Bonjour tout le monde ! Encore des bugs sur le site, j'espère que ça va se résoudre un jour ... Malheureusement, je ne peux pas y faire grand chose à part croiser les doigts. En attendant, je vous souhaite une très bonne lecture ! Dans ce chapitre, préparez-vous à un évènement primordial pour la suite de l'histoire.


« Dora, s'il te plaît ... » supplia Lunard, caché derrière Le Sorcier du soir.

Tonks était occupée à raconter à Patmol comment Lunard avait fait sa demande.

« -était nerveux la veille au soir, mais tu as débarqué, Sirius, et le jour d'après, il m'a à peine adressé la parole et j'ai pensé qu'il était juste inquiet, mais alors- »

Harry n'était pas particulièrement intéressé par l'histoire et aurait préféré que Ron ou Drago soit là avec lui pour pouvoir grimacer ensemble. Bien sûr, il était heureux pour Lunard et Tonks, mais contrairement à Patmol, il n'avait aucune envie d'entendre tous les détails.

« -assis dans un restaurant et il a commencé à me dire à quel point je comptais pour lui et à quel point il avait été heureux cette année, que ça avait été une sacrée année pour nous deux, et toutes sortes de belles choses sur moi et sur le fait qu'il ne me méritait pas, donc bon ... étant donné notre histoire, j'ai cru qu'il essayait de rompre avec moi … »

Patmol se mit à rire, tandis que Lunard se recroquevillait derrière son journal.

« Donc bien sûr, je lui ai dit que je ne voulais rien entendre, je lui ai demandé d'arrêter de parler pour que je puisse terminer mon dîner en paix- »

« Et j'imagine que Lunard t'a lancé ce regard éloquent et boudeur parce qu'il ne peut jamais être aimé. » dit Patmol en souriant largement.

Lunard lui fit une grimace par-dessus le journal et Patmol le fusilla du regard. Apparemment, Lunard lui avait aussi donné un coup de pied sous la table. Harry sourit largement.

« Quelque chose comme ça, dit Tonks en riant. Et je me suis sentie un peu coupable, alors je lui ai dit que j'avais eu une longue journée, que je n'étais pas d'humeur pour une rupture et il m'a fixé en clignant des yeux, avant de rire et de me dire que c'était tout l'inverse et puis- et bien- »

Elle leva la main et agita le doigt vers Patmol.

« Ce n'est pas de l'argent quand même ? » demanda Patmol en observant l'anneau avec intérêt.

Lunard baissa le journal et lui lança un regard éloquent.

« De l'or blanc ? »

Lunard inclina la tête.

« Et la pierre ? Ce n'est pas une opale, mais ça y ressemble, non ? »

Il retourna la main de Tonks, curieux. Elle semblait prête à exploser de rire et croisa le regard de Lunard.

« Non, ce n'est pas une opale. » confirma-t-elle.

Harry pensait que Patmol aurait laissé tomber le sujet si elle n'avait pas semblé aussi hilare et si Lunard n'avait pas semblé aussi motivé à se cacher.

« J'aurais du te laisser à la maison. » murmura Lunard, et Tonks lui tira la langue.

« Allez, je veux savoir. » dit Patmol, amusé.

Le silence se prolongeait dans la cuisine, seulement brisé par le rire de Tonks. Lunard tenait toujours sa main dans la sienne, donc il ne devait pas trop lui en vouloir même s'il continuait de la regarder avec un regard sévère. Finalement, il murmura quelque chose de manière si incohérente que ni Harry, ni Patmol ne comprirent.

« Pas compris, désolé. »

« J'ai dit, c'est une pierre de lune. » murmura Lunard.

Patmol le fixa pendant un long moment avant d'éclater de rire. Harry se mit aussi à rire et pendant un moment, en sécurité dans la cuisine du Square Grimmaurd, entouré de sa famille, Jedusor, le Basilic et le journal semblaient n'être que de lointains souvenirs.

Puis Patmol fronça les sourcils et sortit son Sidekick. Il murmura le mot de passe et le posa sur la table.

« C'est Black. » dit-il.

Harry pouvait dire à la façon dont il avait prononcé son nom qu'il ne s'attendait pas à être contacté. Lunard jeta un coup à Tonks, puis à Harry.

« Scrimgeour, lança la voix sèche de Scrimgeour, et l'amusement disparut complètement du visage de Patmol. Tu es toujours à Sainte Mangouste ? »

« Je suis à la maison, répondit Patmol. Qu'est-ce que- Croupton nous a offert une piste ? »

« Peter Pettigrow s'est évadé d'Azkaban. » dit la voix de Scrimgeour.

