Je te vois.
Titre du 02/05/2023 : Je te vois
Poisson : Neal Cassidy / Baelfire (OUAT)
N : Neal Cassidy
Créature 38 : Sorcière
Prénom 41 : Neal
Défi Sarah & son cerveau n°248 - Votre perso est un héros
Liste 58
1. Une personne blessée
2. Deux personnes en couple
3. "Ce n'est pas la fin du monde"
4. 500 mots minimum
Quatre aspects de… L'étrange village : Pomme d'or : Écrire sur Blanche Neige ou sur un personnage qui reçoit de l'argent
137) 100 façons d'écrire du drama
44) 50 nuances de OUAT
10 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, alphabets, bestiaire fantastique, elles ont dit, Sarah & son cerveau, les contraintes, quatre aspects, 100 façons, 50 nuances)
Par moments, Henry ne pouvait s'empêcher de se demander si Peter Pan le croyait réellement si naïf que ça.
S'il pensait vraiment qu'il allait se laisser prendre à ce petit jeu, celui de lui faire croire qu'il était seul au monde, que personne ne viendrait jamais le chercher, que personne parmi sa famille ne tenterait de le sauver.
Il savait que Peter Pan n'y croyait pas lui-même et Henry était déterminé à ne jamais y croire non plus.
Certes, il n'avait pas eu la moindre nouvelle des siens ou de ses proches depuis qu'il avait été enlevé par les frères Darling et que ceux-ci avaient fui loin du Pays Imaginaire, et dans les faits, il ne savait même pas non plus si ces derniers avaient pu les prévenir ou si Emma et les autres savaient où il se trouvait actuellement.
Mais il savait qui il était et de quelle famille il venait, il savait de quel genre de miracles les gens qu'il aimait étaient capables, tout ce qu'ils pouvaient accomplir.
Après tout, ils étaient parvenus à ouvrir un passage pour lui et son père alors que ça semblait a priori impossible.
Lui-même aurait aimé pouvoir réussir à s'enfuir de ce monde par lui-même, mais les choses étaient différentes de ce qu'elles étaient quand il était encore dans la Forêt Enchantée.
Cette fois, il était prisonnier et seul, et il n'avait aucun objet magique à sa disposition pour lui permettre de s'échapper.
Et malgré tout l'espoir et la foi qu'il leur vouait, à tous, il ne pouvait s'empêcher de ressentir une certaine crainte, une profonde angoisse qui l'envahissait à chaque instant depuis qu'il était dans ce fichu camp.
Celle qu'ils ne soient pas parvenus jusqu'au Pays Imaginaire à cause des manigances de son arrière-grand-père, ou pire encore.
Que malgré les obstacles sur leur chemin, ses parents, ses grands-parents, sa famille (parce qu'ils étaient là, il en était persuadé, ils étaient ici en train de se battre pour lui, ils étaient venus le chercher, pour qu'il soit libre à nouveau, il n'en doutait pas, ne voulait pas en douter) avaient réussi à entrer dans ce monde et que malgré ça, malgré leur force, leur courage…
Ils ne soient pas parvenus à le retrouver, parce que de toute évidence, ils n'étaient pas là,parce qu'il ne savait toujours pas s'il étaient là, en théorie et si oui, où ils pouvaient bien se trouver.
Le Pays Imaginaire était un monde vaste et étendu après tout, ils pouvaient être n'importe où.
Ils n'étaient pas morts en revanche, c'était la seule et unique certitude du jeune garçon.
Dans le cas contraire, si Pan avait réussi à les tuer, à tous les tuer (y compris un Ténébreux immortel dont il aurait volé la dague, dont il aurait alors pris la place, et dieux, Henry ne voulait même pas penser à cette possibilité), il aurait jubilé, le lui aurait jeté au visage avec toute la cruauté dont il pouvait être capable.
Il leur aurait montré leurs corps sans vie, pour lui prouver qu'il avait perdu et lui arracher tout ce qui pouvait encore lui rester d'espoir quant au fait que cette histoire aurait une fin heureuse.
Mais ce n'était pas arrivé, alors ça signifiait que rien n'était encore perdu.
