La route avait été longue et éreintante, et l'aube commençait à poindre lorsque Ron atteignit enfin l'endroit indiqué dans les notes de McGonagall. Une vieille église en ruines se dressait devant lui, ses pierres usées par le temps et envahies par la végétation. L'air était lourd, presque oppressant, et une étrange énergie semblait vibrer autour des lieux. Ron resserra sa prise sur sa baguette et s'avança prudemment.

L'intérieur de l'église était sombre, seulement éclairé par quelques rayons de lumière filtrant à travers les fissures des murs. Il avançait lentement, chaque pas résonnant dans le silence pesant. Au centre de la pièce, sur un autel couvert de poussière et de toiles d'araignée, reposait ce qu'il pensait être la Lyre d'Équilibre. Son cœur s'accéléra. Il était si proche.

Mais au moment où il tendit la main vers l'artefact, une voix glaciale s'éleva derrière lui.

« Alors, c'est toi, le petit Weasley. Je me demandais combien de temps il te faudrait pour arriver ici. »

Ron se retourna vivement, sa baguette levée. Bellatrix Lestrange se tenait là, son sourire cruel illuminé par une lueur malsaine dans ses yeux. Sa baguette était déjà pointée sur lui.

« Tu es bien courageux, je te l'accorde, » ricana-t-elle. « Mais tu es aussi incroyablement stupide si tu pensais que tu pourrais t'approcher de cet endroit sans attirer l'attention. »

Ron ne répondit pas, se préparant au combat. Bellatrix leva sa baguette, et le duel commença.

Les sorts fusaient dans toutes les directions, éclairant les murs sombres de l'église d'éclats violents. Ron esquiva un Sectumsempra de justesse et riposta avec un Stupefix, qui fut bloqué d'un simple geste de la main par Bellatrix. Elle riait, un rire dément qui résonnait dans l'espace confiné.

« C'est tout ce que tu as, petit garçon ? » lança-t-elle en envoyant un sort explosif qui fit voler en éclats une partie de l'autel.

Ron se releva avec difficulté, le souffle coupé. Son épaule saignait, mais il refusait d'abandonner. Il se concentra, laissant ses pouvoirs empathiques s'activer. Il sentit un éclat de surprise chez Bellatrix lorsqu'elle vacilla légèrement, désorientée par la vague d'émotions qu'il lui envoya.

« Assez ! » cria-t-elle, furieuse. Elle leva sa baguette pour un dernier sort, mais avant qu'elle ne puisse l'incanter, un éclair de lumière jaillit de l'entrée. McGonagall apparut, sa baguette brillant d'une lueur intense.

« Reculez, Bellatrix ! » tonna-t-elle, sa voix résonnant comme un coup de tonnerre. Bellatrix hésita un instant, avant de transplaner dans un éclat de fumée noire, laissant derrière elle un rire sinistre.

McGonagall se précipita vers Ron, qui s'effondra à genoux, épuisé. Elle posa une main ferme sur son épaule.

« Nous devons partir, maintenant, » dit-elle d'un ton qui ne laissait pas place à la discussion.

Ron regarda l'autel, mais la Lyre avait disparu. À sa place, un parchemin froissé était posé. Tremblant, il le ramassa et lut les mots écrits d'une écriture soignée :

"C'est moi qui ai ton objet tant convoité. Amuse-toi bien à me trouver.

R.A.B."

Le cœur lourd, Ron serra le message dans sa main. Il avait échoué.

À St. Mangouste, Ron ouvrit les yeux sous la lumière froide de l'infirmerie. McGonagall était à ses côtés, son expression dure, mais son regard trahissant une inquiétude sincère.

« Vous avez été imprudent, M. Weasley. Mais vous êtes vivant, et c'est tout ce qui compte. »

Ron tenta de se redresser, mais une douleur lancinante à l'épaule l'en empêcha. « Hermione... Daphné... Elles ne doivent pas savoir. Pas comme ça. »

McGonagall hocha lentement la tête. « Je m'en occupe. Reposez-vous. Vous aurez besoin de toutes vos forces pour ce qui vient ensuite. »

Quelques jours s'étaient écoulés depuis l'affrontement. Hermione et Daphné avaient remarqué l'absence prolongée de Ron, mais McGonagall avait inventé une excuse convaincante : il était en "mission d'entraînement spéciale" pour le compte de Dumbledore. Pourtant, l'inquiétude ne cessait de croître chez Hermione, qui passait de plus en plus de temps à chercher des indices sur son retour.

