Ouf! Ce chapitre s'est révélé être beaucoup plus long que je croyais. Je ne l'avais même pas terminé et il faisait déjà plus de 20 pages (un peu comme les chapitres de mon autre FF). Ça m'énervait et même si j'aurais aimé que vous puissiez lire les deux parties l'une après l'autre (ce qui aurait nécessité plus d'attente bien sûr…) j'ai finalement décidé de le couper en deux!
Alors en voici la moitié tout de suite. L'autre suivra très bientôt, car il est déjà écrit à 90% (en français, il me restera à traduire par la suite!)
J'en profite aussi pour vous souhaiter un joyeux temps des fêtes! xx
Bonne lecture ;)
Chapitre 26 – Végéta
-Woah! Ta chambre est beaucoup plus grande que la mienne!
Végéta fit un pas sur le côté pour laisser Bulma entrer. La pièce, bien que spacieuse, n'avait rien d'extraordinaire. Un large lit avec des couvertures aux teintes sobres, une armoire de verre dans laquelle il gardait quelques combinaisons de combat ainsi que son armure, et une table sur laquelle il mangeait la majorité de ses repas.
-Tu ne reçois pas souvent de visiteur à ce que je vois, constata la femme en pointant la seule et unique chaise qui était placée face à la table.
Végéta ignora son commentaire. Il tamisa l'éclairage artificiel et ajusta le filtre intégré au verre de sa fenêtre pour laisser entrer plus de lumière naturelle. La lune de la Terre était très près du vaisseau ce soir, et ses rayons étaient beaucoup plus agréables que ceux des néons installés au plafond. Par chance, le verre utilisé assimilait la quasi-totalité des rayons Blutz, ce qui prévenait toute transformation non désirée à bord du vaisseau.
-Qu'avez-vous parlé avec Frieza? demanda Végéta dès que la porte de sa chambre fut refermée.
Le prince, impatient, n'en pouvait plus d'attendre.
-Tut tut, fit Bulma en levant le doigt. La douche en premier. Les réponses après. C'est par ta faute si je suis aussi sale. Tu ne vas quand même pas t'imaginer que je vais rester dans cet état encore bien longtemps.
Végéta grogna un coup, mais se résolut à lui donner ce qu'elle demandait.
-La salle de bains est par-là, bougonna-t-il en pointant vers le fond de la pièce.
-Oh! Tu as même une salle de bain séparée du reste de ta chambre!Ma douche et ma toilette sont collées à mon lit, ce qui est complètement ridicule, et dégoûtant! fit-elle en grimaçant. C'est plaisant d'avoir les privilèges d'un prince, dis donc.
- Humph… Frieza n'en a vraiment rien à foutre que je sois le prince des Saiyans. Cette chambre m'est assignée parce que je suis Général, c'est tout.
Bulma lui adressa un sourire par-dessus son épaule qu'il eut de la difficulté à décrypter. Quelque chose avait changé dans l'attitude la femme depuis qu'elle était sortie de la salle des Commandements. Elle ne le regardait plus avec cette éternelle lueur de confrontation, mais plutôt avec cette touche expectative que Végéta n'arrivait pas à expliquer. De la reconnaissance, peut-être? De la gratitude? Son séjour aux Quartiers avait été bref, et il avait en partie contribué à sa libération, après tout. Elle était probablement heureuse d'y mettre un terme avant même que son premier client ait pu la consommer.
Mais étrangement, quelque chose lui disait qu'il n'y avait pas que ça.
-Ta douche est grande aussi… dit-elle en s'arrêtant dans l'embrasure de la porte pour étudier les lieux.
Elle se tourna vers lui, son sourire énigmatique se transformant soudain en une moue légèrement amusée.
-…assez grande pour deux, ajouta-t-elle.
Végéta se redressa, interpellé par son commentaire qui avait des airs d'invitation.
- Femme vulgaire, maugréa-t-il.
-Vulgaire? Moi? Mais voyons… Je ne faisais que commenter la grandeur de ta douche. C'est ton esprit tordu qui voit de la vulgarité dans tout ce que je dis.
