Yo,
R.A.R :
Bouh-ahh : J'apprécie fortement tes visions de l'avenir de la série, nous verrons peut-être cela aux actes suivants ! Merci pour ton suivi.
Voici le chapitre 14 de l'acte I.
Merci pour votre passage. Bonne lecture !
Quelques jours plus tard
Lorsque Tatsuki expira, une fumée blanchâtre apparut devant sa bouche avant de s'évanouir quelques secondes plus tard dans l'air. Il était encore tôt et les matinées étaient de plus en plus fraîches tandis que l'hiver s'installait lentement. Le brouillard s'estompait peu à peu dans les rues du quartier des Dogs et bientôt, les lueurs orange fantomatiques redevinrent des lanternes. On entendait çà et là des hommes et femmes s'agiter, ouvrir leurs échoppes, préparer leur magasin. Aucun ne parlait et Tatsuki n'aurait su dire si c'était le réveil de bonne heure ou la pression du brouillard qui bornait un tout chacun au silence.
— Bouge de là.
L'ordre s'accompagna d'un coup de bâton sec dans le dos. Tatsuki sentit sa respiration se couper un instant mais ne fut pas surprise, en se retournant, de trouver son père, la mine toujours aussi renfrognée de bon matin.
— Qu'est-ce que tu regardais, là ? Va plutôt admirer le bouillon, il faut le remuer et allumer le feu.
Tatsuki se saisit du bâton de bois qui avait un embout plus large, comme une pale, pour brasser le mélange. Tandis que son père préparait les nouilles et les œufs pour les ramens, elle se chargea donc du bouillon qui remplissait un immense chaudron en y mettant toute la force de ses bras.
— Dis Papa…
— Nh…?
— Faut que je sois plus tôt à l'école aujourd'hui.
— Quoi ? Il vous fait faire des heures sup' maintenant? Qu'est-ce qu'il faut pas entendre…
— Non, tu te trompes. En fait, c'est bientôt le rendu des exposés et je voulais travailler avec mon partenaire dessus avant le début des cours.
Bien sûr, Tatsuki mentait. Les exposés avaient bien lieu dans quelques jours mais ce matin, ce n'était pas sa préoccupation. Aujourd'hui allait se dérouler le Jeu qui déterminerait le nouveau Roi et Tatsuki tenait bien à détrôner Renji.
— C'est quoi le sujet d'exposé ?
— Eh bien… les… Les Forces Spéciales…
— Ha ! J'en étais sûre ! Encore une de tes extravagances. Tu ne pouvais pas faire un exposé sur un honnête vendeur de ramens, bien sûr.
Tatsuki sentit bien toute la frustration et le mépris de son père dans ses mots. Ce n'était pas la première fois qu'elle notait qu'il n'avait aucune fierté pour sa fille, mais elle n'y faisait plus attention. Elle répondit avec un mensonge une fois de plus:
— T'y es pas. On nous a imposé le sujet. Moi je m'en fiche…
— Ouais, c'est ça… tu t'en fiches, bah voyons…
— Bon je peux y aller?
— Ne manque pas de respect à ton père ! s'écria-t-il alors qu'il venait de casser un œuf; occupe-toi de préparer les légumes et après on verra.
Finalement, lorsque Tatsuki arriva à la Place de l'Ecole, point de départ de la chasse à la Poupée, le Jeu allait bientôt commencer. Tous les participants étaient déjà là, notamment ses amis Orihime et Chad avec qui elle jouait. Renji avait retiré sa cape ainsi que sa couronne et ne tenait plus son trophée qui lui avait sans nul doute été repris la nuit dernière. Il arborait néanmoins un regard confiant et charmait toutes les filles d'un simple sourire assuré, comme s'il était déjà Roi. Tatsuki n'y prêta pas plus attention et rejoignit son groupe.
— Tat's! Tu es enfin là, j'étais inquiète de ne pas te voir arriver.
— Désolée les gars, entre les ramens et la Poupée, mon père a fait son choix…
Chad hocha la tête, comme pour lui redonner confiance. Tatsuki ajusta son short, remonta ses chaussettes en laine et s'assura que la corde de ses souliers était bien nouée.
— Ichigo, Grimmjow et Ulquiorra ne viendront pas…; observa Orihime en regardant partout autour.
Il y avait environ une trentaine d'enfants de tout âge qui concourait. Certains pré-adolescents frustrés de n'avoir jamais gagné et d'autres très jeunes avides de victoires. Il n'y avait pas de limite d'âge pour le Jeu. En fait il n'y avait pas vraiment de règles. Le Jeu se transmettait oralement avec les générations d'enfants qui se succédaient et on ne faisait pas mention de règle précise, si ce n'était l'arrêt de la quête au moment de la prise de la Poupée et le tout pouvoir de l'enfant-Roi.
— Pas étonnant, Grimm' a l'air de ne plus s'y intéresser et je verrais mal les deux autres participer sans lui.
