Theodore observait avec horreur le cercle doré l'entourant. Punaise, il avait réussi à éviter toute la journée ces fichues branches de gui et il avait fallu qu'il se fasse coincé à peine dix minutes avant de rejoindre son dortoir. Le feu d'artifice venait de s'achever dans la cour de Poudlard et pourtant, la plupart des étudiants continuait à fixer Pré-au-Lard et ses alentours où des villageois continuaient de festoyer. Ce n'était pas vraiment que chose qui se faisait chez les Sang-Purs, admirer des feux d'artifices pour le nouvel an. McGonagall était aussi étrange que son prédécesseur quand il s'agissait d'organiser des fêtes.

Il traînait à la fin de son groupe d'amis, Draco étant en tête, évidemment. Il discutait bruyamment avec Blaise et Pansy, les autres se contentaient d'écouter ou alors intervenait rapidement avant de leur rendre la parole. Theodore n'était pas vraiment attentif à son environnement, il était somnolent et rêvait de rejoindre son lit. C'est pourquoi il ne vit pas la branche de gui que tous ses amis évitèrent habilement et se retrouva coincé dessous. Il se retrouva évidemment coincé sous la branche, le cercle ne le laisserait pas s'échapper avant que quelqu'un ne le rejoigne pour l'embrasser.

Theodore était sur le point d'appeler l'un de ses amis à la rescousse quand un corps le percuta. Il était figé juste derrière un virage et l'autre étudiant n'avait pas pu l'éviter. Theodore se retourna, espérant seulement ne pas tomber né à né avec un première année ou un professeur, ce serait beaucoup trop bizarre! Pourtant, il aurait mille fois préféré découvrir Chourave derrière lui plutôt que Saint Potter. Cette soirée était maudite!

Derrière lui, il pouvait entendre Blaise se fendre la poire et Ronald Weasley en faisait de même avec sa sœur dans le dos de Potter. Franchement, leurs amis étaient aussi énervant les uns que les autres.

«On dirait que tu n'as pas l'air ravi de te retrouver coincé ici avec moi.» fit bêtement remarqué Potter en avisant son teint blafard.

«Parce que toi, tu en es ravi peut-être?» grinça-t-il.

Theodore frissonna sous le regard de Harry qui le reluqua de haut un bas, il n'aima pas le sourire qui étira ses lèvres.

«Je pense que j'aurai pu tomber sur pire.»

Il se sentit rougir jusqu'à la racine des cheveux alors qu'en même temps Potter le tirait à lui par la nuque. Il était un peu plus petit que lui et n'arriverait pas à atteindre ses lèvres sinon. Pourtant, Theodore ne se laissa pas faire, résistant aussi bien que possible. Harry finit par lâcher sa nuque, glissant plutôt ses doigts le long de son corps jusqu'à agripper sa main qu'il porta à ses lèvres. Ce fut léger et rapide et pourtant, la peau sous son baiser lui semblait brûler. Et surtout, Potter ne l'avait pas quitté des yeux, son sourire en coin toujours aux bords des lèvres.

«Je ne te savais pas si prude, Theodore.»

Et punaise, c'était la première fois que Potter l'appelait par son prénom. Non, c'était même la première fois que Potter l'appelait tout court. C'était fou, sept ans de haine et pourtant, ils ne s'étaient encore jamais parlé. Habituellement, Potter n'avait d'yeux que pour Draco et inversement, s'il devait se disputer avec quelqu'un, c'était plutôt Hermione ou Ron. Pourtant Theodore n'était pas dupe, Potter n'avait pas utilisé son prénom sans raison. Il se moquait de lui, il le provoquait. Il refusait de laisser un Gryffondor croire qu'il lui était supérieur.

«C'est qui que tu traites de prude?» s'agaça-t-il en tirant sur le bras de Harry alors qu'il commençait déjà à s'éloigner.

Ça avait été plutôt stupide de sa part, la barrière de gui se réactivant autour d'eux. Theodore se maudit pour sa négligence. Il voulait mettre son point dans la figure du Gryffondor, pas devoir se faire embrasser la main une deuxième fois.

« Prouve-le-moi, dans ce cas.

- Quoi?

- Tu dis que tu n'es pas une mauviette, prouve-le.»

Theodore ne sut que répondre, figé sur place, la main toujours enroulée autour du bras de Potter. Il rêvait ou ce dernier venait réellement de l'inviter à l'embrasser. Son petit sourire moqueur ne fit que l'agacer d'avantage, cet enfoiré se moquait vraiment de lui. Il n'eut même pas le temps de réfléchir à un moyen de se sortir de là que les doigts de Potter s'enfouirent dans sa chevelure, le tirant à lui.

Harry Potter était en train de l'embrasser! Theodore ne comprenait absolument rien à ce qu'il se passait. Il lâcha sa prise sur son biceps, son corps devenant aussi mou qu'une poupée de chiffon, les bras ballants. Les doigts de Potter remontaient dans sa chevelure, l'attirant toujours un peu plus à lui, lui prodiguant une multitude de petits frissons glissant le long de sa nuque et allant se perdre sous son uniforme. Puis, une langue passa la barrière de ses lèvres et frôla ses dents, tentant vainement de se frayer un passage jusqu'à la sienne. Theodore se reconnecta brutalement avec la réalité, reculant vivement de deux pas, essuyant déjà sa bouche du revers de sa main, le visage rouge comme une écrevisse.

«C'est bien ce que je disais, t'es prude, Theo.» rit Potter.

«Je suis désolé Nott!» s'exclama Granger en tirant déjà son ami par le bras. « Harry perd toutes ses manières quand il boit.

- Ouai, déso pour ça mec.» renchérit Weasley, frappant l'arrière du crâne de son meilleur ami.

Theodore ne put que les observer s'éloigner alors que les deux acolytes passaient un savon à Potter.

«Il vient de se passer quoi là?» marmonna-t-il, complètement perdu.

«Je crois que tu as une touche avec le Survivant.» se moqua Draco, appuyé par le rire fourbe de Pansy.

«Alors, il embrasse bien?» renchérit-elle.

«Bande d'idiots.» s'offusqua-t-il, pourtant il ne pouvait pas le nier, Potter embrassait comme un dieu. C'était la première fois qu'un simple baiser lui faisait un tel effet et punaise, s'ils n'avaient pas été entouré de tous leurs amis, certainement qu'il aurait épinglé Potter à un mur pour poursuivre l'activité. Ça n'allait vraiment plus dans sa tête!

XXXXX

Dix ans plus tard

Harry observait les corps se mouvant sur la piste de danse, hommes et femmes se mêlant dans des valses dont chaque pas étaient connues à l'avance. C'était d'un ennui, il ne comprenait toujours pas pourquoi Draco avait tenu à ce qu'il vienne. Harry n'apparaissait que peu dans ce genre de soirée. Ses amis les plus proches savaient bien que de telles mondanités n'étaient pas à son goût. Pour les autres, Harry donnait toujours la même excuse « les journalistes seront certainement présents.» Personne n'ignorait sa haine envers la Gazette du Sorcier et la discussion s'arrêtait généralement là. Ce n'était pas entièrement un mensonge, Harry savait bien que chaque personne à qui il serrerait la main ou toute femme qu'il inviterait à danser serait dans les tabloïds le lendemain matin. Ce qui était faux en revanche, c'est qu'il n'y accordait plus la moindre importance depuis longtemps.

Draco avait usé cet argument pourtant infaillible contre lui, fichu Serpentard. Ce vicieux avait décidé d'organisé un bal masqué pour cette réunion d'étudiants. Habituellement, c'était plutôt Zabini ou Dean qui s'occupait d'organiser ce rendez-vous annuel. Mais ils allaient sur leurs trente ans cette année et Draco avait tenu à faire quelque chose de spécial. Selon lui, une sortie au restaurant ou un pique-nique dans un parc n'était pas suffisant.

Alors qu'ils refaisaient pour la plupart leur septième année après la guerre, les tensions entre les maisons se calmèrent petit à petit. La guerre avait fatigué tout le monde et personne n'avait encore la force de se battre. Dean avait été le premier à vouloir réunir tout le monde pour leurs vingt ans, un an après leur graduation. Ron lui avait rapporté que la soirée n'avait pas eu beaucoup de succès. Harry pouvait le comprendre, il ne s'y était lui-même pas rendu. Officiellement, il était de garde ce soir-là, en réalité, il avait trop craint de passer la soirée à remarquer l'absence de ses amis décédés lors de la guerre. Harry avait mis trois ans à s'y rendre et ce fut l'unique fois. Il n'en voulait pas à ses anciens camarades, mais supporter leur interrogatoire l'avait vacciné contre l'envie de revenir.

Bien sûr, il avait aimé revoir Dean, Seamus, Luna, les Patil, Neville et même revoir Draco et sa clique ne l'avait pas dérangé. C'était d'ailleurs depuis se jour que Harry et Draco étaient passés d'ennemis jurés à connaissances jusqu'à devenir des amis proches. Bien évidemment, c'était une amitié tordu où ils ne cessaient de se mettre des bâtons dans les roues et de se lancer des piques. Mais ils savaient aussi tous deux qu'en cas de soucis, ils pourraient compter l'un sur l'autre. Depuis l'été dernier, ils allaient mêmes boire des verres ensemble une fois par semaine ou se faisait un restaurant entre midi et deux. C'est que leurs amis respectifs avaient pour la plupart des vies de famille et ils s'étaient retrouvés à servir de bouche-trou l'un pour l'autre par la force des choses. La naissance des filles de Ginny et Blaise n'avait que fait les rapprocher d'avantages. Si George était le parrain de la première, Draco était celui de la seconde et Harry de la petite dernière.