-Tsk! Tout ce que je veux, ce sont des réponses à mes questions. Alors va te nettoyer, qu'on en finisse!
-Oh là là! D'accord, d'accord… j'y vais, concéda-t-elle finalement en levant les yeux au ciel.
Mais plutôt que d'entrer dans la salle de bains comme il s'y était attendu, Bulma se retourna pour lui faire face. Son sourire s'effaça, et toute trace d'amusement disparut de son visage. Elle plongea ses yeux cristallins dans les siens, puis d'un coup, le drap qu'elle tenait autour de ses épaules se mit à glisser sur son corps, avant de tomber à ses pieds dans un bruissement à peine audible.
Le Saiyan se crispa. C'était la troisième fois dans la même soirée qu'il la voyait dans ces putains de sous-vêtements aguichants. Cette fois par contre, c'était différent, parce qu'elle se révélait à lui volontairement, et que le commentaire concernant la grandeur de sa douche, bien qu'elle l'ait nié, n'était pas sans sous-entendu.
Son geste était totalement délibéré. L'invitation était réelle… et outrageusement tentante.
-N'essaie pas de me distraire, grogna-t-il en évitant soigneusement de regarder l'indécent bombement de ses seins.
-Ça marche?
-Non.
Bulma se mit à rire doucement. Même sa ténacité réputée ne faisait pas le poids contre la trahison de ses joues qui s'étaient enflammées.
-Tu es aussi bon menteur que moi, Végéta, dit-elle en lui faisant un clin d'œil.
Le prince fut soulagé de la voir s'éclipser derrière la porte, emportant avec elle l'objet de la tentation. Elle ne prit toutefois pas la peine de la fermer, et Végéta la maudit intérieurement de faire de cette porte ouverte une métaphore à son invitation. Car même si elle était physiquement disparue, elle lui rappelait que la possibilité de la rejoindre était maintenue.
Incapable de bouger, Végéta resta planté là à fixer le drap qui gisait par terre, indécis, réellement distrait et furieux de l'être.
Ils étaient seuls, dans l'intimité de cette pièce ovale qui les cachait du reste du vaisseau.
Bulma était dans sa chambre. Pire, elle était probablement en train de se déshabiller complètement juste de l'autre côté de cette fichue porte ouverte.
Et il ne faisait plus de doute maintenant, elle l'avait invité à prendre une douche. Avec elle.
Végéta n'arrivait pas à déterminer ce qui le mettait plus en colère; le fait qu'elle essaie encore une fois de retarder le moment où ils auraient une discussion à propos des Dragon Balls, ou le fait qu'une partie de lui, beaucoup trop omniprésente à son goût, était réellement tentée de succomber et de la suivre sous les jets d'eau.
Puis, comme si ça n'était pas déjà assez, il vit le bras délicat de l'Humaine se tendre dans l'embrasure de la porte. Elle tenait entre ses doigts les sous-vêtements qu'elle avait portés et vraisemblablement retirés. D'un geste gracieux, lent et complètement assumé, elle les laissa tomber sur le drap qui gisait par terre tel un argument silencieux au débat intérieur qui le déchirait.
Putain d'Humaine… la voilà maintenant qui lui projetait cette image mentale d'elle complètement nue dans la pièce d'à côté. Elle savait argumenter, et même si Végéta déplorait sa stratégie, il était forcé d'en reconnaître l'efficacité.
Attiré comme si le drap et les sous-vêtements avaient leur propre champ gravitationnel, le prince fit donc un pas vers la salle de bain. Il entendit la femme tourner les valves de la douche, puis le son de l'eau qui coulait par terre. Il fit un autre pas, un peu moins hésitant que le premier celui-là, et l'eau se mit à couler avec plus d'irrégularité. Il devina qu'elle était entrée dans la douche, et l'image mentale qu'il se faisait d'elle évolua d'un cran. En faisant un troisième pas, il s'imagina les milliers de gouttes d'eau dont il enviait l'existence ruisseler sur son corps. Il pensa à ses cheveux épais et soyeux, écrasés contre ses épaules par l'humidité. Il rêva à ses lèvres roses qui s'étaient entrouvertes pour laisser échapper le soupir de satisfaction que la chaleur des jets lui procurerait…
Végéta, pratiquement conquis par le pouvoir d'attraction qu'elle exerçait sur lui, fit mine de faire un quatrième pas.
