Salut!
D'abord un gros merci pour tout le support dans les commentaires et les messages privés que je reçois, ça me fait un grand bien de vous lire :)
J'ai malheureusement pris un peu plus de temps que prévu à rédiger ce chapitre, mais je crois que je me rattrape puisqu'il est plus long que les autres! J'ai eu beaucoup de plaisir à l'écrire pendant les siestes de bébé, et j'ai encore plus hâte de me mettre à l'écriture du prochain!
En espérant que ça vous plaise :3
Chapitre 21 – Raditz
En entrant dans l'aire de repas commune ce soir-là, Raditz ne fut pas surpris d'y trouver Végéta, assis seul derrière une montagne de plats vides. Il ne faisait pas partie des habitudes du prince de manger ici, au milieu de toute la populace du vaisseau. Mais comme la nourriture y était servie plus tôt que celle qu'on livrait directement aux chambres et que sa sentence de famine venait tout juste de se terminer, il était prévisible que le prince y accoure pour se faire servir.
Et les cuisiniers avaient intérêt à s'atteler, parce qu'il y passerait probablement la soirée.
Raditz, tout sourire et horriblement affamé lui aussi, s'approcha de la table en attachant sa longue crinière. Il s'assit, silencieux, sur l'une des chaises en face de Végéta et s'empara d'un bol rempli de Tépeli, un plat délicieux originaire de la planète Prodillia.
Mais on lui arracha la nourriture des mains avant même qu'il puisse en sentir les arômes.
-C'est à moi, déclara Végéta entre deux bouchées. Va chercher ta propre nourriture si tu as faim.
-Tu pourrais partager quand même, s'obstina Raditz en frappant la table du poing. Tu as vu tous les plats que tu as devant toi? Les réserves de viande ont été épuisées pour ce soir et il n'y en aura pas au menu avant demain matin.
-Pas mon problème, dit Végéta en mordant dans un poisson deux fois la grosseur de sa tête, indifférent au drame que vivait le Saiyan.
Raditz soupira bruyamment. Il tenta de s'emparer de la queue du poisson en espérant obtenir sa ration de protéines. Mais Végéta, bien plus rapide, l'en empêcha sans trop de soucis.
-Arrête de faire le con, dit alors la voix de Nappa derrière lui. Pendant que toi tu t'empiffrais, Végéta n'a rien pu se mettre sous la dent pendant plus d'une semaine terrestre. Fous-lui la paix et mange les restes sans chialer, pour une fois.
Le géant contourna la table, s'assit aux côtés de son prince et déposa son énorme plat de Bouillasse. Les pattes du meuble grincèrent sous le poids de toute cette nourriture, attirant les regards bougons des autres membres de l'équipage, qui devaient eux aussi se contenter de la bouillie malodorante préparée à partir des restes de table du repas précédent. Raditz, grognon lui aussi, se résigna à aller se servir un bol.
À la première bouchée toutefois, il leva un sourcil.
-C'est moi, ou c'est moins mauvais que d'habitude? demanda-t-il à Nappa, agréablement surpris.
-C'est pas toi, répondit celui-ci. J'arrive même à le manger sans avoir envie de vomir.
Le Saiyan pointa en direction des cuisines avec sa cuillère.
- C'est encore cette nouvelle cuisinière. La nourriture est vraiment meilleure depuis qu'elle est là. Elle fait des miracles.
-J'ai remarqué aussi, renchérit Végéta entre deux bouchées.
-Meh, comment tu peux savoir ça, toi? Tu étais en jeûne forcé depuis son arrivée.
Végéta se contenta de hausser les épaules, le regard rivé sur le plat devant lui. Il marmonna quelque chose d'incompréhensible et recommença à mastiquer bruyamment sa nourriture.
Ça n'était pas dans ses habitudes d'être aussi évasif.
Raditz lança un regard furtif vers Nappa. Celui-ci le regardait déjà, sceptique. Quelques jours auparavant, les deux Saiyans s'étaient lancé un pari. Végéta semblait beaucoup mieux tolérer sa sentence de famine que ce à quoi ils s'étaient attendus. Non seulement était-il capable de s'entraîner, mais il s'était également montré plus énergique et de bien meilleure humeur que lors des épisodes précédents. Raditz soupçonnait le prince de ne pas respecter son jeûne, alors que Nappa lui, croyait dur comme fer qu'il s'était simplement endurci. Selon lui, têtu et fier comme il était, Végéta n'accepterait jamais de transgresser à la torture qu'on lui avait imposée.