Désormais, Harry voyait plus souvent Draco que Ron et Hermione. Ses meilleurs amis lui manquaient, mais il comprenait aussi qu'ils avaient désormais leur propre vie. Ron avait raccroché sa robe d'Auror quatre ans plus tôt, il ne supportait plus de voir l'inquiétude tirée les traits de sa femme à chaque fois qu'il était appelé en urgence au milieu de la nuit. Avec les gardes de nuit ou de week-end, il ne voyait plus beaucoup Rose et Hugo et Ron avait fini par craquer, démissionnant après six ans de service. Pendant un temps, Harry avait pris l'habitude de passer après le travail voir son ami qui travaillait désormais avec George dans sa boutique. Puis Ron avait pris en charge la filiale à Pré-au-Lard, déménageant avec Hermione dans le village pour une vie plus paisible qu'à Londres.

Avec le recule, Harry savait bien que c'était de sa faute s'il s'éloignait de ses amis, années après années. Il était un sorcier, leur rendre visite n'était pas une contrainte. Mais leurs modes de vie étaient trop différents, eux avançaient joyeusement vers la trentaine alors que lui voulait rester bloquer sur sa vingtaine à tout jamais. Ils n'avaient plus les mêmes passions (hormis le Quidditch avec Ron évidemment), plus les mêmes divertissements, plus les même week-ends.

Contrairement à Hermione et Ron ou Blaise et Pansy, Draco et lui était les mêmes. Ils ne pensaient qu'à s'amuser, ou plutôt ils refusaient de prendre la vie au sérieux. Ils étaient toujours aussi différents que lors de leurs jeunes années, mais désormais ils étaient aussi les plus semblables. Harry soupira, ça le désolait de parvenir à cette conclusion. Lui et Malefoy, similaires… la bonne blague.

«Qu'est-ce qui te fais soupirer ainsi?»

Harry quitta des yeux la piste de danse en contrebas, posant les yeux sur son ami adossé à la rambarde du balcon. Draco était parfaitement reconnaissable malgré son masque nacré aux dorures complexes. Il puait le luxe à des kilomètres à la ronde, il n'avait fait aucun effort pour se fondre dans la masse. Franchement, à quoi bon instauré un thème si ce n'était pas pour le respecter. Harry avait quant à lui profiter de l'occasion pour se métamorphosé. Pour l'instant, ça fonctionnait plutôt bien, personne ne l'avait encore reconnu, on le prenait juste pour un ami un peu taciturne du maître des lieux.

Il était passé chez le coiffeur dans la semaine et avait rasé sa barbe. Cela faisait des années qu'il n'avait pas vu son visage à blanc et c'était plutôt étrange. Sur le coup, Harry avait eu l'impression de rajeunir de cinq ans. Il s'était même vêtu de vert et noir, personne ne suspecterait le Golden Boy de s'habiller aux couleurs des Serpentards. Son masque lui avait été prêté par Draco, il était arrivé un peu en avance et le blond lui avait confisqué le sien en rouspétant à propos de son mauvais-goût. Harry se moquait bien de ce qu'il portait tant qu'on ne voyait pas sa cicatrice. Il était l'un des rares à avoir plus de la moitié du visage couvert, seul sa bouche et son menton était visible désormais. La porcelaine était recouverte de vagues blanches et noires s'entremêlant. Ce n'était rien de spectaculaire et c'était presque étrange venant de Draco. Seuls quelques dorures venait briser cette simplicité. (nda: un peu à la BJ Alex)

«Tu comptes me reluquer encore longtemps?» s'agaça Draco.

«Je m'étonnais juste du fait que même en décidant qu'on ne doit reconnaître personne, tu veux à tout prix que toi, tout le monde te vois.

- Je suis un Malefoy.» nargua pompeusement le blond. «Ce serait un crime de ne pas faire profiter le bas peuple de ma prestance.»

Harry pouffa, portant son verre de champagne à ses lèvres.

«N'y a-t-il pas un peu trop de monde pour une réunion de promo?

- J'ai profiter de l'occasion pour inviter les équipes de Quidditch et quelques élèves des années supérieurs et inférieurs. Ainsi que leur plus un, évidemment.

- Dis plutôt que tu voulais organiser un bal mais que t'avais les pétoches que personne ne vienne si tu ne donnais pas l'excuse de la réunion annuelle.»

Draco le fusilla du regard, n'aimant pas que Harry devine aussi bien ses incertitudes. La réputation de sa famille avait pris un sacré coup avec la guerre. Il avait fallu des années de dur labeur pour regagner sa place dans la haute société sorcière et encore aujourd'hui, il lui arrivait de douter de son image.

«Au fait tu ne m'as pas répondu.» changea-t-il peu discrètement de sujet.

« De quoi?

- Qu'est-ce qui te faisais soupirer?» précisa le blond.

«Il n'est pas encore là.»

Harry quitta des yeux la foule pour le clouer de son regard perçant. Draco déglutit face à ces billes émeraudes. Potter avait vraiment le don de le mettre mal à l'aise une fois qu'il avait bu quelques verres. Or pour l'instant, il n'avait pas quitté son promontoire de la soirée et une table recouverte de verres et de mignardises se dressaient quelques pas derrière eux. Parfois, Draco se demandait quel Harry était le vrai. Celui qui avait une vie parfaitement rangée et un boulot honorable, qui sortait uniquement les week-end pour s'occuper de ses filleuls, qui n'avait aucun scandale malgré onze ans de célébrités dont les cinq dernières où pas une seule de ses photos n'avaient fuité. Ou bien était-ce celui qui sortait en secret le rejoindre dans des bars onéreux et où son anonymat était assuré, qui buvait sans jamais s'effondrer et fumait même le cigare en sa compagnie de temps en temps. Ce Harry-là effrayait Draco, parce qu'il n'arrivait jamais à prédire ses mouvements et le moindre faux pas pouvait devenir dangereux. Si ce Harry-là était le vrai, alors Draco ne pouvait qu'admirer son masque qu'il portait depuis des années au point de réussir à berner tout son entourage. Parfois, Malefoy en venait même à se demander si ses meilleurs amis l'avaient déjà vu ainsi ou s'il était le seul à connaître cette part de Potter.

Il recula d'un pas, gardant ses distances de sécurités. Harry but une seconde gorgée, le regard braqué sur lui. Draco se frotta la nuque, mal à l'aise.

«Comment pourrais-tu savoir s'il est là ou non de toute façon. Il sera aussi masqué. Le connaissant, il pourrait même porter un glamour.

- Il n'est pas là.» trancha Harry, il ne permettrait pas que Draco remette sa parole en question.

«Je lui ai envoyé un hibou, mais je n'ai pas eu de réponse. Franchement, je suis censé être son meilleur ami et il ne m'a même pas dit qu'il rentrait en Angleterre.» soupira Draco. «Tu es sûr qu'il quitte les Etats-Unis?

- J'ai mes sources.» fit vaguement Harry.

«Tu sais ce que tu es, un putain de stalker.» grinça-t-il des dents.«Franchement j'ai déjà dis à nos amis que tu viendrais et toi tu passes ta soirée dans ton coin. Je vais juste passer pour un menteur. Mais maintenant, je comprends pourquoi tu as accepter aussi facilement de venir cette année. Il suffit qu'il mette un pied dans le pays pour que tu accoures la queue entre les jambe. Tout ça pour un gars qui ne sait même pas que t'existe.

- Draco.

- Oui oui je sais, tout le monde sait que tu existes. Mais tu sais que je ne disais pas ça dans ce sens. Il s'en fout de toi, vous vous êtes déjà au moins parlé une fois?

- Draco.

- Je n'ai pas fini. Tu as besoin que pour une fois, quelqu'un te remette les idées en place.

- Draco!

- Quoi?» craqua-t-il, à bout de souffle.

«Il est là

- Hein?» s'époumona Draco, se penchant par-dessus la rembarde pour observer la salle du plus près.

«Et la prestance des Malefoy, tu en fais quoi?» se moqua Harry.

Il attrapa le menton de Draco pour diriger son regard vers un coin de la pièce où un jeune homme semblait chercher quelque chose dans la foule.

«C'est vraiment lui?» fit sceptique Draco, hormis sa taille, cet homme n'avait rien en commun avec son meilleur ami.

«Glamour, c'est toi-même qui l'a dit.» soupira Harry, comme s'il s'adressait à un imbécile.«Le grain de beauté sur sa main.

- On ne voit rien d'ici.» rouspéta Draco. «Et comment tu sais ça, toi?» fit-il suspicieusement.

Harry ne lui répondit pas, se contentant de le pousser vers les escaliers. Son ami n'insista pas, sachant très bien que s'il ne souhaitait pas parler, alors il ne le ferait pas. Draco continua de jeter des coups d'œil furtif vers Harry, observant son comportement.

«Theodore, je suis content que tu es pu venir!» s'exclama Draco en le serrant dans ses bras.

Après réflexion, il se dit que ça n'avait pas été malin de lui sauté dans les bras avant de le serrer dans ses bras. Il faisait définitivement trop confiance à Harry pour son propre bien. A son plus grands soulagements, Theodore lui rendit bien son étreinte.

«Tu n'es pas drôle Draco, je voulais te faire une surprise et toi, tu me reconnais à peine j'arrive.

- En fait c'est lui qui t'a reconnu. » s'excusa Draco en désignant Harry d'un geste du pouce vers l'arrière.

«Qui exactement?» fit Theodore, un peu perdu.

Draco fut surpris de ne plus voir Harry derrière lui, il avait complètement disparu du paysage. Il haussa des épaules, les bizarreries de Potter n'étaient pas son problème.

«Il a du se faire alpaguer en venant ici, j'imagine.» balaya-t-il rapidement.«Est-ce que les autres savent que tu es ici?

- Juste Blaise, je lui ai demandé de me trouver une invitation pour venir mais tu l'as fait en premier.

- Parfais, allons les voir!» s'exclama Draco en claquant des mains.

«Ne t'embête pas, j'irai voir les autres dans la semaine. Ce soir, je suis venu te dire bonjour, c'est tout.De toute façon, je ne comptais pas rester trop longtemps, j'étais juste venu te dire bonjour. Tu sais, avec le décalage horaire je suis plutôt claqué.

