Chapitre XIII – On est ami, OK ?
Hermione n'avait pas été invitée à un bal depuis celui de sa quatrième année à Poudlard, lorsque Victor le lui avait demandé. Bien sûr, elle avait participé à maints bals depuis la fin de la guerre ; Les bals du ministère où elle avait accompagné Ron avant qu'il ne fréquente Parvati ; Les bals de Sainte-Mangouste, bien qu'elle n'y fût jamais restée plus d'un quart d'heure ; Les bals des associations, organisés pour récupérer des dons et qu'Hermione détestait par-dessus tout. Dans ce genre de bal, il était surtout question de montrer à son voisin qui avait la plus grande, ou la plus grosse baguette. La plupart du temps elle y allait seule.
Cette invitation incongrue de la part de Draco Malefoy, l'avait agréablement surprise et elle s'était dépêchée d'envoyer un hibou à Ginny pour l'en avertir. Celle-ci l'avait exhortée à venir dîner au Terrier le soir même, ce qui arrangeait Hermione qui avait attendu des nouvelles de la réunion de Malefoy toute l'après-midi. Au moins, elle pourrait apprendre des nouvelles de la bouche de Monsieur Weasley en personne.
Pour faire bonne mesure, Hermione s'était arrêtée, sur le trajet, dans une petite boutique moldue de seconde main pour acheter un walkman. Elle espérait qu'en amadouant Monsieur Weasley avec un objet moldu, il serait plus amène à lui répondre et à l'aider.
Elle avait même réussi à trouver une cassette de Phil Collins et était persuadée que c'était le genre de musique qu'Arthur Weasley allait apprécier.
Lorsqu'elle eut atterri dans le jardin du Terrier, elle se dirigea vers la petite porte de la cuisine dont la fenêtre brillait dans le noir de cette fin d'après-midi de Décembre. Cela faisait quelques mois qu'elle n'avait pas mis les pieds ici.
Lorsqu'elle entra, après avoir toqué rapidement, elle se retrouva étouffée par une paire de bras qui l'enlacèrent fortement.
— Ma chérie ! Dit Molly Weasley avec la voix chargée d'émotions. Ça fait si longtemps.
— Oh Madame Weasley, je suis désolé... J'ai été si occupée.
— Laisse-la respirer un peu Molly chérie, lui dit Arthur en riant. Bonsoir Hermione.
— Bonsoir Monsieur Weasley. Répondit-elle après s'être dégagée de l'emprise de la matriarche.
— Oh, tu aurais dû venir nous voir... Molly Weasley était retournée à ses fourneaux et avait lancé un sort de lessivage sur la vaisselle qui s'entassait dans le grand évier. ...Ils n'ont pas été tendre avec toi... Et cette Madame Torpen... !
Elle secouait la tête de dépit et, dans un autre geste de sa baguette, fît de la gazette du sorcier, qui traînait sur la table, une boule informe, avant de la jeter dans le feu ronflant de la cheminée. Hermione regarda une partie de son visage, qui était affiché sur la première page de la gazette, brûler doucement.
Le quotidien avait de nouveau parlé d'Hermione et de la babille, avec cette fois, en plus de tout le reste, un témoignage horrible de la part de Mme Torpen. Si seulement Hermione avait poursuivi son abonnement, elle aurait été au courant des dernières nouvelles à son sujet. Et, peut-être, aurait-elle pu anticiper la réunion du matin.
Elle souhaitait les informer de la nouvelle de son licenciement avant qu'ils ne l'apprennent dans le journal du lendemain, quand soudain, un bruit de souffle emplit la cuisine.
La cheminée s'était activée et trois silhouettes se matérialisèrent. James courut, le nez couvert de suie, dans les bras de sa grand-mère en poussant un petit cri de joie pendant que Ginny lançait des "bonjour" à la volée en le suivant.
Alors que Molly était occupée par la cuisine et son petit-fils, Hermione, Harry et Ginny discutaient avec Arthur. Hermione lui avait fourni le walkman discrètement. Elle tentait de lui faire comprendre à l'aide de Harry, sous les rires étouffés de Ginny, comment il fonctionnait. Alors que Monsieur Weasley s'extasiait sur l'utilité d'une cassette audio, Molly Weasley leur donna l'ordre de mettre la table. Elle profita d'un moment de solitude avec Monsieur Weasley, alors que Ginny et Harry faisaient s'entrechoquer des verres, pour demander, très discrètement, des nouvelles de Malefoy.