Mais ce petit commentaire qu'il venait de faire, ainsi que cette attitude fuyante qu'il avait adoptée lorsque Raditz lui avait demandé de s'expliquer, venait certainement de le trahir.
Ainsi, Nappa, frustré, repoussa son repas avec dédain, conscient qu'il venait de perdre son pari. Il connaissait suffisamment Végéta pour le savoir.
-Tu me dois une tournée la prochaine fois qu'on va aux Quartiers, dit Raditz, hilare.
L'énorme Saiyan grimaça.
-Rien n'est prouvé encore, grommela Nappa sans toutefois s'obstiner davantage.
Son compatriote éclata de rire. Végéta, lui, était beaucoup trop concentré sur son repas pour prêter attention aux enfantillages des deux autres.
-Je sens que je vais m'amuser! le nargua Raditz en se frottant les mains. J'ai entendu dire qu'ils avaient reçu une cargaison de cet alcool fort que j'avais envie de goûter sur Terre. Oh! Et il y a cette nouvelle recrue dont parlait Gunter aujourd'hui à l'entraînement. J'aimerais bien la voir. C'est une Humaine, il parait!
Raditz aurait bien aimé continuer de se moquer de la défaite de Nappa, mais il s'interrompit, car Végéta venait de délaisser son repas pour le regarder.
-Ça va? demanda-t-il à son prince, surpris qu'il arrête de manger.
-Une nouvelle recrue Humaine tu dis? demanda-t-il.
-Oui, pour remplacer l'autre qui n'a pas tenu longtemps. Elle ne plaisait pas beaucoup et pleurait tout le temps qu'il parait. Frieza s'en est débarrassé, mais tu sais, les Humaines sont tellement jolies que ça a chialé pour la remplacer. J'ai entendu dire qu'elle était arrivée hier.
Végéta plissa imperceptiblement le nez. Un détail que Raditz ne manqua pas de noter.
-Il n'y a pourtant pas eu d'embarquement Humain lors des dernières missions sur Terre à ce que je sache, commenta le prince. Le dernier remonte au moment de notre visite. Où a-t-il pris cette nouvelle recrue Humaine?
-Aucune idée, répondit Raditz.
Végéta l'observa, stoïque et indéchiffrable, son intérêt pour la nourriture soudainement évanoui. Raditz le questionna du regard, se demandant comment un détail aussi insignifiant puisse le harponner de la sorte.
- Peut-être que Frieza a ordonné une mission secrète dont on n'est pas au courant, proposa le Saiyan à tout hasard.
-Végéta aurait été averti des opérations, s'opposa Nappa.
-Pas nécessairement. Avec ce qui s'est passé lors de la dernière mission, Frieza aurait tout à fait pu demander à ce qu'il ne soit pas au courant pour le punir.
Nappa acquiesça et se remit à manger sa bouillasse. Végéta ne cilla pas. Il mordit dans son morceau de viande et se mit à le mastiquer sans grand appétit, apparemment pensif.
-D'ailleurs, j'allais oublier, mais Freiza aurait parlé de lancer une nouvelle attaque sur Terre dans quelques jours, dit Nappa. C'est un peu l'enfer en bas il parait. Plusieurs bases ont été démantelées, des centaines de soldats et même des capitaines manquent à l'appel. Il y a définitivement quelque chose qui se passe. Les Humains se défendent vraiment mieux que ce qu'on aurait cru.
L'énorme Saiyan étira ses bras vers l'avant pour tendre ses muscles. Un sourire cruel s'afficha sur ses lèvres.
-À mon avis, Frieza va vouloir envoyer quelques soldats d'élite pour régler l'affaire, conclut-il.
- Putain! s'exclama Raditz. Tu crois qu'il va nous renvoyer là-bas pour se battre? Ce serait trop bien, j'en ai vraiment assez de ce vaisseau. La bouffe, les filles, et la lune aussi! J'ai envie d'explorer la Terre… et de faire exploser des crânes un peu!
-Avec ce qui s'est passé la dernière fois, ça m'étonnerait que Frieza nous envoie.
-Il va envoyer qui alors? Recoome manque toujours à l'appel. Guldo et Jeice ne sont clairement pas assez forts. Et Burter pourrait faire l'affaire, mais il est parti en mission à l'autre bout de la galaxie.
-Il reste Ginyu… Ou peut-être même Zarbon?
-Pfff! Frieza ne prendrait jamais le risque de sacrifier d'emblée ses deux putes préférées. Il va nous envoyer en premier, j'en suis sûr! s'enthousiasma Raditz. Oh… j'ai hâte de voir la tronche de ceux qui bottent le cul à sa précieuse petite armée. Je sens que je vais bien m'amuser, ha!