Ça ne changeait rien au fait que Peter Pan tentait tout ce qui était en son pouvoir pour le convaincre d'arrêter de croire qu'il pouvait être sauvé.
Ironique d'ailleurs qu'il veuille qu'il cesse de croire, lui qu'il avait appelé le plus pur des croyants…
Il le sentait bien, même si le sorcier ne lui avait toujours pas dit ce qu'il comptait faire au juste maintenant qu'il avait réussi à le capturer, il voulait à tout prix qu'il intègre le groupe des enfants perdus, qu'il se sente orphelin lui aussi, seul, abandonné, comme tous les autres.
(Il se demanda brièvement si Malcolm avait été un enfant perdu lui aussi, autrefois, avant de devenir père puis de choisir d'abandonner son identité pour celle d'un enfant éternellement jeune.
Il doutait que ça ait la moindre importance désormais, il doutait même de pouvoir avoir un jour la réponse à cette question et encore moins s'il tenait véritablement à le savoir.)
Ça n'arriverait pas, il en avait la conviction.
Oui, il avait été abandonné, mais il avait été adopté par Regina et grâce à elle il ne s'était jamais senti comme un orphelin, il avait été aimé dès l'instant où elle l'avait tenu dans ses bras, où il était devenu son fils.
Même quand il luttait contre elle et sa malédiction, même quand il la détestait et l'appelait méchante reine, même quand il la fuyait et se réfugiait aux côtés d'Emma, même quand il explorait la Forêt Enchantée à la recherche de moyens de prouver qu'il avait raison contre elle, il l'avait toujours su.
Il avait une famille qui l'aimait et qui était capable de le sauver, qui avait traversé d'innombrables épreuves et qui avait survécu, à chaque fois, il n'était pas seul même s'il ne savait pas encore où ils se trouvaient, contrairement aux autres enfants de l'île qui étaient vraiment seuls au monde.
Et surtout, même s'il ne se trouvait pas dans ce monde depuis très longtemps, il avait vu sa noirceur, sa dangerosité, il savait à quel point il était facile de s'y perdre et de se faire piéger par la forêt.
Alors pour ça et pour tout le reste, il était prêt à les attendre le temps qu'il faudrait.
Il ne céderait pas face à Peter Pan.
Même quand la flûte de Pan résonnait dans l'air et qu'il refusait de l'entendre parce qu'il n'était pas un garçon perdu.
Même quand Félix trouvait amusant de le confronter à un autre enfant perdu et de le forcer à se battre contre lui, jusqu'à ce qu'il se blesse tandis qu'Henry n'avait rien, même quand Peter Pan tenta de lui prouver de toutes les manières possibles que son espoir était vain et que personne ne viendrait jamais le chercher.
Malgré tout, il faisait face, quoi qu'il arrive, malgré la peur, malgré le désespoir qui menaçait parfois de l'engloutir quand il réalisait à quel point le danger auxquels ils faisaient tous face était terrifiant.
C'était ce que sa famille aurait voulu qu'il fasse.
Puisqu'ils étaient courageux quoi qu'il advienne, il se devait de l'être lui aussi.
§§§§
La dernière fois qu'Emma Swan se souvenait avoir été aussi amoureuse de quelqu'un, elle avait dix-sept ans.
C'était la seule fois que c'était arrivé d'ailleurs, la seule fois de son existence où elle s'était autorisée à l'être, à ressentir de l'amour pour quelqu'un, pour qui que ce soit, et puis pendant près de dix ans, elle avait été seule.
Jusqu'à ce qu'Henry arrive, mais même là elle ne s'était pas autorisée à se rapprocher de ceux qui l'entouraient, pas complètement, et même quand elle y était parvenue, les murs qu'elle avait passé la quasi-entièreté de sa vie à bâtir autour d'elle étaient là pour s'assurer qu'elle ne s'attacherait pas trop, de peur d'être blessée à nouveau.
Puis Neal était revenu dans sa vie et elle avait cru sombrer en plein dans un cauchemar dont elle espérait pouvoir se réveiller au plus vite.
