Bonjour à tous et toutes, et soyez les bienvenues sur ma toute première fanfic Hp!

Cette histoire sera je pense assez longue mais avant de vous laisser lire, quelques points.

Déjà, dans cette fic, j'intègre un personnage de ma propre création, Eric Magic. C'est un personnage qui est le héros principale de la série que j'ai commencer à écrire il y a quelques années, Le garçon aux mystérieux pouvoirs, et que j'adapte/améliore en série audio depuis 2019. Ce n'est donc pas un crossover puisque mon histoire n'existe pas techniquement vu que ce sont des épisodes sur Youtube mais officiellement elle n'est pas connue comme oeuvre. D'autre part, c'est le seul personnage que je prend de mon œuvre pour l'intégrer à HP car non seulement il a une histoire particulière, semblable à celle d'Harry sur certains point mais je vous laisserais découvrir.

Ensuite, en plus de ce perso, j'intègre également quelques éléments de mon oeuvre comme par exemple une partie de l'histoire de ce perso, la langue magique que j'ai créé tout spécialement et quelques autres choses. Bien sûr, je fais quelques modifications pour colle à l'univers HP. Par exemple, son ennemi n'est pas le même dans HP que dans mon histoire car son ennemi est proche de lui dans LGMP, c'est l'abréviation du titre, et c'est lui qui décime sa famille. Je ne vous spoylerai pas plus sur ce sujet. Les éléments qui restent les mêmes, c'est qu'Eric Magic est un sorcier français, qu'il est le dernier d'une famille très respecter dans le monde magique, ainsi qu'une certaine prophétie le concernant, la langue magique ainsi que la façon de pratiquer la magie. Mais vous découvrirez tout ça. Je voulais juste vous donner quelques infos sur ce personnage pour que vous ne soyez pas étonner des similitudes entre la fanfic et LGMP si d'aventure vous veniez à l'écouter un jour! Sourire!

Sur ceux je ne vous embête pas plus et je vous laisse à la lecture de ce prologue qui je l'espère vous plaira car il pose la base de ce qui se passera ensuite.

N'hésitez pas à donner vos avis/commentaires dans les reviews, c'est toujours constructifs.

Je vous souhaite une très bonne lecture et à très vite pour le premier chapitre, je ne sait pas encore quel sera le rythme de publication!

Éric

La véritable nature de la magie

Résumé

31 octobre 1981. James et Lily meurent, Voldemort disparaît et Sirius Black est envoyé à Azkaban sans procès. Il s'évade 6 ans plus tard, retire Harry de chez les Dursley chez qui il est maltraité, et tous deux disparaissent sans laisser de trace. 1er septembre 1991. Désormais Harry Potter-Black, le survivant réapparaît. Mais qui est cet étrange garçon inconnu qui l'accompagne ?

Disclaimer : Harry Potter appartient à J.K. Rowling. Seuls les OOC comme Eric Magic sont à moi.

Bêta lectrice et correctrice : Kleriwen

Prologue

Fin d'une époque, début d'une nouvelle ère

31 octobre 1981, Godric's Hollow.

La silhouette apparut silencieusement sur la route. La nuit était claire et douce, pas un nuage ne cachait les étoiles. L'étranger était vêtu d'un long manteau à capuchon qui dissimulait entièrement son visage. On pouvait pourtant deviner qu'il ne s'agissait pas d'un adulte malgré sa taille importante, car lorsqu'il parla, sa voix juvénile emplit l'air doux de l'automne.

«Ainsi dont, voici Godric's Hollow. C'est ici que tout s'est joué.»

À cet instant, un craquement sonore résonna dans le silence, et cette fois, ce fut un homme qui apparut. Grand et maigre, vêtu d'une grande cape noir, il s'avança vers le cottage dont on pouvait voir briller deux fenêtres au bout de la route.

«Tom Elvis Jedusor, plus connu sous le nom de Lord Voldemort !» murmura l'étranger à la voix enfantine sans que l'autre ne réagisse.