- Moi, j'ai hâte de savoir qui est responsable de tout ça, et surtout, comment ils font pour mettre le bordel à ce point. Tu crois vraiment que ce pourrait être les Humains? Ils sont tellement minables, j'ai de la misère à croire qu'ils pourraient-
Nappa ne termina pas sa phrase. Il fut interrompu par Végéta, qui s'était mis si brusquement sur ses pieds qu'il en fit basculer sa chaise. Les Saiyans étaient tellement absorbés par leur conversation que tous deux n'avaient pas remarqué que leur prince n'en écoutait pas un mot.
-Qu'est-ce qui se passe? s'interrogea Raditz, alarmé par la préoccupation qu'il pouvait lire sur son visage.
-Suivez-moi, ordonna Végéta dans donner plus de détails.
Le plus petit des Saiyan se dirigea à pas de géants vers la sortie de l'aire de repas. Nappa bondit sur ses pieds pour le suivre. Raditz, moins alerte et surpris par ce revirement de situation, n'obéit pas tout de suite. Il fronça les sourcils et jeta un regard perplexe à son acolyte. La raison de ce soudain changement d'attitude leur échappait tous les deux. Mais si la situation était suffisamment grave pour que Végéta n'abandonne son repas après une famine, c'est qu'elle méritait qu'ils leur emboitent le pas sans poser de questions.
Les Saiyans suivirent donc Végéta en silence. Ils sortirent rapidement de l'aire de repas et marchèrent jusqu'au couloir pour rejoindre l'ascenseur qui les mena quelques étages plus bas dans le vaisseau. Ils suivirent ensuite une série de couloirs qui serpentaient à travers les chambres de soldats de troisième classe. Le prince progressait rapidement, comme si quelque chose le pressait, et leur destination devint vite évidente.
-Pourquoi on va aux Quartiers? demanda Raditz à Nappa lorsqu'il le comprit.
Ce dernier haussa les épaules. Végéta n'était pas du genre à fréquenter cet endroit, et encore moins à y accourir.
Au rythme où ils allaient, ils ne tardèrent pas à arriver à destination et l'atmosphère lourde et suave des Quartiers les enveloppa dès qu'ils passèrent la porte de verre. Une fois entrés, Végéta ne perdit pas de temps. Il se mit à sillonner entre les tables, ignorant royalement les occupants ivres et les putes qui insistaient pour son attention. Raditz fut un peu plus distrait par ces dernières, mais en bon soldat, il parvint sans trop de difficulté à suivre son prince jusqu'à la section réservée aux membres privilégiés de l'équipage.
-Bienvenue, prince Végéta, salua le soldat qui gardait l'accès.
Il courba l'échine, puis se tourna vers Raditz et Nappa, moins accueillant cette fois.
-Vous deux, dégagez. Vous n'avez pas affaire ici, dit-il en les pointant effrontément.
-Ils sont avec moi, s'empressa de répliquer Végéta d'une voix sourde pour éviter d'être entendu. Tu les laisses passer, ou je te défonce le crâne. Dans les deux cas, ils me suivent de l'autre côté. Alors tu choisis quoi?
Les menaces de Végéta étaient toujours très persuasives. Le soldat ravala sa réplique et sans hésitation, s'écarta pour les laisser passer tous les trois.
Bien qu'il ait déjà tenté sa chance dans le passé, c'était la première fois que Raditz mettait les pieds dans la section réservée des Quartiers. Il fut d'abord étonné de constater combien l'espace était petit. Il ne s'agissait en fait que d'un simple couloir de part et d'autre duquel une dizaine d'habitacles se dressaient. L'ambiance y était lourde, feutrée, et les lumières étaient encore plus tamisées que dans la salle principale. Les occupants, majoritairement des femelles, étaient emprisonnés dans leurs habitacles derrière un rideau électrifié. Chacun d'entre eux était doté d'un physique original et particulièrement intéressant et dès qu'ils arrivèrent dans le couloir, la plupart se dressèrent pour mettre en valeur ces attributs hors du commun.
Le regard de Raditz fut d'abord attiré par l'occupant de la première cabine à sa droite, un mâle couvert d'une fourrure dorée de la nuque jusqu'au bas du dos. Ses yeux, dorés eux aussi, brillaient comme des étoiles sous la lueur des projecteurs. Le Saiyan s'arrêta un bref instant pour le contempler. Hypnotisé par sa beauté et son charisme, l'idée d'appuyer sur le bouton qui ferait disparaître ce mur grésillant qui les séparait le traversa. Il aurait tant aimé plonger sa main dans cette crinière éblouissante…
Mais Végéta avait d'autres plans pour lui.