— Avec le recensement des adultes dernièrement; ajouta Chad; ils doivent sans doute avoir d'autres préoccupations.
Tatsuki et Orihime hochèrent la tête tristement. Ils avaient appris pour les attaques des Sinners sur les Dogs des Forges et Zaraki. Il était clair que les trois garçons devaient certainement préférer rester au chevet de leur père adoptif actuellement. Tatsuki repensa tout à coup à Grimmjow. Il lui avait conjuré de gagner ce Jeu ce mois-ci. Elle connaissait la rivalité entre lui et Renji et avait été mise au courant de ses défaites et humiliations. Il semblait avoir transposé sa rage de vaincre et de surpasser Renji sur elle.
— On garde la même stratégie ? demanda Chad.
— Je me suis entraînée, je pourrai gérer des rivaux mais tu devras m'épauler Chad. Quant à toi Orihime, tu as apporté ton carnet ?
— Oui, je pourrai te montrer où la Poupée a le plus de chance de se trouver !
Tatsuki plia son bras en un geste de victoire et leva le pouce en l'air. Chad rajouta d'un air sérieux :
— Qu'on soit bien clair encore cette fois, Tatsuki. Si nous trouvons la Poupée, c'est toi qui deviens Reine.
Tatsuki leva les yeux pour rencontrer le regard très fermé et assuré de Chad. Elle se tourna vers Orihime qui lui souriait pour confirmer ladite parole.
— Ouais, ouais, j'ai bien compris que je me taperai tout le boulot ; répondit Tatsuki avec une pointe d'humour pour masquer son émotion.
Cette fois-ci, elle voulait vraiment gagner.
OoOoOoOoOoOoOo
Au même moment
Les Forges
— Fais attention, il faut que le poids soit bien équilibré sur toute la lame. Retravaille-la jusqu'à ce que ça soit le cas.
— Bien, chef !
Il était encore tôt ce matin mais les cheminées des Forges fumaient déjà. Tessai Tsukabishi avait reçu une commande de la part des Lords tout à fait conséquente : les forgerons avaient seulement une semaine pour fabriquer une cinquantaine d'épées et près d'une centaine de pointes de flèches. Le patron des Forges avaient eu beau clamer que c'était impossible, l'intermédiaire n'avait rien voulu savoir. Tessai avait donc annoncé à ces ouvriers la tâche ardue qui les attendait et s'attelait à présent à passer auprès de chacun d'eux pour vérifier le travail. La commande directe de nobles était tout à fait particulière et arrivait plutôt rarement, il s'agissait donc d'offrir un ouvrage de qualité. Bien sûr, les Lords finançaient la majorité des commandes mais ils n'en étaient pas à l'origine, elles servaient plutôt aux Pasteurs ou aux Sinners, ou alors servaient à des travaux publics.
Cette commande avait-elle un rapport avec toute l'agitation actuelle ? Sans doute. En tout cas, Tessai n'avait pas du tout été étonné en la recevant. Les Nobles se préparaient toujours à une possible rébellion des Dogs. Et, si elle avait lieu, le patron s'imaginait sans peine le carnage meurtrier qui punirait les Dogs pour leur insubordination.
Il arriva enfin aux postes de Yumichika et Ikkaku. Les deux travaillaient toujours ensemble. Il semblait qu'Ikkaku apportait la force brute à Yumichika tandis que ce dernier l'aidait à affiner ses ouvrages. Ces deux-là n'avaient jamais été de mauvais éléments et Tessai se voyait donc mal se séparer d'eux, même après ce qui s'était passé.
— Bon travail, vous deux. Continuez...
Les deux jeunes hommes levèrent la tête et furent surpris de voir leur patron. Ils acquiescèrent silencieusement. Ils étaient d'habitude plus expressifs, mais depuis le recensement, ils étaient plus calmes. Tessai ne put s'empêcher de constater le bandage grossier qui recouvrait l'avant-bras d'Ikkaku : deux fins panneaux de bois l'encadraient et restaient fixés sous les tours de bande de tissu.
— C'est cassé ? fit Tessai d'une voix qu'il aurait voulu plus douce.
— Non m'sieur, trois fois rien ; répondit Ikkaku du tac au tac en poursuivant son travail ; ça se rétablira vite, j'aurai bientôt le même rythme qu'avant.
Tessai hocha la tête. Bien sûr, Ikkaku et lui n'avaient que besoin de parler du travail. Il n'y avait aucune autre raison de faire la conversation et Tessai s'évertuait d'ailleurs toujours à garder des relations distantes avec ces ouvriers. Mais, au regard plus inquiet mais discret de Yumichika envers son compagnon, sa curiosité fut trop grande :
— Comment va Zaraki ?
— Mieux ; répondit Yumichika ; il pourra bientôt remarcher.
— Bien. Les... Les hommes des Forges qui sont passés en même temps au recensement et qui ont suivi le plan de Zaraki vont mieux aussi... ce n'étaient que des blessures superficielles.
