Hey ! Je suis enfin de retour, après de fort peu palpitantes aventures universitaires ! Je suis loin d'en avoir fini avec la fac, mais je me devais de composer un petit quelque chose pour l'anniversaire de nos chers petits Verseaux – enfin en tout cas c'est sûr que c'est celui de l'un des deux. Hé oui, à peine minuit, je m'y prends tôt pour une fois !

Alors bon, comme je dédie un dessin à Camus (il est en cours), Dégel aura le droit à ce p'tit texte, qui est le résultat d'une véritable impro tapée au fil de la plume donc désolée si c'est nul ! Voilà voilà, enjoy ! Ouais bon on sait pas vraiment si c'est aujourd'hui son anniv' mais je suis despote alors je dis que si. Voilà. Nieuh. Enjoy, donc.


Informations

Titre : Improvisation

Genre : Improvisation justement, OS, character birthday gift, friendship,

Contexte : Lost Canvas, juste avant le gaiden de Dégel (je sais même pas si je suis logique j'ai une mémoire de poisson hahaha)

Rating : K+

Personnages : Kardia, Shion, Manigoldo, Hasgado, Sasha, Dégel

Pairings : Aucun

Bonne lecture !


- Quoi ?!

Le cri avait retenti dans toute la salle. Exaspéré, Shion leva un regard neutre sur celui qui venait de s'exprimer ainsi.

- Puisque je te le dis.

- Mais, mais…

Kardia répondit au regard de Shion par des yeux pers ronds comme des soucoupes. Avait-il bien entendu ?

- Alors vous êtes en train d'me dire qu'aujourd'hui c'est l'anniversaire de Dégel, et qu'il y a personne qui prévoit un truc pour lui ? Sérieux ?

Un long silence apporta confirmation aux dires du chevalier du Scorpion. Les trois autres Gold Saints avaient vite repris leur partie de cartes comme si de rien était. Sentant toutefois le poids d'un regard plein de questions et de reproches sur lui, le Bélier ajouta :

- Dégel n'aime pas ce genre d'attentions.

Manigoldo se décida à intervenir, sans pour autant quitter ses cartes du regard ou encore effacer son sourire carnassier.

- Puis les annivs, ici, c'est l'dernier d'nos soucis. Tiens, y'a qu'à voir le mien. C'tait l'vingt-quatre juin, ben c' était tellement le dernier d'nos soucis que même moi je l'ai oublié !

Il termina sa phrase par un rire goguenard et se reprit vite en voyant que ses compères ne s'amusaient même pas de son récit. Il reporta son attention sur son jeu, indiqua à Aldébaran que c'était à lui de jouer, et il laissa le silence gagner la pièce pour de bon.

Face aux tranquilles joueurs du samedi matin, le chevalier de la Huitième maison était estomaqué. D'où Shion pouvait-il prétendre connaître assez le français pour avoir quelque idée de ses goûts ? Non, personne ne le connaissait ! Il était tellement peu sociable malgré ses airs d'homme de cour que personne ne pouvait se targuer de le connaître ! Et c'était bien cela le problème… Comment savoir s'il appréciait qu'on l'approchât ? Comment trouver l'attention adéquate à ce genre de personne ? Qu'à cela ne tienne, se dit alors le Scorpion féru de pommes, il ferait ce qu'il pourrait, et tant pis s'il n'aimait pas, c'est l'intention qui compte ! À quoi vous attendiez-vous ? Kardia n'agissait que sur des coups de tête, cela devait être une des seules règles qui régissaient sa courte et folle existence…

Il s'arrêta au beau milieu du chemin qui le mènerait à ses pénates. Mais, pourquoi ferait-il une telle chose pour un chevalier que personne ne fréquentait et qui ne fréquentait personne ? Après tout, il pouvait très bien faire mine de rien savoir quant à la date du jour. De plus, il ne devrait pas s'en soucier, et rester confiné dans son temple à se remettre de sa dernière expédition hors du Sanctuaire… Pft ! C'était bien mal le connaître. Sasha, enfin, Athéna, oh et puis zut il ne savait plus, aurait beau lui coller aux sandales comme la résine à l'écorce, ce n'est pas pour autant qu'il abandonnerait ses principes ! Et puis, prendre un peu l'air et rendre visite à quelques compagnons lui avait fait le plus grand bien.