-Allez, on avance! ordonna le prince à ses acolytes distraits.
Tous comme Raditz, Nappa s'était lui aussi fait envoûter par une femelle qui l'avait appelé en bombant et en caressant ses seins bien ronds. Végéta, insensible aux charmes des créatures, n'y prêta pas la moindre attention et se dirigea droit vers le fond du couloir. Les deux Saiyans le talonnèrent en tentant tant bien que mal d'ignorer les appels provenant des cabines. Lorsqu'ils arrivèrent enfin au dernier habitacle, le prince lança un juron.
Le rideau électrique avait disparu, et la place était vide. Dans la pénombre, tout au fond de la pièce, Raditz put entrevoir les contours d'une porte renforcée au-dessus de laquelle un petit voyant lumineux indiquait « occupé ». La personne qui s'y trouvait avait apparemment été sollicitée pour ses services.
Végéta constata rapidement la vacuité de l'habitacle lui aussi. Il se tourna brusquement vers la femelle de la prison voisine.
-Il y avait une Humaine ici. Une taille fine, une peau très pâle et des cheveux noirs. Est-ce qu'elle a été remplacée? demanda-t-il.
La femme au teint verdâtre et à la chevelure immaculée s'approcha du rideau qui la séparait des trois soldats. Elle fit un petit sourire en coin à Végéta avant de lui répondre.
-Le prince Végéta a un faible pour les Humaines à ce que je vois, hum?
Végéta leva le menton, un geste qui lui servait probablement à pallier au coup que sa fierté venait de prendre. La femelle s'appuya sur le mur adjacent avec nonchalance et se mit à lisser les écailles sur sa jambe.
-La femme dont vous parlez s'est fait éliminer il y a quelques jours. Elle ne faisait pas l'affaire. Elle a effectivement été remplacée par une autre.
Elle leva les yeux au ciel et commença à jouer dans ses cheveux courts.
-La nouvelle me fait regretter les pleurs de l'Humaine précédente si vous voulez mon avis… Elle est arrivée hier, et je n'en peux déjà plus de l'entendre chialer et exiger sa libération. Elle crie à en déchirer mes tympans. Et elle frappe aussi. Plusieurs sont venus la voir, mais se sont vite désintéressés parce qu'elle proteste trop fort. Quoique certains y trouvent apparemment leur compte… elle est avec son premier client en ce moment, ajouta-t-elle en pointant le voyant lumineux au-dessus de la porte de la cabine.
Végéta s'approcha dangereusement du rideau électrifié.
-Cette nouvelle Humaine, décris-la, ordonna-t-il d'un ton implacable.
La femme leva un sourcil et jeta un regard hébété aux deux autres Saiyans derrière lui. Raditz lui fit un clin d'œil et haussa des épaules pour lui signifier qu'il ne connaissait pas plus qu'elle les raisons de cet interrogatoire.
-Heh bien, c'est pas étonnant qu'elle ait été transférée ici, c'est une très jolie fille hein, finit-elle par dire de sa voix caressante. Bien plus que celle qui était là avant elle, mais avec un sale caractère en prime. De taille moyenne je dirais. Une grosse poitrine et un joli petit cul. Ce qu'il y a de plus impressionnant par contre, ce sont ses yeux. Ils sont vraiment originaux, d'un bleu très clair, comme ses cheveux d'ailleurs.
La femme poursuivit sa description, mais Végéta ne l'écoutait déjà plus. Dès qu'elle eut mentionné la couleur des yeux et des cheveux de la femme, il s'élança dans la cabine vide.
Raditz comprit tout de suite de qui il s'agissait. Nappa lui, fut plus lent.
-Mais qu'est-ce qui se passe? demanda-t-il à son compagnon.
-C'est la fille de la boite de nuit. Tu sais, celle qui était aux petits soins quand on est allé le visiter, expliqua le Saiyan aux cheveux longs.
Nappa s'esclaffa, éclairé par la description de Raditz.
-Je sais pas qu'est-ce qu'elle lui a fait celle-là, mais putain il a l'air en furie qu'elle soit ici.
-Probablement le meilleur coup de sa vie, dit Raditz qui s'amusait beaucoup lui aussi. Ça devient de plus en plus intéressant cette histoire.
