Hi!

Dernier chapitre de l'année! C'est passé si vite...

J'espère comme d'habitude que ça vous plaira. Ici, on n'avance pas trop et vous aurez peut-être l'impression de piétiner. Mais c'est voulu. Rien ne se règle en claquant des doigts. Je veux rester la plus cohérente possible.

Résumé : Cuddy a fait un malaise alors qu'elle se trouvait dans une boutique pour enfants. Très inquiet, House débarque à l'hôpital et se fait envahir par ses peurs.

Good Read ;)


Chap' 38

Il avait passé une très mauvaise nuit, d'abord parce qu'il avait eu du mal à se sortir tout ça de la tête, et ensuite parce qu'il avait dormi dans son bureau, s'étant négligemment allongé sur son fauteuil confort. Et quel confort ! Maintenant il était courbaturé et, le pire, sa jambe lui faisait un mal de chien. Il aurait dû aller s'étendre sur le lit d'une chambre vide. Pourquoi n'y avait-il pas pensé ? Sans doute parce qu'il n'avait cessé de ruminer sa conversation avec elle, son altercation surtout. Il allait mal quand elle n'allait pas bien… Il n'avait dû fermer l'œil que deux ou trois heures, ayant passé le reste du temps à être obnubilé par ses peurs, sa réaction, et le visage de Cuddy. Cet air tourmenté, cette fatigue incrustée jusque dans ses yeux, cette vulnérabilité qui exsudait de tous ses pores… Il n'avait en fait pas réussi à se sortir tout ça de la tête.

Il se redressa dans ce fauteuil décidément pas confortable du tout – du moins si on comptait passer une nuit entière dessus – et massa énergiquement sa cuisse. La douleur était lancinante et les élancements de celle-ci se répercutaient jusque dans son crâne. Il avait une migraine horrible. Il fouilla ses poches à la recherche de sa Vicodin, deux comprimés qu'il se hâta d'avaler une fois celle-ci trouvée. Il n'eut le temps de se lever que la porte s'entrouvrit. Il crut sur le coup que c'était Wilson, mais il s'agissait en fait de l'homme d'entretien, qu'il congédia avant même que ce dernier n'eut le temps d'entrer, grommelant quelque chose de pas très sympathique.

Il jeta un coup d'œil à sa montre : 8h07. Son équipe ne serait pas là avant neuf heures, mais l'oncologue n'allait pas tarder à arriver. Il se leva enfin de ce maudit fauteuil et claudiqua jusque dans la salle de différentiel, ayant besoin d'un bon café. Pas le temps d'avaler celui-ci que ce bon vieux Wilson pointa le bout de son nez.

Bon sang, mais t'as dormi ici ? S'égosilla presque l'oncologue en voyant son ami décoiffé et encore à moitié endormi.

Bonjour à toi aussi.

Le diagnosticien se noya dans sa tasse de café, espérant sans trop y croire qu'il n'allait pas lui poser un millier de questions.

Comment va Cuddy ? Vous avez pu discuter ?

Doucement… Lui pria-t-il en fermant les yeux dans un rictus de douleur.

Le jeune médecin fut perplexe. Il s'avança au centre de la pièce et observa son ami. Ce dernier avait vraiment une sale tête.

Tu t'es pris une cuite ?

Pas besoin… Abrégea House en lui tendant une tasse fumante.

Wilson l'attrapa et vint s'asseoir autour de la table en verre, le barbu faisant de même.

Pourquoi tu n'es pas rentré chez toi ? Ou plutôt : pourquoi est-ce que tu as dormi dans ton bureau ?

On s'est engueulé ! Avoua-t-il de manière rapide en lui faisant face. Enfin pas vraiment… Fit-il en se passant une main sur le visage. Je me suis emporté et je suis parti.

L'oncologue ne dit rien, se contentant de le regarder. Il n'était en fait pas vraiment surpris d'apprendre qu'ils s'étaient houspillés tous les deux, chacun devant défendre son point de vue. Mais ce qui l'inquiéta, c'était surtout les circonstances d'une telle discorde. Car, désormais il le savait, House n'aurait pas passé la nuit dans son bureau s'il s'agissait d'une simple dispute.