À St. Mangouste, Ron était en proie à un mélange de frustration et de douleur. Son épaule, bandée étroitement, lui rappelait son affrontement avec Bellatrix Lestrange. La note de R.A.B. tournait dans son esprit comme un poison, alimentant sa colère. Qui était cette personne, et pourquoi semblait-elle jouer avec lui ? Chaque réponse menait à plus de questions.

McGonagall entra dans la pièce, son expression à la fois sévère et empreinte de compassion. Elle tenait une enveloppe dans les mains. « Vous avez de la visite, » dit-elle doucement.

Ron se redressa légèrement, grimaçant de douleur. « Hermione ? »

McGonagall secoua la tête. « Non. Dumbledore m'a demandé de vous transmettre ceci. » Elle tendit l'enveloppe, que Ron ouvrit rapidement.

À l'intérieur, une nouvelle énigme était écrite :

"Le médaillon que vous cherchez est une clé, mais non la réponse. Cherchez là où le traître a trahi, et vous trouverez votre prochain indice."

Ron serra les poings, ses pensées s'emballant. Le traître ? Était-ce une référence à Regulus Black, le frère de Sirius ? L'énigme lui semblait familière, mais il n'arrivait pas à rassembler les pièces.

« Vous avez encore un long chemin à parcourir, Ronald, » ajouta McGonagall en voyant son expression. « Mais sachez que vous n'êtes pas seul. »

Ron hocha lentement la tête, ses pensées dérivant vers Hermione. Il devait guérir rapidement, non seulement pour continuer cette quête, mais aussi pour retrouver ceux qui comptaient sur lui.

Hermione se tenait près de la fenêtre de la bibliothèque, observant la pluie qui tombait sur les carreaux. Sa mâchoire était serrée, ses mains crispées sur un livre qu'elle n'avait pas encore ouvert. Chaque minute qui passait sans nouvelles de Ron la plongeait davantage dans une angoisse insupportable. Elle avait passé les derniers jours à chercher dans les archives de Poudlard, mais rien ne lui donnait le moindre indice sur l'endroit où il pouvait être.

Daphné entra discrètement, jetant un regard prudent à Hermione. La tension dans la pièce était presque palpable. « Toujours rien? » demanda-t-elle en s'asseyant en face d'Hermione.

Hermione hocha la tête, ses yeux toujours rivés sur la fenêtre. « Rien. Mais je sais qu'il lui est arrivé quelque chose. McGonagall ment. Je le sens. »

Daphné hésita, jouant nerveusement avec la manche de sa robe. « Si elle ment, c'est probablement pour une bonne raison. Peut-être qu'elle essaie juste de nous protéger. »

Hermione tourna brusquement la tête, son regard brûlant d'intensité. « Protéger? Ron a pensé la même chose, et regarde où ça l'a mené. Il a décidé de tout affronter seul, et maintenant il est peut-être… » Elle s'interrompit, incapable de prononcer les mots.

Daphné baissa les yeux, un mélange de culpabilité et de tristesse sur le visage. « Je m'en veux de ne pas avoir insisté davantage. Peut-être que s'il avait su qu'on était là pour lui, il aurait changé d'avis. »

Hermione inspira profondément, essayant de calmer la tempête qui faisait rage en elle. « Ce n'est pas ta faute, Daphné. Ron est… borné. Quand il pense protéger les autres, il oublie qu'il a besoin d'eux. »

Un silence s'installa entre les deux jeunes femmes, chacune perdue dans ses pensées. Puis, Hermione se redressa soudainement, un éclat de détermination dans les yeux. « Si McGonagall ne veut pas nous dire la vérité, alors nous la découvrirons nous-mêmes. »

Daphné fronça les sourcils. « Comment? Elle ne va pas simplement nous laisser fouiller dans ses affaires. »

Hermione esquissa un sourire froid. « Nous n'avons pas besoin de sa permission. Poudlard regorge de passages secrets et de moyens d'obtenir des réponses. Et je connais quelqu'un qui pourrait nous aider. »

Daphné haussa un sourcil. « Qui? »

Hermione se leva, refermant son livre avec un claquement sec. « Fred et George. Ils ont toujours su contourner les règles mieux que personne. Si quelqu'un peut nous aider à découvrir ce que McGonagall cache, ce sont eux. »

Daphné resta silencieuse un instant, puis acquiesça lentement. « Très bien. Mais promets-moi une chose, Hermione: si nous trouvons quelque chose, tu ne partiras pas seule. Nous le ferons ensemble. »

Hermione croisa le regard de Daphné, sa mâchoire toujours serrée. « Ensemble. »

Et pour la première fois depuis des jours, elle sentit une lueur d'espoir naître dans son cœur.

