Vendredi 15 août - 16h16 - QG de Marineford
Nous sommes un jour avant le week end, au QG de Marineford, l'atmosphère est tendue comme d'habitude. La semaine a été longue pour tout le monde et les haut gradés sont stressés par les événements terribles qui déferlent le Nouveau Monde. Malgré cette ambiance inflexible, la vie continue de courir pour la vice-amirale Chesca qui est désormais obligée de surveiller son mari 24h sur 24h pour éviter de nouvelles farces.
- Aaaah, allez petite pause ! gémit Chesca en s'étirant. J'ai besoin d'un café et d'un peu de sucre !
- Pas de refus, souffle Kizaru. Ca m'a épuisé ces dossiers.
Le couple se jette un regard complice sachant qu'il n'y a pas que les dossiers qui les ont occupés en cet après-midi très chaud. Chesca remet sa cape autour de ses épaules et ensemble, ils quittent le bureau pour se diriger vers le réfectoire. Borsalino est silencieux, cela fait un mois qu'il n'a rien fait pour embêter quelqu'un. Mais il n'a pas abandonné. il attend juste son heure, le bon moment et sa victime. Sa lueur malicieuse n'a pas disparue contrairement à ce que croit sa femme qui se croit plus maligne que lui. Il a pu se promener librement malgré la surveillance assidue de Chesca et il a étudié avec soin les habitudes d'une personne particulière.
Nous sommes vendredi et c'est le jour où le jeune Koby, a des habitudes plus relâchées et détendues après une semaine intense en entraînement et en coup de poings de son mentor, Garp. Il est la cible parfaite pour une plaisanterie, car il reste naïf quand il s'agit de faire confiance aux amiraux et surtout à Kizaru. Ce dernier s'est procuré discrètement une bouteille de tabasco depuis le week-end dernier et il attend la chance pour lui glisser dans une boisson. Borsalino frétille intérieurement jusqu'au réfectoire et il suit sa compagne jusqu'au comptoir, prend un café, des donuts et les deux vont s'asseoir avec la tablée. Sengoku, Garp, Momonga et Koby discutent gaiement sur les nouvelles du moment. Borsalino s'assoit face à Koby et aperçoit que sa tasse est vide.
- Oh Koby-kun, veux-tu un autre cafééé ?
- Ooh, avec plaisir, amiral !
Borsalino prend la tasse vide du jeune soldat, et regarde les autres collègues.
- Quelqu'un en reveeeut ?
- Non merci, marmonnent les autres, trop méfiants.
- Comme vous voulez, ne vous plaignez pas après ~
Sans se faire prier davantage, Borsalino retourne près du comptoir remplir la tasse de Koby d'un café chaud. Il vérifie rapidement que personne ne le surveille ses gestes et il saisit discrètement la bouteille de tabasco caché dans une poche de sa veste. Il vesse 6 gouttes du tabasco dans le café, met un demi morceau de sucre et mélange le tout avec une petite cuillère. Il relève la tasse jusqu'à son nez pour s'assurer que sa plaisanterie ne sera pas découverte bêtement.
- Huhu.. Un peu de piquant pour finir ta journée, Koby, glousse Kizaru à voix basse.
Il revient jusqu'à la table et dépose devant le jeune homme la tasse piégée. Koby lui fait un remerciement de tête, complètement pris dans les aventures de Garp. Après quelques minutes, Koby finit enfin par prendre la tasse et la porte à ses lèvres. A peine a-t-il pris le doux liquide en bouche, que son visage se fige dans l'incompréhension. C'est Momonga qui remarque en premier le visage blême du jeune soldat.
- Tout va bien, Koby ? On dirait que tu as vu un fantôme…
Tout le monde se détourne du vice-amiral pour l'observer. Le visage du matelot tourne progressivement au rouge tandis qu'il galère à avaler la gorgée pimentée au maximum. Koby tousse violemment sous la chaleur qui lui prend la bouche et la gorge, lui montant les larmes aux yeux. Il tente de garder un visage calme et neutre, mais sans y parvenir. Kizaru est le premier à briser le silence face à une incompréhension générale de la tablée.