Le Saiyan effectua une brève révérence en direction de la femme qui les avait informés, puis s'élança à son tour vers la porte. Celle-ci était verrouillée, naturellement, mais l'obstacle n'était pas significatif pour un Saiyan aussi déterminé que Végéta. Le prince éleva son pied gauche dans les airs et assena un coup sec dans la paroi de métal galvanisé. La porte ne résista pas et fut arrachée de ses gonds sur le champ, avant de tomber sur le sol dans un fracas assourdissant.
Une fois la voie dégagée, Raditz prit connaissance pour la première fois des chambres exclusives des Quartiers. La pièce était vaste, mais hormis le gigantesque lit qui y trônait et qui révélait sans pudeur son utilité, il n'y avait pas d'ameublement. Les occupants étaient donc facilement repérables.
Il identifia d'abord un Kordylipe, une bête énorme à la peau noire et lisse qui venait de la planète Mondteris, réputée pour abriter des êtres vivants particulièrement féroces vu les conditions déplorables qui y régnaient. Étendu sur le lit, il présentait son dos à la porte. Il ne les avait donc pas encore vu entrer. Il avait retiré son armure, une pièce probablement deux fois plus grosse que celle de Nappa, et on pouvait facilement voir les détails de son épiderme bosselé et luisant de sueur. Dans l'une de ses huit mains se trouvait la cuisse d'une femelle qu'il dominait de tout son corps, alors qu'une autre avait emprisonné ses poignets pour la clouer sur le matelas. Une action apparemment nécessaire, parce que celle-ci se débattait corps et âme pour lui échapper.
Les intentions du Kordylipe étaient claires. Et les protestations de la femme n'allaient apparemment pas le décourager.
Raditz et Nappa, en voyant la scène, grincèrent des dents. Dans la culture Saiyan, forcer une femme au sexe constituait l'une des plus impardonnables des offenses. L'accouplement, ainsi que tout le processus menant à la création d'une progéniture, était sacré et surtout, consentant. Il fallait vraiment être une vermine du plus bas niveau pour forcer l'une des deux parties à y prendre part.
Dégoûté, Raditz déroula sa queue pour en fouetter l'air. Il serra les poings et plia les genoux, prêt à intervenir. Mais il fut devancé par Végéta, beaucoup plus rapide et surtout, beaucoup moins clément…
Le prince rejoignit le lit d'un seul bond et attrapa l'immondice par le cou. Les Kordylipes possédaient cette étonnante faculté de contrôler leurs sens à volonté. Celui-ci avait probablement bloqué son audition pour éviter d'entendre les cris insupportables de l'Humaine, ce qui expliquait son absence totale de réaction lorsque la porte avait été défoncée. Aussi fut-il pris par surprise lorsqu'il sentit la poigne de fer de Végéta s'étaler sur sa nuque. La créature eut à peine le temps de se redresser. L'une de ses mains s'éleva dans les airs et fit mine de se poser sur le bras du prince pour se libérer.
Mais c'était déjà trop tard. Le Saiyan, mu par la rage, lui arracha la tête d'un coup sec.
Le silence qui suivit fut éloquent. Les grognements du Kordylipe cessèrent. Les cris désespérés de la femme se dissipèrent. Puis, comme au ralenti, les quatre paires de bras de la créature retombèrent le long de son corps, qui s'effondra lourdement sur le matelas. Sa tête, devenue une unité à part entière, vola dans les airs et atterrit en roulant paresseusement sur le sol. Le sang gicla, aspergeant allègrement les murs et les couvertures d'un épais liquide noir. La femme, couchée sous la bête, ne fut pas épargnée. Elle fut douchée par la substance, ses cheveux bleus et sa peau immaculée se teintant allègrement de noir.
La quiétude se prolongea un court instant. Les Saiyans, spectateurs, ouvrirent grands les yeux, surpris que leur prince ait éliminé avec aussi peu d'hésitation un soldat allié pour sauver cette Humaine. La femme, déroutée par ce revirement de situation, prit un temps d'arrêt pour assimiler ce qui venait de se passer. Puis, elle poussa un cri d'horreur qui déchira le silence qui s'était installé. Elle se mit à gigoter dans tous les sens pour s'extraire de sous le corps du monstre qui s'était partiellement étalé sur elle. Ses faibles muscles n'étaient d'aucune utilité face au poids de la bête, et Raditz se mit à ricaner en constatant sa panique inutile. Nappa de son côté avait éclaté de rire. Il est vrai que voir son prince éliminer aussi facilement un Kordylipe était hilarant.