- Reste au moins jusqu'au dessert, je peux l'avancer pour dans une demi-heure. Il y aura une surprise juste avant.»

Theodore jeta un coup d'œil à sa montre, il était déjà vingt-deux heures passées et il était vraiment épuisé. Mais Draco semblait vraiment vouloir le retenir et il devait aussi avouer que son ami lui avait manqué. Il n'était pas pressé au point de lui refuser cette faveur.

«Très bien, je reste encore un peu.

- Parfait, je suis vraiment content que tu sois là en tout cas!

- Au fait, comment tu as su que je rentrais? Blaise était censé être le seul au courant.» se renfrogna Theodore en repensant à sa surprise gâchée.

Draco hésita. Vu le comportement de Harry pour l'instant, il n'avait pas l'air de vouloir que Theodore sache qu'il le cherchait. Mais d'un autre côté, il se sentait mal de mentir à son ami.

«Un ami m'en a parlé au fil d'une conversation. En fait je n'y croyais pas vraiment, puisque tu ne m'avais rien dit. Mais je me suis dit que dans le doute, j'allais quand même te parler de cette soirée. On dirait que finalement, il n'est pas si inutile que ça.

- C'est vraiment comme ça que tu me vois, ça me blesse Draco. » susurra d'une voix taquine Harry à son oreille.

Draco sursauta, ne l'ayant pas entendu approché. Harry avait toujours eu une démarche discrète mais depuis qu'il était Auror, il était presque impossible de l'entendre se déplacer. Dans ces moment-là, Draco avait l'impression de revenir à l'époque de Poudlard quand Snape se faufilait dans le dos de ses élèves pour leur faire peur. Il détestait quand son parrain faisait ça et ça n'avait pas changé.

«Crétin tu m'as fait peur.»

Harry le toisa de son regard moqueur, sous-entendant clairement que c'était le but de la manœuvre.

«Je crois qu'il y a un souci en cuisine, quelque chose en rapport avec l'avancé du dessert. On t'appelle.

- Comment tu fais pour toujours être au courant de tout?» râla Draco, se doutant parfaitement que Harry devait espionner leur conversation depuis le début et qu'il se servait de cette excuse pour se débarrasser de lui.

«Qui sait?» haussa des épaules Harry, narquois. «Laisse-moi prendre soin de ton invité en attendant ton retour.»

«Il a vraiment tout prévu, cet enfoiré.» songea Draco.«Parfois j'ai l'impression que de nous deux, c'est lui le serpentard.» Pourtant, il n'allait pas le laisser tirer les ficelles aussi facilement. Draco pouvait bien au moins essayé de lui mettre des bâtons dans les roues.

«A toi de voir Theo.Sinon, tu peux m'accompagner ou on peut trouver Blaise.»

Theodore observa les deux hommes se toiser du regard, visiblement ils avaient une conversation silencieuse et cet inconnu ne semblait pas aimer voir Draco interférer dans ses plans. Il avait l'air dangereux, il le dépassait d'une demi-tête et sa carrure était impressionnante, ses muscles roulants sous sa chemise forêt. Visiblement, il avait chaud et son veston devait se trouver sur un porte-manteaux quelconque. Malgré ça, Theodore était intrigué, cet homme lui disait quelque chose, mais il n'arrivait pas à s'en souvenir. Il n'aimait pas les mystères et résoudre celui-ci semblait intéressant.

«C'est bon Draco, je ne suis plus un enfant, je peux me débrouiller.» trancha-t-il finalement.

Il ne manqua pas le discret sourire vainqueur de l'inconnu et la mine renfrognée de son meilleur ami. Pourtant Draco ne rouspéta pas, s'éclipsant déjà dans la foule. Théodore songea que cet homme ne devait pas être si dangereux que ça si le blond abandonnait si rapidement. Il ne le mettrait jamais dans une situation délicate de son plein gré. Ses épaules se détendirent légèrement, se laissant guider par le bras qui le dirigeait vers un des buffets. La main glissa de son épaule jusqu'au creux de son dos, laissant une empreinte brûlante à travers le tissu de sa robe.

L'homme lui offrit une coupe de champagne, Theodore se sentit rougir sous son regard qui détaillait chacun de ses mouvements, jusqu'à fixer sa paume d'Adam roulant sous sa peau alors qu'il buvait une gorgée. Il était heureux que son masque cache ses joues, il n'aimait pas se montrer aussi vulnérable.

«Je constate que tu es toujours aussi prude.» sourit, l'inconnu, détachant enfin sa prise de sa taille.

Theodore réajusta son masque sur son visage, essayant vainement de masque ses rougeurs. Pourtant, il ne pensait pas qu'elles puissent visibles.

«Ce sont tes oreilles qui te trahissent, Theodore.» s'amusa l'homme.

«Est-ce qu'on se connait?

- Il semblerait, en effet.»

Theodore baissa la tête, réfléchissant à toute allure, son index tapotant contre son verre. C'était la honte, apparemment l'autre homme savait exactement qui il était. Ils étaient même assez proches pour qu'il sache quand est-ce qu'il avait prévu de rentrer des Etats-Unis. Et puis, il y avait cette phrase que Draco lui avait dit. Ce n'était pas son ami qui l'avait reconnu, c'était quelqu'un d'autre. Theodore était presque certain qu'il s'agissait de cet homme, ça semblerait logique. Mais comment était-ce possibleque lui-même ne le reconnaisse pas du tout?

«Comment m'avez-vous reconnu quand je suis arrivée?

- Tes mains.

- Mes mains? » fit peu convaincu Theodore, fixant ses paumes. «Qu'est-ce qu'elles ont de spéciales?

- Je ne peux pas te donner tous les indices d'un coup, tu ne penses pas?Ce ne serait plus amusant.»

En tout cas, cet homme savait terriblement bien attisé la curiosité d'un Serpentard. Certainement en était-il lui-même un, vu la couleur de sa chemise. De plus, il s'agissait d'une réunion d'ancien élève, donc ils devaient certainement se connaître de Poudlard, hormis si cet homme était le plus un de quelqu'un. Mais dans tous les cas, ça remontait à plus de dix ans, Theodore avait une mauvaise mémoire des noms et son manque de sociabilisation à l'époque n'aidait pas. En toute honnêteté, hormis son cercle proche d'amis il n'était même pas certain de pouvoir nommer tous les anciens élèves de sa propre année.

Si on n'éliminait les filles, il ne restait que Goyle, Blaise et Draco et cet homme n'était définitivement pas l'un d'eux. Mais vu le monde présent, il semblait y avoir des personnes d'autres promotions également. Nott tenta d'énumérer les noms, mais ce n'était pas évident, il était persuadé d'en oublier pas mal: «Flint, Higgs, Bole, Montague…» Visiblement, ce n'était pas comme ça qu'il allait y arriver. D'autant plus que Theodore n'était pas vraiment proche de ces personnes. Pour la plupart, c'était plutôt des amis de Draco que les siens.

«Est-ce que vous portez un glamour?

- A ton avis?»

L'inconnu pencha la tête sur le côté, intrigué par sa réponse. Il n'avait pas imaginé que Nott aurait tant de mal à le reconnaître. Certes, ils n'avaient jamais été amis, mais quand même! S'en serait presque vexant s'il n'était pas aussi excité par ce petit jeu.

«Je ne pense pas. Vous avez l'air d'avoir hâte que je découvre qui vous êtes, un glamour ne ferait que retarder l'échéance.

- Il semblerait que même si tu ne me connais pas, tu me cernes plutôt bien.»

Theodore remarqua soudainement que cette personne le tutoyait. Etait-il réellement aussi proche ou est-ce que ça l'amusait seulement de lui parler de façon informelle?

«Vous n'allez vraiment pas me donner d'autres indices?» soupira-t-il, frustrer de ne pas réussir à résoudre ce mystère.

«Qu'es-tu prêt à me donner en échange?»

Il n'y avait plus aucun doute, cet homme le draguait. Theodore sentit les poils sur son bras se dresser alors que l'homme parcourait le dos de sa main de la pulpe de ses doigts, glissant doucement à l'intérieur sa manche. La caresse cessa aussi rapidement qu'elle avait commencé, pourtant sa main revint ensuite se poser sur sa hanche. Il ne cachait même pas ses intentions, il était vraiment culoté.

«Une danse?» fit Theodore, hésitant.

«Ce serait un honneur.» sourit l'inconnu, lui offrant sa main.

Bien que ce fut son idée, Theodore hésita un instant. Il supposa que de toute façon, il n'avait rien à perdre. Cet homme était attirant, il était bien bâti et certainement qu'avec sa confiance, son visage aussi devait être beau. De plus, il pourrait toujours poursuivre la discussion sur la piste de danse. Il n'y avait que des bénéfices. Il déposa sa paume dans la main offerte. L'homme déposa ses lèvres sur la commissure de ses phalanges et sans lui laisser le temps de protester, il le tira à sa suite.

L'homme les guida jusqu'au bord de la piste, dans un coin où il y avait un peu moins de monde, près des fenêtres. Il posa sans hésitation sa main sur sa hanche l'incitant à lui-même prendre prise sur son épaule. Theodore tenta bien de garder une petite distance de sécurité, mais c'était peine perdue. Il abandonna l'idée à sa troisième tentative échouée, il pouvait bien céder ce point au bel inconnu. De plus ce n'était pas si mal de sentir sa musculature contre lui.

Ils allaient à un rythme un peu plus lent que les couples autour d'eux, mais ça ne dérangea pas Theodore. Comme il l'avait dit à Draco plus tôt, il était réellement fatigué. Il avait passé la moitié de la nuit à emballer des affaires de dernières minutes et s'y étant pris à la dernière minute, il avait également dû se lever très tôt pour finir toutes ses tâches. Une danse énergique ne lui conviendrait pas aujourd'hui. Bientôt, Theodore se détendit suffisamment pour aller jusqu'à poser sa joue contre l'épaule de l'homme, se laissant guider à sa guise.

