu attaquer Béruna cette nuit, dans l'obscurité totale. Mais ils n'avaient pas le temps de faire le trajet, aussi Morgana avait adapté son plan en comptant la lumière de la nouvelle lune. Elle sentit une présence à côté d'elle. C'était Merlin. Elle avait apprécié qu'il tienne lui aussi tête à Arthur. Même s'il ne s'était pas exactement mis de son côté, elle s'était sentie moins seule.

« Cela m'ennuie de ne pas pouvoir partir avec vous, dit le garçon. »

Merlin avait disputé un moment, arguant que son élixir de guérison pourrait être utile. Mais si le plan de Morgana fonctionnait, ils n'en auraient pas besoin, et s'il ne fonctionnait pas, Merlin se retrouverait sans défense. Arthur avait fini par trancher et Merlin resterait au Mausolée en attendant de leurs nouvelles.

« Ton plan est excellent. » lui dit-il ensuite en guise d'encouragement.

Morgana poussa un soupir.

« J'ai fait ce que j'ai pu. »

Elle mis beaucoup de temps à s'endormir, et comme chaque fois, son rêve la réveilla en sursaut. Avec une nouvelle cause d'inquiétude : elle était désormais persuadée que leur entreprise, en plus du danger qu'elle représentait pour Arthur, causerait également la perte de Caspian.