Le combat d'une mère.

Titre du 13/05/2023 : Le combat d'une mère

Scorpion : Emma (OUAT)

E : Emma Swan

Créature 38 : Sorcière

Prénom 49 : Emma

Défi Sarah & son cerveau n°248 - Votre perso est un héros

Quatre aspects de… Dr Strange in the multivers of Madness (Marvel) : Wanda Maximoff : Écrire sur une sorcière ou sur une mère de famille

137) 100 façons d'écrire du drama

44) 50 nuances de OUAT

9 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, alphabets, bestiaire fantastique, elles ont dit, Sarah & son cerveau, quatre aspects, 100 façons, 50 nuances)

Ca y est j'ai commencé à publier le premier des bonus sur AO3 !

Henry ne savait sans doute même pas qu'ils étaient là.

C'était une des choses qui faisait le plus souffrir Emma actuellement, en plus du fait que cela faisait près d'une semaine qu'elle n'avait pas vu son fils et qu'elle ne savait même pas s'il allait bien puisqu'elle n'avait pas eu de nouvelles de lui depuis son enlèvement, le fait qu'elle ne pouvait pas communiquer avec lui.

C'était pareil quand son petit garçon était coincé dans la Forêt Enchantée, même si à ce moment-là c'était bien pire encore parce qu'elle ne savait même pas où elle était.

Elle n'avait pas pu lui dire qu'ils arrivaient, qu'ils venaient le chercher, et il était seul, seul au milieu des enfants perdus et de Peter Pan et oh comme cette perspective lui nouait le ventre.

Elle connaissait son fils, elle savait bien qu'il ne douterait jamais d'eux, ni de leur courage ou de leur détermination, elle était certaine qu'il savait qu'ils viendraient pour lui.

Il croyait en eux, de tout son cœur, de toutes ses forces, tout comme il avait cru en la magie envers et contre tout, même quand l'univers tout entier tentait de lui donner tort, même quand ses mères et Archie se liguaient contre lui, il n'avait jamais abandonné.

Elle espérait sincèrement qu'il savait qu'eux non plus ne l'abandonneraient jamais.

Il ne pouvait que savoir qu'ils feraient tout pour le retrouver.

Et pourtant, malgré ça, elle sentait son estomac se nouer en pensant à lui, seul et désespéré, se pensant peut-être seul au monde, et cette simple pensée lui était intolérable, complètement insupportable.

Peter Pan avait déjà volé la liberté d'Henry.

Elle ne le laisserait pas aussi lui voler ses espoirs, elle ne laisserait jamais cette île lui prendre son fils.

Elle aurait aimé pouvoir se téléporter jusqu'au camp, au moins pour lui parler, le prévenir, lui dire ce qu'il ne savait sans doute même pas parce que connaissant leur ennemi il n'avait pu que tout faire pour qu'il reste ignorant de ce qui était en train de se passer.

Elle aurait voulu être capable de lui envoyer un message, et oh si seulement elle avait été assez expérimentée en magie pour pouvoir le faire, elle…

Soudain, l'idée la frappa telle la foudre.

Bien sûr.

La magie…

Comment avait-elle pu ne pas y penser plus tôt ?

Peut-être pouvaient-ils communiquer avec Henry désormais, peut-être avaient-ils une chance pour que leur message l'atteigne, peut-être pourraient-ils lui redonner espoir si jamais il était en train de le perdre, et peut-être que…

Un sourire se dessina sur son visage et elle se leva.

« Nous sommes proches du camp des garçons perdus maintenant, pas vrai ? Demanda-t-elle au pirate.

Killian acquiesça.

- Oui, en effet. Pourquoi ?

- Bien. Parfait. Tu penses qu'on pourrait envoyer un message à Henry de là où on est ? Est-ce qu'on est assez près ?

Il grimaça.

- J'en doute. Le message risquerait d'être intercepté. Du moins un message envoyé par la voie classique.