— Monsieur Weasley, comment... euh... s'est passée la réunion au sujet de Draco Malefoy ? Elle sentit ses joues rougirent un peu sous le regard surpris de Monsieur Weasley.
— Je ne pensais pas que les journaux disaient vrai au sujet de cette histoire, Hermione. Il la regardait par-dessus ses lunettes qui pendaient au bout de son nez. Alors vous deux...
— Non... non, c'est Rita Skeeter. Elle rougit encore un peu plus. Elle en fait toujours trop !
— Hum ! Après tout, vous êtes jeunes... Dit-il dubitativement, en faisant un arc de cercle de sa baguette qui fit se plier les serviettes sous la forme d'un petit canard. Cela ne me regarde pas ! Que voulais-tu savoir Hermione ?
— Est-ce qu'il a perdu son emploi ? Elle regardait le canard en tissus glisser sur l'assiette comme sur la surface d'un petit étang de porcelaine. Elle n'osait pas lever le regard vers Arthur Weasley, qui s'était mis à sourire en la voyant réagir.
— Non ! Hermione ouvrit la bouche pour répondre, presque soulagée. Mais... L'interrompit Monsieur Weasley, le regard grave. Il est en conditionnel. Il peut dire merci à la nièce de Goldstein.
— C-C'est bien ! Elle était soulagée intérieurement. La nièce de Goldstein ?
— Oui. Monsieur Weasley alla s'asseoir dans le fauteuil attenant à la cheminée. Je n'ai pas trop suivi cette histoire mais elle aurait interféré en sa faveur... C'est bien, c'est un bon élément tout de même !
— C'est étonnant... Hermione se souvenait parfaitement que toute cette histoire avait démarrée parce que Malefoy avait insulté la nièce de Goldstein, et tout ça à cause du sort de Harry. Qu'est ce qui avait bien pu faire changer d'avis sa nièce.
— Dans tous les cas, je ne suis pas fier de vous. Il avait dit ça d'un ton un peu tranchant, qui rompait avec sa bonhomie habituelle. Avec Harry, vous vous êtes comportés comme des adolescents, j'espère que ça n'arrivera plus.
Harry, qui avait entendu tout autant qu'elle, baissa les yeux alors qu'il remplissait la carafe d'eau.
Le dîner s'était déroulé dans la bonne humeur, quoique l'annonce de son licenciement avait enflammé les passions, surtout celle de Madame Weasley. Elle avait ainsi décrit à Hermione comment elle comptait remonter les bretelles de tout le conseil d'administration de Sainte-Mangouste et, comment elle exprimerait sa façon de penser à cette Madame Torpen si elle la croisait sur le chemin de traverse. C'est résolument soulagé et l'estomac plein, qu'Hermione retrouva Ginny assise sur le canapé du salon, alors que James dormait sur ses genoux.
— Alors licenciée hein ? Demanda son amie, en caressant les cheveux de son fils.
— Ouais... Elle s'affala dans le fauteuil alors qu'Harry arrivait avec du thé. ...C'est un peu l'aboutissement d'un mois de merde !
— Au moins tu ne te tapes pas un an de paperasses administratives... Commença Harry sous les regards noirs de sa femme et de sa meilleure amie. OK j'ai rien dit ! Du thé ?
— Tu vas faire quoi ? Elle se saisit de la tasse que lui tendait Harry, en faisant attention de ne pas réveiller son fils.
— Je ne sais pas. Elle regarda le plafond, pensive, et tournait en même temps la cuillère au fond de sa tasse. Je verrais après les fêtes...
— Oui ! Prends du temps pour toi ! C'est bien ça ! Dit d'un ton un peu trop enjoué Harry.
— Écoutes, Harry chéri, tu ne veux pas ramener James à la maison ? Dit Ginny de dépit.
— Non, je...
— Si, si, je t'assure que tu veux ! Elle le regarda intensément, les lèvres pincées.
Harry se plia à la volonté de sa femme et s'accroupit pour saisir leur fils dans ses bras avant de disparaître dans la cuisine.