Les deux jeunes hommes acquiescèrent, profondément soulagés. Yumichika jugea bon de reprendre la parole :
— Monsieur... je voulais vous rassurer sur un point... Soyez-en sûr, vous ne serez plus importuné, ni vos hommes ni ce lieu. D'aucune manière que ce soit.
Tessai resta interdit un moment. Il avait longtemps cru que l'insubordination venait d'une éducation laxiste et ne s'éveillait qu'en des personnes mauvaises. Il avait toujours vécu de manière carré, sans faire un pas de côté. Il avait suivi les règles et poursuivit un chemin aussi droit et fermé que ce que les castes imposaient. Il s'était sans doute emporté pour cette histoire de faux-monnayeur. La colère était autant dirigée pour ses personnes insubordonnées que pour lui-même qui avait l'impression de s'être trahi. Mais finalement, à bien regarder ces deux hommes qui travaillaient si dur pour le bien, mais aussi ce qu'il avait fait et en qui il avait donné sa confiance ; sa théorie s'effondrait : l'insubordination ne s'éveillait pas en des personnes mauvaises, mais seulement en des personnes qui voulaient combattre le mal.
— Bien... très bien... ; dit finalement Tessai en regardant ailleurs, pris soudain par la gêne.
OoOoOoOoOoOoOo
Elle était dans la zone de Red Mama. En tout cas, Orihime soutenait que la probabilité était grande. La Poupée n'était jamais dans un endroit trop discret, trop effacé. Dans ce cas, Tatsuki n'avait qu'une idée en tête: la Maison de Red Mama. Son repère, rougeoyant dans le brouillard matinal, aux lanternes de papier encore faiblement allumées, devait cacher la Poupée. Pour s'y rendre, elle devait passer dans de nombreuses ruelles. Elle voulait éviter les grands boulevards: d'abord, pour ne pas être vue par son père qui travaillait dans la zone ni par des amis à lui commerçants qui iraient tout lui raconter et, deuxièmement, parce que Renji avait placé bon nombres d'enfants à son service dans les lieux de passage les plus fréquents. Si on se faisait prendre par eux, on risquait d'être largement ralenti.
Elle déambula donc dans ces ruelles étroites emplies de vieilles échoppes et baraques grinçantes, poussiéreuses et infestées de rats. Chad et Orihime devaient avoir rencontré des enfants plus tôt car cela faisait un moment qu'elle ne les entendait plus derrière elle. Les ruelles s'ouvraient sur d'autres perpendiculaires dans un quadrillage compliqué et labyrinthique. Tout à coup, en entendant de l'agitation effrénée sur sa droite, Tatsuki tourna la tête. Elle trouva avec stupeur Renji en train de courir dans une rue parallèle. Il remarqua sa présence au même instant et se mit aussitôt à accélérer. Tatsuki en fit de même, serrant les dents pour l'affrontement qui menaçait d'avoir lieu d'ici peu.
Dans la rue du repère de Red Mama, les Dogs commençaient à déambuler et prendre leur petit-déjeuner dans différents restaurants. Les odeurs retournaient l'estomac échauffé de Tatsuki quand elle sentit tout à coup contre son épaule celle de Renji qui venait la bousculer. Elle le suivit mais se rendit compte rapidement qu'il ne savait pas où aller non plus et cherchait autant qu'elle. Quand elle faisait mine d'avancer ailleurs, il la suivait à la trace. C'était alors une course d'observation pour savoir qui trouverait la Poupée en premier dans un tel décor agité. Tatsuki s'approcha un peu plus de la Maison de Red Mama. De jeunes gens fumaient et de temps en temps quelques femmes sortaient de la demeure en portant des panières à linge remplies de draps qu'elles allaient laver à la blanchisserie. Tatsuki s'efforça à regarder partout et se concentra. Elle sentait qu'elle était proche, qu'elle pouvait y arriver.
Renji se fit reconnaître. Deux vieillards tirant des barils de saké avaient envie de discuter avec lui et il aurait été trop impoli de les ignorer. Tatsuki devait profiter de son manque de concentration. Elle s'approcha du perron de la maison et se mit sur la pointe des pieds, tournant sur elle-même.
— Bah alors, petite, qu'est-ce que tu fais là ? demanda un jeune homme tandis que son groupe d'amis ricanait de la voir ainsi se dandiner curieusement.
— Tu ne crois pas que tu es un peu jeune pour travailler ici ? dit un autre.
— Ça me surprendrait même pas de la part de Red Mama ! Elle a un joli minois; fit une dernière.
— Non, je…; chercha à répondre Tatsuki; je ne fais que passer.