Voldemort poussa le portillon du jardin, et s'approcha de la petite maison. Il grimpa les marches du perron et frappa à la porte. Quelques instants plus tard, celle-ci s'ouvrit sur un homme grand, avec des cheveux noirs en bataille et des lunettes. À la vue de son visiteur nocturne, l'homme pâlit drastiquement et se mit à crier :

«Lily ! C'est lui ! Prends Harry et va-t'en, je vais le retenir !»

Voldemort éclata d'un rire glacial et s'avança, pénétrant dans la maison tandis qu'à l'étage, un cri se faisait entendre, ainsi que le bruit d'une porte claquer et de mobilier brusquement déplacer.

«James Potter ! siffla Voldemort. L'heure est venue ! Je ne prendrai pas le risque que ton fils grandisse et devienne un danger pour moi ! Avada Kedavra !»

L'éclair de lumière verte illumina toute la maison, et James Potter s'effondra, les yeux vides, mort. Voldemort l'enjamba et commença à monter l'escalier vers l'étage. Toujours aussi silencieux, l'inconnu encapuchonné entra à son tour dans la maison et adressa un regard au corps du célèbre Auror.

«Je suis sincèrement navré Mr Potter. Le passé est écrit et le modifier a des conséquences. Quand à vous ramener vous et votre épouse, j'en ai bien entendu le pouvoir, mais cela aurait également des conséquences qu'il est préférable d'ignorer. Si le passé est immuable, l'avenir quant à lui n'est pas systématiquement défini, quoi qu'en pensent les idiots qui peuplent ce monde, et quoi que disent les prophéties. Certaines chosent se produisent car il doit en être ainsi, mais certaines autres peuvent être contournées, pour peu que l'on sache comment s'y prendre. Hélas, tout ce qu'il s'est passé jusqu'à notre rencontre est figé, mais à présent je peux intervenir et dès lors que j'ai fait la rencontre d'Harry, l'avenir prend une nouvelle direction, celle que je déciderai. Reposez en paix.»

Il posa quelques instants sa main sur le cœur de James. Une douce lumière en émana, se propageant à l'intérieur du corps.

«Je peux au moins faire ceci pour vous, car cela n'aura aucun impact, si ce n'est accorder à votre âme le repos sans remords et vous permettre de ne pas oublier, même lorsque vous serez passé de l'autre côté. Ainsi, lorsque sera venu pour Harry le temps de vous rejoindre, vous serez enfin réunis, sans avoir oublié.»

La lumière s'estompa, et enjambant lui aussi James, l'inconnu monta à son tour les escaliers sans aucun bruit. Arrivé en haut, il vit Voldemort lever sa baguette magique et faire exploser la porte et sa barricade improvisée. Lily Potter remit précipitamment le bébé qu'elle tenait dans ses bras dans son berceau, et se mit en rempart devant lui pour le protéger.

«Non pas Harry, pas Harry je vous en supplie ! Tuez-moi à sa place mais pas Harry !

— Pousse-toi espèce d'idiote ! Allez ! Pousse-toi ! siffla le mage noir.

— Non pas Harry, pas Harry je vous en supplie !

— Pousse-toi de là j'ai dit ! Ce n'est pas toi que je dois tuer !

— Pas Harry par pitié je ferai ce que vous voudrez ! continua de supplier Lily.

— Tant pis pour toi, tu l'auras voulu Sang-de-Bourbe ! siffla Voldemort. Avada Kedavra !»

Une nouvelle fois, un éclair de lumière verte illumina toute la maison et Lily Potter s'effondra à son tour, rejoignant son mari. Voldemort l'enjamba et s'approcha du berceau, et du bébé qui le regardait. Il le fixa un moment. Le bébé pleurait en tentant d'appeler sa mère qui ne répondait plus.

«Harry Potter, murmura le mage noir. Je ne te laisserai pas devenir une menace. Avada Kedavra!»

