Bonjour tout le monde ! Un vrai bonheur de vous retrouver pour cette quatrième partie, qui comportera 53 chapitres. Pour ceux qui nous rejoignent, je vous invite à vous rendre sur mon profil et à lire d'abord Innocent, puis Initié, puis Identité.
Cette histoire a été écrite en anglais par MarauderLover7 et je ne fais que la traduire. J'attends vos remarques et vos avis avec impatience, alors n'hésitez surtout pas. Merci beaucoup à tous pour le soutien et bonne lecture !
« C'est joli, pas vrai ? » demanda Bill en grimpant sur le toit pour rejoindre Ginny.
Elle se déplaça un peu pour lui faire de la place, mais elle ne détourna pas le regard du ciel. Dans la nuit chaude, des milliers d'étoiles brillaient comme des diamants au-dessus du marché animé.
« J'aime beaucoup, dit-elle en hochant la tête. Je ne veux pas rentrer. »
Et c'était vraiment le cas. L'Égypte avait beau l'avoir assoiffé, lui avoir offert des coups de soleil et plus de tâches de rousseur que jamais, ce pays était magnifique. Il y avait tant de choses à voir – et Bill connaissait tous les lieux intéressants – et mieux encore, rien ici ne lui rappelait l'existence de Tom. Elle entendait toujours sa voix, rêvait toujours de lui, mais ce n'est pas comme à Poudlard où elle pouvait l'imaginer rôder dans les couloirs ou lever nonchalamment la main en cours ou comme dans sa chambre à la maison où elle avait passé une grande partie de l'été dernier à lui écrire.
Tom – pâle et soigné – aurait paru hors de propos dans les allées poussiéreuses des marchés et n'aurait probablement pas aimé explorer les pyramides avec Ginny et le reste de la famille. Il n'aurait pas non plus eu la patience ou l'envie de se confronter à la barrière de la langue entre eux et les locaux (après avoir passé des jours à s'entraîner, Fred et George maîtrisaient maintenant parfaitement leur imitation de Percy et de son dictionnaire bilingue).
Non, Tom n'aurait pas du tout aimé l'endroit et cela permettait à Ginny de se sentir en sécurité, lui rappelant qu'il y avait des endroits qu'il ne pouvait pas atteindre et – grâce à Harry – qu'il ne pourrait jamais atteindre.
« Ouais, c'est sympa de vous avoir tous ici, dit Bill en se frottant la nuque. Bruyant et agité, mais sympa. Dommage que Charlie n'ait pas pu venir, mais c'est de plus en plus difficile de l'éloigner de ses dragons. »
« Maman a dit qu'il viendra au mariage. » dit Ginny.
« Mais ce sera juste pour une journée, Gin'. » répondit Bill.
Ils sursautèrent tous les deux en entendant Percy crier depuis l'intérieur. L'instant d'après, ils entendirent les rires des jumeaux depuis la fenêtre ouverte, rapidement suivis par la première réprimande de Maman. Ginny et Bill ricanèrent.
« Tu penses qu'il va rester là-bas ? » demanda Ginny, une fois que le calme fut revenu.
« Ouais, je pense que oui. »
Ils restèrent assis là en silence pendant plusieurs minutes, se contentant d'observer les alentours. Puis Ginny détourna finalement le regard du ciel pour regarder son frère aîné.
« Et toi ? » demanda-t-elle.
« Quoi moi ? »
La boucle d'oreille de Bill se balança un peu lorsqu'il se tourna pour la regarder.
« Tu penses que tu vas rester ici ? » demanda Ginny.
« Non, répondit Bill, les yeux fixés sur la silhouette noire de l'une des pyramides qu'ils avaient visité la veille. Ne te méprends pas, j'adore être ici, j'adore ce que je fais et je pense que je vais encore rester ici quelques années avant d'être prêt à rentrer, mais je finirais par rentrer à la maison. »
Il s'interrompit et baissa les yeux vers la fenêtre par laquelle il était passé pour grimper ici.
« Mais ne dis pas à Maman que j'ai dit ça ou elle n'arrêtera pas d'insister pour que je rentre à la maison. Elle est toujours convaincue que je risque de mourir dans un piège horrible vieux de milliers d'années. »
« Tu n'aurais pas du lui parler du rocher. » dit Ginny.
