Chapitre V - Un malade pas si imaginaire
Les avantages à vivre dans le monde moldu, selon Blaise Zabini, étaient, finalement, nombreux. Pour commencer, de ce côté de la barrière, personne ne les connaissait lui ou Draco, que ce soit de près ou de loin. Blaise avait également découvert la technologie et, il adorait aller dans le cybercafé, en bas de la rue, pour tchatter c'est comme ça que l'on disait dans le jargon moldu. Il avait également appris qu'on pouvait jouer sur des machines, et même décidé, contre l'avis de Draco, d'en ramener une à l'appart.
Mais s'il y avait bien une chose que Blaise adorait par dessus tout chez les moldus, c'était leur mode vestimentaire. Et à Londres, Blaise était servi.
Vouloir se vêtir élégamment, obligeait, en conséquence, Zabini à prendre soin de lui. D'origine Italienne, il avait toujours eu le goût pour les bonnes choses, mais son aspect physique pouvait s'en ressentir quand il débordait à l'excès.
Il passait donc ses matins, dès l'aube, dans la salle de sport du 1er étage. Enfin, seulement lorsqu'il était en état. Et ce mercredi matin était un bon jour pour faire du sport.
Il allait devoir supporter un Draco déprimé et pleurnichard toute la journée. Celui-ci s'était fait virer salement du ministère, pour une affaire de propos déplacés et de retards accumulés. Ce n'était pas faute d'avoir essayé de le prévenir, mais Draco n'écoutait personne, à part lui-même.
Le tee-shirt trempé de sueur, le casque sur les oreilles, l'iPod dans la poche et la serviette sur l'épaule, il attendait l'ascenseur. À l'ouverture des portes, il s'engouffra par habitude dans celui. Et, toujours par habitude, peut-être, il salua les occupants en inclinant la tête.
"Saint Potter ! Granger ! "
Il se retourna face aux portes, leva les yeux vers le décompte de niveau. Derrière lui, Hermione et Harry se regardaient surpris de son manque de réaction. Soudain, Blaise se retourna d'un coup.
"Potter ? Granger ? "
— Salut Zabini ! Dirent-ils en chœur.
— Mais, vous faites quoi dans mon ascenseur ?
— On vient voir Malefoy.
— Il est 7 heures et quart. C'est un peu tôt non ?
— C'est pour une affaire urgente. Dit Hermione, en fixant l'iPod dans la poche de Blaise. Mais, tu vas nous être utile.
— Ah bon ?
— On veut rendre son job à Malefoy.
— Vraiment ?
— Vraiment.
Une petite dame avec un caniche et un caddie de course venait d'entrer dans l'ascenseur, obligeant les trois compères à se resserrer vers la paroi du fond.
— C'est cool, je vous l'accorde. Mais permettez-moi d'avoir un doute. Vous y gagnez quoi dans cette affaire ?
Hermione regarda Harry. C'était vrai qu'avaient-ils à y gagner dans cette affaire. Après tout si Malefoy perdait son boulot, ça ne leur changerait pas la vie. Seulement Harry, qui était à l'origine de son renvoi, se sentait bien trop coupable pour laisser cela arriver. Quant à Hermione, l'incident au sujet de Torpen, ferait la une de la Gazette le matin même, elle en était sûre. Elle pouvait toujours compter sur Skeeter pour ne pas la louper. Elle n'avait vraiment rien à perdre.
— Ça pourrait sauver nos carrières. Mentit-elle.
— Ah oui, ricana Blaise, l'incident de la Babille Sauteuse.
Sous le regard étonné d'Hermione, Blaise rajouta : "J'ai mes sources, Granger ! ". Harry toussota, les yeux ronds, en leur montrant d'un signe de tête la vieille dame.
— Ne t'en fais pas Potter. Elle est sourde.
— Alors, tu vas nous aider ? Demanda Hermione, anxieuse. Elle regarda la vieille dame descendre lentement de l'ascenseur.
— Bonne journée Madame Wilson, Hurla Blaise.
— Bonne journée, Glaise, répondit de sa voix chevrotante la petite vieille avant que les portes ne se referment.
— Alors Glaise, tu vas nous aider ? Ricana Harry.
— Si tu répètes ce nom, je jure que je dis à Draco que son renvoi c'est de ta faute.
Harry blêmit soudainement.
— Que… Comment… ?
— Relax, je rigole Potter. Tout le monde sait que tu ne ferais jamais ça. Tu as trop d'honneur. Merlin soit loué le survivant ! Dit Blaise, une main sur le cœur d'un air solennel.
— Ouais, je vais vous aider. Admit Blaise, alors que le ding de l'ascenseur annonçait l'ouverture des portes. Moi aussi, ça m'arrange.
Il entra dans un vestibule, suivit de Harry et de Hermione. Il avait retiré et rangé ses chaussures de sport et s'apprêtait à ouvrir la seule porte, qui devait être, selon Hermione, la porte d'entrée.
"Je dois vous prévenir. Il est pire que d'habitude."
— Pire que durant sa scolarité ? Demanda Hermione.
— Hum… Ça devrait aller pour vous finalement.