Mais c'est à cet instant qu'il s'arrêta net, juste devant l'embrasure de la porte. Il baissa la tête et posa ses yeux sur les sous-vêtements tâchés qui gisaient au sol, sachant pertinemment que s'il faisait un pas supplémentaire, il pourrait enfin admirer ce qu'ils avaient caché plus tôt.
En toute honnêteté, il mourrait d'envie de faire ce pas supplémentaire. Mais d'un autre côté, s'il avançait d'un pas, Bulma pourrait le voir, elle aussi.
Et si elle le voyait, le retour en arrière était impossible.
S'il faisait ce pas, il retirerait sa combinaison sous ses yeux bleus et pervers, et il irait la rejoindre sous les jets d'eau. Elle l'accueillerait à bras ouverts, il lui écarterait les cuisses, et ils baiseraient jusqu'à ce que l'eau des réservoirs du vaisseau soit épuisée.
Avancer d'un pas, c'était accepter son invitation. C'était succomber aux envies charnelles qu'il peinait à réprimer. C'était admettre qu'elle avait ce pouvoir de séduction sur lui, et qu'il n'arrivait pas à s'y mesurer. Avancer d'un pas signifiait lui donner raison et retarder leur discussion à propos des Dragon Balls.
Avancer d'un pas, c'était capituler.
Végéta était bien trop orgueilleux pour faire ce pas.
-Oh! Dis donc, crois-tu que ton statut de Général te permettrait de me trouver des vêtements convenables? entendit-il de l'autre côté du mur.
Végéta sursauta. Son débat intérieur était si prenant que la voix impérieuse de la femme le ramena brusquement à la réalité. Ses envies momentanément oubliées, la trêve lui permit de rassembler la force nécessaire de se rétracter. Il se pencha machinalement pour ramasser le drap et les sous-vêtements et c'est avec un désagréable sentiment de fuite qu'il sortit de sa chambre pour prendre la direction de la buanderie la plus proche.
Agité et furieux contre lui-même, le prince disposa rapidement des vêtements souillés qu'il avait emportés et se mit à fouiller dans les réserves de lessive propre. Il dénicha quelques vêtements qu'il devina être au goût des Humains, puis retourna à sa chambre avant de déposer le tout au pied de la porte de la salle de bains.
La tâche maintenant accomplie, il lui fallait s'éloigner le plus possible de cette pièce. L'épaisse brume mélangée à l'odeur des cheveux de Bulma qui commençait à envahir l'espace était l'ennemi numéro un de sa rigueur.
La Saiyan prit donc la direction de sa table, saisit la seule et unique chaise de son logement et la retourna pour la placer face à la fenêtre. Il retira le haut de sa combinaison et s'assit un instant pour observer la lune. Il s'y ancra pendant plusieurs longues minutes, et ses rayons, apaisants, enveloppants, lui permirent de retrouver un état plus serein. Puis, il se mit à défaire les restes de pansement qui couvrait encore la blessure sur son torse.
Il eut le temps de retirer tous les bouts de tissus et de bien nettoyer la plaie avant que le son des jets d'eau ne s'interrompe finalement. Quelques instants plus tard, il était en train de placer un pansement propre sur sa peau lorsqu'il sentit une présence dans son dos.
-Bon sang Végéta, tu as vu comment tu as collé tes pansements? dit la femme d'un ton outré. Franchement, tu aurais pu attendre que j'aie terminé. J'aurais pu t'aider.
