Attention... action !


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CHAPITRE 2

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Adrien courait toujours, son regard rivé sur Marinette pour ne pas la perdre. Pourquoi diable fonçait-elle tout droit vers l'akuma ? Quelle idée avait-elle derrière la tête ? A sa trajectoire, Adrien se doutait qu'elle devait vouloir atteindre l'autre côté de la plateforme et rejoindre un escalier de service. Mais pourquoi n'était-elle pas restée avec eux au lieu de vouloir emprunter un autre escalier complètement à l'opposé de la plateforme et s'exposer ainsi au danger ?

Marinette semblait discuter avec quelqu'un mais Adrien ne voyait personne à proximité. Se parlait-elle à voix haute ? Les sourcils froncés, il priait pour que l'akuma ne la repère pas avant qu'il n'ait pu trouver un endroit pour se transformer et la mettre à l'abri, mais il n'eut pas le temps de mettre son plan à exécution : une des énormes ronces de l'akuma s'abattit sur la plateforme et Marinette l'évita de justesse avant de trébucher sur les débris. Elle s'étala de tout son long et le sang d'Adrien ne fit qu'un tour en voyant les racines se rapprocher d'elle. Il redoubla de vitesse, les poumons en feu et le cœur battant à tout rompre. S'il arrivait quelque chose à Marinette, il était certain qu'il s'en voudrait toute sa vie.

Marinette peinait à se remettre debout sur le sol instable, et Adrien se rendit compte qu'elle cherchait à regagner le bord de la plateforme, sans succès.

Haletant, il arriva à sa hauteur et s'empressa de l'aider à se relever avant de l'attirer le long d'une rambarde encore intacte.

- Marinette ! Ça va ? lui demanda-t-il, son cœur menaçant de fracasser sa cage thoracique.

Lorsque Marinette réalisa qu'elle se trouvait dans les bras d'Adrien, elle sursauta violemment et s'écarta maladroitement de lui, à la fois agacée et complètement paniquée.

- A-Adrien ! Mais... Mais p-pourquoi est-ce que tu m'as suivie ! le gronda-t-elle d'un ton plus sec qu'elle ne l'aurait voulu. Sauve-toi vite!

La présence d'Adrien contrecarrait totalement ses plans, d'autant plus qu'il était à présent complètement exposé au danger.

- Justement ! lui rétorqua-t-il en faisant de grands gestes. C'est beaucoup trop dangereux ! Il ne faut pas que tu restes ici ! Viens avec moi, il faut qu'on descende le plus vite possible, dit-il en lui tendant sa main ouverte.

Marinette considéra sa main tendue, hésitante : si elle acceptait de le suivre, cela signifiait qu'elle ne pourrait pas se transformer, et cet akuma avait déjà créé beaucoup trop de dégâts pour que l'apparition de Ladybug soit encore retardée. D'autant plus que Chat Noir ne semblait pas encore être arrivé sur les lieux de l'attaque. Le seul problème était que Marinette était bien trop paniquée à l'idée qu'il arrive quelque chose à Adrien pour avoir les idées claires et inventer une excuse pour se séparer de lui.

La racine qui s'abattit à côté d'eux coupa court à son tourment intérieur, et elle ne dut son salut qu'aux réflexes d'Adrien : le jeune homme l'attira vers lui et se mit à courir dans l'autre sens, sa main agrippant fermement la sienne comme pour la dissuader de lui fausser compagnie à nouveau.

- Tiens donc ! Deux petites vermines, fit la personne akumatisée en les découvrant. On va voir si vous allez courir longtemps !

L'akuma fit apparaître de nouvelles racines qui se dirigèrent tout droit vers eux. Marinette et Adrien se lancèrent un regard entendu et se mirent à courir en zig zag, sans se lâcher la main. Ils esquivèrent plusieurs tentacules recouvertes d'épines mais une nouvelle ronce s'abattit sur eux, les obligeant à se séparer.

Lorsqu'Adrien sentit la main de Marinette glisser de la sienne, il continua de courir tout en vérifiant que la jeune fille pouvait s'en sortir de son côté. Il lui serait bien plus utile une fois transformé. Mais Marinette continuait à zigzaguer entre les ronces et peinait à trouver une échappatoire pour se mettre à l'abri. Adrien prit soudain une décision : il stoppa net et fit volte-face, prêt à servir d'appât. Tant pis pour Chat Noir, c'était d'Adrien dont Marinette avait besoin dans l'immédiat.