Il ouvrit énergiquement la porte, en leur souhaitant la bienvenue et s'engouffra dans le couloir qui menait au salon.
— J'espère que tu sais ce que tu fais Harry.
Malefoy était avachi en caleçon dans l'énorme canapé d'angle du salon, une manette de le PlayStation 2 de Blaise dans la main. Des bouteilles de Whisky Pur Feu et de Bièraubeurre jonchaient la table basse devant lui.
Hermione n'avait jamais prêté très attention au physique des gens, des hommes surtout. Elle savait reconnaître quand quelqu'un était socialement beau mais ça s'arrêtait là. Pourtant, elle sentit sa bouche s'entrouvrir, et ses joues rougirent.
En huitième année, avec les filles du dortoir, elle avait admis que Malefoy était effectivement, l'un des plus beaux garçons du château. Elle avait surtout acquiescé auprès des autres, à vrai dire, elle ne l'avait jamais vraiment regardé. Mais là. Il faisait beaucoup trop chaud dans cet appartement. Le bougre s'était levé du canapé quand il les avait enfin vus, et, du point de vue de Hermione, c'était pire.
Le jeune homme faisait environ 1 m 90 et avait dû être taillé par Merlin lui-même, ou plutôt Morgane, selon le V de vision. Si Hermione avait dû faire une comparaison à l'instant, elle aurait dit que Malefoy était une version blonde de Clark Kent, le personnage d'une série moldu qu'elle regardait en ce moment. Il avait une fossette sur la joue droite et son regard bleu perçant était encore plus mutin que son héros télévisé.
Le comble pour Hermione, c'était ce caleçon ridicule. Elle était sûre que c'était une taille standard, Elle était certaine d'avoir vu Cormac en porter un similaire, sauf que sur lui, c'était un caleçon tout ce qu'il y a de plus normal. Sur Draco Malefoy, pourtant, c'était autre chose. Il faisait vraiment beaucoup trop chaud dans cet appartement.
Blaise lui avait murmuré quelque chose à l'oreille avant qu'il ne les salue. Il se dirigea vers eux et tout en avançant, fit une chose qui augmenta considérablement la température corporelle de Hermione.
Il tira sur son caleçon, de sa main gauche, pour le remettre bien et empoigna pleinement son pénis à travers le tissu pour, apparemment, le replacer. Cela fait, il tendit vers Harry, sa main droite, au grand soulagement de celui-ci.
— Potter !
— Malefoy !
Puis se tourna vers Hermione pour faire de même
— Granger !
— Brrr… Euh… Jour…
Il leva son sourcil. Les trois hommes la regardaient, étonnés.
— Euh… Bonjour, se rattrapa Hermione, en levant les yeux qui étaient encore fixés sur le caleçon de Draco Malefoy. Il fait chaud ici, non ?
Tout en disant cela, elle commença à déboutonner sa veste et à retirer son écharpe sous le regard amusé des trois hommes.
— Ah, ça, c'est l'effet Draco Malefoy ! Se réjouit Blaise en donnant un coup de coude dans le bras de Harry. Elles tombent toutes. Allez, café pour tous !
Hermione était attablée autour d'une immense table, en chêne et en fer forgé, dans la luxueuse cuisine des colocataires. Harry et Blaise étaient également assis, le premier en face d'elle et le second à sa droite en bout de table. Seul Draco Malefoy demeurait debout, toujours en caleçon, appuyé contre le comptoir de la cuisine, les jambes croisées. Au grand damne d'Hermione, il était posé juste derrière elle. C'est d'ailleurs lui qui entama la conversation.
— Alors, est-ce que vous allez me dire ce que vous faites chez moi, les griffys ?
— On est venu pour te proposer une solution.
— Pour ton travail. La voix d'Hermione était trop aiguë pour être naturelle.
— Tu me proposes un job Potter ? Ou peut-être, veux-tu que je vienne jouer les agents de sécurité pour toi Granger ? Il paraît qu'il y a des fous qui sautent par la fenêtre de ton bureau.
Elle devinait aisément son sourire en coin et continua de regarder fixement devant elle.
— Arrête de jouer au con Malefoy. On est là en paix. On veut juste t'aider.
Hermione lâcha un petit cri quand les deux mains de Draco se posèrent sur la table devant elle, son ventre collé contre l'arrière de la tête d'Hermione. Il avait quitté son comptoir et s'était penché en avant pour s'adresser à Harry de l'autre côté de ladite table. Il le faisait exprès, le bougre.
Hermione était rouge et raide comme un piquet, les mains serrées autour de sa tasse. Blaise se retenait de rire.
— Mais je n'ai pas de besoin d'être sauvé Potter.
— Écoute au moins ce qu'on a à te proposer avant de dire non.
— Très bien, tu as 5 minutes.
Il se décolla d'Hermione, qui se remit soudainement à respirer, et reprit sa position initiale.
— Bon alors, tu sais que sans cet emploi, tu vas te retaper les sessions d'évaluation. Ils vont sûrement te remettre la trace. Goldstein ne va pas te louper, soit en sûr.