- Alooors, il semblerait que Koby ait découvert la vitesse de la lumière dans son palais ~ Tu as aimé au moins ?
- Kizaru, soupire Sengoku dépité.
Les autres rigolent face au visage rougis du pauvre marine, trop naïf pour se méfier d'un café offert par le singe.
- Tu n'as donc pas perdu ton sens de l'humour malgré la surveillance ! rigole Garp.
- Digne d'un enfant, comme d'habitude. Mais néanmoins, ingénieux.
- Dîtes pas ça, Sengoku-sama, ca va l'encourager, soupire Chesca. Navrée Koby, je ne pensais pas qu'il s'en prendrait à toi et encore moins avec du tabasco. Je pensais l'avoir suffisamment sermonné.
- Pauvre Koby, on aurait dû te prévenir héhé.. Il ne s'y attendait pas !
Koby bien que surpris, ne peut s'empêcher de rire avec les collègues malgré la brûlure qui ne s'arrête pas. Malgré la mauvaise blague, il se lève, s'essuie les yeux rougis et il s'incline devant l'amiral Kizaru, montrant un éternel respect et saluant son esprit farceur. Les autres officiers restent souriants et applaudissent le bon esprit du matelot. Il se rassoit à sa place, soufflant pour essayant d'évacuer la douleur.
- Je serais plus prudent quand vous me proposerez un café ! Mais pour l'instant, un grand verre de lait ne serait pas de refus..
- Je m'en occupe ! glousse Kizaru.
- Nooon ! s'exclame Koky, craignant une autre boisson piégée.
Sans lui laisser une autre réplique, Koby s'est relevé pour se jeter auprès du comptoir demander un verre de lait. Chesca se masse les tempes, agacée avant de tendre la main.
- La bouteille.
- Rooow, c'est pour ma consommation personnelle, chaton ~
- Maintenant.
A regret, Borsalino sort la fiole de tabasco de sa poche et Chesca la prend pour la ranger dans sa poche. Momonga regarde Koby reprendre sa place à leur côté, le regard amusé. Koby boit en quelques gorgées le verre de lait et dépose le verre sur la table, enfin soulagé.
- Borsalino est un grand farceur, j'espère que tu n'as pas pris ça personnellement..
- Non non, ne vous inquiétez pas. Je prends ça plutôt comme une leçon sur la vigilance même en dehors des combats !
Momonga hoche la tête, soulagé par la réponse positive du jeune prouvant qu'il est digne d'être à leur table.
- Après tout, qui t'empêche de te venger, un jour ?
Koby sourit à l'idée. C'est très tentant mais l'oreille de Kizaru traîne comme si rien n'était pour avoir des informations ou des idées.. Les deux hommes continuent de parler de leur quotidien, échangeant comme s'ils se connaissaient depuis des lustes. De son côté, Garp donne un coup de coude à son ami Sengoku, le sourire espiègle.
- Tu te souviens, Sengoku, c'était moi qui faisais ça à l'époque de notre jeunesse !
Sengoku, qui a toujours été plus sérieux, ne peut s'empêcher de sourire à la nostalgie évoquée par son vieil ami.
- Je m'en souviens, Garp. Mais je dois dire que je ne m'attendais pas à ce que Kizaru soit celui qui perpétue cette tradition. Tu ne serais pas à l'origine par hasard ?
Ils partagent un regard complice, se remémorant les jours passés où ils étaient eux-mêmes les auteurs de telles plaisanteries. Après tout, ce n'est que la future génération.
Comme quoi, parfois, de petites plaisanteries, ça amène à la réalité. La fraternité et l'importance d'établir des liens solides avec ses collègues et même ses supérieurs…