« Alors, quel est mon prix?» murmura-t-il alors qu'un silence se créait entre deux morceaux, pourtant l'inconnu ne cessa pas de danser.

«Je t'accorde trois questions. Evidemment, je me réserve le droit de ne pas y répondre, tu pourras alors m'en poser une autre.

«Trois questions. Vous êtes donc un radin.» bougonna Theodore.

Il fut surpris par le rire franc de l'homme. Ce rire, il était presque certain de le connaître. C'était un beau rire, sincère et libéré. Theodore commençait à douter d'avoir à faire à un Serpentard. Hormis Blaise qui se fichait des convenances, il ne connaissait aucun Sang-Pur qui se lâcherait ainsi en public.

«Quelle est votre couleur préférée?

- Ça dépend du contexte.» Theodore fut surpris qu'il réfléchir aussi profondément à la question. «Je dirais le brun, du moins pour les vêtements ou pour de la déco. Mais si c'est pour m'acheter un bouquet, je dirais le violet.» murmura-t-il au creux de son oreille.

Theodore ignora le geste, réfléchissant déjà à toute allure. Il avait espéré une réponse un peu plus précise. Généralement, la couleur de la maison devenait la couleur favorite d'une personne. Lui-même ne faisait pas exception, il ne jurait que par le vert. C'était la raison pour laquelle cet homme lui avait tapé dans l'œil. Theodore avait naturellement tendance à chercher les objets verts dans une pièce ou dans ce cas, les personnes vêtues de cette couleur. C'était plutôt superficielle, mais il n'arrivait pas à se débarrasser de cette manie.

«Et la mienne?

- Est-ce vraiment ta deuxième question?»

Theodore se mordit la lèvre, il n'avait pas réfléchi. Devait-il la retirer? Mais d'un autre côté, il voulait savoir si cet homme avait volontairement revêtu cette couleur ou si ce n'était qu'un hasard.

«Disons plutôt que ma question est: comment avez-vous découvert qu'elle est ma couleur préférée?

- Tu ne portais que ça les week-ends à Poudlard. Et j'ai demandé confirmation à Draco.

- J'ai l'impression que tu m'observais beaucoup, mais qu'on ne se connaissait pas vraiment.» songea à voix haute Theodore.

Il se fustigea pour cella en sentant le corps de son partenaire se raidir soudainement. C'était indélicat de sa part de faire une telle remarque. Il ignorait tout de la personne face à lui. Etait-il blessé parce qu'au contraire, ils étaient vraiment proches? Ou alors n'étaient-ils réellement pas amis? Theodore ne savait plus ce qu'il avait le droit de dire ou non. Peut-être que finalement, ce jeu n'était pas aussi amusant qu'il n'en avait l'air de prime abord. Il ne voulait pas se montrer méchant par erreur.

«Theodore… Theodore.

- Hm?

- Tout va bien. J'étais juste surpris.»

Nott releva la tête, remarquant enfin qu'il s'était figé au milieu de la piste, la tête basse et les mains tremblantes. Lentement, l'homme le poussa à reprendre la danse, un pas après l'autre.

«Tu as raison, c'était un amour à sens unique. A l'époque, je ne comprenais pas pourquoi tu voulais tant m'évitez, alors que je te plaisais aussi. Ou au moins physiquement je pense. Mais aujourd'hui, je sais que rien n'aurait pu n'être de notre relation à l'époque, je n'étais pas assez mature. C'est pourquoi je veux retenter ma chance aujourd'hui, je sens que désormais, nous sommes tous les deux prêts.»

Theodore savait que les cartes étaient entre ses mains. Tant qu'il ne découvrait pas l'identité de cet homme, leur relation ne pourrait pas avancer. Il devait faire accélérer les choses, il devait juste trouver la bonne question à poser. Ce serait sa dernière.

«Mes très chers amis, je vous invite à rejoindre le jardin qui se trouve juste derrière moi. J'ai prévu une petite activité pour fêter le passage à la trentaine de la plupart d'entre nous. Nous passerons ensuite aux desserts. J'espère que ça vous plaira!» annonça Draco grâce à un Sonorus.

La foule se dirigea petit à petit vers la baie vitrée qui s'ouvrit grâce à quelques gestes de la baguette de Draco. Theodore sursauta quand une veste chaude se posa sur ses épaules. L'inconnu l'aida à lui enfiler les manches et plus que de danser serrer contre son torse ferme, c'était ce genre d'action qui le faisait rougir jusqu'à la pointe de ses cheveux.

«Tu risques d'avoir froid, la météo n'est pas la même qu'en Floride.» s'expliqua l'inconnu, attrapant déjà sa main pour le guider dans un coin de jardin.

«Et vous?

- Ne t'inquiètes pas, je n'ai pas souvent froid. Et puis, j'ai une baguette si jamais.» il lui fit un clin d'œil complice et l'enjoignit à continuer d'avancer.

Theodore ne rouspéta pas, se demandant tout de même pourquoi ils s'éloignaient tellement des autres. Il ne devrait pas suivre un étranger ainsi, c'était dangereux. Mais il avait confiance en ses qualités de duelliste et surtout, il était persuadé que Draco gardait un œil sur lui depuis tout ce temps. Il ne craignait aucun danger ici. Theodore eut les réponses lorsqu'ils arrivèrent devant un petit lac. Il n'avait encore jamais visité les jardins de la nouvelle maison de Draco, il ne venait que rarement en Angleterre et ce genre de balade semblait futile dans ces instants.

Il sursauta lorsqu'un bruit de pétard résonna. En levant les yeux au ciel, Théodore découvrit un magnifique feu d'artifice illuminant le ciel étoilé de cette nuit de juin. Les petites étincelles multicolores se reflétaient sur la surface lisse de l'eau tel un miroir. C'était tout bonnement magnifique. Trop perdu dans l'admiration du spectacle, Theodore ne sentit pas l'homme se blottir contre son dos, l'entourant de ses bras.

«Tu aimes?» lui chuchota-t-il à l'oreille, autrement Nott n'aurait pas réussi à l'entendre.

«C'est magnifique!» cria-t-il, sa voix se perdant entre deux explosions.

«C'est bien si ça te plaît.»

Theodore ne parvint pas réellement à l'entendre tant sa voix était basse. Mais il se doutait plus ou moins de sa réponse et le baiser qu'il posa sur son front ne fit que confirmer son hypothèse. Petit à petit, il se demandait si cet homme était vraiment sérieux à son propos. Il avait perdu ses airs dragueurs du début de soirée, laissant place à une tendresse qui ne s'installait habituellement qu'après plusieurs rendez-vous. Theodore avait presque l'impression que son côté rentre-dedans n'avaient été que présents pour attirer son attention. Il ne savait plus, c'était tellement étrange comme situation.

«A quoi tu penses?»

Theodore cligna des yeux, remarquant enfin que le feu d'artifice avait pris fin. Il tourna légèrement la tête, tombant nez à nez avec le regard émeraude de son inconnu. Ces iris, il ne connaissait qu'une seule personne qui en possédaient des semblables, Harry Potter. Mais c'était impossible, Potter était petit, la dernière fois qu'il l'avait vu il le dépassait d'une tête. Et puis, il était le Golden Boy, que ferait-il à traîner avec Draco ou lui plutôt que d'aller voir ses amis. Ça ne ferait aucun sens. Cette idée était si stupide qu'il ne tarda pas à l'effacer de son esprit.

«J'ai envie de t'embrasser.»

Le regard de Theodore voyagea le long du masque en porcelaine jusqu'à tomber sur les lèvres humides de l'homme. C'était certainement bizarre comme compliment, mais il avait une belle bouche. Se faire embrasser par de telles lèvres ne devraient pas être désagréable, bien au contraire. Alors doucement, il se tourna dans l'étreinte jusqu'à lui faire face. Ses doigts agrippèrent ses hanches et lentement, Théodore posa ses lèvres sur les siennes.

Ce n'était qu'une simple pression, mais il sentait déjà les papillons dans son ventre bourdonner. Il avait vu juste, cette bouche était incroyable à embrasser. Il recula de quelques centimètres, observant l'expression béate de l'inconnu. C'était difficile à voir avec son masque, mais ses yeux ne mentaient pas. Theodore ne pouvait plus se permettre de laisser planer le doute sur son identité. Il voulait être certain que ce n'était pas un plan foireux. Il refusait d'aller plus loin dans la relation avec un parfait inconnu, ça le dérangeait trop. Non pas qu'il est un problème avec le coup d'un soir, mais Theodore savait aussi que cet homme ne recherchait pas cela. Et s'il était question de sentiments, alors faire face à un inconnu ne serait plus possible par la suite.

«Ma troisième question, je sais ce que je veux.

- Dis-moi?

- Est-ce que je peux dormir chez toi ce soir?»

L'homme écarquilla les yeux, visiblement Theodore avait réussir à le prendre de cours.

«Tu es sûr de toi? Je ne veux pas que tu te forces. Je préfèrerai attendre que tu décou…» L'homme se coupa dans sa phrase, pour éclater de rire. «Bien sûr, nous pouvons aller chez moi.»

Theodore était un peu perdu, son brusque changement de comportement le surprenant un peu. Pourtant il ne pipa mot. C'était sa chance ou jamais. Là-bas, il devrait bien y avoir au moins une photo ou un papier avec écrit le nom de l'homme. Ce serait sa meilleure occasion.

«Tu veux peut-être saluer Draco avant de partir?

- Oui, tu as raison. Sinon il risque de s'inquiéter pour rien.» approuva Theodore.

