Informations :
Titre : Coquelicot(*)
Genre : improvisation d'après headcanon, ficlet, spiritual, angst un peu, et euuuh je sais pas trop en fait !
Contexte : Pré-Bataille du Sanctuaire
Personnages : Suspense suspense ! Mais je les exploite beaucoup en ce moment
Remarque spéciale : J'avais envie de partager un peu mes diverses interprétations et headcanons sur la série en elle-même, puisqu'après tout je ne pense pas réussir à y consacrer une fanfiction. Donc voilà, juste un petit texte comme ça, écrit au fil de la plume, pour vous plonger dans un univers, sans vous en dire grand-chose, juste vous faire partager une confrontation et vous inviter à la réflexion… Promis, après ça, je me remets aux trucs drôles, ça doit sûrement vous manquer.
Bonne lecture !
Le frigidarium était enfin déserté par ses occupants du grand bain hebdomadaire. Ou presque. Masque de mort y restait toujours un peu plus longtemps, sûrement pour ne pas se montrer avec tous les autres. Un bruit de pas rendu ténu par l'humidité de la pièce le fit pourtant constater qu'il n'était plus le seul à posséder cette fierté mal placée. Il observa les jambes fuselées et humides qui s'éloignaient, la serviette que l'on prit pour se la mettre autour de la taille, puis il reporta son attention sur son propre reflet, trouble dans l'eau pourtant calme.
- Je suppose que tu veux pas qu'on sache où tu pars.
Le Cancer s'assit plus confortablement sur la marche en marbre et croisa ses bras derrière la tête. Rien ne pourrait jamais le détendre mais il devait bien avouer que cela lui faisait quand même du bien.
- Mais n'empêche, je vois pas pourquoi tu t'obstines à aller le voir. L'autre barge peut très bien se débrouiller tout seul.
Il jeta un coup d'œil discret à celui qui enroulait ses cheveux autour d'une serviette sans répondre puis il fixa le plafond, trouvant ceci bien plus intéressant.
- Puis plus généralement, j'te comprends pas. C'est foutu, mec. Rien ne pourra changer ça.
- Je ne te demande pas de me comprendre. Ni même de comprendre quoique ce soit.
Soudain intéressé, le gardien de la Quatrième maison ouvrit un œil grenat pour le poser sur la seule chose qu'il pouvait voir de son interlocuteur – un dos long courbé vers l'avant.
- C'est sûr qu'on s'comprendra jamais, tous les deux. Mais ça j'en ai rien à foutre.
- Tant mieux. Alors pourquoi perds-tu ton temps en discussions inutiles ?
- Parce qu'il me reste plus que ça à perdre.
Le ton amusé du Cancer fit se retourner celui qui achevait à peine de se sécher. Il lui lança un regard plein de reproches, puis il s'avança d'un pas décidé vers la sortie du bain avant de s'arrêter net quand la voix rauque de son collègue s'éleva de nouveau.
- Tu m'désespères, Aphrodite. Arrête de courir partout et regarde le monde se casser la gueule. Tu verras, c'est marrant.
- Du temps à perdre, je n'en ai pas.
- Arrête de jouer les héros, Tu sais aussi bien que moi qu'on vit tous sur un tas de merde qui implosera quoiqu'il arrive.
- Justement. Les fleurs, sais-tu sur quoi elles poussent ?
Le Poissons s'était rapproché, les orbes céruléens vissés dans les prunelles rougeoyantes de son homologue. Leurs regards s'accrochèrent avec force, pendant un long instant. Puis Aphrodite s'éloigna à nouveau, pour quitter définitivement la pièce d'eau. Désormais loin derrière lui, DeathMask se laissa aller à un rire calme et lugubre.
- Un bel asile…
Et dans tout ça, un espoir avait encore été mis en doute.
Note de fin de texte :
(*)Pourquoi « Coquelicot » ?: Je suis allée chercher mon titre un peu loin, je l'avoue, vu qu'il n'a aucun rapport direct avec le texte. Je l'ai emprunté à Monet, qui a peint les Coquelicots d'Argenteuil – ma ville natale soit dit en passant. Or, si je me trompe pas, à l'époque, la banlieue encore en partie campagnarde servait en quelque sorte de dépotoir au Paris fraîchement haussmannien, et de ces talus en friche naissaient des coquelicots d'un rouge intense. Ces petites beautés trahissent donc la véritable nature de ces sols. Mais paradoxalement, on peut aussi à partir de ça se dire en interprétant ça en contrepied que l'espoir pousse même là où ne croit pas le trouver. Alors si Aphrodite, beau comme un cœur en dépit de sa véritable nature, veut faire pousser des roses et se battre avec sur le sol souillé du Sanctuaire, pourquoi pas ?
Ça y est, avec cette note vous comprenez mieux la portée de ce texte ? ;)