Mais sérieusement, pourquoi vouloir souhaiter bon anniversaire à Dégel ? Même lui ne se comprenait pas. Oh, après tout, cela n'avait pas vraiment d'importance. Ce qui était important, c'était de trouver quoi faire ou offrir.

Arrivé dans son temple, Kardia s'assit en tailleur sur le lit et croisa les bras pour s'adonner à la pire chose qui fût : une mûre réflexion. La jeune incarnation d'Athéna le regarda faire, incrédule.

- Bah… Que t'arrive-t-il, Kardia ?

- Oh eh ça va la môme, tu vois bien que je suis occupé, là !

Il grommela puis reprit sa méditation – et une pomme tant qu'à faire.

- Tu penses à Dégel, c'est ça ?

Cette fois-là, il manqua de s'étouffer avec sa première bouchée de fruit. Il se tourna vers la jeune déesse, hébété.

- Comment tu sais ça, toi ?

La jeune fille baissa les yeux et prit un air un peu taciturne.

- Hé bien… Je l'ai vu passer tout à l'heure, il semblait partir en mission, et du coup j'ai pensé que…

- Attends, t'as dit quoi ?!

Sasha sursauta en sentant le Scorpion l'agripper fermement par les épaules. Elle déglutit face au regard de fauve de son aîné – dont l'âge mental était toutefois fort discutable.

- J-J-Il est parti, il est sûrement en mission… Mh… Il ne devrait pas en avoir pour très longtemps al…

- Il va pas s'en tirer comme ça !

À peine la jeune fille s'était-elle remise de sa surprise qu'elle vit Kardia se lever d'un bond et se précipiter vers la sortie de son temple.

- Kardia, attends ! Tu vas où ? Reviens ! Tu… Tu dois te reposer !

La déesse en devenir n'eut pour seule réponse qu'un claquement de langue agacé. Lancé à toute vitesse, le Scorpion était déjà loin. Elle soupira et entreprit d'aller au temple voisin se soucier d'un Sisyphe bien plus à l'écoute que lui. Être nouvelle au Sanctuaire et qui plus est aussi jeune, et qui plus est en étant la réincarnation supposée de la déesse de la guerre, n'était vraiment pas chose aisée…

Mais Kardia n'avait pas le temps de se lamenter du sort de sa protégée d'une escapade. Il lui fallait trouver Dégel. Mais mince… D'une, il avait laissé sa pomme sur son lit sans même l'avoir finie, et de deux, il n'avait toujours rien trouvé pour célébrer l'occasion…

C'est alors qu'en voyant une longue chevelure sinople se dresser non loin de lui, Kardia finit par se dire que cela importait peu. Qu'il lui fallait simplement être là, pouvoir le voir, lui parler, lui donner une tape à l'épaule, faire ne serait-ce qu'un de ces simples gestes. Il était certain que vu le relationnel du Verseau, ce serait déjà beaucoup. Alors il héla son frère d'armes et le regarda s'arrêter, un sourire béat aux lèvres.

- Oui, Kardia ?

- Tu vas où comme ça ?

- Je me vois dans l'obligation de partir pour la France, sur ordre du Grand Pope.

Le Scorpion s'avança vers son homologue du Onzième, les mains dans ce qui pouvait s'apparenter à des poches. La France ? Tiens, la gamine s'était trompée quand elle avait dit qu'il n'en aurait pas pour longtemps.