Harry se figea et croisa le regard de Tonks, sans trop savoir ce qu'il ressentait vraiment. Peter les éviterait sûrement – éviterait même tout le monde en fait, puisque tout le monde savait maintenant qu'il était coupable – mais Peter était un meurtrier, Peter avait fait emprisonner Patmol et aurait tué Lunard et Harry si Patmol ne l'avait pas trouvé en premier. Tonks posa alors une main sur le bras de Lunard et le frotta doucement. Le visage de Lunard s'était complètement fermé, mais Harry pouvait sentir à quel point il était bouleversé par cette nouvelle. Patmol avait juste l'air stupéfait. Scrimgeour continua à parler, indifférent.

« Les gardiens ont trouvé sa cellule vide à l'heure de la distribution des repas et il n'a pas été retrouvé sur l'île. »

« Comment ? réussit à articuler Patmol. Sa cellule était protégée contre les transformations et il n'avait pas de baguette- »

« Il semble qu'il a eu de l'aide, dit Scrimgeour. Il y a plusieurs suspects et demain, on va interroger tous les visiteurs de la journée, mais je pense que c'est Croupton. »

« Il n'est plus au Ministère ? » demanda Patmol.

« Si, dit Scrimgeour. Mais d'une façon ou d'une autre, il se trouvait aussi dans un bateau pour Azkaban au moment où il était admis à Sainte Mangouste. »

Patmol se recula un peu sur le banc et laissa échapper un soupir bruyant. Harry savait comment il se sentait.

« Quand est-ce que tu peux venir ? continua Scrimgeour. Avec Hemsley- »

Il y eut un silence inconfortable et Scrimgeour toussa.

« Et McKinnon qui n'est pas très en forme- »

« Non, en effet. Je peux être là dans dix minutes. » dit Patmol en se levant.

Il grimaça comme pour s'excuser auprès de Harry, Lunard et Tonks, mais Lunard agita la main et Harry hocha la tête. Patmol referma son Sidekick, serra l'épaule de Harry et s'élança vers les escaliers, les montant deux par deux. Quelques secondes plus tard, la porte de l'entrée claqua.


La semaine suivante fut bien longue. Scrimgeour n'avait pas appelé Sirius pour traquer Peter, pensant qu'il était trop impliqué émotionnellement, et lui avait plutôt ordonné de surveiller Croupton et son elfe de Maison, une elfe dont Sirius n'avait pas eu connaissance jusque-là. Croupton n'était pas en très grande forme et quand Wellington et Yaxley étaient arrivés à cinq heures le lendemain matin pour les relever lui et Finch, Croupton ne s'était toujours pas réveillé. Son elfe de Maison ne les avait pas aidé non plus. Elle était restée assise à son chevet et avait sangloté toute la nuit.

Fatigué, Sirius avait rendu une petite visite à Marlène – qui avait l'air un peu plus en forme que la nuit d'avant – et il avait transplané à la maison pour tomber sur Remus – qui n'avait pas dormi et qui l'attendait dans la cuisine avec une belle dose de thé. Le petit-déjeuner n'avait pas été très animé. Sans nouvelle de Peter et sans plus d'informations du côté de Croupton, Sirius n'avait rien à dire pour les réconforter, ni à Remus, ni à Harry, qui s'était réveillé et était venu les rejoindre.

Harry était censé rendre visite aux Weasley, mais avec Peter en cavale, aidé par Merlin-seul-savait-qui, Sirius n'était pas prêt à laisser Harry sortir du sortilège de Fidelitas. Il ne pensait pas que Peter recherchait Harry, mais il fut forcé d'admettre qu'il ne connaissait plus Peter comme avant et qu'il ne savait pas comment Peter se comporterait loin de l'influence des Détraqueurs. Ça et le fait que Peter avait la manie de vouloir tuer les Potter. Harry n'avait pas du tout aimé ça et avait prévu de protester, mais Remus était intervenu en soutenant Sirius.