— Je l'aime mais parfois ton ami est vraiment... Elle hésita. ...Il manque de tact.
Elles rirent de lui en se servant dans la pile de petits biscuits qui accompagnait le thé.
— Alors Malefoy ? Le bal ?
— Il n'y a donc que ça qui t'intéresse Mme Potter ? Rit Hermione.
— Excuse-moi d'essayer de vivre un peu par procuration. S'amusa Ginny, en rajoutant avec un clin d'œil appuyé. Pas que Harry et moi en ayons vraiment besoin, je te rassure.
— Whoa ! Hors limite ! Hors limite ! Rit Hermione, en se plaquant les mains sur les oreilles.
— Prude !
— Vicieuse !
Elles se mirent à rire, et Hermione s'étouffa légèrement en avalant de travers.
— Bon alors, Malefoy ?
— kof... kof... Bah il m'a invité au bal, toussa Hermione.
— Oui mais comment il a fait sa demande ?
Alors, elle lui raconta comment elle l'avait surpris au ministère et comment ils avaient passé leur temps à rire au sujet des déjeuners des autres. Elle n'oublia pas de lui mentionner comment Draco Malefoy l'avait regardée du haut de son mètre 90 quand elle lui avait dit au revoir.
— ...Et j'allais partir quand je l'ai entendu qui m'appelait. Je me suis retournée et...
— Il a couru à travers le département en criant ton nom ?
— Oui, mais...
— Et là, il t'a chopée par la taille et il t'a embrassée follement ! S'écria-t-elle.
— Non, il m'a demandée si je voulais venir au bal avec lui...
— Et après, il t'a embrassée follement. Elle souriait d'un air entendu.
— Toujours pas Gin ! Rit Hermione. Il a précisé, que c'était en ami, parce qu'il n'avait personne.
— Ouah ! Elle fit la grimace. Mais là, c'est toi qui l'as choppé par la chemise et vous avez fait l'amour sauvagement contre les grilles de l'ascenseur !
— Gin ! S'indigna légèrement Hermione. Elle but un peu de son thé avant de poursuivre, laissant un suspense intenable pour la jeune maman. Il a sûrement fait "l'amour sauvagement" mais pas avec moi.
— Hein ?
— Il a terminé en me serrant dans ses bras et en me disant que j'étais une "super amie". Elle leva le doigt pour interrompre la tentative de parole de Ginny. Et après, il est parti en me regardant et en disant je cite : "Je te laisse, il y a la petite blonde du secrétariat qui a proposé de me détendre".
Ginny ne sut pas quoi répondre à cela. Elle se contenta de murmurer un "Ah" peu engageant. Pendant plusieurs minutes, seuls les bruits de déglutition et le tic-tac de l'horloge se firent entendre.
— Mais ça te fait chier un peu non ? Tenta Ginny.
— De quoi ? Demande innocemment Hermione, ce à quoi Ginny répondit par un roulement des yeux. On est ami c'est tout.
— Je ne suis pas certaine que...
— On est ami, c'est tout Gin ! Insista Hermione.
— OK, OK ! Elle leva les mains pendant qu'elle disait cela. Bon mercredi après-midi, shopping ?
— Euh...
— OK vous êtes amis ! Sourit Ginny. Mais ça n'empêche qu'il te faut et il me faut une nouvelle tenue pour ce foutu bal.
— T'es sûre que...
— Oui ! Répondit fermement Ginny. Hors de question que je subisse encore les remarques désagréables des secrétaires du département de la Justice.
Le mercredi après-midi arriva bien trop vite au goût d'Hermione qui détestait faire du shopping. Elle avait demandé à Ginny si elle pouvait faire cette session dans le monde moldu. Hermione n'avait pas envie d'être confrontée aux regards qu'on lui lancerait sur le chemin de traverse. Rita Skeeter s'en était donnée à cœur joie au sujet de son licenciement. Elle appréhendait, de ce fait, la soirée de vendredi.
Elle emmena son amie, dans le centre commercial, dans lequel elle avait déjà emmené Malefoy quelques semaines en arrière.