Les jeunes gens furent tout autant amusés par sa réponse et continuèrent à la regarder jusqu'à ce que, tout à coup, Tatsuki se fige, les yeux écarquillés. La Poupée était là. Une sorte de poussin jaune encapuchonné dans un ciré bleu. Elle reposait sur le bord d'une fenêtre de la demeure. Mais, dans son champ de vision, elle remarqua bientôt la chevelure ébouriffée de Renji réapparaître. Elle fit comme si elle n'avait rien vu et se mit à marcher rapidement dans le sens opposé. Gagné. Renji la suivit en toute hâte, persuadé qu'elle avait trouvé quelque chose. Elle s'arrêta au bout d'un moment et fit en sorte de se baisser près du comptoir d'un izakaya vide. Aussitôt, Renji bondit sur elle. Mais Tatsuki fut plus réactive. Elle s'écarta à temps et poussa Renji contre le comptoir. Celui-ci s'effondra et comprit immédiatement la combine en voyant Tatsuki rebrousser chemin.
Il la suivit mais ce fut trop tard. Quand il la trouva, elle brandissait la Poupée à pleines mains. Il sentit la colère l'envahir complètement de manière si rapide qu'il ne crut pas au départ à sa réaction. En effet, il se précipita sur Tatsuki et l'attrapa brusquement par les cheveux pour la faire tomber et s'échouer sur elle. Toucher la poupée lui suffit à le rassurer dans son action.
— Dégage de là, Renji ! J'ai gagné !
— Donne-moi ça, idiote ! C'est moi le Roi !
La colère l'envahit complètement et Tatsuki fut tout à coup effrayée par son regard, bien plus noir qu'à l'accoutumée. Elle serra la poupée en toile contre elle tandis que Renji se mit à l'étrangler pour qu'elle lâche la peluche.
— T'es qu'une sale voleuse ! Rend-la moi ! C'est la mienne !
Tatsuki, de son côté, ferma les yeux et joua de ses jambes pour le renverser mais le garçon tint bon. Elle espéra soudain une aide, que tout cela cesse, qu'elle parvienne enfin à gagner le Jeu.
Les jeunes gens sur le perron remarquèrent l'agitation des deux enfants sous le bord de fenêtre et s'approchèrent, inquiets. En voyant le garçon étrangler la petite fille, ils réagirent aussitôt et séparèrent Renji de Tatsuki en s'y mettant à deux pour le ceinturer tant le garçon était devenu agressif.
— Que se passe-t-il ici ?!
C'était Rangiku, alias Red Mama, qui avait ouvert les portes d'entrée. Elle était accompagnée de Yoruichi qui comprit la scène en une fraction de seconde en reconnaissant la Poupée que sa disciple tenait entre ses mains.
— Des enfants qui se bagarrent aussi tôt le matin près de ma demeure ? observa Rangiku en s'approchant; mais vous êtes devenu fou ou quoi ?
— C'est Renji, Madame! se plaignit Tatsuki; il m'a sauté dessus alors que le Jeu est fini !
Elle brandit la poupée comme gage de sa parole.
— C'est une tricheuse, j'en suis sûr ! répondit Renji avec hargne; elle a triché en demandant à ces types où se trouvait ma poupée ! Je l'ai vu leur parler ! Ils lui ont dit où elle était!
— Quoi ? fit un jeune homme qui tenait Renji; mais il débloque ce gamin, je comprends rien…
— Laisse, c'est un Jeu; expliqua Yoruichi; ils cherchaient cette Poupée qui n'est définitivement pas la tienne Renji.
Instinctivement, Tatsuki la serra dans ses bras, ce qui eut pour effet d'énerver encore plus Renji. Tandis que Yoruichi s'approchait de lui, il se débattait et hurlait encore:
— C'est pas vrai ! Elle a triché ! Elle a… c'est pas possible ! J'étais là ! Ça devait être moi !
La Capitaine des Forces Spéciales posa sa main sur le front de Renji qui, pris de surprise par la fraîcheur de sa peau, se figea soudainement en la regardant comme s'il venait enfin de remarquer sa présence. Des larmes pointaient au fond de ses deux yeux.
— C'est pas vrai… Je suis le Roi… Elle peut pas…
— Accepte ta défaite, Renji. Tatsuki tient la Poupée, le Jeu est terminé. Elle est Reine désormais.
La mention de « reine » provoqua un nouveau haut le cœur pour Renji qui se retint de vomir et ravala ses sanglots en se débattant mollement comme si la déclaration de Yoruichi l'avait anéanti de toutes ses forces.
— C'est pas possible… c'est pas possible…
Yoruichi caressa les cheveux de Renji avec douceur même si son regard était plus dur et sérieux. Cette colère dévastatrice lui rappelait Grimmjow. Tous deux pouvaient perdre le contrôle face à leurs émotions. Ce n'était pas une méchante irritation qui les prenait mais une terreur qui les bouleversait entièrement. Renji n'était pas en train d'insulter Tatsuki de tricheuse, il se voilait inconsciemment la face pour masquer la peur qui l'envahissait de ne plus être Roi.
— Jeu ou pas jeu, c'est ma demeure et des enfants n'ont rien à faire ici ! reprit énergiquement Rangiku; alors vous serez bien gentils de déguerpir ! Vous n'avez pas école ?
