Salut, salut ! Toujours heureuse de lire vos commentaires, merci ! Je vous souhaite une bonne lecture de ce chapitre encore un peu court.


Sa vie – même si elle s'était remarquablement améliorée ces derniers temps – consistait à passer la plupart de son temps dans un état méditatif, entre rêve et réflexions. Une ou deux fois par semaine, s'il était assez fort, il était capable de se réveiller et de rester alerte pendant quelques heures.

Ses rêves et ses pensées n'étaient jamais les mêmes deux soirs de suite, mais restaient cycliques. Certaines nuits, il était de retour dans les forêts froides d'Albanie. Parfois Quirrell était présent, parfois non. Il se fichait pas mal de Quirrell, mais l'homme était malin et plus important encore, il était malléable. Il avait toujours fait tout ce qu'il lui avait demandé et sa mort était un vrai gâchis. Il était difficile de trouver des soutiens efficaces.

D'autres nuits, il était dans la Chambre des Secrets. C'était un endroit dont il avait beaucoup rêvé l'année passée, mais il n'avait pas compris pourquoi jusqu'au retour de Croupton. Il avait alors entendu parler de l'ouverture de la Chambre et il en avait déduit qu'étant l'unique héritier, la seule seule façon de l'ouvrir, c'était son ancien journal … C'était logique, supposait-il, qu'il pense davantage à son Horcruxe à un moment où l'Horcruxe était fort et lui était faible.

La bague – son premier Horcruxe – avait été un test. L'objet imparfait contenait à peine un fragment de son âme, car à ce moment-là, il ignorait encore comment le construire. Le journal, en revanche … Peut-être était-ce dû à ses efforts pour y placer le secret de la Chambre des Secrets, à sa volonté à donner vie au journal d'une façon qu'aucun de ses autres Horcruxes ne pouvaient le faire, mais quand il l'avait créé, il y avait placé une grande partie de son âme … La moitié en vérité, mais même en faisant cela, il n'avait jamais imaginé qu'il puisse avoir une réelle existence comme il l'avait rêvé … mais il ne pensait pas que ce soit un problème.

Le visage de Harry Potter le fixait, couvert de sang, de crasse et d'encre, et il repoussa cette pensée avec hargne. C'était un effort – il avait besoin d'utiliser la Légilimancie pour le faire – mais ça valait le coup. Le visage du garçon perdit en netteté, s'effaçant pour n'être plus qu'une pâle silhouette, avant de prendre une apparence presque identique, plus âgée. James Potter arborait l'expression qu'il avait affiché la nuit de sa mort, aussi paniquée que défiante, et il autorisa le visage à rester dans son rêve parce qu'il n'y avait aucun risque à le faire. L'homme ne pouvait rien faire contre lui. Après un moment cependant, la ressemblance qu'il avait avec le jeune Potter le submergea et il repoussa aussi la pensée de son visage.

Ou du moins, il essaya. De la lumière verte se refléta sur ses lunettes, l'éblouissant un moment, avant de prendre l'apparence des écailles vertes du Basilic. Sa vision avait changé si vite que tout était flou devant lui, jusqu'à ce qu'il tombe sur l'œil ensanglanté, auparavant jaune. Puis il y eut un éclat de plumes bordeaux, qui devint des cheveux auburn et sa voix lui parla, le suppliant de la tuer à sa place.

Il massacra son reflet comme il pouvait, mais cette image ne vacilla qu'un moment. L'auburn s'éclaircit un peu, des tâches de rousseur se répandirent partout, les yeux verts devinrent noisettes et le minuscule visage de Ginny apparut devant lui. Puis elle se mit à courir, à le fuir aussi vite qu'elle pouvait dans les tunnels qui menaient à la Chambre.

« Jamais ! » criait-elle.

Puis tout devint orange et une voix plus perçante répéta ce mot.

Lord Voldemort ouvrit les yeux sur le vieux bureau de la demeure Jedusor, seulement éclairé par le feu qui brûlait dans la cheminée, et des éclats de voix lui parvinrent depuis l'entrée.

« Non, je ne le ferais pas, on pourrait juste lui lancer un sortilège d'Amnésie- »

« Si tu ne le fais pas, je le ferai. »

La deuxième voix appartenait à Croupton. A peine eut-il terminé sa phrase qu'un éclat de lumière verte se répandit dans la pièce et qu'un bruit sourd se fit entendre – le bruit de quelqu'un qui tombait contre le parquet poussiéreux.

« C'était pas si dur, pas vrai ? »

« Il- il est réveillé. »

Le silence se fit à nouveau à l'extérieur et la porte s'ouvrit, laissant apparaître Croupton et Queudver sur ses talons, comme d'habitude.

« Un talent utile, Queudver. » dit-il doucement.

Et c'était le cas. Peut-être que sa respiration changeait, ses battements de cœur ou peut-être que c'était autre chose, mais Queudver semblait toujours deviner.

« Comment vous sentez-vous, mon Seigneur ? »

Croupton s'agenouilla devant son fauteuil.