La session dura toute l'après-midi. Ginevra Potter avait beau avoir un sacré caractère et savoir toujours ce qu'elle voulait dans la vie, cela ne s'appliquait pas en termes de shopping. Ce n'est qu'au bout de la énième boutique qu'elle trouva enfin sa tenue, au grand soulagement d'Hermione. En prenant le chemin de retour, elle n'arrêtait pas de lui répéter qu'au moins, avec cette tenue, elle était certaine qu'aucune autre sorcière n'aurait la même.
Hermione, elle, avait opté pour quelque chose de très classique, qu'elle envisageait de porter de nouveau lors des fêtes de fin d'année. Elle avait craqué sur une combinaison noire, aux manches en dentelle et au dos entièrement échancré. Elle avait, en plus, trouvé très hilarant que l'attache à l'arrière du cou soit agrémentée d'une petite chaîne en argent au bout de laquelle pendait une fausse émeraude d'un joli vert Serpentard. Ginny, lui avait dit que c'était très romantique, récoltant un regard agacé de son amie qui lui avait répondu, encore une fois : "On est ami, OK ?".
La veille du grand évènement, la nuit était tombée depuis un moment déjà, Hermione s'était préparée un petit programme bien être. Elle avait acheté une boite de ses chocolats préférés ; enfilé son plus beau pyjama ; sélectionné la VHS de Troie avec le très beau Achille et tressé ses cheveux. Alors qu'elle s'installait confortablement dans son canapé qu'elle avait agrandi magiquement pour atteindre la taille d'un lit et après avoir inséré la VHS, elle fût surprise par un bruit de claquement assez fort. Lorsqu'elle tourna la tête pour savoir d'où cela provenait, elle aperçût un hibou grand duc qui patientait sur le bord de sa fenêtre, en donnant de petits coups de bec.
Exaspérée, elle se leva de son canapé, non sans pousser un soupir et se dirigea vers celle-ci pour récupérer la lettre qui était accrochée à la patte du hibou.
Le sceau de la famille Malefoy luisait à la lumière de la lune et à sa vue, Hermione roula des yeux en poussant un petit râle.
Elle décacheta la lettre pour la lire, et ses yeux s'agrandirent à chaque phrase que l'héritier Malefoy avait écrite. Il lui demandait s'il pouvait passer la soirée chez elle car son colocataire avait décidé, sans son accord, d'organiser une immense soirée dans leur appartement. Ayant passé une très mauvaise journée au Ministère, il n'avait pas envie de rester parmi tous ces inconnus. Il avait rajouté au bas de la page qu'en tant qu'amie elle avait le devoir de lui venir en aide et avait tout de même pensé à y acculer un « s'il te plaît ».
Hermione rit de son culot, c'était tellement typique de Malefoy. Malheureusement pour lui, ce soir là, elle aussi voulait du calme, et inviter Draco Malefoy à passer la soirée avec elle n'augurait rien d'une soirée calme. Elle retourna le parchemin pour lui répondre par la négative et accrocha celui-ci à la patte du hibou qui patientait toujours en picorant dans la gamelle offerte. Alors qu'elle s'asseyait de nouveau dans son canapé, à peine 2 minutes après l'envoi de la lettre, quelqu'un frappa à sa porte.
Lorsqu'elle l'ouvrit, elle ne fût qu'à moitié surprise de trouver Draco Malefoy sous son porche une lettre froissée à la main.
— Comment as-tu fait pour être là aussi vite ? Demanda-t-elle, perplexe. J'ai envoyé la lettre, i peine deux minutes !
— J'attendais devant ton portillon que tu répondes. Il entra en la dépassant et sans lui demander son avis. Je me doutais que tu aurais répondu par la négative…
— Malefoy ! S'écria-t-elle en le suivant dans le salon et en claquant la porte d'entrée. On avait dit quoi sur le fait de rentrer chez les gens sans demander leur permission ?
— Oui mais maintenant on est ami ! Non ? Il lui fit un sourire diabolique alors qu'il avait déjà retiré ses chaussures et son manteau et qu'il s'écrasait dans le canapé-lit. Il n'avait pas pris la peine de s'habiller en partant et portait un jogging en coton bleu marine et un tee-shirt blanc. Hermione supposa en le regardant que ce devait être sa tenue pour dormir.
— Laisses tomber ! Tu es infernal. Elle soupira et se réinstalla dans le canapé qui était maintenant beaucoup moins spacieux.
