Salut ! Dans ce chapitre, deux sentiments dominent : très envie de faire un câlin à Neville et très envie de casser des gueules. Je vous souhaite donc une bonne lecture !
« Vous ne pensez pas que nous devrions l'aider, n'est-ce pas ? » demanda Albus, tout en découpant un morceau de rôti de bœuf avant de le tremper dans la sauce.
Malgré sa suggestion, Minerva se trouva à la fois ravie et amusée en constatant qu'il n'avait visiblement aucune intention de se lever pour assister Fudge.
« Non. » répondit Minerva en observant ce qui se passait à travers les portes entrouvertes de la Grande Salle.
De là, elle pouvait voir Fudge et son horrible Sous-Secrétaire vêtue de rose – Sous-Secrétaire Senior depuis l'emprisonnement de Croupton – essayer d'apaiser la horde de parents qui avaient débarqué depuis environ une heure. Sirius Black se trouvait en tête, faisant sans nul doute connaître son mécontentement.
« Sirius semble avoir beaucoup de choses à dire. » observa Albus avec enthousiasme.
Lui aussi observait Sirius et Minerva songea au fait qu'il devait, pour une fois, être soulagé de ne pas être la cible de sa colère.
« Ce n'est pas toujours le cas ? » lança Rogue avec une voix traînante, se penchant pour se servir en pudding.
Lorsqu'il bougea, Minerva put sentir son odeur. Il sentait les ingrédients pour potions, la fumée et l'humidité des cachots. Mais c'était pour la bonne cause. Severus avait bientôt terminé l'antidote pour les victimes de Jedusor.
« Surtout quand il est question de son précieux Potter. »
Minerva jeta un coup d'œil vers le garçon en question. Même s'il était encore un peu pâle, il avait l'air bien plus en forme maintenant que quand elle l'avait vu à l'infirmerie. Ginny Weasley et Neville Londubat avaient aussi l'air d'avoir connu des jours meilleurs, mais les autres garçons Weasley semblaient aussi turbulents qu'à l'accoutumée. Ron Weasley était peut-être un peu plus compatissant à l'égard de sa sœur et de ses amis que les deux autres. Visiblement, même les Détraqueurs ne pouvaient pas atteindre l'humeur des jumeaux Weasley.
Ils n'avaient pas non plus atteint Hydrus Malefoy, apparemment. Lui et quelques membres de son petit groupe avaient fini leur dîner et s'approchaient de la table de Gryffondor en lançant des remarques railleuses. Potter, Londubat et les Weasley les avaient vu approcher et semblaient tous agacés. Minerva vit Ron Weasley sortir sa baguette et plusieurs autres Gryffondors – à savoir Dubois et le reste de l'équipe de Quidditch – commencèrent à prêter attention à la querelle. Albus observait également la scène avec un léger froncement de sourcils.
« Il paraît que tu t'es mis à pleurer, Londubat. » se moqua Malefoy.
Minerva se doutait qu'elle n'était pas censée l'entendre, mais les élèves avaient tendance à oublier son audition d'Animagus. Elle ne pensait pas que Severus soit capable d'entendre ce qui était dit, mais le seul langage corporel de Malefoy, ainsi que celui de Crabbe, Goyle et Parkinson, annonçait qu'ils étaient venus pour chercher la bagarre.
« Et que tu t'es évanoui, Potter. »
Parkinson se mit à rire et dans la Grande Salle, quelques autres ricanèrent. La plupart des élèves levèrent juste la tête, soit intéressés, soit mal à l'aise.
« Tu avais peur, Potter ? »
« Voulez-vous vous en occuper ou je le fais ? » soupira Severus en baissant sa fourchette.
« Vous pouvez, répondit Minerva. Et je vous suggère d'y aller rapidement, avant que quelqu'un soit blessé ou que Sirius entende le nom de Potter et vienne enquêter. »
« Où est le bébé ? Où est le petit Neville ? »
Neville leva la tête vers le plafond de sa sombre cachette, intéressé par l'appel étouffé de son nom.
« Il n'est pas là. » haleta Papa.
Papa se mit alors à hurler avant de se taire et de tousser faiblement. Neville bougea un peu sur le sol, terrifié. Il essaya de se lever. Il voulait trouver Papa pour lui faire un câlin parce que Papa aimait les câlins, mais il faisait noir, le sol était inégal et Neville tomba encore. La chute lui fit mal, mais il ne pleura pas.
