Je ne possède aucun des personnages de la série TV.
Un recueil de textes courts sur l'univers de la série Prodigal Son nous plongeant dans un instant ou une pensée des protagonistes de l'histoire
Ce texte a été écrit pour l'anniversaire de Martin Sheen en utilisant un cap ou pas cap qui est en fin de texte.
En espérant que cela vous plaise
Bonne lecture
PS : Au fait j'ai commencé à faire du tri et à remettre de l'ordre dans mes publications en faisant une sorte de table des matières dans mon profil alors n'hésitez pas à y faire un tour ;)
QUELQUES TEXTES SUR PRODIGAL SON Tome 2
Le choix de Malcolm
Malcolm Bright n'avait jamais prévu que ça se passe ainsi. Il savait que consulter son père à Claremont était toujours risqué, mais cette fois, l'affaire était trop importante. Un tueur en série reproduisait méthodiquement les meurtres du Chirurgien, avec une précision troublante qui suggérait un accès à des détails jamais rendus publics. Gil l'avait supplié de ne pas y aller seul.
- Je viens avec toi, avait-il insisté, son regard trahissant une inquiétude paternelle qu'il ne cherchait même plus à dissimuler.
C'est ainsi qu'ils se retrouvèrent tous les deux face à Martin Whitly, dans cette cellule aux murs trop blancs. Le Chirurgien arborait son habituel sourire jovial, mais Malcolm pouvait voir la tension dans ses épaules lorsque Gil entra derrière lui.
- Mon garçon ! S'exclama Martin, ignorant délibérément la présence de Gil. Quelle belle surprise ! Même si je dois dire que ces visites en famille seraient plus agréables sans... certaines présences indésirables.
Malcolm sentit Gil se raidir imperceptiblement derrière lui. Vingt ans plus tard, la haine entre les deux hommes n'avait pas diminué d'un iota.
- Nous sommes là pour parler du copycat, coupa Malcolm, sortant les photos du dossier. Il reproduit tes meurtres avec une précision troublante.
Martin s'approcha, aussi près que sa chaîne le lui permettait, ses yeux brillant d'un intérêt malsain.
- Fascinant, murmura-t-il. Regarde la précision de ces incisions. Cette personne a clairement une formation médicale.
- Comme toi, nota Gil, sa voix dure comme l'acier.
Martin leva les yeux, son sourire s'élargissant.
- Lieutenant Arroyo. Toujours à jouer les figures paternelles de substitution, je vois. N'est-ce pas... épuisant de prétendre être quelque chose que vous n'êtes pas ?
Malcolm sentit une vague de colère monter en lui. Il connaissait ce jeu. Son père tentait toujours de le revendiquer, de marquer son territoire, de minimiser l'importance de Gil dans sa vie. Pendant des années, Malcolm avait laissé ces remarques passer, trop effrayé de blesser son père, trop anxieux à l'idée de perdre l'accès à ses connaissances, mais aujourd'hui, quelque chose était différent. Peut-être était-ce la façon dont Gil s'était précipité chez lui la nuit dernière après un de ses épisodes de terreur nocturne, l'avait calmé pendant des heures, lui avait préparé un thé et était resté jusqu'à ce qu'il se rendorme. Peut-être était-ce tous ces Noëls, ces anniversaires, ces moments où Gil avait été là, solidement présent, quand Martin était enfermé ici, jouant à ses jeux psychologiques.
- En fait, dit Malcolm, sa voix calme mais ferme, Gil n'a jamais prétendu être quoi que ce soit. Il a simplement été là. Il m'a appris à faire face à mes cauchemars, m'a aidé avec mes devoirs, m'a permis de vaincre le mutisme dans lequel tes actes m'avaient plongé. Il m'a soutenu quand j'ai décidé de rejoindre le FBI et il me soutient encore chaque jour.
Le jeune homme fit une pause, regardant directement dans les yeux de son père biologique.
- Il a été un père pour moi quand tu ne pouvais pas l'être. Quand tu as choisi de ne pas l'être.
Le sourire de Martin vacilla légèrement.
- Mon garçon...
- Non, le coupa Malcolm.
Il sentit la main de Gil se poser sur son épaule, un geste de soutien silencieux qui lui donna la force de continuer.
- Tu sais ce qui est vraiment épuisant ? Prétendre que tu n'as pas détruit notre famille. Prétendre que tes manipulations sont de l'amour.
Martin fit un pas en arrière, comme physiquement frappé par les mots.
- Je suis ton père, dit-il, sa voix perdant son ton jovial habituel.
- Oui, biologiquement, acquiesça Malcolm, mais être un père, c'est plus que ça.
Il se tourna vers Gil, puisant du courage dans ses yeux inquiets mais fiers.
- Papa, je pense qu'on devrait partir. On n'obtiendra rien d'utile ici.
Le mot était sorti naturellement, sincèrement. Pas comme une arme pour blesser Martin, mais comme une vérité longtemps contenue qui demandait enfin à être exprimée. Gil serra son épaule plus fort, ses yeux brillant d'émotion. Martin resta silencieux un long moment, son visage passant par une myriade d'émotions : choc, colère, douleur, avant de se figer dans un masque froid.
- Tu le regretteras, dit-il finalement, sa voix dangereusement basse. Quand tu auras besoin de moi, de mes connaissances...
- Non, l'interrompit Malcolm, se dirigeant vers la porte. Je ne regretterai pas d'avoir choisi la vérité. Je ne regretterai pas d'avoir reconnu l'amour véritable plutôt que la manipulation.
Alors qu'ils sortaient, Gil passa son bras autour des épaules de Malcolm.
- Tu n'avais pas à faire ça, murmura-t-il.
- Si, répondit le devais. Pas pour lui faire mal, mais parce que c'est la vérité. Tu as été plus un père pour moi qu'il ne l'a jamais été.
Dans le couloir de Claremont, sous les lumières fluorescentes, Malcolm se sentit plus léger qu'il ne l'avait été depuis des années. Derrière eux, il pouvait entendre Martin appeler son nom, mais pour la première fois, sa voix semblait lointaine, moins puissante.
- Rentrons à la maison, fiston, dit Gil, et Malcolm sourit, sachant exactement où était sa maison, non pas dans les souvenirs d'une vie brisée par un tueur en série, mais dans les moments partagés avec l'homme qui avait choisi de l'aimer comme son fils.
Cap ou pas Cap d'écrire une histoire où Malcolm appelle Gil, papa, devant Martin de façon volontaire ?