J'avoue que je suis largué… Soupira le néphrologue à voix basse. Je ne sais pas comment m'y prendre, c'est tout nouveau pour moi ! S'exclama-t-il avant d'avoir un petit rire nerveux. Je ne me suis pas préparé à ça, parce que je ne me suis jamais posé ces questions.

L'homme brun but une gorgée de café, se rendant compte d'une chose qu'on ne voyait pas tous les jours lorsqu'on connaissait un tant soit peu cet homme bourru : son ami faisait preuve d'humanité. Une humanité qui lui faisait mal, mais qui – il l'espérait – allait le faire grandir et devenir meilleur. Il avait d'ailleurs déjà fait des progrès. Pendant un instant, Wilson se demanda s'il en était conscient.

Tu sais, c'est tout nouveau pour elle aussi. Fit remarquer l'oncologue. Et je ne vais rien t'apprendre en te disant qu'en ce moment ses hormones lui font faire des choses qu'elle est incapable de contrôler.

Le grand caustique avait les yeux dans le vague ; il semblait comme déconnecté. Son ami porta une main à son épaule, le sortant ainsi de sa torpeur.

Elle a besoin de soutien, House, que tu sois présent pour elle. Personne n'a de mode d'emploi pour ça. Bientôt vous serez trois, et ce n'est pas le moment de te défiler parce que tu as peur ou parce qu'il y a des choses que tu as du mal à comprendre.

Il ne répondit rien à ça, restant silencieux. Wilson avait prononcé ces mots très naturellement, d'un automatisme quasi irrécusable. Il se demanda comment il faisait pour être fin psychologue, car comme lui il n'était pas très doué pour garder une femme dans sa vie. Bon, il ne lui avait rien appris, mais il devait tout de même reconnaître qu'il l'avait rassuré. Évidemment il ne lui en dirait rien ; il ne fallait pas trop pousser non plus.

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Lisa s'était réveillée tôt ce matin-là. Elle avait eu une boule d'anxiété qui était montée en elle lorsqu'elle avait découvert qu'elle était à l'hôpital, mais s'était bien vite souvenue des évènements qui l'avaient conduite ici. Elle en était encore chamboulée, mais malgré tout elle se sentait mieux. La possible perte de son bébé lui avait fait très peur, mais c'était sans nulle doute la réaction du diagnosticien qui lui avait fait le plus mal. Elle s'était sentie abandonnée à ce moment-là, devant faire face à ses peurs, ses angoisses, seule sans personne pour l'épauler, l'encourager.

Il était maintenant un peu plus de dix heures. Le Docteur Kimball était venue la voir, soucieuse de son état. Pas seulement parce qu'elle restait sa patronne, mais parce que Sandra Kimball se sentait sincèrement concernée par l'état de ses patientes, qu'elles soient employées lambda ou directrice d'un grand hôpital. Cuddy avait été ravie de sa visite ; soulagée, surtout, quand la gynécologue – après l'avoir examinée – lui avait annoncé que visiblement cet incident n'avait eu aucune conséquence sur sa grossesse, et que celle-ci continuait de se dérouler normalement. Toutefois, dans son rôle de médecin, elle l'avait tout de même réprimandée sur son acharnement au travail. Il était plus que temps pour elle de faire une pause. Il en allait de leur santé à tous les deux.

Entre-temps, House était rentré chez lui. Il avait eu besoin de prendre une douche et il fallait qu'il récupère sa voiture s'il voulait ramener Cuddy chez elle. C'est en fin de matinée qu'il retourna à l'hôpital. Vu l'heure qu'il était, il se dit qu'il la trouverait sûrement dans son bureau. Sa silhouette apparut derrière la porte vitrée ; il avait vu juste. Il entra dans la pièce, faisant porter l'attention de la Doyenne sur lui. Il ne s'avança pas plus, restant à l'entrée, ses deux mains en appui sur le pommeau de sa canne.

Est-ce que tu es prête ? Demanda-t-il, incertain, osant à peine croiser son regard.

Oui. Admit-elle en délaissant ce qu'elle était en train de faire.

Elle avait une petite mine, il le voyait. En même temps, les circonstances étant ce qu'elles sont, le contraire aurait été absurde.