— Je vais les accompagner, Yoruichi. Je m'assurerai qu'il n'y ait pas de combat inutile encore en chemin.
Rangiku la remercia chaleureusement et ordonna à ses employés de rentrer dans la maison. Yoruichi n'eut pas le temps de prendre la main de Renji. Lorsque le jeune homme le lâcha, l'enfant s'enfuit à toute vitesse dans le quartier et disparut en quelques secondes dans la foule grandissante.
— Bon, je suppose qu'il a besoin d'être seul; conclut Yoruichi.
Tatsuki rejoignit avec bonheur ses amis, trophée en mains. Il y avait plusieurs autres enfants, supporters de Renji, qui étaient encore ébahis par la scène. La Capitaine les appela à se ranger et à la suivre jusqu'à l'École. Les enfants allaient devoir accueillir la nouvelle Reine qui avait détrôné Renji.
Quelques temps plus tard, lorsque ce fut bientôt l'heure d'aller en classe, Grimmjow, Ichigo et Ulquiorra arrivèrent sur la place de l'Ecole. Elle était déjà bien remplie des enfants qui avaient participé au Jeu. Un remarquable attroupement, à quelques mètres de l'entrée de l'Ecole, attira les trois garçons. Les plus jeunes sautillaient pour dépasser les plus grands et voir ce qu'il se passait dans l'enceinte de têtes. Les enfants étaient animés d'une certaine excitation et semblaient intéressés et enthousiastes. Enfin, les trois frères reconnurent la voix de Tatsuki.
— Du calme, du calme ! Je discuterai avec tous ceux qui le souhaitent, mais ne vous battez pas !
La jeune fille était au centre du cercle, épaulée par Chad pour respecter une certaine distance de sécurité avec les quelques plus jeunes qui, pris d'excitation, tentaient de s'agripper à elle ou d'attirer son attention. Tout le monde regardait avec respect celle qui, en tenant la Poupée fièrement entre ses bras, venait de battre le quasi indétrônable Renji. Grimmjow écarquilla les yeux. Avait-elle vraiment réussi ?
— C'est vrai que tu es notre Reine ? demanda un petit.
— O-Oui, c'est ça; répondit Tatsuki en réalisant en même temps ; je remplirai ce rôle du mieux que je peux!
— Où vas-tu installer ta Cour ? interrogea un plus grand.
— Euh… Je n'y ai pas encore réfléchi. Sans doute le local du Pasteur qu'avait trouvé Renji… s'il me l'accorde.
Le plus grand grimaça. Pourquoi aurait-elle besoin de demander la permission à Renji ? Il soupira un petit: « Mais t'es la Reine, banane…» en rangeant les mains dans ses poches.
— Est-ce que… Est-ce que tu voudras un goûter particulier ? demanda la petite fille que les trois garçons reconnurent alors qu'elle avait heurté Grimmjow en courant un jour; je peux cuisiner ce qui te plaira et te l'apporter…
Tatsuki comprit comme les garçons que la petite annonçait cela avec une certaine crainte, comme si c'était la peur qui la poussait à demander les désirs de sa Reine afin de mieux la contenter.
— Je n'ai besoin de rien; nia Tatsuki ; garde tes forces et ton temps pour les devoirs de l'école.
— Mais…! Ce n'est pas normal… enfin… Le Roi Renji… il voulait toujours…
— Écoute, je ne suis pas Renji. Sens-toi libre de faire ce qu'il te plaît, tu n'auras pas ce genre d'obligation. Si tu veux cuisiner un gâteau, nous le partagerons entre nous, d'accord ?
La petite parut tout à coup soulagée d'un tel poids que sa nuque rehaussa sa tête droite et que ses épaules s'affaissèrent. Tout sourire, elle regarda sa Reine avec des yeux pleins de reconnaissance.
— Hé, écoutez-moi tous; commença Tatsuki en levant les bras et en tournant sur elle-même pour capter l'attention des enfants; je suis votre nouvelle Reine mais je n'ai aucune raison de vous terroriser si nous nous entendons tous bien, compris? Je ne ferai aucune hiérarchie et ne donnerai aucune punition si vous restez respectueux et bienveillant les uns envers les autres. Vous pouvez me parler librement, mon rôle sera aussi de vous aider. Orihime et Chad seront mes conseillers, vous pouvez aussi vous adresser à eux. Essayons de bien nous entendre, d'accord ?
Le discours subjugua plus d'un enfant tant la différence avec Renji était grande. D'un Roi orgueilleux qui avait abusé de son pouvoir par goût pour l'autorité et la domination, ils passaient à une Reine plus à l'écoute et bienveillante. Tandis que certains n'y crurent pas et gardèrent le silence, d'autres sautèrent de joie en s'attroupant autour de Tatsuki.
— Elle sera une bonne Reine; conclut Ulquiorra quand les trois garçons s'éloignèrent du groupe.