« Il n'est pas là. »
« Menteur ! » dit quelqu'un avec une voix forte.
Maman pleurait.
« Maman. » essaya de dire Neville, mais il ne pouvait pas entendre sa voix.
Il essaya d'appeler Papa, mais il n'arriva pas à prononcer ce mot non plus. Il leva sa petite main potelée pour toucher sa bouche. Peut-être qu'elle était cassée.
« J'aime ce nom, d'ailleurs. Neville. » dit une voix de femme.
Cette voix était plus douce, plus chaude, mais Neville ne l'aimait pas.
« Neville Londubat … Oui, ça sonne bien. »
« Je pense que ça rendrait bien sur une pierre tombale. »
C'était une voix d'homme cette fois, et un rire. Il n'avait pas l'air très âgé, mais Neville n'aimait pas non plus sa voix. Le plancher craqua au-dessus de lui. Quelqu'un marchait avec des pas lourds. Neville savait que ce n'était pas Maman. Maman était très silencieuse quand elle marchait, elle aimait le surprendre.
« Endoloris. » s'exclama la femme.
Tout devint silencieux. Puis au bout de plusieurs secondes, Maman prit une grande inspiration et Papa toussa d'une drôle de façon, comme s'il était malade. Neville espérait qu'il n'était pas malade.
« Endoloris ! »
Neville prit une grande inspiration et ouvrit les yeux. Il avait froid et se sentait malade, moite.
« Neville ? »
Harry parlait tout bas, mais cela le fit quand même sursauter. Neville tourna les yeux vers le lit de Harry avant de réaliser qu'il ne s'y trouvait pas. Sa voix lui était parvenue depuis la fenêtre, devant laquelle Harry était assis avec sa chouette sur le genou. Ils se fixèrent tous les deux pendant un long moment – Seamus murmurait dans son sommeil dans le lit voisin – et Harry ouvrit la bouche avant de la refermer.
« Quoi ? » demanda Neville.
« J'allais te demander si ça allait, dit Harry. Mais- Et bien, ça n'a pas grand intérêt, pas vrai ? Je sais que ça ne va pas. »
Visiblement démuni, il haussa les épaules comme pour s'excuser.
« Tu veux une Chocogrenouille ? Patmol en a amené. »
Neville repoussa ses couvertures et se glissa hors de son lit pour aller rejoindre Harry près de la fenêtre. La chouette le fixait avec de grands yeux dorés et Neville se demanda si elle allait le pincer, mais elle ne le fit pas. Après un instant supplémentaire, elle décida qu'elle l'avait assez regardé et tourna les yeux vers Harry, avant de cacher sa tête sous son aile. Neville sentit une pointe de jalousie. Trevor n'était pas très doué pour apporter le moindre réconfort … En fait, Neville ne savait même pas où se trouvait Trevor. Il nageait sûrement dans le lac ou terrorisait encore les filles dans les toilettes.
Harry caressait distraitement le dos de sa chouette. Il fixait la fenêtre, observant peut-être les étoiles ou peut-être quelque chose que lui seul pouvait voir. Peut-être regardait-il les minuscules formes noires qui flottaient et patrouillaient autour du parc du château ?
« Toi non plus, ça ne va pas, pas vrai ? » murmura Neville après plusieurs minutes de silence.
Harry posa les yeux sur Neville, avant de détourner le regard à nouveau.
« Tu entends aussi les tiens ? »
Harry hocha rapidement la tête et sa lèvre se mit à trembler. Neville mordit dans sa Chocogrenouille et se sentit un peu mieux, en partie grâce au chocolat, mais aussi parce que quelqu'un comprenait. Neville ne voulait pas en parler et ne voulait pas non plus écouter Harry lui parler de ce qu'il ressentait lorsque les Détraqueurs approchaient, mais c'était suffisant de savoir que quelqu'un d'autre comprenait, qu'il n'était pas seul.
Ils finirent leur chocolat en silence, puis Neville se leva et retourna au lit.
« Bonne nuit. » dit Harry.
Alors Ron laissa échapper un ronflement bruyant et Dean agita les pieds jusqu'à les libérer de sous ses couvertures.