Il l'entendit s'approcher, puis se raidit lorsqu'il sentit ses doigts effleurer son épaule gauche. Sachant qu'elle était en train de replacer les bouts de tissus qu'il n'était pas parvenu à coller convenablement, il fit preuve de docilité et la laissa faire. Avec tout ce temps passé à l'unité médicale, l'exercice leur était familier à tous les deux, de toute façon.
-C'est fou comme tu guéris vite… commenta-t-elle doucement après un long silence. Un Humain aurait pris des mois à se remettre de ces blessures.
Sa paume glissa doucement sur son omoplate et elle suivit le trajet de quelques-unes de ses cicatrices avec ses doigts. Il savait que la caresse n'était pas nécessaire à ses soins, et il aurait dû la refuser. Mais son toucher était étrangement réparateur, déliant les muscles qu'il ne savait même pas tendus et atténuant la violence qui sommeillait en permanence dans son esprit.
-Ce ne sera pas ta première cicatrice en tout cas. Ton dos en est couvert.
-Humph, grogna-t-il. J'aime bien me battre.
Bulma émit un petit son, à mi-chemin entre la consternation et le rire.
-Les Saiyans… crut-il l'entendre marmonner.
Elle retira sa main et il sentit qu'elle s'éloignait de lui, laissant un espace vide et froid dans son dos.
-Merci pour la douche, dit-elle. Ça fait vraiment du bien… et c'est surtout plaisant de ne pas greloter en se savonnant! Oh! Merci pour les vêtements aussi! Ils ne sont pas tout à fait à ma taille, mais l'attention est là.
Elle apparut alors devant lui, et sa présence éclipsa la lune qui brillait derrière elle.
Sa peau claire était débarrassée du sang de Kordylipe. Ses cheveux humides tombaient gracieusement sur ses épaules en formant de jolies boucles lâches. Elle portait le chandail qu'il avait déposé au pas de la porte. Celui-ci était deux fois trop grand pour elle et lui arrivait à la mi-cuisse, mais la couleur se mariait bien au teint de sa peau.
Merde. Elle avait ce don de faire bonne impression, peu importe la situation.
-J'aime bien le chandail, dit-elle d'un air enjoué. Le rose me va toujours bien! Mais ce que j'apprécie le plus, c'est ce qui est écrit à l'arrière.
Elle pivota devant lui pour lui montrer ce à quoi elle faisait allusion. Végéta remarqua alors ce qu'il n'avait pas vu lorsqu'il avait sélectionné les vêtements à la buanderie. Au dos du chandail, le mot BADGIRL était imprimé en grosses lettres noires.
L'inscription le fit sourire. Le vêtement, même s'il était ample et peu flatteur, lui allait comme un gant.
-Tu veux faire passer un message? demanda-t-elle en souriant elle aussi.
Le prince ne répondit pas. Il s'efforça de faire disparaître ce sourire niais pour qu'elle ne réalise pas la connivence qui s'était installée, mais ne put rien faire pour contrôler ses yeux qui dardèrent instinctivement vers ses fesses à peine recouvertes par le tissu rose. Bulma fut témoin de sa distraction, mais ne fit rien pour se cacher. Pire, son insupportable sourire s'élargit encore plus.
-Le pantalon ne fait pas? s'inquiéta-t-il pour créer une diversion.
-Si. Il fait. Mais tu t'imaginais vraiment que j'aillais porter un pantalon jaune canari avec une couleur comme celle-là? Franchement Végéta, tes goûts vestimentaires ne m'impressionnent pas!
-J'ai d'autres chats à fouetter. Tu voulais des vêtements, tu en as. Alors arrête de te plaindre.
-Je ne me plains pas. En fait, ce chandail est très confortable. Et puis, j'ai comme l'impression qu'il te plaît à toi aussi…
Elle se mit à jouer distraitement avec l'ourlet du seul vêtement qu'elle portait. La manœuvre visait bien sûr à révéler un peu plus de peau, là où la courbure de sa fesse naissait.
Végéta répondit aussitôt à cette énième tentative de séduction. Il se braqua et écarta sèchement la main de Bulma du chandail rose pour qu'elle ne le relève pas d'un centimètre de plus.