« Pareil. Combien de temps ? »

« Quatre jours depuis votre dernier réveil, Maître. »

« Et ça ? »

Pas assez fort pour lever le bras ou bouger la tête, Lord Voldemort tourna simplement les yeux vers le couloir.

« Un jardinier moldu qui fouinait. » répondit Croupton sur un ton léger.

« Plus maintenant ? »

« Non, mon Maître. »

« Et toi, Queudver ? »

Queudver, qui était resté dans l'encadrement de la porte, se demandant vraisemblablement s'il pouvait s'éclipser, se raidit en entendant son nom, puis s'empressa d'avancer.

« Quelles nouvelles ? »

Le fait que Queudver soit un Animagus lui permettait de se faufiler dans des endroits auxquels Croupton ne pouvait pas prendre le risque d'aller et à l'occasion, il était capable de voler un document ou d'entendre quelque chose d'important.

« Rien de plus, dit Queudver en se tordant les mains. Il y a toujours des Détraqueurs à Poudlard, prêts pour la rentrée, mais nous savions que ce serait le cas … Maugrey Fol-Œil a accepté le poste de Professeur de Défense- »

« La retraite la plus courte que j'ai jamais vu. » murmura Croupton.

C'était un coup dur pour eux, sans nul doute. Avec Dumbledore et Maugrey à l'école, Potter serait inaccessible et cela n'allait pas leur faciliter la tâche en ce qui concernait le rituel qu'ils espéraient utiliser.

« Vous devrez peut-être trouver quelqu'un d'autre- » commença Queudver.

Par pure frustration, parce que Queudver avait probablement raison, Lord Voldemort se mit à grogner dans sa direction. Il se tut immédiatement en tremblotant.

« C'est lui que je veux ! »

« Nous l'aurons, dit rapidement Croupton. D'une façon ou d'une autre. On lui tendra un piège ou on s'occupera des professeurs pour pouvoir l'atteindre plus facilement … Ça a déjà été fait. Et nous utiliserons le rat pour entrer dans l'école, si besoin … Il doit bien y avoir un passage secret ou quelque chose comme ça. »

« Je crois que c'est ton domaine de compétences ? »

Queudver se recroquevilla sous son regard.

« Je- peut-être, si j'arrive à m'en souvenir. Mais vous n'êtes pas en état pour voyager- »

« Je ne l'ai pas oublié. » déclara Lord Voldemort avec froideur.

Queudver sembla se rapetisser encore ou peut-être était-ce la vue de Lord Voldemort qui commençait à faiblir. Ses rêves commençaient à le submerger à nouveau.

« Je veux davantage d'informations sur Poudlard, Queudver. Sur Maugrey, sur les passages secrets, sur les mesures de sécurité- »

« Je pourrais être absent pendant des s- des semaines. » dit Queudver avec nervosité.

« Tu ne fais jamais rien, ricana Croupton. Tu ne devrais pas trop nous manquer. Mon Seigneur, comment puis-je vous servir ? »

« Occupe-toi de ça. »

Il était trop faible pour bouger, mais il savait que Croupton comprendrait qu'il parlait du corps dans le couloir.

« Et emmène-moi en sûreté, là où nous pourrons étudier nos différentes options, dit-il. Queudver nous apporte rarement de bonnes nouvelles. »

« Comment vais-je vous retrouver ? » demanda Queudver.

Croupton répondit quelque chose, mais Lord Voldemort ne l'entendit pas.


Assis à son bureau, Lucius fixait la carte postale, partagé entre agacement et curiosité. La carte s'agita un peu comme si elle avait senti son mécontentement.

Un regard rapide vers la porte de son bureau confirma qu'elle était toujours fermée. Narcissa, bien sûr, savait qu'il avait des contacts indirects avec son Maître et Hydrus n'oserait jamais le déranger. Drago, en revanche, pourrait le faire.

… Mais à la réflexion, il ne le ferait sans doute pas, car il avait gardé ses distances avec Lucius pendant tout l'été, passant beaucoup de temps avec Severus, chez Potter ou dans le parc du Manoir, sous son arbre favori. Lucius ne savait pas si Drago était toujours furieux après la dispute qu'ils avaient eu avant sa pétrification – et qu'il ruminait toujours sa bien-pensance – ou s'il était bouleversé par le fait qu'il avait lui-même été attaqué.

Ou peut-être que c'était encore pire. Le comportement de Potter dans le bureau de Dumbledore avait donné l'impression à Lucius qu'il savait quelque chose sur le journal de son Maître et sur la façon dont il avait atterri entre les mains de Ginny Weasley. C'était ridicule bien sûr – si Potter savait, Lucius serait déjà en train de pourrir à Azkaban – mais il n'avait pas réussi à se débarrasser de cette impression.

Si Potter savait, il l'avait sans doute dit à Drago … Pas que Lucius puisse vraiment s'en assurer. Ce n'était pas un sujet que Lucius pouvait aborder avec son fils. Après tout, si Drago était au courant, il cachait parfaitement son opinion derrière son silence (à part ses occasionnels et glacés 'bonjour Père') et s'il ne savait pas, Lucius n'allait certainement pas le lui annoncer lui-même.