Ils retrouvèrent rapidement le blond, il était entouré comme à son habitude d'une petite cour de fille qui buvait ses paroles comme s'il était Merlin lui-même. Il ne changerait jamais, décidemment. Draco aimait bien trop l'attention pour son propre bien. Harry patienta un peu en retrait près de la sortie du jardin que Theodore fasse ses adieux. Cinq minutes plus tard, ils les faisaient transplaner devant sa maison. Ce n'était rien d'aussi extravagant que le manoir Malefoy, bien que Harry en ait les moyens. C'était un simple chalet en bois sur deux étages, un porche suffisamment pour accueillir une table et quelques géraniums accrochés aux fenêtres.

«C'est étrange, ça ne te ressemble pas.

- Vraiment? Et qu'est-ce qui me ressemblerait?» ronronna Harry à son oreille, le tirant vers l'entrée.

«Je ne sais pas, mais tu as l'air riche. Je pensais atterrir dans un manoir comme celui de Draco.

- Tu aurais préféré? Je peux en acheter un si c'est ce que tu désires.»

Theodore hoqueta de surprise, ce type était fou. Il n'avait pas vu faux, il devait vraiment être pleins aux as s'il pouvait proposer ça aussi facilement.

«Non, je crois que je préfère un chalet.» s'empressa de démentir Theodore, il ne voulait pas mettre de bêtise dans le crâne de cet étrange individu. «Tu n'allumes pas les lumières?» demanda-t-il en tâtonnant devant lui alors que Harry le poussait vers l'avant.

«Non. Ce soir, nous n'allumerons aucune chandelle. Du moins pas avant d'être dans ma chambre.Attention, il y a des escaliers.»

Theodore trébucha sur la première marche, mais l'homme le maintint facilement debout. Punaise, il avait foiré son coup. Sa seule solution était donc de se réveiller le lendemain matin avant cet homme ou alors rester éveillé en attendant qu'il ne se réveille. Si ça continuait comme ça, il allait vendre son cul pour rien du tout!

« Je vais te prêter des vêtements pour dormir.

- Ah… merci, c'est gentil.»

Harry agita sa baguette et quelques petites chandelles se mirent à briller au plafond. Ça ressemblait plus à une veilleuse qu'à une véritable lampe, mais au moins ils n'étaient plus dans le noir complet. Theodore zieuta autour de lui, la décoration n'avait rien de très complexe. Un lit à baldaquin, une armoire en chêne, une commode où reposait deux cactus, une table de nuit. N'empêche que cette chambre restait étrange, il n'y avait absolument rien de personnel à l'intérieur. Hormis les plantes, c'était presque comme si personne ne vivait ici.

Theodore s'avança un peu plus dans la pièce, se mettant à l'aise. Il pouvait sentir le regard de l'homme sur lui, mais ce n'était pas de la surveillance, juste de l'intérêt. Il nota que des traces plus claires tâchaient les meubles et les murs. Ce paranoïaque avait-il réellement enlevé tous les cadres de la pièce? Même sans le connaître, Theodore doutait de ça, l'inconnu avait sincèrement semblé surpris lorsqu'il lui avait proposé d'aller chez lui. Mais ça restait étrange… Peut-être avait-il demandé à quelqu'un de faire le tri pour lui. Oui, maintenant que Theodore y faisait attention, l'homme en avait profité pour s'éclipser pendant qu'il disait au revoir à Draco. S'il était réellement aussi riche qu'il le disait, alors il devait au moins avoir un elfe de maison. Cette théorie semblait probable. Décidément, Theodore se faisait honte, il n'avait plus rien d'un Serpentard rusé. Ces années aux Etats-Unis l'avaient ramolli.

«Tiens.» le sortit de ses pensées l'homme.

Sans même que Theodore ne s'en soit rendu compte, il s'était changé derrière lui et lui tendait désormais ses propres vêtements. Il fut surpris par la bienveillance de l'homme qui sortit de la pièce pour lui laisser un peu d'intimité. Il n'avait pas pris la pièce par laquelle ils étaient entrés, certainement la salle de bain. Une fois près, Theodore y toqua, attendant que l'homme ouvre de lui-même. Ce serait gênant d'ouvrir si en réalité il s'agissait de toilettes.

Heureusement ce ne fut pas le cas, l'homme lui ouvrant rapidement la porte, une brosse à dent à la bouche. De son autre main, il lui en tendit une seconde ainsi qu'un tube de dentifrice. Theodore était un peu perdu. C'était la première fois qu'il rencontrait quelqu'un qui avait une telle hygiène avant de coucher ensemble. Ce n'était pas romantique et encore moins passionnel. On croirait presque suivre la routine d'un couple marié depuis vingt ans, d'autant plus qu'il n'avait toujours pas pris de douche! Ce n'était pas qu'il puait la sueur, mais tout de même, pourquoi faire une fixette sur les dents et pas sur le reste du corps que Theodore trouvait pourtant bien plus important.

Avant même qu'il ne s'en rende compte il se retrouva dans le lit de l'homme, le dos pressé contre son torse et une paire de bras enroulé autour de lui. Mais bon sang, c'était quoi ce bordel! Après l'avoir chauffé toute la soirée, c'était vraiment tout ce qu'ils allaient faire? Juste dormir? C'était si frustrant.

«Dites?

- Tu préférais dormir de l'autre côté?

- Non, non, ce n'est pas ça.» Theodore remonta un peu plus la couette par-dessus son visage, terriblement honteux. «On ne va vraiment rien faire?

- Comment ça?

- Vous voyez très bien ce que je veux dire.» fit Theodore sur un ton un peu plus incisif, la gêne à son paroxysme.

«Tu es venu pour espionner non? Je ne vais pas te forcer à faire quoi que ce soit.»

Theodore se retourna difficilement, ce type avait vraiment un sacré grip. Il remarqua seulement à ce moment que l'homme avait toujours son masque. Décidément, il tenait vraiment à ce que Theodore découvre par lui-même son identité. Doucement, il glissa sa main sous son t-shirt brun, il n'avait pas menti en disant que c'était sa couleur favorite. Comme il s'en était douté, sa poitrine était ferme, de même pour ses abdominaux.

«Vous ne me forcez pas, j'en ai aussi envie.

- Comment veux-tu que je me retienne quand tu dis des choses aussi indécentes. »

Harry n'en pouvait plus, il était à bout. Theodore Nott était allongé dans son lit, en train de lui tripoter le torse et en plus, il voulait le faire avec lui. Certes, ce n'était pas réellement avec lui que Theodore pensait le faire, mais il s'en moquait bien. Il se redressa soudainement, faisant s'asseoir son amant sur ses cuisses. Il ne tarda pas à lui retirer son t-shirt, il était tellement excité. Harry ne pouvait plus attendre, touchant, léchant et suçotant chaque parcelle de peau à sa portée.

«Attends, attends.» le repoussa précipitamment Theodore.

Harry se figea, en avait-il trop fait? L'avait-il effrayé? Il n'en avait pas eu l'impression, mais c'était aussi la première fois qu'il était aussi excité. Il avait l'impression de perdre la tête. Pourtant Theodore ne semblait pas être dans un meilleur état que lui, le souffle haletant, le corps tremblant d'anticipation et il sentait déjà son sexe durcir contre son estomac.

«Qui a-t-il mon ange, tu veux arrêter?

- Non, c'est juste que je n'ai pas pris de douche.» haleta Theodore, ignorant le surnom que venait de lui donner l'homme.

«Ce n'est pas grave, de toute façon on va se salir.»

«Punaise, ce type est un vrai pervers.» songea Theodore.

Mais Harry ne lui laissa pas le temps de réfléchir à ce point plus longtemps, reprenant son exploration. Il aima sentir Theodore se raidir entre ses bras lorsqu'il prit l'un de ses tétons en bouche.

«On dirait que tu es sensible ici.» s'amusa Harry, s'attaquant déjà au second.«J'aime ça.Et ici? Tu aimes ça?

- Non!» s'écria Theodore, se reculant vivement. «C'est sale.

- Je t'ai déjà dit que ce n'était pas sale.» susurra Harry à son oreille, mordillant son cartilage. «Mais je ne toucherai plus à tes aisselles si tu n'aimes pas.»

Un soupir de plaisir échappa à Theodore alors que Harry reprenait son activité sur sa poitrine. Punaise, il était vraiment doué pour ça.

«Tu t'épiles aussi là-en bas?

- Bon sang vous pouvez arrêter de dire des trucs pareils!» gémit Theodore, enfouissant son visage carmin dans son cou.«Et non, je ne le fais pas.

- Je peux voir?

- Faites donc ce que vous voulez!» craqua Nott, à bout de nerf. Bon sang, ce sorcier était vraiment trop sans gêne pour son propre bien.

«Vraiment? Tout ce que je veux? Alors, je peux te sucer?

- On doit d'abord prendre une douche.»

Harry soupira. Mais puisqu'il disait que ça ne le dérangeait pas, il ne voyait pas où était le problème. Pourtant, il voulait mettre Theodore le plus à l'aise possible, il ne voulait lui faire ressentir que du plaisir. Le mettre mal à l'aise était donc hors de question.

«Très bien, laisse-moi te faire jouir une fois, nous ne pourrons pas prendre de douche si tu es dans cet état.»

Theodore ne protesta, visiblement il en avait aussi envie que lui. Harry s'empressa de glisser sa main dans son pantalon, le faisant glisser sur ses hanches, son boxer suivant rapidement le même chemin. Harry se mordilla la lèvre d'envie, punaise, la vue était divine. Theodore était telle un pantin entre ses mains, se courbant selon ses désirs, haletant de plaisir et couinant des gémissements plus érotiques les uns que les autres à ses oreilles. Il voulait le faire sien, mais ce n'était pas encore le bon moment. Harry devait se contrôler, il le devait.

«Ah… ah… Je vais, je vais…»

- C'est bien, tu peux le faire. Lâche-toi, Theodore.»

Et punaise, cette voix grave au creux de sa nuque, Theodore allait en devenir addicte, cet homme allait le rendre de dingue.