« Non, confirma Bill en riant. Probablement pas. »
Il la poussa un peu avec son genou.
« Et toi, comment ça va ? »
Ginny se figea. A l'exception de son câlin quand elle était arrivée en Égypte, qui avait été légèrement plus long et légèrement plus affectueux que d'habitude, Bill ne lui avait pas du tout parlé de sa première année à Poudlard. En fait, elle avait beaucoup apprécié cela.
« Bien. » dit-elle.
« Tu sais, dit Bill en levant la tête vers les étoiles. Maman m'a demandé de te parler- »
« Ça ne m'étonne pas. » grommela Ginny.
Maman avait de bonnes intentions et Ginny appréciait ses tentatives pour l'aider, mais elle ne comprenait pas et Ginny ne pensait pas que tout lui expliquer l'aiderait à mieux comprendre … D'ailleurs, cela n'aiderait personne. Bien sûr, d'autres personnes avaient fait de mauvaises choses par accident ou s'étaient attachées à quelqu'un qu'ils n'auraient pas du, mais elle l'avait hébergé dans sa propre tête, et elle ne l'avait pas réalisé avant qu'il ne soit trop tard. Puis elle avait essayé de lutter et avait perdu. Elle avait échoué, encore et encore, et des gens avaient été blessé parce qu'elle ne s'était pas montré assez forte, parce qu'elle n'avait pas réussi à le mettre dehors. Les gens pouvaient sûrement compatir pour elle, mais ils ne pouvaient pas comprendre.
« -le soir de votre arrivée. » continua Bill comme si elle n'avait rien dit.
« Mais tu ne m'en avais pas encore parlé. » constata Ginny.
« Parce que je me doutais bien que ça te rendrait grincheuse. »
Bill la poussa à nouveau avec son genou et son sourcil levé fit sourire Ginny.
« Et que si je le faisais, tu m'éviterais sûrement pour tout le reste du voyage, alors j'ai attendu. Et vu que vous rentrez demain, si tu commences à m'éviter maintenant, je serais un peu vexé de ne pas recevoir de câlin d'au-revoir, mais ça aurait pu être pire- »
« Un vrai génie. » dit-elle sèchement, mais Bill avait l'air si fier de lui qu'elle ne put s'empêcher de sourire.
« Alors ? » demanda Bill.
« Alors quoi ? demanda Ginny en haussant un sourcil. Maman t'a demandé de me parler, pas l'inverse. »
« Trop maligne, murmura Bill en levant les yeux au ciel. Alors comment tu t'en sors ? »
« Bien. » dit Ginny.
« Vraiment ? »
« Je te l'ai dit, j'aime bien être ici. »
« Donc tu vas parfaitement bien ? demanda Bill. Tu ne- J'sais pas, tu n'as pas de cauchemars, tu ne te sens pas malade parfois quand tu y repenses ? »
Il regardait toujours les étoiles, donc Ginny n'avait pas à s'inquiéter de la tête qu'elle faisait.
« Non. » dit-elle, certaine que Bill allait la croire.
Elle partageait une chambre avec Ron ici et il était trop habitué à entendre Harry gesticuler et bavarder pendant la nuit pour être dérangé par le sommeil agité de Ginny. Et grâce à sa maîtrise parfaite du sortilège d'Insonorisation, aucun son n'avait réveillé le reste de sa famille.
« Une chance, dit-il. J'ai trouvé une tablette de pierre dans une tombe il y a quelques mois et la sorcière qui l'a gravé avait visiblement fait pas mal de nécromancie … Cette sorcière- son esprit ou son fantôme ou- quoi que ce soit n'arrêtait pas d'apparaître dans la maison des gens qui avaient touché la tablette et essayait de nous forcer à la ressusciter. Elle nous parlait, nous imposait des visions franchement horribles- »
Bill fit la grimace.
« Xing-Bei a démissionné et Gahiji aurait même réussi à déterrer ses os si Nkosi et moi ne l'en avions pas empêché. Au final, nous avons réussi à détruire la tablette et nous avons aussi reçu l'aide d'un prêtre, mais les choses que cette sorcière nous a dit … C'était une vraie saleté, je peux te le dire. »
« On dirait bien. » confirma Ginny en restant ouverte à la discussion.