Il était heureux que la rentrée à Poudlard arrive le lendemain. Hydrus était impertinent, mais grandissait bien, mais Drago … Il avait souvent déconcerté Lucius et ils s'en étaient débrouillés, mais il semblait aujourd'hui incapable de dépasser ses étranges opinions et de se séparer de ses traîtres à leur sang d'amis. Il ne semblait pas non plus se soucier de sa famille. Lucius était prêt à abandonner et à le considérer comme une cause perdue, mais Narcissa pensait toujours qu'il finirait par s'en sortir … Lucius aimait sa femme, mais elle pouvait se montrer naïve. Drago s'était aussi montré froid envers elle, ce qui était déroutant car Drago s'était toujours montré plus proche de sa mère.

La carte postale s'agita à nouveau et en soupirant, Lucius la retourna, la toucha avec sa baguette et murmura « je jure solennellement que mes intentions sont mauvaises ».

Malefoy. Le nom apparut sur le dos de la carte postale et Lucius reconnut l'écriture de Pettigrow.

Les autres ont de nouveau quitté le pays, mais je suis en Grande-Bretagne, en quête d'informations pour notre Maître. Ta dernière information sur les Détraqueurs et sur Maugrey Fol-Œil a été utile et notre Maître est satisfait. Mais j'ai besoin d'en savoir plus. Je crois savoir que tu as encore beaucoup d'influence au Ministère. Peux-tu m'en dire plus sur Maugrey Fol-Œil ? Où passe-t-il son temps ? Et comment ça se passe à Poudlard actuellement ?

Je te recontacterais.

Lucius souffla. La première fois qu'il avait reçu une telle carte postale, il avait posé des tas de questions et aucune d'elles n'avait obtenu de réponse. Après tout, ils avaient eu le culot de l'impliquer – il n'avait pour l'instant reçu aucune preuve du fait qu'ils se trouvaient vraiment avec le Seigneur des Ténèbres et ils n'utilisaient pas son nom pour menacer et influencer Lucius. Mais les ignorer n'était pas un risque que Lucius souhaitait prendre si le Seigneur des Ténèbres était véritablement avec eux. Il avait donc arrêté de poser des questions et s'était contenté de répondre. Plusieurs cartes postales avaient suivi depuis lors. Il attrapa sa plume.

Par chance, je dois me rendre au Ministère dans l'après-midi et je devrais pouvoir me renseigner sur Maugrey. Comprends bien que je ne fais pas cela pour toi, mais pour mon Maître. Quant à Poudlard, mes fils y retournent demain et je m'attends à recevoir une lettre après la cérémonie de Répartition. Je te transmettrais les informations utiles.

Et pour la dernière fois, arrête d'écrire mon nom dans tes messages.

La dernière exigence était plus dû à l'agacement matinal de Lucius et à sa volonté de tourmenter Pettigrow plutôt qu'au risque – plutôt faible – que quelqu'un découvre son implication. Lucius devait avouer à contrecœur que Pettigrow avait réussi à créer un mode de communication plutôt sécurisé.

Lucius patienta un moment, mais ne reçut aucune réponse, alors Lucius jeta la carte dans le feu et attendit qu'elle termine de se consumer.

« Dobby ! » appela-t-il, mais l'elfe était aux abonnés absents.

Ça avait été le cas pendant presque tout la semaine. Lucius avait imaginé que Dobby était sans doute mort quelque part, mais Narcissa l'avait vu avant le mariage de Lupin, Hydrus l'avait vu plusieurs fois depuis et les dîners étaient toujours servis à l'heure. En revanche, c'était une autre histoire pour ce qui étaient des petits-déjeuners et des déjeuners.

« Dobby, maintenant ! » siffla-t-il, mais la pièce resta silencieuse.

Lucius sortit de son bureau, manquant de rentrer dans Drago dans l'entrée.

« Tu as vu l'elfe ? » demanda-t-il sèchement à son fils.

« Pas depuis un moment. » dit Drago.

Il avait une enveloppe dans la main, un livre dans l'autre. Son expression était impassible – si c'était Hydrus qui l'avait affiché, Lucius aurait été impressionné, mais sur Drago, cela l'agaçait car c'était une chose de plus qu'il ne comprenait pas sur son fils.

« Il ne vient pas non plus quand je l'appelle. »

Lucius grogna et se dirigea vers la cuisine pour se faire lui-même une tasse de thé. Cuisiner le reste du petit-déjeuner, en revanche, n'était pas une option, donc il devrait faire sans … Comme il l'avait fait ces trois derniers jours.

La main de Lucius se serra autour de sa tasse, tandis qu'il était assis seul dans la cuisine – une pièce où il n'entrait jamais – et il se mit à réfléchir aux meilleures façons de punir son serviteur capricieux.


L'ombre d'un sourire apparut sur le visage de Drago lorsque Père se tourna pour se diriger vers la cuisine, mais il le fit disparaître et poursuivit son chemin jusqu'au parc et son arbre. Un sac l'y attendait, contenant un roulé à l'œuf et au bacon.