-Assez, dit-il sèchement.
Bulma fit une moue offensée et croisa les bras sous sa poitrine.
-Tu es vraiment rabat-joie, tu sais. Ça t'arrive de t'amuser un peu?
-Si. Je me suis amusé tout à l'heure quand j'ai décapité l'ordure qui essayait de te violer.
-Alors il n'y a que la violence qui t'amuse, c'est ça?
-Pas du tout. Le sexe aussi, ça m'amuse. Mais tu crois que je ne vois pas clair dans ton petit jeu? rétorqua-t-il en croisant ses bras à son tour. Tu essaies par tous les moyens de me distraire pour éviter de répondre à mes questions. Je ne te laisserai pas faire.
-Qui a dit que j'essayais de te distraire? demanda-t-elle d'un air innocent. Ça ne t'a pas effleuré l'esprit que ce que je voulais, c'était réellement juste de coucher avec toi?
Végéta ouvrit la bouche pour répondre, puis la referma aussitôt en serrant la mâchoire. Il n'était même plus étonné par l'audace et le manque de pudeur de ses mots. Ce qui le choquait cette fois, c'était comment elle arrivait à semer le doute dans son esprit.
Était-elle vraiment en train de jouer un jeu? Essayait-elle vraiment de le distraire pour éviter de répondre à ses questions? Ou bien…
…s'agissait-il vraiment juste de sexe?
Après tout… peut-être l'avait-il surestimé. Peut-être que ses tentatives de séduction étaient réelles. Peut-être que tout ce qu'elle voulait, c'était de baiser, et rien d'autre?
Si c'était le cas, Végéta ne pouvait faire autrement qu'être déçu. Étrangement, même si retarder la discussion à propos des Dragon Balls le rendait furieux, ces manigances auxquelles elle prenait plaisir à s'adonner la rendaient encore plus captivante.
Comme il ne trouva rien à dire, Bulma interpréta son silence pour ce qu'il était; de l'incertitude. Et c'est en la voyant sourire, triomphante, qu'il eut sa confirmation.
Non. Son esprit tordu n'était pas aussi simple qu'elle voulait lui faire croire. Elle le testait, et s'amusait beaucoup à le faire.
-Putain d'Humaine… grogna-t-il entre ses dents.
Elle éclata de rire et se pencha vers un peu vers l'avant pour ajuster distraitement le pansement sur son torse.
-Tu as raison, dit-elle tout bas. J'essaie de retarder le moment où tu apprendras ce que sont les Dragon Balls, parce que crois-moi, j'appréhende beaucoup ta réaction…
Elle se mit à le caresser une fois de plus en suivant les contours de son muscle pectoral, juste sous sa blessure. Végéta fut tenté de la repousser, mais cela n'aurait fait que confirmer qu'elle réussissait à l'atteindre, d'une manière ou d'une autre. Il essaya plutôt d'ignorer le frisson qui parcourut sa nuque lorsqu'il la vit mordre inconsciemment (ou pas…?) dans sa lèvre inférieure, et attendit patiemment qu'elle parle enfin.
-Mais… j'espère quand même que tu ne penses pas que l'envie que j'ai de coucher avec toi est fausse… chuchota-t-elle.
Le prince se prépara à riposter, mais avant même qu'il puisse réagir, elle fit volte-face et alla s'appuyer sur le rebord de la fenêtre en face de lui.
C'est alors qu'il les vit. Pendant une fraction de seconde seulement, ses yeux de Saiyan captèrent la brillance caractéristique des ondes Blutz que le verre n'arrivait pas à filtrer. Les rayons bleutés de la lune, aussi minimes soient-ils, se reflétèrent tel un éclair sur la peau blanche de Bulma, ainsi que sur ses cheveux, qui prirent une teinte violacée. La vision de la lumière qui filtrait entre ses mèches fut extrêmement brève, au point où Végéta se questionna sur sa réelle existence. Mais l'onde de choc qui traversa sa colonne jusqu'au bout de sa queue, ainsi que cette envie irrépressible de s'approcher un peu plus de Bulma pour mieux capter cette fascinante brillance, le lui confirma. Même si une très petite quantité d'ondes parvenait à frapper sa rétine, celles-ci étaient suffisantes pour qu'elles ne soient pas complètement inoffensives.