Bill l'observait avec attention et essayait de se montrer subtil.
« Je n'ai pas peur si c'est ça qui t'inquiète. » lui dit-elle.
« T'as vu pire ? » plaisanta Bill, mais elle savait qu'il était vraiment intéressé.
« J'ai fait pire, dit Ginny. Pas que je m'en souvienne vraiment. »
« Bon. Si tu ne t'en souviens pas, alors tu n'auras pas besoin de- peu importe. »
« Besoin de quoi ? » demanda Ginny, curieuse.
« Nan, ça n'a pas d'importance. » dit Bill.
« Bill. » gémit Ginny.
C'est seulement à ce moment-là qu'elle réalisa qu'elle s'était faite avoir. Elle envisagea de bouder, mais sa curiosité était piquée désormais. Bill sortit quelque chose de petit de sa poche et lui tendit. Ginny tourna l'objet entre ses doigts, intriguée. Il faisait la taille de sa paume et ressemblait un peu à la roue de vélo moldue que Papa avait rangé dans le grenier à la maison. L'extérieur était un cercle de pierre brut, couleur sable, et à l'intérieur se trouvait une sorte de délicate toile d'araignée. Au cœur de cette toile, il y avait trois perles – de la même couleur sable que l'extérieur – autour desquels se trouvaient des petites gravures.
« Suoja, dit Bill en montrant chacune des minuscules perles. Eihwaz, Unelma … Ce sont des runes. Je me suis dis que tu aurais pu mettre ça sous ton oreiller ou sur ta table de chevet si tu avais du mal à dormir ou si tu avais des cauchemars, mais tu as dit que tu allais bien, alors ... »
Il tendit la main comme s'il voulait reprendre l'objet et Ginny le rangea dans la poche de son short de pyjama avant qu'il ne puisse y toucher. Bill haussa un sourcil en la regardant, la main toujours tendue. Ginny la repoussa et se rapprocha de lui pour l'enlacer.
« Content que tu aimes. » dit doucement Bill.
« -largement le temps. » dit Patmol.
Harry marchait derrière lui, dubitatif.
« Andromeda- »
« -va nous tuer si on est en retard, je sais. » dit Patmol en adressant un large sourire à Harry.
Mais Harry ne trouvait pas ça très drôle. Même si Tonks gérait son mariage imminent comme tout le reste, en riant, en jurant et avec son habituel optimisme décontracté, c'était parfaitement l'opposé du côté de sa mère.
« Mais il faut que ce soit fait et il faut qu'on arrête de repousser ça … Je pense que ça nous prend la tête pour rien, gamin. »
Harry devait avouer qu'il avait sans doute raison. Ils avaient essayé de détruire le médaillon lors de la première semaine de vacances de Harry, mais même si le crochet avait transpercé le médaillon, il ne semblait pas que cela avait véritablement détruit l'Horcruxe. Harry et Patmol en avaient conclu qu'ils devraient ouvrir le médaillon pour le détruire.
Même si Harry pensait avec certitude que ce serait facile de l'ouvrir – grâce à sa découverte du Fourchelang durant l'année – ce qui se passerait quand ils ouvriraient le médaillon restait encore à voir. La dernière fois, Lily et James étaient apparus et- plus exactement, Voldemort avait pris l'apparence de ses parents. Savoir que lui ou Patmol devrait les combattre – ou du moins les faire exploser – tandis que l'autre poignardait le médaillon n'était pas quelque chose que Harry attendait avec impatience.
Soit c'était par appréhension que lui et Patmol étaient réticents à réessayer, soit c'était à cause de l'influence que le médaillon avait sur eux. C'était dur à dire, mais Patmol penchait plutôt pour la seconde option.
En entrant dans le bureau, Patmol s'empressa de déballer le crochet de Basilic que Harry avait sorti de la Chambre des Secrets. Harry fit mine de fermer la porte, mais Patmol secoua la tête.
« Si j'étais toi, je ne fermerais pas. C'est possible qu'on ait besoin de sortir rapidement. Tu te souviens la dernière fois ? »
Harry rouvrit la porte en grand et s'assit sur l'accoudoir du canapé, la baguette levée, tandis que Patmol sortait le médaillon et le posait sur la table.
