Les portes du bureau de Tom Jedusor s'ouvrirent brusquement dans un fracas assourdissant, projetant une ombre autoritaire dans l'embrasure. Minerva McGonagall, le visage impénétrable et le regard aussi tranchant qu'une lame, entra d'un pas vif et déterminé. Sa robe flottait derrière elle comme un étendard, et l'atmosphère elle-même semblait se plier à sa volonté. Tom Jedusor, assis nonchalamment derrière son bureau, ne leva qu'un sourcil en signe d'intérêt. Il esquissa un léger sourire, un rictus suffisant, mais il ne trompait personne. Derrière ce masque de calme se cachait une tension palpable.
« Professeur McGonagall, » murmura Jedusor d'une voix soyeuse, « quelle... agréable surprise. »
Minerva ne perdit pas une seconde. Elle claqua la porte d'un geste sec, le bruit résonnant comme un coup de tonnerre dans la pièce. Elle se planta devant le bureau, les bras croisés, son regard glacial rivé sur Jedusor, comme si elle pesait chaque mouvement, chaque respiration de l'homme devant elle.
« Assez de vos jeux, Tom, » dit-elle, sa voix tranchante et froide. « Je sais ce que vous essayez de faire avec Ronald Weasley, et je ne vous laisserai plus jamais l'approcher. »
Jedusor pencha légèrement la tête, son sourire se transformant en une moue plus curieuse, mais ses yeux trahissaient une lueur d'inquiétude. Il n'était pas habitué à ce genre de confrontation, encore moins avec quelqu'un qui irradiait une telle force.
« Ronald Weasley... » répéta-t-il d'un ton nonchalant, jouant distraitement avec sa baguette entre ses doigts fins. « Ah, oui. Un élève prometteur, doté de dons fascinants. Vous savez, Minerva, je n'ai fait que... guider ces dons vers leur plein potentiel. »
Minerva serra les poings, mais son visage resta de marbre. « Guider ? Vous avez manipulé et torturé son esprit, cherchant à exploiter ses pouvoirs pour vos propres desseins. Je ne tolérerai plus cela. Vous avez joué avec lui comme un marionnettiste avec ses fils, et cela s'arrête maintenant. »
Le sourire de Jedusor se fit plus mince, plus serré. Il savait qu'il ne pourrait pas balayer d'un revers de main cette confrontation. « Je ne fais que révéler ce qui sommeille déjà en lui, » dit-il d'une voix mielleuse. « Vous, Dumbledore, nous jouons tous avec ces enfants pour une cause, n'est-ce pas ? »
Minerva se pencha en avant, ses yeux flamboyant d'une colère maîtrisée. « Ne vous comparez pas à Albus Dumbledore. Il ne vous ressemble en rien. Et moi, encore moins. »
Jedusor sourit, mais il commençait à ressentir la puissance qui émanait de McGonagall. Cette femme n'était pas seulement une enseignante dévouée ou une protectrice d'élèves ; elle était un roc. Une tempête en attente de déferler. « Ah, mais Albus, » murmura-t-il, sa voix devenant plus insinuante, « il n'est pas aussi différent de moi que vous aimeriez le croire. Pensez-y, Minerva. Il utilise Ron aussi. Peut-être pas de la même manière, mais il l'utilise, tout comme moi. Pour le bien commun, bien sûr, mais n'est-ce pas la même chose ? Où se trouve la ligne entre le bien et le mal quand les deux côtés manipulent pour arriver à leurs fins ? »
McGonagall, imperturbable, s'avança encore d'un pas, rendant l'atmosphère du bureau presque étouffante pour Jedusor. Elle était là, debout, solide comme un roc, et l'énergie qui l'entourait semblait faire vaciller les murs eux-mêmes.
« Albus Dumbledore a peut-être ses propres méthodes, » dit-elle d'une voix basse et menaçante. « Mais sachez ceci, Tom : Ronald Weasley n'est pas un pion. Il n'est pas un outil à manipuler, que ce soit pour vous ou pour quiconque. »
Jedusor, pour la première fois, recula légèrement dans son fauteuil. La colère froide et contrôlée de McGonagall semblait prendre des proportions qu'il n'avait pas anticipées. Il tenta de conserver son calme, mais l'inquiétude était désormais palpable dans son regard.