La femme, de son côté, semblait un peu nerveuse tout à coup. Elle avait abandonné son attitude de séduction, et s'était mise à jouer fébrilement avec ses mains. Sa préoccupation était telle, qu'elle ne remarqua même pas le frémissement du corps du Saiyan assis en face d'elle, ni même le poil qui s'était nettement dressé sur sa queue.
Tous deux aux prises avec leurs propres tourments, la paire s'observa en silence pendant quelques secondes.
Végéta, de toute façon, n'avait pas besoin de parler. Bulma savait exactement ce qu'il voulait.
-J'avais dix-huit ans quand j'ai fait ce vœu, dit-elle finalement à voix basse.
Le prince leva un sourcil, incrédule.
-De quoi parles-tu? demanda-t-il avec une once d'exaspération dans la voix.
-Tais-toi, tu veux? s'impatienta-t-elle. Laisse-moi t'expliquer.
Le Saiyan grinça des dents, mais garda sa bouche fermée et lui fit signe de poursuivre avec sa main.
-J'avais dix-huit ans… persista-t-elle. Quand j'ai ramassé les Dragon Balls pour les offrir à mon ex-petit ami – Yamcha. Tu sais, celui qui est mort la soirée de l'attaque de la boîte de nuit? Par votre faute.
-Correction. Ce n'est pas MA faute s'il était trop pathétique pour se mesurer aux Saiba-
-Je me tairais si j'étais toi, coupa-t-elle d'un ton sec.
Végéta fit ce qu'elle demandait de lui. Il aurait été stupide de sa part d'ouvrir un débat à ce sujet à un moment aussi critique. Elle était sur le point de partager ses connaissances et argumenter sur sa part de responsabilité dans la mort de son ex risquait fortement de la faire virer de cap.
-Les Dragon Balls sont des boules de cristal, laissa-t-elle tomber. Il y en a sept en tout, et j'avais l'intention de les offrir à Yamcha pour son anniversaire. Mais j'ai appris cette soirée-là qu'il était allé voir ailleurs. L'imbécile n'a pas su la garder dans son pantalon, alors tu dois bien t'imaginer que-
-J'en ai vraiment rien à foutre de tes insignifiantes histoires d'infidélités, coupa Végéta. Quel est l'intérêt de ces boules de cristal? Pour que Frieza s'y intéresse autant, elles ne doivent pas être que de jolies pierres qui brillent au soleil.
-Non! Bien sûr que non! s'exclama Bulma sans prendre la peine de camoufler son irritation. Si tu me laissais parler un peu, je pourrais t'expliquer sans être interrompue! Je ne voulais pas offrir des pierres en cadeau à Yamcha, mais un vœu! Lorsque les sept Dragon Balls sont rassemblées, il est possible d'appeler Shenron, un dragon sacré qui peut réaliser le vœu de la personne qui est devant lui.
Végéta se redressa sur sa chaise.
-N'importe quel vœu? demanda-t-il, son intérêt soudainement piqué.
Bulma acquiesça, et le prince sentit son cœur s'accélérer dans sa poitrine.
Un vœu. N'importe lequel.
En voilà un précieux trésor.
-Je sais, ajouta Bulma qui constatait son enthousiasme. Tu imagines mon excitation quand j'ai découvert leur existence.
Végéta ne dit rien. Il comprenait tout à fait. Ses pensées défilaient dans sa tête rien qu'à s'imaginer ce que cela pouvait représenter.
-Le hic, c'est que les Dragon Balls sont très difficiles, voire impossibles à trouver, expliqua l'Humaine pour le faire déchanter. Chaque boule de cristal est dispersée quelque part sur la Terre. Ça peut être n'importe où! Sur le flanc d'une montagne. Dans les fonds océaniques. Caché dans le placard de quelqu'un. N'importe qui peut se considérer extrêmement chanceux d'en trouver ne serait-ce qu'une seule dans sa vie. Le réel défi, c'est de les trouver toutes les sept.