Végéta ne s'amusait pas, lui. Il grogna, s'approcha du lit, et agrippa le cadavre par la jambe pour le faire tomber sur le sol. Le sang s'accumula rapidement sur la surface lisse du plancher, formant une flaque qui s'agrandissait visiblement. La femme, maintenant libérée, leva les yeux vers son sauveur. Elle bondit hors du lit dès qu'elle le vit.
-Mais t'es complètement malade?! s'écria-t-elle en pointant Végéta.
Celui-ci ne broncha pas et se contenta de la fixer. Il était habitué qu'on questionne sa sanité.
-Qu'est-ce que tu fous ici?! ajouta-t-elle, toujours aussi hystérique.
En voilà une question pertinente. Raditz se la posait également depuis qu'ils étaient arrivés aux Quartiers, et il était impatient d'entendre la réponse.
-C'est à toi que je dois poser la question, répliqua le prince, furieux. Tu peux m'expliquer ce que tu fais aux Quartiers?!
-Qu'est-ce que… je… qu'est-ce que moi… balbutia la femme.
Elle cligna des yeux, apparemment bouche bée par sa question. Puis, son expression faciale changea radicalement, et elle leva les bras dans les airs pour exprimer son indignation.
- Qu'est-ce que je fais aux Quartiers?! Mais t'es con ou quoi?! À moins que les coups que tu as reçus sur la tronche te donnent des problèmes de mémoire?! C'est Frieza qui m'a envoyé ici, tu le sais! Tu as laissé ce soldat m'emmener sans rien dire. Tu pensais quoi, que Monsieur l'Empereur allait m'accueillir avec un verre de vin et des fleurs?! Hé ben non!
Raditz se retint d'éclater de rire. Il n'avait vraiment aucune idée de ce qu'était du vin, et encore moins des fleurs, mais le message de l'Humaine était clair; elle déplorait l'attitude de Végéta. Et elle le faisait avec brio, car c'était bien la première fois qu'il voyait son souverain trop décontenancé pour se laisser crier dessus par un être vivant aussi petit et aussi légèrement vêtu.
La situation était inattendue, mais aussi particulièrement comique. Et le spectacle n'était pas terminé.
-T'es vraiment fêlé pour croire que je me suis retrouvée ici volontairement! C'est toi qui débarques ici en défonçant la porte je te rappelle! Et qui…qui décapite ce… cette… monstruosité! Juste devant moi! Non mais tu m'as vu! Je suis couverte de… de… oh mais putain, c'est du sang! Je suis couverte de sang! C'est dégoûtant! beugla-t-elle en tentant de se nettoyer le cou et les bras avec sa main, déjà salie de l'épais et visqueux liquide.
La manœuvre ne fit qu'accentuer les dégâts, et la substance se répandit copieusement sur sa peau, tachant encore plus les sous-vêtements bleu pâle qu'elle portait. Le rire de Raditz et Nappa résonna dans la pièce. L'Humaine, soudainement consciente de sa vulnérabilité face aux trois extraterrestres qu'elle connaissait à peine, plaça ses mains pour tenter de cacher sa poitrine et recula de quelques pas dans l'espoir qu'ils ne voient pas trop ses fesses.
-Allons, ma jolie, roucoula Nappa. C'est juste un peu de sang, il n'y a vraiment pas de raison de paniquer. Mais… tu peux continuer d'essayer de te nettoyer, je n'ai vraiment rien contre ça. Allez, tu en as un peu sur le ventre, juste là…
-Nappa! Tu la fermes!
Végéta, qui n'avait rien dit depuis qu'elle avait proféré des accusations qu'il n'osait pas démentir, sortit abruptement de son mutisme. Il s'empara d'un drap sur le lit et le lança irrévérencieusement à la femme.
-Couvre-toi, ordonna-t-il. Ces deux imbéciles ne savent pas se tenir.
-C'est couvert de sang! protesta-t-elle en regardant le drap taché avec dégoût. Mais pour qui me prends-tu? Si tu crois que-
-Je m'en fous qu'il soit sale ou pas. Tu es pratiquement nue. Couvre-toi.
La femme lui lança un regard mauvais, mais jugea finalement que l'ordre était raisonnable, car elle fit ce qu'il lui demandait. Raditz aurait voulu protester et profiter encore un peu plus longtemps de la situation, mais il était clair que Végéta n'aurait pas approuvé cette tentative.
-Tu aurais préféré que je le laisse te sauter dessus? cracha le prince, furieux face à l'apparent mécontentement de l'Humaine.