— Elle a sans doute une meilleure attitude que Renji, oui ; ajouta Ichigo en réfléchissant ; tu en penses quoi Grimmjow?
Le dit garçon souriait, mains dans les poches, mais ne dit rien.
Soudain, tout le monde s'aperçut que le Professeur Urahara était adossé à la porte de l'école, bras croisés, et semblait les attendre avec un regard bienveillant. Les plus jeunes sursautèrent, de peur de se faire disputer et laissèrent leur Reine pour se précipiter dans l'établissement. Les autres suivirent le rythme avec plus ou moins d'entrain.
Tatsuki trouva au loin ces trois amis et s'approchèrent d'eux, tout sourire. Ichigo et Ulquiorra la félicitèrent pour sa victoire. Grimmjow avait toujours cet air satisfait sur le visage.
— Tu as réussi.
— C'était la moindre des choses; ajouta Tatsuki en faisant un clin d'œil.
— Et Renji ?
Tatsuki haussa les épaules.
— Il s'est enfui. Je ne l'avais jamais vu aussi triste et en colère. Ça m'inquiète un peu mais…
— Il ne sera pas tendre avec toi; rappela Grimmjow; alors ne sois pas tendre avec lui. Il doit apprendre tout seul à faire face à la défaite. Ça fait trop longtemps qu'il ne l'a pas connue.
Renji ne réapparut pas de la journée et la plupart des enfants en furent ravis. Ayant prêté allégeance à Renji plus par crainte que par dévotion, ils se sentirent plus libres d'exprimer leur joie à l'élection de la nouvelle Reine. Tatsuki eut bien besoin du soutien de Chad et d'Orihime pour répondre à tous les enfants qui venaient la voir. Les trois garçons quant à eux s'amusèrent de la voir si débordée et la laissèrent en plein rêve éveillé à la fin de la journée pour prendre la direction de la maison.
— Le rendu des exposés est proche; rappela Ulquiorra; Avec Chad, on est en train de finir notre présentation. Vous êtes au point ?
— Plus que jamais ! répondit Ichigo; Orihime veut toujours plus en faire et que tout soit parfait… J'ai du mal à la rassurer. Et toi, Grimm' ?
— On a avancé mais je vais sans doute devoir finir lui vu comme Tatsuki va être occupée…
— Je pourrai t'aider si besoin ; dit Ichigo avec un sourire bienveillant qui fit presque rougir Grimmjow.
— C'est sympa… Je comptais travailler dessus en rentrant… Si tu veux y jeter un coup d'œil.
Les enfants continuèrent ainsi à discuter sur le chemin du retour. Arrivés à la maison, ils trouvèrent le rez-de-chaussée vide ce qui n'était plus très étonnant avec leur tuteur alité. Ils perçurent d'ailleurs bien vite des sons depuis sa chambre à l'étage, comme ceux d'une conversation animée entre un homme – à n'en pas douter Zaraki – et une femme – qui pouvait être Unohana. À peine entendirent-ils l'appellation de « faux monnayeur » qu'il fallait « arrêter » que Yumichika sortit de la chambre et trouvèrent les garçons au seuil de l'escalier. Son sourire bienveillant contrastait bien trop avec la tension palpable qui semblait envahir la chambre de Zaraki. Grimmjow comprit en une seconde que ce sourire avait pour unique but de les rassurer.
— Je me doutais que c'était la porte que j'avais entendu. Bon retour, les garçons; dit calmement Yumichika en descendant les escaliers.
— Qu'est-ce qu'il se passe dans la chambre ? demanda soudainement Grimmjow; qui est avec Zaraki ?
— Calme-toi, Grimm', tout va bien. C'est simplement Unohana qui est là pour les soins habituels.
— Ça n'a pas l'air d'être que ça…
Grimmjow voulait que Yumichika avoue tout mais il se contenta d'un nouveau sourire.
— Les garçons, je pense que vous avez besoin d'un bon bain ce soir. Le seul problème, c'est qu'il va nous falloir plus d'eau. Vous allez en chercher, s'il vous plaît?
Sur ce, il leur apporta les jerricanes en bois qui attendaient vides dans un coin de la cuisine. Son regard ne permettait aucune protestation et même si les enfants eurent l'air peu enthousiaste, ils se plièrent à l'ordre en comprenant bien que leur présence n'était pas souhaitée à ce moment.