« Vous... vous le considérez donc comme votre fils, n'est-ce pas ? » demanda-t-il, essayant de retrouver son contrôle.
« Oui, » répondit McGonagall sans la moindre hésitation. « Je l'ai vu grandir, j'ai veillé sur lui comme une mère veille sur son enfant. Et croyez-moi, Tom, je vous promets que si vous osez encore une seule fois jouer avec ses émotions, ses dons, ou sa vie... vous découvrirez ce que cela signifie réellement de se confronter à quelqu'un qui protège les siens. »
L'intensité de ses paroles fit taire Jedusor. Le calme inquiétant de McGonagall était plus terrifiant que n'importe quelle explosion de colère. Elle n'avait pas besoin de crier pour affirmer son autorité, elle incarnait la force brute du devoir et de la protection.
Jedusor, tentant de sauver la face, haussa les épaules. « Vous êtes peut-être trop émotive, Minerva. Nous avons tous des rôles à jouer dans cette guerre. Peut-être que vous devriez prendre du recul et réfléchir à ce que Dumbledore fait aussi. Il vous manipule tous, pour son 'grand dessein'. »
Minerva recula légèrement, son regard perçant à travers l'âme de Jedusor. « Je sais très bien ce que fait Albus. Mais sachez ceci, Tom : peu importe les plans, les stratégies, et les jeux de pouvoir qui se jouent autour de nous... pour moi, Ronald passera avant tout le reste. Avant Dumbledore, avant cette école, avant cette guerre. »
Jedusor resta silencieux, ne trouvant rien à répondre. La force implacable qui se tenait devant lui lui rappelait qu'il n'était pas aussi intouchable qu'il le pensait. Il avait vu beaucoup de gens dans sa vie – certains puissants, d'autres manipulables – mais Minerva McGonagall était une force de la nature qu'il ne pouvait ni briser ni corrompre.
Minerva fit un dernier pas en avant, se penchant légèrement pour être à la hauteur de son visage. « C'est votre seul avertissement, Tom. Si vous osez encore une fois approcher Ron ou tenter de manipuler ses pouvoirs, je vous détruirai. »
Alors que Minerva McGonagall faisait face à Tom Jedusor, l'air chargé d'une tension palpable, une nouvelle vague de puissance monta en elle. Elle sentit un changement brusque, comme un souffle chaud qui traversait son corps. Ses émotions, sa colère, et son amour protecteur pour Ron semblaient atteindre un point de non-retour. Mais ce n'était pas uniquement sa propre force qu'elle ressentait. C'était autre chose. Quelque chose de plus grand.
Et puis, elle comprit.
Ron.
Au moment où elle s'était avancée vers Jedusor, prête à le confronter seule, une énergie familière, vibrante et crue, s'était connectée à elle. Ron, depuis sa chambre isolée, avait senti la confrontation. Sa connexion empathique avec Minerva, qu'il n'avait jamais explorée auparavant, s'était éveillée. C'était comme s'il pouvait ressentir sa détermination, sa colère, et son besoin de le protéger. Instinctivement, il avait canalisé une partie de sa propre puissance dans ce lien.
McGonagall, bien que surprise, accueillit cette connexion. Ron lui transmettait une énergie si forte, si pure, qu'elle avait l'impression de devenir un canal pour ses pouvoirs. Un flot incessant de magie brute, une tempête d'émotions incontrôlées mais dirigées par une volonté partagée : celle de mettre fin aux manipulations de Tom Jedusor.
Le bureau de Jedusor sembla soudainement se resserrer autour d'eux, comme si l'espace même pliait sous la pression écrasante de cette nouvelle puissance.
Jedusor, qui jusque-là avait maintenu son air confiant et provocateur, sentit l'atmosphère changer d'une manière qu'il n'avait pas anticipée. Il recula instinctivement, sentant le sol sous ses pieds vibrer.
Minerva fit un pas en avant, et cette fois, la puissance qui émanait d'elle était si écrasante que même Jedusor, pourtant maître de ses émotions et de son pouvoir, ne put s'empêcher de frémir.
« Vous n'avez aucune idée de ce que vous venez de déclencher, » dit-elle d'une voix basse, mais terriblement puissante. Son regard semblait transpercer Jedusor, et derrière elle, l'air crépitait de magie pure.