Il pensait à la même chose qu'elle donc.

- D'accord. Merci.

Sans attendre plus longtemps, elle se dirigea vers Regina.

- Il faut qu'Henry sache qu'on est là.

- Je sais, approuva-t-elle. J'y ai déjà pensé. Plusieurs fois.

Évidemment.

Elle était une sorcière depuis bien plus longtemps qu'elle après tout, elle l'était bien avant sa naissance, à une époque où sa propre mère n'était encore qu'une enfant.

Et pourtant, elle avait l'air d'être à peine plus âgée qu'elle…

Elle devait vraiment arrêter de penser à toutes ces histoires de magie et de temporalité ou ça allait lui donner mal à la tête et elle n'avait définitivement pas besoin de ça.

- Et qu'est-ce que tu en as conclu ? L'interrogea-t-elle d'une voix pleine d'espoir qu'elle ne voulait définitivement pas voir être brisé en mille morceaux.

- Pan contrôle l'île.

- Mais il ne peut pas être partout, pas vrai ? On doit bien pouvoir faire quelque chose, trouver un moyen pour que Henry puisse savoir qu'on est là, faire en sorte qu'il nous parle, non ?

- Je… je suppose oui. (Puis, son regard s'éclaira.) Les enfants perdus.

- Quoi ?

- On ne peut probablement pas se permettre de lui envoyer une lettre ou un message écrit. Mais comme Crochet vient de te le confirmer, nous sommes près du camp des garçons perdus, ce qui veut dire qu'il y a sans doute des enfants perdus non loin de là où nous sommes.

- Où est-ce que tu veux en venir ?

La brune prit une profonde inspiration avant de répondre à sa petite-amie, avec une lueur de détermination dans le regard.

- Je pense que si on veut que notre fils sache qu'on est là, nous devons capturer un des enfants perdus et le forcer à aller parler à Henry, faire en sorte qu'il lui transmette quelque chose qui nous permettra de communiquer avec lui.

Emma frissonna.

Le forcer.

Elle n'aimait définitivement pas ce choix de mots et oh comme elle détestait cette situation, comme elle haïssait ce que Pan les obligeait à faire ou à devenir.

- Tu veux dire le contrôler ?

- Oui, lui rétorqua la sorcière sans la moindre hésitation et si jamais la blonde avait jamais oublié que la femme qu'elle aimait avait été la méchante reine autrefois, ce simple mot lui aurait permis de s'en souvenir.

- En lui arrachant le cœur, conclut-t-elle immédiatement.

- Exactement.

Emma eut aussitôt envie de vomir.

Elle savait bien qu'elles n'avaient pas le choix, que c'était sans doute la seule solution, et elle savait également qu'une partie des enfants perdus voire la quasi-totalité était fidèle à Peter Pan, qu'ils n'auraient pas hésité une seule seconde à les tuer s'ils avaient pu le faire, et qu'ils n'étaient plus réellement des enfants malgré leur apparence juvénile.

Cela ne voulait pas dire pour autant qu'elle approuvait cette idée de gaîté de cœur.

- On fait ça pour Henry, lui rappela Regina.

Emma tenta de sourire même si le cœur n'y était clairement pas.

- Oui. Je sais. Pour Henry. »

Et pour son fils, elle ferait tout ce qui était possible de faire pour le sauver.

Même si ça devait impliquer d'avoir du sang sur les mains.

§§§§

Au bout du compte, il n'y avait pas vraiment eu de discussion approfondie au sein du groupe.

Emma et Regina avaient juste évoqué l'idée et tout le monde l'avait approuvé, parce qu'il fallait à tout prix qu'Henry ait de leurs nouvelles et qu'eux-même puissent s'assurer qu'il allait bien, qu'il tenait le coup malgré tout ce qu'il était en train de traverser.

Quand la méthode pour communiquer avec lui avait été évoquée, l'expression du visage de tous leurs interlocuteurs avait changé, hormis celle de Rumplestiltskin.