Pour la troisième fois, le vert caractéristique du sortilège de mort emplit la demeure. Pourtant cette fois, rien ne se passa comme prévu. Le maléfice ricocha, frappant le front du bébé qui se mit à hurler sous la douleur, puis rebondit tout autour de la pièce avant de revenir à l'envoyeur et de le frapper de plein fouet. Lord Voldemort poussa un hurlement effroyable, tandis qu'une énorme explosion secouait la maison. Lorsque l'étranger encapuchonné entra dans la chambre, il ne restait du seigneur des ténèbres qu'un petit tas de cendres, une pièce ravagée et des murs effondrés. Il procéda au même rituel qu'il avait fait sur James sur le corps de Lily, puis s'approcha du berceau.

«Harry Potter,murmura-t-il. Je regrette sincèrement de ne pas avoir empêché tout ceci mais je te promets que ça ne sera pas vain et que je serai à tes côtés. Ce qui doit être accomplit le sera, et ce monde corrompu changera. Nous nous reverrons très bientôt.»

Sur ces mots, il se détourna et quitta la maison. Il observa la suite des événements. L'arrivée de Sirius Black qui jura vengeance sur Peter Pettigrow, puis celle du géant Rubeus Hagrid venu chercher Harry à la demande d'Albus Dumbledore pour l'emmener à l'école de sorcellerie de Poudlard, en attendant de le confier à sa dernière famille vivante. Sirius argua qu'étant le parrain d'Harry, c'était à lui que revenait sa garde, mais Hagrid insista, disant que Dumbledore préférait qu'Harry grandisse à l'écart du monde sorcier et de sa toute nouvelle célébrité. Sirius finit par abdiquer, disant qu'il allait poursuivre Pettigrow et proposa sa moto volante à Hagrid qui le remercia. Puis le géant partit, suivit de peu par le meilleur ami de James qui transplana.

Le garçon mystérieux s'envola à son tour pour suivre la moto, et beaucoup aurait été choqués de constater qu'il n'utilisait aucun moyen tel qu'un balai pour se déplacer. Rien ne le soutenait, seul l'air et le vide l'entouraient. Il rattrapa très vite Hagrid, et toujours inaperçu, le suivit jusqu'à sa destination.

4 Privet Drive, Little Whinging, Surrey, le lendemain soir.

Sur un muret de Privet Drive, un chat était assis. Il n'avait pas bouger de cet endroit de toute la journée, observant la famille qui vivait là, les Dursley. Pour des observateurs attentifs, cet animal avait un comportement inhabituel. En effet, il n'avait pas bougé une moustache de la journée, même lorsque Mr Dursley avait tenté de le chasser. Et à présent que la nuit était tombée et que tous les occupants de la rue étaient partis se coucher, il était le seul encore éveillé. Lui ne montrait aucun signe de somnolence. Il restait assis, immobile comme une statue, fixant de ses yeux grands ouverts le coin de Privet Drive. Il n'eut pas la moindre réaction lorsqu'une portière de voiture claqua dans la rue voisine, ni quand deux hiboux passèrent au-dessus de sa tête. Il était presque minuit quand il bougea enfin.

Un homme apparut à l'angle de la rue que le chat avait observé pendant tout ce temps. Il apparut si soudainement et dans un tel silence qu'il semblait avoir jailli du sol. La queue du chat frémit, ses yeux se rétrécirent.

On n'avait encore jamais vu dans Privet Drive quelque chose qui ressemblât à cet homme. Il était grand, mince, et très vieux à en juger par la couleur argentée de ses cheveux et de sa barbe, qui lui descendaient jusqu'à la taille. Il était vêtu d'une longue robe, d'une cape violette qui balayait le sol et était chaussé de bottes à hauts talons munies de boucles. Ses yeux bleus et brillants étincelaient derrière des lunettes en demi-lune et son long nez crochu donnait l'impression d'avoir été cassé au moins deux fois. Cet homme s'appelait Albus Dumbledore.