Sirius suspecta que c'était pour cela que Harry ne s'était pas montré très réceptif à l'idée de partir en France pour la semaine, le temps que les choses se calment. En fait, il leur avait rappelé à tous qu'il était bel et bien le fils de Lily – personne n'avait crié sur Sirius de cette façon depuis un bon moment. Il leur avait aussi rappelé qu'il était jeune, mais pas complètement incompétent. Il avait réussi – comme il l'avait rappelé avec force – à s'en sortir face à un Basilic et à Voldemort, à peine deux jours plus tôt. S'il pouvait remonter le temps, Sirius n'aurait pas dit à son filleul que c'était exactement pour ça qu'ils essayaient de l'envoyer en lieu sûr jusqu'à ce qu'ils en sachent plus, pour qu'il puisse véritablement rester en dehors des événements cette fois. Harry avait salué Remus et Dora et s'était enfermé dans sa chambre sans un mot de plus.


FOLIE D'UN PERE

Par Benedict Heron

Bartemius Croupton Senior, Responsable déchu du Service de Coopération Internationale, a été ce jour condamné à vingt cinq ans à Azkaban pour l'utilisation d'un Sortilège Impardonnable, pour complicité d'évasion d'un détenu dangereux et pour avoir hébergé ce criminel à son domicile.

Le fils de Croupton, Barty Croupton Junior – qui a été condamné à perpétuité en 1981 pour des crimes commis pendant la guerre face à Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom et jusque très récemment, présumé mort – est maintenant en cavale, recherché par les Aurors et suspecté d'avoir aidé Peter Pettigrow à s'évader d'Azkaban plus tôt dans la semaine. Les deux hommes sont considérés comme étant très dangereux et ne doivent en aucun cas être approchés.

Croupton sera remplacé par Damaris Sprottle, qui n'a fait aucun commentaire sur cette nomination-

Maman replia le journal, Papa arrêta le moteur de la voiture et Ginny soupira en attrapant son sac. Dehors, les gens courraient sous la pluie, pressés de rejoindre la gare et Ginny se rendit compte qu'elle ne partageait pas leur empressement. Poudlard serait- différent pour elle maintenant. Comment pourrait-elle s'y promener en sachant qu'elle avait mis tout le monde en danger ? Comment pourrait-elle regarder ses professeurs dans les yeux ? Même s'ils n'avaient pas compris son implication en la voyant juste apparaître avec Ron dans le hall d'entrée, même s'ils étaient toujours ignorants, elle, elle savait.

Et puis, il y avait ceux qui savaient vraiment. Dans sa lettre à Ron, Harry avait dit qu'il n'avait pas le droit de venir les voir, mais Ginny avait pensé en privé que c'était parce qu'il savait qu'elle serait là et qu'il ne voulait pas la voir. Et quand Percy, Colin, Drago et Hermione se réveilleraient, comment était-elle censé leur parler sans se souvenir qu'elle avait failli les tuer et – dans le cas de Colin – qu'elle lui avait enlevé plusieurs mois de sa vie qu'il ne pourrait jamais rattraper ?

« Ginny, ma chérie, tu es sûre que c'est une bonne idée ? » demanda Maman.

Ginny acquiesça et se glissa sur le siège, puis s'approcha de Maman qui lui tenait la porte ouverte. Elle avait beau angoisser à l'idée de retourner à l'école, ça ne pouvait pas être pire que la semaine qu'elle venait de passer, coincée à la maison avec tout le monde qui la traitait comme si elle était en sucre ou à l'inverse, comme si rien ne s'était passé. Les jumeaux avaient opté pour cette attitude là, plaisantant, la forçant à sortir se promener ou à les regarder dégnomer le jardin. Ron gardait ses distances, ne voulant pas la forcer à parler ou à passer du temps avec lui, mais il n'était jamais très loin non plus, à part la nuit. Maman et Papa l'avaient fait asseoir le premier soir et lui avaient posé des questions. Elle n'avait pas voulu blesser toutes ces personnes, n'est-ce pas ? Tom l'avait-il touché lorsqu'il avait récupéré son corps ? Et pourquoi avait-elle cru des mots écrits dans un journal ?

Elle leur avait répondu que non, non et qu'elle était désolée. Elle ne leur avait pas dit qu'elle et Tom ne s'étaient pas juste écrit, mais qu'elle lui avait rendu visite dans son journal et qu'il était venu la voir, qu'il avait fait partie d'elle, qu'il avait été dans sa tête. Elle leur avait dit qu'elle allait bien, qu'elle n'avait que très peu de souvenirs des choses qu'elle avait fait sous ses ordres, mais c'était un mensonge. Elle se souvenait de sa voix, de son sourire, de la salle commune. Elle se rappelait du sentiment d'impuissance et de trahison quand il l'avait finalement piégé.