Et Emma comprenait très bien pourquoi.

Le Ténébreux avait l'habitude autrefois, tout comme Cora et Regina, d'arracher les cœurs de ses ennemis, il avait même tué sa propre femme de cette manière alors ça ne la surprenait de le voir n'afficher aucune réaction.

Alors que les autres…

Clochette, les frères Darling et August n'y avaient pas été confrontés mais ils savaient à quel point c'était un acte abominable, Blanche-Neige et David avaient lutté pendant des années contre Regina qui arrachait des cœurs, Blanche avait même eu le cœur arraché par cette dernière même si ça n'avait duré qu'un bref instant, Killian et Neal avaient perdu Milah quand son cœur avait été réduit en cendres, quant à Graham, il l'avait vécu pendant des années.

Emma réalisa soudainement que parmi eux, elle était sans doute la seule à n'avoir jamais vu le cœur de qui que ce soit se faire arracher.

Elle avait entendu les battements des cœurs du caveau de Regina, à Storybrooke, et ça lui avait suffi, elle n'avait pas eu besoin d'en voir plus.

Maintenant ce serait différent.

Maintenant ce serait réel.

Pourtant, ça ne l'empêcha pas une seule seconde d'assommer le premier enfant perdu sur lequel elle et son groupe tombèrent alors qu'ils exploraient les bois du Pays Imaginaire.

Et même si le regard des autres, principalement Blanche-Neige et Graham, était hanté, ils ne firent aucun commentaire quand Regina plongea sa main dans la poitrine du garçon perdu pour en extraire son cœur.

Emma ne put s'empêcher de se sentir fascinée, de trouver ça presque beau de la pire des manières possibles, de voir ce cœur battre à toute vitesse dans la main de l'ancienne méchante reine, si vivant et qu'elle pouvait anéantir en une fraction de seconde, et c'était de la magie, c'était abominable et incroyable et…

C'était magnifique et terrifiant.

« Quand tu te réveilleras, dit Regina, s'adressant directement au cœur dans sa main – et Graham détourna aussitôt le regard, le visage blanc comme un linge, et Emma se sentit rassurée en constatant qu'August s'était aussitôt rapproché de lui pour serrer sa main dans la sienne – tu retourneras au camp des enfants perdus. Puis tu iras voir Henry Mills et tu lui donneras ceci (elle plaça un petit miroir dans sa main) une fois que tu seras sûr qu'il est seul. Tu lui diras que ça lui vient de sa famille et qu'il devra le regarder quand il n'y aura personne aux alentours. Une fois que ce sera fait, tu ne te souviendras de rien de ce qui vient de se passer, d'aucun événement après que tu te sois fait assommer. »

Puis elle remit le cœur à sa place et ce fut comme si rien n'était jamais arrivé.

D'un seul coup, en l'espace d'un instant, Emma Swan comprit soudainement à quel point la magie pouvait changer les gens.

L'attrait du pouvoir, le fait de savoir qu'on pouvait d'un simple geste réduire à néant la vie de quelqu'un, soit en serrant le poing soit avec une poignée de mots, pouvoir avoir le contrôle d'une personne et le tenir littéralement dans le creux de sa main.

Ça devait être absolument grisant et oh comme elle comprenait tous ceux qui s'étaient laissés tenter par ça, par cette solution et une part d'elle-même aurait voulu y avoir accès, autrefois, quand elle n'était encore qu'une orpheline seule et abandonnée.

Ça aurait sans doute rendu les choses plus simples.

Elle secoua la tête et essaya de ne plus jamais y penser.

Il était hors de question qu'elle apprenne à jour à arracher le cœur de qui que ce soit.

§§§§

Le regard de l'autre garçon était complètement vide.