Ironiquement, sa présence – ainsi que ses séances avec Archie – lui avait permis d'aller de l'avant, de se reconstruire, de passer à autre chose, parce qu'il avait vraiment tenté de se faire pardonner, parce que maintenant elle savait pourquoi il était parti, pourquoi il l'avait abandonnée.
Maintenant elle savait qu'il l'avait vraiment aimée, elle avait ses parents à ses côtés, ses amis, Henry, Neal lui-même aussi improbable que ça ait pu lui paraître au début, elle avait Regina.
Elle n'avait plus peur d'aimer, et elle aimait Regina, elle l'aimait si fort que ça lui faisait presque peur, et sans doute aurait-elle eu peur dans d'autres circonstances.
Si elles avaient été à Storybrooke et que leur seul et unique soucis avait été de tout faire pour que tout se passe bien en ville, elle aurait pu être effrayée de ce qui allait se passer ensuite.
Ici et maintenant, elle n'avait pas le luxe d'avoir peur, pas pour ça.
Pas alors qu'Henry n'était toujours pas sain et sauf.
Pas alors qu'ils pouvaient perdre la vie à tout moment.
Pas alors que l'île et son maître continuaient de les narguer, comme si leur combat n'avait pas la moindre valeur.
Pourtant, malgré tout, son cœur était presque… léger.
Ça n'aurait pas dû être le cas.
Mais elle avait embrassé Regina alors même que ce n'était pas le moment, mais elle était fatiguée d'attendre, de devoir remettre à plus tard tout ce qui comptait pour elle sous prétexte que Peter Pan était celui qui contrôlait absolument tout sur cette île.
Hors de question de le laisser leur voler ça en plus de tout le reste, elle ne le permettrait pas.
Et pourtant, il y était parvenu, il avait volé leur joie, parce qu'au vu des circonstances, comment pouvait-elle se réjouir de ce qui venait de se passer alors même qu'ils étaient loin d'avoir gagné ?
Dans les faits, elle n'aurait pas crié sur tous les toits qu'elle et Regina étaient désormais en couple, à la fois parce que c'était tout nouveau et qu'elle voulait garder ça pour elle et sa petite-amie (petite-amie. Le mot lui donnait envie de rire comme une adolescente alors qu'elle approchait de la trentaine. Encore une chose qu'elle n'aurait jamais cru vivre un jour.), mais aussi parce qu'elle avait peur de la réaction de ses parents.
Elle savait que David et Blanche-Neige ne détestaient plus Regina, pas comme avant, mais elle ne se sentait pas encore prête à leur avouer qu'elle, leur fille, sortait avec leur ancienne ennemie, avec la femme qui leur avait pourri la vie pendant des années, qui avait tenté de les tuer.
Elle aurait attendu, de toute évidence, mais…
Mais ne pas pouvoir le dire à quelqu'un c'était…
Cruel.
Elle voulait hurler sa joie, parce que la femme qu'elle aimait l'aimait aussi, parce qu'elles s'étaient embrassées, parce qu'elles avaient prouvé qu'au sein de toute cette noirceur, quelque chose de beau pouvait être créé en dépit de tout, en dépit des ténèbres.
Mais elle ne le pouvait pas.
Parce que son fils était toujours en danger et que rien de tout ça n'était à propos d'elle.
Mais bon…
Ce n'est pas la fin du monde, disait-on.
Elle pourrait attendre pour célébrer ce bonheur, et pour ça elle allait faire tout ce qui était en son pouvoir pour détruire Peter Pan et l'anéantir.
Et ce même si la peur menaçait de l'engloutir à tout moment.
§§§§
Emma souriait.
C'était… inattendu et plutôt improbable, songea Neal en observant brièvement son ancienne petite-amie.
Certes, ils avaient mis la main sur la boite de Pandore, objet qui leur permettrait avec un peu de chance de vaincre leur ennemi une bonne fois pour toute et s'il lisait l'espoir dans les yeux des autres, il y avait quelque chose de… différent chez la Sauveuse, une chose qu'il ne pouvait pas expliquer.
Oui.
Cet air rêveur qu'elle avait sur le visage et qui détonnait avec le reste de l'ambiance générale.
La blonde fronça les sourcils en constatant qu'il l'observait.
« Quoi ? Lui demanda-t-elle, surprise et curieuse.