La tension était palpable dans la pièce. Tous deux se défièrent du regard pendant quelques secondes. Raditz et Nappa, inconfortables d'assister à cette étrange intimité qui s'installait autour d'eux, posèrent leurs yeux au sol.
Puis, la femme se calma perceptiblement.
-Non, finit-elle par dire, résignée, une teinte de reconnaissance dans la voix.
Elle rompit le contact visuel pour regarder le Kordylipe qui gisait par terre. Un frisson la traversa. Elle resserra le drap autour de son corps et grimaça pour réprimer sa nausée.
-Je… en fait.. merci pour-
-Je n'ai pas besoin de remerciements, coupa Végéta.
Il se tourna vers Nappa et Raditz, un air plus formel sur le visage. Raditz savait que sous cette impassibilité qu'il s'efforçait d'afficher, le prince bouillonnait de rage. Il n'était pas habituel pour lui d'être aussi protecteur, et encore moins d'être impulsif lorsqu'il s'agissait de l'être. Qu'ils aient été témoins de ce manque de contrôle évident le rendait très certainement hors de lui.
Alors Végéta, fidèle à lui-même, se mit à aborder les formalités pour camoufler cette colère et cette honte qui l'accablait.
-Je dois me débarrasser du corps pour éviter d'éveiller les soupçons. Frieza va me coller une autre famine s'il découvre que c'est moi qui ai fait ça, dit-il d'une voix mesurée.
Les deux autres Saiyans acquiescèrent.
-Avec la nouvelle soute à déchets de l'aile quatre, ça ne devrait pas trop poser de problème, proposa Raditz.
-Bonne idée! Ça devrait être facile de transporter un Kordylipe de 300 kilos jusqu'à l'autre bout du vaisseau sans se faire remarquer, répliqua Nappa.
-Heh bien, tu as une meilleure idée? J'ai proposé quelque chose au moins.
-On pourrait le démembrer d'abord. Ou bien simplement le vaporiser avec notre Kî.
-Ohh, comme ça on a le choix entre cacher des bras et des jambes de Kordylipe dans les quatre coins du vaisseau, ou bien détruire les Quartiers au complet? C'est beaucoup mieux!
-C'est déjà plus subtil que ta première idée.
-Mouais… Oh mais je sais! On pourrait le faire cuire et le manger? Comme ça on n'aura pas à se battre pour avoir notre portion de viande demain matin!
- Ça c'est une bonne idée! s'exclama Nappa. Mais on fait quoi des os et des-
-Vous allez la fermer! tonna soudainement Végéta.
Le prince commençait à s'impatienter. Il croisa les bras sur sa poitrine et pris une longue inspiration.
-Manger un Kordylipe… Même perdu à l'extrémité de la galaxie, je ne m'y risquerais pas. Leur peau est toxique pour les êtres vivants à sang chaud. Il n'y a vraiment que vous pour avoir ce genre d'idée de con.
-Ben quoi? On essaie de trouver des solutions au moins… se justifia Raditz.
Végéta fronça les sourcils et profita du calme de ses compatriotes pour réfléchir. Faute de solution, Raditz se tourna vers la femme, qui les observait avec des yeux ronds près du lit.
-Et puis, on fait quoi avec elle? ajouta-t-il en la pointant. Tu l'as vu? Couverte de sang et terrifiée comme elle l'est… comment on explique ça aux autres soldats hein? Et à Frieza? Après ce qui vient de se passer, j'ai comme l'impression que tu ne voudras pas qu'elle reste ici non plus. Comment on fait pour la sortir des Quartiers?
-On pourrait l'envoyer par la soute à déchets, proposa Nappa en ricanant. Ce sera beaucoup plus subtil de la traîner là-bas que le Kordylipe… et ça règlerait une bonne partie de notre problème.
Raditz se mit à rire lui aussi, mais il s'arrêta aussitôt qu'il vit les yeux de Végéta posés sur lui, se rappelant soudainement que le dernier qui avait posé préjudice à cette femme gisait au sol sans sa tête.
-Il y a probablement une meilleure solution… marmonna Nappa, lui aussi conscient de la colère de leur prince.
- Votre incompétence est déplorable, dit Végéta en levant le menton. Laissez-moi m'en occuper. Je me débarrasserai du corps et j'irai voir Frieza sans vous. Je n'ai qu'à inventer une excuse bidon et dans le pire des cas, il me collera quelques coups-
-Non, mais vous vous entendez?! dit alors une voix aigüe près du lit.
Tous se tournèrent vers l'origine de la voix. L'Humaine était sortie de sa stupeur et elle les regardait, profondément indignée.