« 'Nuit. »
Hermione se réveilla dans un endroit sombre, qu'elle ne connaissait pas, luttant pour se défaire de ses rêves. Les voix de Harry et de Ron – parfois ils s'adressaient à elle, parfois non – qui parlaient de tout et de rien, du Quidditch et des choses qu'ils avaient appris en classe. Elle se souvenait – étrangement – de l'école primaire, avant que Harry arrive et qu'il devienne son ami, de la solitude et de l'ennui qu'elle ressentait alors. C'était un sentiment affreux. Mais elle ne ressentait plus cela désormais. Et plus que tout, elle se sentait malade, raide et fatiguée.
La dernière chose dont elle se souvenait, c'était le reflet du Basilic dans la fenêtre la nuit où elle s'était rendue à la bibliothèque pour en apprendre davantage sur la Chambre et le monstre. Et elle avait été pétrifié. Cela expliquait pourquoi elle se sentait- et bien, comme elle se sentait actuellement. Et en sachant cela … Oui, un autre regard autour d'elle lui indiqua qu'elle se trouvait à l'infirmerie. Un lit différent de celui qu'elle avait connu l'année dernière, quand elle soignait ses blessures après avoir protégé la Pierre, mais elle pouvait apercevoir le bureau de Mme Pomfresh et-
« Professeur ! »
Hermione ne partageait pas la même haine que Ron pour le Professeur Rogue, mais elle n'aurait quand même jamais imaginé être aussi contente de le voir. Il fit immédiatement volte-face, ses yeux sombres se posant sur les lits autour d'elle. Hermione remarqua le frère de Ron, Percy, immobile dans le lit voisin, puis-
« Drago ? »
« Il devrait bientôt se réveiller également. » dit calmement le Professeur Rogue.
Il leva légèrement la voix pour appeler Mme Pomfresh et elle se retrouva au chevet de Hermione dans la seconde qui suivit. Hermione observa rapidement les autres lits pour s'assurer que ni Ron, ni Harry ne s'y trouvait. Elle fut soulagée de voir qu'ils n'y étaient pas et reporta son attention sur Drago. Drago n'avait jamais été aussi vif que Harry ou Ron, ni aussi bavard, mais c'était quand même étrange de le voir si figé. Elle se demanda si elle avait été aussi étrange à regarder.
« Était-il- »
Hermione essayait de réfléchir aux questions qu'elle voulait poser, avant de s'arrêter, horrifiée.
« Mon sac ! s'exclama-t-elle. Est-ce que- C'est un Basilic dans la Chambre des Secrets, c'est ça le monstre de Serpentard ! C'est- »
« Tu arrives un peu tard. » dit gentiment Mme Pomfresh, qui agitait sa baguette autour de Hermione.
Rogue s'approchait d'une fille que Hermione reconnaissait vaguement, l'ayant vu partager des repas avec Ginny. Greengrass, mais Hermione était incapable de se souvenir de quelle jumelle il s'agissait.
« Tard- Combien de temps j'ai passé- ? »
Hermione tourna les yeux vers la fenêtre de l'infirmerie, espérant y trouver un indice météorologique pour lui indiquer depuis combien de temps elle était là, mais il faisait trop noir pour voir quoi que ce soit.
« Tu as été attaqué en février, dit Mme Pomfresh, claquant la langue en lisant le diagnostic que lui offrait ses sortilèges. Et nous sommes dans la première semaine de juin maintenant, donc ça fait … ? »
« Quatre mois. » murmura Hermione.
« Un peu moins. » répondit brusquement Mme Pomfresh.
Hermione avait un peu de mal à réaliser cela.
« Et l'héritier ? Et le Basilic ? »
« Ne font plus courir le moindre danger à personne. » dit Mme Pomfresh à Hermione.
Était-elle volontairement vague ?
« Bon. Comment te sens-tu ? Un peu raide ? »
Hermione acquiesça à contrecœur. Il était évident que poser davantage de questions ne la mènerait nulle part.
« Tu peux lever ton bras comme ça ? »
Hermione grimaça, mais réussit à le faire. Mme Pomfresh lui fit essayer ses bras, ses jambes et sa tête de toutes sortes de façon, puis une fois avoir réussi tout ça, elle lui demanda de se lever.