Albus Dumbledore n'avait pas l'air de se rendre compte qu'il venait d'arriver dans une rue où tout en lui, depuis son nom jusqu'à ses bottes, ne pouvait être qu'indésirable. Il était occupé à chercher quelque chose dans sa longue cape, mais sembla s'apercevoir qu'il était observé, car il leva brusquement les yeux vers le chat qui avait toujours le regard fixé sur lui à l'autre bout de la rue. Pour une raison quelconque, la vue du chat parut l'amuser. Il eut un petit rire et marmonna :

«J'aurais dû m'en douter.»

Il avait trouvé ce qu'il cherchait dans une poche intérieure. Apparemment, il s'agissait d'un briquet en argent. Il en releva le capuchon, le tendit au-dessus de sa tête et l'alluma. Le réverbère le plus proche s'éteignit alors avec un petit claquement. L'homme alluma à nouveau le briquet : le réverbère suivant s'éteignit à son tour. Douze fois, il actionna ainsi l'Éteignoir jusqu'à ce qu'il ne reste plus aucune lumière dans la rue, à part deux points minuscules qui brillaient au loin: c'étaient les yeux du chat, toujours fixés sur lui. Quiconque aurait regardé par une fenêtre en cet instant, même Mrs Dursley et ses petits yeux perçants, aurait été incapable de voir le moindre détail de ce qui se passait dans la rue. Dumbledore rangea son Éteignoir dans la poche de sa cape et marcha en direction du numéro 4. Lorsqu'il y fut parvenu, il s'assit sur le muret, à côté du chat. Il ne lui accorda pas un regard, mais après un moment de silence, il lui parla:

«C'est amusant de vous voir ici, professeur McGonagall, dit-il.»

Il tourna la tête pour adresser un sourire au chat tigré, mais celui-ci avait disparu. Dumbledore souriait à présent à une femme d'allure sévère avec des lunettes carrées qui avaient exactement la même forme que les motifs autour des yeux du chat. Elle aussi portait une cape, d'un vert émeraude. Ses cheveux étaient tirés en un chignon serré et elle avait l'air singulièrement agacée.

«Comment avez-vous su que c'était moi ? demanda-t-elle.

— Mon cher professeur, je n'ai jamais vu un chat se tenir d'une manière aussi raide.

— Vous aussi, vous seriez un peu raide si vous restiez assis toute une journée sur un mur de briques, répondit le professeur McGonagall.

— Toute la journée ? Alors que vous auriez pu célébrer l'événement avec les autres ? En venant ici, j'ai dû voir une bonne douzaine de fêtes et de banquets.»

Le professeur McGonagall renifla d'un air courroucé.

«Oui, oui, je sais, tout le monde fait la fête, dit-elle avec agacement. On aurait pu penser qu'ils seraient plus prudents, mais non, pas du tout ! Même les Moldus ont remarqué qu'il se passait quelque chose. Ils en ont parlé aux nouvelles.»

Elle montra d'un signe de tête la fenêtre du salon des Dursley, plongé dans l'obscurité.

«Je l'ai entendu moi-même. Ils ont signalé des vols de hiboux... des pluies d'étoiles filantes... Les Moldus ne sont pas complètement idiots. Il était inévitable qu'ils s'en aperçoivent. Des étoiles filantes dans le Kent ! Je parie que c'est encore un coup de Dedalus Diggle. Il n'a jamais eu beaucoup de jugeote.

— On ne peut pas leur en vouloir, dit Dumbledore avec douceur. Nous n'avons pas eu grand-chose à célébrer depuis onze ans.

— Je sais, répliqua le professeur McGonagall d'un ton sévère, mais ce n'est pas une raison pour perdre la tête. Tous ces gens ont été d'une imprudence folle. Se promener dans les rues en plein jour, à s'échanger les dernières nouvelles sans même prendre la précaution de s'habiller comme des Moldus !»