C'était la première fois qu'Henry voyait ça chez un des garçons perdus, d'ordinaire il y avait de la cruauté dans leurs yeux, de la méchanceté et plus rarement de la peur pour ceux qui voulaient s'enfuir et qui n'avaient souvent pas encore réussi à dissimuler leurs émotions contrairement aux autres.

Il n'avait qu'une envie, décamper, être loin de lui et pourtant le jeune garçon se rapprocha de lui et Henry fronça les sourcils.

Il ne semblait avoir aucune intention hostile, pourtant il y avait quelque chose qui le dérangeait là-dedans, sans qu'il ne puisse réussir à s'expliquer quoi au juste.

Puis soudainement, il comprit.

Il n'était plus lui-même.

Quelque chose lui était arrivé, de toute évidence, et ça avait sans nul doute un lien avec la magie, et l'horreur l'envahit quelques secondes plus tard.

Qu'est-ce que Peter Pan avait bien pu lui faire ?

Et surtout, pourquoi ?

Quand l'enfant perdu regarda autour d'eux pour être sûr que personne ne les observait ou ne les écoutait, la confusion remplaça l'horreur.

Si c'était son arrière-grand-père qui le lui envoyait pour une raison ou une autre, alors il n'avait pas besoin d'être discret, à moins que…

Bon sang, qu'est-ce qui était en train de se passer ?

Une fois rassuré, l'autre enfant lui plaça un objet dans la main avant même qu'Henry n'ait eu le temps ou la capacité de protester.

« Il vient de ta famille, lui dit-il alors, ne regarde ce que c'est qu'une fois que tu seras sûr et certain d'être à l'abri des regards, quand tu seras seul. »

Une fois que ce fut fait, l'absence de vie disparut de ses yeux et il s'éloigna, comme si de rien n'était.

Comme s'il ne venait pas tout juste de mettre tout son univers sens dessus dessous.

Sa famille.

Perdu et décontenancé, Henry serra l'objet dans ses mains, avant de s'éloigner du groupe qui jouait à il ne savait quel jeu tordu auquel il n'aurait de toute façon pas voulu participer.

Une fois entouré du silence et des arbres, il ouvrit finalement la main.

Un miroir.

Il cligna des yeux, stupéfait, et est-ce que…

Est-ce qu'il avait dit la vérité, est-ce que cela venait véritablement des siens, d'un des membres de sa famille, est-ce qu'ils avaient trouvé un moyen de lui faire parvenir un message et surtout…

Est-ce que ça voulait dire qu'ils étaient ici ?

Malgré l'espoir qui le submergea quelques secondes plus tard, il tenta de garder la tête froide, et si c'était un piège de Peter Pan ?

Ce ne serait pas la première fois qu'il lui ferait ce genre de coup après tout, lui donner de l'espoir pour ensuite le lui arracher brutalement l'instant d'après…

Mais…

Mais c'était un miroir.

La marque de fabrique de sa mère adoptive, et il se souvenait du livre de contes, du miroir magique et il pria de toutes ses forces pour que l'immortel n'ait pas été suffisamment ingénieux et cruel pour se servir de ça contre lui.

Prenant une profonde inspiration, il regarda le miroir et vit alors se dessiner une image dans la petite glace qui se trouvait sous ses yeux et il ne put retenir un hoquet de surprise qu'il tenta de réprimer.

Il les voyait mal, à cause de l'écran bien trop petit, mais ils étaient réels, c'était vrai.

Ses mères.

Son père.

Ses grands-parents.

Les deux frères qui l'avaient enlevé, August, Graham, le capitaine Crochet, ainsi qu'une femme blonde qu'il ne connaissait pas.

Ils étaient là.

Ils étaient tous là, ils étaient venus le chercher, et il allait pouvoir leur parler, ne serait-ce qu'un instant, même si un garçon perdu, Peter Pan ou Félix pouvait les déranger à chaque instant.

En les voyant, à la fois si loin et si proches, Henry Mills se surprit à sourire.

Jamais il n'avait été si fier d'avoir raison.

A suivre…