- Rien, répondit-il en haussant les épaules, c'est juste que tu… tu as l'air… différente. Comme si… Peu importe.
Elle se figea pendant quelques secondes, étonnée que quelqu'un l'ait remarqué, avant de sourire.
Après tout, elle lui avait déjà parlé de ses sentiments pour Regina par le passé, même si à ce moment-là tout allait bien et qu'ils ne s'attendaient aucunement à la catastrophe qui allait bientôt leur tomber dessus, elle pouvait tout à fait recommencer.
Et ça lui permettrait de penser à autre chose qu'à ce qui occupait déjà son esprit les trois quarts du temps.
- C'est vrai, je… Il est arrivé quelque chose.
Le jeune homme fronça les sourcils.
- Quoi ?
- Je ne voulais pas en parler à qui que ce soit, vu le contexte, les circonstances et tout ce qui se passe en ce moment, le fait que même si on se rapproche du but et qu'on n'a jamais été aussi près d'Henry avant maintenant, le fait est qu'on ne l'a toujours pas retrouvé et… je préférais attendre.
- Tu m'intrigues de plus en plus.
Les bonnes nouvelles étaient plus rares en ce moment, et définitivement insuffisantes pour réellement leur remonter le moral, aussi il l'écouta avec attention.
- Je… J'ai embrassé Regina, lui chuchota-t-elle avec un air complice ainsi qu'un sourire lumineux et radieux sur le visage.
Neal fut lui-même surpris en souriant de constater à quel point il était sincèrement heureux pour elle.
Il ne ressentit pas la moindre amertume, et hormis une légère pointe de tristesse et de regret alors qu'il songeait brièvement à ce qu'ils avaient été autrefois et ne seraient plus jamais, à tout ce qu'ils avaient perdu par sa faute et à cause de ses choix passés, il n'éprouvait que de la joie pour elle.
L'amour qu'il ressentait pour elle autrefois n'était plus là, ou du moins pas de la même manière, il était différent, il l'aimait, bien sûr, mais il n'en était plus amoureux et le fait d'avoir été réuni avec elle et d'avoir pu arranger les choses lui avait permis de le réaliser.
Elle était son amie, la mère de son fils, la première femme qu'il avait jamais aimée, mais rien de plus, et c'était pourtant largement suffisant pour lui.
Tout comme elle, il avait pu passer à autre chose et n'était désormais que peu hanté par les et si qui lui passaient autrefois par la tête quand il se demandait parfois ce qu'il se serait passé entre eux s'il ne l'avait jamais abandonnée ou s'ils s'étaient retrouvés plus tôt, avant qu'Henry ne les réunisse.
- Oh. Dois-je faire semblant d'être surpris ? Suis-je supposé l'être ? Parce que je peux si tu veux, je peux aussi tenter de me procurer une chaise, ou un rocher quelconque, m'asseoir dessus et en tomber de surprise si tu préfères, ça fera plus authentique et crédible comme ça.
La blonde éclata de rire et le frappa légèrement à l'épaule.
- Très drôle.
- Après tout, poursuivit-il, l'air rieur, ce n'est pas comme si tu m'avais parlé d'elle encore et encore et encore. Je me demande comment j'ai pu survivre à ça.
Son amie gloussa, sentant le poids qui pesait sur sa poitrine commencer à disparaître.
- C'est faux. C'est une calomnie. Je n'ai pas parlé d'elle tant que ça. Toi le jour où tu annonces que tu es tombé amoureux de quelqu'un, je te jure que je vais pas te rater.
Il grimaça.
Il valait mieux qu'elle ignore que c'était probablement déjà le cas…
Encore que non.
Non.
Il s'y refusait, il refusait d'y penser, c'était hors de question.
- Ça, ça ne risque pas d'arriver, ne put-il s'empêcher de laisser échapper malgré lui et il réalisa en voyant la blonde hausser un sourcil surpris qu'il n'aurait probablement pas dû dire ça.
Parce que de toute évidence, au vu du regard qu'elle lui lança, elle ne le croyait pas.
Merde.
Comment diable avait-il pu oublier le fait que la jeune femme savait quand les autres lui mentaient ?