Elle lança un regard oblique et perçant à Dumbledore, comme si elle espérait qu'il allait dire quelque chose, mais il garda le silence.

«Nous serions dans de beaux draps, reprit-elle alors, si le jour où Vous-Savez-Qui semble enfin avoir disparu, les Moldus s'apercevaient de notre existence. J'imagine qu'il a vraiment disparu, n'est-ce pas, Dumbledore ?

— Il semble qu'il en soit ainsi, en effet, assura Dumbledore. Et nous avons tout lieu de nous en féliciter. Que diriez-vous d'un esquimau au citron ?

— Un quoi ?

— Un esquimau au citron. C'est une friandise que fabriquent les Moldus et je dois dire que c'est plutôt bon.

— Merci, pas pour moi, répondit froidement le professeur McGonagall qui semblait estimer que le moment n'était pas venu de manger des glaces au citron. Je vous disais donc que même si Vous-Savez-Qui est vraiment parti...

— Mon cher professeur, quelqu'un d'aussi raisonnable que vous ne devrait pas hésiter à prononcer son nom, ne croyez-vous pas ? Cette façon de dire tout le temps « Vous-Savez-Qui » n'a aucun sens. Pendant onze ans, j'ai essayé de convaincre les gens de l'appeler par son nom: Voldemort.»

Le professeur McGonagall fit une grimace, mais Dumbledore qui avait sorti deux esquimaux au citron ne parut pas le remarquer.

«Si nous continuons à dire « Vous-Savez-Qui », nous allons finir par créer la confusion. Je ne vois aucune raison d'avoir peur de prononcer le nom de Voldemort.

— Je sais bien que vous n'en voyez pas, répliqua le professeur McGonagall qui semblait moitié exaspérée, moitié admirative. Mais, vous, vous êtes différent des autres. Tout le monde sait que vous êtes le seul à avoir jamais fait peur à Vous-Savez-Qui... ou à Voldemort, si vous y tenez.

— Vous me flattez, dit Dumbledore d'une voix tranquille. Voldemort dispose de pouvoirs que je n'ai jamais eus.
— C'est simplement parce que vous avez trop de... disons de noblesse pour en faire usage.

— Heureusement qu'il fait nuit. Je n'ai jamais autant rougi depuis le jour où Madame Pomfresh m'a dit qu'elle trouvait mes nouveaux cache-oreilles ravissants.»

Le professeur McGonagall lança un regard perçant à Dumbledore.

«Les hiboux, ce n'est rien comparé aux rumeurs qui circulent, déclara-t-elle. Vous savez ce que tout le monde dit sur les raisons de sa disparition ? Ce qui a fini par l'arrêter ?»

Apparemment, le professeur McGonagall venait d'aborder le sujet qui lui tenait le plus à cœur, la véritable raison qui l'avait décidée à attendre toute la journée, assise sur un mur glacial. Car jamais un chat ni une femme n'avait fixé Dumbledore d'un regard aussi pénétrant que celui du professeur en cet instant. À l'évidence, elle n'avait pas l'intention de croire ce que « tout le monde» disait tant que Dumbledore ne lui aurait pas confirmé qu'il s'agissait bien de la vérité. Dumbledore, cependant, était occupé à choisir un autre esquimau et ne lui répondit pas.

«Ce qu'ils disent, poursuivit le professeur, c'est que Voldemort est venu hier soir à Godric's Hollow pour y chercher les Potter. D'après la rumeur, Lily et James Potter sont... enfin, on dit qu'ils sont... morts...»

Dumbledore inclina la tête. Le professeur McGonagall avait du mal à reprendre sa respiration.

«Lily et James... Je n'arrive pas à y croire... Je ne voulais pas l'admettre... Oh, Albus...»

Dumbledore tendit la main et lui tapota l'épaule.

«Je sais... Je sais... dit-il gravement.