— On regarde quoi ? Il avait dit ça alors que ses jambes étaient étendues à travers le canapé, son bras droit accroché au dossier, derrière sa tête, et sa main gauche posée sans gêne sur son entrejambe.
— Troie. C'est un film qui parle de…
— Déjà vu ! La coupa-t-il. Blaise m'avait emmené le voir, dans ce que les moldus appellent un cinéma.
— Je m'en fous, c'est ma soirée ! Elle agita sa baguette et les lumières s'éteignirent, les plongeant dans le noir. Elle donna un deuxième coup de baguette et le film démarra emplissant le salon d'une musique mystérieuse.
— Eh, Hermione, dis, comment tu fais ça ? Il s'était penché vers elle, toujours aussi impressionné de voir la technologie moldue répondre si bien à la magie.
— Chut… J'essaie de suivre.
— Tiens, on dirait moi quand j'ai séduit ces deux filles lors de la soirée du ministère il y a deux ans…
Le film avait à peine démarré et il était de nouveau penché à l'oreille d'Hermione pour lui faire part de son anecdote alors qu'à l'écran Achille était nu allongé entre deux femmes.
— Chut… Elle avait mis son doigt sur ses lèvres en le regardant.
Il s'était tu de nouveau, mais au grand désespoir d'Hermione cela ne dura pas longtemps.
— Elle est canon. Dit-il en parlant d'Hélène. Moi aussi j'aurais pu l'aimer…
— Merde Draco! Hermione avait stoppé le film et s'était tournée franchement vers lui. Tu choisis, tu es Achille ou tu es Pâris, mais tu le fais en silence.
— Je…
— OK ?
Il acquiesça en silence mais en levant les yeux au ciel, et elle relança la lecture du film. Dans ce court laps de temps, l'œil d'Hermione avait été attiré par le petit mouvement qu'il avait effectué. Sa main gauche qu'il avait depuis le début posé fièrement sur son entrejambe, avait glissé à moitié sous l'élastique de son pantalon et soulevé d'environ 5 centimètres son tee-shirt. Elle remercia merlin qu'il fasse si sombre pour cacher la rougeur de ses joues et que son regard soit désormais porté sur le film.
Elle ne put s'empêcher de jeter de rapide coups d'œil vers la bosse qu'elle devinait au bout de sa main à moitié cachée.
Hermione était absorbée par l'intrigue et après un certain temps, en avait même oublié que Draco Malefoy était avachi à ses côtés. La scène de sexe entre Briséis et Achille arriva, et elle sentit le poids du bras de Malefoy derrière sa tête. Il venait tout juste de le poser sur le dossier, derrière elle, se rapprochant inexorablement d'elle.
— ça ne te donne pas des envies Hermione ? Sa bouche était beaucoup trop proche de son oreille, selon elle.
Par inadvertance, enfin c'est ce qu'elle dirait à Ginny, elle jeta un regard à l'emplacement de sa main gauche. Celle-ci était désormais profondément enfoui sous son pantalon et par la force des choses avait légèrement fait baisser celui-ci, dévoilant le début de sa pilosité.
— Non… J-je… Pff pas du tout ! Elle se flagella mentalement d'être si peu crédible. Elle aurait bien été incapable de décrire ce qui s'était déroulé dans le film durant les deux dernières minutes.
— Parce que moi… Il s'était approché un peu plus, alors qu'elle se raidissait, ne sachant pas comment réagir. …ça me donne plein d'idées.
Sa voix était basse et grave. Elle vit sa main gauche bouger légèrement sous le tissus, et cela l'hypnotisa, alors qu'elle sentait une chaleur se répandre doucement en elle. Il ne la touchait même pas, pas même l'effleurement d'un cheveu.
— Dis, tu me sucerais ? Demanda-t-il sans détour, en retirant la main de son pantalon et la posant entre eux deux sans jamais la toucher.
— OK ! Je vais me coucher ! Elle se leva brusquement et s'enfuit dans sa chambre sans se retourner en lui lançant un « bonne nuit » étouffé.
Draco la regarda partir avec un grand sourire en coin avant de se rallonger sur le canapé les bras derrière la tête, pour regarder la fin du film.