Il aurait mieux fait de se taire, parce que c'était un sujet dont il n'était pas supposé parler, qu'il valait mieux laisser à sa place, loin des regards, dans l'ombre jusqu'à ce qu'il sombre dans l'oubli, il fallait qu'il n'y repense plus et pourtant il n'avait pas pu s'en empêcher.
Apparemment, il était suffisamment doué pour rester dans le déni et se mentir à lui-même mais pas assez pour que ce soit convaincant pour d'autres…
Dommage.
- Oh. Toi, tu me caches quelque chose, lui fit son amie en lui souriant avec un air espiègle qu'il ne lui avait pas vu depuis qu'ils avaient appris qu'Henry avait été enlevé par les frères Darling.
Aussi, il n'eut pas le cœur de tenter de la détromper, de toute façon elle ne serait pas laissée avoir par ses mensonges, et il décida de la laisser chercher, n'ayant pas envie de lui demander de laisser tomber.
Après tout, ce n'était pas comme si elle allait découvrir quoi que ce soit de réellement important, pas vrai ?
Il soupira.
- Je… Ce n'est pas… C'est compliqué.
Les yeux d'Emma se mirent alors à briller de mille feux.
- Donc il y a bien quelque chose, n'est-ce pas ? Ou en tout cas quelqu'un. J'en suis sûre. (Elle tourna brièvement la tête pour s'assurer que personne ne les écoutait, et non, ils étaient assez isolés du groupe pour personne ne puisse les entendre.) Allez, dis-moi tout, qu'on puisse discuter d'autre chose que de trucs déprimants ou de machins magiques auxquels je ne comprends rien la moitié du temps.
Il sourit et il en eut la certitude totale.
Il n'aurait pas réussi à sauver Henry en étant tout seul, et surtout il n'aurait pas survécu à cet enfer une seconde fois sans ce groupe autour de lui, sans Emma, sans son père, sans Jean et Michel, même sans ceux qu'il connaissait à peine et dont la détermination l'avait aidé à tenir bien plus qu'il ne l'aurait cru.
Ironiquement, sans la présence de Crochet il n'y serait pas parvenu non plus, et pas seulement parce que le pirate les guidait sur l'île depuis leur arrivée.
Mais parce qu'aussi étrange et improbable que cela puisse paraître, surtout du point de vue de son lui du passé, il était sincèrement heureux qu'il soit là.
Le jeune homme faillit éclater d'un rire amer et triste.
Et voilà.
Même quand il essayait de ne pas penser à lui, il échouait quant même sur toute la ligne.
C'était vraiment pathétique.
- Je suis persuadé que ton début d'histoire avec Regina est bien plus intéressant que quoi que ce soit que je pourrais te raconter.
Le regard qu'Emma posa sur lui se fit sceptique.
- J'en doute. Tu sais déjà tout ce qu'i savoir, alors que moi je ne sais rien du tout ! Alors ? C'est quelqu'un de Storybrooke ou de la Forêt Enchantée je suppose vu que tu ne m'as jamais parlé de qui que ce soit du monde sans magie que tu aurais rencontré pendant que tu vivais à New York. Donc c'est récent. Qui est-ce ? Est-ce que je la connais ? Ou que je le connais ?
Il n'était pas amoureux.
C'était ce qu'il aurait dû lui dire, et c'est ce qu'elle aurait dû croire et surtout ça aurait dû être la vérité, mais apparemment on ne pouvait s'arranger avec la vérité que jusqu'à un certain point et le déni n'était pas une option valable éternellement quand on côtoyait un détecteur de mensonges vivant.
Il n'était pas en train de tomber amoureux (ou de retomber amoureux, qui sait. Est-ce que ça avait vraiment été de l'amour à l'époque ou bien est-ce qu'il était alors bien trop jeune pour savoir ce que c'était ?) du pirate.
Mais plus il tournait et retournait cette phrase dans sa tête, plus elle sonnait faux, discordante.
Il aurait tellement voulu que ce ne soit pas le cas.
Mais on ne choisit jamais qui on aime.