- Ah, c'est con ça, surtout par un jour pareil…

- Tu n'as pas tort. Il fait plutôt beau aujourd'hui, c'est dommage de ne pas pouvoir en profiter.

Kardia ne put s'empêcher de pouffer de rire après avoir entendu Dégel parler. Il était complètement à côté de la plaque. Il voulait bien croire Manigoldo, désormais.

- Et t'aurais fait quoi ? T'aurais cherché de l'ombre pour lire un de tes bouquins mystiques ? Ah, qu'est-ce que t'es bête…

- Voyons, je ne te permets pas…

- Je me permets tout seul.

Le Scorpion sourit de nouveau en voyant le regard froid et exaspéré que le Verseau posait sur lui. Il sentait quelque chose de nouveau chez lui, comme de l'embarras, et dès lors que le sien avait disparu il décida de s'amuser de celui de son compère. Il devait sûrement tenir la conversation la plus longue de sa vie à ce moment-là, pauvre glaçon sur pattes ! Mais pour le coup, le grec ne savait pas s'il fallait en rire ou en pleurer.

- Franchement, à ta place, je serais parti demain matin.

- Les ordres sont les ordres, Kardia, que tu le veuilles ou non.

- C'est ce qu'on m'a dit au sanatorium, et regarde maintenant.

Le Scorpion avait simplement haussé les épaules, et Dégel le toisa d'un regard indéchiffrable mais sûrement aussi profond que le tonneau des Danaïdes.

- Disons que tu dois être sûrement un de ces cas à part, ces exceptions qui confirment les règles auxquelles nous devons nous plier…

- Quelqu'un à part, tu dis ?

L'homme aux yeux améthystes tourna le dos à son interlocuteur pour reprendre sa marche, jouant l'énigmatique pour cacher le profond embarrassé. Il ne vit pas le sourire lumineux de Kardia, mais il en sentit la chaleur, comme si son cosmos à ce moment-là l'avait enveloppé un court instant.

- J'prends ça pour un compliment.

- Tu ne devrais peut être pas.

- Je sais. Mais j'me permets tout seul, j'ai dit.

Dégel se tourna une dernière fois vers le jeune homme qu'il avait plusieurs fois sauvé de lui-même et de son cœur dangereusement ardent. En croisant le regard azur du grec, il fut sûr que jamais il n'oublierait ce visage, cette expression, les mots qu'il allait entendre.

- Allez, va, gros bêta. Oh, et joyeux anniversaire. Quand on compte les jours comme moi, ce genre de trucs c'est important.

Le Verseau tenta de garder un air froid comme son cosmos, mais les paroles qui s'échappèrent de ses lèvres fines étaient toutes droites sorties de son cœur qui semblait chauffer doucement – comme cuisinant un sentiment qu'il laisserait mitonner doucement pour mieux en profiter par la suite.

- M… Merci.

Dégel le maître des glaces hocha la tête, dans un salut qui avait plus l'air d'un signe d'assouplissement du corps et de l'esprit que d'une salutation cordiale et virile, et il reprit sa route vers une mission qui, pour sûr, répondrait à toutes les questions qui venaient de naître en son for intérieur.

Kardia observa le départ de son comparse avec un regard plus doux qu'à l'accoutumée, comme baignant dans une étrange quiétude. Une fois que Dégel eut disparu de son champ de vision, il tourna les talons et repartit vers sa maison zodiacale, sans se presser néanmoins. Parce que si ce jour-là avait été un jour spécial, il ne l'avait pas été que pour celui qui avait un an de plus. Quelque chose venait de se passer. Et Kardia en était désormais sûr, il y aurait d'autres jours spéciaux qu'il partagerait avec cet homme. Question d'instinct, comme toujours chez lui. Pour une fois, il voulait prendre son temps, et attendre patiemment le retour du saint des glaces.

En tout cas, sa mission à lui, elle était accomplie. Et telle l'essence même de son existence, elle avait été une belle improvisation.