Bulma se mit à jouer distraitement avec ses cheveux, l'air aussi décontracté que si elle lui annonçait qu'elle s'était acheté une nouvelle paire de souliers. Végéta lui, était si agité qu'il avait de la difficulté à rester assis sur sa chaise.
-À mon avis, Frieza a réussi à mettre la main sur une d'entre elles, avoua la femme. Il s'agit de la plus facile à trouver, parce que c'était celle que gardait la Résistance.
-C'est pour cette raison qu'il a ordonné d'attaquer leurs quartiers généraux.
-Hum hum…
Elle baissa les yeux et recommença à jouer avec ses doigts.
- Je suis un peu surprise que tu ne sois pas au courant, confia l'Humaine. Mais d'un autre côté, Frieza n'est pas stupide. Les Dragon Balls sont déjà assez difficiles à trouver comme ça, il n'a pas besoin d'un rival qui veut s'en emparer en plus.
-Comment se fait-il que tu saches que la Résistance était en possession d'une des boules de cristal? demanda-t-il en plissant les yeux.
-Parce que je sais comment les localiser. Facilement.
Bulma leva de nouveau les yeux vers lui, et Végéta eut l'étrange impression qu'elle venait d'esquiver une partie de sa question.
-C'est ce que tu lui as offert en échange de ta sortie des Quartiers, déduisit-il.
-On est perspicace à ce que je vois, répondit-elle en souriant. C'est exactement ce que je lui ai offert… à quelques détails près.
Végéta observa Bulma un instant. Il comprenait maintenant pourquoi Frieza avait accepté ses conditions aussi rapidement. Elle lui avait offert son vœu sur un plateau. Il aurait été imbécile de refuser une telle opportunité, même si cela lui avait exigé de se montrer clément.
-Comment…? balbutia le prince. Comment une petite Humaine comme toi peut-elle aider Frieza à trouver ces Dragon Balls?
Elle leva le menton et prit un air offusqué pour répondre.
-Ce n'est pas très gentil de sous-estimer autant les gens, fit-elle d'un ton réprobateur, mais avec une once de fierté. C'est assez compliqué à expliquer, et je suis certaine que la brute que tu es ne peut pas comprendre de toute façon, alors je t'épargne les détails. J'ai découvert que Shenron et les Dragon Balls dégagent une énergie quantique particulière, et j'ai réussi à développer un radar capable de détecter ces ondes énergétiques. Le radar est ultra précis, et les Dragon Balls sont très faciles à localiser si on sait comment l'utiliser.
Un peu étonné, Végéta fronça les sourcils à l'évocation du radar ainsi que des principes physiques impliqués. Inventer un tel outil n'était pas une mince affaire. Que cette femme lui en parle avec autant de fluidité était intrigant. Et brillant.
Cette façon qu'elle avait de s'exprimer, ainsi que les prouesses dont elle prenait plaisir à vanter, lui donnait encore une fois l'étrange impression qu'il n'avait pas à faire avec la moyenne des ours.
Bulma remarqua son scepticisme et bomba le torse de fierté.
-Je n'en ai peut-être pas l'air, mais j'ai beaucoup de connaissances en mécanique et en physique. Disons que… je baigne dans le domaine depuis que je suis toute petite. Construire un radar comme celui-là est très facile pour quelqu'un comme moi!
-Tsk! fit Végéta sans prendre la peine de cacher son dégoût. Ça reste encore à prouver… Il fonctionne au moins?
-Humph! fit-elle en croisant les bras et en prenant un air courroucé. Si tu veux vraiment savoir, j'ai réussi à rassembler les Dragon Balls une bonne dizaine de fois dans le passé. Shenron connait même mon nom!
-Qu… quoi? Une dizaine de fois?!