- Marinette ! Cours jusqu'à l'escalier ! Je vais attirer son attention !

- Q-Quoi ?! C'est hors de question ! lui rétorqua-t-elle, le sang cognant dans ses tempes.

Marinette tournait vivement la tête de droite à gauche, cherchant désespérément un moyen de se sortir de cette situation, tout en se maudissant d'avoir entraîné Adrien malgré lui dans cette histoire. De son côté, Adrien se mit à courir en faisant de grands gestes pour attirer l'akuma, et le cœur de Marinette se serra douloureusement en le voyant aussi déterminé à la protéger.

L'akuma semblait suivre Adrien, aussi se décida-t-elle à se mettre à l'abri pour se transformer, mais au moment où elle franchit une racine d'un bond, l'akuma se retourna brusquement et lança une de ses ronces dans sa direction. Marinette l'évita de peu et se plaqua rapidement au sol derrière une pile de débris métalliques. A bout de souffle, elle fit volte face et s'apprêtait à repartir, mais elle stoppa net lorsque son regard se posa sur Adrien : le jeune homme était encerclé par plusieurs racines qui rampaient dans sa direction d'un air menaçant, et à la façon dont il scannait frénétiquement les alentours du regard, Marinette comprit rapidement qu'il était complètement coincé.

Son sang pulsant sourdement dans ses tempes, Marinette n'écouta que son courage et attrapa un lourd morceau de fer avant de le lancer de toutes ses forces sur la racine qui s'apprêtait à attaquer Adrien. Son geste eut l'effet escompté : la ronce touchée se recroquevilla sur elle-même avec un bruit semblable à de la craie crissant sur un tableau noir et battit en retraite sans demander son reste. Marinette lança un regard à Adrien et lui fit signe de s'échapper, mais les autres ronces, énervées par cette attaque, s'agitèrent soudain autour d'Adrien qui fut forcé de reculer de quelques pas. Son dos butta soudain contre la structure de métal de la Tour Eiffel qui tenait encore debout comme par miracle et son sang se figea ; il était bel et bien pris au piège.

Il échangea un nouveau regard affolé avec Marinette ; la jeune fille semblait déterminée à affronter à nouveau les racines à mains nues, et la panique le gagna face à une telle obstination.

- Marinette, sauve-toi, je t'en prie ! la supplia Adrien.

Pour toute réponse, Marinette secoua vivement la tête de droite à gauche, incapable d'émettre le moindre son : sa gorge était complètement nouée, et elle peinait à garder les idées claires.

Tout était de sa faute.

Tout était de sa faute et il était hors de question qu'elle abandonne Adrien à son sort.

Elle craignait que si elle s'éclipsait ne serait-ce qu'un instant pour se transformer, l'akuma en profiterait pour l'attaquer. Son estomac se serra douloureusement à cette idée.

Marinette leva les yeux en direction de la personne akumatisée, et elle se rendit compte qu'un masque violet était apparu sur son visage : Papillombre était visiblement en train de s'entretenir avec elle. La jeune fille voulut profiter de ce moment de répit pour rejoindre Adrien et l'aider à s'enfuir, mais lorsqu'elle se retourna vers lui, elle sentit son coeur s'arrêter : une des ronces s'était brusquement dressée et attaqua Adrien frontalement, ne lui laissant aucune possibilité de repli. Les yeux d'Adrien étaient écarquillés par la peur et il n'eut que pour réflexe de se protéger avec ses deux bras croisés devant lui.

- NOOON ! hurla Marinette à s'en casser la voix.

Tout son être se figea d'horreur ; elle voulut détourner le regard mais son corps paralysé fixait Adrien, redoutant l'impact. Sans qu'elle ne s'en rende compte, des larmes se mirent à couler le long de ses joues. Elle s'attendait à tout moment à voir la racine transpercer Adrien de part en part, et cette image lui était insoutenable.

Elle avait échoué.

Elle n'avait pas su protéger une des personnes qu'elle aimait le plus au monde.

Au moment où elle crut que tout était fini, la racine changea brutalement de trajectoire et s'enroula autour d'Adrien, le plaquant au pilier métallique derrière lui. L'instant de surprise passé d'être toujours en vie, Adrien essaya de résister et se débattit violemment, mais la ronce épineuse le maintenait fermement cloué au pilier et l'empêchait de bouger.