« Je ne peux pas, dit Hermione en se tenant au lit, misérable, après sa troisième tentative. Mes jambes ne veulent juste pas- me tenir- »
« Pas d'inquiétude, dit doucement Mme Pomfresh. Nous avons fait de notre mieux les derniers mois, mais c'est normal que tu sois un peu faible et un peu raide. »
« Poppy ! »
« Je reviendrais plus tard avec quelque chose à manger, dit-elle. Mais pour l'instant, il y a du jus et de l'eau sur la table. Excuse-moi. »
Et elle se hâta en direction de Rogue, qui essayait de contenir les nombreuses questions confuses de Colin Crivey.
« Ginny va bien ? demanda Colin. Elle était avec moi quand c'est arrivé- »
Hermione observa avec intérêt le regard que Rogue et Mme Pomfresh échangèrent, mais ils n'offrirent rien d'intéressant, si ce n'était que Ginny allait bien. Rogue reprit sa maraude entre les lits et Mme Pomfresh demanda à Colin de faire les mêmes exercices que Hermione venait de faire.
Hermione remonta dans son lit avec difficulté et essaya – à nouveau – de se faire à l'idée qu'elle venait apparemment de passer des mois au lit.
« Mme Pomfresh ! » s'écria-t-elle, soudainement effarée.
Celle-ci accourut, alarmée, et Rogue leva la tête, méfiant.
« Miss Granger, que se passe-t-il ? »
« Les examens ! s'exclama Hermione. Si nous sommes en juin- alors j'ai raté les examens ! »
« Les professeurs s'en occupent, lui assura Mme Pomfresh. Et tu n'as pas besoin de t'inquiéter. »
Elle adressa à Hermione un regard sévère, comme pour lui dire Maintenant, sois sage, avant de retourner au chevet de Colin.
Hermione se laissa tomber contre ses oreillers. Elle ne se sentait pas particulièrement reposée et se dit qu'elle pourrait probablement dormir si elle essayait, mais elle ne le souhaitait pas vraiment. Elle pensait qu'elle avait passé assez de temps inconsciente. Elle croisa les bras et se prépara à attendre. Soit le réveil de Drago – parce qu'elle n'avait aucune idée du moment où il avait été pétrifié, et donc il pourrait peut-être lui expliquer ce qui s'était passé ces derniers mois – soit l'arrivée de Harry et de Ron.
« Et- On avait raison ? » demanda Drago.
Il n'était pas particulièrement sûr de vouloir le savoir.
« Hermione, dit soudainement Weasley. Tu devrais venir voir ces journaux que j'ai apporté pour Percy- »
Le Préfet Weasley était assis sur son lit, plongé dans la lecture d'un vieil exemplaire de la Gazette, tandis que Weasley Un et Deux discutaient avec lui. Weasleytte ne se trouvait nulle part.
« Ron, j'essaye d'écouter Harry. » dit Granger en fronçant les sourcils.
Drago s'était réveillé quelques heures après Granger. Elle pouvait désormais marcher avec l'aide de quelqu'un, alors que lui avait encore du mal à se tourner et à bouger son cou. Ainsi, il ne pouvait pas voir le regard que Weasley lui lança, mais il vit que Granger laissait finalement Weasley l'aider à s'asseoir sur une chaise près du lit du Préfet Weasley. Cela laissa Drago et Potter seuls.
Potter, qui depuis leur dernière conversation, avait apparemment tué le Basilic de Serpentard avec l'épée de Gryffondor – si Drago pouvait en croire les dires de Dumbledore – avait réussi à détruire le journal – et à travers lui à détruire Jedusor – et en le faisant, avait sauvé la vie de Weasleytte. Potter resta assis et fusilla le dos de Weasley comme s'il voulait lui demander pourquoi il l'avait laissé avec Drago. Et ce fut à ce moment-là que Drago comprit qu'il allait entendre des mauvaises nouvelles.
« On avait raison, n'est-ce pas ? demanda Drago, convaincu par l'horrible sentiment qui enserrait sa poitrine. Père- »
« A donné le journal à Ginny, dit Potter avec réticence, tout en gardant sa voix basse. Sur le Chemin de Traverse, je pense. Quand nous étions dans la libraire ... »
Il ne regarda pas Drago et Drago apprécia cela, parce que cela lui donnait le temps de reprendre le contrôle sur son expression.