Jedusor, pour la première fois, perdit son sourire. Il sentit cette force monter, cette vague de pouvoir qui n'était pas seulement la sienne. Il se redressa, tentant de reprendre le contrôle. « Vous... Vous ne pouvez pas croire que cette... démonstration de force changera quoi que ce soit, Minerva. Dumbledore est... »
Mais avant qu'il ne puisse terminer sa phrase, l'énergie qui traversait McGonagall se concentra en un point. Un éclat de lumière enveloppa la pièce, forçant Jedusor à lever les mains pour se protéger. L'énergie de Ron s'était intensifiée à travers Minerva, une force si écrasante que même un sorcier de la stature de Tom Jedusor ne pouvait plus l'ignorer.
Le sol trembla sous ses pieds, et Jedusor sentit soudainement ses genoux fléchir contre sa volonté. Une pression invisible, écrasante, s'abattit sur lui, le forçant lentement mais sûrement à ployer sous cette force démesurée.
McGonagall, les yeux flamboyant d'une lueur féroce, leva une main, et sans même toucher Jedusor, elle le fit tomber à genoux devant elle. C'était la puissance combinée de deux forces : la sienne, forgée par des décennies de maîtrise, et celle de Ron, brute, indomptée, mais incroyablement puissante.
« Je vous avais dit de ne plus jamais approcher Ron, » dit-elle d'une voix calme mais implacable. « Vous n'avez aucune idée de la puissance que vous avez réveillée. »
Jedusor, à genoux, sentit chaque mot peser sur lui comme une sentence. Il avait sous-estimé la connexion entre McGonagall et Ron, sous-estimé le lien qui les unissait. Ce n'était plus simplement Minerva qui le confrontait. C'était la puissance protectrice d'une figure maternelle, combinée à la force brute d'un sorcier aux dons extraordinaires.
« Vous ne pouvez pas... » balbutia Jedusor, son arrogance vacillant pour la première fois.
McGonagall s'approcha lentement, sa présence écrasante. « Je peux. Je le ferai. Comme je vous l'ai dit il est comme mon fils, et vous avez fait l'erreur de le prendre pour un pion dans votre jeu. »
Jedusor tenta de se redresser, de résister, mais la force qu'il affrontait était trop grande. La magie l'écrasait de tous les côtés, la volonté de Minerva, renforcée par la puissance de Ron, le forçait à plier.
Minerva se pencha légèrement, ses yeux plantés dans ceux de Jedusor, qui peinait à soutenir son regard. « Si vous osez encore une fois approcher Ron, » murmura-t-elle d'une voix basse mais perçante, « vous découvrirez ce qu'il en coûte de se dresser contre ceux que je protège. »
Jedusor, malgré tout son pouvoir, sentit la peur véritable l'envahir. Cette femme n'était pas à sous-estimer. Et la puissance qu'elle canalisait n'était pas seulement la sienne. C'était celle de Ron, une force qu'il avait sous-évaluée, une force qui le terrassait maintenant.
Minerva recula d'un pas, laissant Jedusor à genoux devant elle, haletant sous la pression. Puis, doucement, elle relâcha l'emprise qu'elle avait sur lui. L'énergie de Ron se dissipa lentement, la pièce redevenant silencieuse, mais le message était passé. Tom Jedusor venait d'expérimenter la véritable signification de la puissance protectrice.
« Je vous ai prévenu, » dit-elle enfin, d'une voix calme mais tranchante comme l'acier. « Ne vous approchez plus jamais de Ron. »
Jedusor, se redressant péniblement, tenta de retrouver son air suffisant, mais la peur ne quittait pas ses yeux. Il savait maintenant que cette force n'était pas à provoquer. Minerva McGonagall n'était pas seulement une sorcière puissante. Elle était un mur infranchissable lorsqu'il s'agissait de protéger ceux qu'elle aimait.
Sans un mot de plus, Minerva quitta le bureau, la tête haute, sa robe flottant derrière elle comme un drapeau de victoire. Elle savait que cette bataille était loin d'être terminée, mais aujourd'hui, elle avait montré à Tom Jedusor qu'il ne gagnerait pas aussi facilement. Pas tant qu'elle serait là pour protéger Ron.
Et alors qu'elle s'éloignait, elle ressentit à nouveau cette connexion subtile avec Ron. Une vague de gratitude et de chaleur traversa son esprit, confirmant ce qu'elle savait déjà : Ron avait senti chaque instant de cette confrontation, et il savait qu'il n'était plus seul.