Quand Hermione se réveilla tard en ce jour de bal, elle avait presque oublié que Draco Malefoy dormait dans son salon. Elle le retrouva, la tête posée sur un coussin coincé entre ses bras alors qu'il dormait sur le ventre.
Il n'avait plus son tee-shirt. Et pendant qu'elle buvait son café, adossée au comptoir de sa petite cuisine, elle le reluqua sans complexe.
Elle devait admettre qu'il avait un cul à damner Merlin, même ses pieds nus pouvaient être qualifié de beaux, c'en était vexant.
— Si tu continues à me reluquer comme ça Granger, je vais finir par croire que je te plais. Rit-t-il d'une voix encore enrouée par le sommeil.
Hermione prit une gorgée de son café et se força à se calmer avant de répondre. Elle ne devait pas perdre son sang-froid comme la veille au soir.
— Je ne te reluquais pas Draco. Dit-elle calmement alors qu'il se retournait posé sur un coude, l'autre main grattant le bas de son ventre, un sourcil relevé, pendant qu'il lui souriait. Je me demandais quand tu te réveillerais enfin ! Tu ne travailles pas aujourd'hui ?
— Le ministère est fermé aujourd'hui ! Il s'étira et la rejoignit près du comptoir. Ils doivent préparer le bal !
— Hey !
Il venait de lui soutirer sa tasse à café des mains et bût le restant de café d'une traite, avant de la lui rendre.
— Tu as bien, euh, dormi ? Tenta-t-elle, en remplissant de nouveau sa tasse qu'il avait vidée.
— Pas trop mal ! Il enfila son tee-shirt qu'il venait de récupérer par terre. Je ne me souvenais pas que ton canapé était si grand.
— Sortilège d'extension, murmura-t-elle dans sa tasse. Elle regrettait qu'il ait déjà remis son tee-shirt.
— Tu n'as pas vu la fin du film hier ! Il la regarda avec un grand sourire entendu, pendant qu'il enfilait ses chaussures.
— J'étais fatiguée. Elle se détourna de lui pour faire face à son évier et éviter de lui montrer son embarras. Quand enfin elle se retourna il était dans l'entrée et avait terminé d'enfiler son manteau.
— Tu pars déjà ?
— Pourquoi ? Sourit-il. Je vais te manquer ?
— Idiot ! Elle s'approcha de lui alors qu'il atteignait la porte d'entrée et s'apprêtait à l'ouvrir. Et non ! Et puis, on se voit ce soir ?
— Ce soir ? Il avait ouvert la porte et se trouvait désormais dehors sur le perron.
— Oui ce soir ! Le bal ! S'exclama t-elle comme si c'était une évidence. On se rejoint à quelle heure ?
Il avait fait encore un pas de plus à l'extérieur et était désormais dans la zone autorisée au transplanage. Elle le vit se frotter la nuque d'embarras et resserra par réflexe le gilet qu'elle portait.
— Ah ouais, commença t-il. Ce soir… J'ai oublié de te prévenir. J'y vais avec Laureline… Tu sais la nièce de Goldstein !
Hermione sentit sa gorge se resserrer.
— Mais si tu veux, tu peux y aller avec Blaise ! Proposa-t-il. Il est tout seul.
— Je… Hum ! Euh… non, non, c'est bon. Elle força sa bonne humeur pour faire bonne figure. Il y a un gars qui m'a demandé aussi… Donc bon !
Elle riait de nervosité à l'entente de son propre mensonge, alors que Draco la regardait avec œil dubitatif.
— C'est réglé alors ? Demanda-t-il anxieusement.
— Oui ! Oui ! Lui répondit-elle un peu trop vite pour que ce soit naturel. Je dois y aller…
— Hermione… commença-t-il, le ton un peu sévère.
— J'ai un truc de prévu.
Et elle claqua la porte d'entrée devant son regard inquisiteur, avant de s'asseoir contre elle.
Elle l'entendit murmurer.
— C'est qui ce connard qui t'a invitée Hermione ?
Elle retint son souffle quand elle vit son ombre à travers la chatière. Il était revenu sur ses pas et avait posé sa main sur la porte. Elle ferma les yeux et c'est au pop typique du transplanage qu'elle sût qu'il était parti.