Végéta sentit son excitation grimper d'un cran. Incapable de contenir sa fébrilité, il s'avança sur le bout de sa chaise. Toute cette histoire de boules de cristal magiques, de dragon sacré et de vœu, ça lui semblait trop beau pour être vrai. Il avait besoin de déceler si l'Humaine lui racontait vraiment la vérité.
-Je ne te mens pas Végéta, dit-elle comme si elle lisait dans ses pensées. J'ai bel et bien fait ces vœux. Et crois-moi, ça fonctionne.
-Qu'as-tu souhaité? demanda-t-il en se laissant emporter par la curiosité. Laisse-moi deviner. Des vêtements? Des bijoux? De l'argent? De plus gros seins?
-Pff bien sûr que non! Je n'ai besoin de rien de tout ça de toute façon… fit-elle en lui envoyant un clin d'œil entendu. En général, les vœux servaient à ressusciter des gens décédés. Je n'ai jamais rien souhaité d'aussi superficiel. Sauf peut-être…
L'état de nervosité dans lequel elle s'était trouvée plus tôt la gagna de nouveau. En la voyant aussi mal à l'aise, Végéta se souvint de ce qu'elle avait mentionné au début de leur conversation.
-Attends un peu… articula-t-il. Tu dis avoir fait un vœu lorsque tu avais dix-huit ans… Pourquoi me parler de celui-là spécifiquement?
Bulma retint alors sa respiration. Elle passa ses doigts fébriles à travers ses cheveux, faisant voler quelques mèches autour de sa tête. Pour une seconde fois, Végéta capta les rayons de la lune qui filtraient au travers de sa frange, et l'éclat violacé que prenait le bleu de ses cheveux attira son attention.
-Ce vœu-là… et bien… il est un peu… particulier, balbutia-t-elle.
-Pourquoi? Explique-toi, ordonna-t-il, son impatience retrouvée.
-C'est un peu stupide en fait… je venais d'apprendre que Yamcha me trompait. J'étais en colère, et mon cœur était brisé. Et puis j'avais bu du vin! Beaucoup de vin. J'étais complètement ivre…
-Arrête de tourner autour du pot. Tu essaies de justifier quoi là?
-J'essaie juste de te dire que… en fait… je ne me souviens plus très bien comment j'ai pu le demander. Je… j'avais oublié ce vœu en fait, j'ai longtemps cru qu'il ne se réaliserait jamais parce que c'était la première fois que je faisais un vœu comme celui-là!
-Putain, c'était quoi ce vœu?
Végéta n'en pouvait plus d'attendre après cette femme qui le faisait languir de toutes les façons qui soient. Agité, il se redressa sur sa chaise pour s'approcher d'elle. Il fit mine de lui saisir le poignet avec l'intention de le serrer un peu pour l'inciter à parler, mais elle parla avant même qu'il puisse la toucher.
-J'ai demandé à Shenron de rencontrer un homme.
Elle avait parlé rapidement, un peu comme si elle désirait se débarrasser de cette lourde information qui la pesait. Végéta lui, n'en croyait pas ses oreilles. Était-elle vraiment encore en train de lui parler de ses pathétiques histoires d'amour?
-Mais quel gaspillage… grogna-t-il en soupirant, déçu et exaspéré. Tu pouvais faire n'importe quel vœu, et c'est ça qui t'est venu à l'esprit? C'est complètement ridicule.
-Je sais! C'est ridicule! J'étais jeune, en peine d'amour et saoule en plus! Mais pourquoi crois-tu que je t'en parle, hein? Imbécile!
Elle leva les bras dans les airs pour exprimer son exaspération. Végéta plissa les yeux, cherchant l'élément manquant dans leur conversation qui justifiait qu'elle insulte son discernement.
- J'ai demandé à Shenron de rencontrer un homme fort, courageux, intelligent…
Elle fit un geste de la main pour le désigner de la tête aux pieds. Puis, devant son apparente confusion, elle crut bon d'ajouter le détail qui lui ferait tout comprendre.
-… mais le pire dans tout ça, c'est que je lui ai demandé qu'il soit un PRINCE!