Quand ils revinrent, le soleil se couchait paisiblement et il n'y avait plus aucune conversation passionnée dans l'enceinte de la maison. Seul le ronflement du bouillon sur le feu résonnait dans la cuisine. Ikkaku et Yumichika préparaient à manger dans le calme et, à l'étage, le silence pesait. À la vue des enfants, ce dernier vint les aider à préparer le bain. Grimmjow ne put rien obtenir de plus de sa part, ni même d'Ikkaku plus tard. Il suivit le court des choses, comprenant qu'on ne lui divulguerait rien. Yumichika se servit du dîner pour faire parler les enfants, en leur posant des questions sur leur exposé, afin de leur faire oublier toute cette histoire de faux-monnayeur qui planait toujours comme un parfum dans cette maison. Cela eut le meilleur des effets sur Ichigo qui était plus qu'heureux de parler de son travail avec Orihime. Ulquiorra s'exprimait toujours aussi bien et était particulièrement fier d'avoir préparé à l'écrit ce qu'il dirait à toute la classe. Grimmjow, moins intéressé, fut bref. Après le repas, il tenta de rejoindre Zaraki pendant que ses deux frères montaient dans leur chambre pour se préparer à dormir.
— Tu comptes rester là, droit comme un piquet, encore longtemps ? interrogea Zaraki en remarquant Grimmjow resté à la porte, hésitant à pénétrer plus loin dans la chambre; viens me servir à boire.
On avait laissé une carafe d'eau et un gobelet à son chevet. Grimmjow s'approcha donc pour s'exécuter. Quand Zaraki fut servi et eut bu, il s'encouragea à parler:
— Unohana est passée toute à l'heure. Yumichika n'a pas voulu qu'on entende votre conversation.
— S'il ne l'a pas voulu, c'est qu'il doit avoir une bonne raison; répondit Zaraki de manière froide mais non agressive.
— Ça un lien avec le faux-monnayeur, je l'ai entendu…
— Évidemment que ça a un lien, il n'y a que ça qui agite les Supérieurs en ce moment.
— Tu le connais et tu vas le défendre de continuer alors ?
Grimmjow avait avancé ça sur une hypothèse. Réellement il ne savait rien de plus.
— Je ne peux rien faire, je suis cloué à un lit, comme tu vois. Je ne sais pas ce que tu t'imagines ou quel rôle tu me donnes dans cette histoire mais je crains que tu ne sois déçu, comme tous les Pasteurs d'ailleurs. Je ne suis pas le cerveau du faux-monnayeur.
«Mais il t'écoute.» pensa Grimmjow. Cette révélation fut à la fois étrange et familière. Il était étrange de s'imaginer que Zaraki avait une vie si éloignée de celle du vieux boiteux buveur de saké qu'on voulait bien lui donner de prime abord. Mais c'était tout à la fois familier de le savoir affiliés à des ripostes musclées, lui qui détestait l'injustice et défendait les Dogs depuis toujours.
— Je n'ai rien à te dire de plus; conclut-il; mais je veux m'assurer de quelque chose.
Grimmjow fut tout à coup très attentif :
— Si la cloche de l'Heure Sourde se met à sonner de manière rapide à n'importe quelle autre heure, tu sais ce que ça signifie ?
— Oui; répondit du tac au tac Grimmjow en hochant la tête; c'est le signal d'alarme des Sinners. Ça veut dire qu'il faut aller à l'École auprès des Pasteurs.
— Exactement, vous allez à l'École, les trois, le plus vite possible. Tu es garant de tes frères Grimmjow. Je veux que tu me prouves que tu feras tout ton possible pour les protéger.
— Zaraki… Pourquoi ? Tu dis ça comme si ça allait arriver cette nuit.
— Pas cette nuit mais bientôt, je n'en doute plus.
— Qu'est-ce qui va se passer? L'alarme ne sonne que lorsque quelque chose de très grave est arrivé.
En effet, même la disparition d'un Freak hors de la Prison n'était pas un motif assez important pour sonner l'alarme. La dernière fois que cela était arrivé, c'était à cause d'un départ de feu dans les Forges qui avait commencé à trois heures du matin. Un malheureux accident qui avait rapidement pris des proportions importantes. Il avait fallu plusieurs heures pour éteindre le feu avec des chaînes humaines immenses pour transporter l'eau afin que l'incendie ne se déplace pas sur les maisons avoisinantes. Les enfants et personnes fragiles étaient invités à rejoindre l'École et le Quartier des Pasteurs pour obtenir une protection. Les adultes, et principalement les hommes, restaient alertes dans leur foyer, attendant de possibles directives.
Zaraki leva la main.
— Je n'ai rien d'autre à te dire. Tiens-toi simplement sur tes gardes et protège tes frères.
Grimmjow n'obtint rien de plus à son chevet et dut sortir quelques minutes plus tard, confus et l'esprit envahi de questions.
Dans la chambre, Ichigo et Ulquiorra faisaient leur devoir de lecture, allongés sur leur futon. C'était sans doute Ichigo qui avait eu la gentillesse de préparer celui de Grimmjow. Néanmoins, le garçon ne s'installa pas dessus. Il préféré aérer son esprit du côté de la fenêtre. Le froid de l'automne commençait à s'infiltrer dans la chambre. Il faudrait penser à installer le volet en bois sur l'ouverture avant de se coucher. Mais pour l'instant, Grimmjow profitait du ciel noir embrumé par la fumée des Forges. Les maisons se fermaient et s'éteignaient une à une dans la nuit. Ne restaient que les torches enflammées qui aidaient la lune à percer ce brouillard opaque.