Les autres tentacules s'éloignèrent momentanément et Marinette en profita pour courir vers lui, la boule au ventre. Adrien se démenait mais c'était peine perdue. Il lança un regard inquiet à Marinette qui arriva à sa hauteur et posa ses mains sur la racine qui le ligotait.

- Je vais te libérer Adrien, je te le promets, je vais trouver une solution, hoqueta-t-elle en essuyant ses yeux du dos de sa main.

- Marinette, écoute-moi, la coupa Adrien le plus calmement possible. Il faut que tu partes, tu es en danger ! Descends vite retrouver Alya et Nino et éloignez-vous le plus possible de la Tour Eiffel. Je m'en sortirai, ne t'inquiète pas.

- Il est hors de question que je te laisse ici ! Tout est de ma faute ! répliqua Marinette, sentant sa gorge se liquéfier à nouveau.

Elle secoua brièvement la tête, comme pour se remettre les idées en place et plongea son regard d'azur dans les yeux d'émeraude d'Adrien.

- Je te promets que je vais te sortir de là.

- Marinette, je t'en prie, mets-toi à l'abri ! répéta-t-il en guise de réponse, une vive inquiétude se lisant sur son visage.

Marinette s'échignait à tirer sur la ronce qui retenait Adrien prisonnier mais la racine ne bougeait pas d'un iota. Sa détermination ne vacilla pas pour autant : elle refusait d'abandonner Adrien à son sort et continuait de tirer dessus de toutes ses forces. Son cœur battait sourdement dans ses oreilles et des gouttes de sueur perlaient sur son front mais elle n'en avait que faire. Elle voulait libérer Adrien à tout prix.

- MARINETTE ATTENTION ! hurla soudain Adrien, les yeux agrandis d'horreur.

Marinette n'eut pas le temps de comprendre la mise en garde d'Adrien : elle sentit soudain quelque chose s'enrouler autour d'elle et l'immobiliser sur place. Elle poussa un cri de surprise et s'agita mais la ronce avait l'avantage et la ligota fermement avant de l'entraîner en hauteur.

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En voyant Marinette se faire enlever sous ses yeux, l'estomac d'Adrien se noua violemment ; il hurla son nom à s'en déchirer la gorge, son sang pulsant sourdement dans ses tempes. Il avait beau se démener pour tenter de s'échapper, la racine semblait s'être solidifiée autour de lui et il lui était impossible de se libérer. Il ne put que lever les yeux d'un air désespéré, son regard fixé sur la silhouette de Marinette qui s'éloignait à vitesse exponentielle vers les derniers étages de la Tour Eiffel branlante.

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Les pieds de Marinette ne touchaient plus terre ; elle jeta un regard en contrebas et constata avec effroi qu'elle était suspendue à une centaine de mètres au-dessus du sol, uniquement retenue par la racine de l'akuma qui semblait se délecter du spectacle.

- Alors petit insecte répugnant, comment oses-tu abîmer mes magnifiques plantes ?

Marinette déglutit et refocalisa son attention sur l'akuma.

- Ecoutez-moi, répondit-t-elle avec aplomb. Ne laissez pas vos pensées négatives prendre le dessus et laisser le contrôle à Papillombre. Vous pouvez rejeter l'akuma et réparer tout ça, vous p-

Mais Marinette ne put finir sa phrase : l'akuma l'avait bâillonnée à l'aide d'une autre racine. Marinette poussa un cri de protestation, mais seul un son étouffé sortit de sa bouche. Elle s'agita mais l'akuma avait clairement l'avantage. Marinette sentit son estomac se nouer douloureusement et son esprit se mit à carburer à toute vitesse pour trouver une solution pour se sortir de là.

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A l'étage inférieur, Adrien paniquait de se sentir aussi impuissant ; Marinette était en grand danger, et il devait absolument se libérer avant que l'akuma n'ait le temps d'agir.

- Dire que mon père avait accepté de me laisser faire cette excursion avec la classe pour une fois, il ne me laissera plus jamais sortir quand il apprendra ce qu'il s'est passé, maugréa-t-il avec agacement.

Il se tortilla à nouveau, même s'il savait que c'était en vain. La racine le ligotait fermement et semblait aussi dure que de la pierre.

