Titre : Le Retour du Poète aux Petites Poires

Genre : Suite de texte, humour (perché)

Contexte : Post-Hadès

Personnages : Tous les Gold Saints (présents et mentionnés) sauf Dohko + Shion (mentionné) et Kanon

Pairing : Suggestion de Milo/Camus – et encore…

Remarque spéciale : Ceci est la suite d'un OS que j'ai posté individuellement il n'y a pas très longtemps, intitulé le Poète aux Petites Poires. Comme je m'ennuyais, j'ai improvisé cette petite suite histoire de boucler la boucle. Pas trop besoin d'avoir lu la préquelle, tout ce qu'il faut savoir c'est que la veille au soir, il y a eu une soirée bien bordélique comme il faut chez DeathMask et que quasiment tout le monde était bourré. Voilà.


Si il y avait bien une chose que Camus aimait encore moins que les fêtes, c'était ce qui suivait ces dernières. Les after, comme le disent ses collègues aux armures dorées. Où était donc l'utilité de remettre une couche de trop gras trop sucré trop salé (et vraiment trop alcoolisé) sur des individus dont l'état se rapprochait plus du mort que du vif ? Cette seule pensée provoqua chez le Verseau un énième soupir d'exaspération, soupir qui sortit Milo de sa somnolence.

- Keska encore, C'muuus ?

Un soupir encore plus long et plus lourd, proche du râle, se fit entendre. Puis d'abord, qu'est-ce que Milo faisait sur le canapé, avec - non pardon SUR lui ? Que s'était-il passé entre le moment où le maître de l'eau et des glaces s'était assoupi, en plein milieu de la nuit, et le moment où il a ouvert les yeux et constaté, en plus du capharnaüm dans le salon, la présence d'une boucle indigo sous son nez ? Et puis, cette douleur qui lui transperçait le crâne... Cette odeur nauséabonde qui avait réussi à investir jusqu'à sa propre haleine, d'ordinaire fraîche et mentholée... Camus était pourtant persuadé de n'avoir rien fait pour mettre sa légendaire rationalité à l'épreuve - il était donc sobre en s'endormant, et sobre il était lorsque pour répondre à l'étrange babillage de Milo il balaya l'air du revers de sa main.

- Rien, rien, rendors-toi.

Le Verseau fit le tour du propriétaire avec ses yeux. La quatrième maison du Zodiaque était sans dessus-dessous. Il nota la présence d'un Bélier endormi sous le buffet, la tête dans le plat à guimauves, et également celle des frères Lion et Sagittaire, qui s'amusaient sans faire de bruit à dessiner des moustaches qui feraient pâlir Salvador Dalí de jalousie sur le visage d'un Cancer pas réveillé de sitôt. Mais où étaient donc passés les autres, et que diable faisait le Scorpion accroché à sa taille ?

Perdu dans les réflexions qui le tenaient éveillé depuis au moins une heure, Camus ne remarqua pas le regard pers posé sur lui. Et quand la voix de Milo s'éleva, bien plus distincte qu'à son premier essai, il ne pût s'empêcher de sursauter légèrement.

- Nan sérieux y'a quoi ?

Camus soutint le regard du Scorpion avec un soupçon d'inquiétude dans ses yeux sombres.

- Il y avait quoi dans les fichues lasagnes de Masque de Mort ?

Milo, hébété, cligna plusieurs fois des yeux.

- Pourquoi tu me poses encore la question ? Il doit y avoir ce qu'il y a dans n'importe quelles lasagnes ! De la pâte, du bœuf haché, de la sauce tomate, des...

- ... Oui bon ça va Milo, je ne t'ai pas demandé la recette ! Je me demande s'il n'a pas mis quelque ingrédient destiné à nous mettre dans des états... Seconds, si tu vois ce que je veux dire.

Un silence fut la seule réponse aux dires du Verseau - ah non, on me dit dans mon oreillette que Milo a répondu après un long moment de bug !

- Hiiiiiiiin, je vois où tu veux en venir !

- Plaît-il ?

Le grec adressa un clin d'œil douteux à son comparse.

- Tu ne te rappelles pas de ce qui s'est passé hier, n'est-ce pas ~ ?

- Comment tu...

- ... Laisse-moi te raconter.

Milo s'assit en tailleur sur le canapé déplié, et il repoussa au passage le cadavre d'une bouteille qui en tombant fit aïe - Aphrodite était apparemment aussi doué pour le doublage que pour le camouflage, avant de commencer son récit.

- Alors voilà. Je te disais donc que je voyais dans les étoiles trois petites poires entre un grizzli et deux élans qui se font un câlin, et que ces poires étaient en fait la signification même de notre destinée de Chevaliers, et plus largement de notre destinée en tant qu'êtres humains, car tel le griz...

- ... Pas la peine de remonter aussi loin, viens-en au fait !

- Oui oui bon ! Comme tu le sais tu m'as demandé pour les lasagnes, je t'ai répondu comme tout à l'heure puis on est retournés à l'intérieur. Là tu m'as dit que tu rentrerais bien dans ton temple, mais grâce à mon incroyable talent de persuasion j'ai réussi à te faire rester.

- Et quel talent... J'aurais mieux fait de ne pas t'écouter.

Une chevelure cyan se souleva soudain et retomba au-dessus du canapé, laissant apparaître le visage d'un Aphrodite radieux même avec une gueule de bois - certes moins grande que celle qu'aurait le propriétaire (désormais moustachu) de ce temple au réveil.