Fred Weasley n'avait pas pour habitude de se retrouver dans des intrigues aussi sérieuses. Mais lorsqu'Hermione et Daphné l'avaient abordé dans la salle commune, leur expression sombre et leur détermination l'avaient intrigué. Sans poser trop de questions, il avait accepté de les aider. George, bien sûr, avait décidé de participer, ajoutant un peu de légèreté à l'atmosphère pesante.

Dans un coin isolé de la bibliothèque abandonnée, Fred feignait une profonde réflexion tout en jonglant avec des objets enchantés de sa boutique.

« Alors, Miss Granger, pourquoi tant de mystère ? Je croyais que tu étais la reine des règles ? » demanda Fred avec un sourire malicieux.

Hermione leva les yeux au ciel, mais un petit sourire trahit son amusement. « Nous n'avons pas le temps pour tes blagues, Fred. Ron est parti, et McGonagall nous cache quelque chose. »

Fred haussa un sourcil. « McGonagall cache des choses à Ron ? Voilà qui devient intéressant. »

Daphné intervint, son ton calme mais ferme. « Si vous pouvez nous aider à découvrir ce qu'elle sait, ce serait utile. Mais si tu continues à plaisanter, Fred, je te jure que je te transforme en botruc. »

Fred éclata de rire, son éclat résonnant dans la pièce. « Daphné Greengrass avec un peu de mordant ! C'est rafraîchissant. Ron devrait peut-être s'inquiéter pour sa place. »

Hermione, malgré elle, laissa échapper un rire. Observer Fred et Daphné échanger était... fascinant. Fred avait cette manière de briser les tensions avec son humour, tandis que Daphné gardait une façade stoïque, presque méprisante. C'était le contraire de Ron, toujours en proie à des doutes et une peur de mal faire.

Elle observa Fred plus attentivement. « Tu sais, » dit-elle soudainement, « toi et Ron êtes si différents. Il passe son temps à s'inquiéter de blesser les autres, et toi, tu fais tout pour les faire rire. »

Fred fit une pause, un sourire plus doux se dessinant sur son visage. « Eh bien, Hermione, il faut un peu de tout dans une famille, non ? Ron, c'est le pilier, celui qui prend les choses trop à cœur. Moi, je suis juste là pour m'assurer que le reste du monde n'oublie pas de sourire. »

Hermione baissa les yeux, touchée par cette remarque inattendue. « Peut-être que Ron pourrait apprendre un peu de toi. »

Fred lui adressa un clin d'œil. « Peut-être, mais ne lui dis pas. Ça gâcherait tout mon effet. »

Alors qu'ils reprenaient leurs plans, Hermione se sentit étrangement apaisée. Peut-être que, malgré tout, ils étaient plus proches de la vérité qu'ils ne l'avaient imaginé.

Le lendemain matin, Hermione et Daphné attendaient Fred et George dans un recoin du couloir menant à la salle sur demande. Fred, en avance, arriva les mains pleines de petits objets enchantés.

« J'espère que vous êtes prêtes pour une aventure épique digne de notre réputation, » déclara-t-il avec un sourire, brandissant un petit miroir magique. « Ce truc-là détecte les passages secrets quand on est vraiment, mais vraiment curieux. »

George arriva à son tour, une carte déployée sous le bras. « La Carte du Maraudeur. Croyez-moi, même McGonagall a du mal à se cacher quand on a ça entre les mains. »

Daphné observa les jumeaux avec scepticisme. « Donc votre grand plan repose sur des gadgets et une carte gribouillée ? »

George lui lança un regard offensé. « Ce n'est pas une carte gribouillée. C'est une œuvre d'art sorcier ! »

Hermione fronça les sourcils, se tournant vers Fred. « Et maintenant ? »

Fred tapota la carte et désigna une zone près du bureau de McGonagall. « Il y a un passage qui mène directement sous ses appartements. Un couloir secret, que peu connaissent. On y va ? »

Hermione hésita un instant, mais Daphné prit les devants. « Allons-y. Chaque seconde compte. »

Alors qu'ils s'élançaient dans le passage, Hermione ressentit une étrange appréhension. Cette quête pour la vérité ne serait pas sans risques, et quelque chose lui disait qu'ils étaient sur le point de découvrir bien plus qu'ils ne l'avaient imaginé.