- Vous ne pouvez vraiment pas penser à une solution qui n'implique pas de démembrer, de manger ou de se faire tabasser?! C'est dans vos gènes les Saiyans, d'être aussi cons? s'écria-t-elle sans gêne en pivotant en direction du prince.
Elle se tourna ensuite vers les deux autres Saiyans pour leur lancer un regard hautain et dégoûté. Raditz avala de travers, étrangement soucieux de ce qu'elle allait leur reprocher.
-Pour votre information, je ne suis pas terrifiée du tout! Je suis plutôt sidérée de constater combien vous pouvez être stupides! Tous les trois! Vous avez un sérieux besoin de faire travailler vos méninges, les gars! Tous les problèmes ne se règlent pas avec des muscles et de la violence.
Végéta serra la mâchoire en entendant les accusations. Étant l'un des stratèges les plus prolifiques de l'armée des Cold, il n'aimait pas se faire traiter d'imbécile.
-Tsk! cracha-t-il. Et toi qui sembles avoir tellement plus de méninges que nous, tu as quelque chose de mieux à proposer?
-Oh que si! s'exclama-t-elle en levant le menton dans les airs de la même manière que Végéta l'avait fait quelques secondes plus tôt.
Elle s'approcha du souverain et resserra le drap autour de ses épaules avant de planter ses poings sur ses hanches, un sourire mesquin et fier sur les lèvres. Végéta se braqua en gonflant la poitrine, mécontent qu'on remette en question ses capacités.
-Vous, vous faites bien ce que vous voulez, mais c'est moi qui va parler à Frieza, déclara-t-elle.
Nappa s'esclaffa.
-Toi? C'est une blague j'espère. C'est lui qui t'a envoyé ici. Et tu n'as aucun moyen de te défendre, il va te-
-Tut tut! interrompit-elle. Il se trouve que j'ai un cerveau, et que je sais en faire usage, moi. J'ai un plan. Alors tais-toi et apprends un peu, sale brute.
-Et c'est quoi ce plan? demanda Raditz, septique, mais intrigué.
Elle ne lui répondit pas. Elle préféra se tourner pour s'adresser directement à Végéta, qui avait levé un sourcil, prêt à l'écouter.
-En fait, je préfère que vous ne soyez pas au courant de ce que j'ai à lui dire… mais disons que… j'ai un marché à lui proposer. Un marché qu'il ne pourra pas refuser.
Elle fit quelques pas supplémentaires en direction de Végéta, son regard soudainement adouci.
- Je ne peux pas te révéler mes intentions, lui avoua-t-elle plus calmement. Ce serait trop… dangereux. Pour moi. Pour la Terre. Et pour… toi aussi.
Elle plongea dans ses yeux sombres, cherchant une approbation que Raditz savait qu'elle n'obtiendrait pas. À ses côtés, Nappa n'écoutait déjà plus et avait commencé à faire rouler la tête du Kordylipe avec sa botte. Végéta s'opposerait à cette option. Il allait vouloir connaître tous les détails du plan. Jamais il ne laisserait une situation aussi délicate entre les mains d'une pauvre Humaine comme elle.
La femme soutint le regard impénétrable du prince. Elle fit mine de vouloir toucher son bras, mais quelque chose l'en empêcha. Elle retint sa respiration, prête à se justifier sachant qu'elle allait fort probablement être confrontée à un refus.
Mais à la surprise générale, son argumentation fut moins belliqueuse que prévu.
-Je sais que tu ne me connais pas beaucoup. Mais tu devras me faire confiance, souffla-t-elle en le regardant droit dans les yeux.
Raditz pouffa. Nappa releva la tête, un sourire moqueur aux lèvres. Plutôt que de se mettre à se battre bec et ongles pour gagner, la femme avait opté pour une stratégie qui relevait plus de la manipulation. Ce qu'elle ne savait pas, c'était que ce chantage émotif ne fonctionnait jamais avec le prince des Saiyans. Peu importait la couleur des yeux ou la grosseur du cul, Végéta n'était pas du type à se laisser intimider par une jolie fille.
Les Saiyans observèrent leur prince en souriant, tous deux prêts à l'entendre ridiculiser l'irréaliste demande de l'Humaine. Végéta pris son temps avant de répondre. Impassible, il soutint le regard bleu de la femme. Probablement réfléchissait-il à comment formuler une réplique cinglante qu'elle n'était pas près d'oublier.
Puis, après de longues secondes de silence, le prince annonça son verdict final.
-D'accord, déclara-t-il, sans une once d'hésitation dans la voix.