« Comment l'avez-vous découvert ? »
Drago était impressionné de réussir à garder sa voix si calme.
« Dobby me l'a dit, dit Harry avec regret, avant de se mettre à sourire. Il était ici avec une éponge, tu sais. »
« Mais non. » dit Drago, effaré.
Mais il voyait bien à l'expression de Potter qu'il disait la vérité. Drago ne savait pas s'il trouvait le comportement de Dobby plutôt attendrissant ou inquiétant. Finalement, il secoua la tête.
« T'es juste en train d'essayer de me distraire. »
Le sourire de Potter disparut et il ne rajouta rien, ce que Drago apprécia.
« Donc- Il est à Azkaban alors ? C'est pour ça qu'il n'est pas venu me voir ? Et Mère doit être- elle doit avoir du mal- »
« En fait, dit Potter. Je pense qu'il se pavane au Manoir comme d'habitude. »
L'expression de Potter était pleine de dégoût. Dans le passé, il avait toujours essayé de ne pas montrer ce qu'il pensait vraiment de Père – même si Drago s'en doutait – mais cette fois, soit il ne faisait pas l'effort de le cacher, soit il n'y arrivait plus.
« Il n'est pas … ? »
Drago ne savait pas s'il était content ou horrifié à cette idée.
« Mais- La famille de Weasley a sûrement- »
« Personne ne sait, dit doucement Potter. Enfin- moi et Ron, et maintenant toi, et je pense que Hermione finira aussi par le savoir, mais- »
« Black ? »
Potter secoua la tête.
« Il aurait mis M. Malefoy dans le premier bateau pour Azkaban. » dit Potter avec mélancolie.
Et c'est tout ce qu'il mérite, pensa Drago en se sentant un peu malade.
« Weasleytte ? »
Potter secoua la tête à nouveau.
« Mais elle aurait pu mourir- tu as dit qu'elle avait failli mourir ! »
« Elle a assez de choses à gérer pour l'instant, dit Potter sans le regarder. En plus, à moins qu'il soit vraiment puni, ça ne va pas l'aider à se sentir mieux, pas vrai ? »
Mais Potter n'avait pas l'air heureux à ce propos et c'était sûrement quelque chose qu'il supportait mal – c'était aussi peut-être sujet à débat avec Weasley.
« Je veux dire que si on lui dit, elle devra lui faire face, le regarder rester libre et c'est juste- »
« Exactement. Libre ? Je ne comprends pas- »
« Drago, siffla Potter en le fusillant du regard. Content que tu sois enfin réveillé. Non, ne t'inquiètes pas, tu n'as pas manqué beaucoup de choses- Oh, attends. En fait, ton père est en prison pour avoir lâché Voldemort et un serpent géant dans l'école et pour avoir presque tué Ginny Weasley … Mais à part ça, non, c'était plutôt calme ... »
Drago tenta de donner un petit coup de pied dans le genou de Potter – c'était la seule chose qu'il pouvait atteindre depuis le lit – mais Potter l'esquiva et Drago souffla.
« C'est ton père. Ça a beau être un- »
Potter jeta un coup d'œil à Drago et ravala ce qu'il allait dire.
« Tu ne veux pas vraiment qu'il aille à Azkaban ? »
« Bien sûr que non ! » s'exclama Drago.
Et c'était vrai. Il ne voulait pas voir Père emprisonné avec des Détraqueurs, même s'il le méritait. Il savait que Père avait quelques- opinions extrêmes sur le sang et la magie et tout ça, mais d'avoir donné à une première année quelque chose qui libérerait Jedusor et qui ouvrirait la Chambre … Oui, Drago se sentait vraiment malade. Apparemment, Potter le remarqua. Il regarda autour de lui, paniqué, et réussit à tendre le pichet d'eau à Drago, juste à temps pour qu'il vide le contenu de son estomac dedans.
Potter éloigna sa chaise pour faire de la place à Mme Pomfresh, qui était apparue en entendant Drago vomir. Celui-ci était à peine conscient de sa présence à ses côtés, mais plus que conscient du pichet entre ses mains et de l'horrible goût dans sa bouche.
« -quelque chose pour apaiser ton estomac. »
Et Mme Pomfresh disparut à nouveau. Potter le regardait avec le nez froncé et une expression compatissante.
« Je veux la voir, souffla Drago. Weasleytte. »