«Oui! oui! Encore…»

Harry observa avec satisfaction son amant se tordre de plaisir sur lui, c'était si plaisant à voir. Il était cambré à l'extrême, les orteils recroquevillés par le plaisir alors qu'un long gémissement lui échappait. Il était si beau, Theodore était parfait. Harry avait craint qu'après tout ce temps, il ne ressentirait plus rien. Mais bien au contraire, si auparavant, il l'intéressait, désormais Harry l'adorait. Il voulait le faire sien, il voulait que personne d'autre ne puisse jamais le voir dans cet état. Il était si jaloux de ses exs, c'était une honte qu'il ne soit pas le premier à assister à un tel spectacle.

«Viens, allons à la douche.» lui susurra-t-il, le portant déjà vers la salle de bain.

Theodore se laissa faire, mou comme une poupée de chiffon entre ses bras. Il n'avait jamais vécu un tel orgasme et il devait avoué que ça faisait du bien de se faire bichonner un peu. Habituellement, c'était plutôt lui qui prenait soin de ses partenaires. Harry hésita entre la baignoire et la douche, mais finit par choisir la seconde option. Il prendrait un bain plus tard, lorsqu'ils seraient un peu moins pressés.

Harry étala le gel douche sur leurs corps, veillant à ne pas oublier la moindre zone vue à quel point Theodore tenait à être propre pour passer à la suite. Il attrapa ensuite son shampoing, massant tendrement le crâne de son amant, il insista quelque peu sur sa nuque, le déridant encore un peu plus.

«Ferme les yeux chéris, je ne veux pas que tu aies mal.

- Chéri?» souleva Theodore, obéissant pourtant à l'ordre.

«Tu n'aimes pas? Tu préfères un autre surnom.Amour? Mon ange? Lapin? Dis-moi ce que tu préfères?

- Theo.

- Tu n'as aucun romantisme, Theo. » rit Harry, parcourant de ses mains le corps de son amant. «Tu es de nouveau dur, on dirait.

- C'est parce que tu n'arrêtes pas de me toucher à des endroits bizarres?»

Harry l'embrassa, frôlant encore et encore son périnée, ses fesses, son pubis, ses testicules, mais jamais il ne dérivait sur le sexe en érection.

«Qu'est-ce que tu fais?» se pleignit Theodore, ses ongles s'enfonçant dans les omoplates de son partenaire par frustration.

«Je t'ai déjà dis ce que je voulais faire. Et toi, que veux-tu? Dis-le-moi, Theo?»

Harry taquina le bout de sa verge, jouant avec son gland. Theodore rejeta la tête en arrière. Il manqua de peu la rencontre avec le mur, Harry protégeant son crâne de sa main libre.

«C'est trop gênant.

- Dis-moi ce que tu aimes. Je ne pourrai pas te faire de bien si tu ne me le dis pas. Theo.

- Finalement, ne m'appelez pas par mon prénom.

- Vraiment? Pourquoi? Tu n'aimes pas?

- C'est…» Theodore se mordit la lèvre, gêné au possible. «C'est beaucoup trop sexy.» Et punaise, le sourire victorieux de Harry n'aidait pas du tout à le calmer. «Je veux que tu me suces.» Voilà, il l'avait dit. Theodore allait mourir de honte.

«A vos ordres, maître.

- C'est encore pire.» geignit Nott.

Pourtant, il ne trouva plus aucune raison de se plaindre lorsque sa verge fut entourée par la bouche chaude de son amant. Bon sang, même pour ça il était beaucoup trop doué. Est-ce que cet homme avait-il seulement un seul domaine qu'il ne maîtrisait pas. Theodore était déjà à bout. Il avait joui à peine dix minutes plus tôt et son sexe était toujours terriblement sensible. Et par Merlin, cette langue! Il n'arrêtait pas de le toucher de toute part, Theodore ne savait plus où donner de la tête. Il avait envie de jouir dans sa bouche, mais ça ne se faisait pas. Lui-même appréciait peu quand ses partenaires ne le prévenaient pas. Mais il avait dit qu'il pourrait faire ce qu'il désirait. Theodore ne savait plus.

«Est-ce … que je peux jouir… dans ta bouche?»

Vu le sourire de l'homme, oui, il le pouvait. Alors Theodore se lâcha, empoignant les cheveux rebelle pour s'enfoncer encore un peu plus dans l'antre chaude. C'était tellement bon et son amant ne s'en plaignait pas. Bien au contraire, il le rapprochait encore un peu plus en poussant sur ses fesses de ses grandes paumes calleuses.

«C'était divin.» soupira Theodore, à bout de souffle.

«Vraiment? Je suis content alors.» sourit l'homme.

Il se rinça rapidement la bouche, puis coupa l'eau. Theodore redescendait à peine de son petit nuage qu'il était déjà enroulé dans une serviette chaude et toute douce. Bon sang, c'est qu'il allait s'habituer à être bichonné comme ça. Theodore le tira à lui, l'embrassant pleinement. Il voulait lui faire comprendre à quel point il était reconnaissant de se montrer aussi attentionné et à l'écoute de tous ses désirs.

«Le masque, il est gênant, tu n'en as pas un autre?»

Harry hésita. En réalité, il se moquait un peu de le garder ou non, au stade où ils en étaient. Il ne pensait pas que Theodore s'enfouirait la queue entre les jambes en le reconnaissant. Certes, il avait toujours un peu d'appréhension, mais Theodore ne semblait juste pas être le type de personne à agir ainsi.

«J'ai oublié l'autre chez Draco. Tu veux que je l'enlève?

- Non!

- Tu sais, ma tête n'est pas si horrible que ça à voir.» se vexa Harry.

«Je n'en doute pas.» ricana-t-il. «C'est juste que je veux le découvrir par moi-même. Ça me frustrera si je ne le fais pas par moi-même.»

Harry eut un petit rire, les Serpentards étaient si fier de leurs cerveaux que ça en devenait puéril.

«Très bien, dans ce cas j'ai une autre idée. Viens par-là.»

Theodore se laissa guider jusqu'à la chambre. Harry farfouilla dans sa pile de vêtement qu'il avait posé sur la commode jusqu'à en tirer sa cravate. Theodore l'observa la contourner, un peu perdu. Il sursauta en sentant le tissu glisser sur ses yeux. «Plus je le connais et plus il devient un pervers

«Est-ce que ce n'est pas trop serré?

- Non, ça va.» rougit Theodore, peu habitué à ce genre de jeu.

«Je vais te guider jusqu'au lit.»

Avec tout autant de délicatesse dont il faisait preuve depuis le début de la soirée, Harry le fit s'allonger sur les draps, faisant glisser la serviette le long de son corps. Une main empoigna son menton, le guidant vers un baiser passionné qui cette fois-ci, ne fut par gêné par les bords rugueux du musque. C'était agréable, son inconnu embrassait tellement bien que Theodore en aurait presque des vertiges. Bon sang, il s'était dégotté un véritable as des parties de jambes en l'air.

«Monsieur…» hésita Theodore entre deux baisers, c'était vraiment bizarre de l'appeler ainsi.

«Et dire qu'on était enfin passé au tutoiement.»

Theodore hésita une seconde, il ne s'en était même pas rendu compte. Dans le feu de l'action, il avait arrêté de réfléchir.

«Je ne sais pas comment vous appelez autrement.

- Ce n'est pas grave, appelle-moi comme tu veux, Theodore. » ronronna Harry. «Que voulais-tu me dire?

- Ah et bien… en fait…

- Oui?

- C'est ma première fois par là.» chuchota Theodore si bas que Harry eut du mal à l'entendre.

Il n'en revenait pas, Theodore voulait réellement lui offrir ça? C'était incroyable. Leur alchimie était encore meilleure qu'il ne le pensait si son amant était près à s'offrir pour lui. Harry retira lentement le doigt qu'il venait d'insérer en lui.

«Ne t'en fais pas, je ne te ferai rien ce soir.

- Pourquoi? Tu n'en as pas envie?»

Harry s'amusa de la mine attristée de son amant. Il était de plus en plus adorable et sa retenue ne faisait que s'effriter petit à petit. Il caressa doucement sa joue, ignorant son sursaut puisque Theodore n'avait pas vu sa main arriver.

«Loin de là, ne t'en fais. Je te désire plus que tout.» Harry parsemait des petits baisers sur son corps, remontant de plus en plus haut jusqu'à lui bécoter les lèvres. «Mais je veux que tu puisses crier mon nom quand je m'enfoncerai en toi.»

Theodore haleta, bon sang, il était vraiment sans gêne. Dire des choses comme ça, ça ne se faisait vraiment pas. Cet homme n'était définitivement pas un noble ou sinon, il serait aussi rouge que lui à cet instant. Plus il parlait et plus Theodore avait hâte de découvrir son identité. Il voulait pouvoir le voir, l'embrasser et faire l'amour avec lui sans avoir à porter un masque ou un bandeau. C'était si frustrant et en même temps, il ne pouvait s'empêcher de frissonner à chaque fois que son partenaire frôlait son corps. Perdre un sens le rendait dix fois plus sensible au toucher et à l'ouïe, c'était incroyable.

«Je ferai attention, ne t'inquiète pas.» le rassura Harry.

Il était loin de détester l'idée de dépuceler son amant, mais se serait pour une autre fois. En attendant, il devait prendre toutes les précautions possibles pour ne surtout pas le rebuter de la pénétration et lui prouver qu'il était possible de prendre du plaisir par là. Enfin, Theodore n'avait pas l'air d'être un novice avec les hommes, donc il devait connaître les détails. C'était juste qu'il ne l'avait encore jamais ressenti lui-même.

Harry tendit la main vers sa table de nuit. Le tiroir s'ouvrit par lui-même et une bouteille de lubrifiant en sortit. Il l'attrapa agilement, s'en tartinant déjà une bonne couche sur les doigts.

«Harry?»