Personne n'avait questionné la présence de Harry pour ça. Après tout, il était bien plus jeune et bien moins expérimenté quand il avait aidé à récupérer le médaillon et il était le seul à avoir déjà détruit un Horcruxe. Oh, Patmol aurait bien voulu s'opposer à sa présence pour éviter à Harry de courir un risque, mais il n'avait pas osé. Harry sourit faiblement à cette pensée.
« Prêt ? » demanda Patmol.
Harry acquiesça et ouvrit la bouche au moment où Patmol lui fit signe.
Il prit une grande inspiration et ferma les yeux pendant un moment. Le Basilic se trouvait là dans sa tête, grand et menaçant, semblable à l'apparence qu'il avait voilà quelques mois, semblable à l'apparence qu'il prenait dans ses cauchemars.
« Ouvre-toi. » murmura-t-il, et le drôle de 'oh' surpris que laissa échapper Patmol lui indiqua qu'il avait utilisé le Fourchelang.
Il y eu un petit clic, puis il entendit le bruit de l'or sur le bois au moment où le médaillon s'ouvrait. Pendant plusieurs secondes, personne ne bougea et la pièce fut plongée dans le silence, à l'exception d'un sifflement très discret qui provenait du médaillon. Patmol n'avait pas encore bougé pour le poignarder, pas que Harry ait souhaité qu'il le fasse.
Ils patientèrent.
« Harry, dit une voix grave, en même temps qu'une autre voix plus douce. Sirius. »
Alors comme la dernière fois, Lily et James Potter sortirent du médaillon. Patmol n'avait toujours pas bougé et se sentant un peu coupable, Harry réalisa qu'il voulait peut-être autant les revoir que Harry lui-même. Ils semblaient différents cette fois. La dernière fois, Lily et James étaient beaux, leur avaient semblé jeunes et amicaux.
Cette fois-ci, ils semblaient méfiants et quelques cheveux blancs étaient apparus sur les tempes de James, de la même façon qu'ils commençaient à se dessiner sur les tempes de Sirius (Harry avait toujours connu Lunard avec des cheveux blancs, bien sûr). Lily avait des rides d'expression. Harry se demanda s'ils avaient l'air plus âgés parce qu'ils avaient vraiment vieilli dans le médaillon ou parce qu'il s'était attendu à ce qu'ils le fassent.
« Comment ça va ? » demanda Patmol sur le ton de la conversation.
Mais dans ses yeux, il y avait le même éclat que lorsqu'ils visitaient le cimetière à Godric's Hollow. En vérité, ils s'y étaient rendus récemment, pour l'anniversaire de Harry. Il agita la main qui tenait le crochet et la Lily du médaillon l'observa avec dégoût.
« Qu'est-ce que c'est ? » demanda-t-elle.
« Un crochet de Basilic. » répondit Harry avec une voix tremblante.
« Vas-y alors. » dit James, même si sa voix semblait fausse.
Elle ressemblait à celle de Jedusor, même si elle sonnait plus âgée.
« Si tu peux. Tu vas me tuer de nouveau, Patmol ? Tuer Lily ? Tu veux vraiment nous voir mourir ? »
« Ce n'est pas vraiment vous. » murmura Patmol, mais James avait touché la corde sensible.
Et chez Harry également. Harry avait des souvenirs de la nuit où ses parents étaient morts et même s'il n'avait pas tout vu en détails, les sons et l'éclat de lumière verte lui suffisaient largement. Ces cauchemars se mêlaient à ceux de la Chambre maintenant.
« Peu importe, dit James en haussant les épaules. J'ai la même apparence, je mourrais avec cette apparence et tu sauras que c'est toi le responsable. »
« C'est Peter le responsable. » dit Patmol.
« Oui, j'imagine, répondit Lily. Et comment va-t-il ? Il paye pour ses crimes, n'est-ce pas ? »
Patmol grogna en la regardant et elle lui sourit d'un air moqueur.
« Patmol. »
Harry en avait assez et il avait l'impression que le contrôle de la situation pouvait rapidement leur échapper. Patmol le regarda, les yeux plus alertes que Harry ne s'y était attendu, et il acquiesça.