Et elle se souvenait aussi d'autres choses. Pas beaucoup, et cela ressortait aux moments où elle s'y attendait le moins, mais elle se surprenait à avoir des souvenirs de choses que Tom savait ou avait fait avant de s'enfermer dans le journal. Parfois, dans ses rêves de la semaine passée, Ginny était Tom, assis en classe de Sortilèges, installé avec d'autres garçons de Serpentard dans la salle commune à discuter des cours, des élèves ou des professeurs ou occupé à faire ses patrouilles de Préfet au milieu de la nuit dans les couloirs de l'ancien Poudlard.

« Ginny, tu es sûre que ça va ? »

Ginny leva la tête, surprise, et vit qu'ils étaient arrivés à la barrière. Ron venait juste de disparaître à travers et Papa et les jumeaux étaient déjà partis. La main de Maman était douce, mais ferme sur son coude et elle observait intensément Ginny.

« Je vais bien. » assura Ginny en libérant son bras.

Elle regarda autour d'elle, mais personne ne l'observait, donc elle traversa la barrière à son tour. Maman apparut derrière elle et avait l'air prête à en dire plus, donc Ginny l'enlaça rapidement et s'éloigna pour récupérer sa malle auprès de Papa qui les attendait. Elle le serra aussi dans ses bras et Papa l'aida à monter sa malle dans le train.

« On se voit en juin. » dit-elle en se forçant à sourire.

Elle se mit ensuite à la recherche d'un compartiment vide en traînant sa malle dans le couloir du train. Elle n'avait pas envie d'avoir de la compagnie et elle ne pensait pas non plus que quiconque voudrait de la sienne.

Lorsqu'elle passa devant leur compartiment, deux garçons de Serpentard de ses cours de Potions et de Défense sifflèrent dans sa direction comme le faisaient les serpents, et Ginny sentit son visage s'empourprer. En la voyant, un groupe de Poufsouffles de l'âge de Ron s'engouffra dans un autre compartiment, murmurant à propos de l'héritier. Harry passa près d'elle et ne sembla pas la voir, mais du coin de l'œil, elle le vit s'arrêter quand Malefoy et d'autres deuxièmes années de Serpentard demandèrent si elle voulait s'asseoir avec eux. Apparemment, ils partageaient les mêmes opinions. Ginny ravala des insultes et des larmes. D'un côté, elle aurait voulu que ses frères soient là pour l'aider. De l'autre, elle était heureuse qu'ils ne soient pas là. Ils auraient terminé avec une retenue pour s'être battu dans le train.

« Qu'est-ce que tu en dis, Weasley ? »

Malefoy tapota le siège près de lui et la fille au visage de bouledogue se mit à pouffer de rire.

« Ginny ! »

C'était Harry. Ginny ne savait pas si elle voulait disparaître dans le sol ou si elle était reconnaissante de sa présence. Il la raccompagnerait jusqu'à Ron au moins – il était trop gentil pour ne pas le faire.

Harry, le héros, dit la voix de Tom. Pas que tu mérites d'être sauvée pourtant. Et il avait raison, elle ne le méritait pas. Mais Harry était quand même là, sans qu'elle ne comprenne vraiment pourquoi. Elle était pourtant sûre qu'il la détestait et elle ne pouvait pas l'en blâmer. Harry ne regarda pas les Serpentards, mais ils lui lancèrent quand même des remarques moqueuses, en particulier la blonde qui était la grande sœur d'Astoria et Vivienne.

« Je voulais juste dire- tu sais- » commença-t-il.

Harry avait l'air un peu gêné.

« -que je suis désolé. »

« Quoi ? » demanda-t-elle, sincèrement perdue.

« Jedusor t'a piégé pour m'atteindre, dit-il. Après que Hermione et Drago aient été attaqué, il ne restait plus que toi et Ron et Ron était avec moi, donc- je- je suis désolé que tu aies du subir tout ça. C'est de ma faute si tu as été impliqué, et à cause de Jedusor- c'est juste que- je ne veux pas que tu- »

« Tu es désolé ? » demanda-t-elle, stupéfaite et un peu furieuse.

Elle s'avança vers lui et fut contente de voir qu'il ne recula pas. Elle apprécia moins le fait qu'ils semblaient avoir attirés l'attention d'élèves qui se trouvaient dans le couloir ou dans les compartiments les plus proches.

« Tu ne m'as pas forcé- »

« Je sais que c'était Jedusor. » dit doucement Harry, ses yeux fixés sur ceux de Ginny.