Il y eut un instant de flottement, seuls leurs respirations étaient encore perceptibles. Par précaution, Harry vérifia que sa cravate couvrait toujours les yeux de son amant et visiblement, c'était bien le cas. Il ne comprenait pas, comment est-ce que Theodore avait deviné? Il n'avait rien dit de spécial, ça n'avait aucun sens.

«Pardon?» décida-t-il de confirmer, juste pour être sûr qu'il n'avait pas halluciné.

«Oh merde, je suis tellement désolé. Ce n'est pas du tout ce que tu crois.» se défendit Theodore, se redressant complètement. Harry trouvait ça un peu amusant, il ne parlait pas du tout dans sa direction. «Je ne m'imagine pas avec un autre, ok? C'est juste que l'odeur de ta magie m'a rappelé celle d'un ancien camarade de classe, c'est tout. Le nom est sorti tout seul, je te promets.»

Harry eut un petit rire, alors comme ça, Theodore se souvenait de son odeur. Même dix ans après.

«De un, tu parles à un mur.» rit-il franchement. «Ensuite, j'ignorais que tu es magico sensible, tu es plein de merveilleuse surprise. Tu es fantastique.» Il l'embrassa, aimant sentir ses bras se resserrer autour de sa nuque. «Et troisièmement, tu peux m'appeler Harry si ça t'excite, je m'en moque, tant que tu prends du plaisir.

- T'es pas sérieux là, je ne suis pas horrible à ce point.» grimaça Theodore, le repoussant en poussant sur ses épaules. «Je ne vais certainement pas appeler mon mec actuel par le nom de mon premi…»

Theodore se figea, réalisant soudainement ce qu'il allait dire. La boulette. Il se sentit retourner face contre le lit. Il l'avait vraiment énervé c'était certain. Il avait été attentionné jusque-là, mais Theodore le comprendrait s'il perdait patience. C'était de sa faute, il avait tout fait foirer. Il était un boulet.

«Theodore, tout va bien. C'est juste que cette position sera meilleure pour toi.

- Je ne crois pas, c'est trop gênant.» geignit-il, enfouissant son visage dans un coussin alors que Harry lui tirait les fesses vers le haut.

«Je t'assure. On essaie et si tu n'aimes pas, on arrête. Ça te va?»

Theodore hocha la tête, ignorant si son amant pour le voir, mais il était trop gêné pour répondre à voix haute. Harry embrassa chaque parcelle de peau à sa porter, glissant des omoplates à la colonne vertébrale, passa par ses hanches et suçota le creux de ses reins, mordit une fesse et lécha à seconde. Theodore avait son odeur était c'était fichtrement divin. C'était comme s'ils étaient un vrai couple et partageait le même gel douche.

«Mais maintenant, je suis curieux.» le taquina Harry alors qu'il insérait le bout de son index lubrifier en lui. «Il était ton premier quoi, ce Harry?

- Tu veux vraiment en parler maintenant?» grogna Theodore qui tentait tant bien que mal de s'adapter à l'intrusion.

- Il faut te changer les idées, je trouve que c'est une très bonne idée. Je ne serai pas en colère, je veux juste apprendre à te connaître. Comme tu l'as dit, je suis ton mec actuelle, j'ai bien le droit de savoir.»

Theodore réfléchit à quand est-ce qu'il avait bien pu l'appeler ainsi, mais ça ne lui revenait pas. De toute façon, il n'était pas vraiment en état de réfléchir. Il était épuisé par ses orgasmes précédents et pourtant, il était toujours aussi excité. Theodore commençait à croire que des deux, c'étaient plutôt lui le pervers.

«Si tu me racontes, je te récompenserai.»

Vu comme ça, la proposition était tentante. Theodore craignait plutôt de le mettre en colère mais si au final être jaloux l'excitait, c'était gagnant pour les deux.

«C'était le premier garçon qui m'a embrassé. C'est comme ça que j'ai su que j'étais gay.

- Vraiment? Tu l'aimais?

- Je ne sais pas.» couina Theodore, une sensation étrange dans l'arrière-train. Il n'arrêtait pas de toucher un endroit bizarre. «Je le trouvais juste mignon.

- Mignon?»

Harry se figea une seconde, tirant une plainte à son amant. C'était vraiment comme ça qu'on le voyait à Poudlard, comme un gars mignon? Il n'avait pourtant pas eu l'impression de donner cette image. C'était presque vexant.

«Vraiment mignon? Pas sexy?

- C'est vraiment ça qui te dérange.» râla Theodore, Harry appuya un peu plus fort sur sa prostate, faisant taire efficacement. «C'est vrai, il était beau, il n'était pas mignon.»

Harry adorait ça, Theodore savait vraiment comment flatter son égo.

«Et moi? Je suis quoi?

- Un putain de dieu grec.» soupira de plaisir Theodore.

Il n'arriverait plus à tenir plus longtemps. Harry avait envie de le dévorer tout cru. De toute façon, il avait promis une récompense à son amant, il était tant de tenir sa promesse. Il le retourna légèrement afin de pouvoir atteindre son visage, l'embrassant jusqu'à n'en plus pouvoir. Theodore n'imaginait même pas à quel point ce compliment lui allait droit au cœur.

«Au fait, comment tu peux savoir que je ne suis pas ton Harry?Peut-être que c'est vraiment lui?

- Non, aucune chance, il est beaucoup plus petit que toi. Et puis, Harry Potter, dans mon lit? Aucune chance.» éclata de rire Theodore, pourtant il se calma bien vite face au ton sérieux de son amant.

«Pourquoi ne penses-tu pas le mériter? Tu mérites tellement mieux, Theodore. Tu mériterais un roi.» lui susurra-t-il à l'oreille. «Je suis honoré que tu t'abaisses à mon niveau ce soir, un simple dieu grec.»

Harry aimait le voir rougir, le bout de ses oreilles devant pivoine sous l'effet de ses paroles. C'était adorable. Il déposa un dernier baiser sur ses lèvres avant de se reconcentrer sur sa tâche. Il retira son doigt de l'anus de son amant, ignorant sa plainte et préféra plutôt embrasser la zone à pleine bouche. Sa langue coulissait le long de sa raie et enfin, le pénétra. Harry adorait son goût, il en avait tant rêvé et enfin, Theodore Nott était à sa merci. Pourtant les plaintes de Theodore se firent plus en plus bruyante, l'obligeant à s'arrêter.

« Ah non, encore… J'allais jouir, j'y étais presque.

- Mais c'est toi qui m'as dit d'arrêter.» fit Harry, un peu perdu et pourtant, il observait avec délice les fesses de Theodore se tortiller sous lui à la recherche du contact perdu.

«C'est juste que c'est tellement gênant.

- Il n'y a rien de gênant ou dégoûtant, Theodore, on se fait juste du bien. Si c'est trop dur pour toi, instaurons une règle.

- Laquelle?

- Tu auras beau me supplier de m'arrêter, je ne le ferai pas. Mais en revanche, si tu n'aimes vraiment pas ce que je fais ou que tu as mal, tu n'auras qu'à dire … feu d'artifice. Je saurai que c'est ta limite et on s'arrêtera là. Ça t'irait?

- Je crois que oui.»

Harry l'embrassa sur la joue, satisfait.

«Revenons-en à nos moutons, tu lui ferais quoi si ton Harry était là, avec nous?

- Sérieusement? Tu n'en as toujours pas finiavec ça? Puisque je te dis que c'est toi que je veux.»

Harry était à la fois au paradis et en enfer. Comment ça il n'en avait plus rien à faire de son Harry? Il aurait dû s'arrêter à sa première découverte et se contenter de savoir qu'à l'époque, Theodore le trouvait mignon. Mais là, il craignait réellement qu'il ne veuille réellement plus de lui. Non, c'était injuste de résonner ainsi. Theodore serait fou de dire à cet instant qu'il avait envie d'un homme du passé, ça ne ferait juste aucun sens.

«Si tu veux jouir, raconte-moi.

- ça t'excite vraiment, n'est-ce pas?» grogna Theodore, lui lançant un regard noir.

«Tu n'imagines pas à quel point.» sourit narquoisement Harry, le retournant sur le ventre en soulevant son bassin.

Il glissa ses genoux sur ses épaules, aimant sentir Theodore croiser les jambes dans son dos, l'enjoignant à reprendre son activité indécente. Theodore n'était plus que gémissement sous lui et pourtant, ils répondaient à chacune de ses requêtes, haletant avec mal ses réponses.

«Je ne sais pas… Je voudrai qu'il me suce… ah oui, comme ça…Juste comme ça…

- Et qui s'occuperai de ton derrière, s'il est occupé devant?

- Ah… vous, vous!

- Et comment est-ce que je le ferai? Tu préfères mes doigts? Ou ma langue? » fit Harry en mimant les gestes.

«Je ne peux pas… C'est trop gênant?

- Ce sera donc les doigts?

- Ah non, pas les doigts!»

Harry eut un rire rauque, presque démens. Theodore savait exactement comment faire pour lui faire perdre la tête.

«Je pense que vu comment tu aimes que je te lèche ici, Harry n'aurait pas besoin de s'occuper de devant, tu dégoulines déjà. Mais alors, que fera-t-il en attendant?

- A l'époque, je n'ai pas osé l'embrasser pour de vrai. On fera ça?»

Harry bouillonnait. Sérieusement? Theodore irait embrasser son amourette d'il y a dix ans et le laisserait simplement lui lécher le cul? Franchement, c'était un truc à dire au mec qu'il venait de mettre dans son lit? Enfin, il ne pouvait pas en vouloir à Theodore, c'est lui qui l'avait poussé à dire ces choses. Et pourtant, Harry sentait la magie bouillonner dans ses veines. Ce n'était pas bon, Theodore risquait de réellement la reconnaître s'il pouvait l'analyser plus longuement. Mais il n'y arrivait plus. Harry n'avait plus envie de le partager pas même avec son fantôme du passé.

«Ta magie! Aah… C'est trop!»