« Oui, c'est ça, dit James. Écoute Harry. »
« Tant que tu peux. » soupira Lily.
« Qu'est-ce que ça veut dire ça ? » demanda Harry en fronçant les sourcils.
Patmol avait à nouveau baissé le crochet et selon Harry, il arborait l'expression qu'il devait avoir quand il arrêtait des gens.
« Oui, j'aimerais bien le savoir aussi. » dit-il sèchement.
Lily croisa les bras.
« Ce n'est un secret pour personne qu'il lui reste peu de temps à vivre, dit James. D'abord cette histoire avec Quirrell, maintenant la Chambre … Et où étais-tu, Sirius ? »
« Incapable de l'aider, voilà où il était. » dit Lily avec amertume.
Patmol frémit, juste un peu, et Harry savait qu'il les écoutait désormais. Il réussirait sûrement à se reprendre, mais Harry ne voulait pas voir ce que le médaillon pouvait faire comme dégât en gagnant encore du temps.
« Et ce n'est qu'une question de temps avant que sa chance ne tourne, avant qu'il rencontre un adversaire plus rapide que lui- »
« Ou que les autres personnes qui devraient prendre soin de lui arrivent un peu trop tard ... »
« Procellus. » s'écria Harry en agitant le poignet.
De l'air sortit du bout de sa baguette, créant un tourbillon qui les entoura tous les deux. La main de James, incapable de passer à travers, confirma qu'ils étaient piégés. Harry n'était pas très sûr de savoir s'ils étaient vraiment solides, si son sortilège marcherait. Le vent avala aussi leur voix. Il pouvait les voir crier depuis leur prison de vent, mais il ne pouvait pas les entendre. Lily frappait le tourbillon et Harry sentit le sortilège faiblir. Elle lui hurlait dessus en silence, le visage déformé à présent, ressemblant de plus en plus à celui de Tom.
« Patmol, maintenant ! » dit-il.
Patmol laissa échapper un gémissement de douleur et Harry l'entendit reculer. En panique, Harry se retourna, espérant que le médaillon ne l'avait pas blessé, et James – qui comme Lily, commençait à ressembler à Tom – profita de sa distraction pour se jeter contre le sort de Harry. Le tourbillon explosa. Le vent rugit dans la pièce, soufflant dans les cheveux de Harry, retournant le canapé. Harry fut projeté contre Patmol, qui le rattrapa d'un bras. De l'autre bras, il se tenait le ventre et l'estomac de Harry se serra d'inquiétude et de peur.
James et Lily s'avancèrent et Harry leva sa baguette, essayant de réfléchir à un sort qui pourrait les tenir à distance, mais le bras de Patmol le tira en arrière, vers la porte.
« Qu'est-ce que- » commença à demander Harry, mais il vit Kreattur avancer vers le médaillon.
Il tenait le crochet dans sa petite main noueuse et levait son autre main devant lui, les protégeant avec un bouclier vert et brillant.
Harry le vit murmurer quelque chose et eut l'impression d'entendre le nom de 'Regulus' par-dessus le vent et les hurlements des choses qui ressemblaient auparavant aux parents de Harry, mais qui étaient désormais plus proches des Inferi. Alors Kreattur poignarda le médaillon.
Un nuage noir en sortit et explosa. Harry vit Kreattur déglutir. Il n'eut même pas le temps de crier le nom de l'elfe que le nuage était déjà sur eux. Il agita faiblement sa baguette, mais Patmol était prêt et fit apparaître un bouclier. Harry sentit une vague de chaleur, mais rien d'autre. Ce qui semblait être de la suie se figea au-dessus d'eux, surplombant tout, le sol, le pallier et les escaliers.
Puis tout devint silencieux. La cendre tomba soudainement sur le sol et le sortilège de Harry prit fin. Le bureau était vide maintenant, à l'exception de Kreattur et de ce qui restait du médaillon.
Harry s'élança en avant, Patmol – qui se tenait toujours le ventre – sur les talons, et la cendre s'éleva autour d'eux. Kreattur avait été projeté au sol par le souffle. Il était recouvert de suie de la tête aux pieds et présentait une vilaine brûlure sur l'épaule, mais à part ça, il ne semblait pas blessé, si l'on pouvait croire les jurons qu'il répétait.