Minerva McGonagall marchait d'un pas rapide et déterminé à travers les couloirs déserts de Poudlard, ses pensées tournant autour de l'intense confrontation qui venait d'avoir lieu avec Tom Jedusor. La force que Ron lui avait transmise à travers leur connexion psychique l'avait non seulement surprise, mais aussi remplie d'une fierté et d'une inquiétude profondes. Ce garçon, qu'elle considérait comme son propre fils, avait révélé une partie de ses pouvoirs à leur ennemi le plus dangereux. Elle savait que Ron avait agi avec les meilleures intentions, mais cela signifiait aussi que Jedusor connaissait désormais une facette de sa puissance.
Minerva arriva devant la porte de la chambre isolée où Ron se reposait. Elle s'arrêta un moment, reprenant son souffle et tentant de calmer son esprit. Elle savait qu'elle devait le confronter à propos de ce qu'il avait fait, mais elle voulait aussi s'assurer qu'il comprenne à quel point elle l'aimait et le protégerait toujours.
Elle poussa la porte doucement et entra dans la pièce, où Ron était allongé sur un lit, les yeux rivés au plafond. Il semblait épuisé, non seulement physiquement, mais aussi émotionnellement. Dès qu'il sentit la présence de McGonagall, il tourna lentement la tête vers elle, son visage marqué par une tristesse profonde.
« Professeur, » murmura-t-il, sa voix rauque.
Minerva ferma la porte derrière elle et s'avança vers lui. « Ronald, » dit-elle doucement, mais son ton était empreint d'une gravité qu'il ne pouvait ignorer. « Nous devons parler de ce qu'il s'est passé avec Jedusor. »
Ron se redressa lentement, une ombre de culpabilité passant sur son visage. « Je... je suis désolé, » dit-il, baissant les yeux vers ses mains. « Je pensais bien faire en te protégeant. »
McGonagall s'assit sur le bord du lit, fixant Ron avec tendresse. « Je sais que tu voulais me protéger, Ron, et je te remercie pour cela. Mais en révélant tes pouvoirs à Jedusor, tu as aussi montré à notre plus grand ennemi une partie de toi que nous devons absolument garder cachée. »
Ron hocha la tête, ses épaules se courbant sous le poids de cette révélation. « Je... je pensais que c'était la seule manière de te protéger. Je sentais sa présence, sa malveillance, et je ne pouvais pas rester là à ne rien faire. »
McGonagall le regarda longuement, puis elle posa une main ferme mais rassurante sur son épaule. « Ronald, ce que tu as fait est noble. Tu as voulu me protéger, et pour cela, je te suis reconnaissante. Mais tu dois comprendre que Jedusor est un manipulateur. Plus il en sait sur toi, plus il cherchera à te contrôler. »
Ron se mordit la lèvre, la tristesse s'accentuant dans ses yeux. « Je suis désolé, Marraine... Je pensais vraiment bien faire. Je ne voulais pas te mettre en danger. »
Minerva sentit une bouffée de tendresse maternelle l'envahir. Elle savait que Ron avait agi par amour et non par imprudence. Lentement, elle lui prit les deux mains dans les siennes, son regard se radoucissant. « Ron, » murmura-t-elle, « tu n'as pas à t'excuser. Ton instinct de protection est admirable. Mais je veux que tu saches que tu n'es pas seul dans cette bataille. Tu n'as pas à porter ce fardeau tout seul. »
Ron leva les yeux, les larmes menaçant de couler, mais il les retint. « Je sais que j'ai ma famille, et je sais que tu es là. C'est juste que... parfois, c'est trop, et je ne veux pas que qui que ce soit souffre à cause de moi. »
McGonagall serra doucement ses mains, lui offrant un sourire empreint d'une grande tendresse. « Tu ne nous fais pas souffrir, Ron. Tu es quelqu'un de spécial. Et je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour te protéger, comme je le fais depuis toujours. »
Ron sentit son cœur se serrer à ces mots. « Je t'aime, Marraine, » dit-il d'une voix brisée, « mais... le lien que nous avons, c'est plus que le lien du sang. J'aime ma mère, Molly, plus que tout, mais toi et moi... c'est différent. C'est comme si tu avais toujours été là, veillant sur moi. »
Minerva sentit ses yeux s'humidifier à son tour. Elle savait que son lien avec Ron était spécial, au-delà des liens de parenté. Elle l'avait pris sous son aile dès son plus jeune âge, veillant sur lui comme une mère le ferait, même si ce n'était pas son rôle de naissance.