— Et ce n'est pas tout, reprit le professeur McGonagall d'une voix tremblante. On dit qu'il a essayé de tuer Harry, le fils des Potter. Mais il en a été incapable. Il n'a pas réussi à supprimer ce bambin. Personne ne sait pourquoi ni comment, mais tout le monde raconte que lorsqu'il a essayé de tuer Harry Potter sans y parvenir, le pouvoir de Voldemort s'est brisé, pour ainsi dire, et c'est pour ça qu'il a... disparu.»

Dumbledore hocha la tête d'un air sombre.

«C'est... c'est vrai ? bredouilla le professeur McGonagall. Après tout ce qu'il a fait.. tous les gens qu'il a tués... il n'a pas réussi à tuer un petit garçon ? C'est stupéfiant... rien d'autre n'avait pu l'arrêter... mais, au nom du ciel, comment se fait-il que Harry ait pu survivre ?

— On ne peut faire que des suppositions, répondit Dumbledore. On ne saura peut-être jamais.»

Le professeur McGonagall sortit un mouchoir en dentelle et s'essuya les yeux sous ses lunettes. Dumbledore inspira longuement en prenant dans sa poche une montre en or qu'il consulta. C'était une montre très étrange. Elle avait douze aiguilles, mais pas de chiffres. À la place, il y avait des petites planètes qui tournaient au bord du cadran. Tout cela devait avoir un sens pour Dumbledore car il remit la montre dans sa poche en disant :

«Hagrid est en retard. Au fait, j'imagine que c'est lui qui vous a dit que je serais ici ?

— Oui, admit le professeur McGonagall, et je suppose que vous n'avez pas l'intention de me dire pour quelle raison vous êtes venu dans cet endroit précis ?

— Je suis venu confier Harry à sa tante et à son oncle. C'est la seule famille qui lui reste désormais.

— Vous voulez dire... non, ce n'est pas possible ! Pas les gens qui habitent dans cette maison ! s'écria le professeur McGonagall en se levant d'un bond, le doigt pointé sur le numéro 4 de la rue. Dumbledore... vous ne pouvez pas faire une chose pareille ! Je les ai observés toute la journée. On ne peut pas imaginer des gens plus différents de nous. En plus, ils ont un fils... je l'ai vu donner des coups de pied à sa mère tout au long de la rue en hurlant pour réclamer des bonbons. Harry Potter, venir vivre ici !

— C'est le meilleur endroit pour lui, répliqua Dumbledore d'un ton ferme. Son oncle et sa tante lui expliqueront tout quand il sera plus grand. Je leur ai écrit une lettre.

— Une lettre ? répéta le professeur McGonagall d'une voix éteinte en se rasseyant sur le muret. Dumbledore, vous croyez vraiment qu'il est possible d'expliquer tout cela dans une lettre ? Des gens pareils seront incapables de comprendre ce garçon ! Il va devenir célèbre – une véritable légende vivante – je ne serais pas étonnée que la date d'aujourd'hui devienne dans l'avenir la fête de Harry Potter. On écrira des livres sur lui. Tous les enfants de notre monde connaîtront son nom !

— C'est vrai, dit Dumbledore en la regardant d'un air très sérieux par-dessus ses lunettes en demi-lune. Il y aurait de quoi tourner la tête de n'importe quel enfant. Être célèbre avant même d'avoir appris à marcher et à parler ! Célèbre pour quelque chose dont il ne sera même pas capable de se souvenir ! Ne comprenez-vous pas qu'il vaut beaucoup mieux pour lui qu'il grandisse à l'écart de tout cela jusqu'à ce qu'il soit prêt à l'assumer ?»

Le professeur McGonagall ouvrit la bouche. Elle parut changer d'avis, avala sa salive et répondit:

«Oui... Oui, bien sûr, vous avez raison. Mais comment l'enfant va-t-il arriver jusqu'ici, Dumbledore ?»

Elle regarda soudain sa cape comme si elle pensait que Harry était peut-être caché dessous.