Celle-ci fronça les sourcils.

« Mais il a fait ça à cause de moi. Désolé que tu aies été prise dans tout ça. »

Alors Ginny réalisa ce qu'il était en train de faire et un bref regard vers les élèves présents dans le couloir lui indiqua que ça semblait marcher. Tout le monde savait que Harry avait été impliqué et ils n'avaient aucune raison de ne pas le croire. D'ailleurs, ceux qui étaient là ne la regardaient désormais plus avec hostilité. L'expression la plus répandue désormais, c'était la pitié – et Ginny trouva cela presque aussi gênant. Mais s'ils se sentaient désolés pour elle, alors peut-être qu'ils la laisseraient tranquille et Ginny se dit que c'était un cadeau inestimable. Elle se tourna vers Harry, mais avant qu'elle ne puisse ouvrir la bouche, Malefoy reprit la parole.

« Ta faute, Potter ? lança-t-il en reniflant. Mon père a dit que c'était elle la responsable, que Weasley avait attaqué tout le monde. »

Hydrus leva le doigt vers Ginny, l'air particulièrement fier de lui, et Ginny sentit son cœur se serrer.

« Alors ton père ne sait visiblement pas de quoi il parle, répliqua Harry. Enfin … Ce n'est pas nouveau, ça. »

Le visage de Malefoy prit une horrible teinte rouge.

« C'est le Basilic de Jedusor qui attaquait tout le monde, pas Ginny, et c'était Jedusor qui lui donnait des ordres … à moins que tu sous-entendes que Ginny peut parler le Fourchelang ? »

Ginny garda les yeux sur ses chaussures.

« Mais Père- »

« -était trop occupé à te ramener à la maison après que Drago ait été pétrifié et trop occupé à virer Dumbledore pour avoir une idée de ce qui se passait vraiment. » termina Harry.

« Il était à l'école quand elle est descendue pour rejoindre le Seigneur- »

« Je ne me souviens pas de l'avoir vu. » dit Harry en haussant le sourcil.

« Oui, évidemment il n'est pas descendu- »

« Visiblement non. » dit Harry avec sévérité.

Il allait sans dire que c'était le cas de Harry. Il observa Malefoy pendant un moment encore et vu que lui – et les autres Serpentards – semblait n'avoir plus rien à ajouter, il se tourna vers Ginny et lui adressa un petit sourire.

Il ne me déteste pas, pensa-t-elle, et elle sentit sa gorge se serrer. Non, ne pleure pas, ne pleure pas-

« Je suis vraiment désolé qu'il s'en soit pris à toi. » dit-il.

« C'est- je- C'est rien. » dit Ginny.

Le visage de Harry se détendit. Pas parce qu'elle avait accepté ses excuses, mais parce qu'elle acceptait enfin de jouer le jeu.

« Ginny ! »

Fred fit son apparition, avec George, Ron et Lee sur les talons, et Ginny était sauvée. Harry eut aussi l'air soulagé. Fred prit la malle de Ginny et Ron aida Harry avec la cage de Hedwige.

« On se demandait où vous étiez passés, dit George en lançant un regard noir vers Malefoy, avant de se tourner vers Ginny. On a trouvé un compartiment au fond. »

Ginny hocha la tête et les suivit, se plaçant près de Harry.

« Ça va ? » demanda-t-il.

Elle acquiesça.

« Merci. On dirait qu'en plus de la vie, je te dois aussi ma réputation. »

Elle sourit, mais elle ne plaisantait pas. Elle lui devait tout. Harry sembla réaliser cela et eut l'air franchement mal à l'aise.

« Je ne sais pas s'ils m'ont cru, dit-il en agitant la main qui ne tenait pas sa malle. J'ai essayé, mais ça n'a peut-être pas aidé- »

« Mais tu as essayé. » dit-elle, et il hocha la tête.

« Je n'étais pas- je- euh- mais je ne parlais pas de Malefoy quand j'ai demandé- »

« Oh. » répondit Ginny.

« Désolé, je ne suis pas très bon pour ce- truc. Ce que je veux dire, c'est- tu- comment tu vas ? »

La réponse réflexe de Ginny 'ça va' ne sembla pas vouloir sortir.

« Je suis en vie. » dit-elle finalement.

Elle lui adressa un demi-sourire pour essayer de paraître nonchalante. Mais Harry ne sourit pas en retour.

« Je vois. » dit-il.

Elle pensa que peut-être, en effet, il savait.