« Tu as raison, » dit-elle doucement, sa voix légèrement tremblante. « Ce lien que nous partageons est unique, et je le chéris. Tu n'es pas seulement mon filleul, Ron. Tu es comme mon fils. Et je ferai tout pour te protéger, peu importe ce que cela me coûte. »
Ron la regarda, son cœur se réchauffant à ces mots. Il sentait cette connexion avec Minerva, cette force inébranlable qui l'avait toujours soutenu, et il se rendait compte qu'il n'avait pas à tout affronter seul.
« Et moi, » murmura-t-il, sa voix plus ferme maintenant, « je te protégerai aussi. Je ne veux pas que tu souffres à cause de moi, ni que tu sois blessée par tout ça. Peu importe ce qu'il arrivera, je serai toujours là pour toi, comme tu l'as toujours été pour moi. »
Minerva ne put s'empêcher de sourire. Elle ouvrit les bras et, sans hésiter, Ron se pencha pour l'enlacer. C'était un moment rare, empreint de tendresse, où les rôles de professeur et d'élève s'effaçaient pour laisser place à quelque chose de plus profond : un amour maternel et filial qui transcende les liens du sang.
« Nous veillerons l'un sur l'autre, » murmura-t-elle contre son épaule, sentant les larmes qu'elle avait refoulées couler enfin. « Toujours. »
Ron hocha la tête, se blottissant dans son étreinte, sentant enfin un poids se lever de ses épaules. Ce lien entre eux était indéfectible, une force qui les soutiendrait dans les épreuves à venir. Et avec cette certitude, il savait qu'il était prêt à affronter n'importe quel défi.
Hermione traversait les couloirs de Poudlard avec une détermination qui ne la quittait jamais lorsqu'il s'agissait de Ron. Cela faisait deux semaines, deux longues semaines, depuis que Ron avait été isolé dans la pièce secrète de McGonagall après l'incident avec Jedusor. Et depuis ce jour, elle n'avait plus pu le voir. Son cœur s'alourdissait chaque jour davantage, rongé par l'inquiétude et l'incertitude.
Elle avait entendu des murmures parmi les élèves – des rumeurs sur l'état de Ron, sur ses pouvoirs devenus instables. Mais Hermione ne voulait pas se fier aux rumeurs. Elle avait besoin de le voir, de le toucher, de lui parler, de comprendre ce qu'il traversait réellement. Elle savait qu'il avait eu de nombreuses conversations avec McGonagall et Dumbledore, mais elle, elle se sentait inutile, mise à l'écart. Elle voulait être là pour lui, comme ils se l'étaient promis.
En arrivant devant le bureau de McGonagall, elle prit une grande inspiration avant de frapper à la porte. Après quelques secondes, la porte s'ouvrit et McGonagall, imposante et calme comme toujours, se tenait là.
« Miss Granger, » dit-elle, sa voix neutre mais douce. « Que puis-je faire pour vous ? »
Hermione hésita un instant avant de parler. Elle savait que la situation était délicate, mais son besoin de voir Ron était plus fort que tout. « Professeur... Cela fait deux semaines que Ron est isolé. Je... je voudrais le voir. S'il vous plaît. »
McGonagall la regarda un moment en silence, réfléchissant à la requête d'Hermione. Elle connaissait l'amour profond qui liait Ron et Hermione, mais elle savait aussi que les pouvoirs de Ron étaient encore loin d'être stables.
« Miss Granger, » commença McGonagall d'une voix mesurée, « je comprends votre inquiétude. Mais vous devez savoir que Ron traverse une période difficile. Ses pouvoirs sont toujours instables. »
Hermione serra les poings, la frustration perçant à travers son ton. « Je le sais, Professeur. Mais je l'aime, et je veux être là pour lui, même si ses pouvoirs sont instables. Je ne veux pas qu'il affronte tout ça seul. »
McGonagall, qui connaissait bien le cœur d'Hermione, la regarda avec un mélange de bienveillance et de sérieux. Avant de répondre, elle sentit quelque chose de familier. Une vibration subtile, une présence dans son esprit. C'était Ron. Leur lien psychique, toujours présent en arrière-plan, s'était éveillé. Et cette fois, elle sentait clairement sa détresse.