«C'est Hagrid qui doit l'amener, dit Dumbledore. Il est allé le chercher hier soir et l'a gardé chez lui à Poudlard. Je ne l'ai pas revu depuis que je l'ai envoyé là-bas lorsque j'ai été informé de ce qu'il s'était passé.

— Et vous croyez qu'il est... sage de confier une tâche importante à Hagrid ?

— Je confierais ma propre vie à Hagrid, assura Dumbledore.

— Je ne dis pas qu'il manque de cœur, répondit le professeur McGonagall avec réticence, mais reconnaissez qu'il est passablement négligent. Il a tendance à... Qu'est-ce que c'est que ça ?»

Un grondement sourd avait brisé le silence de la nuit. Le bruit augmenta d'intensité tandis qu'ils scrutaient la rue des deux côtés pour essayer d'apercevoir la lueur d'un phare. Le grondement se transforma en pétarade au-dessus de leur tête. Ils levèrent alors les yeux et virent une énorme moto tomber du ciel et atterrir devant eux sur la chaussée.
La moto était énorme, mais ce n'était rien comparé à l'homme qui était assis dessus. Il était à peu près deux fois plus grand que la moyenne et au moins cinq fois plus large. Il était même tellement grand qu'on avait peine à le croire. On aurait dit un sauvage, avec ses longs cheveux noirs en broussaille, sa barbe qui cachait presque entièrement son visage, ses mains de la taille d'un couvercle de poubelle et ses pieds chaussés de bottes en cuir qui avaient l'air de bébés dauphins. L'homme tenait un tas de couvertures dans ses immenses bras musculeux.

«Hagrid, dit Dumbledore avec soulagement. Vous voilà enfin. Où avez-vous déniché cette moto?

— L'ai empruntée, professeur Dumbledore, Monsieur, répondit le géant en descendant avec précaution de la moto. C'est le jeune Sirius Black qui me l'a prêtée. Ça y est, j'ai réussi à vous l'amener, Monsieur.

— Vous n'avez pas eu de problèmes ?

— Non, Monsieur. La maison était presque entièrement détruite mais je me suis débrouillé pour le sortir de là avant que les Moldus commencent à rappliquer. Il s'est endormi quand on a survolé Bristol.»

Dumbledore et le professeur McGonagall se penchèrent sur le tas de couvertures. À l'intérieur, à peine visible, un bébé dormait profondément. Sous une touffe de cheveux d'un noir de jais, ils distinguèrent sur son front une étrange coupure en forme d'éclair.

«C'est là que ?... murmura le professeur McGonagall.

— Oui, répondit Dumbledore. Il gardera cette cicatrice à tout jamais.

— Vous ne pourriez pas arranger ça, Dumbledore ?

— Même si je le pouvais, je ne le ferais pas. Les cicatrices sont parfois utiles. Moi-même, j'en ai une au-dessus du genou gauche, qui représente le plan exact du métro de Londres. Donnez-le-moi, Hagrid, il est temps de faire ce qu'il faut.»

Dumbledore prit Harry dans ses bras et se tourna vers la maison des Dursley.

«Est-ce que... est-ce que je pourrais lui dire au revoir, Monsieur ? demanda Hagrid.»

Il pencha sa grosse tête hirsute vers Harry et lui donna un baiser qui devait être singulièrement piquant et râpeux. Puis, soudain, Hagrid laissa échapper un long hurlement de chien blessé.

«Chut ! siffla le professeur McGonagall. Vous allez réveiller les Moldus !

— Dé... désolé, sanglota Hagrid en sortant de sa poche un grand mouchoir à pois dans lequel il enfouit son visage, mais je... je n'arrive pas à m'y faire... Lily et James qui meurent et ce pauvre petit Harry qui va aller vivre avec les Moldus...

— Oui, je sais, c'est très triste, mais ressaisissez-vous, Hagrid, sinon, nous allons nous faire repérer, chuchota le professeur McGonagall en tapotant doucement le bras de Hagrid tandis que Dumbledore enjambait le muret du jardin et s'avançait vers l'entrée de la maison.»