- Je suis arrivé en courant pour me planquer derrière vous et ainsi déjouer les desseins plus que douteux des Gémeaux en état d'ébriété, continua le suédois sans se demander si cette intrusion dans la conversation n'était pas quelque peu discourtoise. Sauf que dans ma course j'ai oublié où était ma pédale de frein, et, plutôt que de finir dans le décor, j'ai fini sur deux corps. Milo s'est rattrapé à temps, par contre toi tu t'es pris le coin du buffet sur la tête et tu es tombé dans les pommes.

- Ben nan ! Dans les guimauves ! intervint Aiolia en s'approchant du canapé avec prudence (manquerait plus qu'il se coupe le pied avec le tesson d'une bouteille !). Tu as fait tomber les guimauves de Mū, qui t'a collé une baffe par réflexe. Du coup tu as perdu connaissance.

Aiolos ajouta:

- En ramassant les guimauves sans même se soucier de ton état, le Grand Pope Shion s'est aperçu que Petit Maïs...

- POP-PY ! rectifia un Lion rugissant.

- ... Bref, qu'un pop-corn s'est collé dans tes cheveux. Donc il a essayé de l'enlever, sauf que comme il était caramélisé, la chose n'était pas aisée - oh tiens ça rime. Alors il s'est dit que ce n'était pas bien grave et il est retourné à sa cueillette de marshmallows, toujours sans se soucier de ton état.

Milo, un peu agacé que son récit fusse pris d'assaut par ses camarades, reprit, lui non plus sans se soucier du Camus qui tentait bon gré mal gré de gober cette histoire aussi surréaliste que les peintures de celui dont DeathMask était désormais le sosie.

- Sauf qu'après Saga a pété un câble, et il a voulu enlever ce pop-corn sous prétexte que le monde devait être parfait et que ce grain de maïs pouvait faire germer le mal en toi parce que "maïs" ça ressemblait à "mal", bref tu sais ce que c'est un Saga bourré c'est pire qu'un Saga Grand Pope. Il a réussi, sauf qu'en te tirant les cheveux il t'a réveillé. Et après Aiolia t'en a collé une parce que t'as abimé le pop-corn et que ça a stoppé son jeu avec Aiolos, du coup tu t'es encore retrouvé K.O..

- Ça, t'étais pas obligé de le dire, murmura discrètement le dernier bourreau du Verseau - du moins dans cette partie du récit.

Milo ignora Aiolia et reprit.

- Après, Kanon a suggéré qu'on te mette de la glace sur la tête pour éviter trop de dommages sur ton crâne. Sauf que DeathMask avait mis tout ce qu'il lui restait de glaçons dans la sangria de Shura. Alors comme Kanon était bourré et comme tu le sais un Kanon bourré c'est pire qu'un Kanon qui prie la mauvaise divinité... Ben...

- Je lui ai versé la sangria sur la tête, continua simplement le Gémeaux d'une guerre sainte après être apparu au seuil de la pièce, visiblement habitué des lendemains de soirées arrosées et apte à mobiliser tous ses souvenirs - même les plus fous.

Petit silence, petit "ben quoi ?" puis Aiolos reprit.

- On a fait en sorte que les glaçons tiennent bien sur ta tête et Athéna merci, tu es sorti de ton cirage. Sauf que...

- ... Encore un sauf que ?! s'étouffa le Chevalier du Verseau juste avant que Milo ne pusse reprendre la parole.

- Sauf qu'après... Ben...

Un autre "ben quoi ?", cette fois by Camus, brisa le petit silence qui s'installa pendant que le Scorpion, embarrassé, cherchait ses mots.

- Hé bien... tenta l'homme aux ongles venimeux. Tu te rappelles donc de mon récit sous les étoiles ? Le destin des humains entre la rudesse de l'ours et la tendresse du câlin ?

Peu rassuré, le français opina de la tête en déglutissant discrètement, puis il finit par perdre patience.

- Je vous en prie... Cessez de tourner autour de l'amphore et venez-en au fait ! AU-FAIT !

DeathMask, les yeux grands ouverts et toujours aussi moustachu (mais chut faut pas lui dire), se décida à prendre part à la conversation. Après tout, cette dernière l'avait sortie de son sommeil, alors plutôt que de balancer des insultes, autant balancer la conclusion, non ?

Il expliqua donc, trop mal réveillé pour se rendre compte que tout le monde pouffait de rire en l'écoutant - ou plutôt en le regardant parler et agiter ses petites moustaches.

- Milo s'est dit, parce qu'il était un peu bourré et que toi aussi du coup, que z'étiez avec Aphrodite ces trois p'tites poires machin truc là, p'is que tous ceux qui t'ont mis à mal étaient une sorte de grizzli (c'est quoi ça même un grise-lit ?), et qu'il était temps de passer à l'étape des... Des élans j'crois, bref un peu d'tendresse dans c'monde de brutes. Du coup l'père Milo il t'a trainé sur le canap' ici présent et il s'est accroché à toi pire que l'pop-corn jadis sur ta tête ici présente.

- Le tout sans effets pyrotechniques mais avec des ch'tiotes n'étoiles qui brillent, marmonna Mū dans son sommeil et à travers son saladier - allez savoir s'il parlait aux autres ou si cela faisait partie de son rêve.

Un long, très long, trop long calme suivit la fin du récit. Milo, prudent, se détacha de Camus et recula lentement. Kanon entraîna Aphrodite hors de la pièce, et les amateurs de pop-corn firent de même. Seuls restaient Camus, le Dalí en herbe et Mū - si on pouvait vraiment le mettre dans la catégorie des "présents".

- ... C'est la dernière fois que je viens à une de tes soirées, Masque de Mort.

- Rhô, tu dis ça à chaque fois... Au fait. Puisque vous tenez tant à le savoir, dans mes lasagnes y'a...

FIN