Ron. Il était là, quelque part, dans son esprit, presque en train de supplier.
« Marraine... s'il te plaît, laisse-la venir. J'ai besoin d'elle. »
McGonagall ferma un instant les yeux, ressentant la profondeur de l'appel silencieux de Ron. La connexion entre eux était plus forte que jamais, et elle savait qu'il avait besoin de voir Hermione autant qu'Hermione avait besoin de le voir.
Elle rouvrit les yeux et croisa le regard d'Hermione. « Ron a besoin de vous, » murmura-t-elle finalement. « Et je pense que vous avez raison, Miss Granger. Vous devriez le voir. Mais sachez que ses pouvoirs sont encore instables, et qu'ils réagissent souvent à ses émotions. Vous devrez faire preuve d'une extrême prudence. »
Hermione, les yeux brillant de gratitude et d'inquiétude mêlées, hocha la tête. « Je comprends, Professeur. Je ferai attention. Je veux juste être là pour lui. »
McGonagall l'observa un moment, puis se redressa. « Très bien. Suivez-moi. »
Elles traversèrent les couloirs silencieux de Poudlard, jusqu'à une aile reculée où peu d'élèves s'aventuraient. C'était un lieu que McGonagall utilisait rarement, sauf pour des situations comme celle de Ron, où l'isolement était nécessaire.
En approchant de la pièce secrète, Hermione sentit son cœur s'accélérer. Cela faisait tellement longtemps qu'elle ne l'avait pas vu, et même si elle avait peur de ce qu'elle découvrirait, son amour pour Ron la poussait à avancer sans hésitation.
McGonagall s'arrêta devant une porte simple, presque banale, si ce n'était la magie puissante qui l'entourait, comme une barrière protectrice. Elle posa sa main sur la poignée, hésitant une dernière fois. « Rappelez-vous, Miss Granger, ses émotions et ses pouvoirs sont intimement liés. Il a beaucoup progressé, mais il est encore en équilibre fragile. Soyez douce avec lui. »
Hermione hocha la tête, son regard déterminé. « Je le serai. »
McGonagall ouvrit la porte, et Hermione entra doucement.
La pièce était baignée d'une lumière tamisée, et au centre se trouvait Ron, assis sur un lit, le visage fatigué mais concentré. Dès qu'il la vit, ses yeux s'ouvrirent grand, comme s'il n'en croyait pas ses yeux. Il se redressa, ses émotions visibles sur son visage. La connexion entre eux, si forte, sembla vibrer instantanément.
« Hermione... » murmura-t-il, la voix rauque, pleine de soulagement et d'émotion.
Hermione, sans un mot, traversa la pièce et s'approcha de lui, ses yeux remplis de larmes retenues depuis trop longtemps. Elle s'assit à côté de lui, prenant doucement ses mains dans les siennes. Le contact entre eux était à la fois fragile et puissant, comme un fil tendu entre deux cœurs qui se cherchaient depuis des jours.
« Ron, » murmura-t-elle enfin, ses yeux rivés aux siens. « Je suis là. »
Ron baissa la tête, incapable de retenir les larmes qui menaçaient de couler. « J'ai tellement... tellement essayé de te protéger, mais... c'était égoïste. Je ne voulais pas que tu voies à quel point je suis instable. »
Hermione serra ses mains plus fort. « Je ne veux pas que tu me protèges en m'éloignant, Ron. Je veux être à tes côtés, peu importe ce qui se passe. »
Ron releva les yeux, ses émotions tourbillonnant en lui. Il sentait la chaleur d'Hermione, son amour, et malgré ses pouvoirs instables, il se sentait apaisé en sa présence.
« J'ai tellement de choses à te dire, » murmura-t-il, sa voix brisée. « Mais la seule chose qui compte, c'est que tu es ici. Et je... j'ai besoin de toi, Hermione. »
Hermione se rapprocha encore, leurs fronts se touchant doucement, leurs respirations se mêlant. « Tu m'auras toujours, Ron. Toujours. »
À cet instant, leurs émotions s'entremêlèrent, mais cette fois, au lieu de déclencher une instabilité magique, la présence d'Hermione apaisa les turbulences à l'intérieur de Ron. Leur amour, leur connexion, devenait un ancrage dans cette mer de chaos.