Elle termina de classer quelques dossiers, et il la regarda sans rien dire. Elle aussi avait à peine levé les yeux sur lui, se sentant peut-être tout autant mal à l'aise que lui. Ça, pour le coup, c'était absurde.

Il dut s'asseoir sur un des fauteuils à sa droite, sa jambe recommençait à le lancer à force de rester dans cette position debout. Lisa le vit se masser la cuisse, ne pouvant s'empêcher de ressentir une fois encore ce désagréable sentiment de culpabilité.

Avant qu'on parte, je veux que tu donnes tes instructions à Wilson. Lui confia-t-il plus comme un ordre que comme une recommandation.

Elle ne répondit pas, se contentant d'acquiescer. Leurs regards finirent par s'accrocher, chacun pouvant lire la douleur de l'autre. Il fut le premier à rompre le contact, se levant de son siège, prêt à partir.

Je serais dans mon bureau quand tu auras terminé.

Et puis il sortit, sans attendre une parole ou un signe supplémentaire. La jolie brune soupira, fatiguée et dépitée autant qu'elle ne l'avait jamais été. Elle continua son rangement administratif sans penser à rien, essayant d'oublier sa peine et surtout en tentant autant que possible d'ignorer ses fichues hormones qui n'en finissaient pas avec elle…

Avant la pause déjeuner, Cuddy monta voir l'oncologue dans son bureau. Elle l'y trouva, prisonnier de sa paperasse. Ça n'allait drastiquement pas s'arranger pour lui. Elle partit s'asseoir sur le petit canapé, soulageant ainsi son dos qui la faisait souffrir, peut-être dû à la chute causée par son malaise de la veille, ou tout simplement à sa grossesse. Elle stoppa ses pensées, le fait de savoir le pourquoi du comment n'allait pas lui faire disparaître sa douleur de toute façon.

Comment allez-vous, Lisa ?

La jeune femme fut quelque peu surprise par l'emploi de son prénom. Quoique pas tant que ça, en fait. Wilson était un ami, et – pas très utile de le préciser – mais, ici, il ne s'adressait pas à sa patronne.

Il laissa de côté son remplissage de documents et se tourna face à elle, cette expression de bienveillance sur le visage qui le caractérisait tant.

Je mentirais si je disais que tout allait bien, mais ça va aller. Se voulut-elle rassurante.

Vous nous avez fait une belle frayeur. Avoua-t-il, sincère. Et je ne parle même pas de House.

À croire qu'il n'y a que lui… Lâcha-t-elle à voix basse, baissant la tête pour ne plus affronter son regard.

Pourquoi vous dites ça ?

Elle ravala les larmes qui menaçaient de couler d'un instant à l'autre. Ce n'était pas le moment de paraître faible. Wilson avait beau être un ami, elle ne voulait pas flancher devant lui.

Chaque fois qu'il y a un problème, chaque fois qu'il a peur… Il fuit. Ce n'est pas comme ça qu'on arrivera à quoi que ce soit. Parvint-elle à articuler, la gorge serrée. Je veux cet enfant, mais pas sans lui.

Pourquoi vous ne lui dites pas ? S'enquit l'oncologue.

Elle eut un rire nerveux. Sa question était un peu idiote.

Parce qu'il le sait déjà.

Ce n'est pas parce qu'il le sait qu'il n'y a pas besoin d'en parler. Clarifia-t-il. Il a besoin de vous l'entendre dire, parce qu'il a besoin d'être rassuré. Un peu comme vous, en fait.

Comment faisait-il pour viser aussi juste ? Car bien sûr, il était dans le vrai ; entièrement et indubitablement dans cette vérité qui avait un côté troublant parce que difficile à admettre.

Le silence s'installa pendant un moment, sans que celui-ci n'eût été oppressant pour quiconque. Il lui permit au contraire de se repasser en boucle les paroles du carcinologue, arrivant ainsi à la conclusion qu'il avait en fait parfaitement raison. Elle le savait dans le fond, mais parfois même ce genre de chose nous échappe. Il était tout naturel qu'il avait lui aussi besoin d'être rassuré, n'étant pas à l'aise avec les relations humaines, pas habitué à une telle proximité dans une relation, loin d'avoir les connaissances nécessaires pour aborder une vie comme celle-ci parce qu'il n'avait jamais reçu la moindre information sur cela. Il s'était très probablement braqué dès qu'une ébauche de précision avait point le bout de son nez. Mal à l'aise, trop gêné, il avait préféré "apprendre" ces comportements par lui-même, à ses dépens. C'est du moins ce qu'elle en conclut.