Plagg apparut soudain, dans une décontraction qui détonnait grandement au milieu du chaos qui régnait.

- Plagg ! Aide-moi, le supplia Adrien. Marinette est en danger !

- Je vois que tu t'inquiètes pour ton amoureuse, lança Plagg avec un sourire taquin suspendu aux lèvres.

- Ce n'est vraiment pas le moment Plagg ! lui rétorqua-t-il sèchement, furieux que son kwami puisse trouver la situation amusante. E-Et... ce n'est pas mon amoureuse ! se défendit-il en détournant la tête, les pommettes légèrement rouges.

- Vu la façon dont tu ne la quittes jamais vraiment des yeux, j'émettrais quelques réserves. Tu la regardes de la même façon que je regarde mon camembert coulant affiné depuis 6 mois.

- Arrête ! Tu sais à quel point je tiens à elle ! Je m'en voudrais toute ma vie s'il lui arrivait quelque chose !

- Moui, bien sûr, lâcha Plagg pour toute réponse, visiblement peu convaincu.

Adrien lâcha un grognement et s'apprêtait à répliquer mais Plagg voleta vers la racine qui l'immobilisait et activa son cataclysme : la ronce tomba en poussière.

Une fois libéré, Adrien inspira profondément ; sa cage thoracique était légèrement douloureuse à cause de la pression exercée par la racine, et il eut du mal à reprendre son souffle. La sensation de pouvoir à nouveau bouger et respirer correctement était loin d'être désagréable. A présent libre, Adrien lança un regard inquiet au-dessus de lui en direction de Marinette et il s'empressa de quitter les lieux, Plagg dans son sillage.

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Marinette se démenait, ligotée et bâillonnée par la ronce de l'akuma qui semblait de très bonne humeur de l'avoir capturée. Une autre racine s'éleva au niveau de son visage et commença à s'enrouler autour de son cou.

- Alors, petit insecte, que vais-je faire de toi ? Peut-être que je peux t'utiliser pour attirer Ladybug et Chat Noir dans mon piège.

La pression autour du cou de Marinette s'intensifia ; la jeune fille se débattait toujours mais elle avait de plus en plus de mal à respirer. Son rythme cardiaque s'intensifia malgré elle et la panique commença à la gagner. Dans son sac, Tikki était de plus en plus inquiète et se demandait comment intervenir pour sauver sa porteuse, sans pour autant trouver de solution.

- Ces deux super-héros de pacotille ne laisseraient tout de même pas une punaise dans ton genre s'écraser au sol sans rien faire, n'est-ce pas ? susurra l'akuma d'un ton mielleux.

Les yeux de Marinette s'agrandirent en comprenant ce que l'akuma s'apprêtait à faire.

Le super vilain s'éleva jusqu'à la dernière plateforme de la Tour Eiffel, entraînant Marinette dans son sillage. Lorsqu'il aperçut l'hélicoptère de TVi News en train survoler le monument, le sourire maléfique de l'akuma s'étendit ; les racines qui retenaient Marinette prisonnière s'immobilisèrent au-dessus du vide, et l'akuma s'adressa à la caméra braqué sur lui :

- Ladybug ! Chat Noir ! Je sais que vous vous planquez quelque part, bande de poules mouillées! Montrez-vous et donnez-moi vos Miraculous sans faire d'histoires! Sinon, cette jeune fille périra !

La personne akumatisée se tourna vers Marinette et lui adressa un sourire mauvais qui provoqua un frisson involontaire à la jeune fille prise au piège.

- On va voir si provoquer le destin va les faire venir.

Sans crier gare, la racine libéra Marinette et la lâcha au-dessus du vide.


Notes :

Alors à votre avis, est-ce que Chat Noir va arriver à temps pour la sauver ou bien est-ce que j'ai laissé Marinette s'écraser en contrebas (avec toutes les conséquences dramatiques et psychologiques qui vont en découler) ? ¬‿¬

(oui je sais, je suis un peu sadique, j'aime voir les personnages souffrir 😢)

Réponse dans le prochain chapitre ! (La fic est terminée donc j'ai prévu de poster un chapitre par semaine si tout va bien !)

N'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé, j'adore lire et répondre à vos commentaires ❤️
Les prochains chapitres arrivent vite !

Bug Out!