Harry grimaça en sentant les ongles de Theodore s'enfoncer dans ses poignées, mais il ne pipa mot. Il observa son amant s'arquer sur le matelas, les jambes tendues à l'extrême sur ses épaules et la tête tendu à l'extrême vers l'arrière. Un rire psychotique lui échappa. Juste pour vérifier, il rappela sa magie à lui et la concentra sur Theodore. Son orgasme semblait durer indéfiniment alors que plus aucun sperme ne pouvait lui échapper.

«C'est trop…» gémit-il d'une vois suraigüe. «Monsieur… ah… s'il vous plaît.»

Harry attrapa son sexe toujours excité, le masturbant vigoureusement. C'était la première fois qu'il assistait à un tel spectacle, il ignorait quel était la bonne marche à suivre. Pourtant Theodore n'avait toujours pas utilisé son safeword, c'est que la situation ne devait pas tant lui déplaire. Pourtant, ses ongles continuaient de creuser dans la peau de son avant-bras et les larmes dévalaient ses joues. Etait-ce du plaisir? Harry l'espérait.

«Pitié… c'est bizarre… ah… c'est trop bizarre!

- Theodore, tu te souviens du safeword.» voulut tout de même s'assurer Harry.

«Ouiii

- Je ne t'en voudrai pas de l'utiliser si c'est trop dur.»

Theodore ne semblait pas vraiment se concentrer sur sa voix, pourtant Harry était persuadé qu'il l'avait parfaitement entendu.

«Non… pas plus vite!»

Ça c'était bien le genre d'ordre qui embêtait Harry. Theodore avait tendance à dire de s'arrêter et pourtant, il ne le désirait pas, il n'utilisait pas le safe word. Mais là, c'est une vitesse à faire varier. C'était bien différent. Harry hésita une seconde et tenta d'accélérer juste un peu plus la tendance, juste pour voir sa réaction.

«Ah oui… c'est trop bon!» Visiblement Harry avait fait le bon choix.«Monsieur, c'est bizarre… c'est pas comme d'habitude… Mon pénis… C'est trop bizarre.

- C'est bon Theodore, tu peux te lâcher.» l'encouragea-t-il, cherchant ses lèvres dans un baiser autoritaire.

Et alors qu'il sentait que son amant était sur le point de venir, Harry eut une idée. Il cessa tout mouvement, ignorant les complaintes bruyantes de Theodore. A la place, il puisa au plus profond de ses ressources, relâchant toute la magie qu'il avait en sa possession et ne lui donnant qu'une seule directive «fais lui atteindre le Nirvana.»

L'ordre ne tarda pas à être exécuté. Harry se redressa pour admirer le spectacle. Il en avait entendu parlé, mais il avait toujours pensé que ce n'était qu'une légende urbaine. Theodore était fabuleux, il avait eu un orgasme sec et deux minutes après, il avait squirter, exactement comme une femme.

«Tu es incroyable.» lui chuchota-t-il à l'oreille, la voix emplie de fierté. «Tu n'imagines même pas à quel point je t'adore, tu es splendide.»

Harry ne se soucia pas du manque de réponse, laissant le temps à son amant de se remettre de ses émotions. En attendant, il le souleva pour le déposer dans le rockingchair molletonneux près de la fenêtre. Harry attrapa sa baguette sur la table de chevet, envoya la literie à la buanderie et sortie de nouveaux draps d'un placard. Dans le même temps, il fit couler l'eau du bain où il fit mousser beaucoup de savon. Theodore méritait de se faire bichonner un peu après tant d'émotions.

«Je crois que je ne peux plus marcher.»

Harry se tourna vers son amant qui portait toujours son bandeau sur les yeux et qui essayait d'avancer de quelques pas tel un gnou tremblotant à la naissance. Il ne put empêcher un petit rire de lui échapper, Theodore était vraiment adorable.

«C'est de ta faute, je te rappelle!» bougonna-t-il pour la forme.

«Je suis désolé amour» s'amusa Harry, le transportant déjà jusqu'à la baignoire.

Harry l'installa entre ses jambes, se moquant bien que l'eau déborde sur le carrelage en y entrant. Il déversa une huile relaxante dans le bain, espérant que ça aide à détendre les muscles tendus de son amant.

«Je vais t'enlever le bandeau, mais je n'ai pas mon masque à proximité.

- Je ne me retournerai pas.» promis Theodore.

Harry l'embrassa une dernière fois avant de tenir parole. Theodore cligna difficilement des yeux. Heureusement, son amant n'avait allumé que quelques bougies et la basse luminosité ne le blessa pas. C'était étrange de pouvoir tout voir à nouveau.

Xxxxxx

«Les mecs, j'ai fait la giga bourde.

- Comment ça?

- Vous vous souvenez ce gars à ton bal hier soir?

- Theo, je ne crois pas que ce soit le bon moment-là!» le coupa Blaise.

«Et ce serait quand le bon moment? Moi j'écoute bien tes histoires à deux balles avec ta femme.

- Quoi? Comment tu peux comparer…

- Theo, Blaise à raison.

- Tu ne vas pas t'y mettre non plus. La dernière fois, tu m'as appelé pendant plus d'une heure pour me raconter à quel point Luna était incroyable et une semaine après tu me dis que l'amour ça n'existe pas! Moi aussi j'ai besoin de déchargé.»

Les deux amis s'échangèrent un regard de connivence.

«Dans ce cas, fais-toi plaisir.

«Donc je disais, oui, il y avait ce gars. Ben comme un con, je lui ai proposé d'aller chez lui et là je ne vous fais pas un dessin. Un Apollon le gars, je n'ai jamais vu ça. Même vous deux, vous faites tâches à côté.

- Merci pour le compliment.» râla Draco, Theodore préféra l'ignorer.

«Et au lit, par Merlin c'était la meilleure nuit de ma vie, alors qu'on n'a même pas couché ensemble. C'était juste des préliminaires et sa magie, je n'en ai jamais vu une comme ça.

- Et donc, elle est où la gaffe?

- C'est qu'il était tellement bon que j'ai joui cinq fois et la dernière, ben je… je me suis lâché. C'est tellement la honte, je pourrai jamais le revoir. Je fais comment pour lui faire face, moi?

- Tu t'es lâché?

- J'ai pissé, Draco. Tu pourrais faire un effort pour me suivre quand même.

- Et il en a dit quoi lui?

- Ce psychopathe a éclaté de rire et arrêtait pas de dire que j'étais fantastique. Mais bordel, j'ai pissé dans son lit et sur lui en plus. Et tout ça, juste à cause de sa magie. Il ne m'a même pas touché quand je l'ai fait. La honte totale, il doit me prendre pour un détraqué. C'est sûr qu'il m'en veut, il en faisait trop.» geignit Theodore, le visage plongé dans ses mains. Ses rougeurs étaient clairement visibles malgré les teintes verdâtres de l'appel par cheminette.

Puis, un petit rire se fit entendre. Theodore l'avait suffisamment entendu la veille pour le reconnaître. Il releva si rapidement la tête que le craquement de sa nuque fut parfaitement audible, même de l'autre côté de l'appel. Là, juste derrière Blaise se tenait son mystérieux inconnu, penché en avant et un masque sur le visage. Ce n'était pas le même que la veille, certainement venait-il de l'invoquer en catastrophe pour pouvoir lui parler.

«Qu'est-ce que tu fais là?» pâlit Theodore.

«J'étais venu demander des nouvelles du garçon qui a mystérieusement déserté pendant que je dormais.» Harry soupira en voyant la mine coupable de son amant. «Je ne t'en veux pas Theodore, je comprends mieux maintenant. Et si ça peut te rassurer, tu n'as pas uriné mais squirté et surtout, c'était voulu. Comment tu n'as pas utilisé le safe word, je pensais que ça allait pour toi aussi.

- Mais quand même, c'était sale, je suis désolé.

- Theo, c'est pour ça qu'on a mis en place le safe word. Si tu ne l'utilise pas, je ne peux pas savoir ce que tu penses. Tu as tendance à me demander d'arrêter et quand je le fais, c'est toi qui fourre ma langue de toi-même dans ton cul.

- Beurk.» Harry ignora royalement Blaise.

«Je n'aurai qu'une seule question Theo, est-ce que tu n'as pas utilisé le safe word parce que tu n'en avais pas envie ou bien parce que tu n'osais pas? Si c'est le deuxième cas, je suis désolé parce qu'alors c'est de ma faute. C'est que je ne t'ai pas assez mis en confiance.

- Non ce n'est pas ça.» Theodore se triturait nerveusement les doigts, terriblement mal à l'aise.

« Est-ce que tu as aimé?

-Oui… je crois.» fit-il tout bas.

«Est-ce que tu regrettes?

- Non, j'ai vraiment aimé!» s'empressa de le détromper Theodore, il ne voulait pas que son amant pense qu'il aurait préféré ne pas passer la nuit avec lui.

«Dans ce cas, le seul souci est donc la gêne. J'ai bien compris?» Theodore hocha timidement la tête, ne rêvant que de prendre ses jambes à son cou. «Ce que je te propose pour la prochaine fois, c'est que quand je te ferai squirter, on ira dans la salle de bain pour le faire. Comme ça tu n'auras pas la gêne de l'avoir fait dans le lit et ce ne sera pas grave si tu le fais sur moi. Même si je te le répète, ça ne me gène absolument pas. Tu es magnifique quand tu te lâches.

- Si vous avez fini de squatter pour réseau de cheminette, on pourrait passer à un autre sujet que vos parties de jambes en l'air?» fit Draco, la mine dégoutée.

« Tiens, j'avais oublié que vous étiez là vous deux.» se moqua Harry, ignorant les insultes de ses amis. «Je dois allez travailler de toute façon. A plus tard Amour, je t'enverrai un hibou. Et sinon et bien, tu connais pour adresse.»

Theodore rougit jusqu'à la pointe des cheveux, jamais il n'oserait venir de lui-même, ce serait bien trop gênant.