Tout ce qu'il ressentait, tout ce qu'il aurait voulu cacher, enterrer le plus profondément possible au fond de lui-même, tout ça remontait à la surface, tout ça à cause de cette maudite conversation avec Emma, tout ça parce qu'il avait été incapable de se taire.
- Ouais. Tu le connais, admit-il enfin, l'air sombre.
La blonde fronça les sourcils en voyant son changement d'expression.
- Qu'est-ce que…
- Il est ici. Dans notre groupe, précisa-t-il, et… c'est quelqu'un que je suis censé détester.
Je l'aime, songea-t-il avec consternation.
Je l'aime et c'est une catastrophe.
Parce que c'était l'homme qui voulait tuer son père, celui qui avait aimé sa mère et même en admettant qu'il abandonne sa vengeance, comment cela pouvait-il ne pas être tordu ?
Il savait que l'arbre généalogique d'Henry avait de moins en moins de sens, mais à aucun moment il n'avait voulu être celui qui le complexifierait encore plus.
- Quelqu'un que tu…
Les yeux d'Emma s'écarquillèrent de surprise alors qu'elle comprenait.
- Oh. C'est… c'est Crochet c'est ça ?
Neal aurait aimé que la réponse ne soit pas si évidente ni si simple à trouver.
- Oui. C'est lui. Je suis foutu, pas vrai ? Pourquoi est-ce qu'il a fallu que sur des millions de personnes, je tombe amoureux de lui franchement ?
- Tu es bien tombé amoureux de moi, la Sauveuse, alors qu'on devait probablement être les deux seules personnes venant de la Forêt Enchantée en dehors d'August et des gens de Storybrooke. Franchement, quelles étaient les chances ?
Il essaya de sourire, mais le cœur n'y était pas.
- Quand est-ce que tu t'en es rendu compte ? Et que tu l'as accepté ? Lui demanda la princesse, curieuse.
- Au cours de notre séjour sur l'île. Avant je pouvais rester en colère, le détester, j'avais toutes les raisons de le faire, mais maintenant… Maintenant j'ai peut-être une chance de devenir son ami, je ne le hais plus alors c'est plus difficile de… de faire semblant.
La sorcière haussa de nouveau un sourcil surpris.
- Faire semblant ?
- Hé bien… Il se pourrait que… quand j'étais adolescent, sur le Jolly Roger, avant que j'apprenne la vérité, que… j'avais des sentiments pour lui ? Je crois ?
Emma ne put s'empêcher de rire nerveusement.
- Attends, tu… tu crushais sur lui à l'époque ? T'as vraiment craqué pour le beau brun ténébreux, sérieusement ? C'est possible de faire plus cliché ? On a un truc pour les pirates à ce que je vois.
Cette fois-ci, ce fut à son tour de faire semblant de la frapper.
- J'avais quatorze ans d'accord, y a prescription ! Et bon il m'avait sauvé la vie, il m'apprenait des trucs sur la navigation, il était cool et…
- Et incroyablement sexy, s'amusa Emma, moqueuse.
- C'est ça moque toi madame je suis amoureuse de la méchante reine, dans le genre belle brune ténébreuse clichée t'as fait fort toi aussi.
Emma rit à nouveau et recommença à espérer de toutes ses forces qu'un jour, dans peu de temps, ils pourraient tous partir d'ici sains et saufs et que des conversations comme ça ne seraient plus seulement épisodiques.
- Certes. Tu… tu comptes faire quoi ?
- Rien. Les choses sont déjà assez compliquées comme ça, on doit aller sauver Henry et… et tout ça ne me mènera nulle part. Je vais faire comme si de rien n'était et avec un peu de chance je finirai par passer à autre chose. De toute façon, dit-il en haussant les épaules en faisant comme si ça l'indifférait totalement, il partira de Storybrooke une fois qu'on aura sauvé Henry alors dans ce cas… inutile de tenter de construire quoi que ce soit sur du sable, tu ne crois pas ? »
Le sourire d'Emma se fit triste.
Elle savait bien qu'il ne croyait pas lui-même à ce qu'il disait, mais elle préféra se taire, après tout il avait raison.
Ils devaient sauver leur fils.
Après, ils pourraient bien se préoccuper de leurs éventuels problèmes amoureux.
A suivre…