Patmol attrapa le bras de Harry et l'empêcha d'avancer davantage. Ils observèrent Kreattur qui se levait, le crochet toujours en main. Patmol garda sa baguette levée et la pointa vers l'elfe.
« C'est fini, dit Kreattur avec émotion. Fini, fini, oh oui, c'est fini. »
« Kreattur, dit Patmol. Lâche le crochet. »
Le crochet tomba sur le tapis sans un bruit, mais fit voler un peu de cendre autour de lui.
« Patmol. » dit Harry en essayant de forcer son parrain à baisser sa baguette, mais Patmol repoussait les tentatives de Harry avec son coude.
Harry observa Patmol, qui était plutôt pâle, puis Kreattur, qui semblait prêt à éclater en sanglots, et comprit qu'il manquait quelque chose.
« Explique-toi. » dit sèchement Patmol.
Kreattur claqua des doigts et Patmol prit une grande inspiration avant de se redresser, ses doigts appuyant sur son ventre.
« Tu l'as blessé ? » demanda Harry à Kreattur.
« Kreattur avait des ordres, Kreattur avait promis de détruire le médaillon, mais Kreattur ne l'a pas fait et Kreattur a pensé que le Maître Sirius- que le Seigneur des Ténèbres l'avait piégé, alors Kreattur- »
« M'a attaqué et l'a détruit lui-même, termina Patmol en se frottant le visage. Et je n'étais pas en train d'hésiter. »
« Un peu. » dit Harry en levant un sourcil.
Il s'était attendu à recevoir un regard noir, mais au lieu de ça, le visage de Patmol s'assombrit.
« Aussi horrible que ce soit, c'était- »
« Bon de les voir ? » demanda Harry en avalant sa salive.
Patmol ne répondit pas, mais il tendit la main et la posa sur l'épaule de Harry.
« Bon. » dit-il après un long moment.
Il se retourna vers Kreattur, qui s'époussetait.
« Si tu m'attaques encore – même si c'est pour détruire un Horcruxe – je retirerais ce que j'ai dit et je collerais ta tête sur le mur comme ma folle de mère l'a fait pour la tienne. »
Harry pensait que Kreattur voyait plus cela comme un honneur que comme une menace, mais Kreattur eut l'intelligence d'esprit d'incliner la tête et d'acquiescer.
« Bien. »
Il regarda le bureau – dévasté, pour la deuxième fois depuis qu'ils avaient emménagé.
« On s'occupera de ça plus tard. Il faut qu'on se prépare ou Andy va s'occuper de nos têtes à nous. »
Patmol ramassa le crochet et sortit de la pièce.
« Il n'est pas vraiment furieux, dit Harry à Kreattur. C'est juste- »
« Kreattur a l'habitude des humeurs du Maître Sirius, dit Kreattur en tapotant le bras de Harry. Pas content de Kreattur parce qu'il a attaqué, pas content de Maître Sirius parce qu'il a hésité, non, il n'est pas vraiment en colère. Pas d'inquiétude, Maître Harry, Kreattur le sait, oh oui. »
Kreattur s'approcha du médaillon et l'attrapa. Harry avait déjà vu des petits sourires narquois sur le visage de l'elfe, il l'avait déjà vu satisfait, mais il ne pensait pas l'avoir déjà vu si heureux. Il supposa que ça devait être plaisant après toutes ces années de finalement accomplir la promesse qu'il avait fait à Regulus.
« Mais il est heureux que ce soit fini, dit Harry. Patmol, je veux dire. »
« Kreattur le sait. » lui assura-t-il.
Ils entendirent des bruits de pas précipités sur le palier et Patmol réapparut.
« Reste tranquille, dit-il. Je vais soigner la brûlure sur ton épaule. »
Kreattur resta immobile pendant que Patmol appliquait le baume, puis il lui tapota la main. Ils échangèrent tous les deux un long regard, puis Patmol déglutit et détourna les yeux, tandis que Kreattur reniflait en baissant les yeux.
« Bon, dit Patmol sur un ton bourru. Il faut vraiment qu'on se prépare maintenant. »