Avec précaution, il déposa Harry devant la porte, sortit une lettre de sa cape, la glissa entre les couvertures, puis revint vers les deux autres. Pendant un long moment, tous trois restèrent immobiles, côte à côte, à contempler le petit tas de couvertures. Les épaules de Hagrid tremblèrent, le professeur McGonagall battit des paupières avec frénésie et la lueur qui brillait habituellement dans le regard de Dumbledore sembla s'éteindre.

«Eh bien voilà, dit enfin Dumbledore. Il est inutile de rester ici. Autant rejoindre les autres pour faire la fête.

— Oui, dit Hagrid d'une voix étouffée. Je vais aller rendre sa moto à Sirius. Bonne nuit, professeur McGonagall, bonne nuit, professeur Dumbledore, Monsieur.»

Essuyant d'un revers de manche ses yeux ruisselants de larmes, Hagrid enfourcha la moto et mit le moteur en route. Dans un vrombissement, la moto s'éleva dans les airs et disparut dans la nuit.

«À bientôt, j'imagine, professeur McGonagall, dit Dumbledore avec un signe de tête.»

Pour toute réponse, le professeur McGonagall se moucha.

Dumbledore fit volte-face et s'éloigna le long de la rue. Il s'arrêta au coin et reprit dans sa poche l'Éteignoir d'argent. Il l'actionna une seule fois et une douzaine de boules lumineuses regagnèrent aussitôt les réverbères. Privet Drive fut soudain baigné d'une lumière orangée et Dumbledore distingua la silhouette d'un chat tigré qui tournait l'angle de la rue. Il aperçut également le tas de couvertures devant la porte du numéro 4.

«Bonne chance, Harry, murmura-t-il.»

Il se retourna et disparut dans un bruissement de cape.

Une brise agitait les haies bien taillées de Privet Drive. La rue était propre et silencieuse sous le ciel d'encre. Jamais on n'aurait imaginé que des événements extraordinaires puissent se dérouler dans un tel endroit. Harry Potter se retourna sous ses couvertures sans se réveiller. Sa petite main se referma sur la lettre posée à côté de lui et il continua de dormir sans savoir qu'il était un être exceptionnel, sans savoir qu'il était déjà célèbre, sans savoir non plus que dans quelques heures, il serait réveillé par le cri de Mrs Dursley qui ouvrirait la porte pour sortir les bouteilles de lait, et que pendant des semaines, il serait piqué et pincé par son cousin Dudley... Il ne savait pas davantage qu'en ce moment même, des gens s'étaient rassemblés en secret dans tout le pays et qu'ils levaient leur verre en murmurant : « À la santé de Harry Potter. Le survivant ! »

De son côté, le garçon toujours aussi invisible et masqué avait observé toute la scène. En effet, il avait vite devancé Hagrid et avait donc écouté toute la conversation. La veille, il avait suivi le géant jusqu'à Poudlard, puis il était venu ici. Tout comme le professeur McGonagall, il était resté toute la journée immobile, à observer. Il était resté dissimulé dans des fourrés et nul ne l'avait vu, pas même les deux professeurs.

Dans le silence de la rue calme, il sortit sans un bruit de l'ombre d'une haie, et s'approcha du bébé endormit.

«Pas d'inquiétude Harry, souffla-t-il. Cela ne durera que six ans. Dès lors, notre rencontre sera proche et l'avenir que j'ai décidé sera en marche. Une nouvelle ère s'annonce, et nul ne pourra s'y soustraire."

Et sur ces étranges paroles, il disparut sans le moindre bruit. La brise fit frémir les haies, et rien ne laissait deviner qu'une seconde plus tôt, une silhouette encapuchonnée d'un mystérieux garçon se tenait là. Dans le silence de la nuit, et malgré qu'il ait disparu, le vent sembla porter ses derniers mots, comme une caresse à l'oreille du bébé endormi : «À très bientôt, Harry Potter !»