Grimmjow imaginait les cloches sonner tout à coup. De quel incident grave parlait Zaraki ? Il semblait si sûr de lui. Il connaissait le faux-monnayeur mais ne semblait rien pouvoir décider ni empêcher à sa place. Comme si ce qui devait arriver arriverait, irrémédiablement.
Tout à coup, dans l'obscurité percée par les flammes, Grimmjow aperçut une forme familière passer devant la maison. Petite taille, les cheveux ébouriffés et le regard fermé. Que faisait Renji à une heure pareille ? Il se ferait sans doute punir pour son retard au foyer. L'Heure Sourde allait bientôt sonner.
Sans plus attendre, Grimmjow sauta hors de la banquette accolée à la fenêtre et se précipita vers l'escalier.
— Qu'est-ce que tu fais ? demanda Ulquiorra, un instant surpris par l'énergie folle qui venait de le prendre.
— J'reviens!
Au rez-de-chaussée, Yumichika et Ikkaku lui posèrent la même question quand il enfila ses chaussures pour sortir.
— Je reste devant la maison, j'en n'ai pas pour longtemps.
Quand la porte claqua contre le mur, Renji s'immobilisa. Il se retourna pour voir Grimmjow, à quelques mètres de lui, et finit par sourire:
— Qu'est-ce que tu fais là, Grimmjow ? Tu devrais dormir comme un loir maintenant que je ne suis plus Roi.
— Je dormirai mieux quand tu auras accepté Tatsuki comme Reine.
— Tch... Tu as mis tous tes espoirs sur elle parce que tu as abandonné le Jeu. Drôle de manière de te venger de moi.
— Ce n'était pas de la vengeance. J'avais simplement envie que tu perdes pour voir ce qu'un autre ferait en tant que Roi. Avec toutes tes victoires, tu sembles avoir oublié les principaux devoirs de ce rôle.
— Comme si j'en avais quelque chose à faire… Tu l'as dit toi-même: ce n'est qu'un jeu. Alors je peux bien faire ce que je veux, je ne serai jamais vraiment Roi.
— Tu as vraiment trouvé du plaisir à terroriser plus petit et faible que toi ? C'est ça ta fierté d'avoir été Roi ?
— La ferme ! J'ai aucune leçon à recevoir de toi, je te l'ai déjà fait comprendre, je crois bien.
Le souvenir de sa défaite dans l'ancien repère revint brusquement à la mémoire de Grimmjow.
— Tu fais le malin depuis quelques semaines à jouer les adultes et à paraître plus mature que tout le monde mais tout ça c'est des blagues… ; déclara Renji ; Tu restes le même gamin aux yeux de tous, tu n'es pas différent de moi.
— Je n'en ai rien à faire de ce jeu.
— Tu as subi la défaite de trop, c'est évident. Tu cherches à impressionner des adultes comme le vieux boiteux ou la Capitaine des Forces Spéciales, tu veux leur montrer ta vraie valeur mais je vais peut-être t'apprendre quelque chose: tant que tu restes un gamin, personne ne t'écoutera.
Grimmjow sentit son cœur se serrer. Mais étrangement, il ne se perçut pas comme le seul concerné par ces mots. Renji semblait exprimer sa propre déception en l'attaquant ainsi. Grimmjow trouvait là la seule raison valable pour Renji à sans cesse vouloir être Roi: être entendu.
— Qu'est-ce que tu fais là à cette heure? demanda Grimmjow d'une voix plus calme, pour changer de sujet.
— Qu'est-ce que ça peut bien te faire?
— Le foyer n'est pas de ce côté de la Cité. Tu te diriges droit vers le quartier de Red Mama, là où habites Tatsuki.
— Qu'est-ce que tu insinues ?
— Tu vas lui voler la Poupée ? Tu sais que c'est contraire au règlement. Si c'est ça que tu veux faire, je t'arrêterai.
— Tch, bah voyons… Tu es son chevalier servant maintenant ? Comme c'est touchant. Mais tu n'y es pas. Elle paiera pour m'avoir volé ma victoire mais pas comme ça.
Tout à coup, l'Heure Sourde fut sonnée, coupant court à leur conversation. Grimmjow aurait voulu lui poser plus de questions, savoir ce qu'il mijotait dans son coin contre son amie mais il partit sans demander son reste d'un pas pressé. L'instant d'après, Yumichika l'appela pour rentrer à l'intérieur.
Grimmjow soupira et finit par lever la tête. Il n'y avait pas que la lune qui avait été témoin de leur échange. Les deux petites têtes de ses frères de cœur sortaient hors de la fenêtre. Tandis qu'Ulquiorra avait un regard neutre, maître de la situation, Ichigo était quant à lui plus inquiet. Alors Grimmjow rentra et alla les retrouver dans la chambre pour en discuter à la lueur d'une bougie.