Harry le regardait l'air très sérieux. Il connaissait le tempérament de Goldstein aussi bien que Draco.
— Et si, je te disais que dans les nouveaux statuts du ministère, il y a une clause qui stipule qu'il est interdit de licencier un employé malade.
— Oui, mais je ne suis pas malade, Potter.
— Nuance. Goldstein pense que tu n'es pas malade. J'ai rendez-vous avec lui à 11 heures. Et si, Hermione, attestait devant lui, en tant que ta guérisseuse attitrée, que tu souffres d'une pathologie quelconque qui te rend irresponsable ?
— Quelles pathologies ?
— La sexalgie ? Le syndrome de la baisette ? répondit Hermione d'une voix peu sûre.
Draco éclata de rire, en même temps que Blaise.
— Ils t'ont vachement bien cerné quand même !
— Et vous y gagnez quoi tous les deux ?
— Moi, en tant que futur responsable d'équipe, je trouve intéressant d'avoir, excuse-moi du terme, un ancien mangemort dans le service de détection des objets et sortilèges. Et puis, je vois que tu t'es bien accommodé au monde moldu. C'est utile ça aussi.
Draco renifla dédaigneusement au mot mangemort.
— Je ne sais pas ce que j'y gagne vraiment, hésita Hermione en regardant Harry. On va dire que c'est par curiosité professionnelle.
— Si moi je peux aussi rajouter un truc, dit Blaise, tu as été viré depuis moins de 24 heures et c'est déjà insupportable à vivre.
— Insupportable ?
— Tu as vu l'état de l'appart ?
— Et c'est de ma faute peut-être ?
— Il y a quelqu'un d'autre qui vit dans cet appartement ? Hein ? Bah non !
— Waouh ! Vous gérerez vos petites querelles plus tard. Je dois aller au ministère, il est bientôt 8 heures Dit Harry en haussant le ton. Je peux vous emprunter votre cheminée ?
Blaise acquiesça en faisant un large mouvement du bras en direction de la cheminée du salon. Hermione n'avait toujours pas bougé alors qu'Harry avait déjà un pied dans la cheminée. Draco, durant sa petite querelle avec Blaise, s'était collé à sa chaise.
— Malefoy, réfléchit bien ! Si tu acceptes, rejoins-nous dans mon bureau à 10 h 30. Sinon, eh bien, je te souhaite bonne chance. Zabini. Hermione. Ministère de la magie !
L'appartement redevint silencieux après le départ de Harry.
— Bon, eh, bien. Je vais y aller moi. Dit Hermione d'une voix toujours trop aiguë. Elle toussota pour s'éclaircir la voix.
Pour sortir de sa chaise, elle dut se faufiler entre Draco Malefoy et la table. Et lui ne fit rien pour aider à part la regarder avec un énorme sourire en coin.
— Ne te sens pas obligé, Granger. Tu sais… Blaise va partir bosser on ne sait où, et moi, je vais m'ennuyer tout seul. Si tu veux… On peut s'ennuyer à deux ?
Il caressait d'un doigt le revers du manteau d'Hermione, en la fixant de ses yeux bleus.
— Je peux t'aider pour ton petit problème de surchauffe…Il avait dit ça en se penchant vers elle.
Elle se baissa pour l'esquiver, le contourner, et attrapa son écharpe sur le bras du canapé avant de s'enfuir sans demander son reste.
Il était 11 heures moins dix, Hermione et Harry, qui étaient assis dans le bureau de l'Auror, attendaient en silence. Leurs yeux étaient fixés sur la trotteuse de l'horloge murale.
— Il ne va pas venir Harry.
— Encore 5 minutes Hermione. Je suis certain que si.
Quand les 5 minutes se furent écoulées, Harry soupira et se leva, il était l'heure de se rendre chez Goldstein.
— On aura essayé au moins.
— Bon, eh bien je vais rentrer chez moi, ou passer chez Fleury et Botts.
Hermione avait déjà enfilé son manteau et son écharpe et se dirigeait vers la porte.
— Tu ne peux pas sauver tout le monde Harry, sourit-elle. Allez, je te laisse.
Elle ouvrit la porte et s'avança sans réfléchir, en percutant le torse solide de Draco Malefoy qui attendait le poing levé.
— J'allais frapper. Tiens, je t'ai ramené ça.
Il tendit un dossier à Hermione qui le saisit aussitôt. Harry était arrivé dans son dos et souriait.
— J'en étais sûr. Allez, hop tout le monde dehors, on a une réunion qui nous attend !
Il poussa Hermione contre Malefoy dans le couloir, histoire de dégager le passage, et ferma sa porte derrière lui.
En trottinant à côté de Harry, elle jeta un coup d'œil au dossier que Malefoy lui avait rapporté.
— J'ai pensé, que peut-être, quitte à être malade, autant avoir un dossier médical. Ça ferait plus crédible auprès de Goldstein.
— C'est parfait ! S'exclama Harry. Comme ça, tu n'es plus un malade imaginaire.
NOTA BENE: N'hésitez pas à laisser un retour, je suis curieuse vos réactions.