Après plusieurs minutes de calme, la Doyenne sortit de ses pensées et reporta son attention sur l'homme brun. Elle malaxait ses mains, nerveuse. Lui la regardait, préoccupé.

J'ai l'impression, commença la jeune femme, incertaine, de lui demander tellement de choses. Peut-être qu'il n'est pas aussi investi que moi dans tout ça, et que même s'il me dit qu'il est prêt, peut-être qu'il n'y arrivera pas.

Wilson fut pris d'une désagréable sensation. C'était sûrement les hormones qui parlaient pour elle. C'était en tout cas ce qu'il voulait se persuader de croire pour se rassurer un tant soit peu. Décidément, ils n'étaient pas les seuls à avoir besoin d'être apaisés.

Vous doutez de lui ? Demanda-t-il, curieux de savoir mais apeuré par la possible réponse.

Non. S'empressa-t-elle de répondre avec résolution. Enfin je ne sais pas… Je pense qu'il est sincère, mais j'ai peur que sa nature ne le rattrape.

Le médecin esquissa un léger sourire, ce qui n'échappa pas à la jeune femme.

Il a dormi dans son bureau. Lui confessa-t-il comme s'il s'agissait d'une chose dont il ne fallait pas parler. Alors je pense qu'il est aussi torturé que vous, et que vous n'avez de ce fait pas à douter de lui, ni même à vous questionner sur son degré d'implication.

Lisa se mordit la lèvre inférieure, comprenant avec un certain déchirement pourquoi sa douleur à la jambe. Elle se sentit ensuite honteuse. Pensait-elle être la seule à souffrir ? Bien sûr que non, mais elle avait toutefois le sentiment de s'être lamentée sur son sort, égoïstement.

Après avoir été plongés dans un silence de quelques minutes, les deux médecins firent le point sur la suite des évènements, à savoir l'assurance totale de son poste en son absence. La Doyenne répondit à toutes ses questions, se voulant la plus claire et concise possible. Elle savait que ça n'allait pas être facile pour le jeune médecin d'accomplir une telle tâche, mais elle avait toute confiance en lui. Elle savait qu'il ne la décevrait pas et qu'il ferait tout ce qu'il peut pour maintenir l'hôpital dans de bonnes conditions. Elle savait aussi que ça allait surtout être compliqué pour elle. En un peu plus de dix ans en tant que Directrice Administrative du Princeton Plainsboro Teaching Hospital, jamais Lisa Cuddy n'avait laissé la gestion complète de son établissement à quelqu'un d'autre. Elle n'avait pas choisi Wilson par hasard ; sa rigueur et son efficacité dans le suivi des dossiers étaient de fortes qualités. Elle avait foi en lui. Elle n'était juste pas du tout habituée à "abandonner" pendant un long moment ce pourquoi elle s'était tant investie.

Wilson ? L'appela-t-elle pour capter son attention. Merci.

Elle eut un léger sourire sur les lèvres, et il acquiesça d'un signe de tête. Main sur la poignée de la porte, elle actionna celle-ci et sortit du bureau. Elle prit quelques secondes pour inspirer un bon coup ; les directives étaient données. Lisa passa une main dans ses cheveux avant de se diriger en direction du bureau voisin. Elle venait de vivre une étape importante dans sa vie ; une étape qu'elle savait difficile à gérer pour elle, bien que nécessaire. La jeune femme espérait maintenant que la prochaine entrevue allait se passer tout aussi bien.

TBC...


Pensez-vous que notre génie de la médecine saura surmonter ses peurs ?

Peut-être aurez-vous la réponse dans le prochain chapitre :)

En attendant je vous souhaite de passer de bonnes fêtes de fin d'année, et à l'année prochaine :D

- Kisses to you and see you soon -